C'est hors sujet. La Fontaine ne pouvait pas être poursuivi pour le plagiat d'Esope mais déjà à l'époque cela faisait querelle. Pareil pour plein d'autres auteurs que vous citez.
Et les tels génèrent facilement des textes IA . La preuve en quelques secondes :
La Querelle des Anciens et des Modernes, au XVIIᵉ siècle, pose précisément la question de savoir si les auteurs modernes doivent imiter les Anciens, les dépasser ou s'en émanciper. La question du « plagiat » y est donc centrale, mais il faut distinguer imitation, appropriation et véritable plagiat.
La querelle éclate surtout en France à la fin du règne de Louis XIV. Les Anciens, représentés notamment par Boileau, Racine, La Fontaine ou La Bruyère, considèrent que les Grecs et les Romains ont atteint une forme d'excellence qui constitue une référence fondamentale. Les Modernes, avec Charles Perrault, son frère Claude Perrault ou Fontenelle, soutiennent au contraire que les connaissances et les arts progressent : un auteur du XVIIᵉ siècle dispose de connaissances que n'avaient pas Homère, Virgile ou Aristote et peut donc les dépasser.
Mais derrière cette querelle esthétique se trouve un problème beaucoup plus ancien : peut-on créer quelque chose de véritablement nouveau lorsqu'on travaille dans une tradition ?
Les auteurs de l'Antiquité eux-mêmes pratiquaient massivement l'imitation. Virgile reprend et transforme Homère ; les tragiques grecs reprennent des mythes déjà connus ; les Romains revendiquent souvent leur dette envers les Grecs. Le principe n'était pas nécessairement considéré comme une fraude. L'idéal était plutôt celui de l'imitatio : prendre un modèle, l'assimiler et produire quelque chose de personnel.
C'est pourquoi il est parfois anachronique de parler de « plagiat » lorsqu'un auteur moderne reprend une idée antique. Copier littéralement sans attribution n'est pas la même chose que reprendre un thème, une structure narrative, un personnage ou une idée pour les transformer.
La difficulté devient particulièrement intéressante avec les auteurs du XVIIᵉ siècle. Certains textes français reprennent des images, des situations ou des formulations de l'Antiquité sans toujours signaler explicitement leurs sources. Mais dans une culture profondément fondée sur les humanités classiques, le lecteur cultivé était justement supposé reconnaître les références. Une allusion à Homère, Virgile, Ovide ou Plutarque pouvait constituer une démonstration d'érudition plutôt qu'une tentative de dissimulation.
La frontière entre hommage, imitation, adaptation, réécriture et plagiat dépend donc largement des normes intellectuelles de l'époque.
Le paradoxe de la Querelle est magnifique : les Modernes veulent prouver qu'ils sont capables de dépasser les Anciens, mais ils doivent nécessairement dialoguer avec eux pour le démontrer.
Et les Anciens eux-mêmes n'étaient pas aussi « originaux » que nous l'imaginons aujourd'hui. Une grande partie de la littérature antique fonctionne comme une immense chaîne de transformations : mythe → épopée → tragédie → poésie → roman → réécriture.
On pourrait donc résumer le problème ainsi :
L'Ancien disait : « Tu dois connaître ce qui a été fait. »
Le Moderne répondait : « Je peux faire autrement. »
Et le véritable créateur ajoutait : « Je peux reprendre l'ancien pour en faire quelque chose de nouveau. »
C'est finalement une question qui dépasse largement le XVIIᵉ siècle : où finit l'influence et où commence le plagiat ?