Le mardi matin, Anne retrouva Madame Thomas devant le portail de la propriété.
La cliente était déjà présente lorsqu’elle arriva. Elle se tenait près de sa voiture, vêtue d’un pantalon clair, d’une veste cintrée et de bottes adaptées au terrain. Même dans cette tenue moins formelle que celle du restaurant, elle conservait la même élégance maîtrisée.
Anne avait apporté les premières esquisses de la future maison.
Elle avait passé une grande partie du week-end à étudier le terrain, ses courbes de niveau et la position des arbres. Alexandre l’avait retrouvée plusieurs fois au milieu de la nuit, assise dans le salon, entourée de feuilles de papier calque.
Elle prétendait seulement explorer quelques possibilités.
Il lui avait fait remarquer qu’elle avait déjà dessiné six versions de l’entrée principale.
Anne avait refusé de considérer cela comme une preuve d’engagement.
Madame Thomas consulta sa montre lorsqu’elle la vit approcher.
— Dix heures moins trois. Vous êtes ponctuelle.
— Je préfère arriver avant mes clients.
— Et moi avant les personnes que j’engage. Nous devrons trouver un compromis.
Anne lui tendit la main.
— Bonjour, Madame Thomas.
— Bonjour, Anne.
La propriétaire ouvrit elle-même le portail.
Le terrain descendait légèrement vers une partie boisée. L’ancienne construction, désormais inhabitable, occupait une zone dégagée près du centre de la propriété. Plus loin, les arbres formaient une barrière naturelle qui dissimulait presque entièrement les habitations voisines.
— J’ai étudié les relevés, commença Anne. Il est possible de conserver tous les arbres importants, mais l’accès devra contourner la propriété par l’est.
— Cela allongera le trajet depuis le portail.
— De quarante mètres environ.
— Très bien.
La facilité avec laquelle Madame Thomas accepta la modification surprit Anne.
— Vous ne souhaitez pas voir la maison dès l’entrée ?
— Non. Je veux qu’elle se révèle progressivement. Une personne invitée chez moi doit avoir le temps de comprendre qu’elle quitte l’espace public avant d’entrer dans le mien.
Anne nota la formulation.
— Dans ce cas, nous pouvons utiliser les arbres pour organiser cette transition.
Elles avancèrent sur le terrain.
Anne déroula l’un de ses plans sur le capot de sa voiture. Sa première proposition disposait la maison autour d’une cour centrale. Une aile privée suivait la pente naturelle tandis que les pièces de réception s’ouvraient vers la partie la plus lumineuse de la propriété.
— L’entrée se trouverait ici, expliqua-t-elle. Les invités découvriraient d’abord le patio, puis le salon principal. La végétation protégerait l’intérieur des regards sans fermer complètement la perspective.
Madame Thomas étudia le dessin.
— Où serai-je lorsque quelqu’un entrera ?
— Cela dépendra naturellement de l’endroit où vous vous trouverez.
— Je veux pouvoir observer l’arrivée depuis mon bureau et depuis le salon.
Anne prit un crayon.
— Nous pouvons déplacer le bureau sur cet axe et surélever légèrement son plancher. Une ouverture intérieure permettrait de voir le vestibule sans être immédiatement visible depuis l’entrée.
— Parfait.
— Cela vous permettra de décider si vous souhaitez recevoir la personne.
— Exactement.
Anne redessina quelques lignes.
La demande était inhabituelle, mais cohérente. Madame Thomas ne voulait pas seulement habiter cette maison. Elle souhaitait en contrôler les mouvements, les attentes et les rencontres.
— Combien de personnes vivront ici ? demanda Anne.
— Le nombre pourra varier.
— J’ai besoin d’une estimation.
— Moi-même, quelques invités et les personnes attachées à mon service.
— Du personnel permanent ?
Madame Thomas contempla le terrain.
— Certaines personnes seront rémunérées. D’autres occuperont auprès de moi une place plus personnelle.
