La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM. Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices. Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Par : le 20/12/25
Dans la chambre aux lumières tamisées, l’atmosphère était lourde de désir et de tension. Le Maître, grand et imposant, vêtu d’un pantalon de cuir noir et d’une chemise entrouverte qui laissait deviner la puissance de son torse, observait Elise avec un sourire prédateur. Elle était à genoux au milieu de la pièce, nue à l’exception du large collier de cuir qui serrait son cou et de la chaîne fine qui y était attachée. Ses mains étaient liées dans le dos, mais pas trop serrées : juste assez pour lui rappeler qu’elle n’avait plus le contrôle. Ses joues étaient déjà rosies, son souffle un peu court, et entre ses cuisses, une chaleur traîtresse trahissait à quel point elle attendait cette session. « Regarde-moi, Elise », ordonna-t-il d’une voix basse, autoritaire mais presque caressante. Elle leva les yeux vers lui, et immédiatement une gifle légère, plus humiliante que douloureuse, vint effleurer sa joue. « Non. Les yeux baissés, sauf si je te l’autorise. Tu sais ça, pourtant. » Le rouge lui monta aux pommettes, non pas seulement de la claque, mais de la honte délicieuse de se faire rappeler à l’ordre comme une élève indisciplinée. Son ventre se contracta, et elle sentit une vague de chaleur irradier entre ses jambes. Elle baissa la tête, obéissante.   Il s’approcha, attrapa la chaîne et tira doucement mais fermement pour la faire avancer à quatre pattes jusqu’au pied du lit. « Tu es ma petite chose ce soir, Elise. Rien d’autre. Dis-le. » Sa voix était grave, presque un murmure. Elle déglutit, la gorge sèche d’excitation. « Je… je suis votre petite chose, Maître. Rien d’autre. » Les mots sortirent dans un souffle, et elle sentit son intimité palpiter à l’idée de s’être ainsi réduite, pour lui.   Il la fit se redresser sur les genoux, défit lentement sa ceinture, puis libéra son sexe déjà dur. Sans un mot, il guida sa tête vers lui. Elise ouvrit la bouche avec avidité, prenant son membre aussi profondément qu’elle le pouvait, les yeux mi-clos de plaisir malgré la position soumise. Il grogna de satisfaction, empoigna ses cheveux et imposa un rythme plus rapide, plus profond. Chaque poussée dans sa gorge lui arrachait un petit gémissement étouffé – pas de douleur, mais d’un mélange intense de soumission et de désir brut. Elle sentait son propre corps répondre, ses hanches se tortillant imperceptiblement, cherchant un contact qu’on lui refusait.   Après quelques minutes, il se retira, la laissant haletante, les lèvres gonflées et brillantes. « Debout. » Il la mena jusqu’à la table rembourrée, la pencha en avant et attacha ses chevilles écartées. Ses fesses et son sexe étaient ainsi totalement exposés, offerts. Il prit un marqueur et, avec une lenteur délibérée, écrivit sur sa peau : « Propriété » sur une fesse, « À utiliser » sur l’autre, « Soumise » juste au-dessus de son intimité. Chaque lettre tracée la faisait frissonner ; l’humiliation de porter ces mots sur son corps la faisait mouiller davantage, et elle le savait, il le voyait.   « Regarde comme tu es trempée, Elise », murmura-t-il en passant un doigt entre ses lèvres intimes, sans la pénétrer, juste pour la taquiner. Elle gémit, poussa légèrement les hanches en arrière, suppliante. « Tu aimes quand je te traite comme un objet, n’est-ce pas ? » Elle hocha la tête, incapable de nier. « Oui, Maître… j’aime ça. »   Il prit alors le martinet à fines lanières et commença à la fouetter – pas avec violence extrême, mais avec une régularité qui faisait monter la chaleur sur sa peau. Chaque coup laissait une traînée brûlante, et entre deux impacts, il caressait les marques rougies, alternant douleur et douceur. Elise serrait les dents, mais ses gémissements étaient plus de plaisir que de souffrance : chaque claquement semblait résonner directement dans son bas-ventre, amplifiant son excitation jusqu’à la rendre presque insupportable.   