La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM. Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices. Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Par : le Il y a 3 heure(s)
En rentrant dans la chambre, Anne trouva poser sur le lit un joli paquet cadeau et une enveloppe imposante. Elle commença par ouvrir le paquet cadeau…. Elle découvrit une parure d’un genre très particulier ! UN collier et des bracelets pour poignets et chevilles en acier…. Ce sont tes ornements d’esclave, Anne. C’est toi qui décidera quand tu voudras les porter. Je saurai qu’à partir de ce moment là, tu te sens prête à apprendre à devenir mon esclave ! Et dans l’enveloppe, tu trouveras la liste dont nous avons parlé tout à l’heure… Je peux vous demander quelque chose, Monsieur ? Bien sûr, Anne, ce soir tu peux poser toutes les questions que tu veux Pouvons nous lire ensemble cette liste ? Oui bien sûr J’ai peur de ne pas connaître tous les termes et je souhaite comprendre ce à quoi je m’engage avant d’accepter. Viens à côté de moi, ans le lit, nous allons étudier cela ensemble Ils passèrent un long moment à passer en revue toutes les pratiques proposées. Anne cochait ce qu’elle acceptait et rayait celles qu’elles ne pouvaient pas pratiquer ou qu’elle refusait comme tout ce qui avait rapport à la scatologie ou aux tortures physiques entraînant ou risquant d’entraîner de graves problèmes. Vous ne m’en voulez pas Monsieur ? Ce sont vraiment les points que je me refus à aborder au moins aujourd’hui ! Le but de cette liste, c’est justement de rester dans ce qui est supportable pour toi ! Si je veux que tu deviennes une belle et une bonne esclave je dois aussi savoir te protéger ! Mais j’ai vu que la prostitution ne te faisait pas particulièrement peur ! Tu serais prête à rencontrer des hommes ou des femmes pour de l’argent ? Oui, Monsieur, je vous le redis j’ai beaucoup aimé l’expérience de Nantes… Tu sais que si tu te présentes avec un collier en acier et des bracelets aux poignets et aux chevilles tu seras traitée comme une esclave aimant obéir et pouvant être punie ? Oui Monsieur je m’en doute bien ! Très bien, j’en prends note, nous en reparlerons demain, Anne ! En attendant occupe toi de ton Maître ….J’ai envie de toi ! Hummm moi aussi Maître, j’ai envie de vous ! Ils refirent l’amour longuement, Paul était toujours aussi patient et à l’écoute des sensations de sa soumise...cette dernière eu plusieurs orgasmes avant de jouir en même temps que son Maître ! Oh Monsieur ….Monsieur…. Je suis tellement bien à vos côtés ! Merci ma petite esclave...J’ai adoré notre soirée et tu es déjà une amante expérimentée….Tu m’as rendu très heureux ! Très, très heureux devrais-je dire ! Mais dormons maintenant, demain tu te lèves tôt. J’ai réglé le réveil sur 5h45 pour que tu ais le temps d’aller courir dans le parc, prendre ta douche et m’amener mon petit déjeuner pour 7h30. Reposez-vous bien Monsieur….puis tout bas...Merci Monsieur pour cette belle journée...Je suis toute à vous ! Dors bien ma belle esclave Le lendemain matin, Anne se leva sans faire de bruit à 5h30, elle éteignit le réveil et fila courir nue dans le parc . Elle profita de l’air frais sur son corps, Les piercings vivraient à chaque foulée et la maintenait dans un léger état d’excitation, petit à petit elle allongea sa foulée pour reprendre un rythme soutenu qui la fit transpirer ! Une heure plus tard, elle remonta prendre sa douche. D’avoir couru pendant une heure lui avait permis de s’éclaircir les idées. Elle savait ce qu’elle voulait faire maintenant ! Après sa douche, elle descendit à la cuisine chercher le plateau qu’Odile avait préparé à l’attention de Monsieur Paul. Elle salua la cuisinière et la remercia encore pour le dîner de la veille. A 7h30 précise, elle déposa sur la table de nuit le plateau, regarda son Maître dormir quelques instants, puis se mit à prendre son sexe en bouche pour le réveiller en douceur...Paul fit semblant de dormir encore quelques minutes mais son érection matinale le trahit….En souriant, Anne continua de la sucer jusqu’à le faire jouir et boire sa semence avec plaisir et dévotion ! Il est 7h30 Maître, avez-vous bien dormi ? Très bien ma petite esclave et toi ? Aussi Maître Tu as été courir ? Oui Maître j’ai couru une heure dans le parc entre 5h45 et 6h45. Puis je suis revenue prendre ma douche. Très bien, après mon petit déjeuner je te remettrai la pommade cicatrisante Bon appétit Maître dit elle en se mettant à genoux à côté du lit. Elle le regarda prendre son petit-déjeuner avec un mélange de plaisir et d’envie….Elle avait faim, mais son Maître ne lui avait pas encore donner l’ordre d’aller manger quoique ce soit ! Paul prit son temps pour déguster son plateau, voyant la pomme restée sur le plateau, il se douta qu’Anne n’avait rien mangé ce matin, mais ne dit rien et laissa le fruit à sa place ! Je vais prendre ma douche, viens me sécher dès que je t’appellerai ! Oui Maître. Sitôt, son Maître parti dans la salle de bain, elle alla chercher l’ensemble collier et bracelets, elle les passa et les ferma tant bien que mal. Laissant à son Maître le plaisir de les fermer totalement pour le temps de son apprentissage. Anne, sèche moi ! Elle se précipita dans la salle de bain pour sécher son Maître, prenant soin de rester dan s son dos, hors de sa vue…. Elle le massa plus qu’elle ne le sécha, en prenant toutes les précautions pour bien sécher son sexe si doux et si agréable….. Viens , suis moi que je te mette la pommade….. Quand il se retourna il marqua un long temps de silence : Tu es magnifique ma petite esclave ce collier et ces bracelets te vont à ravir ! Tu vas faire des jaloux et des jalouses !!! Merci Maître mais ils ne sont que posés, je vous laisse le soin de les fermer pour le temps de mon apprentissage ! Voici les clés et les serrures Maître ! A genoux esclave si tu veux être mon apprentie tu dois le demander ! Maître, Mon Maître vénéré, que je souhaite apprendre à servir pour le reste de ma vie, acceptez-vous de prendre en charge la très modeste personne qui se trouve à vos pieds, pour lui enseigner l’art d’être votre esclave dévouée, obéissante et qui vous offre tout le reste de sa vie ? Oui esclave j’accepte de prendre en formation pour devenir mon esclave dévouée ou obéissante pour le reste de ta vie. Merci, oh merci Maître ! Paul régla le collier pour qu’il s’adapte parfaitement au cou de son esclave, sans la blesser puis le ferma, il fit la même chose pour chaque bracelet. Marche devant moi Anne….Cela ne te fait pas mal ? Juste un peu la cheville droite Maître … Paul refit le réglage du bracelet, puis fit remarcher Anne. Il ne me fait plus mal Maître ! Viens que je te mette ta pommade ! Anne se plaça devant son Maître, les jambes écartées, les bras dans le dos, la poitrine présentée fièrement. Très bien….Baisse les yeux…. Une esclave ne doit pas regarder son Maître dans les yeux…. Tu regardes pas plus haut que la taille… Bien Maître ! Paul passa longuement la crème cicatrisante, étira petit à petit les piercings pour accentuer les trous...Anne gémit mais ne bougea pas…. La douleur déclenchait chez elle une douce chaleur qui se propageait dans son ventre, ses seins …. Mais cela t’excite….. Oui Maître, dès que vos mains me touchent cela me fait des choses…. Hummmm c’est très bien Anne ! …………… Je veux qu’aujourd’hui tu te connectes sur ton compte Telegram et que tu répondes à tous tes messages...tu feras cela dans mon bureau et tu me feras lire chaque réponse avant de l’envoyer…. Bien Maître, mais que dois-je dire ? Tu m’as dit que tu voulais être ma petite pute, n’est-ce pas ? O….Oui Maître Très bien dans ce cas tu leur réponds que tu es prête à les rencontrer…. Mais pas de rencontres avant d’avoir vu mon médecin et avant le dîner de