julesverne
par le 08/10/26
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Chapitre 2 : La Cour des Déshonneurs.

Le ciel s'est fait plomb, une masse basse qui semble retenue par les créneaux de la ferme. Les nuages défilent en vitesse accélérée, projettent des ombres qui glissent sur les murs comme des doigts. Le vent soulève des tourbillons de feuilles mortes autour d'eux, feuilles qui ne sont pas tombées d’aujourd'hui, qui tournoient depuis des semaines dans cet enclos, prisonnières comme ils le sont maintenant.

Ils se tiennent là, au milieu de nulle part, exposés. L'homme tourne la tête, cherche une fenêtre, une porte, un visage. La femme croise les bras sur sa poitrine, ce geste instinctif de protection que je relève déjà pour ce qu'il est : une première faille, une première entaille dans sa dignité.

Ils doivent se demander, maintenant que la porte s'est refermée derrière eux, s'ils ont fait le bon choix. Le doute se lit dans leur posture trop raide, dans leurs regards qui fuient le ciel trop proche. Ils attendent qu'on daigne les regarder. Qu'on daigne leur parler. Qu'on daigne, simplement, reconnaître leur existence.

Avec mon assistante, nous échangeons un regard qui dit tout ce qui ne sera jamais prononcé.

Là, en contrebas, ce n'est plus un couple. Ce n'est plus des noms, des professions, des histoires. Juste une femelle et un mâle qui tremblent légèrement dans le vent, déjà réduits à l'état de proies, découvertes dans la cage où nous les avons piégés.

 

Je leur laisse un temps d’attente debout au milieu des pavés, de sentir le froid remonter par leurs semelles, de comprendre que dans cet enfer de pierre, les minutes n'appartiennent qu'à moi. Ils sont là, figés, exposés au ciel bas qui s'écrase sur eux, chaque seconde qui passe les réduits un peu plus, les érode comme le vent érode les montagnes autour.

Un clin d'œil à mon assistante, ce regard silencieux qui scelle leur sort, je déverrouille la porte. Ils sursautent, forcés de pivoter, déstabilisés par cette entrée en scène imprévue. Ils attendaient un hall, une réception, les rituels bourgeois de la politesse. Je leur offre une cour de ferme, un ciel d'ardoise, ma silhouette imposante qui bloque l'unique issue.

Je m'avance lentement, mes pas résonnent, sur les pavés disjoints, drapé d’un long manteau de pluie Australien. Je ne souris pas. Je ne prononce aucune parole de bienvenue. Je les observe comme on observe du bétail avant l'abattage, pesant leur vulnérabilité, calculant leur résistance. Je sais qui ils sont : De Montpellier, le confort, les appartements climatisés, les dîners en ville. Lui, les tempes grisonnantes, la quarantaine raidie par la salle de sport, ses muscles sans utilité. Elle, trente-cinq ans, cette beauté brune de catalogue qui croit encore protéger quelque chose. Ils sont venus par cooptation, comme tous les autres, traînant derrière eux leur argent comme un passeport pour l'abjection. Ils ont payé cher pour se retrouver ici, démis de tout prestige, réduits à de la chair tremblante.

Dans leurs yeux, je lis le gouffre qui vient de s'ouvrir entre leur fantasme et cette réalité qui les écrase. Elle surtout, je vois la panique en train de naître dans son regard. Cette prise de conscience que son mari ne la protégera pas. Qu'il est déjà ailleurs, retiré dans une soumission passive qui la laisse seule. Dévorée par mes yeux, par le froid qui tombe maintenant comme une sentence.

Je décide de briser l'illusion définitivement. Je m'adresse à elle, directement, lacérant le silence de ma voix qui n'admet aucune réponse.

— Déshabille-toi !!!

Elle me regarde surprise, puis son mari, elle cherche une permission, un sauveur. Lui baisse les yeux. Il abandonne. Ce geste simple, ces paupières qui tombent, sont une trahison plus profonde. Elle est seule.

— Il fait froid, murmure-t-elle, pathétique, déjà vaincue.

— Le froid n'est pas mon problème. Tu te mets nue. Ici. Devant moi et mon assistante.

Mon assistante, à côté de moi, respire plus fort. Je sens son excitation, ce frisson de prédateur qui observe la mise à mort lente de la dignité.