Quand il jugea sa peau suffisamment marquée et sensible, il posa le martinet et se plaça derrière elle. D’un seul mouvement fluide et puissant, il la pénétra profondément. Elise laissa échapper un cri rauque de soulagement et de plaisir. Il la prit avec force, ses mains agrippant ses hanches, claquant contre ses fesses rougies à chaque poussée. Le mélange de la brûlure sur sa peau et de la plénitude en elle la faisait trembler ; elle sentait l’orgasme monter, mais il ralentissait exprès dès qu’elle se crispait trop, la maintenant au bord.   « Pas encore, petite chose. Tu jouiras quand je te le dirai. » Il accéléra à nouveau, la pilonnant sans retenue, et elle se perdit dans la sensation d’être complètement possédée, utilisée, désirée dans sa soumission la plus totale.   Après l’avoir prise longuement ainsi, il la détacha, la fit pivoter et s’assit au bord du lit. « À genoux. » Elise s’agenouilla immédiatement entre ses jambes, le regard brillant d’un mélange d’épuisement et d’avidité. Il reprit ses cheveux en main et guida sa bouche sur lui, imposant un rythme plus lent cette fois, savourant ses lèvres, sa langue, ses petits gémissements vibrants autour de son sexe.   Il sentait la montée finale. « Regarde-moi », ordonna-t-il soudain. Elle leva les yeux vers lui, soumise, offerte, les pupilles dilatées de désir. Il se raidit, grogna profondément et se libéra dans sa bouche en longues pulsations chaudes. Elise avala avec docilité, sans détourner le regard, un frisson de plaisir la traversant à l’idée d’avoir reçu jusqu’au bout son cadeau.   Quand il se retira, il caressa doucement sa joue rougie, presque tendrement. « Bonne fille », murmura-t-il. Elise, encore à genoux, le souffle court, sentit une vague de chaleur et de paix l’envahir. L’humiliation, la douleur légère, le plaisir intense… tout se mélangeait en une seule sensation : celle d’appartenir totalement, et d’en être profondément comblée.   Elle posa sa tête contre sa cuisse, et il passa une main dans ses cheveux emmêlés. La session était terminée, mais le lien, lui, était plus fort que jamais.
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Par : le 20/12/25
Chapitre 52 La Façade Sociale Je lui ai offert mon bras, ma main venant se poser sur son avant-bras, une prise publique, douce et protectrice. "Quelle que soit la soirée," ai-je ajouté doucement, sans la regarder, tandis que nous franchissions le seuil, "pense à ce que tu portes sous cette robe, et à ce que tu portes en toi." Elle a inspiré lentement. Puis elle a souri, son visage prenant l'expression sociale parfaite. Nous avons avancé dans la foule, couple élégant et sans histoire, elle portant notre secret dans son corps. Thomas et Éléonore nous attendaient près du bar. Thomas, impeccable, nous a salués avec une poignée de main chaleureuse. "Je suis ravi que vous soyez là. Votre présence est un excellent signal pour l'équipe," a dit Thomas. "Éléonore et moi allons vous présenter à quelques personnes clés. La clé est la discrétion et le charme." La soirée s'est déroulée dans un murmure d'échanges polis et de flatteries professionnelles. Ma soumise a été impeccable. Elle se tenait à ma droite, son sourire était radieux, ses réponses intelligentes, son attention sans faille. Elle était la compagne idéale pour ce genre de mascarade sociale. À travers chaque poignée de main, chaque rire échangé avec un associé, elle portait le poids de notre secret. Je l'ai observée pendant qu'elle conversait avec l'épouse d'un directeur. Ses yeux restaient vifs, mais si j'avais approché ma main de sa nuque – là où mes doigts s'étaient accrochés contre le pilier – je savais que son corps trahirait un tremblement. J'ai pris un verre de champagne. Mon regard a croisé le sien. Je n'ai eu besoin de rien commander. Par pure