La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM. Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices. Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Par : le 01/02/20
Dans les films pornographiques, le SM sert de support à l'expression des fantasmes de puissance. Sa mise en scène frise souvent le grand guignol. Pourtant, loin d'être une pratique fantaisiste, il traduit dans la sexualité une tendance du psychisme à osciller entre domination et soumission. Qu'actualise-t-il ? Quel en est le désir sous-jacent ? Douleur et plaisir sont des sensations. Elles s'incarnent et permettent très tôt dans l'enfance de donner un espace au corps. Celui-ci se construit comme espace sensible traversé de perceptions tantôt déplaisantes, tantôt plaisantes. Le corps que nous sommes est initialement délimité par ces expériences. Le plaisir est tiré de la satisfaction des besoins tandis que le déplaisir provient de leur frustration. Au départ, le plaisir est lié à la survie tandis que le déplaisir indique une situation de danger vital. Il précède une possible disparition du sujet. Il se rattache donc à la mort. Plaisir et déplaisir sont donc respectivement articulés aux pulsions de vie et pulsions de mort. Le plaisir lorsqu'il survient recouvre la sensation désagréable précédente. C'est l'expérience d'une tension déplaisante qui indique quel est le besoin à satisfaire : la faim, la soif, … Leur résolution procure du plaisir. L'expérience désagréable est donc nécessaire à l'avènement du plaisir. Il est donc possible d'érotiser la douleur en prévision du plaisir qui viendra lors de son apaisement. De plus, le sentiment d'indignité à l'œuvre dans le masochisme rend possible l'émergence d'un partenaire qui viendra le contredire. Le masochiste appelle donc un objet qui, en l'avalisant dans cette position, lui permet de prendre du plaisir. C'est le masochiste qui crée le sadique, attirant sur lui ses foudres, le masochiste est en situation d'être porté et secouru. Ce secours peut prendre la forme d'une punition. L'autre, même s'il punit, s'occupe du masochiste, il répond à une tension. Cette structuration est explicite dans le troublant film de Michael Hanecke: " La Pianiste." Lors des pratiques SM, nous percevons un passage à l'acte sexuel des tendances psychiques. La sexualité confronte à des représentations du corps qui touchent aux couples propre/sale, bien/mal. Certaines parties du corps sont ainsi honteuses et attirantes (sexe, anus)Toutes pratiques sexuelles oscillent alors entre attirance et dégoût, douleur et plaisir. Dans le SM, cette alternance devient l'objet visé par la pulsion. La mise en œuvre sexuelle du masochisme réalise le fonctionnement psychique inconscient. Cette tendance est universelle. Nous faisons tous l'expérience de certaines douleurs ambigües jusqu'au plaisir: la petite plaie muqueuse sur laquelle on passe inlassablement la langue, la petite peau avec laquelle nous jouons. Ces expériences révèlent notre attrait pour la douleur et la manière dont nous nous en rendons maître. Posséder la douleur c'est s'autoriser à la transformer, à la renverser en jouissance. Le sadisme a, lui, une connotation négative dans nos sociétés. Il réfère à un acte délictueux, là où le masochisme correspond à une position de victime. Hors des situations pénalement condamnables, le couple sado-masochiste est pourtant indissociable. Le sadique est convoqué par le masochiste qui détient le pouvoir. Il est maître de l'acte. C'est lui ou elle qui fixe le début et la fin des hostilités. Le sadique n'est alors qu'un artifice, un outil du masochiste. Il se plie à son besoin de soumission et le rend possible. Les rapports fondés sur la force et le pouvoir voire la violence sont courants dans la vie quotidienne. Nous les retrouvons dans de nombreux systèmes hiérarchisés (entreprise, milieu scolaire, famille, …) Certains individus y sont dominés tandis que d'autres y sont dominants. La position adoptée dépend de la structure névrotique des êtres. Celle-ci est toujours liée au pouvoir, c'est-à-dire au rapport au phallus, le détenir, l'envier, le vouloir, le perdre. Le SM n'est donc pas une perversion mais plus l'expression dans la vie sexuelle de mouvements inconscients ordinaires. Dans une certaine mesure en mettant en jeu les désirs les plus profonds, ces pratiques pimentent la sexualité et ne posent généralement aucun souci puisqu'elles sont fondées sur un profond respect et une écoute soutenue de l'autre. En effet, le SM actualise et réalise une part des désirs inconscients informulés des partenaires. Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir
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Par : le 01/02/20
Sacher Masoch est loin d’être l’initiateur de la théorie dont il s’est fait le défenseur, à laquelle il a donné son nom et qui proclame que rien n’est si enviable que d’être frappé par l’être aimé: cette théorie de la jouissance dans la douleur, par la flagellation ou l'algolagnie, comme l’appellent les Allemands, a de tout temps existé, de tout temps elle a eu des adeptes et des défenseurs. Parfois la douleur infligée ou subie et purement morale, c’est l’abnégation de soi-même envers l’être aimé; mais le plus souvent cette abnégation va jusqu’à solliciter l’infliction de souffrances physiques pouvant aller jusqu’à la mort. Cette forme d’érotisme n’est pas purement passive, elle et aussi active, car celui qui inflige la souffrance prétend souvent éprouver autant de jouissance que celui qui la subit. L’histoire ancienne et les mythologies abondent en exemples semblables: Bacchus et les Ménades, Hercule et Omphale, Circé et les compagnons d’Ulysse, Attis et Cybèle, les sacrifices à Moloch et à Baal, Thomyris la reine des Massagètes, Sémiramis fouettant les princes captifs devenus ses amants, Samson et Dalila, Salomon lui-même et ses nombreuses femmes, qui en étaient réduites à le piquer pour exciter sa virilité; Phéroras, le frère d’Hérode, se faisait attacher et frapper par ses esclaves femelles, si nous en croyons Josèphe. À Rome, les fêtes des Lupercales, semblables aux Bacchanales et aux infâmes Saturnales, étaient l’occasion d’orgies épouvantables: les prêtres, brandissant leurs fouets, hurlant et criant de joie, parcouraient les rues de la ville; les femmes se précipitaient hors des maisons à leur rencontre, présentant leurs épaules et leur gorge et les invitant par leurs cris à les frapper. Par la pratique de ces superstitions, les femmes croyaient augmenter leur fécondité et être ainsi plus agréables à leurs maris; elles étaient tellement pénétrées de cette croyance que l’usage de ces flagellations solennelles persista pendant tout l’empire romain et même jusque sous les papes. Le christianisme, lui aussi, pour établir son influence, dut avoir recours à l’antique usage du fouet, non plus pour éveiller des désirs érotiques, mais au contraire pour maintenir l’homme dans la voie du devoir. Les cloîtres et les prisons employèrent le fouet, pour mater les novices se révoltant contre les règles de leur ordre, ou terrifier les malfaiteurs s’insurgeant contre la société. Chacun a entendu parler de la reine Margot, qui, après s’être divertie la nuit avec de jeunes galants, les faisait torturer et précipiter en Seine du haut de la tour de Nesles. Brantôme, Boccace, Pogge, l’Arétin, Restif de la Bretonne, citent fréquemment des cas de flagellation. Quant au trop fameux marquis de Sade, son nom est, chez nous, le synonyme même de ce genre d’érotisme. La belle princesse Lubomirski faisait mettre à mort ses amants, après leur avoir fait subir les plus cruels tourments, lorsque ces malheureux, accablés de jouissances, ne pouvaient plus répondre à ses séductions de sirène. À Paris, on a de tout temps pratiqué le "jeu de l’esclave." Beaucoup de gens de la société s’y adonnaient. Ce jeu consistait à se faire fouetter tout nu par une dégraffée, et il arrivait fréquemment que le naïf patient se donne inconsciemment en spectacle à la galerie. On pourrait à l’infini citer des exemples semblables de pré-masochisme, et bien que dans la Vénus à la fourrure, Léopold de Sacher Masoch ait, en quelque sorte, tracé une partie de son autobiographie, les personnages de Séverine et de Wanda ont eu, de tout temps, de nombreux précurseurs. Désormais, la flagellation n'a plus l'air qu'elle avait alors. La pratique flagellatoire, diversifiée dans ses gestes, les désirs et les symboles qui s'attachent aujourd'hui à elle, ne suffit plus à définir une modalité particulière du jouir. Elle ne cesse pas de rejouer ce moment, lointain à présent qui l'a vue naître comme sexualité spécifique; produit des jeux amoureux organisant les formes du plaisir. Elle est devenue une jouissance autonome qui se joue des jouissances instituées. Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 30/01/20
"Monte, dit-il. Elle monte." Toute la dialectique d’Histoire d’O de Pauline Réage, classique de la littérature érotique est contenue dans cette simple première injonction. Un ordre, sans explication, une soumission, sans interrogation, ni inquiétude, O embarque avec son amant. Elle le suit confiante, s’en remet entièrement à lui, quelque soit la destination, quelque soit l’issue. Histoire d’O, c’est cela au fond, l’histoire d’une femme qui accepte de se donner, de se livrer entièrement au nom de et pour l’amour. C’est même pour elle la définition même de l’amour: ce don intégral, cet abandon total, absolu tant physique que psychique, à l’être aimé, ce "maître", ce "Dieu." C’est ainsi qu’elle éprouve la satisfaction de se sentir désirée et possédée, Pauline Réage, (pseudo de Dominique Aury, née Anne Desclos) invente et propose ici une vision inédite des rapports amoureux, à total contre-courant des discours en vigueur (en particulier féministes) et de nos idéaux culturels romantiques. Une entreprise audacieuse et risquée dans un contexte d’après-guerre où dominent encore une morale puritaine et une vision traditionaliste de la femme. Histoire d’O aurait été écrit comme une lettre d’amour par l’auteur pour son amant Jean Paulhan (directeur de la NRF), qui la délaissait. L’ouvrage d’abord passé inaperçu en 1954 (paru en même temps que "Bonjour tristesse" de Sagan qui l'éclipse, mais aussi du "Thérèse et Isabelle", autre roman érotique de Violette Leduc qui l’éclipse, à laquelle l’auteur voue d’ailleurs une grande admiration) a ensuite émergé à la faveur du prix des Deux magots en 1955. Il sera vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde et traduit dans une vingtaine de langues. Succès qui ne manque bien sûr pas de déclencher la polémique, accusé d’être le roman de la soumission féminine ou encore surnommé de livre intolérable par Mauriac. On pourrait résumer très facilement le célèbre Histoire d’O. Quelques lignes suffisent, Une jeune parisienne, dont on ne sait rien et dont on apprendra bien peu au fil des pages, est conduite, par son amant (René), un beau jour par surprise dans un mystérieux château à Roissy (lieu choisi par hasard par l’auteur). Elle y subira tous les sévices et outrages avant de devenir officiellement "l’esclave" de son amant qui la "donnera" ensuite à son meilleur ami, l’inquiétant et fascinant Sir Stephen, qui finira également par l’abandonner. Voici pour le fond, mais c’est bien sûr la forme qui est primordiale dans ce court récit composé de quatre parties et d’une fin alternative. Cette forme et ce style lui donnent toute son intensité et recèlent de plusieurs niveaux de lecture passionnants. Pauline Réage ne s’embarrasse pas de préambule ou d’introduction à ses personnages et à l’intrigue, elle entre immédiatement dans le vif (dans tous les sens du terme !) du sujet. O, dont on ne connaît même pas le prénom, est conduite au château par son amant. Ce début direct ne manque pas d’interpeller le lecteur en entretenant le mystère. Il faudra attendre la 2e partie pour avoir quelques indices sur la vie et l’identité de l’héroïne. Cette construction et en particulier la première partie rappelle celle d’un rêve, d’un fantasme éveillé, ce qui était d’ailleurs l’intention de l’auteur. Paulhan le compare lui à un conte de fée en postulant que les contes de fée sont les romans érotiques des enfants. Au lieu de s’épuiser après la première partie particulièrement forte et marquante, l’auteure parvient à poursuivre son intrigue avec cohérence en orchestrant un crescendo dans "l’apprentissage" d’O allant jusqu’à sa déchéance, ou "son élévation" selon le point de vue que l’on adopte. C'est ensuite l’art de la mise en scène de Réage qui captive. Avec un goût du détail et une richesse sensorielle, elle nous plonge dans l’ambiance de ce château d’un genre particulier, ses rites, ses règles (l’interdiction de croiser les jambes ou de fermer tout à fait les lèvres en signe d’offrande perpétuelle, ne pas regarder les hommes du château au visage…), ses costumes (les femmes sont notamment vêtues comme des servantes du XVIIIe siècle avec de longues jupes bouffantes et des corselets serrés) et les matières (la soie