Méridienne d'un soir
par le Il y a 2 heure(s)
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"Je ne voyage jamais sans mon journal intime. Il faut toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire dans le train.Se faire le spectateur de sa propre vie, comme dit Harry, c'est échapper à toutes les souffrances de la vie. Mieux vaut l'amour que la fortune". De la fortune, Oscar Wilde en eut, de par sa naissance et par son talent. En poète maudit, il a tout perdu. Oscar Wilde (1854-1900) est un des écrivains qui sont devenus le reflet de leur œuvre. Il est un héros de roman. Il a été bien souvent qualifié de dandy, d’impertinent, d’irrévérencieux. Cet écrivain plein de contradictions est passé à la postérité comme romancier pour "Le portrait de Dorian Gray" alors que c’est son unique roman. Son œuvre se compose également de poèmes, de pièces de théâtre, de contes pour enfants et de nouvelles. Ses œuvres ont été écrites sur une période assez courte, quinze ans, car il décède à l’âge de quarante-six ans. Oscar Fingal O’ Flahertie Wills Wilde naît le seize octobre 1854 à Dublin. Un père, Sir Williams Wilde, chirurgien de l’ouïe très en vue et une mère, Jane Francesca, poétesse. Après le Trinity College de Dublin, ce fut dès l’âge de vingt ans le Magdelene College d’Oxford. Étudiant brillant, il devient au terme de son cycle oxfordien, poète, dramaturge, journaliste, homme d’esprit très en vogue dans l’univers de la société victorienne de Londres. Bilingue, féru d’esthétisme, il est invité à donner des conférences à Paris et à New-York. Son sujet, l’esthétisme et son "propre génie". Il se marie en 1884. Deux fils naquirent de son union avec Constance Lloyd. Les succès se multiplient. "Portrait de Mr W.H", le "Portrait de Dorian Gray", L’Éventail de Lady Windermere". En revanche, "Salomé", écrite en français pour Sarah Bernhard, est interdite à Londres. Raison :Une loi ancienne interdit de montrer sur scène des personnages bibliques. Il enchaîne cependant les succès au théâtre avec "Une femme sans importance", "Un mari idéal", "L’important d’être constant". En 1895, il a quarante-et-un ans.Tout lui sourit. Amant du jeune lord Alfred Douglas depuis quatre ans, il attaque en justice le père de celui-ci pour propos diffamatoires. Procès perdu pour Wilde. Le marquis de père contre-attaque alors en justice. Arrêté puis condamné à deux ans de travaux forcés le vingt-cinq mai 1895, Wilde est incarcéré à la prison de Reading. Ce fut la curée. Wilde est ruiné. Ses biens sont vendus aux enchères. Ses œuvres sont pillées. Son épouse et ses deux fils changent de nom et deviennent Holland, deuxième prénom du frère de Constance. Les conditions de son emprisonnement sont terribles. Il n’est plus Oscar Fingal O’ Flahertie Wills Wilde mais C.3.3, le numéro de sa cellule. Après quatorze mois d’incarcération, le successeur du directeur de la prison eut une vision différente de l’enfermement. Il réduisit le nombre des châtiments corporels et des punitions pour motifs comme d’avoir échangé quelques mots avec un codétenu ou laissé quelques grains de poussière dans la cellule. Il rencontre Wilde. Touché par son désespoir, il lui fournit du papier, de l’encre et des plumes. Il peut de plus disposer des livres de la bibliothèque. Tout est changé mais il ne peut rédiger qu’une page à la fois. Page qui lui est retirée alors dès qu’elle est terminée pour pouvoir disposer de la suivante. Il commence en mars 1897 une lettre destinée à Alfred Douglas qui ne s’était jamais manifesté depuis sa condamnation.

 