habitude, par dévotion absolue, et par le souvenir frais du parking, elle a attendu mon regard, prête. Quand un serveur est passé, je lui ai simplement souri, le temps de prendre une flûte propre. Je n'ai eu besoin de rien lui demander. C'était sa soumission de rester absolument parfaite, sans faillir, pendant que la semence de son Maître résidait en elle. De temps en temps, Thomas se rapprochait. "Elles sont magnifiques. Absolument impeccables," murmurait-il. "L'éducation porte ses fruits. C'est presque dommage que cette soirée soit si..." "... Vanille ?" ai-je complété avec un sourire. "Exactement. Mais le contrôle n'est pas moins palpable. Regarde Éléonore. Elle sourit au PDG, mais je sais qu'elle attend juste la fin de cette mascarade pour me servir à nouveau, loin des regards," a dit Thomas, sans jamais rompre le contact visuel avec son interlocuteur. Thomas nous a ensuite discrètement guidés à travers la foule, nous orientant vers un recoin plus calme près d'une grande baie vitrée. Là, deux autres couples se tenaient en retrait de la foule principale. "Je vous présente Marc et Amélie," a chuchoté Thomas, "et voici Jean-Christophe et Isabelle. Des associés très importants et surtout, des amis de longue date." Les hommes étaient des figures d'autorité. Leurs compagnes, Amélie et Isabelle, étaient tout aussi élégantes que nos soumises, mais elles partageaient une certaine quiétude, une immobilité vigilante. J'ai observé les femmes. Amélie se tenait à la droite de Marc, exactement la même position que la mienne. Isabelle, elle, se tenait délibérément en face de Jean-Christophe, un angle qui la laissait perpétuellement exposée à son regard. Thomas a lancé la conversation sur un sujet anodin—l'architecture du nouveau bâtiment—puis a doucement glissé vers la "discipline nécessaire pour la réussite". "L'excellence exige de la rigueur et une obéissance sans faille aux structures. N'est-ce pas ?" a demandé Marc, regardant sa femme Amélie avec une intensité qui transcendait le simple échange professionnel. Amélie a répondu à Marc par un sourire discret. Elle a pris l'initiative d'ajuster imperceptiblement le nœud de cravate de Marc, un geste d'épouse attentionnée, mais dont la précision et la rapidité trahissaient un entraînement. Jean-Christophe a pris le relais : "La véritable difficulté, c'est de maintenir cette discipline dans l'intimité, sous le regard des autres. C'est là que la confiance et l'éducation se révèlent vraiment." Il a fait un geste vers Isabelle, qui n'a pas bougé, mais dont le regard a brillé de compréhension. À cet instant, la conviction est devenue certitude : nous n'étions pas les seuls à jouer ce soir. Cette soirée "vanille" était un rassemblement d'initiés. Nous y étions en tant que couple pleinement reconnu, participant au jeu subtil du service discret sous les regards. La tension a monté d'un cran. Les conversations restaient "vanille" en surface, mais le sous-texte était lourd d'enjeux. Ma soumise, toujours impeccable à ma droite, sentait l'œil des autres sur elle. J'ai pris une flûte propre sur le plateau d'un serveur. L'échange était une pure formalité. Je l'ai vidée d'un trait, puis, au lieu de la donner à un serveur, je l'ai tendue à ma soumise. Elle n'a pas bronché. Avec une grâce fluide, elle a pris mon verre vide, l'a tenu dans sa main gauche, puis s'est repositionnée. C'était un simple service, mais je savais que pour elle, chaque seconde était un combat pour maintenir le masque. La présence de la semence à l'intérieur de son corps, le souvenir de la brutalité du parking, et maintenant, la pression d'être observée par d'autres Dominants, la submergeaient. Thomas, qui observait, a adressé une requête à Isabelle. "Isabelle, seriez-vous si aimable de vérifier si Jean-Christophe n'a pas un peu de poussière sur son épaule ? Il vient d'un voyage." Isabelle s'est penchée pour examiner l'épaule de son compagnon, utilisant