Publication BDSM
Quand la soumise revient…
Lors de l’After Broc' de l’Antre Des Vices , j’ai demandé à Monsieur Alterego s’Il serait d’accord pour jouer avec moi. Il a accepté.
J’avais envie d’une grosse séance d’impacts, une de ces séances dont je ressors totalement vidée, une de ces sessions où je finis par plier non pas par fatigue, mais parce que mon cerveau n’en peut plus et où tout ce qui me tracasse s’évanouit instantanément.
Lorsque N/nous N/nous sommes retrouvés dans le donjon du bas, je me suis préparée. Ma tête me disait d’être sage et j’ai essayé de l’écouter… Juste essayé, hein…
Mais Monsieur Alterego a su me faire redescendre de ma bêtise. Sans me brusquer, sans devenir plus sadique qu’il ne fallait, juste avec Son regard et Ses mots. Et j’avoue que j’ai apprécié Sa façon de faire avec moi.
Les instructions ont été claires et précises : je devais me rappeler le code couleur (oups ! Je n’y suis pas habituée), demander l’autorisation pour baisser les bras (et ça, il faut vraiment que je travaille dessus), être attentive à ce qui m’était demandé…
Des consignes simples, mais dont j’avais perdu, depuis longtemps, l’usage en séance.
La première série d’impacts a été la Main Rouge. Et que j’aime ça ! Surtout que je fais travailler les deux mains de Monsieur car, comme on m’a toujours dit, il faut respecter la symétrie.
J’ai commencé à rire tant je me sentais bien, et pourtant Monsieur Alterego n’y est pas allé de main morte !
Ensuite, la séance a pris une tournure qui a provoqué chez moi un véritable déclic.
En m’attrapant par l’un de mes tétons, Monsieur Alterego m’a fait mettre les deux genoux à terre. J’ai voulu Le regarder dans les yeux, mais mon esprit s’était déjà glissé dans ce mode qui ne m’est plus familier : mon mode soumise.
J’ai levé les yeux, sans parvenir à croiser les Siens.
J’étais simplement à la place que j’ai tant aimée il y a longtemps.
Le trouble s’est immiscé en moi.
Je ne veux plus vraiment de Maître, mais j’avoue que cette place de soumise me manque parfois…
Les impacts ont repris après que j’ai été autorisée à me relever. Mon esprit était resté bloqué dans cette position intérieure. Même si j’ai un peu taquiné, je n’osais plus me tourner.
Je me souviens que les fouets ont suivi les martinets dans une danse qui m’a transportée dans mon masochisme. Les impacts piquants ont plu sur ma peau, faisant monter le plaisir au creux de mon ventre…
De temps à autre, Monsieur se rapprochait, effleurant ma peau de Ses mains. Il tournait autour de moi comme un guépard autour de sa proie.
J’ai fini par croiser Son regard.
Et là, j’y ai retrouvé un souvenir.
Celui que je n’avais plus vu depuis trop longtemps. Celui qui faisait chavirer mon esprit.
Celui de Feu mon Maître.
Et là, sans que je sache pourquoi, mon esprit s’est replacé dans le cadre.
Fini de jouer l’espiègle.
Fini de faire la folle.
Je me suis à nouveau sentie soumise dans mon âme, et cela ne m’était plus arrivé depuis fort longtemps.
J’ai repris ma posture.
Le chat en moi essayait encore de sortir pour jouer, mais la soumise l’a fait taire et l’a renvoyé dans sa cage.
La soumise, trop heureuse de pouvoir être là.
La maso qui prenait un plaisir indicible.
Mes bêtises se sont faites toutes petites…
Je me souviens surtout d’une phrase de Monsieur. Elle m’a traversée d’un frisson d’orgueil et donné envie de Le remercier :
« Elle encaisse, la bougresse ! »
Là, j’ai ouvert les yeux et je me suis aperçue que Monsieur était torse nu.
Je crois qu’Il avait chaud…
Il s’est aperçu que j’avais ouvert les yeux et est revenu me rappeler de ne pas m’oublier en tirant sur l’un de mes tétons pour que je mette un genou à terre, puis en collant ma tête contre Lui…
Lorsque je me suis relevée, la séance a continué, prenant une intensité qui m’a ramenée des années en arrière.
Puis, au bout d’un moment, Monsieur Alterego m’a annoncé que nous commencions les dix derniers impacts.
Il fallait que je compte.
Je n’ai compté que les plus forts et, parfois, « j’oubliais » lorsqu’ils arrivaient en double…
Mais que c’était bon.
Le feu dans mon ventre et dans ma tête augmentait à chaque enroulé.
Pour le dixième, Monsieur m’a fait une surprise : ce n’était pas un enroulé, mais un impact pur sur la fesse.
Aïe !
Je me suis tenue.
Même si j’en avais encore envie, mon corps était prêt à exploser de plaisir et j’ai perdu l’habitude…
Heureusement que Monsieur Alterego s’est arrêté là, sinon je ne suis pas certaine que j’aurais pu retenir plus longtemps ce qui montait en moi…
Lorsque tout s’est arrêté, je me suis effondrée sur le tapis devant la croix.
Monsieur m’a couverte avec ma cape puis s’est accroupi face à moi, me tendant Sa main pour vérifier que j’allais bien.
Je l’ai prise et je l’ai embrassée.
Je ne fais plus cela depuis très longtemps, mais ce geste m’est venu naturellement.
Lorsque je suis sortie du donjon, emmitouflée dans ma cape, les mots de Lilian m’ont touchée, mais dans le bon sens du terme :
« Là, tu t’es tenue tranquille ! Tu ne faisais pas la maline avec Alter, hein ! »
Ah ben non !
Je ne risquais pas !
Mon côté soumise avait repris sa place dans ma tête…
Mais ce qui m’a touchée, l’air de rien, c’est que Lui, mon Ami et partenaire de jeux, avait veillé sur moi de l’autre côté de la fenêtre…
Ben oui, je sais…
Mais que voulez-V/vous ?
Ça me fait du bien de me dire qu’on veille un peu sur moi… 😉
Cela faisait longtemps que je ne m’étais plus sentie soumise.
Aujourd’hui, je me considère davantage comme une maso joueuse, trouvant mon plaisir dans les pratiques elles-mêmes plutôt que dans la soumission.
Peut-être parce que, depuis Feu mon Maître, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui réveille véritablement cette part de moi.
Avec le temps, l’envie de me soumettre s’était estompée.
Je pensais même qu’elle avait disparu.
Encore merci, Monsieur Alterego, pour ce moment qui m’a transportée et qui m’a permis de redevenir, le temps d’une séance, une soumise.
Même si je pensais qu’elle était très loin, voire trop loin pour revenir un jour.
Merci de Votre bienveillance, de Votre gentillesse, de Votre sadisme et de Votre savoir-faire pour faire remonter ce que je suis fondamentalement, au plus profond de moi…
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