Mary Dom
par le Il y a 5 heure(s)
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Chapitre 2 — La pierre brûlante

La vapeur était devenue presque étouffante.

Dans la lumière orangée du hammam, les silhouettes semblaient flotter lentement autour de Céline, comme dans un rêve humide et oppressant. La chaleur collait à sa peau, alourdissait sa respiration, faisait battre son cœur plus vite encore.

À genoux sur la pierre chaude, elle sentait déjà ses muscles trembler.

Mais elle n’osait pas bouger.

Élise discutait calmement avec les trois autres comme si rien ne s’était passé. Comme si la punition de Céline pouvait attendre.

Et c’était précisément cela qui était insupportable.

L’attente.

L’incertitude.

Le sentiment d’être observée sans savoir quand la sentence tomberait.

Céline gardait les yeux levés, disciplinée désormais, même lorsque la scène devant elle faisait monter en elle une jalousie cuisante.

La femme riait doucement tandis qu’un des hommes lui versait de l’eau chaude sur les épaules. L’autre était assis près d’Élise, une main lourde posée contre sa cuisse.

Élise, elle, restait souveraine.

Toujours droite.

Toujours calme.

Elle tourna enfin les yeux vers Céline.

— Tu as chaud ?

— Oui Maîtresse…

— Tant mieux.

Elle se leva lentement.

Les conversations cessèrent aussitôt.

Même les deux hommes semblaient respecter naturellement l’autorité qu’elle dégageait.

Élise marcha jusqu’à Céline puis s’arrêta devant elle.

— Regarde dans quel état tu es.

Céline respirait difficilement sous la chaleur humide.

Des gouttes glissaient le long de sa nuque, entre ses épaules, le long de son ventre.

— Tu trembles déjà.

— Oui Maîtresse…

Élise posa une main contre sa joue brûlante.

Le contraste de cette paume plus fraîche fit frissonner Céline.

— Et pourtant ta vraie punition commence seulement maintenant.

Le ventre de Céline se serra.

Élise désigna alors la grande dalle de pierre chauffée au centre du hammam.

— Allonge-toi dessus.

Céline obéit immédiatement.

La chaleur de la pierre lui arracha presque un souffle lorsqu’elle posa le ventre et les cuisses dessus.

C’était brûlant.

Pas au point de faire mal réellement.

Mais suffisamment pour devenir rapidement difficile à supporter.

Élise s’installa près d’elle.

— Les bras devant.

Céline tendit les bras.

— Bien.

Élise passa lentement sa main le long de son dos humide.

Un geste presque tendre.

Puis sa voix redevint ferme :

— Tu vas rester immobile.

Tu vas supporter la chaleur.

Et surtout… tu vas continuer à regarder.

— Oui Maîtresse…

Derrière elles, les trois autres avaient repris leurs jeux et leurs conversations basses. Les sons étouffés résonnaient dans la vapeur : rires discrets, souffles lourds, claquements secs des mains sur la peau humide.

Chaque bruit faisait monter la tension dans le corps de Céline.

Élise s’en apercevait parfaitement.

— Tu écoutes tout, n’est-ce pas ?

— Oui Maîtresse…

— Et tu voudrais détourner les yeux encore.

Céline hésita.

— Oui… Maîtresse…

Élise sourit faiblement.

— Merci pour ton honnêteté.

Puis soudain :

CLAC.

Une claque ferme s’abattit sur les fesses de Céline.

Elle sursauta.

La chaleur de la peau déjà brûlante décupla la sensation.

— Tu compteras.

Quelques secondes plus tard :

CLAC.

— Deux… Maîtresse…

Une autre.

Plus forte.

La pierre chaude sous son ventre, la vapeur, les claques régulières… tout mélangeait douleur supportable et humiliation intense.

Mais Élise ne frappait jamais avec colère.

Tout était contrôlé.

Mesuré.

Presque pédagogique.

— Pourquoi es-tu punie ?

CLAC.

— Parce que j’ai désobéi… Maîtresse…

— Encore.

CLAC.

— Parce que j’ai baissé les yeux…

— Et que dois-tu apprendre ?

Nouvelle claque.

Céline gémit doucement sous la chaleur.

— À obéir complètement… Maîtresse…

Élise caressa alors lentement la marque rouge laissée sur sa peau.

Le contraste entre fermeté et douceur troubla immédiatement Céline davantage encore.

— Exactement.

Derrière elles, la femme observait maintenant la scène avec curiosité tandis qu’un des hommes versait de l’eau sur les pierres brûlantes du hammam.

Un nuage de vapeur encore plus dense envahit aussitôt la pièce.

La chaleur devint presque suffocante.

Céline sentit son corps entier réagir.

La pierre brûlait davantage sous elle.

Sa peau devenait hypersensible.

Élise se pencha près de son oreille.

— Tu tiens ?

— Oui Maîtresse…

— Même avec la chaleur ?

— Oui Maîtresse…

— Même humiliée devant tout le monde ?

Le silence dura une seconde.

— Oui Maîtresse…

Élise lui attrapa doucement les cheveux pour lui relever la tête.

— Regarde-les.

Céline obéit immédiatement.

Cette fois, elle ne détourna pas les yeux.

Elle regarda la femme rire sous les mains autoritaires d’Élise.

Elle regarda les deux hommes entourer sa Maîtresse avec admiration.

Elle regarda surtout Élise dominer l’espace entier sans jamais hausser la voix.

Et au milieu de cette chaleur écrasante, de cette humiliation, de cette discipline…

Céline comprit quelque chose.

Élise ne cherchait pas simplement à la punir.

Elle voulait lui apprendre à rester présente.

À supporter.

À faire confiance.

Même lorsque tout en elle voulait fuir.

 

 

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