Bonne question, très chère...
A titre personnel, il me faut préciser que je suis beaucoup plus D/S que SM. Je ne prends en particulier aucun plaisir direct à infliger la douleur. Je ne suis pas non plus du tout un adepte des "punitions", qui est à mes yeux un outil d'infantilisation de la relation. Au contraire, c'est le fait de voir le plaisir, l'extase, l'orgasme envahir ma partenaire qui est ma source principale de jouissance.
Ceci étant posé, j'ai pu constater - aussi étrange et illogique que cela puisse paraître - que la douleur, en alternance ou en simultanéité avec le plaisir, augmente l'intensité de ce dernier. J'ai pu vérifier que les endorphines générées par le corps en réaction à la douleur peuvent conduire à un immense bien-être. J'ai pu expérimenter que la pratique de la douleur peut guérir certains maux psychiques et de l'esprit. J'ai pu observer que la douleur "rend vivant" , comme le disent tant de ceux qui en sont friands, par la force des émotions qu'elle suscite, et par l'effet miroir de la dualité qui régit notre monde dans bien des domaines : on ne peut savourer le bonheur que si l'on a connu le malheur, on ne peut apprécier le bien que si l'on sait ce qu'est le mal. Sans cette dualité, le monde peut être fade, routinier, monotone, ennuyeux, gris, incolore, inodore, insipide...
Autrement dit, la douleur permet d'intensifier les émotions ressenties, et par là-même de rendre le lien amoureux d'une relation BDSM plus intense, plus fort, plus puissant et profond.
Quiconque a vécu ce moment d'extrême tendresse que l'on dénomme "aftercare" après une séance SM comprendra de quoi je parle...
Voilà, je ne sais pas si je suis clair dans mes explications, mais c'est ainsi que je le ressens. Et, bien sûr, je ne prétends aucunement que cela s'applique à tout le monde. Il ne s'agit que de mon expérience personnelle.
Et maintenant, vous avez habilement détourné ma question par une autre question, je vous retourne la question initialement posée : "pourquoi choisit-on de souffrir ?" ! sourire...