"Soyez vous-même, les autres sont déjà pris. Toute réussite nous attire un ennemi. C'est la médiocrité qui entraîne la popularité. Vivre est la chose la plus rare du monde. La plupart des gens ne font qu'exister". Ce fut alors "De profundis".   Wilde n’eut pas l’autorisation de la lui envoyer. Libéré le dix-neuf mai 1897, en possession de la totalité de son manuscrit, il quitte l’Angleterre par bateau de nuit pour débarquer à Dieppe le lendemain. Il le confie à son fidèle ami Robert Rossqui en fit deux copies. Une fut adressée à Alfred Douglas avec deux versions différentes. Elle n’arriva jamais, affirma-t-il. Il la brûla, affirmèrent les amis de Wilde. Le marquis et père d’Alfred Douglas restant toujours vigilant, une édition alors expurgée fut publiée en Allemagne et en Angleterre par Robert Ross qui déposa, en 1909, le manuscrit original au British Museum avec la condition de ne pas le publier avant cinquante ans. Cette longue lettre, adressée à son amant lord Alfred Douglas à qui il reprochait son silence, fut publiée dans son intégralité en 1962. En France, à Berneval près de Dieppe, Wilde va s’attaquer aux 109 strophes en vers de La ballade de la geôle de Reading. Il y conte les derniers jours d’un soldat de la Royal Horse Guards, Charles Thomas Wooldridge pendu à la prison de Reading le sept juillet 1896 pour avoir égorgé sa femme dans une crise de jalousie. Ce poème fut publié le trois février 1898 avec comme nom d’auteur C.3.3. Poème, véritable chant funèbre. Wilde s’installe ensuite à Paris. Il y prépare son recueil d’aphorismes en chantier depuis 1894 et qui ne sera publié qu’en 1904, sous le nom de Sebastian Melmoth. Patronyme emprunté au titre d’un roman écrit par son grand-oncle maternel Melmoth ou l’homme errant. Il vécut à Paris dans le plus grand dénuement et y mourut le trente novembre 1900 d’une méningite dans une chambre d’hôtel. Après l’extrême austérité d’un enterrement de sixième classe à Bagneux, ses cendres furent transférées au cimetière du Père Lachaise en 1908. Un monument funéraire orné d’un sphinx à l’image de son visage fut érigé à sa mémoire. Il y eut alors une grande polémique. Le sexe du sphinx, indubitablement masculin, fut rapidement dissimulé par une bâche. Le neuf décembre 1905 "Salomé", opérade Richard Strauss sur le texte d’Oscar Wilde traduit en allemand, fut créé à Dresde. Depuis un peu plus d’un siècle, les derniers accords de "Salomé" ont rejoint les fantômes, qui, soir après soir, sur les scènes d’opéra du monde entier, crient vengeance pour tenter de sauver Oscar Fingal O’ Flahertie Wills Wilde. "Rien n’a l’air aussi innocent qu’une indiscrétion".

 

"Il faut viser la lune car même en cas d'échec on atterrit dans les étoiles. Aujourd'hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien. Dire du mal des autres est une façon malhonnête de se flatter. Il y a quelque chose de ridicule dans les émotions de ceux que nous avons cessé d'aimer. S'aimer soi-même est le début d'une histoire d'amour qui durera toute une vie". Oscar Wilde vient au monde le seize octobre 1854 dans une famille très en vue de Dublin. William, son père, chirurgien officiel de la reine Victoria, a fondé dix ans auparavant l’hôpital ophtalmologique Saint Mark. La gentry s’y presse des quatre coins de l’Europe. Sa mère, Jane Francesca Agnes Elgee, que William a épousée en 1851 après avoir fait trois enfants illégitimes à sa première compagne, est une pasionaria de la cause irlandaise et du féminisme. Poétesse célèbre sous le nom de Speranza, elle encourage alors les ardeurs nationalistes de ses compatriotes dansla revue "La Nation". Nièce de l’écrivain gothique Charles Maturin, elle appelle l’Irlande à s’émanciper de la tutelle britannique et plaide pour l’éducation des femmes et leur droit de vote. Son mari manie aussi la plume. Depuis 1845, il est le rédacteur en chef du "Journal of Medical Science", et publie des récits de voyage. En 1864, alors qu’il vient d’être anobli par la reine, William Wild est accusé par l’une de ses jeunes patientes d’avoir abusé d’elle après l’avoir endormie avec du chloroforme. Elle rédige un pamphlet qu’elle rend public. Lady Wilde lui intente un procès en diffamation qu’elle perd. En outre, la réputation de Sir William Wilde est entachée par son refus de se présenter à la barre des témoins, dérobade qui sonne comme un aveu. Trois ans plus tard, Oscar perd sa jeune sœur, Isola, qui meurt à neuf ans de la peste. En 1871, c’est au tour des deux filles illégitimes de William de périr brûlées vives dans leurs robes de bal. Elles avaient un peu plus de vingt ans. Cette année-là, Oscar quitte alors la Portora Royal School, à Enniskillen, où il a appris le français, le latin et le grec, matières dans lesquelles il excelle, pour rejoindre le Trinity College de Dublin. Il se fait remarquer de ses condisciples autant par sa conversation que par ses habitudes vestimentaires hors du commun. Extravagant et volubile, en sa compagnie ses camarades font pâle figure. En 1874, le jeune dandy obtient une bourse pour le "Magdalen College", l’un des établissements les plus côtés de l’Université d’Oxford. Il est très rare qu’un roturier y soit admis. Wilde n’est en effet ni aristocrate ni fortuné. Il a alors comme professeur John Ruskin, l’un des porte-parole du mouvement "esthète", pour qui l’art ne doit être que recherche du "Beau", en dehors de toute préoccupation morale ou sociale. Oscar Wilde trouve alors dans les propos du peintre et du critique d’art ce qu’il sent sourdre en lui, se démarquant alors du commun des mortels avec ses cheveux longs, ses cravates lavallières et les boutonnières de ses costumes fleuries d’un œillet, d’un lys ou d’un chrysanthème. Une élégance distinguée qui ne suffit cependant pas à emporter les faveurs de Florence Balcombe, réputée être une des plus jolies filles de Dublin.