Anne attendit une précision qui ne vint pas.
— Il faut tout de même prévoir des chambres.
— Naturellement.
Elles reprirent leur marche.
L’ancienne maison comportait encore quelques murs debout. Anne entraîna sa cliente à travers ce qui avait autrefois été le salon. Le toit avait disparu, laissant la lumière du matin tomber directement sur les pierres.
— Je souhaiterais conserver une partie de ce mur, expliqua Anne. Il pourrait devenir la limite entre le grand salon et la cour intérieure.
Madame Thomas posa une main sur la pierre.
— Il séparera l’espace dans lequel je reçois de celui où les autres attendent.
— Je pensais plutôt à une séparation entre l’intérieur et l’extérieur.
— Les deux fonctions ne sont pas incompatibles.
Anne traça mentalement une nouvelle circulation.
— Vous parlez souvent d’attente.
— Savoir attendre est une qualité importante.
— Chez vos employés ?
— Chez tous ceux qui souhaitent obtenir quelque chose de moi.
Madame Thomas poursuivit sa visite.
Anne l’observa s’éloigner. Chaque réponse semblait révéler une partie de sa vision tout en dissimulant l’essentiel.
Elles s’arrêtèrent à l’emplacement prévu pour l’aile privée.
— Voici votre suite, expliqua Anne en lui montrant une autre esquisse. La chambre s’ouvrira vers le sud. Le dressing et la salle de bains occuperont cette partie.
Madame Thomas examina les dimensions.
— Les armoires murales sont trop petites.
— Elles occupent déjà près de six mètres de longueur.
— Doublez leur profondeur.
Anne releva les yeux.
— Cela ne serait plus un simple rangement. Nous perdrions une partie importante de la surface de la chambre.
— Prenez-la sur la pièce voisine.
— Vous souhaitez réellement des armoires de plus d’un mètre de profondeur ?
— Oui.
— Pour des vêtements ?
Madame Thomas sourit.
— Entre autres.
Elle indiqua plusieurs emplacements.
— Je les veux verrouillables, avec des parois renforcées. Certaines devront comporter des prises électriques et un éclairage intérieur.
Anne regarda de nouveau le plan.
— Que comptez-vous y ranger ?
— Mes biens personnels.
— Vos biens personnels nécessitent-ils une ventilation ?
Madame Thomas tourna lentement la tête vers elle.
— Vous pensez à quelque chose de particulier ?
— J’essaie seulement de comprendre vos besoins.
— Prévoyez une ventilation.
Anne nota la demande sans insister.
Elles abordèrent ensuite les matériaux.
Pour les pièces de réception, Madame Thomas souhaitait du bois clair, de la pierre naturelle et de grandes ouvertures donnant sur le jardin. Elle voulait que les femmes qu’elle recevrait s’y sentent libres et valorisées.
D’autres espaces devaient être conçus de manière radicalement différente.
— Dans cette pièce, je veux un sol facile à nettoyer, expliqua-t-elle. Pas de bois.
— Une résine minérale pourrait convenir.
— Les murs devront être insonorisés.
— S’agit-il d’une salle de musique ?
— Non.
— Une salle de projection ?
— Pas davantage.
Madame Thomas désigna le centre de la pièce.
— Prévoyez plusieurs points d’ancrage dans le sol et les murs.
Anne cessa d’écrire.
— Pour quel usage ?
— L’usage pourra varier.
— Il faut que je connaisse les contraintes exercées sur ces ancrages.
— Ils devront supporter le poids d’un homme.
Le silence s’installa entre elles.
Madame Thomas soutint son regard sans manifester la moindre gêne.
Anne nota lentement l’information.
— Un homme suspendu ?
— Éventuellement.
— Je vois.
— Vraiment ?
Anne referma son carnet.
— Je commence.
Un sourire apparut sur le visage de Madame Thomas.
