Méridienne d'un soir
par le Il y a 6 heure(s)
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"L'envers d'un être, c'est cet être encore. L'amour n'est pas un sentiment, c'est un art. Adroite créature, comme tu savais profiter d'une nation, dont le premier tort était de t'avoir laissée monter sur son trône, ou plutôt d'avoir permis que tu y montasses ! Nous voudrions quelque fois nous reposer sous le portique du temple des vertus, mais il se couve de nuages aux récits des exécrations que nous devons peindre encore, et la force de la vérité nous arrache malgré nous. Le crime se trompe quelquefois dans ses calculs et ce qu'on croit obtenir de lui n'est bien souvent que des remords. Puisse cette vérité se graver dans l'âme de tous les méchants qui veulent le commettre, oui, puisse-t-elle s'y imprimer à jamais autant pour leur propre repos que pour celui de leurs malheureuses victimes. Isabelle ne tarda pas à sentir à quel point il lui devenait utile de ménager un tel homme, et que ce qu’elle avait de mieux à faire, en cette occasion, était de laisser flotter son opinion entre ces deux princes, afin de fixer irrévocablement à elle celui des deux qui lui paraîtrait le plus capable de la bien servir". Débauchée, meurtrière, voire infanticide, Isabeau de Bavière (1371-1435) traîne une réputation si sulfureuse qu'elle inspira Sade. En la choisissant pour héroïne, il reprend un personnage souvent cité en exemple pour encourager les libertines débutantes sur le chemin du vice. C'est comme modèle vicieux qu'il dresse le portrait de l'épouse de Charles VI. Ce dernier texte, en continuité avec son univers romanesque où le crime, à l'inverse de ce qu'il a pu observer et subir sous la Terreur, ne s'exerce jamais au nom du Bien."L'Isabelle" de Sade, ne se distingue en rien de l'"Isabeau" de Louise Robert dans le récit sur "Les crimes des reines de France depuis le commencement de la monarchie jusqu'à Marie-Antoinette". Mais ces terrifiantes accusations sont-elles fondées ? En 1392, la folie du roi Charles VI, son mari, plonge le royaume dans la guerre civile. Autour d'Isabeau, désemparée, les ducs d'Orléans, dits "Armagnacs" et de Bourgogne se disputent la tutelle du roi et des dauphins successifs. Pour salir Isabeau, ses ennemis laissent entendre qu'elle aurait enfanté différents bâtards de ses amours adultères avec Louis d'Orléans, frère du roi. Ses prétendues frasques permettent aux Bourguignons de délégitimer le dernier dauphin, le futur Charles VII. Elle signe le désastreux traité de Troyes (1420), qui autorise le mariage de sa fille Catherine avec le roi d'Angleterre, Henri V, et qui transmet la couronne de France à leur héritier. Pour les "Armagnacs", seule une mère indigne a pu accepter de traiter son propre fils comme s'il avait été un bâtard. Elle aurait de surcroît laissé mourir une partie de ses douze enfants. Sur six filles et six garçons, nés entre 1386 et 1407, plus de la moitié sont décédés avant d'avoir atteint l'âge de vingt ans. En réalité, Isabeau a toujours agi en mère aimante, faisant venir au chevet de ses enfants médecins et charlatans, cette effroyable mortalité infantile se situe dans la moyenne du temps. Ses faiblesses ont discrédité à jamais cette reine de France, dont le principal manquement a surtout été d'avoir été ballotté par l'Histoire.

 

