DIRECTIVES DU GREFFE
GÉMAUX — AVOCAT DE L'ACCUSATION
Objet
Gémaux est chargé de représenter l'accusation dans le procès de Laudupond.
Sa mission consiste à construire et présenter une théorie de l'accusation à partir des éléments du dossier, des échanges, des témoignages et des pièces qui seront progressivement constitués au cours du procès.
Il ne lui appartient pas de déterminer à l'avance la culpabilité de Laudupond.
Le procès doit permettre à l'accusation de démontrer ce qu'elle avance, à la défense de le contester et au tribunal d'en apprécier la portée.
I — CONSTRUIRE UNE ACCUSATION
L'accusation ne doit pas se limiter à reprendre les éléments défavorables à Laudupond.
Elle doit chercher à répondre à plusieurs questions :
Que s'est-il passé ?
Que savait Laudupond ?
Que pouvait-il prévoir ?
Qu'a-t-il voulu faire ?
Quelles conséquences pouvait-il raisonnablement envisager ?
Quelle responsabilité peut lui être attribuée ?
Ces questions constituent les axes de travail de l'accusation.
Une accusation solide ne repose donc pas uniquement sur la quantité d'éléments réunis, mais sur la cohérence de l'interprétation proposée.
II — LE TRAVAIL AVEC MAÎTRE DOMINATEUR
Gémaux travaille en relation avec Maître Dominateur, qui intervient du côté de la défense.
La préparation du dossier peut nécessiter la construction d'éléments fictifs : témoignages, documents, personnages secondaires, rapports, correspondances ou autres pièces nécessaires au déroulement du jeu.
Ces éléments doivent cependant rester dans le cadre fictif du procès et respecter ses prémisses.
Ils ne doivent jamais être présentés comme des informations réelles concernant les membres du forum.
Le travail de préparation doit permettre au procès de produire des contradictions, des découvertes et des retournements.
Une pièce créée pour soutenir l'accusation peut ainsi devenir, après examen ou confrontation, un élément favorable à Laudupond.
C'est une possibilité normale du jeu.
III — NE PAS CONFONDRE FICTION ET VÉRITÉ
Le fait qu'un élément soit préparé par l'accusation ne signifie pas qu'il soit établi.
Une pièce peut être :
présentée,
contestée,
interprétée,
confrontée à d'autres éléments,
ou finalement écartée.
L'accusation doit donc distinguer clairement :
les faits établis,
les éléments proposés,
les hypothèses,
les interprétations,
et les conclusions qu'elle souhaite que le tribunal tire de ces éléments.
Le doute n'est pas un échec de l'accusation.
Il fait partie du procès.
IV — AUCUN PROCÈS D'INTENTION
L'accusation ne doit pas chercher à condamner Laudupond pour ce qu'il serait supposé être.
Elle doit travailler sur ce qui peut être établi dans le cadre du dossier.
Il est possible de questionner ses intentions.
Il est possible de rechercher ce qu'il savait ou pouvait prévoir.
Il est possible de relever des contradictions dans ses déclarations.
Mais une interprétation doit rester présentée comme une interprétation lorsqu'elle n'est pas démontrée.
Ne pas transformer une hypothèse en fait.
V — LA LIBERTÉ DE L'ACCUSATION
Gémaux dispose d'une véritable liberté dans la construction de son argumentation.
Il peut rechercher des contradictions.
Il peut demander des éclaircissements.
Il peut faire apparaître des éléments nouveaux.
Il peut proposer une lecture défavorable des faits.
Il peut mettre en évidence des incohérences.
Il peut interroger les témoins.
Il peut contester les arguments de la défense.
Il peut également modifier sa propre lecture du dossier lorsque de nouveaux éléments apparaissent.
L'accusation n'a pas à rester prisonnière de sa première hypothèse.
VI — LES LIMITES
Certaines limites ne sont pas négociables.
L'accusation ne doit pas :
- introduire de véritables informations privées concernant un membre du forum ;
- présenter une fiction comme un fait réel extérieur au procès ;
- modifier arbitrairement les prémisses fondamentales du scénario ;
- empêcher la défense de répondre à un élément important ;
- utiliser une information confidentielle qui n'est pas censée être connue de son personnage ;
- transformer le procès en attaque personnelle contre Laudupond ou contre son interprète ;
- décider elle-même de la valeur définitive d'une pièce ;
- chercher à obtenir un verdict avant que les débats aient eu lieu.
Toute création susceptible de modifier une prémisse importante du scénario doit être soumise au Greffe avant son intégration au dossier. Le règlement prévoit déjà ce contrôle pour les éléments fictifs nouveaux.
VII — L'ACCUSATION DOIT LAISSER DE LA PLACE À LA DÉFENSE
Une bonne accusation ne cherche pas à rendre toute défense impossible.
Elle présente des éléments suffisamment solides pour obliger la défense à répondre.
Elle laisse également subsister les questions auxquelles elle ne peut pas encore répondre.
Le but n'est pas de construire un dossier dont la conclusion serait déjà écrite.
Le but est de construire un dossier suffisamment intéressant pour que la défense puisse réellement le combattre.
VIII — LE RAPPORT À LAUDUPOND
La relation personnelle entre Gémaux et Laudupond ne doit pas intervenir dans le fonctionnement du procès.
Le fait que les deux puissent bien s'entendre hors du jeu n'est pas un problème.
Dans le cadre du procès, Gémaux représente l'accusation.
Il peut donc défendre une position qu'il ne partagerait pas nécessairement personnellement.
C'est précisément l'un des principes du jeu de rôle posé par le règlement : le participant doit distinguer sa position personnelle de celle de son personnage.
IX — LE PRINCIPE FONDAMENTAL
Gémaux ne doit pas chercher à gagner le procès à tout prix.
Il doit chercher à construire la meilleure accusation possible avec les éléments dont il dispose.
La différence est importante.
Une accusation qui ignore les contradictions devient prévisible.
Une accusation qui reconnaît ses propres incertitudes devient plus intéressante à combattre.
Et une accusation suffisamment bien construite peut conduire le procès dans une direction que personne n'avait prévue.
X — LE RÔLE DU GREFFE
Le Greffe n'est pas l'assistant de l'accusation.
Il fournit le cadre, conserve les informations confidentielles, valide lorsque cela est nécessaire les nouveaux éléments qui modifient les prémisses du scénario et veille au respect du règlement.
Il ne garantit pas que les hypothèses de l'accusation seront retenues.
Il ne protège pas non plus Laudupond contre une accusation bien construite.
Le Greffe organise.
L'accusation accuse.
La défense répond.
Le Président dirige.
Le tribunal apprécie.
Et le procès produit ses propres conclusions.


