Hephaistos
#0

Bonjour,

Est- ce que le fantasme de disponibilité absolue est compatible avec l'existence du désir personnel ?

 

Etre constamment disponible, utilisable, dépourvu(e) d'initiative ou de préférence peut constituer un idéal d'objectisation.

Pourtant, le désir n'est ni permanent ni parfaitement docile. Que devient alors la disponibilité lorsque le corps ne répond plus, lorsque l'envie disparaît ou lorsque l'expérience cesse d'être gratifiante pour l'esclave ?

L'objet sexuel "idéal" serait-il celui qui ne désire plus rien et qui renonce à tout libre-arbitre ou celui qui désire si intensément sa condition qu'il en accepte les moments où elle ne lui procure aucun plaisir ?

Je suis interessé par vos avis 🙏👍

 

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#1
Bonjour Hephaistos,


Est- ce que le fantasme de disponibilité absolue est compatible avec l'existence du désir personnel ?


Oui, c'est compatible. À condition d'avoir conscience que ce désir de disponibilité permanente est un fantasme.

La contradiction n'est qu'apparente. Dans la mesure où votre inclination à la soumission ne prend pas la forme d'une aspiration permanente, mais de parenthèses limitées, libre à vous et à vos éventuels partenaires de mettre ce qu'il vous plaît dans ces intervalles de jeu. Et si ce qui vous excite temporairement est de vous imaginer asservi en permanence, cette représentation mentale n'est en réalité pas plus contradictoire qu'une autre avec l'extérieur du cadre du jeu qui cède la place, temporairement et relativement au mensonge auquel on s'abandonne à croire.  
L'objet sexuel "idéal" serait-il celui qui ne désire plus rien et qui renonce à tout libre-arbitre ou celui qui désire si intensément sa condition qu'il en accepte les moments où elle ne lui procure aucun plaisir ?


Pas forcément. Tout dépend de la personne intéressée par cet "objet sexuel". Certaines y aspireront peut-être tel que vous le décrivez, au plus profond de sa nature et de son expression permanente. D'autre, au contraire, préféreront des "jouets" temporaires avec lesquels elles pourront entretenir d'autres formes de rapports humains à d'autres moments.

C'est mon avis. Et c'est aussi la seule vérité. Je le précise pour éviter les débats inutiles qui partent en c… 🤣
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sylvie35
#2
Si on se limite au désir physique, il semble en effet difficile de concevoir un idéal de disponibilité absolue qui résiste au temps. 

Mais si on intègre l'aspect psychologique, la perspective change. Être docile, disponible, obéissante(e) vis-à-vis d'une personne que l'on admire, voir la satisfaction dans ses yeux, est extrêmement gratifiant, et ceci même en l'absence de plaisir physique. On désire ardemment donner du plaisir, peu importe que l'on y prenne soi-même un plaisir physique ou pas. Ceci dit souvent le plaisir physique est présent car le psychologique rétroagit considérablement sur le physique. 

Question de câblage neuronal je pense. Cela ne fonctionne pas ainsi pour tout le monde. 
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Hephaistos
#3
@Menu : merci pour votre réponse :)
Votre raisonnement se tient, mais à condition d'accepter un postulat que je n'ai jamais posé. Celui selon lequel la disponibilité absolue ne pourrait être qu'un fantasme destiné à s'exprimer dans des parenthèses de jeu.

C'est un raccourci qui me paraît ciscutable mais peut-être est-ce moi qui n'est pas été clair dans l'expression d'un choix de vis plus que d'un fantasme de "séance" (pourquoi faudrait-il forcément considérer la soumission comme une fiction temporaire plutôt que comme un choix de vie et une manière durable de se définir et d'organiser son existence ?)

Je ne demandais pas si on peut faire semblant d'être disponible en permanence pendant quelques heures mais plutôt si on peut choisir durablement cette disponibilité sans que son désir personnel finisse par entrer en contradiction avec ce choix (et forcément, la contradiction doit bien exister à un moment, c'est humain, logique, compréhensible)
Vous répondez à la question de savoir comment jouer à être un objet mais je m'interroge sur ce que signifie choisir de le devenir à "temps plein".

Jusqu'où on peut librement choisir de renoncer à sa liberté (et il y a des centaines de situations qui mettent en défaut ce choix, parce que la vie sociale, parce que la vie familiale, etc etc)

(Je précise ausi que c'est une réflexion personnelle dans une démarche d'écriture pour un ouvrage en cours de fabrication ^^)

Merci en tous cas pour votre intervention.  
Dernière modification le 16/10/2026 14:32:13 par Hephaistos.
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Hephaistos
#4
@sylvie35 :
Je vous rejoins assez largement sur cette distinction entre plaisir physique et gratification psychologique.

Vous soulevez un point essentiel. Le désir ne se limite pas à ce que le corps réclame ou à ce qui procure un plaisir immédiat. Il peut aussi résider dans la satisfaction de l'autre, dans le sentiment d'être à sa place, dans l'accomplissement d'une relation à laquelle on donne un sens particulier. Là pour le coup, ça rejoint ma réflexion.
La disponibilité ne serait plus une simple réponse à une excitation ou à une envie ponctuelle, mais bien l'expression d'un choix plus "identitaire" (par les temps qui courent, je n'aime pas tellement ce mot mais je n'en trouve pas de meilleur...je pense que tout le monde aura compris le sens de son utilisation ici)

Votre remarque sur le câblage neuronal est d'ailleurs intéressante. Ce qui peut sembler être un renoncement pour certains peut être vécu comme un accomplissement par d'autres. On a le même principe avec les tabous, les fantamses, la morale,....les goûts et les couelrus comme on dit.

Je garde surtout, en guise de conclusion, que le paradoxe serait que l'effacement de soi puisse devenir l'une des expressions les plus affirmées de sa propre volonté ! :) 
 
Dernière modification le 16/10/2026 14:32:46 par Hephaistos.
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