jeudi soir…. Bien Maître Habilles-toi, j’ai des rendez-vous ce matin mais je vais te déposer chez une esthéticienne. Elle sait ce qu’elle a à faire. André passera te prendre pour t’emmener essayer une robe et un tailleur. Nous nous retrouverons ici à l’heure du déjeuner. Bien Maître Anne alla s’habiller de sa robe noire très classique, nue dessous comme l’exigeait son maître. Puis descendit attendre Paul dans l’entrée, elle se mit à genoux, les mains posées sur les cuisses, les épaules bien rejetées en arrière, les yeux au sol et elle attendit . Paul descendit quelques minutes plus tard, passa s’en s’arrêter devant elle. IL lui dit simplement Suis-moi, vite ! Anne se redressa le plus vite qu’elle pût et le rejoignit avant qu’il n’ait pu atteindre la voiture. Très bien Anne, tu es vraiment une très bonne élève. Je suis fier de toi ! Merci Maître ! Désormais j’attends de toi que quand tu m’attends tes mains soient posées sur tes cuisses les paumes tournées vers le haut. Tu me jetteras cette robe quand tu seras de retour, elle ne mets pas assez ton corps en valeur ! Bien Maître. Paul appela quelqu’un il donna des ordres concernant une robe qu’il voulait faire modifier. Cela dura quelques minutes. Puis il raccrocha. Nous voila arrivé, descends elle t’attend. Dis simplement que tu viens de ma part. Bien Maître. A ce midi Maître Aussitôt dans la boutique Anne fut prise en main par une femme d’une quarantaine d’années. Anne, c’est bien cela ? Oui madame Bien viens avec moi dans le salon au fond du couloir s’il te plait. Anne suivit l’esthéticienne, se demandant toujours ce qu’elle était censé subir dans ce salon…. Paul m’a demandé de vérifier ton épilation et de faire une épilation définitive. Ah très bien, je me demandais ce que vous deviez me faire… Il ne t’a rien dit ? Non Tu as commencé une épilation définitive à Nantes je crois… En effet Madame et je devais y retourner encore deux fois C’est cela ...Et bien nous allons finir cela aujourd’hui….Une seule séance sera nécessaire…. Cela va sans doute piquer un peu, je préfère te prévenir…. Ne vous inquiétez pas Madame je supporterai Déshabille totalement Ce sera vite fait, Monsieur ne veut pas que je porte de sous-vêtements autre que mon corset que je ne peux pas retirer ! Nous allons faire avec ne t’inquiète pas ! Si cela devient trop douloureux dis le moi, on fera une petite pause. Bien Madame Hummm tu es déjà infibulée cela te va très bien ! Merci Allez allonge toi, détends toi cela te fera moins mal…. Anne supporta sans trop de problème l’épilation pratiquée par l’esthéticienne… Le seul point vraiment douloureux fût autour de son anus… Mais elle serra les dents et cela ne dura pas trop longtemps tu vas faire un peu écrevisse aujourd’hui mais demain il ne paraîtra plus rien ! Si Paul le veut on pourra faire le reste du corps dans quelques jours, bras, aisselle, jambes...tu serais ainsi toujours parfaitement lisse ! Je vais le lui dire….il verra ce qu’il veut faire Tu n’as pas ton mot à dire ??? Non Madame, c’est Monsieur Paul qui décide Ahhhh !!! André vous attend au coin de la rue…. Vous savez c’est la première fois que je vois une amie de Paul, venir seule, d’habitude elles sont accompagnées d’André…. IL doit avoir vraiment confiance en vous, Mademoiselle Je l’espère, je lui suis infiniment reconnaissante de m’avoir dévoilée ma véritable nature Belle fin journée à vous Mademoiselle Merci à vous aussi Madame Anne trouva facilement André qui l’attendait. Elle s’assit à l’arrière, faisant bien attention a remonter sa jupe avant de s’asseoir, comme le voulait son Maître ! Bonjour André vous allez bien ? Très bien Merci, Mademoiselle, vous aussi ? Oui très bien également Monsieur Paul sera content quand je vais lui dire que vous avez remonté votre jupe sans que j’ai besoin de vous le rappeler…. Merci André ! Le trajet ne dura pas bien longtemps. André se stationnât tant bien que mal… La boutique fait l’angle, vous ne pouvez-pas la rater...elle ne paye pas de mine mais Monsieur dit que ce sont les meilleures couturières de Paris…. Si Monsieur dit cela alors je lui fais entièrement confiance….A tout à l’heure André ! La boutique ne payait vraiment pas de mine….une façade défraîchie, de vieux mannequins en osier, pas de robes ou de vêtements en vitrines, que des babioles sans intérêts….. Anne entra, curieuse de découvrir cette boutique si peu attirante... Bonjour Mademoiselle, que puis-je pour vous ? La voix qui venait du fond de la boutique était jeune et avenante. Anne se dirigea vers elle… Bonjour Madame, je viens de la part de Monsieur Paul… Excusez-moi, j’aurai dû m’en douter mais c’est tellement rare de voire une amie de Paul seule…. Veuillez me suivre … Volontiers …. Vous voyez beaucoup de gens de la part de Monsieur Paul ? Pendant une période oui c’était très fréquent...Il nous envoyait des clientes pour une robe ou une jupe bien précise… Mais depuis deux mois nous ne voyions plus personne…. Vous êtes la bien venue ! Paul nous a commandé plusieurs tenues pour vous…. Hummm D’abord cette robe très classique…. Essayez-là….Il n’y a pas de cabine mais personne ne rentrera dans cette pièce, ne vous inquiétez pas ! Anne se déshabilla et enfila la robe….Le vêtement glissa sur elle comme une deuxième peau...elle la moulait littéralement, même se piercings aux tétons étaient discernables…. Anne bougeât et la robe suivit ses mouvements sans jamais la serrer ou la gêner…. Parfait elle vous va très comme un gant. Paul est un expert pour prendre les mesures, grâce à ses indications créer un vêtement est un jeu d’enfant….. Vous avez un corps de sportive mademoiselle ! Merci c’est gentil… Mais c’est un compliment que vous devez dire à toutes vos clientes….. Hélas non, ce ne sont la majorité des femmes que nous habillons a qui nous pouvons qu’elles sont superbes et parfaitement prportionnée comme vous l’êtes ! C’est gentil, Merci ! Voici le tailleur, jupe droite boutonnée et veste droite, fermée par une chainette… Anne l’essaya et dut reconnaître que cela lui allait merveilleusement. La jupe droite pouvait s’ouvrir très haut, jusqu’à la taille ou presque….Anne se dit que cela sans doute souvent comme cela qu’elle le porterait ce tailleur… La veste était très stricte, mais portée à même la peau elle devenait très coquine…. LA chaînette permettant à la veste de s’ouvrir juste assez pour dévoiler une grande partie de sa petite poitrine ! Hummm vous avez fait quelque chose de magnifique… Un tailleur à la fois stricte et terriblement coquin ! C’était les ordres reçus de Paul Cela ne m’étonne pas de lui ! Dit Anne en souriant… Voici la troisième pièce, la voici Anne essaya cette robe dentelle noire…. Vous pourrez la porter tel que…. Ou avec ce jupon noir….Les ouvertures se font par ce boutonnage presque invisible….. Vous pouvez ouvrir le coté droit jusqu’à la poitrine…. Comme ceci… et/ou faire un décolleté beaucoup plus profond, jusqu’au pubis comme cela… Anne se retrouva avec une robe presque entièrement ouverte terriblement indécente mais magnifique ! Monsieur va être très content de votre travail ! Merci Mademoiselle Anne ressortit avec ses trois sacs et retourna directement à la voiture… J’espère ne pas avoir été trop longue André Ne vous inquiétez pas Mademoiselle, nous serons de retour au palais pour le déjeuner ! Au palais ???? C’est comme cela que nous appelons la maison de Monsieur Paul ! C’est vrai que c’est presque un palais avec son parc…. Dit Anne en souriant ! Pourrez-vous redonner cette enveloppe à Monsieur Paul, Mademoiselle ? Bien sûr, André je vais la lui remettre tout de suite !
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Par : le Il y a 13 heure(s)