craquante, le linon, les bas de nylon noir, la jupe en faille noire, la robe de satin vert d’eau, les mules vernies à hauts talons qui claquent sur le carrelage,…) ou encore son mobilier de boudoir très étudié (la grande cheminée, les fauteuils club en cuir, la porte en fer forgé, le dallage noir…). Elle s’attarde également à la description des rituels de préparation d’O qui renforcent l’action qui va suivre: le bain, le maquillage érotique, la pointe et l’aréole des seins sont rosies, "le bord des lèvres du ventre rougi", le parfum longuement passé sur la "fourrure des aisselles et du pubis", Bref, c’est un récit très théâtral. Elle accorde aussi une grande importance à la description technique et précise des instruments de sévice, "un fouet de cordes assez fines, qui se terminaient par plusieurs nœuds et étaient toutes raides comme si on les avait trempées dans l’eau", "un fouet de cuir fait de six lanières terminées par un nœud", ainsi qu’aux postures d’attachement aux poteaux, aux crochets des murs à l’aide d’anneaux, de chaînettes. Ils deviennent presque des parures ce qui fait dire à O par exemple que son amie "serait plus belle avec un collier et des bracelets de cuir." ou encore "que les coups et les fers allaient bien à Yvonne." Ce sont enfin les marques de violence qui s’impriment sur les corps qu’elle restitue avec acuité: les sensations des cordes sur la peau tendre à l’intérieur des cuisses, les balafres, boursouflures de la peau, les "marques fraîches" de cravache sur les reins, "de belles zébrures longues et profondes." Ces marques sont autant de preuves d’amour tangibles à ses yeux. Une belle imagination pour dire sans dire, même si cela peut aussi agacer ou frustrer certains lecteurs qui aimeraient plus de direct. Une écriture tactile qui rappelle celle de Colette parfois. Elle nous fait ressentir toutes les sensations charnelles: "la banquette en moleskine glissante et froide qu’elle sent se coller sous ses cuisses", "sur un tabouret elle sent le cuir froid sous sa peau et le rebord gainé de métal au creux même de ses cuisses." C’est encore la description très sensible de la beauté féminine (O est bisexuelle) à travers notamment le portrait de Jacqueline, un mannequin dans le studio photo où elle travaille: "Tout en elle sentait la neige: le reflet bleuté de sa veste de phoque gris, c’était la neige à l’ombre, le reflet givré de ses cheveux et de ses cils: la neige au soleil. Elle avait aux lèvres un rouge qui tirait au capucine, et quand elle sourit, et leva les yeux sur O, O se dit que personne ne pourrait résister à l’envie de boire à cette eau verte et mouvante sous les cils de givre." Etre enchaînée, fouettée puis marquée aux fers ne sont finalement que des métaphores, des actes symboliques pour exprimer ce désir d’appartenance (appartenir à l’être aimé), synonyme d’amour, tapi, consciemment ou non, en chaque femme. Il est intéressant de suivre le cheminement psychologique ambivalent d’O pour le réaliser. D’abord interloquée, troublée, elle tente de comprendre "l’enchevêtrement contradictoire et constant de ses sentiments" et son goût inattendu pour le supplice, "la douceur de l’avilissement." Ce n’est pas la douleur qu’aime O mais c’est ce qu’elle représente et plus particulièrement ce que les gestes de son Amant représentent. "Elle ne souhaita pas mourir mais si le supplice était le prix à payer pour que son amant continuât à l’aimer." Tout est donc avant tout le fruit d’une interprétation intellectuelle: "O sentait que sa bouche était belle, puisque son amant daignait s’y enfoncer… " ou encore "Oserait-elle jamais lui dire qu’aucun plaisir, aucune joie, aucune imagination n’approchait le bonheur qu’elle ressentait à la liberté avec laquelle il usait d’elle, à l’idée qu’il savait qu’il n’avait avec elle aucun ménagement à garder, aucune limite à la façon, dont sur son corps, il pouvait chercher son plaisir." La sanction est plus floue quant au deuxième récit, qui se présente comme une suite, et dont O. reste l’héroïne, "Retour à Roissy" précédé d’un texte qui éclaire les "circonstances" des deux romans, une partie de la biographie amoureuse de l’auteur. "Suite" en réalité ne convient pas. Dans sa très belle postface, Pieyre de Mandiargues pose la question, faisant remarquer que "Retour à Roissy" est peut-être un chapitre, initialement retiré, d’Histoire d’O, ou encore que l’auteure a proposé, juste avant la table des matières, une autre fin au livre, dans laquelle O. se donne la mort, interdisant ainsi toute suite. Quoi qu’il en soit, d’un récit à l’autre, nous passons de l’équateur à l’Arctique, et le lecteur qui attendrait de trouver dans le second les mêmes descriptions érotiques que dans le premier serait déçu, "Retour à Roissy" ne décrit plus dans le détail les scènes sexuelles, mais dit le fait, jusqu’à réduire O. à une fiche anthropométrique. Cette mutation théorique signe le changement de position subjective d’O. (et probablement de l’auteure). Dans Histoire d’O, René, son amant, cède O. à sir Stephen, O. change alors d’objet d’amour, et elle se dévoue corps et âme à la perversion de sir Stephen parce qu’elle l’aime. Elle se prête, plutôt qu’elle ne se donne, aux fantasmes de son nouvel amant, elle les anticipe même, ou les complète. Dans "Retour à Roissy", le tableau change, parce que l’amour d’O. se trouve miné par une question qu’elle ne peut éliminer. Maintenant qu’elle est à Roissy, dans un bordel de luxe dont sir Stephen est manifestement un des actionnaires, sinon le propriétaire, O. n’est plus sûre que, quand elle est livrée à d’autres hommes, ce soit pour le "plaisir" de son amant. O. sait désormais qu’elle est une marchandise, et que les flagellations qu’elle a subies étaient non pas pour satisfaire la libido de son amant, mais des moyens pour ajouter de la valeur au produit qu’elle était devenue, objet sexuel silencieux. "Retour à Roissy" est ainsi le récit d’un questionnement en cours qui cependant n’aboutit à aucune décision, même après l’assassinat probablement commis par sir Stephen pour des motifs mafieux d’un homme, Carl, auquel il l’avait livrée. Le livre s’achève sur un non-lieu: O. est libre de quitter Roissy, mais le fera-t-elle ? "Les pages que voici, écrit-elle en exergue, sont une suite d’Histoire d’O, Elles en proposent délibérément la dégradation, et ne pourront jamais y être intégrées." Ces mots tirent, pour l’auteure, la conséquence qu’O. n’a pas tirée: vanité, pour une femme, de se consacrer à la satisfaction du fantasme imputé à l’homme qu’elle aime, parce que cet homme, quel qu’il soit et même si son amour pour cette femme reste intact, est irréductible à la dite satisfaction. Pauline Réage ouvre l’espace pour elle-même d’une jouissance qui ne se laisse pas chausser par la castration. Sa soumission peut devenir passivité sans qu’il soit besoin d’un maître pour en garantir la qualité. Jouissance de l’Autre à jamais Autre, et non pas de l’Autre réduit à l’Un. Ainsi se nouent, une fois encore grâce aux lettres, l’impossible du fantasme et l’immortalité de la libido. Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir
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Par : le 27/01/20
En France, au début du xxie siècle, la littérature féminine populaire, jusque-là traditionnellement sentimentale, est devenue érotique. On pourrait voir dans cette nouvelle écriture féminine et son dire érotique, un double défi: s’emparer d’un sujet longtemps tabou et occuper un territoire précédemment réservé aux hommes. Éros est dans l’air, à notre ère. Vit-il un âge d’or ? Si l’on considère le déploiement de l’érotisme dans la littérature féminine populaire contemporaine et les articles et émissions consacrés à ce phénomène, on peut y voir, sans nul doute, une période faste. Distribuée longtemps sous le manteau, la fiction érotique s’est démocratisée et évolue à l’avenant, en expansion et en évidence sur les étalages et dans les vitrines. Quant au marché du livre, la production et la consommation de ce type d’écrits tiennent le haut du pavé et les libraires contribuent à sa considérable diffusion. Nous assistons donc à une profonde transformation de la littérature féminine populaire en France, où les scripts permettent l’apparition d’une subjectivité désirante au féminin. Une des conséquences de cette parole féminine est d’abord linguistique: plus de dentelles pour nimber le désir comme à l’âge classique du roman d’amour obsédé par les bienséances et le happy end. Par la libération de la parole et celle des pratiques sexuelles, les auteures sont devenues plus égrillardes: leurs écrits traitent à présent du sexe en termes crus, évoquent des expériences souvent peu communes dans une langue facile d’accès et primesautière. Le corps nu y est banalisé par son omniprésence: les pudeurs du discours ont disparu. Cet exhibitionnisme s’explique tout à la fois par le désir de satisfaire le voyeurisme du lectorat et le plaisir d’offrir son texte comme on donne son corps. "Nous voici arrivés à l’âge masturbatoire de la littérature", écrit Xavier Deleu. Le désir est compulsif, le sexe un besoin pressant, Les héroïnes délurées de la littérature post-moderne se libèrent de leurs pulsions charnelles. Dans les scènes de copulation, tout se passe comme si, pour affirmer la verdeur du désir féminin, les auteures se sentaient obligées de détailler la mécanique de l’acte sexuel. Les romancières et la littérature féminine populaire s’adaptent à la nouvelle explosion des fétichismes et des obsessions. Dans la société contemporaine où la femme assume ouvertement ses pulsions, se livre aux pires turpitudes sans craindre les foudres d’un ordre moral désormais révolu, une nouvelle époque s’ouvre et donne une force noire au sexe. Le récit lubrique féminin, écrasé par la banalisation du sexe, est obligé d’aller aux extrêmes pour espérer frapper les esprits, appâter le chaland et parvenir à lutter contre la concurrence des images des films pornographiques et des sites web trash. Ne restait donc plus qu’à trouver le moyen, par des œuvres aguicheuses, de toucher un public de plus en plus large. Ainsi, la "littérature-viande" se déleste de ce qui est trop complexe pour aller à l’essentiel et plonge dans des passions fortes pour en finir avec les plaisirs fades. Les jouissances de l’héroïne sont désormais inséparables d’une sexualité violente et du sadisme de l’amant qui multiplie les expériences lubriques pour l’emmener au cœur de pratiques à sensations fortes. Le roman féminin érotique est entré dans l’ère de la spécialisation: latex, BDSM, bondage, etc, Aucun insolite sexuel n’y est omis. Ainsi, la "littérature-viande" se déleste de ce qui est trop complexe pour aller à l’essentiel et plonge dans des passions fortes pour en finir avec les plaisirs fades. Les jouissances de l’héroïne sont inséparables d’une sexualité violente et du sadisme de l’amant qui multiplie les expériences lubriques pour l’emmener au cœur de pratiques à sensations fortes. Le roman féminin érotique est entré dans l’ère de la spécialisation: latex, BDSM, bondage, etc, Aucun insolite sexuel n’y est omis. Il y a là une nouvelle écriture érotique féminine, celle de la douleur et de la cruauté, d’une sexualité de la domination et de la soumission qui s’inscrivent en faux contre les évolutions libérales des sociétés démocratiques. Une mise en écriture d’expériences sexuelles débridées et une pratique à haute dose d’une obscénité fleur bleue mêlent mots doux et termes orduriers. Avant, de telles scènes, passées sous silence, existaient en creux dans les récits; à présent, elles occupent des chapitres entiers. Le roman érotique féminin est bel et bien un avatar novateur du roman sentimental traditionnel:il a su adapter son contenu afin d’être en adéquation avec le monde contemporain. La clé du succès du récit féminin de l’étreinte réside en un juste dosage entre le SM et le côté fleur bleue. Et cette version hot de Cendrillon évoque le mélange de deux imaginaires, celui du X et celui du sitcom. D’aucuns attribueront ceci à la difficulté d’innover dans un domaine par définition immuable on seulement la mécanique des corps n’a pas varié depuis les origines, mais les imaginaires érotiques qui ont nourri les littératures légères du libertinage comme celles du xxe siècle sont globalement restés les mêmes. Pour réussir à imposer une écriture originale, il faut un imaginaire hors norme, une fantasmagorie singulière qui est le propre des grands auteurs. Y a-t-il néanmoins des procédés spécifiques de l’écriture de l’érotisme au féminin?? Sarane Alexandrian et Francesco Alberoni voient, tous deux, de notables différences entre les textes lubriques féminins et masculins: l’homme étant davantage animé par des rêves de possession alors que celui du deuxième sexe est supposé faire davantage la part belle au désir de fusion, les textes "masculins" seraient plus dans la recherche de l’efficacité, dans l’envie d’aller à l’essentiel. La progression du désir que l’on trouve dans l’écriture féminine n’intéresserait pas les hommes; seules les romancières décrivent tout le chemin qui mène au lit. Quand le masochisme devient, comme ici, sentimental, il correspond bien plus au code du roman sentimental qu’à celui du véritable roman érotico-pornographique. De femmes-objets, ces dernières sont devenues aujourd’hui des femmes-sujets qui construisent et assument, via leur sexualité, leur manière d’être au monde. Affranchies des luttes qui ont mobilisé leurs mères et leurs grands-mères, et du stigmate de l’infériorité longtemps attribué à leur sexe, ces auteures ont le sentiment d’être libres de choisir leur existence, leur carrière, leur manière de s’approprier leur corps et celui de vivre leur sexualité. On peut néanmoins se demander si le libre arbitre est devenu pour les femmes un fardeau dont elles voudraient se délivrer par des fantasmes de soumission ou s’il faut y voir, au contraire, un signe de la liberté d’accéder enfin, sans complexes, à leur propres désirs. Or, qu’il soit le signe de l’échec ou du triomphe du féminisme, ce qui frappe dans cet érotisme nouveau, c’est à quel point, il est le symbole d'une littérature prometteuse. Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir
