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Je ne "consens" pas.
Et tu n'as pas à te soucier de mon "consentement".
Parce ce que j'ai confiance en toi.
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J'ai retrouvé récemment un texte, que j’avais écrit en août dernier, sur le consentement.
Je n'ai rien à y retrancher.
Si ce n'est peut-être le compléter d'une mise à jour.
Bien évidemment, mon propos n'engage que moi.
Le consentement ne peut exister sans la confiance en l'autre et l'attention qu'il nous porte.
Il ne s'agit donc évidemment pas de transposer la manière dont je le conçois désormais dans un contexte différent ou de relations occasionnelles avec un/des inconnu(e)s.
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Le consentement est devenu la mantra des relations hommes femmes, a fortiori lorsqu’il s’agit de relations intimes.
Jusqu’à l’absurde puisqu’il existe même désormais des applis permettant aux femmes d’exprimer leur consentement à des rapports sexuels avant toute rencontre avec un homme!
Qui n'ont évidemment aucune valeur probante.
Il n'est pas question évidemment de légitimer les violences faites à certaines femmes mais parfois aussi aux hommes dans le cadre familial, les abus, les viols, les coups, la manipulation, le meurtre parfois hélas aussi dont certain(e)s sont les victimes.
De tels comportements sont hors cadre et ne relèvent pas du bdsm mais bien du pénal et ceux/celles qui en sont victimes doivent être protégé(e)s et les coupables sanctionnés.
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La notion de consentement m'a quand même toujours laissée mal à l'aise.
Peut-être parce qu’elle est au départ d'origine civiliste, issue du droit des contrat.
Et que son application aux relations intimes nous vient d’outre Atlantique, avec le « yes means yes » act voté par l'Etat de Californie en 1974, qui encadre strictement ce qu’il doit être.
En posant toute une série d'interdits !
Or, j'ai toujours détesté les interdits :smile:
Pour ce qui me concerne, je pense au contraire que le désir est quelque chose d'impalpable, de non objectif, qui relève du ressenti de chacun, de son interaction avec l'autre et certainement pas un objet défini, un bien physique, que l’on peut normer, « encadrer ».
Et en aucun cas quelque chose qui puisse relever du domaine du « contrat ».
Qui de toute manière n'aurait strictement aucune valeur juridique dans le cas du BDSM, puisque portant sur un objet illicite.
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Il y a autre chose aussi qui m'a toujours gênée dans cette approche normée du consentement, c’est la prééminence qu’elle semble accorder au désir masculin et le rôle "passif" dévolu la femme.
Mon côté "féministe" peut-être, même si disant cela je crains de me faire lyncher :smile:
Bien sûr, pour des raisons physiologiques évidentes, c'est l'homme qui est le principal "acteur" de la relation sexuelle, du moins dans sa dimension physique.
C’est sans doute pour cela que la question du "consentement" masculin est rarement évoquée.
Et que j'apprécie autant d'être femme.
Parce que je n'ai pas à me poser la question de ton "consentement" quand je te réveille à ma manière le matin.
Puisque ce que je réussis toujours à provoquer chez toi vaut présomption irréfragable de consentement :smile:
Et que de ce fait je ne risque rien.
En tout cas pas une accusation de harcèlement ou de viol.
D'autant que la prison pour femmes, ce ne serait vraiment pas mon truc :smile:
Mais quoique femme et "soumise", mon "rôle", tel que je le conçois, ce n'est pas seulement de "consentir", d'accepter, de ne pas m’opposer.
J'accepte et me "soumets" volontiers à tes désirs.
Mais ton désir n'est pas quelque chose d'unilatéral.
Puisqu’il est partagé.
Parce que tes pulsions répondent aux miennes.
Et que si j'apprécie ton désir à sa juste valeur, il ne me déplaît pas non plus de le provoquer, de le susciter, de le stimuler.
