— Je cherche un Maître.
— À 51 ans ?
— Oui.
— C'est tard pour chercher un maître.
— C'est peut-être justement pour cela.
— Tu espères quoi ?
— Apprendre.
— À ton âge, on a déjà appris beaucoup de choses.
— Justement. J'ai appris un métier. J'ai appris à payer des factures. J'ai appris à me lever quand je n'en avais pas envie. J'ai appris à supporter des gens que je n'avais pas choisis.
— Et tu appelles cela de la soumission ?
— Non. J'appelle cela la vie.
— Alors pourquoi chercher un maître ?
— Parce qu'au milieu de tout cela, il reste parfois des territoires inexplorés.
— Et si aucun maître ne vient ?
— Alors j'aurai au moins posé la question.
— Laquelle ?
— Est-il encore possible, à 51 ans, d'apprendre quelque chose d'essentiel sur soi-même ?
— Je l'ignore.
— Moi aussi.
C'est peut-être pour cela que je cherche.