Altair1912
par le Il y a 1 heure
15 vues

La patronne d’Anne organisa leur première rencontre dans l’un des restaurants les plus réputés de la ville.

Ce choix ne rassura pas Anne.

Elle aurait préféré recevoir la cliente au cabinet, entourée de ses plans, de ses maquettes et de tout ce qui lui permettait de conserver la maîtrise d’un entretien. Dans un restaurant, les règles seraient différentes. Madame Thomas choisirait le rythme de la conversation, les sujets qu’elle souhaitait aborder et probablement le moment où elle accepterait enfin de parler de son projet.

Plus la date approchait, plus Anne regrettait d’avoir accepté le rendez-vous.

Elle ne se souvenait pas d’avoir été aussi nerveuse avant de rencontrer un client. La commande l’intriguait, mais l’insistance de cette femme à travailler exclusivement avec elle éveillait sa méfiance.

Pourquoi elle ?

Son projet d’immeuble avait été remarqué, mais beaucoup d’architectes possédaient davantage d’expérience. Certains étaient spécialisés dans les résidences privées et savaient répondre aux caprices d’une clientèle fortunée.

Anne, elle, ne possédait aucune patience pour les caprices.

Quelques jours avant le rendez-vous, elle s’offrit une jupe en cuir noir.

La coupe descendait à mi-mollet et suivait sa silhouette sans entraver ses mouvements. Deux poches avaient été intégrées dans les coutures latérales.

Les poches achevèrent de la convaincre.

La jupe était élégante, provocante et pratique. Elle correspondait parfaitement à sa conviction qu’une femme ne devrait jamais être obligée de choisir entre l’apparence et l’utilité.

Le matin de la rencontre, Anne l’associa à un chemisier couleur ivoire et à une veste noire. L’ensemble produisait exactement l’effet recherché : suffisamment professionnel pour un rendez-vous important, mais trop personnel pour ressembler à un uniforme.

Il lui manquait seulement les chaussures.

Anne examina le contenu de son armoire.

Ses escarpins noirs ne s’accordaient pas à la longueur de la jupe. Ses bottines rendaient l’ensemble trop ordinaire. Elle essaya une autre paire, fit quelques pas devant le miroir et la rejeta.

Son regard s’arrêta sur la boîte rapportée de la boutique.

Les cuissardes.

Elle les avait achetées pour leurs séances avec Alexandre, pas pour déjeuner avec une cliente. Leur cuir noir et leurs talons hauts risquaient de rendre sa tenue beaucoup plus provocante qu’elle ne l’avait prévu.

Anne les enfila tout de même.

La jupe descendait suffisamment bas pour dissimuler la partie supérieure des bottes. Lorsqu’elle restait immobile, celles-ci pouvaient presque passer pour des bottes ordinaires. En marchant, le mouvement du cuir révélait toutefois leur hauteur.

Elle se contempla dans le miroir.

L’ensemble était audacieux.

Peut-être trop.

Elle descendit afin de demander l’avis d’Alexandre.

Il terminait son café dans la cuisine lorsqu’elle passa devant la porte. Anne ne s’arrêta pas immédiatement. Elle fit quelques pas dans le couloir avant de revenir.

Alexandre tenait toujours sa tasse, mais avait oublié de boire.

Ses yeux descendirent le long de la jupe avant de s’arrêter sur les cuissardes. Son expression était si éloquente qu’Anne sentit ses dernières hésitations disparaître.

— Tu les as reconnues, remarqua-t-elle.

— Oui.

— Est-ce trop pour un rendez-vous professionnel ?

Alexandre chercha une réponse prudente.

— Cela dépend du résultat souhaité.

— Je veux qu’elle comprenne que je ne serai pas une exécutante docile.

— Dans ce cas, le message est parfaitement intelligible.

Anne fit lentement un tour sur elle-même.

— Tu n’aimes pas ?

— Je tente de conserver une pensée cohérente.

Elle s’approcha.

— Ce ne sont pourtant que des bottes.

— Nous savons tous les deux que ce ne sont pas seulement des bottes.