La femme hésite, ses doigts crispés sur les boutons de son manteau si cher. Mon regard reste fixe, impénétrable, un mur de glace qui la renvoie à son impuissance. Elle comprend. Elle ouvre le premier bouton, puis le second, chaque geste arraché, déchirant. Le manteau glisse le long de ses bras avec un bruissement de soie qui semble obscène dans ce silence de mort. Elle ne sait qu’en faire.

De mon regard je lui fais comprendre de le poser sur sa valise cabine.

Elle obéi, le pose sur son bagage, qui représente désormais son ancienne vie, son statut, sa pudeur.

Le pull à col roulé suivra. Elle le retire en se débattant presque, disparaissant un instant dans la laine, puis réapparaissant, ce magnifique soutien-gorge style Aubade, cette touche de luxe désormais grotesque, emprisonne sa poitrine qui se soulève trop vite, déjà sous l'emprise de l'angoisse et du froid.

Elle jette un regard furieux vers son mari, cette dernière étincelle de révolte, mais il fixe le sol, fasciné par les pavés de schiste comme s'ils contenaient la réponse à sa lâcheté. Elle est abandonnée au milieu de cette cour qui devient une scène d'humiliation publique, même s'il n'y a que nous deux pour voir et son mari.

Le pull rejoint le manteau. Elle secoue sa chevelure avec une dernière bravade, mais le vent la rattrape immédiatement, cette bise des Cévennes qui ne pardonne rien, elle glisse sur sa peau, éveille une chair de poule instantanée. Elle croise ses bras sur sa poitrine, ce réflexe animal de protection que je vais lui arracher.

Je ne dis rien. Je laisse le froid travailler, ce tortionnaire silencieux qui lui rappelle à chaque frisson qu'elle n'est plus une personne, juste un corps qui subit. Puis, d'un simple index, je désigne son pantalon.

Elle porte ce velours côtelé beige qui sculptait ses formes quand elle est arrivée, fière, encore entière. Maintenant, c'est un linceul qu'elle doit ôter elle-même. Elle défait sa ceinture, retire ses chaussures avec des gestes mécaniques de poupée désarticulée, fait glisser le tissu le long de ses jambes. Elle plie soigneusement le pantalon, ce réflexe de bourgeoise rangée qui me fait sourire intérieurement, le pose sur le tas grandissant de ses protections perdues.

Le froid s'est installé en elle, infiltre chaque pore de sa peau, réduisant ses muscles en une masse tremblante. Elle s'est recroquevillée sur elle-même, bras croisés en barricade sur sa poitrine encore vêtue. À ses côtés, son mari demeure figé, une statue de lâcheté, incapable de détourner les yeux, incapable de les poser sur elle, présent dans son absence, complice par son silence.

Elle attend, ancrée au milieu de la cour pavée comme une offrande abandonnée aux éléments. Les tremblements commencent, d'abord discrets, puis convulsifs, une danse macabre imposée par la température et la terreur. Chaque frisson est une défaite, une brique de plus qui s'effondre dans l'édifice de sa dignité.

Je m'avance, lentement, mes pas, résonnent comme des coups de marteau sur l'angoisse silencieuse qui l'étouffe. Je m'arrête devant elle, pénètre en elle de mon regard de prédateur. Dans ces iris bleus émeraude, ces yeux qui devaient briller de confiance en arrivant, je lis le désarroi absolu, le questionnement muet et désespéré : Pourquoi suis-je venue ? Pourquoi lui ai-je fait confiance ? Le doute la ronge, acide, irrémédiable.

Au-dessus de nous, le ciel s'assombrit d'une nuance supplémentaire, des nuées charbonneuses qui s'accumulent comme des menaces suspendues. L'orage gronde sur le plateau, un roulement sourd qui semble répondre à mon impatience. Je prends mon temps. Le temps est mon allié, mon complice, mon bourreau le plus subtil.

— Tu sais pourquoi tu es ici, articulé-je, chaque mot pesé, caresse l'air glacé. Obéis. Je te veux nue. Intégralement. Retire ce soutien-gorge. Retire cette culotte. Il n'y a pas de discussion. Il n'y a jamais eu de discussion.

Ma voix n'est pas élevée. Elle est douce, paternaliste, infiniment plus terrifiante que n'importe quel cri.

