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Un tabou dans le tabou
Il y a des choses qu’on chuchote à peine, même entre initiés. Le farting en fait partie. Et soyons clairs : ce fétichisme-là, on ne le croise pas tous les jours dans les donjons ou les soirées BDSM les plus mainstream. C’est un goût rare, confidentiel, et souvent honteux pour celles et ceux qui en sont friands. Parce qu’il touche à quelque chose de profondément régressif, animal, grossier... bref, tout ce qu’on nous apprend à réprimer dès l’enfance.
Et pourtant, le farting (ou pétophilie pour les plus formels) existe. Il se pratique. Il s’assume, parfois. Et il mérite qu’on s’y attarde un peu sérieusement.
Mais qu’est-ce que c’est exactement ?
Le farting, c’est le fétichisme autour des pets,qu’ils soient entendus, sentis, voire inhalés avec dévotion. Oui, tu as bien lu. Certaines personnes, souvent des soumis ou des soumises, fantasment sur le fait qu’une Dominante (ou un Dominant) pète devant eux, sur eux, voire directement sur leur visage. Ce n’est pas juste un petit fantasme passager. C’est une vraie source d’excitation, un déclencheur d’orgasme mental, un vecteur d’humiliation, d’abandon, de soumission extrême.
Pourquoi ? Parce que le pet, c’est l’anti-érotisme absolu dans notre culture. C’est le truc qu’on cache, qu’on évite, qu’on nie. L’odeur, le son, la fonction biologique pure... Rien de séduisant à première vue. Mais c’est justement là que le fétiche se niche : dans l’interdit. Dans l’obscène. Dans l’irrévérence totale.
Ce que ça raconte, au fond
À mes yeux, le farting n’est pas juste un délire scatologique ou une excentricité. Il parle de hiérarchie poussée à l’extrême. Quand une Maîtresse pète au visage de son soumis, elle l’écrase symboliquement. Elle lui rappelle qu’il n’est rien même pas digne de son parfum, mais bien de ses effluves corporelles les plus rejetées.
Et pour beaucoup de fétichistes, c’est justement ce renversement qui crée le vertige. L’excitation. Ce n’est pas "le pet" qui est sexy. C’est la place qu’on y occupe.
Du côté du Dominant, il peut aussi y avoir une forme de jeu méprisant, de plaisir à choquer, à repousser les limites. Il ou elle devient une entité totale : sans filtre, sans politesse, sans humanité attendrie. Un corps souverain qui s’exprime… comme il veut.
Des pratiques concrètes (oui, ça existe)
Certains jeux impliquent de :
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Demander au soumis de rester à genoux pendant que la Dominante pète “accidentellement” sur son visage.
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Enfermer un partenaire dans une boîte ou un espace clos, pour créer un contexte fétichiste d’asphyxie lente (certains y mêlent le smothering ou des pratiques de breathplay).
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Filmer ou enregistrer des sons de flatulences comme contenu érotique, à écouter en boucle.
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Forcer le soumis à renifler et remercier, en ritualisant le tout avec un code précis.
On est ici dans une esthétique proche du degradé, de la kink humiliation, voire du human toilet pour les pratiques plus extrêmes. Mais tout le monde ne va pas aussi loin. Certains aiment juste l’idée... d’autres vivent ça comme un petit clin d’œil dans une relation vanilla, sous la couette, entre deux rires gênés.
Et dans le couple “vanille” ?
Oui, le farting existe aussi hors BDSM. Il arrive que des partenaires avouent leur excitation à entendre leur copine lâcher un pet en toute liberté. Ça dédramatise, ça reconnecte au corps, ça casse l’image glacée de la femme-objet toujours propre et silencieuse.
Et ça, mine de rien, c’est politique. Refuser de cacher ce que notre corps fait naturellement, c’est aussi reprendre du pouvoir sur nos représentations sexuelles. Même si ça pue.
Faut-il en avoir honte ?
Franchement ? Non.
Ce n’est pas plus “dégueu” que d’autres pratiques fétichistes autour du corps : la salive, les pieds sales, l’urine, les aisselles transpirantes... Tout ce qui s’éloigne de l’aseptisé a longtemps été rejeté, alors qu’il peut être chargé d’érotisme brut, viscéral, vibrant.
Mais soyons lucides : ce genre de fantasme ne se partage pas facilement. Il faut un espace de confiance, d’intimité. Un cadre clair aussi, car l’odeur ou le contact physique peut vite devenir trop envahissant ou intrusif si mal géré. Le farting ne se pratique pas comme un petit jeu anodin, surtout quand il devient central.
Et alors, on en fait quoi ?
On l’explore, si ça nous titille. On le respecte, si ce n’est pas notre truc. Mais surtout, on arrête d’en rire bêtement. Parce que derrière le farting, il y a des corps qui vibrent, des dominations qui se jouent, des désirs profonds, parfois inavouables. Et c’est tout sauf risible.
À retenir :
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Le farting est un fétichisme minoritaire, mais bien réel.
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Il mêle humiliation, abandon, et régression.
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Il existe autant dans les pratiques BDSM extrêmes que dans les jeux intimes plus doux.
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Il mérite d’être entendu sans moquerie ni mépris.
Et toi ? Tu l’as déjà vécu ? Tu l’imagines ?
Je serais curieuse de lire vos récits, vos fantasmes ou vos limites sur le sujet. Viens en parler (anonymement ou pas), parce que même les fantasmes qui font peur méritent d’exister.
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