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Je sais que mon propos pourra sembler naïf, "bisounours", dépassé à certain(e)s
Mais je m’en fous.
J'ai été éduquée dans le respect de moi-même et des autres.
Sans considération de leur sexe, de leur race, de la couleur de leur peau, de leurs croyances ou non-croyances, de leur préférences sexuelles et de la façon dont ils/elles les vivent.
J'ai toujours aimé, dans la vie, confronter ma vision des choses avec celle des autres.
Comme j'ai besoin d'un "autre" lorsqu'il s'agit du sexe.
J'ai besoin des autres ou d'un autre que je sais différents de moi, justement parce qu'ils sont différents de moi.
Mais avec qui je partage les mêmes valeurs, fondées sur le respect de nos altérités, conscients que ce qui nous rapproche dépasse ce qui nous sépare.
Parce que les autres, ou "l'autre" quand il s'agit de toi, Maxime, ce sont ceux, c'est toi Maxime, qui me permettent de m'enrichir de nos différences.
Alors, quand je vois monter la haine de l'altérité, le séparatisme, les réunions « non mixtes » réservées aux seules femmes, aux seuls « non blancs » et qui excluent les « autres », je suis mal à l’aise.
Parce que je ne me reconnais pas dans ce monde qui émerge où "l'autre" n'est plus vu comme source d'enrichissement réciproque mais devient objet d'invectives et de haine.
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Et je ressens encore plus fort ce besoin que j’ai de toi, Maxime.
De ton « altérité » d’homme, qui nous différencie l’un de l’autre, mais que transcende tout ce qui nous unit.
Alors, merci à toi, d’être cet « autre » dans lequel je me reconnais.
Et qui me permet en dépit de ces autres « autres » de continuer d’avoir confiance en demain.
Et en toi.
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Je partage ce coup de gueule FFE.
Nous avons été élevés (et plus précisément éduqués !) sous le signe de l’universalisme … à titre très personnel je dirais plutôt de la fraternité. L’éducation est à la peine aujourd’hui. En terme de moyens, de discours (sur les valeurs entre autre) et dans une certaine mesure d’autorité, sans nécessairement regretter « les hussards noirs de la république » qui avaient leurs errements, sans doute.
Aujourd’hui les individus s’assemblent par communautés, formelles ou non, dépassant la simple affinité, ils partagent une « expérience » et ont la fâcheuse tendance à s’ériger en « victimes » suivant non plus un sentiment, mais un ressentiment, partagé.
Parce qu’on ne leur a pas donné le sentiment d’unité, qu’on nous a donné à nous.
Alors la toile se déchire. Chacun est victime de l’autre … le colonialiste, le patriarcal, le non inclusif (la liste est longue) et chacun en vient à être le bourreau de l’autre.
J’en arriverais à penser que ces gens-là sont des ennemis de la liberté et si j’étais révolutionnaire j’épouserai les mots de Saint-Just : pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Et ce serait céder moi-même à des pulsions qui vont contre mon idéal d’universalisme.
On n’en est pas sorti. La Règle (le Droit) est bâtie sur des principes … auxquels l’on ajoute d’autres règles (de Droit) qui sont autant d’exceptions. Au final, tout le corpus devient illisible.
Alors oui. Aujourd’hui ... J’ai mal à ma fraternité.
Bonjour FFE, votre "billet d'humeur" est très bien venu (fond et forme) et chacun peut s'y reconnaitre, y compris dans le cadre de ce site Bdsm.fr . En revanche, Shere Kahn le style apocalyptique et les poncifs qui constituent votre message sont mal venus et ne sont pas du tout dans le ton de l'échange commencé plus haut. Point.
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12/04/21
Pop pop pop SouMichel … Je me suis abstenu de répondre à Shere-Kahn … mais je vais vous répondre à tous les deux. Je pense (et cela n’engage que moi) que Shere-Kahn exprime quelque chose qui tient d’une conscience de l’histoire sans, peut être, arriver à l’exprimer complètement (ce n’est pas un jugement de valeur).
L’empire Romain est tombé parce qu’il n’avait plus de soutient « interne ». La multiplication des corpus de lois et la faculté des puissants à s’en exonérer (en payant un avocat ou en corrompant plus haut placé) a créé un sentiment d’injustice partagé par le « bas peuple ». Bas peuple qui n’était pas romain au sens strict : L’empire est d’essence coloniale. Pour raccourcir … ce peuple romain, là, à laissé faire, n’a pas pu, ou voulu se défendre efficacement.