"Il est vrai que certains l’ont blâmée, et ç’eût été à bon droit si elle eût été de notre foi, d’avoir pris pour époux le filsqu’elle avait eu de son mari Ninus. Ce fut certes là une grande faute, mais comme il n’y avait pas encore de lois écrites, on peut l’en excuser quelque peu". Au tribunal de l’Histoire, la reine de France Isabelle de Bavière apparaît coupable d’une double trahison. Trahison à son époux Charles VI, qu’elle aurait allègrement trompé, mais également trahison à son royaume, de par la signature du "honteux" traité de Troyes livrant la France aux anglais. Pour autant,cette reine allemande mérite-t-elle vraiment sa légende noire ? Il existe de bonnes raisons pour se demander si la présumée mauvaise renommée de la reine Isabeau de Bavière parmi ses contemporains n’est qu’un aspect de sa légende noire. Quand on considère les traces écrites des discours scandalisés sur Isabeau datant de son vivant, on constate qu’elles sont bien moins fréquentes que les historiens ne le laissent croire, et, qui plus est, qu’elles selimitent strictement alors à un seul moment: 1405-1406. Isabeau de Bavière n’est pas la plus connue des reines de France, mais même ceux qui la connaissent à peine ont entendu parler du grand mépris dans lequel le peuple l’aurait tenue. Les histoires récentes donnent l’impression d’un véritable déluge de plaintes contre elle. On lit ainsi que "les maîtres parisiens se déchaînent contre elle, s’en prenant pêle-mêle à son train de vie, à son entourage féminin, aux mœurs dissolues de sa cour, à sa rapacité, au peu de cas qu’elle fait de ses enfants, à son indifférence face à la maladie du roi, qui refuse de s’habiller et de se laver pendant ses crises". Le chroniqueur Michel Pintoin, le religieuxde Saint-Denis, mentionne la reine de façon critique dans quatre de ses épisodes pendant l’année 1405. Le pamphlet anonyme qu’on appelle le "Songe véritable", composé vers 1406, par un partisan de Jean sans Peur, la critique pour son avarice. Mais en regardant de plus près, on distingue chez elle, le désir de développer une politique de mécénat. 

 

"Les gens ne connaissaient en effet d’autres lois que celles de la nature, et il était loisible à chacun de suivre son bon plaisir sans commettre de péché". À environ quinze ans, Isabeau de Bavière est envoyée en France pour y épouser le roi Charles VI, avec lequel elle convole quelques jours après leur première rencontre. Le couronnement d'Isabeau de Bavière est fastueusement organisé en 1389 et est suivi par son entrée triomphale à Paris. En 1392, Charles VI souffre de sa première crise de folie, qui l'écarte progressivement des affaires gouvernementales. Ces épisodes de démence apparaissent de manière irrégulière et sèment la confusion au sein de la cour. Le tristement célèbre "Bal des ardents", organisé par la reine en 1393, provoque de peu la mort du roi. Malgré ses demandes récurrentes que son épouse soit mise à l'écart, Charles l'autorise fréquemment à agir en son nom. Isabeau devient de ce fait une régente officieuse au nom des dauphins, ses fils successifs qui deviennent héritiers du trône, et prend part au conseil royal, y détenant une autorité jusque-là inégalée pour une reine de France. La maladie de Charles VI crée un vide politique qui aboutit finalement à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons entre les partisans de son frère Louis Ier d'Orléans et les ducs de Bourgogne. Dans l'intérêt des dauphins, Isabeau change régulièrement d'alliance avec les deux factions. Lorsqu'elle rejoint les Armagnacs, les Bourguignons l'accusent d'adultère avec le duc d'Orléans, tandis qu'elle est chassée de Paris et emprisonnée par les Armagnacs lorsqu'elle traite avec les Bourguignons. En 1407, le duc Jean Ier de Bourgogne ordonne l'assassinat de Louis d'Orléans, ce qui déclenche la guerre entre les deux partis. La situation se complexifie en 1419, quand, à l'instigation des Armagnacs, le dauphin Charles orchestre l'assassinat du duc de Bourgogne. L'assassinat de son allié sur ordre de son propre fils provoque la rupture définitive entre Isabeau de Bavière et ce dernier. La reine négocie dès lors avec le roi Henri V d'Angleterre, qui a profité alors du conflit pour réinitialiser en 1415 la guerre de Cent Ans et entamer une conquête méthodique du Nord du royaume de France.