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Par : le 19/01/20
Je lis les textes de oûtis ("petite histoire à ma soumise") et, suite au commentaire de DorianPris, disant qu'une version masculine pourrait être intéressante, j'ai décidé de me lancer.... Bien à vous. Pointe du Roc à Granville. En cette fin d'après midi du mois de janvier, la nuit est déjà tombée. Les restes de la tempête Brendan balaient la falaise escarpée et la pluie, tombant presque à l'horizontale, décourage toute velléité de promenade sur le chemin côtier. Le parking du sémaphore est vide de toute voiture. Alex a décidé que c'était le jour, l'heure et la météo idéale pour en finir. Il n'a que 24 ans mais trop d'années de galère déjà derrière lui. Il a connu la rue, l'alcool, la drogue, les bagarres, les flics, l'injustice. Il a essayé de résister, de lutter, mais il n'en peut plus. Il veut, sans regret, tirer sa révérence à ce monde qui l'a rejeté. Un saut de l'ange d'une trentaine de mètres qui s’achèvera sur les rochers acérés. Aucune malchance d'en réchapper..... Alex avance, quitte le goudron du parking et s'avance de quelques mètres dans l'herbe jusqu'à arriver au bord de la falaise. A sa gauche, la lumière intermittente du phare du Cap Lihou éclaire la mer déchaînée. Face à lui, le phare de Chausey répond à son collègue granvillais. Encore deux pas et, les bras écartés, il n'aura plus qu'à basculer dans le vide. Basculer vers quoi ? Il s'en fiche. De toute façon, mourir ne pourra être pire que son non-vivre actuel. Alex avance d'un pas. Venant de son dos, une troisième lueur s'est ajoutée à la lumière des deux balises. Une lumière fixe qui projette son ombre sur la mer noire. Instinctivement, Alex se retourne. Une voiture, garée au bout du parking, lui fait de l'oeil. Alex met sa main en visière pour atténuer l'éblouissement, les phares s'éteignent. Lorsqu'ils se rallument, ce sont les codes qui éclairent Alex, sans l'éblouir. Alex devine une silhouette qui s'approche doucement vers lui. Silhouette mince, noire, encapuchonnée. Démarche calme, féline, assurée. Alex se tient immobile, intrigué. Le conducteur n'a pas crié, ne l'a pas supplié de "ne pas faire ça", ne lui a pas dit qu'il avait appelé les secours. Rien, il avance doucement vers lui, sans rien dire. Et puis, la silhouette parle. Stupéfait, Alex entend une voix de femme. Une voix douce et ferme à la fois, une voix mélodieuse et impérieuse. "Un peu plus et j'assistais au grand plongeon.... Vous savez, je viens assez souvent ici. J'ai remarqué que les mois d'hiver, la nuit, et la mauvaise météo sont des facteurs qui favorisent le geste ultime que vous vous proposez d'accomplir. D'ailleurs, je dois vous avouer être arrivé trop tard à deux reprises.... Mais aujourd'hui, j'arrive peut être à temps. Avant de sauter, accepteriez vous de me parler de vous, de me raconter votre vie ?" La pluie et le vent redoublent d'intensité mais, sans savoir pourquoi, Alex se met à raconter sa courte existence à la silhouette immobile devant lui. ".....voilà, vous savez tout. Vous voyez que, pour moi, mourir en enfer ne sera pas pire que vivre". "huummm, et si, plutôt que vous ne plongiez vers un enfer inconnu, et d'ailleurs hypothétique, je vous proposais un enfer bien réel, mon enfer. Vous n'avez rien à perdre, pas grand chose à gagner non plus si ce n'est vous offrir de nouvelles expériences et prolonger votre vie de quelques jours, mois, années peut-être ?. Je retourne dans ma voiture. Vous avez une minute pour m'y rejoindre ou alors vous plongez mais je serai partie." Alex est habitué à réagir vite. Cette femme l'intrigue. Qu'a t elle donc à lui proposer ? Il suit la forme noire et s'installe à la place du passager. Marche arrière, la voiture quitte le parking et descend vers le port et le centre de Granville. La femme n'a pas baissé sa capuche si bien qu'Alex ne distingue rien de ses traits. Il fait tiède dans la voiture, Alex se détend un peu. L'habitacle sent bon le parfum et le tabac blond. Ce n'est qu'une fois sortie de Granville en direction de Villedieu, sur la longue ligne droite, que la femme brise le silence. "Je vous conduit chez moi. J'habite une grande maison, isolée, au bout d'un petit chemin, à une quinzaine de kilomètres d'ici. Vous m'avez confié votre vie en échange de ce que j'ai appelé "mon enfer". C'est un peu le mythe de Faust que je détourne sauf que vous, vous aurez le droit de partir quand vous voudrez, après une semaine passée chez moi, pour aller faire votre saut de l'ange. Dans mon milieu, certains parlent de soumis, d'autres d'esclaves. En ce qui me concerne, vous serez mon esclave. Vous devez baisser les yeux devant moi, n'obéir qu'à moi. J'ai le droit de faire ce que je veux de vous. Vous ne posez aucune question. Sachez que vous allez souffrir, moralement et dans votre chair. J'espère que vous avez un petit coté maso car je suis quelqu'un de sadique et mes amis, le sont, souvent, encore plus que moi. Vous m'appellerez Maîtresse, vous, vous êtes désormais "la chienne". Alex commence à entrevoir ce qui pourrait bien l'attendre et se dit que, finalement, une expérience nouvelle est bonne à prendre et que, pour une fois, le destin lui a peut-être été favorable. La voiture s'est engagée sur un chemin bordé de grands arbres. Au bout du chemin, l'éclairage automatique se déclenche et dévoile une longère en pierre de Beauchamps, aux joints parfaitement dessinés à la chaux. La femme se gare devant la porte d'entrée et coupe le moteur. Alex s’apprête à ouvrir la portière quand deux molosses arrivent au galop. "Je vous conseille d'attendre, la chienne, je vais vous présenter à Loki et Magni, mes deux cane corso. Deux mâles, 110 kgs de muscle à eux deux. A l'origine, ils combattaient les taureaux. Inutile de vous dire qu'une petite chienne de votre espèce n'aurait aucune chance contre eux..." Elle sort de la voiture et appelle ses chiens. "Vous pouvez sortir, ils vont venir vous flairer pour faire connaissance". Effectivement La chienne voit arriver vers elle les monstres qui la renifle partout, surtout à l'entre jambes ce qui remplit la chienne d'effroi... "suffit. On rentre". Maîtresse ouvre la porte et les chiens se précipitent derrière elle, la chienne fermant la marche. Vaste hall d'entrée, murs pierre apparentes, sol pierre également. Maîtresse se dirige à gauche, dans le séjour avec une cheminée monumentale dans laquelle brûle un feu qui réchauffe l'ensemble de la pièce. Elle pose son manteau sur un fauteuil. La chienne peut alors, enfin, la découvrir. C'est une femme d'environ 40 ans, svelte, des cheveux mi longs noirs encadrent un joli visage. Deux yeux d'un bleu profond se tournent vers la chienne. "Baissez les yeux". Alex avait oublié la consigne, la chienne baisse les yeux. "suis moi". Maîtresse retraverse le hall est entre dans une pièce à droite. C'est un salon, plus petit que le précédent mais tout de même de grande taille. Il y a également une cheminée en granit et un sol en travertin. Ce que note la chienne immédiatement, ce sont les installations fixées aux murs ou pendant des énormes poutres en chêne. Elle n'y connait pas grand chose mais reconnait plusieurs croix de St André, un cheval d'arçon, deux carcans, des anneaux scellés aux murs. Des treuils, des palans, de lourdes chaines pendent du plafond. Des canapés sont disposés autour de la pièce. Des tapis recouvrent la quasi totalité du sol. "Un de nos espaces de jeux. Suivez moi, je vais vous montrer votre domaine". Au bout du hall, derrière la pièce aux accessoires, il y a un petit réduit qui devait être un garde manger à l'époque de la construction. Il se prolonge sous l'escalier qui dessert l'étage. Le réduit est simplement éclairé par une minuscule lucarne rectangulaire, pas d'ampoule, c'est la lumière provenant du hall qui l'éclaire pour l'instant. Sous l'escalier, une cage en fer avec un vieux tapis élimé au sol. Un lavabo avec un seul robinet et un seau hygiénique complètent le mobilier. "Vous prendrez une douche chaude par semaine et une autre les jours où je recevrais mes amis et invités. Je déclare que c'est aujourd'hui le jour de votre douche hebdomadaire. C'est la porte en face. A partir de maintenant, vous ne porterez aucun vêtement. Je veux vous voir nu en permanence". La chienne veut relever la tête pour marquer sa désapprobation mais se souvient à temps de la consigne. "allez vous doucher et présentez vous à moi dans le salon principal." La douche chaude lui fait du bien. Finalement il a peut-être trouvé la vraie solution à ses problèmes ??? C'est donc nu comme un ver qu'il se présente à la porte du grand salon. Il frappe. "Entrez et venez vers moi à quatre pattes". Maîtresse est assise dans un large fauteuil directoire, couvert de velours bicolore. La chienne avance péniblement à quatre pattes. Il n'y a pas de tapis partout et, au contact de la pierre irrégulière, ses genoux le font déjà souffrir. Sans lever la tête il se dirige vers les bottes de Maîtresse. Loki et Magni sont postés de chaque coté du fauteuil. Ils sont vraiment impressionnants et regardent la progression de la chienne avec intérêt La chienne s'immobilise devant le fauteuil, tête toujours baissée. "Vous comprenez vite, c'est bien. Je vous ai assez ménagé. A partir de maintenant TU n'es plus rien qu'un objet, une chose dont je vais faire ce que je veux. Tu es moins important que mes chiens, tu seras nettement moins bien traité qu'eux. Debout que je vois à quoi tu ressembles". La chienne se dresse, regard baissé. La vie dans la rue, les privations, les bagarres, ont sculpté son corps. Il est plutôt mince, musclé, cheveux mi-longs, barbe de quelques jours. Son sexe est mince et relativement long. "tournes toi lentement, penches toi en avant et écarte tes fesses que je vois ton trou du cul de salope" Le changement de ton surprend la chienne qui s'exécute (à quoi bon faire preuve de pudeur ?). "je n'aime pas les poils. Demain matin tu te raseras entièrement le corps, à l'eau froide bien entendu. En attendant, tu vas venir m'honorer en léchant mes bottes". La chienne se remet à quatre pattes et, langue pendante, se met à faire briller le cuir fauve des bottes de Maîtresse. "La semelle aussi". Un moment d'hésitation mais la chienne obéit. Tout en léchant, il se demande si, finalement, ne faire qu'obéir, lâcher prise, être dirigé, ne sont pas des situations qui lui conviennent ? "C'est bon, disparaît, va dans ta cage, je vais venir la fermer" Toujours à quatre pattes, la chienne regagne son réduit et entre dans la cage. Il ne peut y entrer que courbé et s'assied, tant bien que mal, le dos voué, la tête baissée. Si il veut s'allonger, ce ne pourra être qu'en chien de fusil. Pas très confortable. Des pas dans le hall. Maîtresse entre dans le réduit, ferme la porte de la cage à l'aide d'un cadenas, dépose une bombe de mousse à raser et un rasoir jetable sur le lavabo et se dirige vers la sortie. "Demain je commence ton dressage. Ce week end j'organise une soirée et je ne voudrais pas que tu me fasse honte auprès de mes amis. Dors bien la chienne.... La porte se referme derrière elle. L'obscurité est totale, la nuit sans lune ne laisse passer aucune lumière par la lucarne. L'esprit de la chienne vagabonde, où est il tombé, doit il avoir peur, qu'est ce qui l'attend.... Et puis, plus terre à terre, deux constatations: il a faim et il a oublié de faire pipi avant de rentrer dans sa cage.... Pour la faim, il ne peut qu'attendre le lendemain. Par contre c'est sur qu'il n'attendra pas pour uriner. Il se souvient de l'emplacement du seau et, tendant le bras à travers les barreaux, le cherche à tâtons. Sans succès. Il se redresse un peu et finit par toucher le lavabo. Il en délimite les contours. Peut-être en visant bien ?? Il se met à 4 pattes, queue dans la main droite, main gauche sur le bord du lavabo. Il vise au juger et se soulage avec