Elles continuèrent vers la partie nord du terrain, où Anne avait prévu plusieurs chambres secondaires. Deux d’entre elles bénéficiaient d’une vue sur le jardin. Les autres étaient plus petites et orientées vers la cour de service.
— Les chambres destinées aux femmes doivent être lumineuses, dit Madame Thomas. Ajoutez une salle de bains privative à chacune.
— Et celles-ci ?
— Elles peuvent rester plus simples.
— Elles seront moins agréables.
— Elles ne sont pas destinées aux mêmes personnes.
— Votre personnel ?
Madame Thomas considéra le plan.
— Des hommes pourront y dormir.
— Même les employés permanents doivent disposer de conditions correctes.
— Ils auront tout ce dont ils ont besoin.
— Ce n’est pas ce que j’ai dit.
La cliente releva les yeux.
Pendant quelques secondes, Anne retrouva la sensation éprouvée au restaurant. Madame Thomas ne semblait pas seulement écouter ses paroles. Elle évaluait ce qui l’amenait à les prononcer.
— Vous n’acceptez pas facilement qu’une personne décide des besoins d’une autre, remarqua-t-elle.
— C’est une habitude dangereuse.
— Pourtant, dans certaines relations, une personne peut choisir de confier cette décision à une autre.
Anne pensa immédiatement à Alexandre.
Elle s’efforça de n’en rien laisser paraître.
— Nous parlons d’architecture.
— L’architecture organise toujours la manière dont les personnes vivent ensemble.
— Ces hommes choisiront-ils leurs conditions ?
— Ils choisiront d’entrer dans ma maison.
La réponse ne dissipa pas entièrement son trouble.
Madame Thomas reprit le plan.
— Ajoutez une petite pièce près de ma suite.
— Une chambre supplémentaire ?
— Non. Une pièce d’attente.
— Avec une fenêtre ?
— Ce n’est pas nécessaire.
— Quel mobilier ?
— Un banc. Peut-être un coussin au sol.
Anne nota la demande.
— Et une porte verrouillable, j’imagine.
— Vous apprenez vite.
La visite se poursuivit pendant près de deux heures.
Madame Thomas connaissait avec précision les sensations qu’elle voulait produire. Les pièces destinées aux femmes devaient être ouvertes, lumineuses et généreuses. Les espaces réservés au service seraient plus sobres, parfois volontairement inconfortables.
La maison entière devait rendre visible une hiérarchie que Madame Thomas refusait encore de nommer.
Elle profitait également de chaque déplacement pour interroger Anne.
— Votre compagnon vit dans la maison héritée de votre mère ?
— Oui.
— A-t-il participé à son aménagement ?
— Il a essayé une fois de ranger mes affaires. Nous avons décidé que cela ne se reproduirait plus.
— Il accepte donc de vivre selon votre organisation.
— Il sait que mon désordre possède une logique.
— La comprend-il ?
— Absolument pas.
— Mais il l’accepte.
— Oui.
Madame Thomas enjamba une racine.
— Vous demande-t-il votre permission avant de déplacer quelque chose ?
La question était trop précise.
— Pourquoi vous intéressez-vous autant à Alexandre ?
— Parce qu’un architecte ne laisse pas sa vie personnelle à la porte des bâtiments qu’il conçoit.
— Alexandre n’interviendra pas sur ce projet.
— Je n’ai pas parlé d’intervention professionnelle.
Elles atteignirent la limite de la propriété.
Madame Thomas observa Anne.
— Diriez-vous qu’il vous obéit ?
Anne sentit son corps se raidir.
— Je dirais que nous nous comprenons.
— C’est une réponse prudente.
— C’est une question indiscrète.
— Également.
Le calme de la cliente rendait toute confrontation difficile. Madame Thomas ne se justifiait jamais. Elle constatait simplement qu’Anne avait posé une limite, puis choisissait elle-même si elle souhaitait la respecter.
— Alexandre est un homme intelligent, reprit Anne.
— Je n’en doute pas.