Quelques échos épars, d'un roman à l'autre, faisaient deviner la nature de leur relation amoureuse. Après l'instabilité passionnelle qu'avait toujours vécue Juliette, vint une consonnance sereine de cœurs et de corps, la sensation d'avoir l'éternité pour s'aimer. Avec Charlotte, ses journées coulaient doucement comme une poignée de sable qu'elle pouvait dérober à tout moment dans le sablier de la vie, pensait t-elle. Elle semblait non pas rajeunie, mais seulement à l'écart du temps. Aucune convalescence, fût-elle amoureuse, ne pouvait trouver meilleur climat. Elle installait alors son bonheur bourgeois dans le confort. Des coussins moelleux servaient de support à sa mélancolie. Partout où portaient ses yeux, ce n'était que des images de raffinement et de paix. Pourtant, son désordre intérieur ne rencontrait pas toujours l'harmonie. Sa passion date de ce jour-là, elle pourrait ajouter qu'il en est de même pour sa souffrance. Elle dépérissait à vue d'œil quand Charlotte n'était pas là. Elle avait la tête vide. Tout lui tombait des mains et elle passait des journées entières à penser à elle. Dans les premiers temps de leur rapprochement, elle éprouva des sentiments semblables à ceux de son amante. Dans l'enfance de leur amour, elle se laissait conduire, avec un doux plaisir, dans ses voies enfantines. Elle savait qu'elle se fortifierait et s'élèverait rapidement. Aussi elle eut une telle confiance qu'elle précipita les épreuves. Elle n'eut plus craint de la soumettre à tous ses désirs, d'autant plus qu'elle en serait plus humiliée et meurtrie. Charlotte ne pouvait, puisqu'elle l'aimait, qu'aimer avec joie, tout ce qui venait de Juliette. Tout à coup, elle la regarda avec une sorte d'épouvante. Ce qui s'était accompli dans cet être dont elle avait tant envie lui apparaissait effroyable. Ce corps fragile, ses craintes, ses imaginations, c'était tout le bonheur du monde à son usage personnel. Son passé et le sien lui faisaient peur. Mais ce qu'il y a de plus cruel dans les sentiments violents, c'est qu'on y aime ce qu'on aime pas. On y adore jusqu'aux défauts, jusqu'aux abominations, on s'y attache à ce qui fait de plus mal. Tout ce que Juliette détestait en Charlotte était sans prix pour elle. Et son seul bonheur, c'était le plaisir même, le sien, tous ces plaisirs du monde, camouflés la plupart du temps sous de fugaces désirs, des amours passagères, des illusions d'un moment. Elles avaient du mal à parler. Il y avait un silence entre elles, fait de leurs fautes et de leurs remords. L'éclatement et l'évidence des amours partagées, la simplicité qui jette les corps l'un vers les autres. Ce monde ambigu où les choses s'interprètent et où nous leur prêtons un sens qui est rarement la réalité, c'était l'insoutenable légèreté du bonheur où le temps et l'espace ne sont plus neutres dans l'amour et la soumission. Ils se chargent de nos espoirs et de nos attentes, et le monde entier se couvrent ainsi d'un réseau de signes qui lui donne un sens parfois absurde. Si tout était là, la vérité serait à la portée de tous, à la merci d'un miracle, mais on ne peut n'allumer que la moitié d'un soleil quand le feu est aux poudres. Qui n'a vu le monde changer, noircir ou fleurir parce qu'une main ne touche plus la vôtre ou que des lèvres vous caressent ? Mais on est où nous le sommes, on le fait de bonne foi. C'est tellement peu de choses que ce n'est rien, ou presque. Elle touchait là au sublime et c'est dans l'espoir d'une découverte précieuse, qu'elle désirait recevoir certaines sensations de nature à s'abandonner à l'amour, même si elle avait quelques scrupules à laisser son âme accueillir des sentiments qui pourraient l'envahir et seule, la pensée qu'elle allait succomber, la distrayait de sa mélancolie et Phèdre de répéter "qu'un prompt départ vous éloigne de tout". Juliette possédait au suprême degré ce don de la dérobade, qui faisait de chaque instant de la vie, des moments d'exception, autant de merveilles pour Charlotte.   Le vide s'en allait chaque jour, et la tache blafarde qui recouvrait le visage aimé, se dissipait peu à peu, comme la brume sur un étang solognot. Mon cœur me réveillait. Il ne me laissait aucun répit. Il me poussait sans cesse hors de ce bonheur. J'allais je ne sais où, en quête d'un visage qui passe, d'une aventure qui montre le bout de son nez. Parfois, pour rien. Mais on n'avoue jamais ces choses-là. Charlotte écoutait et tremblait de bonheur, puisque Juliette l'aimait, tremblait, consentante. Juliette le devina sans doute, car elle lui dit: "-C'est parce qu'il t'est plaisant d'accepter que je veux de toi ce à quoi il te sera impossible de consentir, même si d'avance tu l'acceptes et que tu t'imagines capable de te soumettre. Tu ne pourras pas ne pas te révolter. J'obtiendrai ta soumission malgré toi, non seulement pour l'incomparable satisfaction que moi ou d'autres y trouveront, mais pour que tu prennes conscience de ce qu'on fera de toi". Charlotte allait répondre qu'elle était son esclave, qu'elle porterait ses liens avec bonheur. Sa Maîtresse l'arrêta. "-Tu dois te taire et obéir". Juliette passa ses bras autour du cou de Charlotte. Elle l'enlaça à contrecœur tandis qu'elle posait la tête contre sa poitrine. Elle l'embrassa dans le cou et se serra contre elle. Glissant la main dans ses cheveux, elle posa ses lèvres timidement sur sa joue puis sur sa bouche, l'effleurant délicatement avant de l'embrasser de plus en plus passionnément. Involontairement, elle répondit à ses avances. Elle descendit lentement ses mains dans son dos, et la plaqua contre elle. Debout sur la terrasse, assourdies par le bruit des vagues, elles se laissèrent gagner par un désir grandissant. Charlotte s'écarta de Juliette, la prenant par la main, l'entraîna vers la chambre. Après avoir détesté sa cruauté, la méticulosité qu'elle employait pour la tourmenter, la lui rendait si chère, que la vie ne lui apparaissait plus comme ayant pour but la vérité, mais "Linsoutenable légèreté de l'être" de Kundera.   Cette sorte d'obligation d'avoir du plaisir lui semblait moins lourde, et à toutes ces pensées, Charlotte, méditativement, confrontait, pour décider ce qui devait dans son âme l'emportait, l'amour invisible derrière son voile, de Juliette, ou la perfection de sa cruauté. Si seulement, sa Maîtresse lui avait donné le plus petit prétexte à son inconduite. Mais elle ne trouvait rien à lui reprocher. Si sévère, si injuste, force est de constater qu'elle portait seule la responsavilité de sa faute. Mais le désir l'emporta et elle s'écarta d'elle. La lumière de l'aube inondait la pièce, jetant des ombres sur les murs. N'hésitant qu'une fraction de seconde avant de se retourner vers elle, elle commença à se déshabiller. Charlotte fit un geste pour fermer la porte de la chambre, mais elle secoua la tête. Elle voulait la voir, cette fois-ci, et elle voulait qu'elle la voit. Charlotte voulait que Juliette sache qu'elle était avec elle et non avec une autre. Lentement, très lentement, elle ôta ses vêtements. Son chemisier, son jean. Bientôt, elle fut nue. Elle ne la quittait pas des yeux, les lèvres légèrement entrouvertes. Le soleil et le sel de la mer avaient hâler son corps. Il venait d'ailleurs, de l'océan. Il émergeait des eaux profondes, tout luisant de ce sucre étrange cher à Hemingway. C'était la fleur du sel. Puis Juliette s'approcha de Charlotte et posa ses mains sur ses seins, ses épaules, ses bras, la caressant doucement comme si elle voulait graver à jamais dans sa mémoire le souvenir de sa peau. Elles firent l'amour fiévreusement, accrochées désespérément l'une à l'autre, avec une passion comme elles n'en avaient jamais connue, toutes les deux douloureusement attentive au plaisir de l'autre. Comme si elles eu avaient peur de ce que l'avenir leur réservait, elles se vouèrent à l'adoration de leurs corps avec une intensité qui marquerait à jamais leur mémoire. Elles jouirent ensemble, Charlotte renversa la tête en arrière et cria sans la moindre retenue. Puis assise sur le lit, la tête de Charlotte sur ses genoux, Juliette lui caressa les cheveux, doucement, régulièrement, en écoutant sa respiration se faire de plus en plus profonde. Elle avait les cheveux très courts, épais et blonds, à peine ondés, telle Jean Seberg.   