bonheur. Malheureusement, le lavabo est trop haut et seules quelques gouttes ont atteint l'objectif, le reste est tombé en partie par terre, en partie dans sa cage et sur sa couverture. Au moins il est soulagé.... Humilié mais soulagé. La nuit est courte, Alex a mal partout. Il ne peut pas se retourner comme il voudrait, il fait froid. Il a même des poussées de claustrophobie. Surtout ne pas y penser sans quoi il va crier. Alors, il pense à maîtresse. Il ne peut s’empêcher de l'imaginer nue, dans son grand lit. Il pense à la taille de ses seins (qu'elle a menus), à la forme de ses hanches, à peine entraperçues à travers la robe. Il bande. Il aimerait bien se masturber mais n'ose pas, que ferait-il de sa jouissance ? Alors il s'endort, un sourire aux lèvres. La chienne n'a pas entendu la porte s'ouvrir. C'est le cliquetis du cadenas qui se déverrouille qui le sort, hagard, de son sommeil. Maîtresse est devant lui. Pantalon de cuir, bottes noires, corsage blanc et gilet. "ça pue ici, debout la chienne. Tu te laves et te rases intégralement comme je te l'ai demandé et tu me rejoins dans la cuisine pour l'inspection". La chienne sort péniblement de sa cage. Ankylosée, elle a du mal à se redresser. Il y a une trace d'urine sous le lavabo. La chienne l'essuie avec du papier toilette qu'il jette dans le seau. Il pense à déplacer le seau pour l'avoir à portée de mains quand il sera à nouveau dans la cage. Se raser à l'eau froide est un calvaire. Il lui aurait fallu des ciseaux pour éliminer le plus gros des poils pubiens et de son torse, il n'a qu'un rasoir jetable... ça lui prend une bonne demi-heure. Il s'est coupé à plusieurs reprises. La sensation est bizarre, sentir le froid sur sa peau désormais nue est une découverte, pas désagréable ma foi. Il ne sait pas où est la cuisine mais, par déduction la trouve à la suite du salon équipé pour les soirées. La chienne frappe à la porte. "Entre et présente toi à quatre pattes. La chienne se dirige vers Maîtresse qui, après l'avoir fait lever, l'inspecte sous toutes les coutures. "Il reste des poils autour de ton anus, tu les rasera demain matin. Pour l'instant, tu vas me servir un café". Maîtresse lui désigne le plan de travail sur lequel le café finit de passer. Il s'empresse de lui servir une tasse et se remet d'instinct à quatre pattes. "Tu sembles comprendre vite, c'est bien. Ta gamelle est là, et elle désigne une écuelle en inox posée par terre à coté de l'évier de la cuisine. Vas manger, vas" Elle lui a parlé comme à un chien et il s’exécute. On dirait des restes de hachis parmentier, c'est froid mais ça n'a pas mauvais goût et surtout il a tellement faim... Occupé à lécher dans sa gamelle, il n'a rien entendu. Il sent une truffe humide contre ses fesses, s'interrompt de manger mais n'ose pas bouger. La truffe continue de lui humer les fesses. La chienne ne bouge pas, de peur de se faire mordre. Un coup de langue rapeuse passe sur ses testicules et termine sur son anus. C'est pas possible...un des chiens est en train de le lécher. La séance est vite interrompue par maîtresse. "Suffit Loki, aux pieds". Le chien s'éloigne. C'est le moment choisi par Magni pour venir à ses cotés, lever la patte et uriner deux ou trois gouttes sur son dos, histoire de marquer son territoire. La chienne n'en mène pas large, les deux chiens l'ont abaissé à moins que rien....La chienne se demande si cela fait partie de leur dressage ? Maîtresse a terminé son café, la chienne a fini de laper. "vas dans le donjon et attends moi, dos à la croix de St André". Debout cette fois, la chienne change de pièce et s'adosse à une des croix. Maîtresse s'approche. Elle a quatre bracelets de cuir quelle lui tend. "Mets les, poignets et chevilles, vite!" La chienne s'empresse d'obéir. Une fois les bracelets fixés, Maîtresse attache les anneaux de ceux ci aux mousquetons fixés sur les branches de la croix. Bras et jambes écartés, la chienne est immobilisée. Maîtresse place un bandeau opaque sur ses yeux. "Bien, tu peux relever la tête maintenant que je ne vois pas tes yeux. Elle continue: dis moi, sur une échelle de 0 à 10, comment tu noterais ta résistance à la douleur " Un frisson parcourt la chienne, elle va lui faire mal, c'est certain. "je ne sais pas Maîtresse, je pense être assez résistant, j'ai pris pas mal de coups sans broncher...." "Bien, donc, on part sur 6.5 sur 10 ?, ce serait déjà pas mal...." "je ne sais pas, Maîtresse". "et bien on va le savoir rapidement..." La chienne entend divers bruits métalliques. Soudain, son téton gauche est fortement pincé jusqu'à ce qu'i durcisse et qu'un objet se resserre autour de lui. La douleur est intense mais supportable. Le même sort est subi par le téton droit. La chienne gémit mais supporte. Les deux étaux sont reliés par une chaîne. Quand maîtresse tire la chaîne vers le bas, la chienne ne peut s’empêcher de gémir. "allons, allons, ce n'est que le début, on doit être à 4 sur 10, pas plus....On continue, je ne veux pas t'entendre" Des petits coups de ce qui doit être une cravache viennent taper sur les étaux. La chienne serre les dents pour ne pas gémir. Puis, une sensation de griffure qui se dirige vers son nombril. Une main lui enserre les couilles. Il ne peut empêcher son sexe de se dresser. "et puis quoi encore ? tu as interdiction de bander petite chienne. D'ailleurs je t'ai prévu une cage." La chienne sent que l'on emprisonne ses testicules dans un anneau. quelques tractions sur la chaîne ont vite ramenées son sexe au repos. Un étui en métal emprisonne sa verge et est relié au cockring. Le tout est verrouillé par un petit cadenas dont la clé disparaît dans la poche du gilet de Maitresse. "voilà, la chienne ne peut plus bander, on peut continuer" La séance se poursuit par la pose de pinces crocodile sur les testicules. C'est très douloureux pour la chienne mais, à chaque fois qu'elle gémit, un coup de cravache sur les seins ou les couilles lui intime l'ordre de se taire. D'autres pinces, une vingtaine environ, sont posées par Maîtresse sur la peau sensible à l'intérieur des cuisses en descendant jusqu'aux genoux. Ces pinces sont ensuite enlevées à coup de cravache. La chienne ne peut s'empêcher de hurler. "tu n'es pas à 6.5/10, à peine à 5... Quand je pense que mes amis ont des soumis et des soumises qui tiennent à 8 sur 10.... Tu pourrais bien me faire honte samedi. Je vais t'endurcir, tu vas voir. Maîtresse enlève toutes les pinces. La douleur est plus forte encore que lors de la pose. Elle détache la chienne et le place cette fois face à la croix avant de refixer les bracelets. "Passons à mon exercice préféré, un bon test pour ta résistance, tu vas voir" Cela commence plutôt bien, A l'aide de deux martinets aux lanières douces, Maîtresse chauffe le dos de la chienne. "c'est indispensable de bien préparer ta peau ma petite chienne" La chienne sent une douce chaleur sur son dos et ses fesses. Cela ne dure pas. Maîtresse joue maintenant avec ce qu'elle lui dit être un simple bout de bambou fin. Elle frappe horizontalement. Là, ça fait mal et la chienne commence à se tortiller. "Ne bouges pas ou je frapperai plus fort et cambres toi, sors ton cul de chienne" Elle frappe plusieurs fois aux mêmes endroits ce qui ravive la douleur à chaque fois. "Tu marques vite, tu es déjà tout zébré !!!!" "Place à mon instrument de prédilection: le fouet. Sais tu que je conseille et donne des cours aux jeunes Maîtres et Maîtresses qui viennent, parfois de loin, pour des stages de plusieurs jours.... Si tu es encore avec moi, tu serviras de cobaye. Le problème des nouveaux est qu'ils ont du mal à doser la force, donc ça déchire souvent plus qu'on ne voudrait mais bon.....il faut bien qu'ils apprennent non ? Je vais commencer avec mon bullwhip, tu verras, il est plus doux que mon préféré, le snake. J'espère que tu sauras bientôt faire la différence entre les deux" Commence alors une longue séance où le sifflement de la lanière alterne avec les impacts et avec la douce main de Maîtresse qui vient, de temps en temps, caresser le dos de la chienne. Depuis plusieurs minutes déjà, la chienne a réussi, sans savoir comment,à faire abstraction de la douleur, pourtant tellement présente. La chienne est parvenue à se mettre quasiment dans un état second. La douleur ainsi transcendée se rapproche d'une jouissance qu'elle n'a jamais connue. La chienne ne s'est pas rendue compte que les coups avaient cessés, que Maîtresse l'avait détachée et qu'elle gisait, par terre, enveloppée dans une couverture, quasi inconsciente. Maîtresse lui a enlevé son bandeau. "tu peux me regarder, exceptionnellement. C'est pour te récompenser de ton endurance. Ton test commençait mal avec les pinces mais tu t'es bien rattrapé avec la séance de fouet. Je pense te mettre un 6.8/10. Demain on essaiera le snake. En attendant, mets toi sur le ventre, il faut que je te mettes de la pommade cicatrisante. En même temps, je vais te raconter comment se passent nos soirées et à quoi t'attendre samedi prochain." La chienne a du mal à détacher ses yeux du regard bleu profond de Maîtresse. C'est presque à regret qu'il se met sur le ventre, offrant son dos lardé de zébrures et d'impacts sanguinolents aux douces mains de la femme. "Merci Maîtresse" parvient-il à dire. à suivre ?
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Par : le 19/01/20
Voici un petit texte écrit il y a bien longtemps et qui fonde toute ma pratique… Peut-être aidera-t-il certaines personnes… BDSM signifie : Bondage Domination Soumission Sadisme Masochisme 1_ D-S n'est pas S-M : Le sadomasochisme consiste à jouir de donner (sadisme) ou recevoir (masochisme) la souffrance. Une relation de domination peut devenir S-M mais pas forcément... Le D-S est pour ainsi dire un jeu de rôle, un cadre formel de libération et de désinhibition des partenaires l'un par l'autre. Là ou un couple ordinaire pourra prétendre tout partager de ses fantasmes sans jamais savoir si c'est vrai, chacun gardant peut-être une certaine réserve, le format D/s permet une libération progressive de cette réserve par l'abandon de l'un aux ordres de l'autre.... 2_ Un(e) soumis(e) n'est pas un(e) esclave. (sauf si elle le souhaite) la soumission est toujours offerte, jamais exigée. la soumise l'offre à son maître comme condition préalable à la relation, c'est pourquoi c'est à elle de mettre le marqueur de sa condition lorsque son maître lui demande. (vous pouvez lui tendre son collier, lui demander de vous ramener le symbole de votre autorité, une cravache par exemple, pour démarrer une séance de "jeu". Poser l'ambiance est indispensable, utiliser des accessoires est un moyen simple de parvenir à de bons résultats...) En se soumettant, la soumise libère son maître (si tant es qu'il en ai besoin) qui pourra à son tour la libérer des limites qu'elle s'impose malgré elle. il s'agit de la libérer d'elle-même, d'où l'utilité de ramener régulièrement la soumise à un état d'objet, état qui la libère d'une volonté qui va contre ses désirs. 3_ Tout refus d'obéir provient d'un excès du maître. la soumise peut toujours tout refuser mais lorsqu'elle sort ainsi de son rôle, cela autorise le maître à la punir. non pas de manière revancharde ou pour lui faire du chantage (bien que la menace puisse avoir un effet érotique, son usage doit rester mesuré) mais pour réaffirmer le cadre de la relation et la soumise recevra sa punition avec plaisir afin de réaffirmer son adhésion. Une punition doit donc toujours être d'un degré inférieur à ce que la soumise a refusé. (avec possibilité de jouer sur l'intensité) A noter, certaines soumises plus libérées que leurs maîtres se font provocantes, elles veulent être punies et cherchent donc des punitions d'un niveau supérieur à ce qu'elles refusent... 4_ il n'y a pas de règle, pas de limites. les mots de sécurité seront généralement réservés aux pratiques S-M (à cause des risques de blessures) la séance consistera, après la mise en condition préalable, à des défis que la soumise devra relever, il s'agit de transgresser progressivement ses limites en lui imposant ce qu'elle désire faire sans jamais l'avoir osé. Jouer en public, discrètement ou ouvertement; être offerte à d'autres partenaires, s'ouvrir à d'autres sexualités ... les possibilités sont innombrables. au maître de deviner les désirs secrets de sa soumise et de les libérer comme elle a libérer les siens en lui autorisant toutes les audaces... 5_ aller doucement. Une relation D/s offre un cadre qui autorise toutes les transgressions mais le processus de désinhibition est progressif. Pour les premières séances, il faut commencer par se familiariser avec ses rôles respectifs. Se parler, créer un contexte, une ambiance propice, par exemple la soumise peut vouvoyer son maître en continue ou pendant les séances, il peut lui faire faire des tâches habituelles en les sexualisant, la traiter comme un objet pour qu'elle s'habitue à son rôle, s' approprier son corps en jouant à lui refuser la jouissance par exemple... Bref il faut être imaginatif et rester à l'écoute de sa/son partenaire.