— Il possède ses propres opinions.
— L’intelligence et l’obéissance ne sont pas incompatibles.
Anne fixa Madame Thomas.
Le mot resta suspendu entre elles.
— Vous semblez bien connaître le sujet.
— Je connais les hommes qui trouvent davantage d’accomplissement dans le service que dans la conquête.
— Et vous pensez qu’Alexandre appartient à cette catégorie ?
— C’est vous qui avez pensé à lui lorsque j’ai prononcé le mot obéissance.
Anne détourna le regard.
Cette femme était diabolique.
Non seulement elle posait les questions qu’Anne ne voulait pas entendre, mais elle savait reconnaître les réponses avant qu’elles soient formulées.
Madame Thomas consulta l’heure.
— Nous avons suffisamment travaillé pour aujourd’hui.
— J’ai encore besoin de précisions concernant plusieurs pièces.
— Vous les obtiendrez lorsque vous aurez dessiné une première version.
— Vous me demandez donc d’interpréter vos sous-entendus.
— Je vous demande de me montrer ce que vous êtes capable de comprendre sans que je vous impose toutes les réponses.
Elles revinrent vers les voitures.
Avant de se séparer, Madame Thomas sortit une carte de son sac.
— Je donne un apéritif dînatoire samedi prochain.
Anne prit la carte.
— Une réunion professionnelle ?
— Pas exactement. Quelques femmes intéressées par mon projet seront présentes.
— Des consultantes ?
— Certaines le deviendront peut-être.
Madame Thomas ouvrit la portière de sa voiture.
— Venez avec Alexandre.
Anne releva les yeux.
— Pourquoi ?
— Vous m’avez parlé de lui. J’aimerais le rencontrer.
— Je vous ai surtout répondu parce que vous m’interrogiez.
— Dans ce cas, j’aimerais vérifier si vos réponses lui rendent justice.
— Il n’est pas un élément du projet.
— Peut-être pas encore.
Anne sentit un frisson d’inquiétude.
— Que voulez-vous dire ?
— Samedi, dix-huit heures. La tenue sera élégante, mais l’atmosphère informelle.
Madame Thomas s’installa derrière le volant.
— Vous viendrez ?
Anne contempla la carte.
— Oui.
— Parfait.
La voiture s’éloigna quelques instants plus tard.
Anne resta seule devant le portail, son carnet et ses plans serrés contre elle. La rencontre lui avait fourni suffisamment d’informations pour commencer à dessiner.
Elle lui avait également laissé beaucoup plus de questions.
Lorsqu’elle rentra chez elle, Alexandre travaillait dans le salon. Il leva les yeux de son ordinateur en la voyant entrer.
— Alors ?
Anne posa son sac et ses plans sur la table.
— Pas maintenant.
Quelque chose dans son ton le fit refermer immédiatement son ordinateur.
Elle monta dans la chambre et revint avec le collier.
— Anne ?
— J’ai besoin de te parler. Mais je ne veux pas que tu analyses la situation, que tu inventes quinze hypothèses ou que tu cherches une solution.
Elle s’arrêta devant lui.
— Je veux seulement que tu m’écoutes.
Alexandre regarda le collier entre ses mains.
— D’accord.
— À genoux.
Il quitta le canapé et s’agenouilla devant elle.
Anne referma le collier autour de son cou, puis verrouilla la boucle. Elle conserva la clé dans sa main.
— Tu ne parleras que si je te pose une question.
— Oui, maîtresse.
Elle prit place sur le canapé.
— Assieds-toi à mes pieds.
Alexandre s’installa sur le tapis, contre ses jambes. Anne passa lentement les doigts dans ses cheveux.
Le simple contact l’apaisa.
— Cette femme me trouble, commença-t-elle. Elle veut des pièces qui n’ont aucun sens dans une maison ordinaire. Des armoires profondes, renforcées et ventilées. Une salle insonorisée avec des points d’ancrage capables de supporter le poids d’un homme.