La féodalité qui a suivie est tombée sous le même sentiment d’injustice (un tiers état sans droit, une noblesse usurpatrice qui n’avait plus d’utilité sociale … à l’origine elle avait pour vocation à défendre le fief, ce qui dans un état unifié n’a plus de sens).
L’histoire a une tendance à bégayer, et ce qui suit immédiatement une guerre (éventuellement civile) ou une révolution est bien souvent une dictature. Spécialement lorsque « le peuple » ne partage pas de sentiment d’envergure universelle.
J’arrête là, pour ma part.
Le féminisme ne devrait pas être un mouvement CONTRE les hommes, mais un mouvement POUR les femmes.
Parce que misandrie, misogynie, androphobie, ces peurs et haines là sont des sexismes que femmes et hommes se jettent au visage.
Quel gâchis !
En fait je crois qu'il y a pas mal de malentendus du fait que pas mal d'entre vous ne connaissent pas les milieux de lutte. Je vous recommande cet article très bien fait qui traite de la nécessité de cet outil politique d'organisation qu'est la non-mixité : http://www.slate.fr/story/146466/non-mixite-rokhaya-diallo
L'idée n'est pas de se "séparer" pour toujours des personnes qui incarnent la domination (hommes, personnes hétéros, ""blanc·he·s"", bourgeoisie, personnes valides etc.), comment pourrait-on? C'est juste qu'à quelques occasions, dans un contexte précis et clos dans le temps, il est préférable de se retrouver dans un espace "safe", où la parole pourra se libérer sans auto-censure, sans crainte d'heurter les sentiments de ces personnes.
Un exemple type serait les échanges entre victimes de violences sexuelles : vous imaginez bien que pour des femmes ayant survécu au traumatisme d'avoir été violentées par des hommes, il sera difficile, douloureux parfois, de parler de ce sujet en présence d'hommes. D'autant que souvent, dans les milieux militants, les hommes (tous universalistes soient-ils) gardent des réflexes découlant de leur statut de dominant : couper la parole, ne pas écouter l'interlocuteur·ice, attaquer ou rabaisser l'autre, rapporter le sujet à sa propre petite personne, minimiser les sentiments de l'autre, etc.
Voilà des éléments de réponse pour apporter de la nuance dans ces discours. Les personnes qui s'organisent en non-mixité ne sont pas les "racistes" ou "sexistes" que beaucoup imaginent. En fait elles sont précisément l'inverse.
@FemmeFemelleEsclave
Merci à vous, et surtout merci d'avoir pris le temps de répondre et avec tant de politesse.
Je ne suis pas d'accord que la lutte sociale vienne d'Outre-Atlantique.
Selon moi les personnes qui dénoncent les injustices, les inégalités, les violences sexistes, racistes, validistes, LGBTQIA+phobes, ne sont pas le problème. Il ne faut pas tirer sur le messager ou sur l'ambulance.
Pour ce qui est des médias et de la poignée de milliardaires qui les possèdent, c'est malheureusement le cas pour à peu près tous les médias non indépendants. C'est juste que j'estime beaucoup le travail de Mme Diallo et qu'elle y explique limpidement que cette façon de s'organiser ne date pas d'hier.
Surtout, la non mixité militante (temporaire et ponctuelle, stratégique je le répète) n'existe qu'en réponse à la non mixité politique et économique des partis, des institutions, des élus, des entreprises (qui elle, est pérenne, inflexible, systémique).
Je pense sincèrement que les personnes qui veulent d'un monde plus juste, plus équitable, où tout le monde a les mêmes droits, où personne n'est discriminé d'après un statut social, ce sont les personnes les plus fraternelles que vous trouverez. Les personnes qui les trouvent indésirables et partisanes, à mon avis, sont les vraies fratricides...
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13/04/21
@FemmeFemelleEsclave
Mais en fait les victimes des oppressions systémiques sont réellement victimes, ce n'est pas juste une question de "ressenti" (en fait même si on ne se "sent" pas victime ça n'empêche pas de l'être), et réduire ça à un hobby entre la pétanque et la danse folklorique c'est ultra-insultant. On parle de l'oppression qui tue, par les armes ou par la détresse psychique et la dépression, qui étouffe littéralement et symboliquement, on ne parle pas d'un petit club de gens qui "s'amuseraient" à se retrouver autour des horreurs qu'iels vivent chaque jour dans un monde qui les rejette.
