Altair1912
par le Il y a 3 heure(s)
31 vues

Durant le mois qui suivit la visite de Madame Thomas, Anne chercha le non d’Alexandre.

Elle ne le cherchait ni par cruauté ni par goût de la confrontation. Elle en avait besoin pour se rassurer.

Depuis que leur domination avait cessé d’être limitée aux séances, Alexandre accueillait chacune de ses décisions avec une docilité qui la comblait autant qu’elle l’inquiétait. Le collier restait parfois plusieurs jours dans son écrin, mais son absence ne changeait plus grand-chose. Anne indiquait ce qu’elle attendait et Alexandre s’efforçait de le lui offrir.

Une fois par semaine, ils se retrouvaient sur le canapé pour parler de leur nouvel équilibre. Aucun collier, aucune cage, aucun ordre ne venait troubler ces conversations. Anne lui demandait ce qu’il avait aimé, ce qui l’avait gêné et s’il regrettait de lui avoir accordé autant d’autorité.

Alexandre trouvait toujours quelque chose à raconter. Il pouvait lui dire qu’une position avait été inconfortable, qu’elle l’avait fait attendre inutilement ou que le ton employé devant la porte ouverte du jardin l’avait embarrassé.

Mais jamais il ne remettait en cause la place qu’elle lui donnait.

— Il doit bien y avoir quelque chose que tu refuserais, lui dit-elle un soir.

— Probablement.

— Quoi ?

Alexandre réfléchit.

— Je ne sais pas.

— Cette réponse ne m’aide pas.

— Elle a pourtant l’avantage d’être sincère.

Anne lui lança un regard sévère.

— Ce n’est pas le moment de faire de l’humour.

— C’est généralement ce que tu dis juste avant que l’humour devienne indispensable.

Elle détourna les yeux pour cacher le sourire qu’il venait de provoquer.

— Et si j’allais trop loin ?

— Tu t’arrêterais.

Il avait répondu sans hésiter.

Cette confiance pesa plus lourdement sur Anne que le doute. Alexandre comptait sur elle pour reconnaître une frontière qu’elle ne connaissait pas elle-même.

Elle finit par évoquer le problème avec Madame Thomas. Elles venaient de terminer une réunion consacrée aux matériaux intérieurs des silos. Les plans avaient été roulés, les échantillons rangés, mais Anne demeurait assise face à la cliente.

— Alexandre ne me dit jamais non.

Madame Thomas referma lentement son stylo.

— Cela vous déplaît ?

— Cela me fait peur.

— Voilà une réponse plus intéressante.

Anne se raidit.

— Je ne suis pas venue chercher une analyse de comptoir.

— Non. Vous êtes venue demander comment vérifier qu’un homme qui vous offre son obéissance n’est pas en train de disparaître à l’intérieur.

La justesse de la formulation réduisit Anne au silence.

Madame Thomas se leva et marcha jusqu’à la fenêtre.

— Il existe plusieurs frontières. La douleur est la plus évidente. La frustration sexuelle révèle sa capacité à vous confier son désir. L’objectification touche à l’image qu’il conserve de lui-même.

— Et si aucune ne le fait reculer ?

— Vous aurez appris que ces limites ne sont pas les siennes.

— C’est tout ?

Madame Thomas se retourna.

— N’essayez pas de briser Alexandre pour obtenir la preuve qu’il est encore capable de résister. Une limite n’est pas une victoire pour la dominante. C’est une information dont elle devient responsable.

Anne commença par la douleur.

Elle retourna seule dans la boutique où Alexandre avait acheté son collier. La vendeuse la reconnut presque immédiatement.

— Cette fois, vous ne venez pas seulement regarder.

— Il me faut un fouet.

— Pour produire un bel effet sonore ou pour apprendre à vous en servir ?

— Pour apprendre.

La vendeuse abandonna les modèles les plus impressionnants et lui présenta un fouet souple, conçu pour permettre une progression maîtrisée. Elle lui expliqua les gestes, les zones à éviter et la nécessité d’observer continuellement les réactions de son partenaire.

Durant plusieurs jours, Anne s’exerça sur un coussin fixé au dossier d’une chaise. Alexandre la surprit un soir au milieu du salon.

— Dois-je m’inquiéter pour le mobilier ?

— Seulement si le mobilier commence à désobéir.

— Je vais prévenir la commode de ta mère.

Le premier véritable essai eut lieu le week-end suivant.

Alexandre était attaché face au mur du bureau, les poignets maintenus au-dessus de lui. Anne commença lentement. Elle espaça les coups, surveilla sa respiration et l’obligea à évaluer régulièrement ce qu’il ressentait.