Je laisse mon regard descendre, évaluer ce qui reste de sa pudeur sur cette chair pulpeuse, cette culotte de satin blanc, choisie sans doute avec soin, avec l'idée ridicule qu'elle pourrait préserver quelque chose de son intimité. Le tissu moule ses formes, dessine les contours de son sexe, sculpte ses fesses d'une élégance cruelle. Je devine le goût de cette femme pour la lingerie fine, cette dernière illusion de contrôle qu'elle s'apprête à perdre.

Résignée, vaincue par le froid, par mon regard, elle porte ses mains tremblantes à son dos. Le soutien-gorge blanc glisse le long de ses bras, libérant sa poitrine à l'air mordant. Elle le pose sur la valise, ce tas croissant de tissus qui représente sa vie antérieure, sa respectabilité, son statut de femme mariée, protégée, entière.

Je ne suis pas déçu. Ses seins se dressent, magnifiques, défiant l’apesanteur, la température, offerts malgré elles à mon regard et celui de mon assistante. La perfection de sa chair rend son humiliation plus absolue encore.

Elle hésite, un battement de cils, une dernière prière muette. Je ne dis rien. Je ne hausse pas le ton. Je laisse mon regard parler, cette patience qui a des limites, cette menace glacée qui comprime l'air entre nous.

Soumise, abattue, elle glisse ses pouces dans l'élastique de sa culotte. Le satin blanc descend le long de ses cuisses, dévoile son mont de Vénus, ses fesses, toute cette chair qu'elle croyait pouvoir préserver. Elle pose sa culotte sur ses vêtements comme un point final à sa déchéance. Elle se tient là, nue, vulnérable, offerte à mon expertise de prédateur, à mon évaluation clinique de propriétaire inspectant sa nouvelle acquisition.

Mais l'instinct de survie, ou de pudeur, la rattrape. Ses mains s'élancent, barrière pathétique : un bras pressé contre sa poitrine, l'autre main plaquée sur son sexe, tentatives dérisoires de préserver un territoire déjà conquis. Elle tremble maintenant de façon incontrôlée, le froid et la honte la secouant comme des feuilles mortes.

— Pas de ça avec moi, murmuré-je, presque tendrement, comme on parle à un enfant récalcitrant. Les mains. Derrière la nuque !!!!!

Elle obéit, mécanique, un pantin désarticulé par la peur. Ses bras remontent, ses mains s'entrelacent derrière sa nuque, offrant ainsi sa poitrine, son ventre, son sexe à la merci du vent, de nos regards. Je savoure ce moment, elle a perdu sa superbe, cette élégance hautaine de l'arrivée, cette assurance de femme qui se croit maîtresse de son destin. Le froid accomplit son œuvre psychologique, décompose son arrogance, ne laisse plus qu'une créature tremblante, réduite à l'état de chair soumise.

Je remarque alors, avec une satisfaction profonde, qu'elle a respecté mes consignes préalables, son sexe est glabre, de plus parfaitement dessiné, les petites lèvres à peine visibles sous la pression de ses cuisses serrées. Elle s'est préparée pour moi, sans savoir à quel point elle me livrerait tout.

A suivre 😉

3 personnes aiment ça.
yourboy7
Mille mercis Monsieur pour ce premier Festin des yeux évidemment quant à la lecture brute de vos mots mais surtout de la Libération du pouvoir de notre imagination pour nous permettre de déguster chaque geste, chaque étape, chaque épreuve de ce défunt couple... Faîtes nous patienter aussi longtemps que nécessaire sur notre chemin de pénitence Monsieur avant de nous autoriser à très bientôt espérer découvrir librement la suite de votre talent d'écriture et de créativité... J'adore Monsieur
J'aime Hier, 11:58:05
julesverne
Yourboy7. Merci pour ce retour de lecture qui compte beaucoup pour moi. Dans mon écriture, je cherche avant tout à ouvrir l'imaginaire du lecteur. Pour bâtir une belle histoire, il me semble essentiel de créer d'abord un univers, puis d'y installer une ambiance. A bientôt pour la suite. Amicalement.
J'aime Il y a 20 heure(s)
yourboy7
J'approuve totalement vos propos pour bâtir une belle histoire... Créer un univers... Y installer une ambiance... Une présence... Un mystère... Puis poursuivre... À très bientôt Monsieur pour la suite... Amicalement vôtre obligé...
J'aime Il y a 13 heure(s)





 

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