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Derniers posts du forum
@ sylvie35
Je n'ai rien a ajouter, si ce n'est une remarque:
"Si un dominant détruit la vie ou la santé de sa soumise, la relation n'existe plus."
Quel est l’intérêt pour un propriétaire d'esclave de détruire son esclave?
Si celui-ci prend une esclave, c'est pour en être servi au mieux par elle.
Or, ce n'est pas en la détruisant qu'il s'attache sa loyauté, à moins bien entendu -et cela existe!- que celle-ci soit dans une dynamique d'autodestruction...
Sans compter les limites de la société, de la loi mais surtout celle des conséquences de la relation pouvant se révéler totalement nocives, destructrices tant physiquement que mentalement.
Pour illustrer mon propos, je vais donner un exemple:
Dans un TPE, un TLC, si on prend les choses au pied de la lettre, un Maitre devrait être en mesure d’exiger que son esclave se mutile d'une phalange, d'un doigt, non?
Quelle personne saine d'esprit, en France, le ferait?
Cependant, c'est ce que font les yakuza, sans pour autant être dans une relation BDSM...
Sont-ils alors non-sain d'esprit?
Pour un TPE, un TLC, il faut donc une confiance totale en son propriétaire, celle-ci appelant une loyauté totale.
Posséder une esclave est énergivore.
C'est une implication afin d’être servie au mieux. Ce n'est pas juste prendre par égoisme, exiger et punir... On parle dans l'esclavage de dressage, celui-ci ayant comme but non pas de détruire mais faire en sorte que l'esclave agisse suivant ce que le maitre attend, une fusion dans laquelle, à l'exemple de l'exemple donné sur la tenue, les choses coulent d'elles mêmes...
Quant au reste, je suis à 100% d'accord...
Et si ma réponse est personnelle, j'espère cependant qu'elle fasse avancé le smilblick sur la question...
J'en profite pour rebondir sur l'aspect "limites", évoqué de manière intéressante dans un commentaire précédent, car c'est un fait qu'il y a un paradoxe apparent entre la théorie et la pratique si on interprète les mots dans un sens strict et coupé du contexte. Pour moi, il y a toujours des limites, ne serait-ce que celles imposées par la société (car on ne vit pas coupé de tout), par les lois de la physique et de la biologie, et par le simple bon sens.
Par définition, pour donner un pouvoir "total", il faut être vivant, sain d'esprit et en sécurité. Certaines limites fondamentales (ne pas mettre la vie de la personne soumise en danger, préserver sa santé physique et mentale, ne pas nuire gravement à ses intérêts fondamentaux, ...) ne sont donc pas des restrictions au pouvoir du dominant, mais des conditions d'existence de la relation elle-même.
Si un dominant détruit la vie ou la santé de sa soumise, la relation n'existe plus. Les limites psychologiques ou de sécurité ne sont donc même pas forcément des "interdits" imposés par la soumise au dominant, mais des frontières logiques dictées par le réel.
Pour poursuivre dans les paradoxes apparents liés au sens des mots, dire que lorsqu'il y a TPE le dominant décide de tout pourrait-être compris au sens qu'il doit micro-gérer chaque respiration - ce qui est évidemment absurde. En pratique, le dominant n'a pas d'autre choix que de déléguer un minimum d'autonomie opérationnelle à la soumise - sauf à s'épuiser et faire un burn-out. Le dominant possède l'autorité suprême sur tous les aspects, mais parce qu'il ne peut pas s'affranchir des lois du monde réel, en pratique il va fixer des règles générales (un cadre), se concentrer sur les décisions importantes, et laisser la personne soumise gérer les détails mineurs du quotidien. Si le dominant n'intervient pas sur chaque décision mineure, ce n'est pas par manque de pouvoir, c'est une décision globale, de pur bon sens, qu'il prend.