Lorsqu’elle augmenta l’intensité, ses épaules se contractèrent. Anne s’arrêta aussitôt.

— Couleur ?

— Vert.

— Ne me réponds pas pour me faire plaisir.

— Ce serait plutôt contradictoire avec la situation.

Elle lui donna un coup supplémentaire, plus sonore que douloureux.

— Insolent.

— Vert et légèrement insolent, Maîtresse.

La douleur n’était pas sa frontière.

Anne prolongea ensuite la chasteté. Une semaine passa, puis une seconde. Elle conservait la clé autour du cou et vérifiait chaque jour l’état de la cage. Alexandre devenait plus attentif à ses mouvements, plus sensible au moindre contact, mais il ne demanda jamais sa libération.

— Tu peux me demander de l’enlever, lui rappela-t-elle.

— Je sais.

— Et tu ne le fais pas.

— Non.

— Pourquoi ?

Il contempla la clé posée contre sa poitrine.

— Parce qu’elle est exactement là où je veux qu’elle soit.

La frustration sexuelle n’était pas davantage sa frontière.

Restait l’objectification.

Sur les conseils de Madame Thomas, Anne acheta une tenue noire renforcée aux genoux et aux chevilles, ainsi qu’une paire de gants protégeant les paumes. Un soir, elle ordonna à Alexandre de l’enfiler, fixa une laisse à son collier et le fit avancer à quatre pattes dans la maison.

Les premières minutes furent maladroites. Alexandre évaluait la résistance du tissu, la position de ses articulations et la distance entre les meubles.

Anne donna une légère traction sur la laisse.

— Arrête d’analyser.

Il leva les yeux vers elle.

— Je vérifie simplement la stabilité de l’installation.

— Tu es l’installation.

Il baissa la tête pour dissimuler son sourire.

Elle le conduisit jusqu’au bureau et lui ordonna d’entrer dans la cage. Alexandre obéit. Anne referma la porte, puis s’installa devant ses plans.

Anne le conduisit dans leur jardin clos, à l’abri des regards. Une simple tension de la laisse suffisait à déterminer sa direction. Elle pouvait l’arrêter, le faire repartir ou le maintenir près de ses bottes pendant qu’elle contemplait les premières fleurs du printemps.

Elle découvrit qu’elle aimait profondément cette image.

Alexandre avançait sous son contrôle, réduit en apparence à un corps docile. Pourtant, Anne n’oubliait jamais l’ingénieur brillant, l’homme capable de résoudre des problèmes que les autres jugeaient insolubles. Sa puissance demeurait intacte. Elle lui appartenait simplement durant cet instant.

Lorsqu’un caillou se glissa sous l’une de ses protections, Alexandre s’arrêta.

— Un problème ? demanda-t-elle.

— Mon genou.

Anne s’accroupit, retira le caillou et vérifia qu’il n’était pas blessé.

— Tu peux continuer ?

— Oui, Maîtresse.

Elle se releva et tira doucement sur la laisse.

Il reprit sa marche.

La douleur ne l’avait pas arrêté. La frustration non plus. Même l’objectification semblait renforcer ce calme intérieur qu’Anne voyait s’installer en lui.

Elle aurait dû se réjouir d’une compatibilité aussi profonde.

Au lieu de cela, elle se sentait de plus en plus démunie.

 

Une heure passa.

Lorsqu’elle leva les yeux, il reposait calmement sur le coussin, le visage tourné vers elle. Rien dans son expression n’évoquait l’humiliation ou la détresse. Il semblait au contraire débarrassé d’un poids qu’elle ne voyait apparaître que lorsqu’elle le lui retirait.

Elle ouvrit la cage.

Alexandre s’agenouilla devant elle.

— Rouge ? demanda-t-elle.

— Non.

— Tu as détesté ?

— Non.

— Tu pourrais développer tes réponses.

— J’attendais l’autorisation.

Anne referma les yeux.

— Va enlever cette tenue.

— Oui, Maîtresse.

Lorsqu’il eut quitté le bureau, elle resta seule devant la cage ouverte.

Elle aimait le dominer. Elle aimait le voir à ses pieds, décider de son confort et sentir son attention se concentrer entièrement sur elle. Cette découverte avait apaisé une colère ancienne. Elle ne se battait plus continuellement contre l’autorité des autres, parce qu’elle construisait désormais la sienne.

Mais le plaisir qu’elle éprouvait rendait sa responsabilité plus lourde.

Le dimanche soir, elle demanda à Alexandre de s’asseoir avec elle sur le canapé.

Le collier resta dans son écrin.

— Je ne trouve pas ta limite, dit-elle.

