Il était une fois une jolie petite fée partie à la recherche du prince charmant.
Elle voletait deci, delà, soulevant les feuilles, secouant les clochettes florales, plongeant sous les nénuphars, tutoyant la cime des arbres....
Au bout d'un moment, un long moment, elle dû se rendre à l'évidence, rien. Mais alors, rien de rien...
"Putain, fais chier, il est où, ce prince charmant, bordel !" Euh, oui, parce que la jolie fée avait tout pour elle, les ailes, la petite robe ras la touffe, un joli sourire, tout ça tout ça, mais elle était plus vulgaire qu'une armée de poissonnières...
Assise sur une tige d'ajonc, les jambes sagement serrés (elle s'était fait violer une fois par une grosse libellule, ça lui avait servi de leçon !), les coudes sur les cuisses, la tête dans les mains, elle songeait à l'injustice de ce monde en terme bien moins fleuris....
Elle décida d'aller voir son amie, la sorcière de la clairière, qui était toujours de bon conseil.
Zigzaguant entre les troncs, elle voletait presque gaiement, jouant avec les courants d'air.
Arrivée à la clairière, elle s'approcha de la maison, se posa sur le bord de la fenêtre et tapa au carreau. La sorcière vint lui ouvrir.
"Bonjour Maribelle" (forcément, elles s'appellent pas toutes Clochette, t'imagines le bronx, sinon....)
"Bonjour Isadora" (prénom qui pète sa mère, classieux)
"Ouh, tu as une petite mine, qu'est ce qu'il t'arrive ?"
"Oh, une copine à moi m'a parlé du prince charmant, j'ai cherché partout et je l'ai pas trouvé ! Merde alors !"
"Ah...... Tu as cherché partout ?"
"Partout j'te dis ! J'ai trouvé plein de trucs dégueu, des trucs crados, des trucs sympa mais inutiles, mais de prince, makach ! "
"Tu as essayé les grenouilles ?"
"Ah putain, m'en parle pas !!! J'ai roulé des pelles à tous les batraciens que je croisais, à m'en faire des noeuds à la langue, mais rien, que dalle, à part des furoncles sur la menteuse !!!"
"Tiens, voila une antidote aux boutons"
"Merci, c'est toujours ça...."
Elles finirent par manger une tarte à la citrouille, en buvant du thé à la mandarine, et en tapant à qui mieux mieux sur le dos des pauvres princes qui, pendant ce temps là se morfondent en leurs châteaux, ignorant qu'au fond des bois, des clairières et à la cime des arbres, de jolies fées se font chier en les attendant....