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Alors, comme j’aime que les choses soient claires, ce qui vaudra toujours pour moi vis-à-vis de toi, Maxime, c’est ce que je t’ai dit un jour.
Peu importent mes gémissements, mes larmes, mes cris parfois.
Ils ne sont qu’une manière différente de te dire mon envie de toi.
Et de te remercier du plaisir que tu me donnes.
Mon consentement, quant à lui, te sera toujours acquis.
Parce que j’ai confiance en toi :smile:
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Ha, mais mon amie, voilà un post qu’il est intéressant 😊
Et d’ailleurs il pourrait intéresser votre futur collègue : Clément. Peut être faudrait il le lui poster.
Et joindre l’URL du premier post … mais ça c’est parce que je suis un grincheux … ou un perfectionniste (c’est pas loin d’être la même chose).
[…] « Pour ce qui me concerne, je pense au contraire que le désir est quelque chose d'impalpable, de non objectif, qui relève du ressenti de chacun, de son interaction avec l'autre et certainement pas un objet défini, un bien physique, que l’on peut normer, « encadrer ».
Et en aucun cas quelque chose qui puisse relever du domaine du « contrat ». « […] sic
Allez, je vais être vilain. TOUT est Contrat !
Il y’a contrat dès lors qu’on est d’accord sur un objet et sa contrepartie. Et l’objet d’un contrat peut être matériel, ou immatériel, sa contrepartie de la même façon (Sauf à considérer le contrat « réel » qui suppose la remise d’une chose … typiquement le gage, mais on est loin du sujet).
On fait un câlin ? (objet) … Contrepartie : potentiellement du plaisir. Potentiellement, parce que je ne sais pas s’il y’a obligation de moyen, mais en tout état de cause il n’y a pas obligation de résultat. Et le résultat n’est pas nécessairement partagé, sinon, je signe. Tout de suite. A la base, il y’a désirs partagés (rencontre des désirs) et espoir d’en tirer satisfaction … accord réciproque la dessus, consentement, donc.
Il n’y a donc pas besoin d’écrit. L’oral suffit. Le tacite ? La règle, quand même, c’est : qui ne dit mot … ne consent pas ! Sauf à considérer qu’on soit « en affaire », un contrat cadre en quelque sorte. Et l'on est en affaire lorsqu’on est en couple. Formel ou informel, dès lors qu’il perdure depuis un certain temps (combien ?).
Et c’est là qu’est la subtilité. Lorsqu’il y’a abus … il y’a en fait, abus … de confiance.
Dans le mille donc. Et l’on va vers ces notions de SNC, CNC … théorisées dans le cadre des rapports D/s, mais finalement dépassant du cadre, sans doute.
Quant à l’illicéité des violences et humiliations consenties … Oui. Cependant je vois mal le ministère public se saisir d’une telle affaire sans plainte de la victime (le / la « sub »). A moins d’une affaire sous-jacente de proxénétisme … les violences avec plaintes sont « maltraitées », alors sans …
Mais vous avez tout dit : Confiance.
oui oui tout est contrat (tacite ou expresse) et se base sur le principe de la confiance. Sinon il y a abus de pouvoir.
Je reviens un instant sur les symboles (vestimentaires ou autres), qui soulignent qu'il y a un contrat tacite d'adhérer à l'ambiance, au principe, au jeu, etc. Ce débat était très intéressant et important, merci
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03/06/21
Allez, histoire de jouer la provoc un chouia, l'histoire des "contrats" dans la vie quotidienne, et je ne parle pas de bdsm ici, vient bien des juristes pour protéger les justiciables, (ce qui est bénéfique bien-sûr) et a bien enrichi les avocats de tous bords au passage !
Hein, FFE !
Comme disait mon compagnon soumis et avocat il y a qques années, en voyant de jeunes mariés sortir de l'église ou de la mairie : "Ahhh, de futurs clients !!"
Que ce soit un contrat de mariage, de vente, de location, de travail, d'achat, saisonnier, aidé.....lorsqu'un problème survient, on appelle son avocat-e .
