Pervers d'Amour
par le Il y a 10 heure(s)
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Il y a des imperfections qui, loin de diminuer un homme, renforcent son magnétisme. Je ne marche pas comme un héros de roman hollywoodien : j'ai une démarche particulière, un pied faible, une façon de bouger un peu asymétrique qui pèse sur mes appuis, moi qui pourtant adore arpenter le bitume. Mes pieds sont mon point faible, mais ce corps qui grince par moments n'apaise en rien l'esprit ; au contraire, il aiguise l'obsession. Depuis que je suis né, j'ai ce truc en moi : j'ai toujours aimé regarder, fixer, capter les corps et les détails avec une nécessité viscérale. Quand je déambule, les bras croisés dans le dos ou les mains prêtes à tenir l'équilibre, je ne suis jamais en train de flâner. Je suis en mode radar permanent. Mes yeux écument les façades, les trottoirs et les visages à la recherche de la moindre proie à disséquer du regard. Je n'assume aucune limite, aucun tabou : je mate le déhanchement d'une petite chipie en jupe trop courte, je m'arrête mentalement sur la silhouette d'une mère de famille dont le corps raconte une autre histoire, ou je fantasme l'arrondi lourd d'une femme enceinte qui passe à ma portée. Et dans cette quête visuelle, mon obsession première reste la poitrine et les décolletés. C'est un aimant permanent, un réflexe mécanique qui court-circuite tout le reste. Peu importe la distance ou la foule, mes yeux s'y fixent instantanément pour en jauger le galbe et la profondeur, évaluant la promesse de chair offerte au milieu du monde. Je les analyse, je les dévore en silence, je les évalue comme un chasseur qui cartographie son territoire. Je n'hésite plus à regarder chaque femme qui me plaît droit dans les yeux, quitte à être intrusif et insistant, peu importe leur âge, sans aucune limite. S'il s'agit d'une femme qui va faire un scandale, je ne vais pas insister. Mais quand j'en vois une qui a peur et qui baisse les yeux, alors là, je me régale. Comme cette fois-ci, l'été, avec une jeune femme mignonne en jupe et des cuisses à bander, qui portait un handicap visible, mental ou physique, peu importe. Face à sa faiblesse, à sa vulnérabilité, cela m'a donné encore plus d'audace pour aller la voir et lui dire ce que je pensais vraiment. Et de me dire dans mon esprit : « Quel salaud tu es, vraiment un salopard. Mais qu'est-ce que l'on se régale... » Chaque femme croisée est une ligne de plus dans ce grand livre de la chair qui se réécrit à chaque coin de rue. C'est un regard lourd, fixe, une évidence implacable plantée au milieu de la foule. Mais ce qu'il y a de plus jouissif, c'est que je ne suis pas seul dans cette traque mentale, et que ma future femme est la première complice de ce manège. Bien loin de la jalousie bourgeoise, c'est elle-même qui me pousse à mater, qui me souffle des remarques sur ces petites chipies en jupe courte qui croisent notre route, ou qui m'encourage à les deviser du regard pour me faire bander en direct sur le pavé. Elle aime alimenter cette faim, me voir lorgner sur les poitrines et scruter les corps, parce qu'elle sait que toute cette électricité accumulée dans la rue finira par retomber, de retour dans l'antre, sur son propre corps de soumise. Elle est complice de mes vices, actrice de mes fixations, et savoure le fait d'être la seule à encaisser, en fin de compte, la décharge de tout ce que j'ai convoqué des yeux dehors. Pourtant, derrière ce radar perpétuel qui scanne toutes les femmes du monde et cette complicité perverse, je sais pertinemment qu'au bout du compte, toute cette faim, toute cette observation et toute cette débauche mentale n'attendent qu'un seul visage pour s'éteindre et se fixer à jamais.

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