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Par : le 02/01/20
Maitresse DouceEmprise et moi on se connait depuis presque dix ans. A l'époque Elle était soumise, en couple, j'étais engagé moi aussi de mon côté. On est rapidement devenus amis, puis amants, même si souvent on se voyait pas pendant des mois. Quand on se retrouvait, chacun en étant libres, on couchait ensemble, et on se faisait des séances BDSM ludiques. Mais rien de durable. Deux soumis ensemble c'est pas très complémentaire. Cet hiver on s'est retrouvés, et ça a dérapé une fois n'est pas coutume. Je l'ai embrassée, j'en avais tellement envie. Pourtant ce dîner, je m'étais dis que ce serait en tout bien tout honneur. Tu parles, à chaque fois je me noie dans ses beaux yeux noirs. Quelques jours après on reparle BDSM par sms. L'un comme l'autre on pratique plus pour x raisons, mais l'envie est toujours là, sous jacente. J'hésite, je suis en phase découverte avec une fille en même temps....je le lui cache pas. Je sais pas trop ce que je veux, construire une relation vanille, ou être le soumis de Maitresse qui débute dans la domination. Les deux en même temps, c'est pas moi, j'en suis bien incapable. Alors je tente ce début de relation vanille, Elle a respecté mon choix, en maintenant le contact avec moi. Mon histoire n'est qu'une passade qui ne fonctionne pas, pour une raison entre autres, je pense beaucoup à Elle. Mon envie de soumission que je croyais endormie est toujours là, sous jacente. Chassez le naturel, et il revient à triple galop. Alors je reviens vers Elle, penaud. Maitresse le savait, bien qu'Elle pensait que ça prendrait plus de temps. Et nous commençons en virtuel, en parlant beaucoup, quotidiennement. Me voilà pris dans sa toile délicieuse, sous son emprise.... Quelques jours ont passé qui nous ont paru des semaines, bref, le décors est planté! Chacun sait que le cadre est pas idéal, je ne peux vous expliquer pourquoi mais on est pas au domicile, et c'est compliqué de jouer sur place sous peine d'être surpris. Et par dessus le marché, on a tous les deux les crèves. Ha, j'avais oublié de vous dire que cette histoire était pas la plus glamour qui soit. Vous me direz au moins, ça sent le vécu! De son côté Elle a pas beaucoup dormi, pensant trop à moi, trop mimi ça me touche. Moi a contrario je suis quelqu'un de très zen, mais j'avoue que la tension est montée à mesure des kilomètres. J'ai fait une course que j'avais en retard pour le 31, et zut, y a des bouchons! Si je suis en retard, je serais puni, même si le kiné a du retard aussi de son côté. Elle me fait monter dans sa chambre, j'attend sagement car Elle a pas finit de se préparer. Lorsqu'enfin Elle sort de la salle de bain, je me sens tout intimidé. Je me met à genoux face à Elle. C'est marqué dans mon contrat, Elle me veut plus bas en privé, et que je al salue ainsi. Elle m'ordonne de lui mettre ses bas, c'est érotique, et j'en profite pour déposer deux trois baisers sur une jambe. Quand je suis soumis, je suis plus timide, alors je ne dis pas grand chose, je préfère la laisser mener le conversation et lui répondre. Je fais son lit à sa demande là encore, puis on boit une bière qu'Elle m'a demandé d'acheter. Elle s'étend sur le lit un moment, moi avec, et en profite pour mettre des coups de pied dans ma queue qui est encagée. premiers moments d'émoi. Puis on fume à la fenêtre, le temps qu'Elle décide à quelle sauce Elle va me manger. Le temps qu'Elle inspecte aussi ma cage, et me remette des petits coups de pied dedans, alors que je suis à genoux à ses pieds, les jambes écartées, le jean baissé. Je n'aime pas le ballbusting, mais Elle ne frappe pas fort, et je lis un grand plaisir dans ses yeux à me tourmenter ainsi. J'aime aussi pas mal je dois l'avouer, la température monte même s'il fait un froid de canard sur le balcon, et Elle m'attire la tête entre ses cuisses, qu'elle resserre dans une délicieuse étreinte, en cet instant je suis comblé...... Finalement Elle décide que nous allons sortir, en voiture hop! Sur la route Elle me fait arrêter pour acheter des préservatifs. C'est trop tôt pour aller manger, alors Elle va me dominer. Elle m'a demandé de prendre un bandeau, mon plug, la cravache, des pinces à linge, la roulette de wartemberg, un collier en cuir. Tout ça est discret, ça rentre dans mon sac de sport. On est sortis de la ville, un peu au hasard et on cherche un endroit propice...le début d'une allée d'une grande propriété fera l'affaire, un peu à l'écart de la route. Je vais passer à la casserole. Oui mais comment? Elle a sa mobilité réduite, dehors ça caille sévère, et il fait nuit noire. Dans la voiture y a pas de place, ou très peu.......tant pis on va se débrouiller. Dans la voiture, c'est plus de nôtre age il parait, mais quand on a trop envie....... Elle m'enlève la cage, me fait poser mes mains sur le côté. Je comprend qu'elles doivent y rester. Je ferme les yeux, et lui offre mon excitation. Mon poste CD crache un vieux ska japonais avec entrain et mon vit palpite fort. Ma Maitresse prend les pinces, et m'en pose une petite ribambelle sur les couilles. Sacrément mordantes pour des pinces à linge, c'est vrai mais je l'avais oublié. Alors je pousse des gémissements réguliers. Dans ses mains, le collier en cuir. J'imagine qu'Elle va me le passer autour du cou, mais en fait non. L'espace est réduit pour me fouetter, entre le volant et le siège, et je suis pas dans le bon sens. Qu'à celà ne tienne, elle le déplie tel un ceinturon, et me fouette les cuisses avec. Fort. Elle alterne entre la droite et la gauche. Les pinces me font un mal de chien, je lui dis et Elle me les enlève, magnanime, mais une par une....avec un malin plaisir à me faire plaisir. Elle se repaît de ma douleur, et je vois bien qu'Elle se découvre un peu sadique. La dernière pince glisse et peine à s'enlever, aouuuuuuuuu. Pour le coup je souffre vraiment, et ça m'arrache un cri. Faut dire que je suis pas un vrai maso. Elle me dit que je suis douillet, je le pense pas, mais bon, je dis rien, et je la laisse faire. Maitresse DouceEmprise reprend son fouettage de mes cuisses, et me repose deux pinces, mais cette fois sur mes tétons, qui sont très érogènes, et plus résistants. Elle évite soigneusement ma queue et mes bourses, préférant les malaxer, les posséder, les serrer. Après tout, j'ai signé. Tout ça lui appartient à présent. Je la sens qui se penche sur moi. Elle me suce le bout du gland par moment, et plaf.... plaf...j'ai droit à des coups plus appuyés. C'est pas la zone la plus érogène pour les recevoir, mais j'ai pas le choix, et suis très excité. Je suis pas un vrai maso, je suis fier de lui offrir ma douleur, surtout qu'en même temps, Elle me tient par les couilles, et me donne du plaisir. C'est un délicieux mélange de plaisir et souffrance. Elle se saisit de l'écharpe que j'ai amenée en guise de bandeau. Je suis à présent totalement aveuglé, et Elle trafique je ne sais quoi à côté. Finalement je dois ouvrir grand la bouche, et Elle m'y fourre sa culotte. En cet instant je me sens plus que jamais son soumis. J'adore......et la voilà qui reprend ses coups sur mes cuisses un moment, tout en me donnant des petits coups de langue. J'ai cru que c'était avec le collier en guise de ceinturon...mais en fait Elle a changé d'instrument et me cravache. Un court instant Elle me glisse: "Tu as pas oublié que tu devrais être puni hein?" J'ai pas oublié. En arrivant, Elle n'était pas prête, et m'a envoyé acheter des bières. Quand je suis monté la rejoindre dans sa chambre, Elle m'a fait attendre. Mais c'est son droit. Moi, j'avais quand même quelques minutes de retard, Elle me l'a fait remarquer et je serais puni plus tard.... Déjà que je lui en devais deux, là ça fait trois. Mais j'en recevrais qu'une aujourd'hui. Elle prend soudainement la roulette, et la passe sur mes cuisses en alternant. Elle appuie un peu, mais ça reste supportable, surtout qu'elles sont déjà chaudes. Je m'attend à recevoir les pics sur ma queue, mais finalement Maitresse m'épargne ça. Elle sait que je n'aime pas trop cet instrument, je l'ai pris seulement pour son plaisir à Elle. Elle me masturbe un peu fort en même temps, et ça y est.....je suis au bord! Elle le comprend à mes gémissements dans sa culotte et s'arrête, fermant le collier autour de mon cou. Alors Elle prend d'autorité ma main droite pour que je la doigte, et je la sens trempée, surexcitée. Depuis plusieurs jours je sais qu'Elle n'en peut plus.... Elle me demande d'ouvrir la portière, tant pis si je me caille et de l’honorer avec ma langue. J'ai froid au cul, le devant des cuisses en feu, je bande bien fort, et j'obéis. Elle plonge mon visage sur sa chatte, je la lèche avec ardeur, avec bonheur. Maitresse me demande de la lécher plus fort, alors j'y vais avec toute la langue. Quand Elle appuie sur ma tête, j'adore, et me sens à ma place. Je suis son esclave sexuel, à sa place entre ses cuisses. Elle se masturbe en même temps, et me demande de mettre les doigts, mmmmmmmmm....j'obéis, et je la vois prendre son pied. Elle exige d'avoir ma queue en Elle. Moi qui avait pris des préservatifs effet naturel, j'aurais peut être pas du, car si ma position pour la satisfaire est très précaire, avec le genou gauche dans le vide, mon plaisir monte très vite, trop vite. Je lui demande de m'enlever les pinces aux tétons car c'est plus compliqué pour me retenir avec. Surement aussi les quelques jours de cage, et son petit jeu. Elle m'a déjà mis au bord......du coup je la lime doucement, de façon irrégulière. C'est pas l'idéal, je me sens con comme ça, et je fais ce que je peux pour la satisfaire. Finalement je sens que je vais exploser et lui dit: "Non! T'as pas le droit!" Elle me l'a crié dans le feu de l'action, en serrant très fort mon téton droit, ce qui n'arrange rien pour me contrôler, alors je coule un peu, et ne bouge plus, fiché en Elle, alors qu'Elle continue de se masturber en même temps. "Tu as jouit mon soumis?" Je lui explique brièvement que non, pas vraiment, j'ai ressentit un semblant d'orgasme ruiné. J'ai à peine débandé, repris la contrôle finalement, et je continue à lui faire l'amour doucement un moment. "Reprends avec tes doigts si c'est compliqué." Ça l'est, surtout la position, d'autant que j'ai de plus en plus froid, au cul, mes jambes sont dehors faut il le rappeler. Je continue quelques secondes.... "Reprends avec tes doigts et ta langue." L'ordre est sans appel cette fois, je me retire, et plonge à nouveau le visage dans sa chatte offerte. Ses cris sont plus forts, Elle prend un instant ma tête pour la frotter sur sa chatte, appuie à nouveau et je m’étouffe à moitié dedans. Elle est trempée et croit que je lui ai mis qu'un doigt...en fait il y en a trois! Finalement je la sens qui vient, et un orgasme dévastateur la prend dans tout le corps. Ses cuisses se referment autour de ma tête, contractée un moment dans un délicieux étau. Elle appuie avec force sur ma nuque, je suis littéralement prisonnier de ses cuisses. Finalement son étreinte se relâche alors qu'Elle reprend ses esprits, et se rassoit comme il faut. De mon côté je suis toujours aussi excité. Ma queue a repris toute sa vigueur, mais j'ai vraiment froid. Impossible de remettre ma cage, alors Elle me demande de me plugguer devant Elle avant de repartir. Je sors de la voiture, y met du gel, et m'empale avec en quelques secondes. Elle apprécie le spectacle, et nous repartons. Allons donc au resto......sur le trajet j'ai mal au ventre. Surement à cause du plug, en même temps je suis aussi un peu malade. Heureusement que c'est pas très loin, car j'en peux plus, j'ai presque des crampes à l'estomac en arrivant. Bien sur Maitresse me laisse aller aux toilettes pour l'enlever et me soulager, mais en échange Elle m'ordonne de remettre ma cage. Il faudra que je remette le plug régulièrement pour m'habituer me dit Elle. Je percute à ce moment seulement que j'ai toujours mon petit collier en cuir au cou. J'ai beau avoir un certain nombre d'années d'expérience dans le BDSM, porter un collier en cuir devant des gens non initiés j'avais jamais fait. Pas de réaction des gens autour.....comme quoi on se fait souvent une montagne pour pas grand chose. Au début je me dis que les gens autour ont peut être vu, ou qu'ils regardent. Mais probablement pas, c'est sur. Heureusement, mon ventre me fiche la paix, et je mange pour la première fois de ma vie une poutine québécoise. On passe un moment ensemble, on discute de tout et de rien, et finalement nous rentrons tranquillement. Je me sens bien, et lui glisse que je l'aime, parce qu'après tout, j'ai juste envie de lui dire. Je garde mon collier devant les gens qui fument en bas sans trop de soucis, peut être que je m'habitue. Mon faut dire que ma chemise le cache un peu.......sauf que là l'attache est devant. Maitresse me le fait remarquer et je panique un court instant. Finalement nous nous abandonnons....Elle a gardé la clé de ma cage. Ça aussi c'est une première pour moi, je n'y ai plus accès. Dès que j'arrive on s'appelle, on échange nos impressions. Ce qui nous a plu, ce qui nous a moins plu. Certes le cadre et les conditions étaient compliqués. Mais on le savait tous les deux, et je m'étais pas fait de film avant en m'attendant à quelque chose de précis au risque d'être déçu. On a quand même passé un bon moment, et à présent on attend qu'une chose, que d'ici quelques jours ou semaines Maitresse rentre chez Elle, ou bien on ira chez moi. Cette fois, on aura la place, la chaleur, le matériel, et l'intimité. Ses envies et ses fantasmes sont débordants, je m’attendais pas forcément à ça d'ailleurs. Mon petit doigt me dit qu'Elle va peut être m'emmener plus loin dans l'asservissement que ce que je pensais, mais ça c'est une autre histoire, une page blanche qui reste à écrire. Là tout de suite maintenant, Elle m'ordonne d'en faire le récit. J'ai une plume certes, mais ça fait des années que je m'en sers plus trop.....pas grave, j'obéis, dont acte!
