Mary Dom
par le Hier, 09:46:22
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La pluie était revenue dans la nuit.

Quand Céline reçut le message, le lendemain soir, elle était encore incapable de penser à autre chose qu’aux mains d’Élise contre l’écorce du vieux chêne.

Un simple ordre.

Ce soir. Même endroit. Ne me fais pas attendre.

Son ventre se noua immédiatement.

Elle relut le message trois fois avant d’éteindre son téléphone. Puis elle partit sans réfléchir davantage.

La forêt semblait différente après la tombée du jour. Plus sombre. Plus profonde. Les branches bougeaient lentement sous le vent humide, et chaque bruit paraissait amplifié par le silence.

Céline retrouva le sentier presque en apnée.

Élise était déjà là.

Adossée au même arbre que la veille, immobile, comme si elle avait toujours appartenu à cet endroit.

— À l’heure, cette fois, dit-elle calmement.

Céline sentit une chaleur nerveuse lui traverser la poitrine.

— Oui, Madame.

Élise s’approcha lentement. Pas après pas. Suffisamment près pour que Céline sente l’odeur du cuir humide et du bois mouillé.

— Tu as pensé à moi aujourd’hui ?

La question était douce. Impossible d’y échapper.

— Tout le temps.

Le regard d’Élise s’attarda sur elle avec une intensité presque insupportable.

— Bien.

Sa main vint se poser contre la taille de Céline, ferme, possessive, avant de glisser lentement dans son dos.

— Alors ce soir, tu vas apprendre quelque chose d’important.

Céline retint son souffle.

Élise se pencha près de son oreille.

— L’obéissance ne consiste pas seulement à suivre des ordres. Elle consiste à anticiper ce que je veux avant même que je parle.

Un frisson parcourut immédiatement Céline.

— Est-ce que tu comprends ?

— Oui, Madame.

— Non.

Le mot claqua doucement dans l’air.

Élise attrapa son menton entre ses doigts.

— Tu crois comprendre. Ce n’est pas pareil.

Céline sentit ses joues chauffer.

Le silence s’installa de nouveau. Dense. Contrôlé.

Puis Élise recula légèrement et retira lentement ses gants noirs, doigt après doigt, sans quitter Céline des yeux.

Le geste était presque plus troublant qu’un contact.

— À genoux.

Céline obéit immédiatement sur les feuilles humides.

Élise la regarda quelques secondes, comme pour savourer l’image.

— Voilà.

Sa voix s’était faite plus basse.

— Tu es magnifique quand tu abandonnes enfin le besoin de contrôler quoi que ce soit.

Céline baissa les yeux instinctivement.

Erreur.

Les doigts d’Élise passèrent sous son menton pour relever son visage une nouvelle fois.

— Je t’ai déjà dit de me regarder.

— Pardon, Madame.

Cette fois, Élise sourit franchement.

Pas un sourire tendre. Un sourire satisfait.

Puis elle caressa lentement la joue de Céline du revers des doigts avant de murmurer :

— Tu progresses.

Le compliment frappa Céline avec plus de force qu’il n’aurait dû.

Élise le vit immédiatement.

Évidemment.

— Tu cherches mon approbation maintenant, n’est-ce pas ?

Céline resta silencieuse une seconde de trop.

Élise pencha légèrement la tête.

— Réponds.

— Oui, Madame…

Le souffle d’Élise effleura ses lèvres.

— C’est dangereux pour toi.

Et pourtant, dans sa voix, il y avait presque de la tendresse. Presque.

Au loin, le tonnerre gronda derrière les arbres.

Mais Céline savait déjà qu’elle serait incapable de partir, même si l’orage éclatait au-dessus d’elles.

 

 

 

 

L’orage éclata finalement quelques minutes plus tard.

La pluie frappa les branches avec violence, transformant le sentier en ruban sombre et brillant. Céline sursauta lorsque le tonnerre gronda juste au-dessus d’elles.

Élise, elle, ne bougea presque pas.

— Viens.

Sa main se referma autour du poignet de Céline avec assurance, et elle l’entraîna hors du chemin principal, plus profondément encore dans la forêt.

Les arbres devenaient plus denses. Les ombres aussi.

Céline peinait à distinguer où elles allaient, avançant entre les fougères mouillées pendant que la pluie collait ses vêtements à sa peau.

Puis elle la vit.

Une vieille cabane dissimulée entre les pins.

Petite. Presque invisible sous les branches basses. Une lumière chaude filtrait pourtant à travers les rideaux sombres des fenêtres.

Céline ralentit malgré elle.

— Tu… savais que l’orage arriverait ?

Élise ouvrit la porte sans répondre immédiatement.

L’intérieur contrastait totalement avec le froid extérieur.

Une lampe à pétrole diffusait une lumière dorée. Le feu crépitait doucement dans un vieux poêle en fonte. Une couverture épaisse avait été déposée près du canapé, et l’odeur du bois brûlé se mélangeait à celle du thé chaud.

Tout était déjà prêt.

Comme si Élise avait prévu leur venue depuis le début.

Élise retira lentement son manteau trempé et le suspendit près de la porte avant de se tourner vers Céline.

Son regard glissa sur elle avec calme.

— Ferme la porte.

Le déclic de la serrure résonna étrangement fort dans la petite pièce.

Céline sentit immédiatement la tension changer.

Dehors, la forêt semblait sauvage.

Ici, tout appartenait à Élise.

— Approche.

Céline obéit presque automatiquement.

Élise s’assit dans le vieux fauteuil près du feu sans quitter Céline des yeux.

— Tu trembles.

— J’ai froid…

Le léger sourire d’Élise disait clairement qu’elle n’était pas dupe.

— Pas seulement.

Céline baissa les yeux une seconde avant de sentir ce regard autoritaire revenir peser sur elle.

— Je t’ai autorisée à détourner le regard ?

— Non, Madame.

— Bien.

Le feu projetait des ombres mouvantes sur les murs en bois. Chaque craquement du poêle rendait le silence entre elles encore plus lourd.

Puis Élise tendit lentement la main.

— Viens ici.

Quand Céline s’approcha, Élise posa les doigts sous son menton avec une douceur inattendue.

— Tu veux savoir pourquoi cette cabane existe ?

Céline acquiesça faiblement.

Le pouce d’Élise effleura sa joue humide.

— Parce qu’il y a des moments où le monde extérieur devient inutile.

Sa voix était basse. Hypnotique.

— Ici, il n’y a ni bruit, ni règles des autres… seulement les miennes.

Le souffle de Céline se coupa légèrement.

Élise le remarqua aussitôt.

Évidemment.

— Et toi… murmura-t-elle, tu reviens quand même malgré ça.

La pluie frappait violemment le toit désormais, mais Céline avait l’impression de ne plus entendre que la voix d’Élise.

Douce.

Calme.

Dangereusement rassurante.

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Oulig
Hummmmm quel va être le châtiment pour Céline? Élise à l'air d'être une maîtresse femme sûr d'elle, alors j'attends la suite
J'aime Hier, 11:48:11