— C’est peut-être parce que tu n’as encore rien demandé que je souhaite réellement refuser.

— Ou parce que tu accepterais n’importe quoi pour me garder.

Alexandre cessa de sourire.

— Tu crois que je fais tout cela par peur ?

— Je crois que tu as déjà perdu ton père et ta mère. Je sais que tu as peur de perdre les personnes qui deviennent tes repères.

Il baissa les yeux.

— Je ne veux pas profiter de cette peur.

— Tu ne profites pas de moi.

— Alors explique-moi ce que tu cherches.

Il resta silencieux assez longtemps pour qu’Anne envisage de retirer sa question. Puis il se rapprocha d’elle.

— Je veux t’appartenir.

— Tu m’appartiens déjà lorsque tu portes le collier.

— Justement. Lorsque tu l’enlèves, je redeviens ton compagnon. Nous retrouvons nos anciennes habitudes, comme si le reste n’avait été qu’une parenthèse.

— Ce n’est plus une parenthèse.

— Je sais. Mais rien ne le dit vraiment.

Anne comprit avant même qu’il ne poursuive.

— Le mariage.

— Oui.

Elle détourna la tête.

— Nous avons déjà parlé de ça.

— Je ne te demande pas de m’épouser. J’ai compris ce que cette institution représente pour toi.

— Alors que me demandes-tu ?

Il posa les mains sur ses genoux.

— Pour beaucoup de personnes, le mariage signifie qu’elles ont choisi de construire leur vie ensemble. Il donne un nom à leur engagement. Moi, je voudrais que notre relation possède un nom qui ne t’oblige pas à accepter ce que tu refuses.

— La soumission ?

— Davantage.

Alexandre inspira profondément.

— Je ne veux pas seulement être ton soumis pendant quelques heures. Je veux devenir ton esclave.

Anne le contempla avec stupeur.

— Tu sais que ce mot me déplaît.

— Il me rassure.

— Il devrait plutôt t’inquiéter.

— C’est probablement pour cela que j’ai besoin que ce soit toi qui décides ce qu’il signifie.

Elle se leva brusquement et marcha jusqu’à la fenêtre.

— Un esclave n’a plus de choix.

— Moi, j’aurais choisi de ne plus décider seul.

— Ce n’est pas la même chose.

— Alors trouve un autre mot.

Anne se retourna vers lui.

— Et si je refuse ?

La douleur qui traversa son regard fut brève, mais elle la vit.

— Alors je resterai auprès de toi comme avant. Je ne partirai pas parce que tu ne peux pas me donner exactement ce que je demande.

— Mais tu serais malheureux.

— Non. Seulement incomplet.

Cette honnêteté lui fit plus d’effet que toutes ses obéissances.

Anne revint s’asseoir. Elle passa une main dans ses cheveux.

— Je ne te promets rien.

— Je sais.

— Et je refuse de prendre une décision sous prétexte que tu poses cette tête sur mes genoux.

— Je peux la retirer.

— Certainement pas.

Il se détendit légèrement sous ses doigts.

Anne avait passé plusieurs semaines à chercher son refus. Alexandre venait de lui révéler ce qu’elle aurait dû chercher depuis le début : non pas sa limite, mais la forme exacte de son désir.

Quelques jours plus tard, elle en parla à Madame Thomas.

Cette dernière l’écouta sans l’interrompre.

— Venez chez moi samedi prochain, dit-elle enfin. Avec Alexandre.

— Pourquoi ?

— Parce que vous n’avez plus besoin d’une nouvelle expérience. Vous avez besoin d’un cadre.

— Quel genre de cadre ?

— Celui que plusieurs femmes peuvent construire lorsqu’une seule ne suffit plus.

Anne n’apprécia pas le mystère de sa réponse.

— Dois-je apporter quelque chose ?

— Son collier. Et son bâillon.

— Pourquoi le bâillon ?

Un léger sourire apparut sur les lèvres de Madame Thomas.

— Vous déciderez vous-même si vous souhaitez vous en servir.

 

 

Thèmes: gynarchie, femdom
1 personne aime(nt) ça.
homosoumis
voilà l'aboutissement d'un cheminement qui va faire d'Alexandre l'esclave de Anne et le jouet de Mme Thomas et ses amies qui vont faire de lui l'élément essentiel une fois les travaux terminés je partage en tant que soumis le désir D'alexandre de devenir un esclave c'est ce que nous désirons au plus profond de nous même J'aime tout dans vos récits et je vous remercie de nous les faire partager Soumis Régis qui désire trouver un Maître ou Maîtresse afin que je devienne leur esclave
J'aime Il y a 2 heure(s)