Méridienne d'un soir
par le Il y a 8 heure(s)
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"La beauté de la vie ne dépend pas de nous, mais elle réside aussi dans notre capacité à la saisir. L'inconnu est aussi puissant que l'amour, et il faut s'y engager de toutes ces forces. À présent, Nefer savait que le bonheur était à la fois fragile comme les ailes d'un papillon et robuste comme le granit, à condition que l'on savoure chaque instant à la manière d'un miracle". Adorée comme la Grande Mère dans les régions africaines bordant la mer Erythrée jusqu'à la pointe de la côte des Somalis, Hathor, du grec ancien, Άθώρ/Háthôr signifiant "Maison d'Horus", était une déesse de la fécondité et de la fertilité, la Mère cosmique qui enfanta le monde et le soleil, la protectrice de la vie, la vache nourrissant les vivants de son lait, assurant la nourriture céleste aux morts qu'elle transportait sur son dos, s'ils savaient le lui demander, fonction symbolisée par un sycomore. On l'appelait la "Dame du sycomore". Elle fut ensuite considérée comme la déesse de la joie, de la danse et de l'amour, représentée un sistre à la main, instrument de musique qui avait le pouvoir magique de chasser les démons. Les grecs, maîtres de l’Égypte pendant trois cents ans, avant la domination romaine, adorèrent aussi Hathor, qu'ils identifiaient à leur propre déesse de l'amour et la beauté: Aphrodite. L’Égypte comme chacun le sait s’est lentement constituée à partir de tribus puis de Cités-États sans aucun lien religieux, politique, économique, linguistique, bergers des marais, agriculteurs primitifs, piroguiers du Nil ou chasseurs du désert. À l’aube du IIIème millénaire tous ces peuples tentent de s’unifier dans un syncrétisme des rites et mythes propres à chacun. Il fallut du temps pour que celui-ci en vint à la formation de synthèses théologiques mais forcément extrêmement complexes du fait de la diversité profuse des cultures locales regroupées. Et l’on assista alors à ce miracle d’une coexistence kaléidoscopique de mythes, de croyances, aussi contradictoires que possible et pourtant généralement acceptées de tous. L’Égypte antique est peut-être le seul État au monde qui ait jamais réalisé cette conjonction des opposés à un aussi haut degré. À l’inverse du syncrétisme babylonien, celui de l’Égypte contient donc plusieurs récits cosmiques qui ne s’excluent nullement, au contraire. Chaque ville, importante, avait conservé sa cosmogonie tribale primitive et bientôt s’enrichit de la cosmo-anthropogonie voisine. Mais, trois villes allaient imposer leur système dès le IIIème millénaire: Héliopolis, ville du soleil divin, avec Râ. Memphis, capitale des bâtisseurs des pyramides, avec Ptah et Hermopolis, de Moyenne Egypte, patronnée par Thot, messager du dieu solaire, le dieu des savants et des lettrés.

 

"Ne subit-on pas les épreuves que l'on mérite et que l'on est capable d'endurer ? Osiris a inventé la musique pour que l'harmonie dilate notre cœur. Elle avait le charme d'un scorpion et la magie d'une vipère à cornes. Quand on n'est pas armé, on ne hausse pas le ton, pouilleux !". Papyrus, stèles, temples et statues ne cessent de parler des dieux de l’Égypte, et fournissent d’innombrables renseignements à leur sujet. Mais quel désordre dans cette abondance. L’homme moderne habitué à l’unité de l’individu, fût-il divin, est bien embarrassé devant cette foule mouvante d’êtres sublimes dont l’ascendance fluctue au gré des nombreuses sources. L’approche géographique, commode sur le plan encyclopédique, est tout aussi déroutante. Les divinités locales les plus modestes affichent la glorieuse épithète de grand dieu. Quant à l’apparence de ces êtres dont une des vertus est précisément la faculté de transformation, elle est encore plus trompeuse. Rares sont ceux qui se contentent d’une seule fonction. Nombreux sont ceux qui se déclarent être l’Unique du premier instant. De plus, les dieux ne sont pas restés immuables pendant trois millénaires d’histoire. Il est donc bien difficile, dans ces conditions, de les ranger en groupes de grands et de petits, de majeurs et de mineurs, de cosmiques et de locaux. Au fil des documents, les dieux égyptiens se jouent de ces catégories et glissent entre les mailles du filet. Polymorphes et polyvalents, ils nous semblent insaisissables. Et pourtant, ils existent et répondent donc à une cohérence. Plus tard, Hathor se confondit avec Isis lorsqu'elle donna naissance à Horus, prototype du roi vivant, et lui transmit alors ses cornes. On disait qu'elle était la mère d'Horus enfant, qui s'enfermait dans son sein chaque soir sous la forme d'un aigle, pour renaître le matin. Elle apparaît aussi comme l'épouse d'Horus L'Aîné auquel elle donna un fils, Ihi ou Harsomtus. Pendant la période hellénistique, au moment du festival, on célébrait leur mariage le dix-huitième jour du sixième mois. Les prêtres emmenaient sa statue sur un navire de son temple de Denderah jusqu'à Edfou, sur la rive ouest du Nil. Elle y cohabitait pendant quinze jours avec son époux Horus, pour y consumer son union avec lui. Horus était conçu le quatrième jour du huitième mois.