Beauté sans visage et sans identité qui lui avait été subrepticement substituée sous son voile. Son cœur à elle n'était que pardon. Où puisait-elle tant de force et d'abnégation ? Dans les principes de la religion réformée, dans sa culpabilité de femme soumise, dans la grâce que que donne l'amour ? Au moindre mot de sa Maîtresse, elle penchait un peu sa tête vers son épaule gauche et appuyait sa joue sur les genoux de Juliette, alors souriante et étrangement tendre. Soudain, les lèvres de Juliette exigèrent un maintenant plein d'abandon. La communion ne put être plus totale. Elle lui prit la tête entre ses deux mains et lui entrouvrit la bouche pour l'embrasser. Si fort elle suffoqua qu'elle aurait glissé si elle ne l'eût retenue. Elle ne comprit pas pourquoi un tel trouble, une telle angoisse lui serraient la gorge, car enfin, que pouvait-elle avoir à redouter de Juliette qu'elle n'eût déjà éprouvé ? Elle la pria de se mettre à genoux, la regarda sans un mot lui obéir. Elle avait l'habitude de son silence, comme elle avait l'habitude d'attendre les décisions de son plaisir. Désormais la réalité de la nuit et la réalité du jour seraient la même réalité. Voilà d'où naissait l'étrange sécurité, mêlée d'épouvante, à quoi elle sentait qu'elle s'abandonnait, et qu'elle avait pressenti sans la comprendre. Désormais, il n'y aurait plus de rémission. Puis elle prit conscience soudain que ce qu'en fait elle attendait, dans ce silence, dans cette lumière de l'aube, et ne s'avouait pas, c'est que Juliette lui fit signe et lui ordonnât de la caresser. Elle était au-dessus d'elle, un pied et de part et d'autre de sa taille, et Charlotte voyait, dans le pont que formaient ses jambes brunes, les lanières du martinet qu'elle tenait à la main. Aux premiers coups qui la brûlèrent au ventre, elle gémit. Juliette s'arrêta et reprit aussitôt. Elle se débattit de toutes ses forces. Elle ne voulait pas supplier, elle ne voulait pas demander grâce. Mais Juliette entendait l'amener à merci. Charlotte aima le supplice pourvu qu'il fut long et surtout cruel. La façon dont elle fut fouettée, comme la posture où elle avait été liée n'avaient pas non plus d'autre but. Rêve ou cauchemar, tout l'éloignait de sa propre vie, et jusqu'à l'incertitude de la durée. Elle donnait à chacun de ces coups, des buts entre lesquels oscillait son indécision qui obscurait son esprit.   Elle souffrait pour la première fois. La vie pour elle n'avait été qu'un droit chemin sans heurt, sans drame, où tout s'accomplissait selon ses désirs. Pourquoi avait-elle croisé à travers sa Maîtresse cette forme cruelle de la passion ? Elle se sentait comme on est dans la nuit, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît, qui recommence, sûre qu'il va prendre fin parce qu'on craint de ne le pouvoir soutenir, et qu'il continuât pour en connaître le dénouement, ou qu'un autre ne se cachât derrière celui-là. Les gémissements de la jeune femme jaillirent maintenant assez forts et sous le coup de spasmes. Ce fut une plainte continue qui ne trahissait pas une grande douleur, qui espérait même un paroxysme où le cri devenait sauvage et délirant. Ces spasmes secouèrent tout le corps en se reproduisant de minute en minute, faisant craquer et se tendre le ventre et les cuisses de Charlotte, chaque coup, le laissant exténué après chaque attaque. Juliette écouta ces appels étrangers auxquels tout le corps de la jeune femme répondait. Elle était vide d'idées. Elle eut seulement conscience que bientôt le soir allait tomber, qu'elle était seule avec Charlotte. L'allégresse se communiqua à sa vieille passion et elle songea à sa solitude. Il lui sembla que c'était pour racheter quelque chose. Vivre pleinement sa sexualité, si l'on sort tant soit peu des sentiers battus et sillonnés par les autres, est un luxe qui n'est pas accordé à tous. Cette misère sexuelle la confortait dans son choix. Le masochisme est un art, une philosophie et un espace culturel. Il lui suffisait d'un psyché. Avec humilité, elle se regarda dans le miroir, et songea qu'on ne pouvait lui apporter, si l'on ne pouvait en tirer de honte, lui offrir qu'un parterre d'hortensia, parce que leurs pétales bleus lui rappelaient un soir d'été heureux à Sauzon à Belle île en Mer.   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le Hier, 08:17:26
La jeune femme vivait dans un monde occulte où elle cultivait nuitamment des songes prégnants d'inconduite et de lubricité. Là circulaient, lentement, méditativement, ses désirs d'infibulation que ne dissimulerait jamais sa toison pubienne, car son sexe idéalement glabre ne possédait pas cet ornement pileux qui fit en son temps la fortune de Gustave Courbet : L"Origine du monde". Elle avait reçu une éducation stricte et soignée de premier ordre, à troubler les cœurs les plus purs. Dans son regard, pas de résignation, ni de tristesse, mais de la fierté pour sa taille souple et gracieuse d'esclave, pour laquelle la pose des anneaux d'or était la finalité de son enseignement érotique méticuleux. Elle aurait été si parfaitement arrachée de notre cœur, dont elle est aujourd'hui leur part notable, que nous pourrions nous plaire à cette vie séparée hélas d'elle. Mais certains s'endorment face à un monochrome bleu, d'autres se réveillent face à une sanguine licencieuse. Leurs rêves portaient la trace de cette toute ultime image. Naturellement, détailler des arbitrages intimes et obscurs laissait à qui ne la connaissait pas le sentiment que la jeune fille était pour le moins étrange, mais elle ne l'était pas davantage que les femmes et les hommes qui zigzaguaient chaque jour entre leurs fantasmes et leurs peurs. Les humains sont ainsi, habiles à dissimuler les invisibles contraintes qu'ils se figurent, à taire les irréels précipices que leur esprit torturé leur fait voir, tout persuadés qu'ils sont que les impossibilités auxquelles ils croient existent bien. La jeune fille goûtait alors le délice de se savoir comprise, transpercée par ce regard ingénieux qui l'évitait obstinément. La nuit s'installait dans une douce ambiance de sensualité. Les deux amantes semblaient très heureuses. Juliette contemplait impunément le pur ovale du visage de Charlotte. Des épaules fines et le cou gracieux. Sur la peau mate des joues et du front, sur les paupières bistrées passaient, comme des risées sur la mer, de brefs frissons qui gagnaient le ventre, les bras et les doigts entremêlés. Une émotion inconnue s'empara d'elle. Serrer une femme dans ses bras, c'est se priver de la voir, se condamner à n'en connaître alors que des fragments qu'ensuite la mémoire rassemble à la manière d'un puzzle pour reconstituer un être entièrement fabriqué de souvenirs épars. Les seins, la bouche, la chute des reins, la tiédeur des aisselles, la paume dans laquelle on a imprimé ses lèvres. Or, parce qu'elle se présentait ainsi allongée, pétrifiée comme une gisante dans son linceul de drap blanc, Juliette découvrait Charlotte comme elle ne croyait jamais l'avoir vue. Des cheveux courts d'une blondeur de blé, les jambes brunies par le soleil. Elle ne reconnaissait pas la fragile silhouette vacillante alors sous le fouet. Bouleversée, elle regarda longtemps le corps mince où d'épaisses balafres faisaient ainsi comme des cordes en travers du dos, des épaules, du ventre et des seins, parfois en s'entrecroisant. Charlotte étendue sans défense, était infiniment désirable. Tel le suaire que les sculpteurs jettent sur une statue d'argile ocreuse encore fraîche, le drap mollement tendu épousait les formes secrètes de la jeune femme. Le ventre lisse parfumé, le creux des cuisses, les seins aux larges aréoles et aux mamelons encore au repos.   