Anne posa un doigt sous son menton.

— À quoi est-ce que je ressemble ?

— À quelqu’un à qui il serait très difficile de dire non.

Cette réponse lui plut.

— Alors mon choix est confirmé.

Elle l’embrassa, récupéra son sac et se dirigea vers l’entrée.

— Anne ?

Elle se retourna.

— Bonne chance.

— Je n’en ai pas besoin.

Alexandre sourit.

— Tu es donc prête.

La remarque l’accompagna durant tout le trajet.

Le restaurant occupait le rez-de-chaussée d’un ancien hôtel particulier. Un maître d’hôtel en costume sombre accueillit Anne par son nom et la débarrassa de sa veste. Son regard descendit brièvement vers ses bottes avant de retrouver une neutralité parfaite.

Anne traversa la salle.

Les tables étaient suffisamment espacées pour préserver l’intimité des conversations. Des lumières douces se reflétaient dans les verres et sur les boiseries anciennes. Les voix restaient basses, comme si le prix des plats interdisait de parler trop fort.

Plusieurs hommes suivirent Anne du regard.

Elle le remarqua.

Autrefois, cette attention aurait pu l’agacer. Ce jour-là, elle la reçut différemment. Ces regards ne lui donnaient aucun pouvoir sur elle. Ils confirmaient simplement l’effet qu’elle avait choisi de produire.

Elle ne s’habillait pas pour disparaître.

Au fond de la salle, sa patronne était déjà installée. Elle discutait avec une femme qu’Anne reconnut grâce à la photographie jointe au dossier.

Madame Thomas.

La patronne d’Anne se leva dès qu’elle les rejoignit.

— Anne, je vous présente Madame Thomas.

La cliente tourna la tête.

La première impression d’Anne fut difficile à définir.

Madame Thomas était élégante, mais sa tenue n’avait rien d’ostentatoire. Elle portait une robe d’un bleu très sombre et quelques bijoux choisis avec une sobriété parfaite. Ses cheveux étaient relevés et son maquillage presque imperceptible.

Ce n’était pas son apparence qui impressionnait Anne.

C’était la manière dont elle occupait l’espace.

Madame Thomas ne cherchait pas à attirer l’attention de la salle. Pourtant, le personnel surveillait discrètement sa table. Lorsqu’elle leva les yeux vers Anne, tout ce qui les entourait sembla perdre momentanément son importance.

Cette femme ne dominait pas le restaurant parce qu’elle parlait plus fort que les autres.

Elle le dominait comme si aucune autre disposition des choses n’avait jamais été envisageable.

— Anne, dit Madame Thomas.

Elle prononça son prénom comme si elles s’étaient déjà rencontrées.

— Madame Thomas.

Elles échangèrent une poignée de main. Celle de la cliente était ferme, son regard direct.

— Asseyez-vous.

Ce n’était pas tout à fait un ordre.

Anne s’assit néanmoins avant d’avoir décidé de le faire.

Sa patronne reprit place face à elle. Madame Thomas occupait l’extrémité de la table, dans une position depuis laquelle elle pouvait observer les deux femmes et toute la salle.

Un serveur s’approcha.

— Nous attendions Anne, expliqua Madame Thomas. Vous pouvez servir le vin.

L’homme s’exécuta sans lui présenter la carte.

Anne remarqua ce détail.

— J’espère que le choix vous conviendra, poursuivit la cliente. Votre patronne m’a assuré que vous appréciez le vin blanc sec.

Anne tourna brièvement les yeux vers sa supérieure.

— Nous avons parlé de plusieurs choses en vous attendant.

— Je le constate.

Madame Thomas observa sa tenue.

— Votre jupe est très belle.

— Merci.

— Du cuir véritable ?

— Oui.

— Avec des poches, ajouta-t-elle.

Anne fut surprise qu’elle l’ait remarqué.

— C’est ce qui m’a décidée à l’acheter.

— L’élégance ne devrait jamais rendre une femme dépendante de quelqu’un pour transporter ce dont elle a besoin.

