Mémoire d'une soumise,
En tant que soumises, pour nous rassurer, on nous dit toujours : " c'est vrai que tu m'appartient, mais tu n'es jamais prisonnière. Si un jour tu veux partir, tu n'as qu'à le dire, il y a le safeword et il y a même toujours la possibilité d'interrompre le jeu, de partir. Je ne t'empécherai jamais, je ne t'en voudrai jamais. Tu es libre après tout. Je l'accepterai et je te souhaiterais le meilleur."
Je n'y ai jamais cru. Des beaux mots pour bien nous captiver, nous enfermer. Mais vous... Je vous ai cru.
J'ai cru chaque mots. Que je vous appartient à jamais, qu'on cherche exactement la même chose, que nos attentes sont similaires, que c'est très beau, que je vous satisfais... Jusqu'au jour où... Ce ne l'est plus.
La légèreté de nos échanges est devenue forcée.
La perspectives de se voir n'est plus excitante, une appréhension s'est installée.
Nos jeux ne sont plus. Et nous, nous ne sommes plus que des cadavres du passé courant derrière un futur idéalisé, cassé, inateniable.
À un moment il fallait se rendre à l'évidence. On était un vampire et un zombie. Ça ne marche plus.
Un vampire qui essaie de chaque opportunité pour récupérer un sourire, une jouissance, à travers des promesses et des jeux frissonnants.
Un zombie a moitié présent. Sans vie, sans vision, sans envie, sans âme. Là pour... Je ne sais pas. Vous ne saviez pas non plus.
À un moment il fallait dire stop.
Et là, les mots reprennent leur places, les promesses se transforment en menaces.
C'est tellement dur de voir la personne qu'on a tant respecté, apprécié, tous les bonjour, tous les épreuves, toutes les preuves du lien, tout ce qui a été construit à deux, tout, cassés, perdu en un clin d'œil.
C'est moi qui me suis retrouvée cassée, délaissée, privée de sens, perdue, seule. Obligée de me confier à un écran tellement je suis désespérée.
J'ai perdu mon Maître, mon mailleur ami, par choix.