Elle ne s'exhibait pas naturellement mais ce concours de circonstances vint à un moment où une longue abstinence l'avait mis dans un état de sensibilité érotique exacerbée. Il s'était alors déclenché en elle une puissante fièvre de désir sexuel, incontrôlable comme un ruisseau en crue. Finalement, Charlotte ne tenait plus et elle prit à pleine main son désir comme on prend un oiseau. Ce serait donc une véritable résurrection, jusqu'à l'amour duquel elle s'élèverait. Le respect était intact, et l'admiration inentamée. Mais plus on pointait son originalité, plus elle se murait dans son exil intérieur. Déconcertée, elle n'avait plus qu'une certitude, elle se savait prête à être infibulée, porter des anneaux aux lèvres de son sexe, aussi longtemps que sa Maîtresse le souhaiterait. Là était bien sa jouissance la plus enivrante : être observée scrupuleusement, reconstituée à partir de déductions et enfin reconnue dans sa sinueuse complexité. Ce sport la ravissait lorsqu'il s'appliquait à sa personne si dissimulée, qui plus est avec un tact qui traquillisait ses pudeurs. L'onde surprit son ventre. La blondeur accepta l'étreinte. Le ballet érotique devint un chef-d'œuvre de sensualité, un miracle de volupté. Charlotte fut la corde sous l'archet, le clavier sous les doigts du pianiste, le fouet sur la chair, l'astre solaire dans les mains d'une déesse. Ne plus s'appartenir est déjà l'extase. Les traces encore fraîches témoignaient de l'ardeur de leur duel passionnel, des courbes s'inclinant sous la force du fouet comme les arbres sous la bourrasque. La muraille de chair, de silence qui les abritait où Charlotte était soumise, le plaisir que Juliette prenait à la voir haleter sous ses caresses de cuir, les yeux fermés, les pointes des seins dressées, le ventre fouillé. Ce désir était aigu car il lui rendait constamment présent sans trêve. Les êtres sont doubles. Le tempérament de feu façonnait. Juliette la conduisait ainsi à l'abnégation. Car si Juliette l'aimait sans doute, et Charlotte sentait que le moment n'était pas éloigné où elle allait non plus le laisser entendre, mais le lui dire, mais dans la mesure même où son amour pour elle, et son désir d'elle, allaient croissant, elle était avec elle plus longuement, plus lentement inexorablement exigeante. Elle avait gardé les yeux fermés. Elle croyait qu'elle s'était endormie tandis qu'elle contemplait son corps inerte, ses poignets croisés juste à la cambrure de ses reins, avec le nœud épais de la ceinture du peignoir tout autour. Tout à l'heure, à son arrivée, elle n'avait pas dit un mot. Elle l'avait précédé jusqu'à la chambre. Sur le lit, il y avait la ceinture d'éponge de son peignoir. À son regard surpris, elle n'avait répondu qu'en se croisant les mains dans le dos. Elle lui avait entravé les poignets sans trop serrer mais elle lui avait dit plus fort et Juliette avait noué des liens plus étroits.   Ce sont ces sensations, même les plus chétives, comme les obscurs attachement qui s'effarent et refusent, en des rébellions où il faut voir un mode secret. Elle s'avouait définitivement vaincue. Pourtant, dans le registre des amours illicites, rien n'était plus suggestif que cette position, dont l'admirable organisation plastique rehaussait la qualité poétique. Un surréaliste n'en aurait pas renié l'esprit, ni la lettre. La jeune fille était celle qui par la seule qualité de sa présence, et de sa dévotion, donnait à sa Maîtresse accès à l'émotion de sa vie, si difficile à atteindre avec une autre. Et puis, elle était aussi touchée par Charlotte que par les talents qui restaient à naître en elle, ces territoires inexplorés qu'elle devinait derrière ses singulières folies.Elle voulait la rendre rapidement à merci pour leur plaisir. Ainsi gardée auprès d'elle des nuits entières, où parfois elle la touchait à peine, voulant seulement être caressée d'elle, Charlotte se prêtait à ce qu'elle demandait avec bien ce qu'il faut appeler de la reconnaissance, ou un ordre. D'elle-même alors elle s'était laissée tombée sur le lit. Ça l'avait beaucoup excitée de la sentir aussi vulnérable en dessous d'elle. Elle s'était dévêtue rapidement. Elle lui avait relevé son shorty d'un geste sec. Elle l'avait écarté pour dégager les reins et l'avait fouettée sans échauffement. Elle reçut sans se débattre des coups de cravache qui cinglèrent ses fesses de longues estafilades violettes. À chaque coup, Charlotte remercia Juliette. Elle devint son sang. La vague accéléra son mouvement. L'ivresse les emporta et les corps ne surent plus dire non. Ils vibrèrent, se plaignirent, s'immobilisèrent bientôt. Juliette la coucha sur le dos, écarta ses jambes juste au-dessus de son visage et exigea d'elle avec humeur qu'elle la lèche aussitôt comme une chienne. Elle lapa son intimité avec une docilité absolue. Elle était douce et ce contact nacré la chavira. Les cuisses musclées de Juliette s'écartèrent sous la pression de la langue et des dents. Elle s'ouvrit bientôt davantage et se libéra violemment dans sa bouche. Surprise par ce torrent, Charlotte connut un nouvel orgasme qui vite la tétanisa, lorsqu'elle prit conscience qu'elle jouissait sans l'autorisation de sa Maîtresse, avec la nonchalance que procure le plaisir poussé à son paroxysme. Elle l'en punirait certainement sauvagement pour son plus grand bonheur. Chaque abandon serait alors le gage qu'un autre abandon serait exigé d'elle, de chacun elle s'acquitterait comme un dû. Il était très étrange qu'elle en fût comblée. Cependant Charlotte sans se l'avouer à elle-même, elle l'était. Après une toilette minutieuse, pour retrouver son état de femme libre, Juliette qui regrettait alors de ne pouvoir la fouetter davantage, l'embrassa tendrement. Il était temps de sceller le lien qui les unissait. Le jour tant attendu arriva. L'objet même que recherche anxieusement à atteindre la passion, le risque d'un refus.   Les nerfs remplissent souvent mal leurs fonctions et n'arrêtent jamais leurs route vers la conscience. Elle avait cette sensation étrange de leur fabriquer des souvenirs. En fait, elle agissait comme si chacune de leurs impressions devait fixer pour l'avenir la couleur de leur âme. Sa Maîtresse savait qu'elle ne s'échapperait de ses propres fantasmes qu'en libérant sa jeune soumise des siennes. Car il est clair que par un étrange jeu de miroir, cette jeune fille lui renvoyait très exactement l'image de ses propres limites, celles qui la révoltaient le plus. Elle la fit allonger sur un fauteuil recouvert d'un tissu damassé rouge. La couleur donnait une évidente solennité au rituel qui allait être célébré. Elle ne put éviter de penser au sang qui coulerait sans doute bientôt des lèvres de son sexe. Et puis tout alla très vite. On lui écarta les cuisses, poignets et chevilles fermement liés au fauteuil gynécologique. Elle résista mais on transperça le coté gauche de sa lèvre. Juliette lui caressa le visage tendrement, et dans un geste délicat, elle passa l'anneau d'or dans la nymphe percée. Il lui fallut écarter la chair blessée afin d'élargir le minuscule trou. L'anneau coulissa facilement et la douleur s'estompa. Mais presque aussitôt, elle ressentit une nouvelle brûlure. L'aiguille déchira la seconde lèvre pour recevoir l'autre anneau. Tout se passa bien. Charlotte se sentit libérée malgré son marquage. Elle ferma les yeux pour vivre plus intensément ce moment de complicité. Ses yeux s'embuèrent de larmes. Alors Juliette lui prit la main dans la sienne et l'embrassa. Puis