un minuscule geste de brossage pour effectuer un contact intime et humiliant en public. C'était le même jeu : devoir déguisé en affection. J'ai regardé ma soumise. Mon ordre silencieux était clair : Tu es la meilleure. Ta perfection est ta soumission la plus grande. Elle a soutenu mon regard, son visage exprimant une soumission absolue sous son sourire social. L'horloge a avancé. Après les discours de rigueur et les applaudissements polis, l'ambiance a commencé à se détendre. Thomas est venu nous rejoindre, signalant la fin de notre participation obligatoire. "Mission accomplie. Nos compagnes ont été des modèles. Un succès diplomatique," a déclaré Thomas. Nous avons quitté la réception avec le même air de noblesse discrète qu'à notre arrivée. Ma soumise, toujours à mon bras, m'a accompagné jusqu'à l'ascenseur. Cette fois, Éléonore et Thomas étaient avec nous. Dans l'habitacle de métal brossé, le silence n'était pas une bulle d'intimité sexuelle comme à la montée, mais un soulagement. Le silence du devoir accompli. "Maintenant, le jeu peut vraiment commencer," a chuchoté Thomas, rompant le silence, ses yeux brillants. Les portes se sont ouvertes, et nous sommes retournés vers nos voitures. L'heure n'était plus à la dissimulation. L'heure était à la récompense et à l'éducation.   Chapitre 53 L'éducation en Chambre L'atmosphère était lourde et statique, seulement bercée par le léger sifflement du chauffage et le cliquetis d'un mousqueton. Le Donjon, plongé dans une lumière rougeoyante et minimale, était une forteresse de l'intimité. Ici, elle était purement ma propriété, sans la nécessité d'une façade. Elle était à genoux sur la moquette épaisse et sombre, les bras levés, ses poignets enserrés par le cuir robuste d'une paire de menottes attachées au plafond par une chaîne courte. Cette position, élégante et douloureusement prolongée, l'obligeait à maintenir son dos cambré et son corps tendu. Elle portait juste un collier d'argent poli, la seule marque visible de son statut. J'étais assis sur le fauteuil de cuir noir, la dominant sans effort. Je ne m'étais pas encore levé, le simple poids de mon regard suffisait à maintenir sa posture. Le silence se prolongeait, chaque minute dans cette position exigeant une concentration et une force de volonté croissantes de sa part. C'était la première leçon : l'endurance de l'abandon. "Jusqu'à ce que j'ordonne autrement, ton corps est une offrande. La douleur est une simple distraction," avais-je murmuré, ma voix grave brisant enfin le silence. Une fine couche de sueur brillait sur son front et son décolleté. La tension dans ses épaules devait être insoutenable, mais son visage restait impassible, son regard fixé sur mes chaussures. Je me suis levé. Le crissement du cuir a été son unique signal. Je me suis approché d'elle, lentement. Mes doigts se sont posés sur sa peau nue, traçant la ligne de ses côtes, puis ses hanches. J'ai testé ses muscles, trouvés durs, tremblants de l'effort pour ne pas se relâcher. J'ai utilisé l'huile chaude que j'avais préparée, massant brutalement ses épaules et ses bras, forçant les muscles à se détendre momentanément pour mieux les retendre ensuite. Le reste de la séance était dédié à la correction de l'esprit par la sensation. Pour cette leçon, j'avais choisi le cuir. J'ai détaché le long fouet à queue de rat d'un crochet mural. J'ai commencé sur ses cuisses, le cuir claquant bruyamment dans le silence ouaté du Donjon. Le bruit était sec, précis, visant moins la douleur que le choc sensoriel et la rupture du contrôle. Elle a retenu ses cris, transformant chaque frappe en un grognement étouffé. Je me suis concentré sur la symétrie, créant des lignes nettes de rouge sur sa peau déjà sensible. Il fallait qu'elle comprenne que même dans le chaos de la sensation, l'ordre et la perfection devaient régner. Je m'étais ensuite concentré sur le bas de son dos, là où la cambrure était la