Alexandre resta silencieux.
— Certaines chambres seront lumineuses et confortables, mais seulement pour les femmes. Les hommes seront logés dans une autre partie de la maison. Elle veut même une pièce d’attente près de sa chambre, avec un simple banc ou un coussin au sol.
Elle sentit Alexandre bouger légèrement.
— Tu analyses.
Il s’immobilisa.
— Pardon, maîtresse.
— Elle parle des hommes comme de personnes attachées à son service. Et lorsque je lui demande ce qu’elle veut ranger dans ses immenses armoires, elle répond qu’il s’agit de ses biens personnels.
Alexandre ne dit rien.
Anne tira légèrement sur l’anneau de son collier.
— Cela ne te paraît pas étrange ?
— Souhaitez-vous réellement une réponse ?
Elle fronça les sourcils.
— Pourquoi poses-tu la question ?
— Vous m’avez interdit d’analyser la situation.
— Je ne te demande pas une analyse. Je te demande si tu trouves cela étrange.
— Oui, maîtresse.
— Merci.
Elle reprit ses caresses dans ses cheveux.
— Elle m’a aussi interrogée sur toi. Sur la manière dont tu vis dans ma maison. Elle voulait savoir si tu m’obéissais.
Alexandre releva légèrement la tête.
— Je lui ai répondu que nous nous comprenions.
— C’est vrai.
— Elle m’a dit que l’intelligence et l’obéissance n’étaient pas incompatibles.
Cette fois, Alexandre ne parvint pas à dissimuler sa réaction.
— Tu vois ? dit Anne. Elle sait.
— Que sait-elle ?
— Je n’en ai aucune idée. C’est précisément ce qui m’inquiète.
Elle prit son verre de vin sur la table.
— Elle me regarde comme si elle pouvait lire chacune de mes pensées. Au restaurant, elle dominait toute la salle. Aujourd’hui, sur son propre terrain, c’était encore plus évident. Tout doit être placé selon sa volonté. Les pièces, les personnes, les hommes…
Anne but une gorgée.
— J’ai l’impression qu’elle organise sa maison comme j’organise nos séances.
Alexandre attendit.
— Tu peux répondre.
— Peut-être vit-elle déjà de cette manière.
— C’est une analyse.
— Pardon, maîtresse.
Malgré elle, Anne sourit.
— Elle nous invite tous les deux samedi soir.
— Chez elle ?
— Oui. Elle veut te rencontrer.
Alexandre posa une main sur la cheville d’Anne.
— Est-ce que cela vous inquiète ?
— Oui.
— Voulez-vous que je vous accompagne ?
Anne contempla l’homme assis à ses pieds. Sa présence l’apaisait comme elle l’avait espéré. Il n’essayait ni de démonter le comportement de Madame Thomas ni de transformer ses soupçons en explication rationnelle.
Il l’écoutait.
— Oui, répondit-elle. Nous irons.
— D’accord, maîtresse.
— Elle veut probablement nous observer ensemble.
— Probablement.
— Tu recommences à analyser.
— C’était seulement une confirmation.
Anne tira sur son collier jusqu’à l’obliger à lever le visage vers elle.
— Samedi, tu ne répondras à aucune question personnelle sans m’avoir regardée auparavant. Compris ?
— Oui, maîtresse.
— Je déciderai de ce que nous lui révélons.
— Oui, maîtresse.
Satisfaite, Anne relâcha l’anneau et caressa sa joue.
— Voilà. C’est exactement ce dont j’avais besoin.
Alexandre posa sa tête contre son genou.
La conversation s’interrompit.
Anne contempla les plans étalés sur la table. Madame Thomas lui avait confié la conception d’une maison destinée à matérialiser une forme d’autorité dont elle commençait seulement à deviner la nature.
Samedi soir, elle entrerait dans l’univers privé de cette femme.
Et elle n’avait pas encore décidé si Alexandre porterait son collier.