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Par : le 02/01/20
Lorsque nous entrâmes dans la maison, ma Maîtresse m'annonça devant les deux hommes que cette journée serait inoubliable pour moi. Je me retrouvai attachée à la croix de Saint André, dans une position d'écartèlement extrême. Elle commença à me fouetter sur tout le corps en insistant sur mes seins, auxquels elle vouait un véritable culte. Puis, ce fut au tour des deux hommes de me faire l'honneur de me battre. On me détacha avant de me placer dans un carcan afin que mes deux orifices, parfaitement disponibles, puissent être investis. Je fus possédée par l'ensemble des invités, y compris par Maîtresse Sophie, ceinte pour l'occasion d'un gode ceinture. Un long silence suivit, sans que je puisse me défendre, dans cette position qui favorisait l'examen de mes reins, le doigt de ma Maîtresse s'enfonça dans mon anus, m'arrachant un véritable cri d'horreur. Le doigt se retira aussi brutalement qu'il était entré et vint se promener sur mes lèvres, qui furent écartées et ouvertes pour que ma bouche fût imprégnée du goût âcre de ma cavité. Je ne pus réprimer une nausée de dégoût, principalement causée par l'humiliation que je ressentais. La littérature érotique permet aux femmes de sortir de la passivité sexuelle pour affirmer pleinement leurs désirs. Leur libre choix comporte une forte dimension érotique dans la soumission. Mes expériences alimentent le récit. Certaines n’avaient pas attendu la fin des années soixante pour se manifester. Toute une littérature nouvelle, d’abord marginale, s'est développée hors institution. C’est par un discours spontané, parfois sauvage, que les femmes s’interrogèrent sur leur rôle, dans le couple, la famille, la société, qu’elles énoncèrent leurs aspirations, leurs désirs. Cette écriture militante, caractéristique des textes féminins de conquête, gagna d’autres territoires, sacralisés de longue date, où dominaient le bon ton et la retenue attachés à leur rôle. Lorsqu'elles tentèrent alors de mettre en mots, le vécu spécifique de leur féminité, elles franchisèrent le pas et osèrent enfin exposer leur sexualité. Pour dire leur corps, le désir, les caresses, la jouissance sur un autre mode que celui du sentiment ou de l’émotion, elles s’approprièrent un langage averti, audacieux autant qu’inventif. Lorsque Françoise Mallet-Joris publia "Le rempart des béguines", elle avait à peine vingt ans et transgressa, avec ce premier roman, toute une série de tabous. D'ordre sexuel bien entendu, en évoquant la liaison d’une toute jeune fille avec la maîtresse de son père, mais aussi familial et social, dans le cadre d’une famille bourgeoise et d’un milieu provincial étriqué. La découverte de la sexualité et de l’homosexualité dégage pour cette adolescente davantage de charme que de trouble transgressif, Il s’agit bien d’une histoire d’amour, mais c’est le plaisir qui est mis en avant, complet, total et bien loin du sentiment. Les auteures de romans érotiques se singularisent par bien des aspects. Elles s’approprient désormais des domaines où elles n’auraient pas osé s’aventurer, il y a quelques dizaines d’années, sinon par provocation. Il est fréquent à ce jour que les femmes se spécialisent dans l’érotisme, voire qu’elles y excellent. Souvent couplée au besoin de se dire, chez elles, la parole sur le sexe se diversifie, se nuance, devient une parole sexuée ou genrée. Il n’y a plus de honte, en l’occurrence, à la qualifier de  "féminine." Mais les écrits de femmes vont bien au-delà. Le plus intéressant est sans doute qu’elles travaillent le corps même du littéraire, et subvertissent les genres ou les classes de textes. Introduire la thématique sexuelle dans le roman révèle souvent quelque aspect de la personnalité de l’auteure qui produit le texte sans pourtant toujours parler d’un investissement de l’intime. Quelle que soit la part de soi engagée, la fiction est un alibi confortable pour celle qui désire jouer de l’équivoque, entre le vrai et l’imaginaire entre lesquels elles peuvent seules distinguer. Il en va tout autrement de ces écrits émergeant dans un contexte de permissivité sexuelle et scripturale. Le réalisme nouveau se passe de la scène et des décors. Nul besoin de mettre en évidence une intériorité qui ne demande qu’à s’exhiber. Il arrive ainsi que le texte dévoile au plus près celle qui l’énonce. Comme la vie sexuelle fait partie de ce qu’elle veut montrer, la femme de lettres s'engageant dans cette voie va rejeter toute précaution ou pudeur, pour oser dire ce qu’elle a osé faire, même dans un contexte familial et social, professionnel parfois. Au danger éventuel qui la menace, elle oppose le primat de sa volonté individuelle. Si elle s'aventure de l’obscénité vers l’exhibition, c’est pour répondre à un besoin impérieux de se découvrir à soi-même bien plus que s'offrir à quelque voyeurisme que ce soit. Les françaises Christine Angot et Catherine Millet en ont fait la démonstration par leurs écrits, d'un différent niveau, reconnaissons-le, dans le dévoilement de leurs choix et comportements sexuels. Mais laissons au public le soin d'apprécier et de juger leurs récits. Quelques autres, comme Virginie Despentes, Catherine Breillat, ou Eva Delambre ont fait reculer les limites de la représentation de la sexualité et de sa dialectique. Caroline Lamarche et Nathalie Gassel ont produit des textes forts sur le sexe. Elles ont évoqué les rapports entre les sexes, entre les êtres, et bouleversé les discours sinon les valeurs de leur milieu. Caroline Lamarche se tient à côté de l’autobiographie, en privilégiant le jeu avec l’imaginaire et la poésie. Nathalie Gassel se désigne plus nettement, affronte durement sa réalité, cherche sans discontinuer à la définir au plus près et en fait le socle de sa réflexion existentielle et scripturale. Caroline Lamarche ose donc associer érotisme et subversion, amour et sadomasochisme dans une relation d'une beauté stupéfiante. Ses textes se situent en dehors des conventions de tous ordres, Dans "La nuit l’après-midi",elle décrit précisément des rapports sexuels sadomasochistes dépourvus d’amour, comme une expérience quelque peu aléatoire, la réponse à une annonce, mais qui se vit en contrepoint peut-être libératoire d’un attachement amoureux. Les rencontres sont minutieusement relatées et le récit des séances n’épargne aucun détail, quant aux attitudes, aux accessoires, aux dommages et à leurs conséquences. D’une humiliation imposée, elle entend faire une humiliation choisie. Se soumettre serait finalement une façon de se maîtriser, et de dominer une situation dès lors qu’on peut la mettre en mots. Qu’en est-il de ce plaisir sexuel intense, attaché à une pratique mais surtout à un être ? Il est en définitive, si l’on en croit le texte, avant tout cérébral, lié aux mots, reçus et donnés. Dans cet élan vers la jouissance, il y a la volonté de la jouer contre la souffrance de la privation: toute volupté est à atteindre et le sexe, le "rien" du sexe en est l’instrument le plus abordable, même s’il est le plus sérieux de l’être, L'auteure diversifie les approches vers son objet: tantôt elle en minimise l’enjeu tantôt elle le sublime, l’idéalise et y ajuste son propos. À défaut de philosophie, elle tente d’appréhender une formule intellectuelle, rendant sensible la totalité de son être au monde, car elle veut donner une voix à ce potentiel sexuel. Pauline Réage attendit d'avoir 87 ans pour avouer d'être l'auteur de Histoire d'O, récit fantasmatique, métaphore de la jouissance dans l'avilissement, vulnérabilité qui nous atteint lorsque nous sommes amoureux. Violette Leduc, dans "Thérèse et Isabelle" (1966) longtemps censuré, décrit avec une grande liberté de ton, la passion intense entre deux jeunes filles, classique de la littérature lesbienne. "Emmanuelle", œuvre majeure, féministe et libertine, invitant à penser autrement, à vivre le plaisir au présent, à s’épanouir dans un érotisme radieux frontalement opposé aux normes pornographiques actuelles. Vinrent ensuite "Vénus Erotica" (1977) d'Anaïs Nin, par nous déjà étudié. Puis "La Femme de papier" (1989) de Françoise Rey, roman libertin dédié au plaisir féminin. Ensuite, "La nuit, l'après-midi" de Caroline Lamarche, (1998). En 2004, "Ma reddition" de Tony Bentley, enfin  "Nu intérieur" en 2015, de Belinda Canonne. La jouissance et l’imaginaire érotique autonome des femmes ne sont plus occultés en Littérature. "Le Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir, suivie par Pauline Réage et "Histoire d'O" ont ouvert la voie. Catherine Robbe-Grillet, femme du célèbre écrivain, maîtresse de cérémonie sadomasochiste, a écrit de très beaux textes. Désormais, l’érotisme ne se réduit plus à l’assujettissement de la femme. Il devient possible d’envisager un rapport ludique, joyeux, décomplexé à la sexualité, de libérer les consciences en même temps que les corps, d’apporter un certain vent de liberté. La littérature érotique présente des femmes qui assument leurs désirs en dehors de tout attachement amoureux. Le langage des auteures se libère des précautions chastes et de leurs illusions. L’érotisme devient même un art de vivre et la voie d’accès au bonheur humain. Le mouvement d'émancipation débouche malheureusement vers la banalisation du cinéma pornographique. Il réduit la sexualité à une froide mécanique sans inventivité dans laquelle la femme demeure un simple objet sexuel. Le schéma pornographique occulte le raffinement, la multiplicité des désirs et des plaisirs féminins. La sensualité et la volupté disparaissent. L’érotisme a perdu ses lettres de noblesse au profit de la toute puissance de l'industrie pornographique, du culte de l’organique direct qui dépoétise, appauvrit et déshumanise le rapport aux choses de l’amour. Les femmes apportent de la fraîcheur à la littérature érotique, en brisant les codes et les rapports de domination préétablis. Les récits féminins les présentent comme assumant leurs propres désirs, ne se contentant plus d’une posture passive; elles enrichissent l'érotisme. Dans l'écriture comme dans la vie, il est essentiel de toujours se donner sans réserve. Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir
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Par : le 19/12/19
"Qui donc pourrait lui reprocher des actes que, seules, avaient exigés d'elle des cellules dont elle n'était pas comptable ? Elle avait le droit que chaque animal possède de connaître le spasme sacré qui, au printemps, fait tressaillir la terre d'un humide tremblement." "Belle de Jour" (1928), construit sur la personnalité secrète d'une femme, constitue l'une des œuvres les plus originales de Kessel, dans le destin tragique d'un couple solaire, courant vers l'abîme, tenaillé entre un amour immense et l'exigence inapaisable des sens. La belle Séverine est l’épouse très réservée du brillant, jeune et séduisant chirurgien Pierre Sérizy. Sous des airs très prudes, la jeune femme est en proie à des fantasmes masochistes qu’elle ne parvient pas à assouvir avec son mari. Lorsque Henri Husson, un ami du couple, cite le nom d’une maison de rendez-vous, Séverine s’y rend, poussée par la curiosité. Elle devient la troisième pensionnaire de Mme Anaïs, présente tous les jours de la semaine de quatorze à dix-sept heures, sous le nom de "Belle de jour." Dans le très court prologue du roman, une enfant de huit ans, du nom de Séverine, dans le couloir de l´appartement de ses parents, est prise de force par un plombier venu réparer la salle de bains. "Elle se débattit," Puis, "soudain, Séverine ne se défendit plus,elle était toute raide, blanche; l´homme la déposa sur le parquet, s´éloigna sans bruit". Dans la douce intimité d'un appartement parisien, Séverine Sérizy attend Pierre, son mari. Séverine admire Pierre, un homme raffiné, cultivé, un chirurgien réputé sur la place de Paris. Il a toutes les qualités que l’on attend d’un mari, attentionné, respectueux et ambitieux. Pourtant Séverine n’est pas heureuse. Car l’amour qu’elle porte pour Pierre est devenu platonique. Elle ne veut lui offrir que son âme, et pas son corps qui est contingent et faillible. La pureté de l’affection qui unit le couple est trop grande pour laisser place à l’immédiateté du plaisir. Derrière la personnalité trouble de Séverine, un masochisme sourd bestialement sous la respectabilité de façade. Les paroles sulfureuses d’Henri Husson réveillent la sensualité sauvage qui sommeille dans son corps. Husson raconte ses sorties dans les bas fonds de Paris, ses visites régulières dans les maisons closes, notamment celle de Madame Anaïs. Son désir répugnant, ses mains baladeuses, lui procurent pourtant un désir inexplicable. Séverine ne comprend plus son cœur, ni son corps. Survient l’événement déclencheur, une congestion pulmonaire. La convalescence passée, sans pour autant cesser d´aimer tendrement son mari, elle fait comprendre à Pierre qu´elle n´a pas besoin de lui. Bien que peiné, Pierre respecte le souhait de sa femme. Curieusement, de son côté, Henri Husson ne cesse d´envoyer des fleurs à Séverine. Malgré le peu de sympathie qu´il lui inspire, elle consent à le revoir, et découvre qu´il l´importune moins. Elle apprend alors qu´une amie commune, par nécessité, se livre à la prostitution, en fréquentant une maison de rendez-vous. Dès lors, ayant appris par Henri Husson, l´adresse d´une maison similaire où il se rendait autrefois, Séverine n´a plus qu'une obsession s´y rendre. Et à son tour, craintive mais désireuse de comprendre ce que son corps lui commande, elle se livre à la prostitution volontaire, d´abord occasionnellement, puis régulièrement tous les jours, dans un établissement tenu par Madame Anaïs. Elle va donc mener une double vie en se prostituant la journée et rentrer le soir à 17 heures pour rejoindre Pierre. 