plus exposée, chaque coup visant l'intensité. Je n'ai pas relâché la pression. Je suis resté silencieux un long moment, la laissant seule avec la réverbération de la douleur. Puis, j'ai reposé le fouet. Je me suis approché de son corps cambré, posant ma main sur sa nuque. Sa peau était brûlante là où le cuir l'avait frappée, mais glacée ailleurs. J'ai utilisé ma voix comme un nouveau fouet, une lame fine entrant dans son esprit. "Regarde-moi, tu es toujours ma soumise. Même ici, tu t'abandonnes à la confusion. Tu confonds la douleur et la résistance. Où est ta focalisation ?" Elle a tremblé, la tête baissée. "Je... je suis à vous. Maître." La voix n'était qu'un filet. "Tu es à moi. Mais tu es encore trop dans le présent. Je veux l'anticipation. Dis-moi ce que tu ferais pour que je cesse cette attente, maintenant. Et sois utile." L'effort de la concentration était presque pire que les coups. Elle a mis un temps terrible à répondre, ses pensées se bousculant. "J'accepterais... n'importe quoi. Je veux que vous me remplissiez. Je serai votre vase." Un léger sourire a courbé mes lèvres. La réponse était parfaite, l'humiliation mentale était complète. Je me suis écarté pour prendre l'huile chauffante. J'ai versé un filet du liquide brûlant sur ses marques. Un sifflement étouffé, un nouveau choc. J'ai ensuite massé avec des mouvements puissants et rapides, non pas pour la soulager, mais pour faire pénétrer la sensation et accentuer le rouge. Je l'ai tenue ainsi, entre la contrainte des liens, l'agonie de l'effort, et le feu du cuir, jusqu'à ce que je sente le point de rupture. J'ai cessé. J'ai raccroché le fouet. L'air vibrait encore. J'ai relâché les menottes, mais je l'ai forcée à rester à genoux. Son corps a glissé, mais n'a pas cédé. Elle était exténuée, mais l'esprit était alerte, fixé sur moi. Je me suis agenouillé devant elle. J'ai pris son visage dans mes mains, l'obligeant à me regarder. "Tu es magnifique dans ton obéissance, mon trésor." J'ai utilisé ma bouche pour prendre le plaisir qu'elle ne pouvait pas se donner. Ce n'était pas une récompense, mais une validation, un rappel de la source de son abandon. Son corps, déjà surchargé, a explosé presque immédiatement. Elle s'est effondrée, les mains sur la moquette, le souffle court. C'est à ce moment, alors qu'elle était totalement vidée et vulnérable, que j'ai murmuré la conclusion de la leçon... "Sublime… " avais-je murmuré contre sa peau. Elle frissonna, totalement abandonnée, attendant la suite, prête à me laisser décider de chaque instant. Je m’étais redressé lentement, retirant ma main de sa nuque. Le temps était venu d'honorer sa demande. Elle était là, à genoux, son corps vibrant encore de l'orgasme, ses cuisses écartées. J'ai ajusté sa position d'un simple mouvement, la cambrant légèrement pour l'accès. Je l'ai pénétrée profonde, remplissant le vase qu'elle avait offert. Mon rythme n'avait rien de brutal ; il était lent et méthodiquement construit. Je cherchais à la ramener vers le plaisir, mais cette fois-ci, sous la domination totale de l'acte de possession. Chaque poussée était une déclaration silencieuse, l'essence même de l'achèvement de la leçon. Ses gémissements étaient faibles, presque des soupirs, alors que je la poussais, méthodiquement, vers un nouvel abandon. La moquette épaisse était son seul support. Le moment était long, intime, centré sur la construction de son plaisir et la mienne. Quand elle a atteint le bord, son corps s'est de nouveau tendu contre la moquette. J'ai ralenti, lui permettant de se noyer dans la sensation, avant de me décharger lourdement en elle, la sienne suivant la mienne en une dernière convulsion silencieuse. J'ai retiré mon corps, marquant la fin absolue de l'acte. Le sperme, chaud et dense, coulait lentement le long de ses cuisses, une trace visible de la possession. Son corps est resté cambré un instant de plus, suspendu au bord du plaisir. Je