 

"J'adore parler de rien, c'est le seul domaine où j'ai de très vagues connaissances. Une rencontre qui débute par un compliment va nécessairement se transformer en amitié véritable. Elle commence comme il faut. Il n’y a pas d’amitié possible entre hommes et femmes. De la passion, de l’amitié, de l’adoration, de l’amour mais pas d’amitié". Florence Balcombe, cette beauté du diable lui préfère son ami Bram Stoker, le futur père de "Dracula", rencontré à "Trinity C". Fiancée au premier, elle épouse le second en 1878. Qu’importe : le désespoir amoureux rend l’éconduit prolixe. Il publie ses premiers poèmes dans de nombreuses revues irlandaises et anglaises. L’un d’eux, "Ravenna", obtient alors le "Newdigate Prize". À Londres, où il s’installe, Oscar se met bientôt à fréquenter les milieux littéraires et aristocratiques. Son apparence et son excentricité le rendent vite célèbre. En 1881, son premier recueil de poèmes est accueilli avec dévotion par les artistes fin-de-siècle. Le "grand monde" victorien lève le sourcil, mais finit par opinerdu chef devant le jeune prodige. Ce ne sera pas toujours le cas. "Véra ou Les Nihilistes", la pièce qu’il a écrite l’année précédente est retirée de l’affiche à la veille de la première. Cet hymne à la liberté des peuples, en ces temps troublés de crise entre l’Irlande et l’Angleterre, est vu comme une incitation à la révolte. À la fin de l’année, Oscar Wilde part aux États-Unis donner une série de conférences sur sa conception de l’esthétique. Il déclare à son arrivée "ne rien avoir à déclarer en dehors de "son génie". De retour en Europe, il rencontre à Paris les écrivains en vogue, Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, Hugo. Il se lie d’amitié avec Robert de Montesquiou, Jean Lorrain, Pierre Louÿs, Marcel Proust et André Gide. L’actrice Sarah Bernhardt l’envoûte. C’est à Dublin, au sortir d’une conférence, qu’il rencontre une jeune admiratrice : Constance Lloyd. Il l’épouse l’année suivante, en 1884. Le couple s’installe à Chelsea dans une demeure cossue, au luxe raffiné. Elle devient vite le lieu de rendez-vous des artistes londoniens. Cyril, leur premier fils,naît en 1885, Vyvyan l’année suivante. Si Oscar Wilde, en père aimant, se lance pour ses enfants dans l’écriture de contes, "Le fantôme de Canterville", "Le crime de Lord Arthur Savile", "Le prince heureux" et autres contes, il multiplie les expériences homosexuelles. Il aurait, dit-on, contracté la syphilis à Oxford, durant ses études, et s’en croirait guéri après un traitement au mercure. Certains verront même dans ce mal terrible la cause de sa mort prématurée. Aprèsla publication de son essai, "La vérité des masques" sur Shakespeare, il devient rédacteur en chef du magazine "The Woman’s World" en 1885. Pendant deux ans, il va y déployer ses talents de pamphlétaire et son art du paradoxe, tout en défendant la cause féministe, fidèle à l'enseignement de Lady Wilde. Sens de la fidélité et respect de la mémoire.

 