Juliette la prit, et il parut à Charlotte qu'il y avait si longtemps qu'elle ne l'avait fait qu'elle s'aperçut qu'au fond d'elle elle avait douté si même elle avait encore envie d'elle, et qu'elle y vit seulement naïvement une preuve d'amour. Ces anneaux qui meurtrissaient sa chair intime trahiraient désormais son appartenance à sa Maîtresse. La condition d'esclave ne l'autorisait pas à extérioriser sa jalousie ou son agressivité envers une jeune femme dont pouvait se servir trop souvent Juliette. Les jeunes filles qu'elle convoitait n'étaient là que pour assouvir ses fantasmes. Elle les utilisait comme telles. Elles ne pouvaient imaginer qu'elles servaient de test à satisfaire sa passion avant tout. Le prétexte de sa soumission semblait lui donner tous les droits, même celui de la faire souffrir dans son orgueil de femme amoureuse. Juliette a le droit d'offrir Charlotte. Elle puise son plaisir dans celui qu'elle prend d'elle et qu'elle lui vole. Elle lui donna son amour. Pour Charlotte, il n'y avait pas de plus grande démonstration que dans l'abnégation. Ainsi agissaient ces influences qui se répètent au cours d'amour succesives pouvant se reproduire.   L'anxieuse alarme qu'elle éprouvait sous ce plafond inconnu et trop haut n'était que la protestation de sa soumission qui survivait en elle pour un plafond trop bas. Elle fut prise d'hésitation et songea à ce que ses lèvres avaient embrassé, à ce que ses doigts avaient caressé quelques heures auparavant. Et puis tout alla très vite, elle allait obéir par goût du jeu, ne fixant aucune limite à son désir de provoquer et de choquer. Ses cheveux blonds brillaient comme s'ils avaient été huilés, ses yeux bleus, dans la pénombre paraissaient noirs. Charlotte était particulièrement en beauté, ce soir-là. Elle portait des bas noirs à couture et une veste en soie de la même couleur dont l'amplitude laissait entrevoir son intimité. Un collier de chien ciselé de métal argent serti d'un petit anneau destiné au mousqueton de la laisse conférait à sa tenue un bel effet. Juliette lui fit prendre des poses provocantes. Elle en rajouta jusqu'à devenir franchement obscène. Le harnais de cuir et le bustier emprisonnaient son sexe et ses seins. On lui banda les yeux avant de la lier à une table, jambes et bras écartés. Sa Maîtresse expliqua calmement aux hôtes qu'elle était à leur disposition. Elle avait décidé de l'offrir à des hommes. Bientôt des inconnus s'approchèrent d'elle. Elle sentit des dizaines de doigts la palper, s'insinuer en elle, la fouiller, la dilater. Cela lui parut grisant. Elle éprouva un plaisir enivrant à être ainsi exhibée devant des inconnus. Elle devint une prostituée docile. Elle qui se prêtait toujours de son mieux était malgré elle toujours contractée, alors sa Maîtresse décida de la forcer. Juliette interrompit subitement la séance qui lui parut trop douce, génératrice d'un plaisir auquel elle n'avait pas droit. Elle fut détachée pour être placée sur un chevalet. Elle attendit dans la position infamante de la putain offerte avant que des sexes inconnus ne commencent à la pénétrer. Elle fut alors saccagée, malmenée et sodomisée tel une chose muette et ouverte. Ce que sa Maîtresse lui demandait, elle le voulait aussitôt, uniquement parce qu'elle lui demandait. Alors, elle s'abandonna totalement. Devinant les pulsions contradictoires qui l'ébranlaient, Juliette mit fin à la scène, l'entraîna hors de la pièce, la calma par des caresses. Lorsqu'elle eut retrouvé la maîtrise de ses nerfs, ce fut Charlotte qui lui demanda de la ramener dans le salon où les hommes attendaient son retour. Elle fit son apparition, les yeux de nouveau bandés, nue et fière, guidée alors par Juliette qui la dirigea vers les inconnus excités. Ce fut elle qui décida de s'agenouiller pour prendre dans sa bouche leur verge, jusqu'à ce qu'ils soient tous parvenus à la jouissance et se soient déversés sur son visage ou sur sa poitrine offerte. Couverte de leurs semences, elle était heureuse. Mais pour déchaîner cette passion, il faut le risque d'un sacrifice.   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 19/05/26
Est-ce l'instinct du plaisir ou du bonheur qui guida la jeune femme vers ses pulsions les plus animales ? Ce n'en fut pas encore la vue, et il avait fallu toute la verve des poètes et la mystique animée de l'amour lesbien de Sapphṓ, le souvenir des jardins à la nuit tombante de Pétrarque, du Roman de la Rose et des soirées dorées de Bysance, pour parvenir à tout cela. Charlotte secouait un joug et tentait de se débarrasser d'un code des bienséances draconien qui prétendait réduire sa nature primitive, la passion vulgaire de soi-même, les attitudes commodes, voire trop franches, puisqu'il était interdit de laisser deviner ses sentiments et les choses qui vous touchent personnellement, comme la mélancolie et même l'esprit de contradiction, quand on blesse vos désirs. Au sortir de l'adolescence, elle commença à jouir d'un peu de liberté, et préféra au strict respect de l'homme, la délicatesse des femmes. On ne lui avait rien appris tant les sujets touchant l'existence étaient articles scabreux et tabous. Même si elle lisait beaucoup, elle avait appris les bonheurs de la vie sur les corps de ses amantes. Jean-jacques Rousseau n'était-t-il pas d'avis qu'il ne fallait rien apprendre aux filles parce qu'elles savent tout par nature et instinct. L'abbé de Saint-Pierre avait lui, d'autres vues. L'odieuse Révolution française décréta doctement, en faisant couler le sang bleu, qu'elle n'avait pas à s'occuper de leur éducation. Fénelon, quand à lui, conseillait "de ne verser dans un réservoir si petit et si précieux que des choses exquises". Cette lumière dorée qui tombait du plafond pour s'aviver aux flammes aiguës des cierges, c'était la blondeur de Charlotte se mêlant à celle de Juliette. C'était l'éclat d'un même corps de femme en course par le monde, d'une femme qui n'avait fait que traverser l'amour pour resurgir. La fidélité n'est jamais ridicule, et si sensible qu'elle soit à certains prestiges du temps, elle la plaçait très haut. Elle s'écartait de Juliette en plongeant son regard dans le sien avec une avidité qui laissait supposer que si, à ce moment-là elle s'était détournait d'elle, elle l'aurait tuée. Mais, au contraire, avec la même convoitise, elle répondait silencieusement à son désir. Il ne lui parut pas moins que ce comportement avait quelque chose de faux, d'un peu anormal. Quoi ? Une exaspération, une exaltation excessive, comme une ivresse provoquée, c'est à dire n'ayant rien à voir avec le délire des sens. N'était-il pas dans l'ordre des choses que de jeunes amantes, en pleine lune de miel, se lutinent, se caressent et, affamées l'une de l'autre se trouvent surexcitées par la solitude dans un décor moite et exotique ? Allongée sur le dos, elle resta immobile et Juliette en profita pour couvrir de baisers rapides tous les espaces de chair claire que le drap ne couvrait pas. Ce fut très rapide, mais ensuite, elles restèrent ainsi longtemps sans bouger, comme si Dieu jaloux les eût pétrifiées. De ce qui n'était qu'une canfouine sous les toits d'un quartier parisien chic, la jeune femme avait fait un réel refuge à sa semblance : lumineux, paisible, harmonieux. Les pièces qu'habitèrent des générations de grands bourgeois dont la vie grise avait déteint sur les murs, elle les avait meublés de couleurs exactes et de formes nécessaires. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodités. Ici rien n'offensait ou n'agaçait. Seul l'amour semblait régner en maître, comme l'air du temps, l'eau de la mer ou les rayons du soleil, un soir d'été, sur les parquets en point de Hongrie.    