17 heures passées, Belle de jour s’évanouit et laisse place à Séverine, l’épouse aimante, sincère qui retrouve son mari, pour une soirée tendre, un dîner entre amis. Séverine semble avoir trouvé son équilibre, entre les lumières rouges de l’après-midi et la tranquillité d’une vie d’épouse bien rangée. Son corps ne vibre désormais qu’auprès du vulgaire et s’exalte dans la bassesse. Ses fantasmes sont liés à un désir de soumission. "Le sentiment qu’elle eut de devenir une machine impure la fit frémir encore d’humiliation perverse." Elle recherche des hommes rudes, brutaux, au physique grossier, à l'opposé de son mari parfait et lisse. Malgré l’intense culpabilité la taraudant vis à vis de Pierre, la prostitution devient rapidement une drogue dont rien ne peut la détourner. "la véritable intoxication de Séverine, où l'habitude tenait plus de place que le plaisir." Séverine n'atteint le plaisir que dans l'avilissement et la soumission. Peu à peu, elle plonge dans la déchéance. De passes sordides en humiliations, chaque jour elle s’enfonce dans ses fantasmes morbides. Apparaissent Hippolyte, un malfrat et son acolyte Marcel, un second couteau aux dents d’or. Ce dernier tombe sous les charmes de Belle de jour et l'entraîne, pour la première fois, à extérieur des murs protecteurs de chez madame Anaïs. Séverine ne maîtrise plus sa destinée. Elle redoute le chemin tortueux qu’elle emprunte, mais ne parvient pas à faire marche arrière, cherchant, toujours plus de noirceur dans sa vie. Les description des virées nocturnes dans le milieu parisien sont d’une puissance effrayante. Elle découvre un monde d'hommes dangereux, oisifs, menaçant et brutaux, aux antipodes de son univers ouaté et confortable. D'épouse incomplète, elle devient une épouse infidèle et souillée. Elle vit dans la terreur que son secret soit découvert. Écartelée entre le vice et la vertu, son existence bascule dans le drame. Tout s’effondre quand Séverine est reconnue par un des amis de son mari, lui même client de la maison close. Un après-midi, se présente à la porte de la rue Virène, Henri Husson. Il a reconnu Séverine, un mot de sa part et Belle de jour sera découverte. C’en sera fini de l’amour de Pierre, de cette double-vie qu’elle aime tant. Mais Husson ne dit rien et repart. C’est de la bouche de Pierre que Séverine apprend l’existence d’un rendez-vous entre les deux hommes. Séverine n’a plus d'autre choix: elle doit faire appel à Marcel qui tient toujours un couteau à disposition. Marcel n’en demandait pas tant. Il surprend les deux amis et se jette vers Husson mais manque son coup. C’est Pierre qui reçoit dans la tempe la lame froide du cran d’arrêt. Séverine est dévastée. Pierre est à l’hôpital et Marcel en prison. Henri Husson accepte de se taire, tout comme Marcel. Mais la femme de chambre des Sérizy l'a reconnu à ses dents en or sur une photographie du journal et prévoit d'avertir la police. Séverine vit donc dans l'angoisse que sa double vie s'étale à la une des journaux. Elle finit donc par lui avouer la vérité. Non pour être pardonnée, pas davantage par besoin de la confession. Mais par impossibilité de maquiller en vertu l´opposition entre l'assouvissement cru de ses sens et le désir le plus tendre de son cœur. Paralysé à vie, Pierre ne pourra plus jamais marcher, comme Clifford, le mari infirme de Lady Chatterley. Ils partiront vivre sur la Côte, mais il ne lui adressera jamais plus la parole. La fin du roman est d’une cruauté infinie, son mari Pierre devient la victime muette des excès de sa femme, tous deux se retrouvant enchaînés dans une double culpabilité inextricable sur fond de rancœur et de fatalité. Kessel ne raconte pas tant l'histoire d'une précieuse devenue prostituée par choix, que le destin tragique d'une femme. Comme un mal viscéral qui, une fois assouvi, n'est jamais assez parti ou assez présent, devenu inhérent à sa raison. Elle doit, à n'importe quel prix, non pas être possédée par n'importe qui, mais être totalement dépossédée d'elle-même et de son mari. "Elle n’était pas venue chercher rue de Virène de la tendresse, de la confiance, de la douceur, cela Pierre lui donnait, mais ce qu'il ne pouvait pas lui donner: cette joie bestiale, admirable." Le récit, écrit dans un style poétique et épuré, sous la plume raffinée de l'auteur, offre au lecteur des moments d'introspection suspendus dans le temps, décrivant avec finesse la scission entre cœur et corps, entre sentiment et plaisir. Le roman, en respectant autant le fond que la forme, révèle les traumatismes d'un enfermement bourgeois, drainant absences et solitudes, faisant naître le besoin de la vitalité par la salissure et la maltraitance. L'opus intimiste et subtil, dénonce pudiquement, l'échec d'une assise bourgeoise confortable, engendrant ennui et protocole, alimentant un inconscient revanchard, rêvant d'un autre monde transgressif. "Belle de jour" avec éclat, suggère plus qu'il ne montre en insistant sur l'antinomie de Séverine, magnifique blonde, bourgeoise, désœuvrée, riche, distinguée, frêle et pale dont l'inconscient en révolte contre une sécurité devenue invivable, apprécie d'être rudoyée sans ménagement par le rustre ou l'obèse. Un contexte protecteur sans étincelles fabrique en parallèle la quête d'un statut, celui d'un être humain préférant l'approche perverse et virile que le modèle courtois. Publié en 1928, l'ouvrage a choqué par les mœurs qu'il décrivait; il n'a plus ce pouvoir maintenant, mais il conserve une force qui rend encore sa lecture troublante. Luis Buñuel l'a adapté au cinéma en 1967 et a remporté le Lion d'or à la Mostra de Venise. Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir
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Par : le 02/12/19
Qui était Leopold von Sacher-Masoch (1836-1895), romancier fécond, aristocrate libéral, disciple de Tourgueniev, qui témoigna précocement d'un talent littéraire ? Il est des réputations dont les écrivains se passeraient bien, tant elles oblitèrent leur oeuvre davantage qu'elles ne l'éclairent. C'est le cas avec Masoch, esprit brillant, reconnu de son vivant, qui échangea une longue correspondance avec Kafka, dont le patronyme donna naissance, bien malgré lui, au néologisme "masochisme", à cause de son roman "La Vénus à la fourrure" paru en 1870. D'un siècle à l'autre, le regard porté sur lui évolua, apprécié en Europe, au XIX ème siècle, pour l'exotisme de ses "Contes Galiciens", et ses pièces de théâtre, Il était proche de la paysannerie, philosémite, et surtout viscéralement anti prussien. Ses violentes critiques à l'égard de l'hégémonie matérialiste de l'Allemagne bismarckienne, exprimées dans "Les idéaux de notre temps", ouvrage publié en France en 1877, au sortir de la guerre de 1870, lui attirèrent en France, engouement littéraire, et reconnaissance patriotique, de la III ème République, qui l'éleva à la dignité de chevalier de la Légion d'honneur en 1887. La malédiction le frappa à la fin de sa vie, lorsqu'en 1890, un psychiatre autrichien détourna son nom, pour inventer une pathologie, le "masochisme." Richard Freiherr Krafft-Ebing, professeur de psychiatrie de l'université de Vienne, s'inspirant de son œuvre, s'empara de l'auteur, pour en faire un "pervers", autant dire, un exclu, un réprouvé, allant même jusqu'à le qualifier, de "suicidé de la société." Dans son étude "Psychopathia sexualis" de 1886, décrivant le "masochisme" comme un champ de perversions culminant dans le "monstrueux", l'associant au "sadisme", le clinicien entendait, en produisant des symptômes, repérer pour réprimer, dans le seul but, de justifier l'internement de sujets psychopathes. C'était faire d'un romancier prolifique, l'homme d'un seul livre, d'un seul vice, mais surtout opposer deux écrivains aux univers littéraires totalement différents. Tel Sade et le concept de "sadisme", Sader-Masoch ne peut se réduire à une pathologie. La particularité de l'oeuvre de Masoch est l'absence d'obscénité, contrairement à celle de Sade, qui est démonstrative. La fonction mythique, source de l'imagination idéale, s'opère par la décence esthétique du récit. Le langage est persuasif ou éducateur, jamais violent ou impératif. En opposant le "sadisme" au "masochisme", Krafft-Ebing les dota, d'un critère commun, le pouvoir, projetant ainsi la violence sociale sur la violence sexuelle, mais en considérant le masochiste comme celui qui se trompait de sexe, le psychiatre n'hésita pas à exalter, en censeur homophobe, la seule norme hétérosexuelle. Il ne faisait, en réalité, que reprendre les confessions recueillies dans son cabinet, d'un patient berlinois, aimant être fouetté et martyrisé par une femme, pour reproduire scrupuleusement les scènes décrites dans les romans de Sacher-Masoch. Leopold von Sacher-Masoch fut, lexicalement éternel, mais détruit en tant qu'homme de lettres, en perdant son identité pour devenir un concept. Paradoxalement, il rendit Sacher-Masoch immortel mais le bannit en tant qu'écrivain. Si quelque psychiatre, avait forgé le concept "proustien", l'oeuvre "À la recherche du temps perdu" n'aurait-elle pas risqué de disparaître de la Littérature pour devenir le jardin secret d'une sexualité marginale? Sacher-Masoch refusa avec indignation cette mise à l'écart. Il vécut un destin de créateur, il avait été l'amant inventif de superbes maîtresses: il ne pouvait admettre que tout cela fût rabaissé au niveau d'une maladie sexuelle. Pas plus que le Gréco ne pouvait accepter que sa peinture fût seulement le résultat de troubles de la vision, ou Van Gogh, que sa création ne reflétât qu'un simple dérangement mental. Pour tenter de comprendre l'oeuvre de Sacher-Masoch, et tracer une esquisse de sa vie, il faut d'abord se débarrasser des interprétations cliniques ou psychiatriques, précédant toute analyse, on doit à un écrivain de ce mérite, avant toute éloge, d'abord et avant tout, la part de sa vérité. Romancier et journaliste autrichien, Leopold Ritter von Sacher-Masoch qui publia certains de ses ouvrages sous différents pseudonymes, est né le 27 janvier 1836, dans une famille aristocratique aisée, à Lemberg en Galicie, une province polonaise annexée par L'Autriche, aujourd'hui Lvov, en Ukraine. Sa famille paternelle était d’origine espagnole. Don Mathias Sacher combattit les protestans d’Allemagne à Mublberg sous l’empereur Charles-Quint, fut retenu en Bohême par une blessure, y épousa une marquise Jementi et fit sa patrie, celle de sa femme. Les Sacher vinrent en Galicie avec le grand-père du romancier, à l’époque où le démembrement de la Pologne, en faisait une province de l'Autriche. Son père, chef de la police et conseiller de la Cour, à Lemberg, puis à Prague et à Graz, dut réprimer les insurrections des nationalistes polonais et tchèques contre le centralisme des Habsbourg. Son mariage avec la dernière descendante d’une ancienne maison slave lui permit de joindre, au nom de ses ancêtres celui de Masoch. Caroline Josepha Masoch était la fille d'un médecin et universitaire ukrainien réputé, Franz von Masoch, qui, craignant de voir s'éteindre son nom, fit prendre aux Sacher, en 1838, le nom de Sacher-Masoch. Leopold reçut une excellente éducation; il parlait, l'allemand bien sûr, mais aussi le français et le polonais, et témoigna précocement d'un talent littéraire. L’enfance du romancier se passa presque tout entière dans l’hôtel de police de Lemberg, triste séjour en ces temps de troubles. Il est permis de croire que les premières impressions du jeune Léopold eurent quelque influence sur son futur talent. De même que Charles Dickens, enfant, condamné par la pauvreté à vivre dans les bas quartiers de Londres, trouva devant les hospices, les