sylvie35
par le Il y a 1 heure
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Elle marchait au bord du monde,

sans bruit,

sans plainte.

 

Les regards passaient à travers elle,

comme le vent à travers la brume du matin.

 

Quand elle était encore une toute petite pousse,

à peine sortie du sommeil des graines,

les autres herbes dansaient ensemble sous le vent.

 

Elle restait seule.

 

Toujours seule dans la cour de récréation,

ignorée, invisible.

 

Les années passèrent.

 

Voyant que les oiseaux se rassemblaient en nuées,

elle apprit à imiter leurs chants,

mais elle ne les comprenait pas.

 

Voyant que les feuilles bruissaient toutes de la même façon,

elle força son propre bruissement.

 

Comme l'eau épouse la forme des rives,

elle épousait la forme des attentes.

 

Elle apprit les mots qui faisaient sourire,

les passions qui faisaient hocher les têtes,

les gestes qui permettaient de traverser la foule

sans être rejetée.

 

Mais tous ces efforts l’épuisaient.

 

Le soir,

lorsque le monde s'endormait,

elle sentait en elle

une forêt immense.

 

Des sentiers inexplorés.

 

Des étoiles.

 

Des questions plus vastes que les océans.

 

Des trésors que personne ne demandait à voir.

 

Alors elle refermait doucement la porte.

 

Et le lendemain,

elle redevenait le reflet attendu.

 

Les hommes admirent souvent

ce qui fait du bruit.

 

Ils regardent les cascades.

 

Ils célèbrent les éclairs.

 

Mais la profondeur d'un lac

ne se mesure pas à son tumulte.

 

Ainsi passèrent de nombreuses saisons.

 

Silhouette discrète, transparente.

 

Nul ne soupçonnait

le continent caché sous la brume.

 

Puis un jour,

au détour d’un chemin tortueux que rien ne laissait prévoir,

elle rencontra un homme.

 

Il ne portait ni couronne,

ni certitude.

 

Simplement,

il avait appris à regarder.

 

Là où beaucoup contemplaient les vagues,

il cherchait la source.

 

Lorsqu’il la regarda,

elle baissa les yeux.

car elle avait compris,

qu’elle n’était plus invisible.

 

La confiance est née d'un souffle partagé.

L'invisible s'est fait lumière, sans jamais s'exposer.

 

L’homme lui dit que la lumière était là depuis toujours,

et qu’il avait simplement écarté le voile.

 

Car ce qui nourrit le monde

grandit souvent dans l'ombre,

et les trésors les plus vastes

aiment les lieux où personne ne pense chercher.

 

Le vrai Dominant ne s’impose pas par la force,

ni par la manipulation.

 

Le vent ne cherche pas à convaincre les arbres.

Il passe,

et pourtant tous s’inclinent.

 

En croyant en son être, en aimant sa différence,

il lui a offert la voie pour quitter sa tanière.

 

Et si un jour un cruel destin sépare leurs chemins,

elle marchera dans la vie, habitée de sa présence,

car la force qu’il lui a insufflée est immense.

 

********

 

Notes personnelles:

En filigrane, je me suis librement inspirée du style de Lao Tseu… et, par une multitude de petites touches, de ma propre histoire.

Sans la taquinerie bienveillante de Sanaephis en juin dernier, ce texte n'aurait sans doute jamais vu le jour. Il a d'abord trouvé sa place dans le cercle restreint du groupe "des Mots et des Maux", dont je remercie les membres pour leur accueil si touchant.

Je prends aujourd'hui la liberté de le republier dans la rubrique principale pour l'intégrer pleinement à ma liste d'écrits et le retrouver ainsi plus facilement. Certains le trouveront sans doute pas assez BDSM, et pourtant, il l'est, si on prend la peine de ressentir la charge émotionnelle qui en constitue le véritable coeur et la force du lien humain qui rend tout possible. Cet écrit est sans doute mon plus intime. Il demande une lecture tranquille pour ressentir tout ce qui s'y niche au-delà des mots.

Mille pardons aux premiers lecteurs pour la redite, et merci à tous pour votre indulgence.


Image d'illustration générée par IA 
Texte généré par mon réseau neuronal biologique 

 

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Azhara
Je l'adooore ce texte. Je l'avais déjà écrit il me semble sur le groupe. Ça m'avait fait tellement étrange de vous lire, dans ce registre et de vous dévoiler ainsi. C'est très touchant. Merci de continuer à écrire " en vrai " sourire...
J'aime Il y a 30 minutes Edité