Mary Dom
par le Il y a 15 heure(s)
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Le silence dura longtemps après ces mots.

Céline restait debout devant elle, immobile malgré la pluie qui battait encore les fenêtres de la cabane. Le feu diffusait une chaleur lente qui faisait monter une légère buée sur sa peau humide.

Élise ne la quittait pas des yeux.

— Enlève ta veste.

L’ordre fut donné sans dureté. Presque calmement.

Céline sentit pourtant son cœur accélérer immédiatement. Ses doigts tremblaient légèrement lorsqu’elle défit la fermeture de sa veste détrempée pour la laisser glisser au sol près de la porte.

Élise observa chaque mouvement.

— Tu réfléchis trop.

Céline releva les yeux.

— Je…

— Tu veux toujours savoir ce que tu dois ressentir avant de te laisser aller à le ressentir.

Sa voix était basse, posée, terriblement assurée.

Élise se leva lentement du fauteuil et s’approcha d’elle jusqu’à ce que quelques centimètres seulement les séparent.

— C’est épuisant, tu sais.

Le ton n’était pas moqueur. Pire. Compréhensif.

Céline sentit cette douceur inattendue fissurer quelque chose en elle.

Élise passa une main dans ses cheveux humides avant de les repousser lentement derrière son oreille.

— Regarde-toi.

Elle désigna vaguement la pièce autour d’elles.

— Tu es entrée ici comme quelqu’un prêt à se battre contre tout. Puis tu attends chacun de mes mots comme s’ils pouvaient t’autoriser à respirer.

Le souffle de Céline vacilla légèrement.

Parce qu’Élise avait raison. Et qu’elle le savait depuis le début.

La pluie redoubla dehors.

Élise recula finalement de quelques pas avant de reprendre place près du feu.

— Approche encore.

Céline obéit.

— À genoux.

Cette fois, la chaleur du tapis près du poêle contrastait avec l’humidité glacée de la forêt, mais elle sentit tout de même un frisson lui parcourir l’échine en s’agenouillant devant elle.

Élise posa un coude contre l’accoudoir du fauteuil, observant Céline avec une intensité tranquille.

— Tu sais ce que j’aime le plus chez toi ?

Céline secoua faiblement la tête.

Le coin des lèvres d’Élise se souleva légèrement.

— Le moment exact où tu cesses de résister.

Le silence qui suivit sembla se resserrer autour d’elles.

Puis Élise tendit la main.

Pas pour imposer. Pas pour retenir.

Simplement ouverte devant elle.

Céline hésita une fraction de seconde avant d’y déposer ses doigts.

Élise referma lentement sa main autour de la sienne.

Et ce simple contact fut presque plus déstabilisant que tout le reste.

— Voilà, murmura-t-elle.

Son pouce caressait distraitement les jointures de Céline pendant que le feu crépitait doucement derrière elles.

— Tu vois la différence maintenant ?

— Quelle différence… ?

Élise pencha légèrement la tête.

— Entre obéir parce qu’on te le demande… et obéir parce que tu en as envie.

Céline sentit sa gorge se serrer.

Car elle comprenait enfin ce qu’Élise cherchait depuis le début.

Ce n’était pas le contrôle.

C’était le choix.

Le sien.

Et cette réalisation était infiniment plus dangereuse.

 

La chambre à l’étage était encore plus silencieuse que le reste de la cabane.

Le bruit de la pluie semblait lointain désormais, étouffé par les murs de bois et la chaleur du feu qui montait depuis le rez-de-chaussée.

Céline s’arrêta près du lit sans oser bouger davantage.

Élise referma doucement la porte derrière elles.

Le déclic résonna dans son ventre comme un avertissement.

— Tu as désobéi tout à l’heure.

La voix d’Élise était calme. Bien plus calme que si elle avait crié.

Céline sentit immédiatement la tension revenir dans tout son corps.

— Quand tu as baissé les yeux.

Elle s’approcha lentement derrière elle.

— Je t’avais pourtant donné une consigne simple.

Le souffle d’Élise effleura sa nuque. Céline ferma brièvement les yeux.

— Alors ce soir, tu vas apprendre à rester immobile… et à écouter.

Les doigts d’Élise glissèrent lentement le long de ses bras avant de s’arrêter contre ses poignets.

— Sur le lit.

Céline obéit en silence, le cœur battant si fort qu’elle avait l’impression qu’Élise pouvait l’entendre.

La lumière chaude de la lampe dessinait des ombres mouvantes sur les draps sombres pendant qu’elle s’allongeait lentement.

Vulnérable. Exposée. Et parfaitement consciente du regard posé sur elle.

Élise resta debout derrière quelques secondes sans parler.

Ce silence faisait partie de la punition. Céline le comprenait maintenant.

L’attente. L’incertitude. Le besoin presque douloureux d’entendre enfin sa voix.

Puis la main d’Élise vint se poser contre le bas de son dos avec une lenteur calculée.

Ferme. Possessive. Rassurante malgré tout.

— Tu trembles encore.

Céline sentit ses joues chauffer.

— Oui, Madame…

Élise passa doucement ses doigts le long de sa colonne vertébrale, assez lentement pour lui arracher un frisson immédiat.

— Et pourtant tu es restée.

Le murmure était tout près de son oreille désormais.

— Malgré la peur. Malgré moi.

Le silence revint une seconde.

Puis Élise ajouta, plus bas encore :

— C’est exactement pour ça que tu dois apprendre la discipline.

Céline serra les draps entre ses doigts.

Élise pouvait sentir chacune de ses réactions. Chaque souffle trop court. Chaque tension.

Et elle semblait toutes les contrôler sans effort.

— Ne bouge pas.

Cette fois, Céline resta parfaitement immobile lorsque la main d’Élise remonta lentement le long de son dos jusqu’à sa nuque.

Une pause.

Puis, enfin :

— Bien.

Un seul mot.

Mais Céline sentit malgré elle cette chaleur dangereuse revenir dans sa poitrine à l’entente de cette approbation.

Élise eut un léger rire derrière elle.

Comme si elle venait encore de lire dans ses pensées.

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Oulig
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