 

"L'homme détruira tout autour de lui, y compris ses semblables, le fort anéantira le faible, l'injustice triomphera, la violence et la laideur s'imposeront partout. Mieux vaut mourir que de trahir la parole donnée". Cette cohérence réside dans le document, seule réalité antique qui nous soit encore accessible. Dans cette religion sans dogme et sans livre canonique, l’existence des dieux est éclatée, fragmentée en autant de parcelles vivantes qu’il y a de documents. Ceux-ci, fixés dans le temps et œuvre d’une personne ou d’une communauté, puisent alors à leur convenance et dans un but précis dans le monde divin du lieu et de l’instant. Car il fallait agir. Les dieux ont besoin des hommes et la sécurité de ceux-ci dépend entièrement du bon vouloir de ceux-là. Cette action, c’est le rituel. Paroles et gestes efficaces mais fugitifs. À la poursuite de cette efficacité, le théologien local manipulait dieux et mythes, combinait les noms, fonctions et apparences des êtres imaginaires, conjuguait les traditions ancestrales de sa ville avec les dernières trouvailles des collègues ritualistes de la ville voisine, glosait un vieux papyrus découvert dans la bibliothèque du temple à la lumière des idées du temps et du but à atteindre. On célébrait en l'honneur de la déesse Hathor, d'autres fêtes qui se terminaient alors en orgies, prostitution rituelle couramment pratiquée à cette époque, notamment le dernier jour de l'année, anniversaire de sa naissance. Les cornes coiffent également la déesse Io, transformée en vache par Zeus, afin de la protéger de la vengeance de son épouse Héra. On lui consacra les villes d'Itfou, d'Atfih et de Denderah où son temple était célèbre. Dame de Dendérah, de Cusae, d'Atfih, d'Imaou, Hathor du sycomore à Memphis, Hathor dans tous les lieux en qui les grecs voyaient des cités d'Aphrodite, dans le nord comme dans le sud, son nom signifie "demeure d'Horus." Les sources concernant les dieux égyptiens sont innombrables. L’État, Pharaon, la société faisaient partie d’un univers où les dieux sont alors présents quotidiennement, dans les plus infimes aspects de la vie. Ces sources peuvent être alors réparties en deux catégories: profanes et religieuses. La première comprend les objets, monuments ou documents dont le but premier n’est pas cultuel, mais où les dieux sont présents : par exemple, une lettre d’affaires commençant par l’énumération des dieux dont la protection est invoquée au bénéfice du noble destinataire, ou encore le décor d’un miroir dont le manche orné du visage d’Hathor évoque à travers la déesse céleste unie à l’astre solaire une jeune femme aux charmes resplendissants. Elle est souvent représentée portant un masque et toujours seins nus.

 

"Dieu avait créé le désert pour que l'homme alors se taise et entende la voix du feu secret. Tu as peur, c'est bien. Seuls les vaniteux et les imbéciles ignorent la peur. De cette crainte doit naître une force capable de la vaincre". Parmi les sources profanes, les documents littéraires occupent une place à part. Les textes qualifiés de contes puisent leur inspiration dans le monde divin. Souvent, il s’agit de textes à clés, glosant sur un mode plaisant des mutations soit politiques, soit culturelles, et notamment religieuses. Enfin les sagesses, formes littéraires très anciennes, mettent en scène un personnage qui, au crépuscule de la vie, transmet alors à son fils un ensemble de préceptes pratiques. Ces enseignements dressent le tableau d’une société idéale dont les principes sont fondés sur les rapports entre les dieux et les hommes. Les sources plus spécifiquement religieuses comportent les objets et monuments en rapport direct avec un culte officiel, un culte privé, ou toute manipulation se référant à l’imaginaire des Égyptiens. L’Égypte est toute la terre arrosée par le Nil, et sont Égyptiens tous les peuples qui habitent au-dessous d’Éléphantine et boivent l’eau de ce fleuve, proclama un jour l’oracle d’Amon (Hérodote II, 18). "Le Double Pays", comme l’appelaient les anciens Égyptiens, filiforme dans le Sud, avec ses 950 km de vallée étroite, s’épanouissant au nord dans le Delta, sorte de triangle fertile de 200 km de côté, est un joyau fertile enchâssé dans des déserts de sable et de rochers. À l’est, le désert minéral se prolonge par l’étendue liquide de la mer Rouge. À l’ouest, au-delà de la chaîne des Oasis, c’est l’infini du grand désert libyque et du Sahara. Au sud, le désert nubien enserre étroitement le fleuve barré par une série de cataractes. Au nord, enfin, une zone de marécages, infestée d’animaux dangereux et de brigands féroces, isole ainsi le pays de la mer Méditerranée.