"Il y a des moments où il faut choisir entre vivre sa vie pleinement, entièrement, complètement, ou traîner l'existence dégradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose. La beauté est dans les yeux de celui qui regarde". C’est dans le numéro de juillet 1890 de la revue américaine "Lippincott’s Monthly Magazine" qu’Oscar Wilde publie d’abord son unique roman, "Le Portrait de Dorian Gray". Cette apologie de la beauté est aussitôt accusée de corrompre la jeunesse. L’intéressé répond aux critiques dans une "Préface" qu’il donne à la "Fortnightly Review". Pour Wilde, l’art et l’éthique ne sauraient être confondus: "Un livre n’est point moral ou immoral. Il est bien ou mal écrit. C’est tout". En avril de l’année suivante, l’ouvrage paraît alors en volume, augmenté de six chapitres. L’Angleterre victorienne s’étrangle, les lecteurs s’arrachent le livre. La carrière littéraire d’Oscar Wilde, qui jusqu’alors était plus connu pour sa vie que pour son œuvre, est lancée. Le Portrait de Dorian Gray est donc cette histoire extraordinaire d’un portrait qui vieillit à la place du modèle. Pire, ce sont les péchés de Dorian, son immoralité, même si elle est entourée de justifications philosophiques, qui a sacrifié son âme à son image, qui enlaidissent progressivement le tableau. C’est son double, celui qu’il ne veut pas voir. Et, le jour où il en prend conscience, croyant détruire le portrait, il se détruit lui-même. Fin prémonitoire quant au propre destin de Wilde. C’est donc un roman sur le bien et le mal. Mais c’est également une satire sociale, acide, cruelle, caricaturale, de la bonne société victorienne, hypocrite e torgueilleuse. C’est un plaidoyer d’Oscar Wilde sur sa conception de l’art, du beau et du statut de l’artiste qui n’existe que dans l’œuvre, concept que l’on retrouvera chez Proust dans son fameux "Contre Sainte-Beuve". Pour preuve, la vie conduit inexorablement l’homme vers la mort, tandis que l’art est éternel. Mais Wilde va plus loin encore, il stigmatise la beauté comme étant dangereuse, tentatrice et parfois mortelle. C’est enfin un roman sur les amours ne disant pas leur nom. "La meilleure façon de résister à la tentation, c’est d’y céder". Le "Portrait de Dorian Gray"s’articule autour de ce paradoxe "wildien" célébrissime. Une maxime qui prend à rebrousse-poil les manières d’une société dominée par une morale étriquée. Dans ce qui sera considéré comme le plus français des romans anglais, le vice devient vertu, quand la vertu se fait dépravation. Transposant le mythe de Faust, Wilde s’abreuve aux sources de la littérature contemporaine. Sa fable philosophique doit tout à la fois à la "Peau de chagrin" de Balzac qu’au"Portrait ovale" d’Edgar Allan Poe. Le thème du double fascine l’esprit fin-de-siècle décadent. En 1886, Robert Louis Stevenson a livré une allégorie de l’hypocrisie qui régit la société victorienne avec "Le cas étrange du docteurJekyll et de mister Hyde". L’étrangeté de ce roman, qui a fortement influencé Wilde, tient dans les non-dits d’un récit qui donne pourtant l’apparence d’une transparence absolue. Un univers essentiellement masculin, comme celui du livre empoisonné dont se délecte Dorian Gray, "À rebours". Le roman de Joris-Karl Huysmans, où il ne se passe rien, paru en 1884, met en scène Des Esseintes, un dandy fin de race, esthète et excentrique, dont l’existence n’est guidée que par la recherche du faux plus vrai que nature. Et Wilde va plus loin encore que Des Esseintes, fatigué, désabusé, revenu de tout. Dorian qui n’est rien, n’a rien créé, rien écrit, rien produit, mais qui est jeune et beau, fait alors de sa vie, son œuvre. "Ce sont les personnalités et non les principes qui font avancer l’époque".

 

"La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. Notre passé, voilà ce que nous sommes. Il n’y a pas d’autre façon de juger les gens, mais une cause n’est pasnécessairement vraie parce qu’un homme meurt pour elle". Le succès teinté de scandale rencontré alors par "Le Portrait de Dorian Gray" n’est pas dû seulement au fait que son intrigue fantastique souscrive au goût de l’époque. Le lecteur y trouve aussi exprimé tout haut sous la plume de l’écrivain ce qu’il pense ainsi tout bas. Mais aucune époque n’aime regarder dans le miroir ses petites lâchetés et ses grands mensonges. À la parution du roman, le "Scot Observer" écrit: "L’intrigue, qui traite de sujets réservés au Service des enquêtes criminelles ou à une audience à huis clos, discrédite aussi bien l’auteur que l’éditeur. Mr Wilde est un homme intelligent, artiste, élégant mais s’il ne peut écrire que pour des aristocrates dévoyés et des télégraphistes pervertis, plus tôt il se fera tailleur, ou tout autre métier décent, mieux cela vaudra pour sa réputation et pour la moralité publique". En effet, quelques années plus tôt, en 1889, 'l’affaire des petits télégraphistes' a fait grand bruit. Une descente de police dans un bordel pour hommes à Cleveland Street a dévoilé les relations entre jeunes prostitués et clients influents, dont certains appartenaient au gouvernement. L’affaire fut étouffée et classée sans suite, mais ouvrit une période de soupçon. D’aucuns virent alors dans ce Portrait de Dorian Gray une œuvre autobiographique. Ce qui n’est pas faux,si l’on considère que Wilde s’y retrouve dans les trois personnages. Il s’en est d’ailleurs expliqué. Basil Hallward est tel qu’il croit être, un artiste sentimental qui souffre de vivre ses passions, ses attirances, ses désirs, dans le secret. Lord Henry est tel que le monde le croit, dandy, épicurien, hâbleur, cynique, corrupteur de jeunesse. DorianGray est tel qu’il voudrait être, un idéal esthétique, un objet de désir, et d’ajouter: "Dans une autre vie peut-être".La critique ne reproche pas seulement à Wilde l’aspect plus qu’équivoque de son roman. D’abord on trouva qu’il était trop court et bâclé, là où la plupart des écrivains commettaient des romans volumineux en trois tomes ou plus,et qu’il est issu d’une nouvelle qu’il a agrémenté de nouveaux chapitres pour en faire un roman. Contrairement àce que de nombreux critiques ont affirmé, "Le Portrait de Dorian Gray" est une œuvre soigneusement et clairement structurée. Dans l’édition définitive de 1891, Oscar Wilde a porté le nombre des chapitres de treize à vingt, mettant ainsi le chapitre X au cœur du livre. C’est en effet dans ce chapitre que Dorian Gray relègue le portrait devenu trop révélateur dans le grenier plein de souvenirs d’enfance, et que le "Livre Jaune" fait son apparition. Le roman est structuré autour de cette charnière. Au chapitre I, qui nous montre la "création" de Dorian par le portrait, correspond le chapitre XX, qui nous montre sa destruction par ce même portrait. Au chapitre II, Lord Henry entame son œuvre de perversion sur Dorian, qui la rejette enfin au chapitre XIX. Aux trois chapitres consacrés à l’idylle avec Sybil Vane, correspondent trois chapitres dans lesquels son frère entre en scène sous les traits du vengeur (XVI, XVII, XVIII).