Un sourire apparut sur les lèvres d’Anne.

— Nous sommes d’accord.

Le regard de Madame Thomas descendit vers ses bottes, dont le cuir apparaissait sous la jupe.

— Un choix audacieux pour un rendez-vous professionnel.

Anne refusa de se justifier.

— Je les aime.

— C’est une excellente raison.

Le serveur remplit leurs verres. Madame Thomas attendit qu’il se soit éloigné avant d’ouvrir le dossier posé près d’elle.

— Parlons de la villa.

Enfin.

Anne sortit son carnet.

— Le terrain présente plusieurs contraintes importantes. L’accès actuel traverse la partie la plus dense de la propriété. Si vous refusez que les arbres soient abattus, il faudra modifier complètement l’arrivée.

— C’est précisément ce que je souhaite.

— Cela augmentera le coût.

— Le coût n’est pas le premier de mes critères.

— Quel est le premier ?

Madame Thomas referma le dossier.

— Que cette maison m’obéisse.

Anne resta silencieuse.

Sa patronne dissimula difficilement un sourire derrière son verre.

— Une maison ne peut pas obéir, répondit finalement Anne.

— Vous n’en êtes pas certaine.

— Elle peut être conçue pour répondre aux besoins de sa propriétaire.

— Et si mes besoins dépassent la simple fonction ?

— Alors vous devez m’expliquer ce que vous attendez réellement de cette maison.

Madame Thomas la regarda avec satisfaction.

— Voilà pourquoi je vous ai choisie.

— Vous ne me connaissez pas.

— J’ai étudié votre travail.

— Ce n’est pas la même chose.

— Les bâtiments révèlent beaucoup de choses sur ceux qui les conçoivent.

Madame Thomas ouvrit de nouveau le dossier et sortit une photographie de l’immeuble imaginé par Anne.

— Vous refusez les espaces qui obligent les femmes à se sentir vulnérables. Vous créez des entrées où l’on peut voir sans être exposée. Vous accordez une importance inhabituelle aux seuils, aux circulations et aux possibilités de fermer une partie d’un bâtiment sans condamner le reste.

— Ce sont des choix fonctionnels.

— Naturellement. Mais la fonction traduit toujours une vision du pouvoir.

Anne posa son stylo.

— Quelle est la vôtre ?

Madame Thomas ne répondit pas immédiatement.

Le serveur revint afin de présenter les plats. La cliente choisit pour elle-même, puis invita les deux autres femmes à commander.

Lorsqu’elles furent de nouveau seules, elle reprit :

— Je veux que la personne qui entre dans ma maison comprenne immédiatement qu’elle pénètre dans l’espace d’une femme. Je ne parle pas d’une décoration féminine. Je parle d’autorité.

— Comment une maison devrait-elle exprimer cette autorité ?

— C’est précisément ce que je veux que vous découvriez.

Anne sentit l’agacement monter.

— Vous dites savoir exactement ce que vous voulez, mais vous refusez de le formuler.

— Je veux vérifier que nous parlons le même langage avant de vous confier le vocabulaire.

— Est-ce un rendez-vous professionnel ou un examen ?

— Les deux.

La franchise de la réponse prit Anne au dépourvu.

Sa patronne n’intervint pas. Elle observait les deux femmes comme si elle savait que toute tentative de modération serait inutile.

— Pourquoi moi ? demanda Anne.

— Parce que vous n’avez pas tenté de me plaire depuis que vous êtes arrivée.

— Vous préféreriez que je le fasse ?

— Surtout pas.

Madame Thomas but une gorgée de vin.

— Beaucoup d’architectes expérimentés accepteraient toutes mes demandes avant même de les avoir comprises. Vous êtes déjà en train de déterminer celles auxquelles vous pourriez vous opposer.

— C’est mon travail.

— Votre travail consiste aussi à comprendre la personne pour laquelle vous construisez.

— Vous ne rendez pas cette partie facile.

— Je n’ai jamais considéré que la facilité produisait les résultats les plus intéressants.

Les plats arrivèrent.