C'était un appartement pour états d'âme, un micro-climat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence: le calme. En apparence, rien de moins remarquable que les rapports des deux amantes, rien de plus rationnel. La courte nuit d'été s'éclaircit lentement, et vers cinq heures du matin, le jour noyait les dernières étoiles. Charlotte qui dormait fut tirée du sommeil par la main de Juliette entre ses cuisses. Mais Juliette voulait seulement la réveiller, pour que Charlotte la caressât. Ses yeux brillaient dans la pénombre. Charlotte effleura de ses lèvres la dure pointe des seins, de sa main le creux du ventre, Juliette fut prompte à se rendre, mais ce n'était pas à Charlotte. Le plaisir sur lequel elle ouvrait grand les yeux face au jour était un plaisir impersonnel et anonyme, dont Charlotte n'était que l'instrument. Il était indifférent à Juliette que Charlotte admirât son visage bruni et rajeuni, sa bouche haletante, indifférent que Charlotte l'entendît gémir quand elle saisit entre ses dents et ses lèvres la crête de chair cachée dans le sillon de son ventre. Simplement, elle prit Charlotte par les cheveux pour l'appuyer plus fort contre elle, et ne la laissa aller que pour lui dire: "Recommence". Juliette avait pareillement aimé Charlotte. Elle lui avait enlevé ses fers. Charlotte osa adresser un regard complice et elles se comprirent. Juliette la poussa vers la table en verre occupant un des coins de la chambre et la força à se pencher dessus. Elle retroussa le chemisier de Charlotte, caressa du bout des doigts la culotte de dentelle noire de sa soumise. C'était de la soie. Sur l'ordre de l'homme d'affaires, la jeune esclave avait confisqué tous ses anciens dessous, les jugeant indignes d'elle. Juliette se fâcha. Charlotte ne portait pas le string La Perla qu'elle lui avait ordonné de porter pour la nuit. Elle lui ôta brutalement et se saisit de la cravache posée sur la table basse Knoll. Sans plus de préambule, elle exigea d'elle qu'elle enlève son soutien-gorge, découvrant ainsi une poitrine menue mais ferme. Elle cingla alors à toute volée ses seins, en visant les mamelons, au centre des aréoles, pour les taillader avec le cuir. Juliette semblait vouloir la dépecer. Charlotte se déhancha, comme prise par une danse de Saint-Guy. Juliette, réalisant alors que Charlotte ne conserverait pas de traces, se saisit d'un martinet, qui était rangé dans le tiroir de la table de nuit, et travailla les épaules et les fesses de Charlotte en l'échauffant lentement, alternant les caresses des lanières de cuir avec des coups cruels et violents. Plus Juliette frappait fort et plus Charlotte s'offrait. La douleur devenait intolérable, elle se rendait spectatrice de sa douleur. Elle souffrait, mais semblait heureuse. Le plaisir qui naissait insidieusement en elle la stigmatisait en la glorifiant. Juliette ne s'était pas trompée à l'acquiescement ni à la révolte de Charlotte, et savait bien que son merci était dérisoire. Il y avait bien une raison qu'elle lui expliqua. Elle tenait à faire éprouver à toute fille qui entrait dans sa maison, qui se soumettait à elle, que sa condition de femme ne serait pas déconsidérée, du seul fait qu'elle n'aurait de contact qu'avec d'autres femmes, sauf pour la punir à être offerte à des hommes. Et que pour cette raison, elle exigerait à l'avenir qu'elle soit constamment nue, de nuit comme de jour. La façon dont elle avait été fouettée, comme la posture où elle serait désormais entravée n'avaient pas d'autre but. Charlotte avait ressenti une jouissance cérébrale de femme soumise à une femme qui l'obligeait à souffrir. Mais pour Juliette, la certitude que Charlotte ne tenait compte égoïstement que de son propre plaisir la révulsait, chaque séance de flagellation semblant l'éprouver de moins en moins. Quant à elle, même si elle n'avait pas aimé que son seul souffre-douleur, ses fautes n'étaient que le résultat insensé de cet amour poussé au désespoir, qui la conduisait à laisser Charlotte, folle de jouissance, attachée et nue, sanglante et couverte de traces dont elle était fière, toute à son délire présentant un tableau si honteux et obscène que valait mieux en éteindre jusqu'au moindre souvenir.   Éros, qui différencie ou unit les sexes, l'érotisme naît de cela. La loi d'Empédocle est vraie : le couple idéal est composé de deux moitiés d'un tout attirées l'une vers l'autre, mais qui se cherchent, tentent de se retrouver et qui s'étant rejointes se fondent l'une dans l'autre : c'est alors l'unité. On ne doit pas être prisonnier de ce qu'on est, mais on ne doit pas, on ne peut pas non plus le récuser. Elle avait cédé par faiblesse et parce que les manœuvres préliminaires lui avaient procuré un amusement pervers. Elles avaient d'instinct les mêmes désirs, les mêmes besoins, les mêmes rêves, le même esprit, la même âme. On ne pouvait imaginer ni terme ni limites à leur connivence. Quelque chose d'indéfinissable semblait avoir pris le contrôle de son cerveau et commandait à son corps de cette souffrance fulgurante magnifiée par son obéissance servile. Ce fut alors une révélation pour elle. Après lui avoir fait demi-tour, elle s'agenouilla aux pieds de sa soumise: "- Si tu te voyais, sale chienne!" Une vraie fontaine ! J'ai connu plus d'une fille chaude, mais j'ai l'impression que tu les surpasses toutes !" Sa nuisette était à terre, Charlotte n'apercevait pas le visage de Juliette, mais elle sentit sa langue quand elle lui lécha les lèvres de son sexe. Elle se cambra, écartant les jambes autant que le lui permettait la culotte qui la bloquait aux genoux. En lesbienne raffinée, Juliette prenait son temps. D'abord elle lécha d'une extrémité à l'autre les bords de la vulve, avant de descendre plus bas entre les cuisses puis de remonter enfin dans la fente béante. Charlotte ne put retenir un long gémissement. En un éclair, elle se demanda s'il y avait quelqu'un dans la chambre voisine. Si c'était le cas, il ne pouvait les voir. La lourde porte en bois à double serrure en fer entre les deux pièces était close. Cependant, on pouvait l'entendre crier. Elle oublia vite ce détail. La langue de Juliette faisait des ravages dans son sexe, elle allait et venait à une cadence diabolique. Le résultat ne tarda pas. Charlotte jouit de nouveau, sans se soucier si le voisinage pouvait être alerté par ses cris. Juliette se délecta du spectacle offert par sa soumise. Après lui avoir demandé de la remercier, elle dit seulement: "C'est curieux, j'ai trouvé que ton sexe avait moins de goût aujourd'hui." Charlotte alors feignant une déception évidente eut un sourire contraint. Charlotte leva la tête. Juliette ne l'eût pas regardée, comme elle faisait toujours. Elle n'eût pas autrement bougé. Mais cette fois, il était clair que Juliette voulait rencontrer le regard de Charlotte. Ces yeux noirs brillants et durs fixés sur les siens, dont on ne savait s'ils étaient ou non indifférents, dans un visage fermé. "-Maintenant, je vais te faire couler un bain", annonça-t-elle en ouvrant la porte de la salle de bain contiguë à la chambre. Elle enfila une courte blouse de coton blanche qui dévoilait ses longues jambes bronzées. Charlotte se déshabilla lentement. Juliette lui sourit et lui caressa les pointes de ses seins qui durcirent. On n'épuisera jamais Charlotte mais il est bon pour Juliette de le tenter.   