dépôts de mendicité, le germe des inspirations qui plus tard le rendirent célèbre. Sacher-Masoch n'oublia jamais les figures de vagabonds amenés chaque jour par les soldats. Sa mère ne pouvant le nourrir, l’enfant chétif fut confié à une nourrice ukrainienne, Handscha, dont les chants le marquèrent profondément, tout autant que ses longues promenades estivales dans les bois et les champs, où il s'enthousiasmait de parler avec des paysans, avant d'écrire, le soir pour amuser ses petites sœurs, les histoires qu'il avait entendues. Les scènes affreuses de l’insurrection de 1846 le frappèrent vivement. Tandis que les troupes autrichiennes repoussaient les Polonais révoltés, le peuple des campagnes s’insurgeait à son tour, Il se situa du côté des minorités et des opprimés. Il avait seize ans à peine quand un de ses professeurs devina en lui l’étoffe d’un écrivain. Il commença ses études à Prague, puis à Graz où il fut reçu docteur en droit en 1856. Habilité en histoire après avoir présenté une étude sur  "L'insurrection de Gand sous l'empereur Charles-Quint" (1857), il enseigna deux ans, avant de décider, de se consacrer exclusivement à l'écriture. En 1862, il rompit ses fiançailles avec sa cousine Marie et se lia avec Anna von Kottowitz. Celle-ci lui inspira une première version de  "La Vénus à la fourrure"  puis, lorsqu'elle le quitta, "La Femme séparée" (1866). La guerre de 1866 le détourna quelque temps de ses travaux littéraires. Après le désastre de Sadowa, il eut l’occasion de jouer un rôle politique en fondant un journal d’opposition anti-prussien. Il publia "Le Capitulant" (1872), dans lequel, pour la première fois, apparut une figure de femme, celle d'une paysanne, digne d’un trône, par l’intelligence et la beauté, dont l'ambition patriote, l’élevait du foulard rouge à la pelisse de zibeline, et qui de maîtresse d’un pauvre diable devint comtesse sous le nom de Catherine, de Dzwinka ou de Théodosie. La "Revue des Deux Mondes" le publia en France dans son numéro du 1er Octobre 1872. L’idée complète du "Legs de Caïn" vint à Sacher-Masoch pendant les voyages qu’il fit à travers l’Europe. En 1869, il fit la connaissance de Fanny von Pistor, avec laquelle il signa un premier contrat, dans lequel, il s'engageait à se soumettre à ses ordres et désirs pour une durée de six mois. Afin de réaliser cet engagement, les deux amants partirent en Italie mais il rentra bientôt seul à Gratz, où il rédigea la version définitive de "La Vénus à la fourrure" (1870) traduit en français qu'en 1902. Séverin, le héros, s’éprend de Wanda, une très belle jeune femme rousse aux yeux verts comparée, tantôt à Catherine II, tantôt à une déesse, tantôt à une statue de pierre, tantôt à un animal avide de plaisirs et de jeux parfois cruels. Très élaboré sur le plan esthétique et très théâtral, multipliant les mises en scène, dans un style lyrique et pudique, ainsi que les jeux de rôles et de miroirs, le roman est un conte mystique reposant sur un effet de mise en abîme. Le rituel érotique commande que Wanda doit toujours être vêtue d'une fourrure lorsqu'elle le flagelle, scène capitale réitéré avec une insistance croissante tout au long du roman. Une relation avec un tiers nommé, "Le Grec", à la beauté divine, exacerbe le fantasme. L'auteur, féru d'art, fait de nombreuses références à la mythologie grecque, à la littérature au "Faust" de Goethe, et à la peinture, en particulier à la toile du Titien représentant la Vénus à la fourrure. La symbolique de la fourrure, évoque à la fois la douceur et la chaleur, mais aussi la sauvagerie et les instincts primaires. Mais Vénus, dans l'imaginaire du romancier n'est pas une femme. C'est dans le marbre que l'auteur sculpte ses fantasmes soumettant le désir au strict protocole d’une fiction quasiment liturgique. Se livrant à une lecture en public, il fit la connaissance d'Aurora Rümelin. Hanté par son roman, l'écrivain cru avoir trouvé l'incarnation de l'héroïne de "La Vénus à la fourrure." La désirant noble, il la baptisa Wanda von Dunajew. Elle serait sa maîtresse dominatrice, celle qui accepterait de le maltraiter, de le fouetter, tout en se pliant à son obsession, revêtir toutes les fourrures qu’il lui achèterait avant de le soumettre. Concrétisant son roman, il signa un contrat de soumission de dix ans. Les premiers temps de leur relation furent heureux. Wanda et Léopold se montrèrent très complices. En public, elle s’effaçait devant le succès littéraire grandissant de son mari. Dans l’intimité, il se soumettait avec bonheur. Mais très vite, le mariage tourna court. Wanda se montra hésitante, puis se résigna à respecter le contrat signé. A Leipzig, où ils déménagèrent, Léopold dirigeait une revue littéraire "Au sommet." Le couple fit alors la rencontre d’un journaliste français, Armand de Saint-Cère, un escroc qui parvint à subjuguer le naïf Sacher-Masoch, tout en lui détournant de fortes sommes d'argent. Wanda quitta le foyer, pour le suivre, abandonnant derrière elle, mari et enfants. En son nom, elle contracta de multiples dettes qui finirent par ruiner Léopold, dont le succès s’épuisait. Ils divorcèrent officiellement en 1886. Il trouva refuge dans l'écriture. Il publia des nouvelles, des romans et des ouvrages de critique sociale, dont notamment, un important cycle de recueils intitulé "Le Legs de Caïn," qui traitait de six thèmes: l'amour, la propriété, l'argent, l'Etat, la guerre, la mort. La section "L'Amour" intégrant "La Vénus à la fourrure." La référence biblique à Caïn, renvoie à un monde mythique, placé sous le signe de la culpabilité et de la violence. Aurora von Rümelin commença, elle aussi à écrire, signant sous le pseudonyme de Wanda von Dunajew. Il entreprit un cycle de conférences et devint rédacteur des "Cahiers des Belles-Lettres", puis édita et dirigea à Leipzig, la revue "Sur les Hauteurs" tout en publiant plusieurs ouvrages dont: "L'ennemi des femmes" (1879), "Entre deux fenêtres" (1880) et "Le Cabinet noir de Lemberg" (1880). Léopold se remaria avec sa secrétaire, la timide et cultivée Hulda Meister. Épouse modèle, elle soutint son mari, dans le malheur et les difficultés. Il perdit son fils Alexandre, atteint du typhus, à l'âge de dix ans. Perclu de dettes, Sader-Masoch dut se résigner à liquider ses revues littéraires. La vie du romancier bascula quand fortuitement, lors d'un passage en librairie, il découvrit qu'un médecin réputé, s’intéressant aux déviances sexuelles, venait de créer un néologisme dérivé de son nom, Le "masochisme" était né. "La Vénus à la fourrure , la parfaite incarnation: Ces perversions de la vie sexuelle peuvent être appelées masochisme, car le célèbre romancier Sacher-Masoch, dans de nombreux romans et surtout dans son célèbre, La Vénus à la fourrure, a fait de ce type spécial de perversions sexuelles le thème favori de ses écrits." Le psychiatre viennois ne pouvait poser diagnostic plus infamant. Le romancier fut dès lors dévoré par son œuvre. Désormais, son nom était lié à celui de Sade, qui fut rejeté par ses pairs, incarcéré sans jugement, puis interné, jusqu'à sa mort, dans un asile d’aliénés. Ce fut la déconsidération et l'opprobre. Surnommé le "Tourgueniev de la Petite Russie", Il mourut à Lindheim (Allemagne), le 9 mars 1895, à l'âge de 59 ans. Connait-on réellement Léopold von Sacher-Masoch ? Dans son existence, où se mêlèrent aventure, exotisme et érotisme, cet écrivain extraordinairement fécond écrivit plus de cent romans ou recueils de nouvelles. Il inventa sa vie, mettant en scène des femmes, dont il était qu'en apparence le jouet, organisant lui même la transgression.Son imaginaire "suprasensuel" se nourrissait des contes slaves de son enfance, dans un érotisme toujours indirect. Dévoyée par la psychanalyse, son œuvre tomba injustement dans un semi-oubli sulfureux. Auteur lyrique, Sacher-Masoch ne se contenta pas seulement de puiser dans sa propre réalité, la substance pour écrire, mais en abordant ses relations amoureuses en poète, il inventa un type nouveau de relation; au fond, il savait que la vie a besoin du sel de l’imaginaire pour échapper à la monotonie du quotidien. Il fallait donner la voix à ce romancier injustement méconnu. "La Vénus à la fourrure" inspira le musicien Lou Reed dans l'album The Velvet Underground and Nico (1967), le dessinateur Guido Crepax dans une Bande dessinée (1984) et le cinéaste Roman Polanski (2013) dans un film tiré d'une pièce de David Ive. Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir
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Par : le 25/11/19
(Réédition du 25/11/2019 -> 31/03/2024 - 690 Vues) . (Lettre ouverte à une Masochiste Brat) Bonjour très chère, Je profite de ce court laps de temps que tu sois en dehors de ce site pour t'écrire ces mots "doux". En ces temps où les sites BDSM se découvrent moins actifs, et les membres / Animateurs/trices se voulant respectueux de la gente féminine, je comprends infiniment que tu passes, toi et tes congénères, de sites en sites à la recherche de matière. Loin d'être improductif, il est vrai que d'autres sites ont la chance d'avoir un tchat un peu plus actif de par leur ergonomie, et moi-même je suis conscient de perdre "des bonnes affaires" à ne pas migrer là où les "o" paraissent plus chaudes. Seulement voilà, la bonne santé de ce genre de site se révèle dans le professionnalisme de Ses Dominants et non dans des attroupements de femmes excitées ou en berne. Je sais que c'est dur de gérer l'ennui et le manque de stimulation dans ces moments là, et tu pourrais me poser la question : "Mais où sont les Sadiques Bordel ?!!". Et bien la réponse est : Ils migrent pour la plus part sur des adopteunequeuepointcom ou jelibertinemonculpointnet. La raison en est simple, la femme s'est battue dans son émancipation à également devenir plus casse-couilles et indécise qu'auparavant, et il est très difficile de faire la différence entre une Masochiste Brat dans son besoin d'être torturée, d'une femme frustrée se voulant insolente pour se faire simplement pilonner la chatte. Ce qui en revient à réécrire ce que je t'ai mentionné dernièrement ; Soit tu décides de t'investir dans une relation "relativement" conventionnelle, et ton compagnon est compatissant envers ta "cause". Et là tu t'arranges pour avoir des Dominants/Sadiques réguliers pour avoir ta dose. Tu survivras mieux aux hivers à rallonge. Soit je m'occupe de ton cas. Tu te veux ou t'improvise être la loi de la provocation et de l'emmerdement maximum, mais entre une Masochiste Brat et un Dominant, c'est une cohabitation qui s'impose... Ne serait ce que pour conserver nos plaisirs respectifs. Clairement, donne moi ce que je veux, et tu auras droit à tes récréations à vouloir m'emmerder. Lorsque tu me reviendras, et que tu verras cet article, j'attends de toi que tu postes sur le mur de mon profil une photo de toi dans Ta Soumission et de ton besoin le plus incessant (Je me contenterais d'une photo de toi via ma messagerie, si tu n'as pas avancé d'un pouce d'un point de vue exhibition). Pour t'aider, tu n'auras qu'à penser que pendant que mes mains te serreront fermement le cou, je te laisserais pénétrer mon regard, à te faire ressentir tout ce que je peux faire d'une femme si je m'abaisse à ne plus réfléchir moi-aussi. Au delà de ton rictus qui ne manquera pas de subvenir sur ton visage lorsque tu liras ces lignes, Ton sourire m'est acquis. Alors passe de bonnes fêtes de fin d'année si nous ne nous voyons pas d'ici là :b Et ne te fais pas BAN pour des conneries. ChatMOnYou.   Article du même auteur : https://www.bdsm.fr/blog/5742/La-chevauch%C3%A9e-fantastique/ -> La chevauchée fantastique. https://www.bdsm.fr/blog/4723/Un-Ma%C3%AEtre,-Des-Soumises/ -> Un Maître, Des Soumises. https://www.bdsm.fr/blog/4500/L'Amour-%22Brat%22-;-L'Amour-fendu-en-deux/ -> L'Amour "Brat", L'Amour fendu en deux.
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Par : le 15/11/19
(Re)trouver , (re)prendre le chemin tortu(r)eux du Bien Donner Sereinement (sa) Marque de Soumission suppose voire impose par rapport au désir profond une patience constante, une plongée aux abymes de soi pour se découvrir se connaitre et ainsi parvenir à rencontrer un " Autre Soi " totalement dévêtu des atours acquis, comme pourraient exprimer " les vertueux" ou soi-disant tels ! Sur mon chemin, j'ai croisé et fréquenté , oh il y a... longtemps une jeune... qui m'a initié aux pincements de mes tétons. cela a été comme le tir d'une balle de fusil qu'il il est impossible de rattraper , la balle tirée; cette dernière (la balle) a, quelque peu atteint sa cible: le masochisme, le BDSM (cf 1ere ligne), la Soumission = le grand Lâcher Prise . ( A suivre...) Voir également
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