 

"Les présages n’existent pas. Le destin ne nous envoie pas de messagers. Il est bien trop avisé ou cruel pour cela. Celui qui se retourne sur son passé ne mérite pas d’envisager un avenir. Il est absurde de diviser les gens en bons et en mauvais. Les gens sont ou bien charmants ou bien ennuyeux". La qualité littéraire du texte n'est certes pas mise en cause. la plupart des critiques reconnaissent à Wilde "de l'intelligence, de l'art et du style". Ils lui reprochent en revanche de compromettre ses qualités en illustrant des thèmes qui portent atteinte à la morale publique. "Art travesti"que celui de Wilde, "car son intérêt est d'ordre médico-légal, il travestit la nature, car son héros est un monstre. Il travestit la morale, car l'auteur ne dit pas assez explicitement qu'il ne préfère pas un itinéraire de monstrueuse iniquité à une vie droite, saine et sensée". L'auteur n'est pas pour rien dans l'ampleur que prend la controverse. Il ne se dérobe pas face aux critiques et choisit de répondre avec vigueur à chacune des objections de ses détracteurs. Sa défense est pour lui l'occasion de mettre en lumière, et parfois même de préciser, les lignes du programme qu'il développe dans son essai "Le Critique comme artiste" (1891). Elle tient ainsi dans l'affirmation de l'indépendance que l'art doit maintenir vis-à-vis de la morale, et plus généralement dans "la supériorité de l'Esthétique sur l’Éthique". Mais ce que ne sait pas la critique de l’époque, c’est que la première version, celle publiée dans la revue américaine, a été alors largement édulcorée à la demande de l’éditeur, afin que disparaisse ainsi toute référence explicite à la sexualité des personnages et à leur homosexualité affichée. Le manuscrit original, qui a été rendu public en avril 2011, montre à quel point Wilde faisait fi de la morale et des lois en vigueur condamnant très lourdement depuis 1885 l’amour entre les hommes, et combien il était naïf à l'époque de penser que l’éditeur laisserait alors passer une telle transgression."Le Portrait de Dorian Gray" est surtout un succès de scandale qui servira plus la réputation de son auteur que son enrichissement personnel. Le prince de l’aphorisme devient alors dramaturge. Le vingt-deux février 1892, c’est la première à Londres de "L’Éventail de lady Windermere". L’année suivante, Wilde écrit en français "Salomé" pour Sarah Bernhardt, pièce inspirée par un tableau du peintre Gustave Moreau, la pièce est interdite par la censure alors même que les répétitions ont commencé. En 1893, c’est au tour d’"Une femme sans importance". On crie alors au renouveau du théâtre anglais, une évolution qui agace profondément la société traditionnelle qui s’y voit critiquée et raillée. En plus d’être célèbre, Wilde est devenu riche. Ces deux pièces lui rapportent ainsi des sommes énormes. Soixante-dix livres sterling par jour, soit l’équivalent de sept mille euros, sommes englouties par un train de vie dispendieux et le désir de plaire à un certain Lord Alfred Douglas. En effet, en 1891, le poète Lionel Johnson aprésenté à Oscar Wilde Lord Alfred Douglas, le troisième fils du marquis de Queensberry, un jeune éphèbe de vingt et un ans qui étudie au "Magadalen College d’Oxford", là où l'écrivain fit ses études presque vingt ans auparavant. Surnommé "Bosie", beau gosse, il dit avoir lu neuf fois "Le Portrait de Dorian Gray" et ne cache passa joie de rencontrer l’auteur, à la réputation sulfureuse. Leur passion de la poésie les lie. La faconde de Wilde et la beauté insolente de Bosie feront le reste. Devenus inséparables, ils s’affichent au mépris du qu’en-dira-t-on. Une amitié particulière qui n’est pas vraiment du goût du marquis de Queensberry, le père de Lord Douglas, connu pour être l’auteur des "Queensberry rules" qui réglementent la boxe mondiale, mais aussi surtout pour son irascibilité. D’autant que le dix-huit octobre 1894, le fils aîné du marquis est décédé, un accident de chasse, version officielle. Mais on dit que l’infortuné a mis fin à ses jours après avoir rompu avec son amant devenu Premier ministre.