 

"Ceux qui ont blâmé les femmes par jalousie sont des hommes indignes qui, ayant connu ou rencontré de nombreuses femmes de plus grande intelligence et de plus noble conduite que la leur, en ont conçu alors amertume et rancœur". Les tractations entre Henri V, Isabeau et les Bourguignons aboutissent en 1420 à la signature du traité de Troyes, qui prive le dauphin de ses droits au trône et promet à Henri V la couronne de France à la mort de Charles VI. Après le trépas de son époux en 1422, Isabeau de Bavière s'établit définitivement à Paris, désormais aux mains des anglais, et mène une existence reculée jusqu'à sa mort en 1435. De son vivant déjà, Isabeau de Bavière a été très critiquée pour son train de vie dispendieux et ses infidélités supposées. Son règne, commencé sous les meilleurs auspices, est effectivement l'un des plus sombres de l'Histoire du royaume de France, qui n'est alors sauvé du désastre qu'après la patiente reconquête de son fils Charles VII. Jusqu'au XIXème siècle, l'historiographie a fait d'Isabeau l'archétype de la mauvaise reine. Pourtant, depuis le XXème siècle, les historiens ont réexaminé alors les différentes descriptions contemporaines de son règne et concluent que, même si son action à la tête du royaume a été catastrophique, de nombreux éléments de sa réputation sont exagérés et proviennent du factionnalisme ambiant et de la propagande conçue par les partisans de Charles VII. Philippe de Bourgogne avait été le fils du roi Charles V et l’oncle de CharlesVI, et, à cause de cette double proximité, il avait droit au pouvoir et au prestige. Quand il meurt en avril 1404, son fils révèle vite son ambition de prendre la position de son père. Mais Jean, simple cousin du roi, se fait repousser par Louis d’Orléans, frère bien-aimé du roi, dont le pouvoir avait augmenté avec le décès de Philippe, et par Isabeau aussi, qui, bien qu’alliée avec Philippe de Bourgogne pour des raisons de famille, voit alors en Jean un usurpateur dangereux. La tension entre Jean et Isabeau atteint son apogée en août 1405, quand elle essaie de préserver le dauphin de son emprise. En apprenant que Jean allait entrer dans Paris avec huit-cents hommes armés, elle s’enfuit avec Louis, donnant l’ordre de leur faire suivre les enfants royaux. Le roi venait de sombrer à nouveau dans la folie. 

 

"Rien n'est plus agréable à voir qu'une femme excellente et honnête, et dont la conduite est irréprochable. Mais l'épine de peur de mal agir et de contrition est fichée à tout jamais dans l'âme d'une telle femme. D'où la réserve, la sagesse et la prudence qui lui sont propres, et qui la protègent". En octobre 1405, Isabeau restaure la paix entre les ducs. Les chroniques contemporaines, y compris celle de Pintoin, lui attribuent un rôle minime dans les négociations. Cependant, l’existence d’une ordonnance royale qui la désigne comme médiatrice, datée du douze octobre 1405, c’est-à dire, au plein milieu des pourparlers, témoigne de sa participation, tout en indiquant qu’elle avait du mal à s’imposer. La paix entre les ducs conclue, on ne trouve plus de propos critiques à l’égard de la reine dans la chronique, et elle y reprend sa position mineure. En 1407, Louis d’Orléans se fera assassiner par les suppôts de Jean sans Peur qui prendra la première place au Conseil Royal. Le récit d’une reine puissante et avare aura perdu sa raison d’être. Même pendant la révolte cabochienne, la période où on s’attendrait à des accusations d’avarice, on n’en trouve aucune. Quelques membres de l’entourage de la reine seront emprisonnés. Mais plusieurs membres de l’entourage du roi subiront la même indignité. Les Cabochiens protestent contre la royauté, mais la reine n’est jamais personnellement ciblée. Sans doute essayait-on d’attacher des propos scandaleux aux figures publiques au Moyen Âge dans l’espoir de rassembler du soutien pour soi, et cela semble bien le cas, pour Jean sans Peur et Isabeau de Bavière. Mais la façonmoderne de caractériser la reine comme ayant subi une chute, comme détestée par le peuple, apparaît difficile à maintenir quand on examine de près les traces écrites qui demeurent de sa réputation parmi ses contemporains.

