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Il ne m'a pas touchée. Il ne m'a pas embrassée. Il ne m'a pas prise. Et pourtant, je me sens prise par ses mots.
Je suis une femme de soixante-douze ans. J'ai traversé une vie de pénitente catholique, de regards posés sur moi, de silences imposés. Ma mère m'a appris qu'une femme bien ne désire pas. Elle subit, elle accepte, elle tait. Je suis devenue une femme bien. Une bourgeoise. Une veuve respectée. Une paroissienne assidue. Et je me suis éteinte, doucement, dans ce rôle.
Puis il est arrivé. Pas comme un homme qui prend, mais comme un homme qui voit. Il a posé son regard sur moi, et j'ai senti qu'il voyait au-delà du tailleur, au-delà du collier de perles, au-delà de la femme que je présentais au monde. Il a vu celle que je cachais.
Il m'a parlé de George Sand, de Colette, d'Anaïs Nin, de Pauline Réage. Des femmes qui ont osé. Des femmes qui ont transgressé. Des femmes qui ont écrit avec leur corps ce que leur bouche n'osait pas dire. Il m'a dit qu'il voulait que je sois libre. Pas libre de faire ce que je veux. Libre d'être ce que je n'ai jamais osé être.
J'ai senti une honte profonde monter en moi. Une honte que je connaissais bien, celle qui m'accompagnait chaque fois que je pensais à ce que je n'avais pas le droit de vouloir. Mais cette fois, elle était différente.
Il ne m'a pas demandé de me déshabiller. Il m'a demandé de m'asseoir, d'écrire des mots que je n'avais jamais dits. Des mots crus. Des mots interdits. Des mots qui brûlaient sur ma langue avant même de toucher le papier. Je les ai écrits, tremblante, honteuse, excitée. Puis il m'a demandé de les lire. À voix haute.
Chatte. Bite. Sperme. Soumise. Salope.
Les mots sortaient de ma bouche comme des péchés. Et chaque péché prononcé était un poids en moins sur mes épaules. Il ne me jugeait pas. Il m'écoutait. Il accueillait mes mots comme on accueille une offrande.
Puis il m'a demandé de choisir ceux qui me faisaient le plus honte, et ceux qui m'excitaient. J'ai senti mon corps répondre avant que ma tête ne comprenne. La honte et le désir se mêlaient en moi comme jamais auparavant. Je n'étais plus la veuve respectable. J'étais une femme qui osait nommer ce qu'elle voulait.
À la fin, il a pris la feuille. Il l'a regardée. Puis il l'a brûlée. Les mots se sont consumés, emportant avec eux une partie de ma honte. La fumée montait vers le ciel, comme une prière inversée. Et dans cette destruction, j'ai senti une libération que je n'avais jamais connue.
Il ne m'a pas touchée. Il ne m'a pas embrassée. Il ne m'a pas prise. Et pourtant, je me sens prise. Pas par ses mains. Par ses mots. Par sa présence. Par ce qu'il a vu en moi et que personne n'avait jamais vu.
Je suis une femme de soixante-douze ans. Je suis une bourgeoise. Une catholique. Une veuve. Mais je suis aussi celle qui a brûlé ses interdits. Et je sais que je reviendrai vers lui, encore et encore, pour brûler un peu plus de ce qui m'a enfermée
Puis il pourra m'asservir
Bonjour Antoinette !
Alors… excellent sujet ! Et je suis ravi de lire dans votre partage la diversité des réactions humaines au regard de l'environnement. Un grand merci !
Pour ma part, c'est bien le contraire. Mes envies qui entrent généralement plus ou moins (plus "moins" que "plus", n'exagérons rien non plus, hein…) en hibernation à la saison froide, reviennent avec le printemps, et les fortes chaleurs attisent en moi une sorte de langueur et de dépravation sensuelle latente…
Que l'on ne me prête pas, pourtant, plus que je ne voudrais signifier : je ne suis pas prêt à sauter sur tout ce qui bouge, loin de là… trèèèès loin de là… Mais il n'en reste pas moins que l'effet d'excitation des fortes température est indicutable en ce qui me concerne.
Nous sommes tous différents… je serais curieux d'autres témoignages dans l'un ou l'autre sens.
celle là, je la note dans mon calepin de citations pour paraître ultra intelligent 🧐
merci, sincèrement
Pas du tout envie de pratiquer par ces fortes chaleurs.
Juste envie de rester à l'ombre et au frais.
Même pas envie de baiser avec mon amant.
J'aime le matin, fenêtres grandes ouvertes pour laisser rentrer un air plus frais, boire le café, prendre le temps.
Tout est plus lent je trouve avec les fortes chaleurs du jour, plus calme aussi.
Maso passe son temps à bricoler dans son atelier climatisé. Il se retape une anglaise, une vieille Triumph de collection. Il a du mérite...surtout avec ces vieilles bécanes anglaises, de quoi rendre fou même un passionné. J'aime le voir faire. Il echappe au fouet cruel. Pas envie de séances sur lui. Il fait trop chaud pour faire du " sport".
En même temps qu il bricole, il regarde le tour de France à la télé. Voir ces forçats de la route par des chaleurs pareilles....un plaisir pour masos ?
Le chat noir des voisins passe dans le jardin, il tire la langue. Il me regarde tout triste. Impossible pour lui d'enlever son pelage. Je lui verse un peu de lait.
37 annonce pour cet am....et toujours pas envie de baiser. Canicule et morne plaine de la libido.