FFE et autres juristes
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03/06/21
Autre provoc qui n'en est pas une in fine, mais sujet dont on ne parle pas tant que cela : est-ce qu'un homme qui bande est TOUJOURS d'accord pour l'acte qui le fait bander ?
J'ai vu une scène de film ou téléfilm, où un homme est assis sur une chaise, bien ligoté, quelques traces sanguinolentes sur le visage mais ne cédant pas à l'interrogatoire musclé.
Arrive une jolie créature féminine qui semble bien déterminée à le faire parler....par tous les moyens.
Elle s'agenouille et le fellationne avec application jusqu'à......obtenir le renseignement désiré.
OK, film drôle, et peu révélateur sans doute des entrainements des forces spéciales, mais l'érection est elle LE signe d'acceptation masculin en toutes circonstances ?
Comme avec la production de cyprine pour la femme, émission de cyprine même lorsqu'une femme est agressée (c'est rare mais c'est arrivé, ce qui a fait dire que même violée, la femme en avait eu envie ! Vous voyez les dérives d'un tel discours et d'une telle méconnaissance physiologique et psychologique ?)
Et je reprends ce que dit FFE sur les agressions faites aux hommes, oui ça existe, oui c'est peu important en nombre par rapport aux agressions faites sur les femmes, oui c'est tout aussi dramatique et inexcusable.
Et dans une société comme la nôtre, ce sont des agressions violentes qui sont "plus" mal vécues encore chez les hommes par honte de révéler être un homme battu .
J'ai exercé dans un centre d'hommes battus à Paris, et l'état d'abattement moral de ces hommes était terrifiant.
D'un coté comme de l'autre, les violences familiales quelles qu'elles soient, sont impardonnables.
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03/06/21
ps : désolée je n'avais pas vu le message d'Oneiros disant la même chose......
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03/06/21
Note pour Pierre-Louis : un-e perfectionniste est TOUJOURS un-e grincheux-euse 

Le consentement est aussi quelque chose de tacite, en ce domaine. Une femme qui se laisse complimenter, qui laisse une ambiguïté s’installer consent à cette ambiguïté. Le problème est pour elle très simple: elle laisse l’homme avancer, jusqu’à ce que le jeu ne lui plaise plus. Il lui est dès lors très simple de dire qu’elle ne consentait pas. Au fond, elle n‘a rien fait „activement „. Elle a laissé l’homme prendre tous les risques. Mais au moment de la preuve, rien ne peut être reproché à la femme, qui est resté tacitement, passivement, consentante.
Dans „notre“ domaine, je pense les choses un peu différentes: la soumise et son maître veulent la même chose. L’ambiguïté est donc plus limitée. L’intensité de la soumission est facilement déterminable par l‘emploi du safeword: sitôt employé, il faut tout arrêter
Messieurs, lorsque vous aurez compris que notre utilisation est des plus simples, vous aurez fait un grand pas !
Nous voulons tout et son contraire, sans jamais le reconnaitre bien-sûr, nous avons chaud lorsque vous avez froid et nous voulons alors que vous ayez froid, mais si vous dites qu'il fait froid, nous serons outrées que vous le ressentiez ce froid et nous vous le reprocherons !
Vous voyez, c'est simple, non ? 


Pas du tout ! Il n'a pas disparu ce trait là, bien au contraire !
Nous faisons même croire aux soumis-soumises qu'ils-elles nous offrent leurs corps et leur âme pour notre plaisir de dominae, alors que non, ils-elles se l'offrent à eux-elles-mêmes, ce plaisir ! 

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06/06/21
Serions-nous de vertueuses vicieuses ? Il est vrai que ce mot n'est pas le plus élégant, mais à nous de lui redonner quelques lettres de noblesse et d'en faire un usage des plus respectueusement "sadiens" .
En plein consentement de partout, of course !!!
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06/06/21