 

"Je me demandais quelles pouvaient être les causes et les raisons qui poussaient tant d'hommes, clercs et autres, à médire des femmes et à vitupérer leur conduite soit en paroles, soit dans leurs traités et leurs écrits". Il est certain qu’Isabeau de Bavière a amassé des trésors. Une liste non exhaustive de ses joyaux, engagés en faveur de son frère, à qui Charles VI avait promis six mille francs à l’occasion de son mariage en 1405, fournit la preuve qu’elle était en mesure de rassembler de grosses sommes d’argent. Qui plus est, elle effectue surtout des dons à des moments clés de son règne. Tous ces éléments permettent d’entrevoir Isabeau non comme une dépensière frivole, mais comme une femme politique soucieuse d’affirmer sa position à la cour, une première constatation qui incite alors à un nouvel examen de son mécénat. Prenons pour exemple, la fête organisée par Isabeau, le vingt-deux mai 1395, en l’honneur de Charles VI, fête au cours de laquelle de nombreux cadeaux somptueux furent distribués. À cette époque, la reine cherche à convaincre le roi de signer un traité avec les Florentins contre les Milanais, projet qui portera ses fruits au printemps 1396. Pour des raisons familiales, Isabeau soutient alors la cause de Bernabò Visconti, son grand-père, assassiné en 1385, contre celle de Gian Galeazzo Visconti, seigneur de Milan et assassin de ce dernier, qui chercheà exercer son emprise sur Florence. Les historiens contemporains ont tendance à voir dans cette fête une occasion de distraire Charles VI. En réalité, les fêtes ne peuvent être réduites à de simples délassements. Elles constituent également un moment essentiel au cours duquel les puissants se mettent en scène et manifestent leur autorité. Entre 1380-1422, Isabeau participe aussi à l’échange des étrennes à la cour royale, ce qui révèle son importance au sein du Conseil royal. L’échange des étrennes au nouvel an est une pratique qui a attiré l’attention des spécialistes.Ceux-ci ont souligné l’élément performatif de ces échanges, les interprétant alors comme une façon de produire et de reproduire des rapports sociaux à la cour. Au cours de ces années, Isabeau effectue cent dons et en reçoit quarante.

 

"Vénérées, excellentes et honorables princesses de France et de tous pays, et vous dames, damoiselles, femmes de toute conditions, vous qui avez aimé, vous qui aimez et qui aimerez la vertu et la sagesse, vous qui êtes mortes, vous qui vivez et vous qui viendrez à venir, réjouissez vous toutes et soyez heureuses de notre nouvelle Cité". Nous constatons ainsi que le nombre d’étrennes distribuées par la reine augmente aux moments clés de sa carrière. Elle recourt aux bijoux pour gagner de l’influence au même titre que les princes de sang, ce qui lui permet d’acquérir une position centrale à la cour, endroit où tous rivalisent pour augmenter leur influence politique. Nous voyons donc bien que la réputation de cupidité et d’avidité accolée à la reine jusqu’à aujourd’hui est inexacte. La fausse impression d’une Isabeau dépensière et frivole tient au fait qu’elle n’a pas été suffisamment considérée dans son contexte politique, elle qui évolue à la cour royale au XVème siècle, période durant laquelle l’échange d’objets précieux fait partie intégrante de l’exercice du pouvoir. Qui plus est, ce pouvoir est personnel, exercé le plus souvent parmi lesmembres d’une même famille, c’est-à-dire entre des personnes qui se connaissent bien. Objets de grande valeur, les dons jouent un rôle prépondérant dans ce système puisqu’ils donnent à la fois l’occasion d’étaler la richesse et la largesse du donateur et d’instaurer des relations contractuelles implicites porteuses de messages personnels.Certes, la plupart de ces objets ont disparu, mais l’un des rares qui nous est parvenu permet de cerner la relation entre les aspects publics et privés du pouvoir dont ces objets sont porteurs. Elle commande le "Petit cheval d’or" en 1405 à un moment où le désordre politique s’aggrave de jour en jour. En se référant au couronnement d’Isabeau par des anges, la statue rappelle au roi Charles la présence constante de la reine et tente de le rassurer durant ses périodes de folie. La Vierge trône sur l’autel, Charles se trouve en prière à ses pieds. Plus bas, un valet tient la bride d’un petit cheval aux traits tendus, tels ceux du roi lors de ses crises. Sous une treille, la Vierge tient Jésus et, peu auparavant, Isabeau a alors mis au monde un enfant, le futur Charles VII. Sainte Catherine d’Alexandrie, saint Jean-Baptiste, saint Jean l’Évangéliste rappellent quant à eux que le couple royal avait déjà d’autres enfants.