 

"À force de se soumettre et de ne prendre aucune initiative, on devient plus inerte qu'une pierre. Face à l'épreuve, nous sommes seuls. L'important c'est la valeur d'un homme, et non ses titres". L’existence de l’habitant de la Haute-Égypte se déroule dans un paysage fortement orienté, avec le fleuve coulant vers le nord, les deux horizons ocre des déserts arabiques et libyques derrière lesquels surgit puis disparaît le disque solaire, chaque matin et chaque soir. Contrastant avec les jaunes et rouge pastel des déserts, la bande fertile qui suit le fleuve étale des teintes tranchées: noire au moment des labours, vert éclatant et lumineux lorsque croissent alors les cultures, jaune chaleureux lorsque le blé est mûr. Au centre, le ciel se reflète dans le large ruban liquide du Nil, venant du sud et coulant vers le nord. Source de fertilité, il est aussi une voie de communication unissant l’ensemble du pays. Rien n’est plus inconstant que l’apparence d’un dieu égyptien. Sa forme graphique ou plastique, pas plus que son nom ne suffisent pour exprimer par eux seuls sa nature. Sur sa stèle dédiée à Osiris, Imenmès exalte les instruments de la polymorphie. Nombreux sont les noms, les transformations-kheperou, les formes-irou, dans les temples. Le premier terme dérive d’une racine signifiant exister, venir à l’existence, se transformer. Les kheperou sont les produits d’une faculté de transformation alors en action. Par exemple, les changements d’apparences et de noms du dieu solaire au cours de sa course diurne font partie de ses kheperou. Il est Khépri au matin, Rê à midi et Atoum le soir, chaque stade correspondant à un état de l’astre. Passé dans le monde des dieux, l’homme aspire également à la multiplicité des kheperou lui permettant de se transformer en faucon divin, en lotus, en dieu, ou en phénix. Le terme "irou" dérive du verbe "ir" faire et il s’applique en principe aux apparences du dieu dans les temples, c’est-à-dire ses images de culte, faites de main d’homme. La connaissance du secret des formes-irou divines est en effet l’apanage des prêtres-artisans chargés de la fabrication des statues de culte. Régente et corps du ciel, nourrice du souverain d'Égypte, mère d'Horus comme Isis, déesse d'or, figure flamboyante qui revêt l'aspect d'une lionne et se confond alors avec Tefnout. La litanie des sanctuaires, surnoms et attributs d'Hathor s'allongerait interminablement, un même nom recouvrant en fait la personnalité initialement multiple de plusieurs divinités. On connaît ainsi même un groupe de "sept Hathor" qui jouait le rôle de nos fées, fixant dès la naissance les destins du nouveau-né. La déesse est polymorphe.

 

