Mary Dom
par le Il y a 7 heure(s)
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Chapitre 3 — L’épreuve du regard

La chaleur était devenue écrasante.

Chaque respiration de Céline semblait emplir ses poumons de vapeur brûlante. Ses jambes engourdies tremblaient légèrement contre la pierre chauffée, mais elle restait parfaitement immobile.

Comme Élise l’avait ordonné.

Autour d’elle, le hammam vibrait d’une lente intensité. L’eau coulait parfois contre les pierres brûlantes dans un sifflement épais. Des gouttes glissaient du plafond voûté. Les corps luisaient sous l’humidité dorée.

Et au centre de tout cela : Élise.

Toujours souveraine.

Toujours calme.

La femme était maintenant allongée sur le dos sur une autre dalle de pierre chaude pendant qu’un des hommes lui massait lentement les épaules. L’autre parlait à voix basse avec Élise, très près d’elle.

Céline observait tout.

Cette fois sans fuir.

Même lorsque la jalousie lui serrait la poitrine.

Même lorsque voir Élise sourire à d’autres lui faisait mal.

Élise remarqua immédiatement cette lutte intérieure.

Elle remarquait toujours tout.

Sans quitter l’homme des yeux, elle parla d’une voix tranquille :

— Céline.

— Oui Maîtresse.

— Tu regardes correctement maintenant.

— Oui Maîtresse.

— Et qu’as-tu appris ?

Céline hésita une seconde.

— Que détourner les yeux ne change pas ce que je ressens… Maîtresse.

Un léger sourire apparut sur les lèvres d’Élise.

— Bien.

Puis elle se leva lentement.

Les deux hommes s’écartèrent avec naturel pour lui laisser la place. La femme tourna la tête vers elle avec un regard presque admiratif.

Élise traversa la vapeur jusqu’à Céline.

La voir approcher ainsi provoquait toujours chez elle un mélange de peur, d’apaisement et de besoin absolu d’approbation.

Élise s’accroupit devant elle.

— Regarde-moi.

Céline obéit immédiatement.

De près, les yeux d’Élise semblaient encore plus intenses dans la lumière ambrée.

— Tu sais pourquoi je t’ai punie devant eux ?

— Pour m’apprendre l’obéissance… Maîtresse.

— Pas seulement.

Élise passa doucement le dos de ses doigts contre sa joue humide.

— Parce que tu as tendance à vouloir fuir ce qui te bouleverse.

Le souffle de Céline se bloqua.

Élise continuait calmement :

— Tu veux baisser les yeux dès que tu ressens trop de choses. La jalousie. La frustration. Le désir d’attention.

Sa voix n’était jamais méprisante.

Seulement lucide.

— Mais une soumise qui fuit ses émotions devient incapable de faire confiance.

Céline sentit sa gorge se nouer.

— Oui Maîtresse…

Élise lui releva légèrement le menton.

— Ce soir, tu restes présente. Même quand c’est difficile.

— Oui Maîtresse.

— Même quand je donne mon attention ailleurs.

— Oui Maîtresse…

Le silence se posa entre elles quelques secondes.

Puis Élise se redressa.

— Debout.

Les jambes de Céline protestèrent lorsqu’elle se releva de la pierre brûlante. La chaleur avait rougi sa peau, surtout sur ses cuisses et ses fesses encore sensibles de la punition.

Élise posa alors une main ferme au creux de ses reins.

— Viens avec moi.

Elle la guida vers la partie la plus chaude du hammam.

La vapeur y était presque opaque.

L’air difficile à respirer.

Les pierres brûlaient davantage sous les pieds.

Les trois autres les suivirent tranquillement.

L’un des hommes versa une nouvelle louche d’eau parfumée sur les roches chauffées.

Un souffle brûlant envahit immédiatement la pièce.

Céline ferma les yeux par réflexe.

— Ouvre-les.

La voix d’Élise claqua aussitôt.

Céline obéit immédiatement.

— Pardon Maîtresse.

— Ne t’excuse pas inutilement. Corrige-toi.

— Oui Maîtresse.

Élise observa quelques secondes son visage rougi par la chaleur.

Puis elle passa lentement sa main dans ses cheveux humides.

— Bonne fille.

Ces deux mots eurent sur Céline un effet presque plus puissant que la punition elle-même.

Toute la tension accumulée dans son ventre sembla vaciller.

Élise la guida ensuite jusqu’à un bassin d’eau tiède au fond de la salle.

— À genoux devant moi.

Céline s’agenouilla immédiatement au bord de l’eau.

Les trois autres restaient non loin derrière Élise, silencieux désormais, comme s’ils comprenaient que quelque chose de plus intime se jouait.

Élise posa les doigts sous le menton de Céline.

— Regarde comme tu as changé en une seule soirée.

Céline respirait encore difficilement sous la chaleur.

— Au début, tu voulais fuir.

Un doigt glissa doucement le long de sa joue.

— Maintenant tu affrontes.

Le regard de Céline trembla légèrement.

— Oui Maîtresse…

— Et je suis fière de toi pour cela.

Ces mots frappèrent Céline en plein cœur.

Plus fort que les claques.

Plus fort que l’humiliation.

Parce qu’au fond, c’était cela qu’elle cherchait depuis le début :

La fierté d’Élise.

 

 

 

 

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