Je partage un projet perso que je développe depuis un moment : Protocole, une application pour gérer un cadre D/s au quotidien. Auto-hébergée chez moi, pas de service tiers, pas de cloud.
L'idée derrière
Un cadre qui tient dans la durée, c'est un cadre où les deux ont une vraie voix — pas seulement celui qui décide. J'ai donc évité d'en faire un outil de contrôle à sens unique : chaque fonction a été pensée pour que la personne soumise ait un espace à elle, pas juste un moyen pour le dominant de la suivre de plus près.
Ça se traduit concrètement :
Un journal qu'elle écrit librement, que l'autre peut lire et annoter — pas un tribunal, un espace de vérité.
Une liste d'envies qu'elle seule alimente (ce qu'elle a, ce qu'elle aimerait), que le dominant consulte et peut marquer comme « noté » ou « offert ». Une façon de lui donner une voix active plutôt que de tout faire descendre d'en haut.
Des propositions : côté entraînement, elle peut proposer des exercices plutôt que seulement recevoir des consignes.
Un mot de sécurité qui n'est pas pensé comme un stop de scène, mais comme un frein sur le cadre lui-même : punitions et échéances gelées, alerte immédiate à l'autre appareil, et on en reparle à froid. Personne n'a le dernier mot tout seul là-dessus.
Ce qu'il y a dedans
Cadre & protocole — règles actives, cases du matin/journée/soir, compteur de jours d'affilée.
Tâches — assignées, soumises (texte ou photo), validées, renvoyées avec un motif ou refusées, avec points à la clé.
Points, récompenses, punitions — rien n'est figé : tout s'archive et se restaure, pour ajuster au fil du temps sans repartir de zéro.
Messages — un vrai fil de discussion, chiffré de bout en bout entre les appareils, synchronisé en direct.
Contrat versionné, avec accusé de lecture des deux côtés.
Mode discret — parce qu'un téléphone, ça se laisse traîner : l'app peut s'ouvrir sur un petit jeu anodin, et il faut un geste précis pour faire apparaître le vrai écran de code.
Plusieurs personnes soumises possibles, chacune avec son propre suivi (points, protocole, journal, envies séparés) — ajouté récemment.
Côté technique
Appairage entre appareils par code court à usage unique, synchro en temps réel, notifications même app fermée, installable comme une vraie app sur téléphone. Le contenu ne transite jamais en clair : le serveur ne fait que relayer des blocs chiffrés qu'il ne peut pas lire.
Si le concept parle à d'autres que nous, je suis curieux d'avoir des retours — et si quelqu'un veut tester en conditions réelles, c'est envisageable, on peut en discuter en MP.
#MMM
#MMM, vous connaissez peut-être.
Le hashtag créer par Charline Vermont autrice du compte Instragram @orgasme_et_moi.
A l'origine, ce hashtag indiquait "Meufs Mecs Merveilleux.ses", qui s'est mué, dans un souci d'une plus grande inclusivité à "Mixed Marvelous Minds".
Faut-il aujourd'hui en regretter l'anglicisation alors que le processus initial portait sur l'expression d'une pensée en français ? je l'ignore.
Fait est que le hashtag #MMM est largement adopté et se croise régulièrement dans les profils d'appli de dating et les sites de rencontres, les personnes qui souhaitent indiquer qu'elles sont ouvertes à une sexualité décomplexée et bienveillante.
Ce que d'autres ont nommé de longue date sexualités alternatives (notez les pluriels).
Le glissement progressif d'un monde de sexualités aux nombreuses formes d'expressions, avec ou sans pouvoir qui s'exerce lors des jeux sensuels (D/s, soumission, shibari, discipline érotique, contrôle sensuel du partenaire...) pour une sexualité décomplexée et bienveillante, nouvelle dénomination pour des pratiques qui demeurent dans l'exécution, les mêmes que celles de nos aïeux.
C'est dans la forme, dans la communication qu'il est signifié des attentes avec une précaution importante quant aux exigences de formulations explicites, modalité inclusive et soucieuse de ne pas créer d'incertitude pour les partenaires.
Les générations antérieures aux années 1990 ont connu le consentement implicite, non sans avoir préalablement négocié les actes à venir, aujourd'hui il se doit d'y avoir une permanence dans l'acquiescement des partenaires à agir dans l'instant.
Nouveau protocole d'expression et de sa permanence, avec pour corollaire de s'assurer de ne pas outrepasser l'accord des participants afin de ne pas créer de traumatisme, de violence.
La généralisation du questionnement permanent du consentement dans l'action interroge sur la faculté à pouvoir lâcher-prise, et cela même dans l'espace/temps de déconnexion et d'envole vers les EMC (état modifié de conscience) propres à la libération de l'orgasme de quelque genre fusse-t-il.
L'enthousiasme du consentement initial doit avoir pour préalable la préoccupation des protagonistes à interroger la validité de la responsabilité de chacun à formaliser ce consentement aux actes à venir, il ne faut jamais sous-estimer la phase où il va devenir plus incertain (EMC) de pouvoir s'exprimer sans avoir à garder les pieds sur terre.
Cette quadrature du cercle doit faire autant réfléchir les plus matures comme les plus jeunes, si d'un côté, les quadras et plus doivent s'approprier ces nouveaux protocoles de dialogue et de communication, il ne faut pas que les moins de quarante ans oublient qu'il n'est pas acquis d'avoir une permanence de conscience et de capacité à exprimer en toute lucidité, sa responsabilité au travers du consentement à l'action en cours.
Comme pour l'ensemble des résonances #SexPo, les approches positives et enthousiastes des rencontres et relations amoureuses n'échappent pas aux opportunismes des prédateurs et prédatrices, aujourd'hui désignés "wokefishers".
A vous de cerner la sincérité et l'éthique de vos correspondants.
Je ne doute pas qu'il soit heureux de pouvoir mieux communiquer, exprimer de façon formelle ses actions à venir, les accompagner de paroles, de mots qui permettent une douce mélodie sensuelle.
Que les "Meufs Mecs Merveilleux.ses" puissent se rencontrer et s'épanouir, c'est toute la délicatesse que je leur souhaite.
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