 

"Rendez grâce à Dieu qui m'a guidée tout au long de ce studieux labeur, moi qui voulais construire pour vous un refuge d'honneur aux murailles hautes et fortifiées, qui vous servira de citadelle jusqu'à la fin des temps". Comme de nombreuses reines de la maison de Valois, Isabeau de Bavière est une collectionneuse d'art appréciée et est responsable de nombreuses commandes auprès d'orfèvres parisiens de somptueuses pièces en or recouvertes d'émail sur ronde-bosse. La poétesse Christine de Pizan sollicite à trois reprises le patronage d'Isabeau de Bavière. La première fois, en 1402, elle lui envoie une compilation de son argumentation littéraire dans le cadre de la querelle sur le "Roman de la Rose", dans laquelle elle remet en cause le concept d'amour courtois et n'hésite alors pas à s'exclamer dans une lettre: "Je suis fermement convaincue que la cause féminine est digne d'être défendue. C'est ce que je fais, et ce que j'ai fait avec mes autres œuvres". En 1410 et 1411, Christine de Pizan sollicite de nouveau Isabeau de Bavière et, en 1414, elle parvient à lui présenter un exemplaire enluminé de ses œuvres. Dans son ouvrage "La Cité des dames", Christine de Pizan fait l'éloge de la reine de France avec ferveur et, de nouveau dans la collection enluminée de l'"Epistre Othea", que Karen Green considère pour la poétesse comme "le point culminant de quinze années de service au cours desquelles Christine a formulé une idéologie qui soutenait le droit d'Isabeau à régner en tant que régente en cette période de crise". Aux XVIIIème et XIXème siècles, Isabeau de Bavière a été décrite comme "une reine adultère, luxueuse, indiscrète, intrigante et dépensière", négligeant ses réalisations et son influence politiques. Quant à Donatien Alphonse François de Sade, il dépeint dans son roman "Histoire secrète d'Isabelle de Bavière, reine de France", écrit en 1813, l'amour passionné d'Isabeau avec le duc d'Orléans, qu'il faut interpréter comme une vision pamphlétaire de l'Histoire. De la rhétorique libelliste, et pour accentuer le ton de l'indignation vertueuse supposée être l'unique motivation du polémiste, il prend aussi la pose de la lassitude dans l'énumération des forfaits, de l'envie, comme d'une bouffée d'air frais, d'un seul acte de vertu. Sous la plume de Sade, libertine, débauchée, elle multiplie les fêtes coûteuses, au milieu d'un pays en proie à la famine. Cruelle, sanguinaire, il ne lui suffit pas de se livrer à son goût immodéré du luxe et de la dépense, il faut qu'elle plonge Paris, dans un bain de sang. Plutôt que de réhabiliter la princesse allemande, il nous apparaît opportun de la situer dans la société politique et civile de son temps, où la volonté féminine, surtout en terre de loi salique, ne comptait guère, et où un entourage masculin pensant à ses intérêts à court terme et profitant de la démence du roi, des mauvaises relations entre Isabeau et le dauphin, la poussa incontestablement au "crime".

 

Bibliographie et sources:

 

- Françoise Autrand, "Charles VI: la folie du roi"

- Brigitte Buettner, "Isabeau de Bavière, la reine maudite"

- Marie-Véronique Clin, "Isabeau de Bavière, la reine calomniée"

- Richard C. Famiglietti, "Isabeau de Bavière, la malaimée"

- Louise Guynement de Kéralio, "Les crimes des reines de France"

- Donatien de Sade, "Histoire d'Isabelle de Bavière, reine de France"

- Tracy Adams, "The life and afterlife of Isabeau of Bavaria"

- Prudence Allen, "Isabeau de Bavière et Christine de Pizan"

- Johan Huizinga, "L’opinion publique à la fin du Moyen Âge"

- Jean Favier, "La guerre de Cent Ans sous Isabeau de Bavière"

- Éliane Viennot, "Les femmes et le pouvoir: l’invention de la loi salique"

- Henri Kimm, "Isabeau de Bavière, reine de France 1370-1435"

- Christine de Pizan, "La Cité des Dames"

 

Bonne lecture à toutes et à tous.

Méridienne d'un soir. 

Thèmes: littérature
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