Sensei_Hayato
par le Il y a 13 heure(s)
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Allongé au-dessus de toi, ombre ardente, mes mains suspendues comme des serments au-dessus de ton visage, je te parle d’une voix qui tremble déjà de l’effort de ne pas te dévorer :

« Regarde-toi, ma flamme rousse consumée par son propre brasier…

Tu gis là, naufragée d’un océan de lin blanc, draps torturés comme des vagues après la tempête. Tes cheveux s’étendent en rivières de feu liquide, incendiant les ombres, défiant la nuit de t’éteindre.

Chaque frémissement de tes lèvres est un cri muet que je traduis en vers interdits. Tes seins se soulèvent, lourds d’un désir qui n’attend plus que le sacrifice ; ils sont deux lunes rousses montées à l’horizon de ta peau, appelant mes dents, ma langue, mon souffle saccagé.

Tes doigts, ces traîtres sacrés, dansent déjà sur l’autel secret de ton ventre, traçant des runes humides que seul ton corps peut déchiffrer. Et moi, je reste là, prêtre maudit, à réciter l’évangile obscène que tu m’inspires.

Je t’ouvre en strophes de chair vive,

je te lèche en hémistiches de salive et de fièvre,

je te baise en alexandrins brisés sur l’enclume de tes hanches,

jusqu’à ce que ton cri final rime avec mon nom gravé dans tes entrailles.

Tes cuisses s’écartent comme des portes de temple profané, offrant l’abîme où je rêve de me perdre à jamais. Ton dos se creuse, arche tendue vers un ciel complice ; tes ongles griffent les draps comme pour arracher à la nuit le secret de ton plaisir.

Je baisse la voix jusqu’au grondement primal, mes lèvres effleurant à peine le lobe de ton oreille, souffle contre souffle.

Quand l’orgasme te traversera comme un éclair roux foudroyant l’arbre de ta colonne,

ce sera mon nom que tu hurleras en silence,

mon fantôme que tu sentiras t’emplir jusqu’à déborder,

même si mes mains n’ont pas encore osé te toucher.

Car ce soir, ma fantasmeuse onaniste, mon onirique épistolière,

je ne te possède pas avec la chair…

je te viole avec des mots, je t’incendie syllabe par syllabe,

je te fais jouir jusqu’à ce que ton âme s’éparpille en cendres lumineuses sur ces draps profanés.

Et je me tais, le cœur battant à se rompre, mes yeux rivés aux tiens, verts comme des lames empoisonnées de désir.

Dis-moi, ma muse en feu…

Est-ce assez pour te faire exploser en mille fragments d’extase ?

Ou dois-je continuer, vers après vers, jusqu’à ce que les draps ne soient plus que lambeaux trempés de nous, de sueur, de sperme imaginaire et de larmes d’absolu ?

Parle… ou gémis.

Je bois déjà ton prochain cri.

@SweetAmanitePhalloïde

Thèmes: littérature
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