Bonjour à tous, bonjour VirjinyM,Je me permets une incise, quoique je ne sois pas directement concerné, car je vois dans votre remarque l'opportunité de rebondir sur la notion de tromperie à propos de laquelle nous avions brièvement échangé. J'avais justement alors préparé une contribution que je suis heureux de pouvoir en partie recycler. XDJ'adore les questions de mots et je vous remercie de nous faire à nouveau part de votre opinion quant à la dissonance du registre de la tromperie dans le cadre du candaulisme. ^^Quoique curieux et intéressé, je "débarque" sur de nombreux sujets. Lorsque je l'avais moi-même employé dans le premier billet de ce fil, le mot "tromper" m'avait, malgré tout, comme vous égratigné : issu d'un contexte malhonnête de relations cachées, il porte avec lui une signification profondément étrangère au candaulisme.Mais… ^^Hem… Hem… Nous avons la chance, en BDSM, que de nombreux mots soient d'emblée interprétés de manière très souple, imagée, figurée et souvent avec le postulat de départ de la conjonction des volontés des partenaires. Il en va ainsi de "l'esclave" par exemple, qui est consentant dans le BDSM, contrairement à son infortuné modèle historique… De même, toute "punition", en BDSM, même si elle est appliquée sous une contrainte conjoncturelle, est consentie par avance par la personne qui la "subit" (ce dernier terme est également pipé, puisqu'il s'agit ici paradoxalement de subir du "consenti" ^^). Le principe est le même pour le "dressage" etc. En BDSM, tous ces termes sont ambivalents du fait d'une sorte de dialectique entre leur signification propre d'une part et le consentement fondamental des partenaires d'autre part. J'ai le sentiment qu'il s'agit là d'une particularité discrète mais puissante sur le plan psychologique et que l'esprit humain est comme piégé dans ces délicieux méandres sémantiques…De la même manière, je pense que des termes tels que "trompé", "cocu" etc. s'ils semblent en effet inappropriés dans une relation candauliste "classique" (bienvenue au pays de l'oxymore), peuvent en revanche être interprétés d'une façon consensuelle dans le cadre d'une relation candauliste BDSM. Ainsi, on peut très bien imaginer en BDSM, que d'un commun accord initial, la personne dominante ait la liberté de diversifier ses relations sans que la personne soumise ait à expliciter son accord à chaque fois… S'installe ainsi une sorte de mise en scène parodique de la "tromperie" classique, dans laquelle la personne dominante détient seule l'initiative en apparence, mais la personne soumise est bel et bien consentante sur le fond. À mon avis, en BDSM, ce consentement dépouille les mot de "tromperie" et de "cocufiage" de leur contenu négatif et sournois, pour les rendre pleinement compatibles avec le candaulisme. De la même manière que les jeux d'esclavage ou de dressage, cette mise en scène de la tromperie sert alors de support à l'établissement du rapport de domination et de soumission entre la personne qui prend l'initiative (apparente) et la personne qui la subit (également en apparence).Comme dans tout tableau BDSM, la situation est alors à la fois déséquilibrée en apparence mais équilibrée sur le fond.
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