La même haine et la même fureur de vengeance braquaient son cœur jaloux, contre les autres amantes mais la jeune femme avait toujours eu de la facilité à tout accepter. C'était une véritable grâce qu'elle avait reçue. La malheureuse n'avait rien compris à cette sauvagerie soudaine. Comme atteinte de nystagmus, son regard vacilla avant que jaillissent des larmes provoquées plus par la surprise que par la honte. La première fois que la jeune esclave l'avait aidée à se laver, elle avait ressentie de la gêne, mais peu à peu, elle s'y habituait. Ce soir-là, comme les autres fois précédentes, Juliette évita, en lui faisant sa toilette, de donner un tour érotique à ses attouchements. Cependant, après avoir séché sa soumise, elle invita celle-ci à prendre place sur la table de massage toute neuve installée dans un coin de la pièce. L'homme d'affaires, précisa-t-elle, veut que ce dîner soit une fête. Alors, il faut soigner de près ta préparation. Suivant les indications de la jeune esclave, Charlotte s'allongea à plat ventre sur la table rembourrée. Le menton calé sur ses mains croisées, elle épia, vaguement inquiète celle qu'elle n'arrivait pas encore à considérer comme une servante en dépit des exhortations de l'intéressée et des encouragements de Juliette. Mais tous ces préparatifs ne lui disaient rien de bon, mais la jeune esclave se contenta de sortir de l'armoire à toilette un grand flacon rempli d'un liquide doré. La jeune fille expliqua que c'était de l'huile d'amande douce macérée avec des herbes. "- Après avoir été massée avec cette huile, vous vous sentirez très belle. Il n'y a rien de plus relaxant." Charlotte ne demandait qu'à la croire. Pourtant elle gardait encore une certaine méfiance vis à vis de l'homme d'affaires et de sa complice. Elle eut un frisson quand la jeune fille lui versa une bonne dose d'huile au creux des reins. C'était doux et cela sentait bon. Dans un premier temps, l'esclave qui s'était déshabillée lui étala le liquide odorant de la nuque aux talons, et sur les cuisses. Charlotte était allongée sur la table où brillaient, noires et blanches, comme des flaques d'eau dans la nuit, toutes les images de Juliette. Avant, elle s'attouchait la nuit quand elle était seule. Elle se souvint des questions de sa Maîtresse. Si elle avait des amies dont elle se laissât caresser ou qu'elle caressât. Puis l'esclave entreprit le massage proprement dit, commençant par les épaules. Charlotte se laissait aller. C'était effectivement très relaxant. La jeune esclave lui pinçait la peau et les muscles sans violence, mais avec fermeté. C'était strictement fonctionnel. Mais bientôt, une douce chaleur envahit son corps, surtout son ventre. Une pensée, alors, la traversa sous forme de question. Si les doigts de la jeune fille ne cherchaient pas à l'exciter, qu'en était-il de l'huile de massage ? Les herbes qui avaient macéré dedans ne possédaient-ils pas des effets aphrodisiaques ? Ce soupçon se précisa quand elle sentit les lèvres de son sexe se séparer. Le trouble qu'elle ressentait n'était pas très fort, mais il persistait. Elle remua nerveusement sur la table. Les pointes de ses seins devenues dures, frottaient sur le rembourrage, entretenant son émoi et la laissant frustrée. L'idée que tout cela était fait exprès pour la maintenir alors excitée sans qu'elle puisse se soulager s'imposait à son esprit. Charlotte réprima l'envie de se masturber en se massant le ventre contre la table. Elle obéissait aux ordres de Juliette comme à des ordres en tant que tels, et lui était reconnaissante qu'elle les lui donnât. Qu'on la tutoyât ou lui dît vous, elle ne l'appelait jamais que Maîtresse, comme une servante. Tout cela était presque religieux. Un oiseau qui passe tous les cent ans et qui, tous les cent ans, du bord de son aile effleure la terre et l'éternité c'est le temps qu'il faut pour que la vie disparaisse.    L'éternité n'est pas du tout allongé, c'est l'absence du temps. "O mon âme, n'aspire pas à la vie éternelle, mais épuise le champ du possible". Le mur d'air, de race, d'espace, de vide qui existait entre les deux jeunes femmes, elle brûlait de l'abîmer, et l'autre goûtait en même temps l'attente où elle était contrainte. Impassible, la jeune esclave poursuivait son travail sans paraître remarquer les réactions de Charlotte. Elle avait fini par atteindre ses fesses. Elle les massa longuement et très langoureusement. Quand ses doigts s'attardèrent sur le pourtour de l'anus, Charlotte se cabra. "- Pas là! - Il faut détendre ça comme le reste." La jeune fille ajouta que l'orifice avait besoin d'être élargi pour rendre ce passage plus commode si on décidait un jour de la prostituer. Charlotte serrait volontairement les fesses. Cependant, bon gré mal gré, sous les doigts habiles, elle se relâcha. L'esclave en profita pour lui masser de nouveau les bords de l'anus. Ce fut un soulagement pour Charlotte quand elle descendit enfin sur les cuisses. Son émoi était tel que le moindre attouchement sur une zone sensible l'excitait, la rendait malade de frustration. La trêve fut de courte durée. Car l'esclave, non sans plaisir, avait reçu des instructions strictes. Elle était trop étroite, il fallait l'élargir. Il lui faudrait s'habituer à porter au creux de ses reins, un olisbos à l'imitation d'un sexe dressé, attaché à une ceinture de cuir autour de ses hanches fixée par trois chaînettes de façon que le mouvement de ses muscles ne pût jamais le rejeter. La jeune esclave lui dit seulement qu'il ne fallait pas qu'elle se crût libre désormais. Charlotte l'écoutait sans dire un mot, songeant qu'elle était heureuse que Juliette voulût se prouver, peu importe comment, qu'elle lui appartenait, qu'il n'était pas sans naïveté, de réaliser que cette appartenance était au-delà de toute épreuve. Ainsi écartelée, et chaque jour davantage, on veillerait à ce que l'olisbos, qui s'élargissait à la base, pour qu'on fût certain qu'il ne remonterait pas à l'intérieur du corps, ce qui aurait risqué de laisser se resserrer l'anneau de chair qu'il devait forcer et distendre, soit toujours plus épais. La jeune esclave versa de l'huile dans le rectum de Charlotte, qui bien malgré elle, lui présentait sa croupe en se cambrant, accentuant la courbe de ses reins. Elle enfonça son pouce dans l’anus bien lubrifié, elle le sentait à la fois récalcitrant et souple et elle savait que Charlotte n’était pas encore tout à fait détendue et luttait inconsciemment contre cette intrusion humiliante. De son côté, Charlotte avait la respiration saccadée et rauque, la bouche sèche, elle était dans cet état second où l’appréhension des gestes de l'esclave conjuguée au désir de l’interdit la laissaient totalement passive mais nullement insensible. Bientôt, l'autre main alla s’aventurer dans l'autre voie déjà abandonnante, les lèvres acceptèrent la double caresse forçant délicatement le périnée, les doigts s'attardant sur le clitoris impatient. Lorsque trois doigts forcèrent son anus, elle serra les dents avec un faible gémissement de douleur. Elle n'avait jamais accepté de pénétration dans sa partie secrète, jusqu’à ce jour. Bientôt, ce furent quatre doigts délicats qui pénétrèrent son anus. La chair autour des phalanges s’épousait parfaitement, l'anneau acceptait l'intrusion. Disposant également des seins et du sexe de Charlotte, la jeune esclave ne se priva pas de les exploiter. Après lui avoir pétri la poitrine, elle descendit vers le bas-ventre. L'essentiel n'était pas de jouir mais de mobiliser son énergie vitale. Pour y parvenir, la meilleure façon était de la retenir afin de la concentrer avant de la libérer. Quand enfin, la jeune fille la fit descendre de la table de massage, Charlotte tenait à peine sur ses jambes. Passive, elle se laissa habiller et coiffer. Elle portait une robe échancrée au milieu du dos libérant les reins. Elle comprit du même coup que sans doute Juliette avait décidé de la prêter. Ce fut encore pour elle un grand émoi de s'imaginer, nue et en position d'écartèlement extrême, attachée durement à une croix de Saint André, à la libre disposition de femmes qui ne souhaitaient rien d'autre que de la fouetter jusqu'au sang.     Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir. 
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