31/03/26
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À ma chère,
À mon cher.
Je vais essayer de répondre simplement à tes questions, même si ce n’est pas si évident pour moi.
Mon désir ne se situe pas dans les rôles en eux-mêmes: Domination, soumission, voyeurisme… je ne les rejette pas, mais ce n'est pas moteur chez moi.
Ce sont des outils, des langages, des postures.
Mon désir et mon excitation ne se jouent pas dans ce que le rôle me fait ressentir, mais comment il permet à mon/ma partenaire d'habiter le sien.
Par exemple, je peux être soumis face à quelqu’un de dominant, puis devenir plus frontal, plus joueur, presque en opposition, sur cette ligne, à l'écoute:
La bascule ou la lisière?
Peu importe tant que la tension est habitée.
Ce qui me fait vraiment vibrer, c’est de voir quelqu’un se transformer: incarner pleinement, ou marcher sur sa propre crete ou basculer ailleurs:
Un “loup” devenir vulnérable ou plus implacable encore,
Une “brebis” révéler quelque chose de plus sauvage ou docile que prévu,
Ou simplement sentir à quel moment quelque chose pourrait changer dans l’intensité.
J’aime capter ça, et jouer avec.
Ce n' est pas au goût de tout le monde,
Mais ce n'est jamais fait au détriment de qui que ce soit.
Dans cette logique, je m’implique beaucoup dans ce qui se joue.
J’aime capter le désir de l’autre, y répondre, le nourrir, parfois y résister, pour créer quelque chose de plus riche que la simple exécution d’un rôle.
J’incarne ce qui va nourrir la dynamique en face de moi.
Shibari, pinces, wax, lecture, lutte, cravache ou a la main, on peut en parler, essayer, voir ce que ça ouvre.
J'ai mes préférences bien sur, mais elles ne sont pas limitantes.
Je ne fonctionne pas avec des étiquettes.
Ni pour moi, ni pour les autres.
Ce qui m’importe, c’est la qualité de la dynamique.
Ça peut être doux, intense, drôle, étrange, complice, douloureux, raté… peu importe, tant que c’est vivant, moi ça me va !
Le polymorphisme de mon désir n'est pas une incapacité à choisir: j'ai déjà suffisamment de limitations et de goûts particuliers, pour ne pas rajouter à tout cela un rôle spécifique auquel me tenir.
J exprime des idées, des pistes, pas des cadres à respecter.
Je ne sais que mon désir, et n'ai pas l'intention de lui donner la forme d'un manifeste.
Il s'agit de rendre lisible une démarche qui, a moi me paraît évidente, mais qui nécessite d'être posée pour permettre l'échange.
À ma chère,
À mon cher,
Et au plaisir.
Ps. Ce que j’ai vu de toi dans la dernière session m’a vraiment beaucoup plu.
Ton intensité, le côté précis, tranchant...
Un langage naturel que tu n'avais pourtant jamais joué de ce côté ci avant:
Ton pied sur ma gorge, l'immobilisme de ton regard au dessus de moi, la corde tendue à la bascule de mon corps, et ton ordre, flèche et vulnérable à la fois.
J'ai bandé, j'ai désiré, tu m'as fait sentir ce qui se jouait en toi aussi, avec tes doigts humides, ton odeur, une offrande, un trophée.
Mais nous étions trop pleins de la situation pour penser en "profiter" ainsi: il n'y avait que le délice de te voir vibrer, et moi de me couler dans le degré de résistance qu'il faut, juste là, pour te pousser encore un peu, un peu, encore, sans rien t'enlever, bien au contraire.
À jeudi prochain.
****
Note annexe:
Dans le sexe pur comme dans le libertinage (échangisme, club,...) il y a une recherche de plaisir qui me plaît mais qui limite trop ce que je recherche.
Le rough, peut être plus, dans ce qu'il a de décrochant, et dans l'ouverture qu'il donne au jeu brat, mais encore faut il trouver les partenaires qui savent garder la tête froide et improviser les détours... Bref.