L'usage du droit de veto est également un bon moyen pour le dominant d'éviter de se surcharger mentalement: au lieu de vouloir tout décider il peut demander à la soumise de faire une proposition, qu'il valide ou pas. Par exemple, mon Maître ne m'indique pas chaque matin la tenue que je dois mettre pour me rendre au travail, ou la tenue que je dois porter quand je l'accompagne, mais je dois toujours lui faire valider - schématiquement, je lui fais une proposition et il valide (ou pas). Si ça ne lui convient pas, il peut me donner quelques indications générales pour que je comprenne dans quel sens modifier, je vais me changer et je reviens me présenter dans une nouvelle tenue. Si ça ne convient toujours pas, je prends une baffe, donc ça aide à apprendre très vite à bien "intuiter" ce qui a de bonnes chances d'être validé du premier coup, ou à défaut du deuxième. Ce n'est jamais arrivé que j'aie besoin de faire dix propositions successives 🙂
Pour ma part, je vois les choses comme sylvie35.
On peut parfaitement avoir un TPE, voir encore plus avec le TLC sans pour autant etre dans une relation Maitre/esclave, cette dernièrei impliquant, bien que les notions soient floues et se chevauchent, des protocoles, des règles de vie et autres.
Un TPE, un TLC quant à eux peuvent se passer de ce genre "d'artifices" quand elle sont l'essence de la relation Maitre/esclave.
Quant aux notions, elles sont parfois plus que floues.
Pour en donner un exemple afin d'appuyer mes dires, je vais prendre un autre exemple avec les kajirae.
Une Kajira est par essence une esclave, avec des protocoles, des règles de vie...
Cependant, beaucoup de goréens ne se reconnaissent pas comme faisant parti du BDSM, ou du moins, l'acceptent par défaut.
Cependant, une esclave, en se donnant comme telle (et j'entends bien là l'esclavage volontaire BDSM et non celui subit, comme il est encore le cas, ici meme en Occeident, en Europe, en France) a l'occasion en amont de fixé le cadre de celui-ci, des limites qu'elle n'a plus avec le TPE.
Il n'y a donc pas forcément de TPE ou de TLC, celui-ci pouvant subvenir volontairement de la part de l'esclave une fois que la confiance entre elle et son propriétaire est totale...
En résumé, je dirai que la relation Maitre/esclave est choisie... celle du TPE, du TLC, une évidence une fois l'étape de la confiance totale s'installant entre l'esclave et son propriétaire...
Je dirais que ce sont des notions qui se chevauchent fortement mais qui ne désignent pas exactement la même chose.
Le TPE relève de la structure psychologique et "contractuelle" de la relation, tandis que la notion de Maître/esclave définit la place de chacun dans la relation et contient implicitement une notion de propriété.
Tel que je le comprends, le TPE est un accord (un contrat, si on préfère ce mot) par lequel une personne abandonne la totalité de son pouvoir décisionnel à une autre. Comme son nom l'indique, le transfert de pouvoir est total et continu (24h/24, 7j/7). Il concerne tous les aspects de la vie quotidienne (tenue vestimentaire, alimentation, finances, emploi du temps, activités professionnelles, relations sociales, ...). Par principe, le TPE ne tolère aucun compromis sur les décisions (le dominant choisit tout, sauf délégation explicite et toujours révocable de sa part). Compte-tenu de son impact, le TPE est basé sur un consentement initial éclairé, absolu et explicite (bref, pas un consentement au sens de la médecine des années 2020 😉).
La notion de Maître/esclave s'ancre davantage dans des archétypes, des rituels et des protocoles. L'accent est mis sur la soumission profonde et la possession honorifique ou symbolique. Les partenaires adoptent pleinement les identités de "Maître" et d'"esclave". Cela implique un langage spécifique, des postures, des règles de déférence et des rituels (par exemple cela peut être: se mettre à genoux, porter un collier, voire être marquée au fer, en signe de propriété, demander la permission de parler, servir son Maître au quotidien, ...).
En conséquence, en principe on pourrait très bien avoir un TPE sans le moindre rituel, sans collier, sans postures, sans rôle défini, même si c'est sans doute rare car les deux aspects sont souvent corrélés. Inversement, on pourrait imaginer des rôles de Maître et d'esclave, avec un certain nombre de règles et de rituels, une marque claire de propriété, sans qu'il y ait nécessairement TPE au sens strict.
Enfin, c'est ma compréhension, sachant qu'en pratique les deux vont souvent ensemble et donc la question de la différenciation des concepts ne se pose que rarement.