 

"De nos jours on peut survivre à tout, excepté à la mort, et tout surmonter excepté à une bonne réputation. L'action est la première tragédie de la vie, les mots la seconde. Les mots sont sans doute la pire tragédie, ils sont sans pitié". Le "vice innommable", condamné par la onzième section du Criminal Law Amendement Act, lui ayant alors pris son premier-né, Queensberry se met en tête de sauver le cadet. Après d'innombrables provocations auxquelles Wilde ne répond pas, le marquis dépose le onze février 1895, à l’Albermale, un bristol : "À Oscar Wilde le sodomite". Bosie, qui déteste son père, pousse l’écrivain à réagir. Malgré l’avis contraire de ses amis et de son avocat, Wilde porte plainte en diffamation le deux mars 1895. Et ce qui n’aurait dû être qu’une simple formalité tournera très vite au cauchemar. Le Tout-Londres se passionne pour le procès et personne ne doute de la victoire d’un auteur si adulé. Mais le contexte n’est pas favorable à l’écrivain. Il est son propre ennemi. Il prend le prétoire pour une scène, multiplie les bons mots, se montre très désinvolte vis-à-vis des mœurs et de la morale, ment sur son âge et sur celui d’Alfred, et se met les jurés à dos. Même le public finira par le lâcher. Le diffamé deviendra alors l’accusé. Et à l’issue du troisième procès, il est alors condamné à deux ans de travaux forcés. Du jour au lendemain, la presse, le public, les anglais, piétineront celui qu’ils ont pourtant porté au pinacle. Wilde aurait dû se souvenir de ce qu’il écrivait dans "Le Critique" en tant qu’artiste : "Le public est terriblement tolérant. Il pardonne tout, sauf le génie". Le vingt-cinq mai 1895, Oscar Wilde, esthète, fin poète, écrivain génial, essayiste de talent, dramaturge brillant, dandy maniant l’art de la conversation et au-delà celle de la provocation, excentrique aux réparties fulgurantes, est condamné, à l’issu de trois procès, à deux années de travaux forcés. Ses biens sont confisqués pour payer les frais de justice. Constance, sa femme, se réfugie avec ses fils en Suisse où elle subit une humiliation à Neuchâtel en juin1895, un hôtelier la mettant dehors en raison de son nom scandaleux. Elle substitue alors au patronyme de ses fils celui de "Holland", qui correspond au deuxième prénom de son frère, Otho Holland Lloyd, riche avocat londonien.

 

"Il est des choses qu’il est juste de dire mais que l’on dit parfois au mauvais moment et en se trompant d’auditoire. Dans les affaires très sérieuses, l’essentiel est le style pas la sincérité". Après quatorze mois de travaux forcés et à la suite de son transfert de la prison de Reading, Wilde se voit accorder le privilège exceptionnel de la part du directeur de la prison de posséder du matériel d’écriture et reçoit la permission d’écrire à condition de remettre tous les soirs ses écrits, son papier et son stylo aux autorités pénitentiaires. Il n'écrira en prison que de la correspondance, et en particulier une lettre adressée à Alfred Douglas qui sera, après sa mort, publiée sous le titre "De Profundis". Les travaux forcés et l'enfermement l'affecteront au point qu'il ne produira qu'une seule œuvre après sa libération, elle-même sur le thème de la prison : "La Ballade de la geôle de Reading". Durant son incarcération, il continue de recevoir la visite de Robert Ross. Alfred Douglas est, quant à lui, poussé à l'exil en France et en Italie pendant plus de trois ans. Sa libération, en 1897, est un grand moment de joie, Oscar Wilde s'exclame à de nombreuses reprises :"Que le monde est beau" sur le quai de la gare, ce que ses amis lui reprochent puisqu'il lui est plus que nécessaire de se faire discret. Il souhaite épouser la religion catholique, à la suite de sa conversion spirituelle que lui a coûté la prison, et désire se retirer un an dans un cloître. Les Jésuites qu'il sollicite refusent d'accueillir un tel membre et lui conseillent d'attendre encore un an ou deux. Il parvient à récupérer une petite somme d’argent, reliquat de sa fortune passée additionnée de dons d’admirateurs, et part aussitôt s’installer à Dieppe, en Normandie, puis dans un hôtel, à Berneval, un petit village non loin de là, sous le pseudonyme de Sebastien Melmoth, un héros gothique créé par son grand-oncle. Il est seul malgré quelques visites de ses amis. Il s’ennuie, relit Dante, erre quelque temps dans la région, revient en secret à Londres retrouver Bosie, emprunter de l’argent, voyage avec lui en Italie, avant de se fixer à Paris. Wilde voit Gide, côtoie Alfred Jarry, Toulouse-Lautrec, Auguste Rodin et Sarah Bernhardt, mais ne cherche pas à retrouver la gloire d’antan. Il fréquente même Esterhazy qui lui avouera être l’auteur du faux qui condamna Dreyfus. Bosie s’est également installé à Paris, avenue Kléber, mais plutôt que d’aider son ami, il dilapide des fortunes d’un hippodrome l’autre. Épuisé par les rigueurs inhumaines de la prison, usé par les excès, délaissé par Bosie qui s’est réconcilié avec son père sur son lit de mort, devenu comme il le disait "une épave à bout de nerfs", il emménage finalement dans un hôtel de la rue des Beaux-Arts, peu cher et dans lequel il dispose de deux chambres, "une pour écrire, l’autre pour l’insomnie". Commence alors une période de déchéance dont il ne sortira pas.

