Le sadique prend du plaisir dans le fait de faire mal.
Le masochiste prend du plaisir dans le fait d'avoir mal.
Donc, en toute logique le S devrait fuir le M (et le M devrait fuir le S. ? Je suis moins sûre, ça supposerait de trouver une personne qui ne lui fait pas mal ; mais du coup il n'aurait pas de plaisir, quel intérêt ?)
Puisqu'il y'a plaisir et pas seulement souffrance, le Sadique n'est plus tant sadique s'il rencontre un masochiste qui lui prend du plaisir dans la douleur...
Mais pour moi, ça c'est dans la théorie.
Mon Dominant, sadique au passage, n'hésite pas à se décrire comme un " prestataire de service" dans un premier temps, car il nourrit mon masochisme. Il prend du plaisir à me voir prendre du plaisir dans la douleur. (Il dit souvent qu'il ne pourrait pas être sadique avec une non-maso d'ailleurs...)
Et malgré mon plaisir, il y'a bien souffrance qui le nourrit lui... Pour moi, ce n'est pas parce que j'aime le mal qu'il me fait, que je n'ai pas mal. (Vous me suivez ?) Donc il reste dans une posture sadique puisque j'ai mal.
Et puis, il y'a bien des fois où mon masochisme explose justement et je ne suis plus alors, dans aucune appréciation de la douleur, mais juste dans la souffrance et ça le nourrit alors lui d'autant plus. (Je dois être autosadique moi ! Ahaha)
Je crois que la plupart des réflexions contemporaines que j'ai lu sur le sadomasochisme ne font pas part de la frontière subtile qui existe dans les vases communicants car ils oublient de songer que les masochistes ont parfois vraiment mal sans grand plaisir. Ils oublient aussi que certains sadiques, même s'ils aiment faire mal, peuvent prendre du plaisir à voir l'autre prendre du plaisir dans la douleur, plaisir décuplé quand le maso n'en prend plus forcément... Sans pour autant être des roublards ou des machosissants même si je pense comprendre la pensée.
Compliqué à expliquer ma vision. Si vous arrivez à piger mon raisonnement : chapeau !