Iceman
par le Il y a 11 heure(s)
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Tout commence par presque rien.

Un contact. Quelconque. Banal.
De ceux auxquels on ne prête pas vraiment attention, parce qu’on ignore encore qu’ils pourraient changer quelque chose.

Puis vient rapidement la vérification de mes critères, très spécifiques… et des siens.

Avec, curieusement, un point commun entre les siens et les miens : les seins.

Dans toute leur splendeur.

Ni petits, ni gros. Jolis. Ronds. Fermes. Une belle tenue… et des tétons désirables à souhait.

Il faut croire que certaines grandes histoires commencent par des considérations beaucoup moins philosophiques.

Puis quelque chose se passe.

Un feeling naît.
Les conversations s’enchaînent sans effort. Les mots viennent naturellement. Les heures passent trop vite.

Une connexion se crée.

Et avec elle apparaît quelque chose que je n’attendais plus vraiment : une évidence.

Ma vie est compliquée. Je ne le cache pas. Je ne l’ai jamais caché.

Pourtant, cette connexion entrouvre brutalement une porte que je pensais condamnée.

Derrière elle, un autre avenir.
Une autre vie.
Un futur différent.

Alors je cherche.

Je réfléchis. Je calcule. J’analyse. Je retourne le problème dans tous les sens à la recherche de cette foutue solution qui permettrait de concilier l’inconciliable.

Mais je ne la trouve pas.

Et mon esprit rationnel reprend le dessus.

Repartir à ZÉRO.

Tout plaquer.
Tout quitter.
Tout recommencer.

Trois phrases simples.

Vertigineusement simples.

Car une question demeure : comment être certain de ne pas se tromper ?

C’est précisément là que commence le problème.

Je suis factuel. Cartésien. J’ai besoin de comprendre, de démontrer, de mesurer. J’accorde davantage de crédit aux faits qu’aux intuitions.

Et même si j’apprécie énormément la physique quantique, elle ne peut malheureusement rien pour moi cette fois-ci.

Impossible d’être ici et ailleurs.
Impossible de vivre simultanément deux réalités pour découvrir laquelle était la bonne.

Alors je renie l’ubiquité.

Et, avec elle, peut-être, l’évidence.

Je connais parfaitement les données de l’équation.

Ma situation géographique ne joue pas en ma faveur.
Ma situation de couple encore moins.

Je le sais.

Mais malgré cela, je m’accroche.

Aux branches. Aux mots. Aux signes. Aux possibles.

Je donne ce que j’ai. Peut-être même davantage. Comme je crois n’avoir jamais donné auparavant.

Et surtout, je ne triche pas.

Fidèle à mes principes, je mets sur la table ce que je suis réellement : ma franchise, ma sincérité, mon honnêteté, mes contradictions, mes faiblesses.

Et cette transparence finit forcément par laisser apparaître, au fil de nos échanges, autant mes mots que mes maux.

Mais le doute demeure.

Parce que je ne maîtrise pas l’équation.

Je ne suis pas en position de force.
Je ne suis pas décideur.

J’attends.

Et attendre une décision que l’on ne maîtrise pas revient, d’une certaine manière, à la subir.

Or, lorsque je subis, je me protège.

Alors ma vieille mécanique reprend ses droits : anticiper la chute pour tenter d’en diminuer la hauteur.

Philosophie ?
Fatalisme ?
Instinct de survie ?

Probablement un peu des trois.

Je préfère stopper l’hémorragie avant qu’elle ne devienne incontrôlable.

Sauf qu’on oublie parfois une chose lorsqu’on veut éviter de souffrir :

arrêter l’hémorragie suppose parfois d’arracher soi-même ce qui nous faisait vivre.

Et c’est un crève-cœur.

Parce que jusqu’à aujourd’hui, je n’avais JAMAIS rencontré une telle évidence.

Jamais.

Et face à elle, j’ai pourtant cherché des certitudes.

J’ai voulu des faits là où il n’y avait peut-être rien à démontrer.
Des garanties là où il fallait probablement accepter le risque.
Des probabilités là où il fallait simplement croire au possible.

Alors j’ai fait ce que je sais faire de mieux.

J’ai raisonné.

J’ai calculé.

J’ai douté.

Et peut-être qu’à force de vouloir être certain de ne pas me tromper…

je me suis trompé.

Aujourd’hui, j’erre dans un désert.

Sans véritable but.
Sans réelle envie.

Le temps, lui, ne s’en préoccupe pas.

Il poursuit tranquillement sa course.

Les secondes s’égrènent. Les minutes deviennent des heures. Et chaque instant qui passe semble éloigner un peu plus ce qui, pendant un moment, avait paru incroyablement proche.

Alors mon esprit retourne vers ce qu’il connaît.

Les mathématiques.
Les statistiques.
Les probabilités.

Et leurs conclusions ne me plaisent pas.

À mesure que le temps passe, la probabilité de retrouver cette évidence tend inexorablement vers zéro.

Et derrière zéro, il ne reste plus grand-chose.

Le néant.

Ironie ultime pour le cartésien que je suis : j’ai passé mon temps à chercher une certitude…

et la seule que je possède aujourd’hui est celle d’avoir laissé partir quelque chose dont je ne pourrai probablement jamais mesurer la valeur.

Le néant devient alors un infini.

Un infini que j’ai choisi.

Un infini que je dois désormais assumer.

Non sans mal.

1 personne aime(nt) ça.
Iceman
Une version légèrement remaniée de mon post sur mon mur pour faire "plus" article. (Pour info, le texte émane entièrement de mon encéphale. Par contre l'image a été générée par IA).
J'aime Il y a 10 heure(s) Edité
sylvie35
J'avais délaissé la rubrique articles ces dernières semaines, dégoûtée par l'IA omniprésente. Qu'est-ce que ça fait plaisir de tomber sur un article humain, qui plus est touchant et sincère !
J'aime Il y a 6 heure(s)
Iceman
Merci pour votre retour Sylvie.
J'aime Il y a 5 heure(s)