"Ainsi, des pharaons de l'époque tardive recopient le récit de batailles composé plusieurs siècles auparavant. Ce qui compte est le modèle symbolique, la victoire de la lumière sur les ténèbres. Être utile à autrui cassait les soucis personnels". S’il est fréquent qu’une divinité féminine soit associée à un dieu masculin, son statut n’est pas a priori celui d’une épouse. En Égypte le couple n’a pas de fondement religieux. Le lien social prédominant est celui qui unit le père et le fils, ou mieux, le père et son héritier, gage de continuité. Parfois, la divinité parèdre est un doublet affecté du signe grammatical du genre opposé: Sokaret, version féminine du dieu Sokar, Inpout, compagne d’Anubis ou Sécha, formes alors masculines des déesses Tefnout et Séchat. Parfois, les parèdres assument des charges complémentaires de celles du dieu principal. Au Moyen Empire Khnoum de Heour en Moyenne-Égypte, divinité-bélier de la fécondation, est ainsi assistée de la bonne déesse-grenouille Heqet, l’accoucheuse. Les dieux n’échappaient pas aussi aux vicissitudes conjugales. Un homme du village de Deir el-Medineh découvre avec stupeur que sa femme le trompe. C’est l’abomination de Montou, déclare-t-il indigné. Montou le dieu guerrier, parfois cité dans les contrats de mariage, paraît être le garant des bons ménages. Une Sagesse tardive attribue à Mout, mère divine de la Lumière, l’existence des bonnes épouses et à Hathor, la sensuelle, celle des femmes de mauvaise vie. Déesse de l'amour et de la mort, mère et fille céleste. Les différents aspects d'Hathor se résument dans son identification avec la vache. Sous les traits d'un bovidé ou d'une jeune femme, elle porte la couronne composée de deux cornes lyriformes autour du disque solaire. Dans les temples qui lui sont dédiés, elle orne les chapiteaux de son visage humain aux oreilles de vache. "C'est un monument que de dire une bonne parole, et comme on agira, on sera traité. Les édifices les plus robustes s'effritent et disparaissent. L'œuvre des scribes traverse les âges. Comme bien des peuples, les Égyptiens se sont interrogés sur les origines du monde. Jour après jour, année après année, les grands cycles naturels rythment l’éternité-neheh. Mais il y eut bien un premier matin, une première crue. Quel monde était celui de la "Première Fois" ? Quels sont les mécanismes qui le perpétuent et actionnent la face cachée de l’Univers ? Cette double interrogation sur la genèse (cosmogonie) et sur le fonctionnement (cosmologie) de l’Univers a grandement préoccupé les anciens Égyptiens. Leurs réponses ont été nombreuses, car plus les modèles sont divers, plus les moyens d’action de l’acte rituel sur l’imaginaire sont multiples. Si les allusions à la création sont fréquentes dans les textes de toutes époques, les récits mythologiques, même partiels, sont rares. Dans l’ensemble, ils appartiennent à trois grands groupes. Les Textes des sarcophages ont pour but d’introduire le défunt dans les grands circuits universels. C’est lui, qu’il soit un grand du monde ou un modeste fonctionnaire, qui va jouer le rôle suprême du Démiurge, devenir Chou ou plus simplement assister en témoin intéressé à l’immense œuvre de la création permanente. Les différentes visions du monde de la Première Fois sont exposées avec une rigueur proche du discours philosophique moderne. Le théologien a suivi sa pensée, sans chercher à reconstituer à tout prix un mythe fondateur d’un lieu de culte. Les égyptiens faisaient encore d'elle la maîtresse des pays lointains, Pount, Byblos, région minière du Sinaï. Sur la rive gauche, à Thèbes comme à Memphis, Hathor devient patronne de la montagne des morts, c'est dans ce rôle cosmique et familier que la montre la vache découverte dans la chapelle de Deir El-Bahari. Mais dans son temple de Dendérah, elle y est à la fois déesse universelle, jeune femme aimable et souriante, déesse de la joie et de la musique.

 

"La déesse-Lionne, tantôt Sekhmet la Terrifiante, tantôt Tefnout le feu créateur, est la maîtresse de l'énergie, tantôt destructrice, tantôt fécondatrice. Le bonheur, Champollion, c'est de festoyer avec des amis, de boire et de manger ensemble, d'écouter de la musique, de prolonger le souvenir des morts en attendant d'être morts à notre tour pour que nos amis célèbrent notre mémoire". Chou, espace de communication, transmet les paroles de "Celui-qui-est-venu-à-l’existence-par-lui-même" à sa multitude. Les baou divins imprègnent ainsi le monde et habitent les images de culte. Mais, pour l’individu, ces moyens de communication collectifs, certes vitaux et efficaces, sont insuffisants. Aussi les dieux, comme les hommes, ont-ils alors cherché des moyens de communication plus directs permettant aux premiers d’exprimer leur volonté et aux seconds de faire entendre leurs suppliques. L'un des plus grands lieux de culte d'Hathor fut le temple de Dendérah, où elle y fut vénérée en tant que Déesse de l'amour. Une chapelle lui est aussi dédiée dans le temple d'Hatchepsout (1479-1457) à Deir el-Bahari. Le Pharaon Ramsès II fit aussi édifier à Memphis un grand temple dédié au culte de la Déesse, comme en témoignent les nombreux cartouches relevés sur les parois en place. Hathor fut une Déesse pour laquelle les Égyptiens ont magnifiquement bâti, et à laquelle ils consacrèrent des fêtes imposantes. Son culte invitait à se tourner autant vers la naissance et la vie, que vers la mort, car Hathor était d'abord la "Dame de vie". Si Hathor avait sa place dans chaque sanctuaire, le temple de Dendérah en Haute-Égypte lui était en revanche entièrement consacré. Un tel privilège n'était pas l'apanage de tous les Dieux, confortant ainsi la place essentielle de cette Déesse dans le panthéon. Lorsque le dieu veut intervenir directement, il peut se dissimuler sous une apparence humaine et agir comme un esprit-akh. Mais ce procédé est rare. Plus fréquente est l’apparition du dieu en songe bien que réservée, toutefois, aux personnages de sang royal. Les dieux sont très discrets dans les "Clés des Songes" consultées par le peuple. Le jeune prince Thoutmosis, assoupi au pied du sphinx de Giza, reçut la visite du dieu Harmakhis venu lui demander de dégager son effigie des sables qui l’envahissaient.