Durant quelques minutes, la conversation porta sur les dimensions de la propriété, les arbres à conserver et l’orientation du terrain. Madame Thomas connaissait chaque détail. Elle répondait précisément aux questions techniques, mais déplaçait régulièrement la discussion vers Anne.

— Pourquoi êtes-vous devenue architecte ?

— Pour construire.

— Beaucoup d’enfants construisent des maisons. Peu d’entre eux en font leur profession.

Anne posa ses couverts.

— Mon père est parti lorsque j’étais enfant. Ma mère a dû se battre pour conserver notre maison et obtenir les moyens de m’élever. J’ai compris très tôt qu’un espace dans lequel une femme croit être en sécurité peut lui être retiré par des décisions prises ailleurs.

Sa patronne connaissait une partie de cette histoire, mais Anne en parlait rarement devant des clients.

Madame Thomas ne manifesta aucune compassion ostentatoire.

— Vous avez donc voulu construire des lieux que les hommes ne pourraient pas reprendre aux femmes.

— Je veux construire des lieux dans lesquels les femmes n’ont pas besoin de demander l’autorisation d’exister.

— C’est différent.

— Oui.

— Plus ambitieux également.

Anne soutint son regard.

— Mon ambition vous dérange ?

— Elle m’intéresse.

Madame Thomas semblait lire chacune de ses réactions. Une hésitation, un mouvement des mains ou un silence suffisait à éveiller une nouvelle question.

Anne eut peu à peu la sensation de subir un interrogatoire conduit par une femme diaboliquement habile.

— Vous êtes mariée ? demanda soudain Madame Thomas.

— Non.

— Vous vivez seule ?

— Avec mon compagnon.

— Depuis longtemps ?

— Dix ans.

— Et vous ne souhaitez pas l’épouser ?

Anne se raidit.

— Je ne vois pas le rapport avec votre villa.

— Vous avez raison. Vous pouvez refuser de répondre.

Cette permission l’irrita plus encore que la question.

— Je considère le mariage comme une institution construite autour de la possession des femmes.

— Votre compagnon partage-t-il cette opinion ?

— Il la respecte.

— Ce n’était pas ma question.

Anne serra les doigts autour de son verre.

Madame Thomas avait trouvé la faille avec une facilité déconcertante.

— Il aurait voulu m’épouser, reconnut-elle. J’ai refusé.

— Et il est resté.

— Oui.

— Un homme intéressant.

Anne sentit naître une réaction protectrice.

— Il l’est.

Madame Thomas remarqua le changement de son ton.

— Vous semblez très attachée à lui.

— Profondément.

— Mais vous refusez qu’une convention définisse la manière dont vous devez l’aimer.

— Exactement.

— Nous partageons peut-être davantage d’idées que vous ne le pensez.

Madame Thomas revint au projet sans fournir d’explication.

— La villa devra comporter des espaces destinés à recevoir plusieurs femmes. Certaines réunions seront privées. Je veux pouvoir accueillir mes invitées sans que les autres occupants de la maison interrompent nos échanges.

— Quels autres occupants ?

— Du personnel. Quelques hommes, éventuellement.

— Des employés ?

Un sourire presque imperceptible apparut sur le visage de Madame Thomas.

— Entre autres.

Anne attendit, mais la cliente n’ajouta rien.

— Il faudra donc organiser des circulations distinctes, reprit-elle. Les personnes chargées du service devront pouvoir intervenir sans traverser les espaces de réunion.

— Oui.

— Souhaitez-vous qu’elles restent invisibles ?

— Non. Un homme qui sert correctement n’a aucune raison d’être dissimulé. Il doit simplement comprendre quand sa présence est souhaitée.

La formulation éveilla quelque chose chez Anne.

Elle pensa à Alexandre attendant près du canapé, le collier autour du cou, jusqu’à ce qu’elle l’autorise à approcher.

Madame Thomas observa son visage.

— Cette idée vous paraît-elle étrange ?

— Pas nécessairement.

— Vous l’avez comprise très rapidement.

