De par mon éducation, ma formation, le métier que j'exerce, je n'ai aucun problème avec les mots.
J'aime échanger, dialoguer, partager.
Avec mon Maître, lorsqu'il est Maxime et moi Laure, nous parlons de tout, de futilités ou de choses plus sérieuses.
Et j'apprécie ces échanges, ce dialogue, que nous confrontions nos points de vue.
Pourtant, même si je sais l'importance de la communication, du dialogue dans le bdsm et que je n'ai aucune pudeur lorsqu'il s'agit de pratiquer le sexe, je suis mal à l'aise lorsqu'il s'agit d'en parler, de mettre des mots sur les actes,de parler de moi, de mon ressenti, de mes désirs.
Je ne sais pas à quoi cela tient.
Pudeur ? Je ne pense pas.
Peut-être le fait que pour moi l'esclave que je suis désormais est là pour satisfaire son Maître, que ses désirs, ses envies, son ressenti comptent moins que ce que Lui veut.
Maxime l'a compris. Il a su m'apprivoiser, décrypter le langage de mon corps et ensuite, après m'avoir utilisée, me faire parler, non pas spontanément, mais par un long questionnement quand après avoir joui de ce qu'il m'a fait subir, il s'occupe de moi en "aftercare".
C'est devenu une routine, une sorte de maïeutique du sexe et du désir dans laquelle au fil des ses questions, il m'oblige à exprimer ce que je n'avais jamais su dire.
Parce que pour lui, dominer c'est aussi comprendre la soumise,
la posséder pas seulement physiquement mais psychologiquement,
maîtriser ses pensées, ses désirs, ses ressorts intimes, ses craintes, ses fêlures.
Dans ce dialogue à sens unique, il y a aussi de sa part une forme de manipulation, qui ne me gène pas, au contraire.
Le but c'est aussi de pouvoir jouer de mes désirs, de mes frustrations, pour en tirer le maximum de jouissance pour lui.
C'est aussi ce que je recherche, me donner complètement à lui.
Qu'en pensez vous? Comment gérez-vous, de votre côté, ce dialogue avec vos Maitres ou vos esclaves?
Thèmes: communication
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@ Lool
51788
Acquérir une autonomie c'est aussi perdre de ses chaînes. Le veut-on vraiment ?
Pour moi, la question ne se pose pas en ces termes. Je suis autonome, en ce sens que dans la vie « normale », sociale, professionnelle, mon Maitre ne m’impose rien. Certes, nous parlons de tout, il me donne son avis, parce que je le sollicite, mais je prends moi-même mes décisions,
Dans la sphère intime, ce sont ses règles à lui qui s’appliquent, parce que je l’ai voulu. Par contre, le choix initial, fondamental, d’accepter ses « chaînes » c'était le mien. Et je ne l’ai jamais regretté depuis.
@Ogmios
59793
C'est un très bon sujet, la discussion M et s.
Puisque c'est dans ces échanges que la relation se concrétise.
Effectivement, dans le rapport D/s la discussion est plus de la forme interrogative que toutes autres formes de discussion.
Mais exprimer ce que l'on ressent est primordial même lors d'un interrogatoire...
Pleinement d’accord à vous. Nos échanges, sur ce qui concerne nos relations intimes, existent bien. Mais à son initiative, et sur le mode interrogatif. Et là, dans ce cadre et sous cette forme, je n’ai aucun problème à m’exprimer. Mais pour moi, c’est à Lui de prendre l’initiative. Pas à moi de m’exprimer spontanément.
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@lool
51788
« Et puis l'émotionnel quand il est "coupé" du corps pour tout un tas de raisons, de motifs. Celui-ci dans ses sexualités déviantes reprend il une forme d'émotions plus primaire sans devoir en passer par une réflexion intellectuelle ce que l'on pourrait traduire par le lâcher prise ? »
Je pense que la sexualité (« déviante » ou non) est toujours primaire. Le lâcher prise quant à lui est pour moi une
« émotion physique intense »
« Mais de retour a une "normalité" le dialogue non physique cédant sa place aux verbe et à la réflexion dans votre intimité, cela vous met-il la pour le coup, réellement a nue et bien bien plus qu'un acte physique ? »
Je ne sais pas. Les deux sont complémentaires je pense. L’acte physique est une forme d’expression différente mais tout aussi signifiante que les mots que je peux prononcer ensuite.
« Peut-être que cette relation BDSM vous ancre-t-elle dans un rôle et une existence de bien définie alors que la "liberté" de pouvoir vous situer vous même et d'être vous même sans avoir de rôle à endosser, peut-être que de parler de vous même plus intérieurement qu un sexe qui vous fouille cela vous laisserait-il dans une forme d'expectative face à des choix conscient et de perte de repères quant a vous exprimer sur le seul sujet que personne d'autre ne devrait mieux maîtriser que vous même ?
A savoir vous même justement .. »
J’aime l’expression « un sexe qui me fouille ». Pour le reste, le choix que j’ai fait est un choix que j’ai souhaité, voulu et que j’assume. Et il s’agit moins d’un « rôle » que j’assume que de l’expression physique, psychologique de quelque chose que je ressens en moi, qui fait partie de ma personnalité profonde.
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#5
J'ajoute pour ma part que le l'expression comme le partage des ressentis présente une dimension érotique différente et complémentaire du langage des corps et ajoute à la profondeur et à l'unité du moment. Cela peut aussi ouvrir à des dialogues humiliants qui peuvent accroitre N/notre plaisir.
D'une manière générale Je suis moins dans le partage intellectualisé que dans l'expression brute de ressentis, de désir, de Domination soumission pleine et entière. Expliquer comment dans telle ou telle circonstances J'impose ceci ou cela relié à ce qui se déroule à ce moment là, participe des plaisirs que l'on ressent l'un et l'autre. Ça M'emmène quelque fois à raconter une histoire mise en scène où Je la force à répondre pour témoigner de ce qu'elle ressent (en plus de constater, dans ses vibrations, dans son excitation comment elle est totalement abandonnée à Mon pouvoir).
C'est une excellente question, merci de l'avoir partagée.
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Merci Erospower pour votre témoignage.
Il rejoint largement ce que je pense. Pour exprimer son ressenti, l’esclave a son corps, la manière dont il réagit.
C’est d’abord lui qui doit lui servir à exprimer son désir, ses attentes, éventuellement ses craintes et sa frustration.
Lorsqu’il s’agit de l’exprimer avec des mots, c’est au Maitre de prendre l’initiative, de la forcer à verbaliser son resssenti, en la questionnant, y compris de manière directe voire humiliante.
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