 

"Pour l’artiste, le vice et la vertu sont les matériaux de son art. Ce qui est vrai de l’art est vrai de la vie. L’œuvre d’art doit dominer le spectateur. Le spectateur ne doit pas dominer l’œuvre d’art. Lorsqu’un homme traite la vie avec art,son cerveau est son cœur". Malgré l'aide de ses amis qui lui prêtent de l'argent, ses revenus littéraires étant devenus insuffisants, notamment André Gide et Robert Ross, il finit ses jours dans la solitude et la misère. Oscar Wilde meurt probablement d'une méningite, âgé de quarante-six ans, en exil volontaire à Paris, le trente novembre 1900 au treize rue des Beaux-Arts. "Je meurs comme j'ai vécu, largement au-dessus de mes moyens" . Ses derniers mots, dans une chambre d'hôtel au décor miteux auraient été : "Ou c'est ce papier peint qui disparaît, ou c'est moi". Oscar Wilde est d’abord inhumé à Bagneux, un enterrement de sixième classe suivi par quelques artistes anglais ainsi que par Paul Fort et Pierre Louÿs. Bosie est présent, revenu précipitamment d’Écosse ainsi que Jean Dupoirier, le patron de l’hôtel d’Alsace. Gide et Proust brillent par leur absence. Il faudra d’ailleurs attendre dix ans avant que Gide ne publie un petit recueil de souvenirs. C’est dire si Wilde sentait le soufre. Et longtemps après sa mort. Les enfants de l’écrivain, qui ne revirent jamais leur père, furent chassés des hôtels où ils séjournaient suite au procès. Ils durent changer de nom et s’exiler avec leur mère en Allemagne. Plus tard, par hostilité envers l'auteur, on refusa même d’admettre Vyvyan à l’Université d’Oxford. Lady Wilde, qui a toute sa vie pris le parti des combattants pour la liberté, plonge dans une humeur noire à l’annonce de la condamnation de son fils. Elle meurt mutique en février 1896 sans avoir obtenu l’autorisation de voir son fils en prison. Constance, la femme d’Oscar Wilde, tombe dans un escalier après avoir fait un faux pas. Touchée à la moelle épinière, elle meurt des suites de l’opération de la dernière chance, en avril 1898. Lord Alfred Douglas, après un mariage de convenance qui ne dura pas, traduisit les "Protocoles des sages de Sion"et dirigea un hebdomadaire populiste et antijuif, "Plain English". En mars 1923, il comparait à son tour devant la courd’Old Bailey pour avoir diffamé dans ses articles Winston Churchill, alors secrétaire d’État aux Colonies. Il est alors condamné à six mois de prison fermes. Lors de son incarcération, il écrit "In Excelsis", un texte en allusion au "De Profundis" d'Oscar Wilde, qu'il avait pourtant renié en 1918. Il meurt le vingt mars 1945 d'une insuffisance cardiaque.

 

"Les artistes ne cherchent pas à démontrer. Même les choses vraies peuvent être démontrées. Révéler ainsi l’art et dissimuler l’artiste, tel est le vrai but de l’art. Tout art est à la fois surface et symbole. Tout art est immoral. En morale comme dans la vie, toute imitation est une erreur. Lorsque les critiques sont en désaccord, l’artiste est en accord avec lui-même". Même si l’humour est l’autre face cruelle du désir, il oblige à la complicité du regard et provoque un transfert du procès qui commence par la disqualification des victimes. La sympathie de l’humour partagé fait souvent croire à la sauvegarde d’un discernement objectif. L’aboutissement du processus est la délectation du lecteur et, du côté du narrateur incriminé, la reconstruction de son image. Ce qui se partage n’est pas le contenu des faits, mais leur lecture. Les simulacres se révèlent plus fascinants que leurs modèles ou les situations réelles. Ainsi l’art consommé voue à la fascination. La référence biblique de Wilde, outre sa résonance mortuaire, sursaut dramatique de vie au bord du tombeau, implique alors que l’on complète mentalement le psaume célèbre : "Du fond de l'abîme je crie vers toi". L’inspiration religieuse du repentir compte alors infiniment moins que la tentative affirmée de toucher et de plaire. Oscar Wilde va jusqu’à l’extrême de sa douleur et de sa vérité pour que son chant aille droit au cœur de l’autre. Purgeant sa peine après trois procès expiatoires et infamants, il choisit de faire le procès de Bosie. Offensif, il cerne, traque ses défauts, l’apostrophe, dès la deuxième page : "lis et relis cette lettre jusqu’à ce qu’elle tue ta vanité". On peut douter que ses fins soient purement réformatrices, car il souhaite que chacun de ses mots soit comme un "scalpel qui fait saigner". Est-ce réellement Bosie qu’il veut amender, pour le retrouver à sa sortie de prison ? L’écriture est invigoration. Wilde se rend à lui-même, et à son pouvoir de séduction, il triomphe en toute intégrité, au creux du dénuement. Il n’en reste pas moins qu’à travers ses mots d’esprit, ses saillies et ses provocations, il s’est d’abord fait le défenseur d’un art sans entraves et de la liberté de l’écrivain. Même si, contrairement à ce qu’ont prétendu certains, il ne s’est pas immolé, victime consentante, sur l’autel de l’homosexualité, il a brisé par son mode de vie et son œuvre les tabous d’une société totalement bâtie sur les faux-semblants et l’hypocrisie.