Les Etats-Unis sont un très bon exemple. Les fondements mêmes de ce pays sont l'esclavage, l'humiliation, la destruction et l'extermination des personnes et des cultures que la classe possédante blanche a affublé de "races" qu'elle a considérées comme inférieures et indignes du respect qu'elle réservait à ses pairs. Le port d'armes autorisé par le second amendement de leur constitution visait à garantir le droit aux personnes blanches (propriétaires) de s'armer et lutter contre les populations natives récalcitrantes, les esclaves noir·es en fuite et les éventuelles émeutes de blanc·hes pauvres. C'est à la lumière de cette histoire longue d'oppression, constellée de lynchages populaires et d'interdictions ségrégationnistes, que l'on comprend l'état de la société qui a vu (et reverra) l'élection de Trump à la présidence.
Les personnes (plutôt blanches il faut le dire) qui ne voient pas ça découvrent du jour au lendemain que les personnes racisées semblent "insatisfaites" de leur statut subalterne dans cette société, et plutôt que d'en chercher les causes profondes, visibles comme invisibles, éclatantes comme pernicieuses, ces personnes en déduisent que ce sont les personnes qui protestent qui sont indésirables, désobligeantes. Cachez ces opprimé·es que je ne saurais voir!
La ségrégation, le repli sur soi, c'est d'abord et toujours celui des groupes dominants. Et je le sais car je suis un homme cisgenre hétérosexuel, blanc, baptisé catholique, d'origine française, petit bourgeois. Toute ma jeunesse j'ai été éduqué à penser que j'étais la mesure de toute chose, le standard d'après lequel on évalue le reste du monde. J'étais toujours le "je", et tout ce qui n'était pas moi était l'altérité. Sauf qu'un jour on grandit, et on réfléchit un peu, et on voit au-delà de la clôture de sa résidence pavillonnaire.
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15/04/21
Et c’est pour cela @WenstonSlave que la seule planche de salut passe la fraternité et l’éducation.
Lorsque vous exprimez l’idée qu’ « en fait même si on ne se "sent" pas victime ça n'empêche pas de l'être », (mais je lis peut être cette idée à l’envers) je répondrais que seule la personne concernée a la faculté de se dire victime ou non. Il ne devrait pas appartenir à un groupe de décréter qu’untel est victime et tel autre non. Et c’est ce qui se passe dans les faits.
Que des victimes s’associent pour partager une (mauvaise) expérience, c’est parfaitement sain. Qu’un groupe ayant des ambitions lobbyistes, associe un groupe de personnes partageant une même particularité mette tout le monde dans le même panier sous le qualificatif de victime, c’est au mieux affligeant.
Il y’a, dans chaque groupe (mais plus certainement en dehors) des personnes qui sont capables d’accepter les différences et les points de vue des autres, elles sont de fait muselées, n’ont pas le droit de citée, parce que précisément ces groupes ne le tolèrent pas.
Ceci est également valable pour le groupe des « homme cisgenre hétérosexuel, blanc, baptisé catholique, d'origine française, petit bourgeois » - j’en suis aussi – Et c’est précisément ceci qu’il faut changer. Par l’éducation et la fraternité. Pas par le repli sur soi et la stigmatisation de l’autre. Savoir d’où l’on vient, d’où l’autre vient est une condition pour savoir où l’on va, ou vers où il faudrait aller.
Expérience de la fraternité devant le lycée avant un contrôle de math, au petit matin (les noms ont été changés) :
Dalmindo à moi : hé, le rital, encore à trainer ?
Moi : Salut l’portos.
Kamel : Alors les métèques, les maths, vous l’sentez ?
Mans : toujours ces étrangers qui viennent manger l’pain des francé (la faute est volontaire)
Mans en tant que réunionnais était de fait français depuis plus longtemps que chacun d’entre nous. Pas une once de méchanceté dans ce dialogue, qui aurait pu choquer n’importe quel passant, juste le fait (Despogien) que ce soit un métisse qui affirme cela à 3 blancs.
Aujourd’hui, il y’aurait peut-être 3 groupes. Nous, on est toujours potes, plus que jamais. Et on a mal à notre fraternité.
Je prendrai le temps de tout relire car ce sujet est non seulement intéressant, mais surtout il est commenté intelligemment et respectueusement : et punaise, ça fait un bien fou !
Voir des thèmes bdsm ou pas, entrainer des pensées réfléchies et argumentées, c'est enrichissant et reposant.
On peut ne pas être d'accord les unes avec les autres, on pose ses idées et on en discute .
Cela semble sans doute bisounours d'écrire cela, mais c'est suffisant rare ici pour le souligner.
Mes Dames et Mes Cieux (oui, je sais......) un grand MERCI à vous.
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16/04/21