Et puis à côté de tout cela, il y'a un désir plus brut, plus primal en moi, qui existe depuis longtemps.
Ça trouve parfois sa place, lointain, dans telle ou telle dynamique/pratique, mais c'est un à côté presque détaché du BDSM.
Un besoin d’intensité très physique, très directe, qui ne passe ni par le jeu relationnel, ni par l’intelligence de la situation, ni même par l'aspect érotique ou sexuel
Mon corps a envie de se prendre un mur, pas parceque je suis à bout mais parceque c'est un langage que j'ai imprimé dans ma peau d'enfant puis d'adolescent, heritage d'un monde sauvage, quand rien n'était simple ou possible à part les passage a tabac, les dents et la colère.
Mon monde ne s'y réduit pas, mais la marque reste,
Il y a tant à découvrir...
Alors...
Un café ?
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ClubMasterSansFiltre
Deux cafés
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02/04/26
Une chambre d'hôtel prise pour l'occasion : tapis rouge et canapés profonds, lumière chaude.
Elle, moi, et lui.
Le cadre a été posé, l'homme fait le premier pas.
Il prend son menton à elle entre ses mains, ferme et doux, et demande a lui bander les yeux.
Elle sourit, demande une contrepartie libre.
Il répond "en échange tu pourras m'ordonner le silence 2minutes quand tu le souhaiteras".
L'échange proposé ne l'intéresse pas.
Elle fais un pas en arrière de lui, un pas en direction de moi.
Le partenaire devient directif, joueur, précis, appétissant: "je te bande les yeux et je te pose un premier bracelet de soumission... En échange, je t'offre de décider à partir de quand j'aurais le droit de te pénétrer avec mon sexe".
Elle voudrait accepter, l'échange ouvre à de nombreux possibles dans sa tête, mais elle a trop envie de pousser le jeu là où elle l'a décidé.
Elle se moque, boudeuse, taquine, et fait un autre pas vers moi.
Elle propose un shifumi pour trancher qui d'elle ou lui prend la main.
Mais l'homme vient de voir une belle proposition foulé au pied, et pour qu'elle alternative? Un shifumi?
Sa colère monte à l'intérieur..
Et là, juste là, il est précisément là où elle veut qu'il soit, dans cette suspension tendue où son rôle est en équilibre.
Elle fait un pas de plus vers moi, le dernier.
Moi je propose un acte sans panache mais joyeux: Je retiens ma respiration aussi longtemps que possible, en échange de quoi j'utilise sa bouche comme je l'entend.
Elle sourit, accepte, persuadée de faire monter encore d'un cran le désir et la frustration de l'homme qui la regarde fixement.
Je la fais mettre a genou, ouvrir la bouche, langue tendue.
Elle ne quitte pas du regard l'homme.
Moi, je me tourne vers lui "elle aurait dû accepter ta proposition, ton jeu est beau.."
Je me tourne vers elle "ce que je veux de ta bouche... Meme de lui offrir à lui et son désir..."
Le temps se suspend.
Elle comprend avec un melange de délice et d'effroi qu'elle a été prise au piège.
Trop tard.
Je me recule, m'assoit dans le canapé, et prend une profonde inspiration.
Chaque seconde de soumission et de désir mêlée, les tempes incendiées par la privation oxygène, chaque seconde, et sa bouche à elle tordue sous son désir à lui.
Lui prendra son temps.
Il inventera peut être autre chose, son sexe ou de quoi la soumettre un peu plus, peu importe...
Le jeu se situe là, dans ce moment où la compression du jeu précédent ouvre à un lâcher prise total, un abandon, une intensité, qui sera toujours remis en jeu, de plus en plus animal, implacable, violente...jusqu'au point de bascule.
Chaque partenaire est différent, chaque session un nouveau voyage..
La soirée ne fait que commencer.
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fétichiste et raffinée je suis Maîtresse Beryle, ferme et autoritaire, alliant cérébralité et sévérité .:.