 

"La vie n’est qu’un mauvais quart d’heure composé de moments exquis. Quel dommage que nous ne tirions des leçons de la vie que quand elles ont cessé alors de nous être utiles. Devenir le spectateur de sa propre vie permet d’échapper aux souffrances de la vie. Le monde a été créé par des idiots afin que les sages puissent y vivre". À sa sortie de prison, Oscar Wilde écrit à l’un de ses amis : "Oui, je n’ai aucun doute que nous gagnerons, mais la route est longue et rouge d’un monstrueux martyre". En 1902, le mot homosexuel fait ainsi son entrée dans le supplément du Nouveau Larousse illustré et désigne une "pathologie". En 1967, trois mois après la mort de son fils cadet, Vyvyan Holland qui, à défaut d’avoir conservé le nom de son père a défendu sa mémoire, le Criminal Law Amendement Act est abrogé. Et ce n’est qu’en 2000 que le Royaume-Uni abroge l’une de ses dernières législations anti-homosexuelles. Hasard du calendrier, on fêta cette année-là le centenaire de la mort du très vibrionnant esthète. En 1909, les restes d’Oscar Wilde sont transférés au cimetière du Père-Lachaise, division 89. Le tombeau fut réalisé par Jacob Epstein, pionnier de la sculpture moderne. Un sphinx monumental, ailé et nu, surplombe le caveau. Et le scandale repartit de plus belle, l’artiste ayant doté l’ange-démon d’attributs virils. Accusé d’obscénité, il refusa de modifier son œuvre. D’autant qu’il en était fier. Le bloc de pierre de plusieurs tonnes était sculpté à grande échelle, directement et sans fragmentation. Il fut alors décidé de plâtrer l’objet du délit. Finalement, une plaque de bronze fit office de feuille de vigne. Mais peu après, un commando d’artistes et de poètes contestataires arracha le cache-sexe. Le monument fut alors recouvert jusqu’en 1914 d’une bâche et surveillé par la police. Il devint par la suite un objet culte, un lieu de pèlerinage, et se couvrit progressivement de graffitis, de marques de rouge à lèvres et d’inscriptions en tous genres. Restauré une première fois et doté d’une clôture qui fit long feu, rien ne put freiner l’ardeur des admirateurs. On dit que c'est à cause d'un baiser homosexuel qu'il fut condamné à deux ans de travaux forcés. En 2011, des vitres en plastique de deux mètres de haut ont été apposées autour des parois de pierre pour empêcher que ses idolâtres ne grimpent sur la malheureuse tombe voisine pour y déposer le traditionnel baiser au rouge à lèvres. "Aimer, c'est se surpasser", aurait-il sans doute pensé, pince-sans-rire, sans se soucier du confort post-mortem de son anonyme voisin."La mort est notre lot à tous, sans la mort, la vie serait incomplète". Sa vie est assurément son "premier" roman. Oscar Wilde est passé à la postérité comme l’écrivain dandy par excellence, pourtant son œuvre ne se limite pas au "Portrait de Dorian Gray". Ses comédies sont toujours jouées de nos jours et ses contes sont d’une grande qualité littéraire. Bernard Shaw l’a senti, voyant là "en dépit des abominables conditions" d’écriture, "une œuvre"comique et non tragique, rédigée par un homme intact, brillamment accompli dans sa splendide supériorité".

 

Bibliographie et références:

 

- Richard Ellmann, "La vie et l'œuvre d'Oscar Wilde"

- Lord Queensberry, "Oscar Wilde et le clan Douglas"

- Vyvyan Holland, "Fils d'Oscar Wilde"

- H. Montgomery Hyde, "Oscar Wilde, les années maudites"

- Philippe Jullian, "Le fabuleux Oscar Wilde"

- Robert Merle, "Un poète nommé Oscar Wilde"

- Maud de Belleroche, "Oscar Wilde ou l'amour qui n'ose dire son nom"

- Isaure de Grosourdy de Saint-Pierre, " Bosie and Wilde"

- Daniel Salvatore Schiffer, "L'œuvre d'Oscar Wilde"

- Odon Vallet, "L'affaire Oscar Wilde"

- Xavier Darcos, "Oscar a toujours raison"

- Daniel Schiffer, "Oscar Wilde, splendeur et misère d'un dandy"

 

Bonne lecture à toutes et à tous.

Méridienne d'un soir.

Thèmes: littérature
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