Anne se demanda ce que cette femme voyait réellement en elle.

Son regard descendit brièvement vers les cuissardes dissimulées sous la table. Le souvenir de la boutique, du collier et d’Alexandre à genoux lui revint avec une netteté troublante.

— Une architecture peut organiser des rapports d’autorité, dit-elle. La position des pièces, les accès et les perspectives indiquent déjà qui attend, qui reçoit et qui décide.

Madame Thomas sourit.

— Voilà la maison que je veux.

À cet instant, Anne sut qu’elle accepterait.

La villa n’était pas un simple caprice de femme fortunée. Quelque chose de plus profond se cachait derrière les exigences de Madame Thomas. Cette femme voulait donner une forme architecturale à une vision qu’elle ne révélait encore qu’en partie.

Anne voulait la découvrir.

— Je souhaite visiter la propriété avant de commencer les premières esquisses, annonça-t-elle.

— Cela signifie-t-il que vous acceptez le projet ?

— Cela signifie que j’accepte de déterminer s’il est réalisable.

— Vous avez déjà décidé qu’il le serait.

Anne eut l’impression désagréable d’avoir de nouveau été percée à jour.

— J’accepte, dit-elle.

Madame Thomas ne manifesta aucune surprise.

— Très bien.

Elle sortit une carte de son sac et la posa devant Anne.

— Venez mardi prochain à dix heures. Nous visiterons le terrain ensemble.

Anne prit la carte.

— Ma patronne sera présente ?

— Non.

Les deux femmes se tournèrent vers elle. La patronne d’Anne leva les mains avec amusement.

— Madame Thomas a insisté pour travailler directement avec toi.

— J’ai besoin de savoir que l’architecte comprendra mes décisions sans chercher constamment l’approbation d’une tierce personne, précisa la cliente.

— Et si je désapprouve l’une de vos décisions ?

— Vous me le direz.

— Vous pourriez ne pas apprécier.

— Anne, répondit tranquillement Madame Thomas, si je désirais une femme docile, je ne vous aurais pas choisie.

Le repas s’acheva peu après.

Lorsque Anne se leva, plusieurs regards masculins se tournèrent de nouveau vers elle. Cette fois, elle n’y prêta presque aucune attention.

Madame Thomas se leva à son tour.

— Les cuissardes étaient le bon choix, dit-elle.

Anne la regarda, surprise.

— Comment savez-vous…

— La démarche.

Son sourire possédait quelque chose de diabolique.

— À mardi.

Anne quitta le restaurant avec sa patronne.

Une fois dans la rue, elle inspira profondément, comme si elle venait de sortir d’une pièce dans laquelle l’air avait été placé sous le contrôle exclusif de Madame Thomas.

— Alors ? demanda sa patronne.

— Cette femme est terrifiante.

— Tu as accepté.

Anne regarda la carte qu’elle tenait encore.

— Justement.

Son téléphone vibra dans son sac. Un message d’Alexandre lui demandait comment s’était passée la rencontre.

Anne répondit :

J’ai accepté le projet. Et les bottes ont produit leur effet.

La réponse arriva quelques secondes plus tard.

Je n’avais aucun doute concernant les bottes.

Anne sourit.

Elle rangea son téléphone et suivit sa patronne.

Madame Thomas lui avait donné l’impression de lire en elle comme dans un livre ouvert. Pourtant, Anne n’éprouvait pas seulement de la méfiance.

Elle ressentait aussi cette excitation particulière qui précédait ses projets les plus importants.

Elle venait de rencontrer une femme dont l’autorité semblait dominer une salle entière.

Et pour la première fois depuis qu’elle avait découvert le plaisir de commander à Alexandre, Anne se demandait jusqu’où une femme pouvait étendre un tel pouvoir.

 

 

Thèmes: gynarchie, femdom
2 personnes aiment ça.
Alains9
J’aime la psychologie des personnages et j’attends volontiers la suite.
J'aime Il y a 47 minutes
homosoumis
toujours aussi interessant et vivement la suite Soumis Régis
J'aime Il y a 25 minutes