 

"Tu te cachais dans ma main comme une étoile. Aujourd'hui , j'ouvre les doigts. Brille ou disparais. Regarder Hatchepsout était plus beau que toute chose. Sa forme était celle d'un dieu, elle faisait toutes choses comme un dieu, son éclat était celui d'un dieu". De par son ancienneté et l'extension géographique de son culte, Hathor nourrit des liens avec quelques-uns des plus grands Dieux de l'Égypte. À la fois leur fille, leur mère ou encore leur épouse, Hathor s'assimile aussi aux plus grandes Déesses. Plutarque fut le premier à nous donner une traduction du nom de la Déesse: "Demeure d'Horus" ou "Habitation céleste d'Horus". On doit alors comprendre qu'Hathor symbolisait l'espace dans lequel l'Horus solaire évoluait. À ce titre, la Déesse s'apparente à la Nout. Aussi enserre-t-elle de ses deux cornes le disque solaire d'Horus. Il faut donc entendre "la demeure d'Horus" comme étant le giron divin où Hathor prendra soin du Pharaon, l'Horus incarné. Si Hathor est mère d'Horus, le Pharaon par assimilation, devint fils d'Hathor. Elle est la matrice universelle et plusieurs légendes lui sont associées. Un texte, qui est sculpté dans des tombes de la vallée des Rois, dit que Rê qui était devenu vieux dut affronter un complot fomenté par les humains. Il envoya contre eux son œil, qui prit la forme de la lionne Hathor qui massacra les dissidents. Quand le Grand Dieu estima s'être assez vengé, il fit répandre un liquide enivrant de la couleur du sang sur le passage d'Hathor. La Déesse goûta le liquide, s'enivra jusqu'à sombrer dans l'inconscience et oublia ainsi sa poursuite. Un autre mythe est celui de la Déesse lointaine. Lorsque Rê était le grand Roi de l'Égypte, son œil quitta le palais de son maître. Il prit la forme de la Déesse Hathor, puis se rendit en Nubie et prit l'aspect d'une lionne sanguinaire. Rê demanda alors à Shou et Thot de faire ce qui était en leur pouvoir pour faire revenir l'œil en Égypte. Afin de pouvoir approcher la Déesse, ces derniers se changèrent en singes. Thot parvint à convaincre Hathor de rentrer en Égypte. Dans le but de l'apaiser, il la précipita dans les eaux du Nil. Elle se transforma alors sous les traits d'une chatte de la Déesse Bastet.

 

Bibliographie et références:

 

- Paul d'Alincourt, "Imagerie divine de la déesse Hathor"

- Michel Augrand, "Représentation de la déesse Hathor"

- Jean-Luc Bovot, "L'Égypte ancienne: art et archéologie"

- Hans Bonnet, "Reallexikon der ägyptischin Religion geschichte"

- Sylvie Cauville, "Le temple de Dendérah"

- Sylvie Cauville, "Les fêtes d'Hathor"

- Jean-Luc Chappaz, "La déesse aux multiples visages"

- François Daumas, "Dendara et le temple d'Hathor"

- Lucia Gahlin, Olivier Fleuraud et Isabelle Fleuraud, "L'Égypte: Dieux, mythes et religion"

- Roland Harari et Gilles Lambert, "Dictionnaire des dieux et des mythes égyptiens"

- Danielle Inconnu-Bocquillon, "Le mythe de la Déesse lointaine à Philae"

- Claude Traunecker, "Les Dieux de l'Égypte"

 

Bonne lecture à toutes et à tous.

Méridienne d'un soir.

Thèmes: littérature
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