l’ai vue prendre une inspiration lente, son corps vibrant encore de l’intensité du moment. Les leçons données ici, dans l’intimité de mon appartement, étaient nécessaires, mais limitées. Je devais la tester, jauger sa soumission non pas face à ma seule autorité, mais face à l’énergie partagée d’un espace de jeu plus vaste. Je me suis reculé d’un pas, la laissant se redresser lentement. Elle s'est tournée vers moi, son regard brûlant d'une anticipation mêlée d'une interrogation silencieuse. La marque rouge et chaude sur sa peau était ma signature. Le véritable marquage devait se faire dans son esprit, dans son âme. "Lève-toi," ordonnai-je, ma voix retrouvant une tonalité plus ferme. "La leçon d’aujourd’hui est terminée. Mais l’éducation se poursuit." Elle se redressa avec une grâce parfaite. "Demain, nous sortirons d’ici." Son expression n'a pas bougé, mais la lueur dans ses yeux m’a dit qu’elle avait compris. Un nouveau seuil, public, s’ouvrait devant elle. "Je veux voir ta soumission dans un environnement où tu n’es pas seulement ma soumise, mais une œuvre d’art. Une offrande." Je me suis avancé, reprenant sa laisse d’une main, et lui caressant la joue de l’autre. "Prépare-toi. Ce sera un test. Et les outils de l’éducation seront plus variés." Un léger sourire effleura ses lèvres. Elle était plus que prête.     Commandez le livre https://www.paypal.com/ncp/payment/XC2G5YKNPQH3E                  
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Par : le 11/12/25
Ce lundi est un grand jour pour moi, à marquer d’une pierre blanche. En retraite depuis peu, je vais, pour la première fois, me rendre chez mon Maître. Je me sens excitée et en même temps inquiète pour cette rencontre. Je prépare ma valise, y mettant un foulard, des chaussures et un manteau long avec capuche. Dans une valise plus petite je mets du maquillage. Puis je me mets en route. Je prends le train pour me rendre à Cannes. Arrivée devant votre porte, je place le foulard sur mes yeux. Mon cœur bat très fort. Je sonne, vêtue seulement du manteau et de mes chaussures. J’entends la porte s’ouvrir et vous me faites entrer, me guidant par le bras avec ma valise. Vous refermez la porte d'entrée et me prenez ma valise. Vous enlevez mon manteau. Je me retrouve nue, devant vous, angoissée et frissonnante. Je sens mes tétons pointer à cause de l’air frais. Je suis bien sûr bien rasée, ayant obéi à vos ordres. Vous me demandez d'enlever mes chaussures et de me mettre à quatre pattes. Je m’exécute sans un mot. Seule ma respiration se fait entendre. Vous me faites venir ainsi dans le salon. Malgré mon appréhension, je ressens une légère humidité entre mes cuisses, à marcher ainsi comme une chienne. Vous me mettez alors un collier en chaîne, des bracelets et des chevillères de la même chaîne. Je sens le froid des chaines sur mon corps. Vous m’indiquez que vous avez un gros roseau, ce qui me fait frissonner d’appréhension. Vous me laissez à quatre pattes, ferrée, nue, les yeux bandés devant le canapé et j’entends que vous allumez la télévision que vous regardez. Au bout d'un quart d'heure, mes genoux devenant douloureux, je décide seule de m’asseoir, oubliant de vous en demander la permission. Vous devenez très sévère et me faites remarquer que je ne vous ai rien demandé. Je me mets alors à trembler. Vous me fouettez trois fois avec le bambou ce qui est très douloureux et je crie. Vous me rappelez qu’il est interdit de m’asseoir sans vous demander humblement la permission.  et reprenez les coups de bambou en me disant que ce sera 10 coups pour la faute. Les coups pleuvent et la douleur se fait intense. Les larmes me montent aux yeux. Ensuite, vous me demandez de vous indiquer ce que je veux. Je vous réponds, la voix tremblotante, que j'aimerais préserver mes genoux. Vous m’invitez alors à m’asseoir sur le canapé, la tête sur vos genoux. Vous touchez mon sexe et remarquez que je mouille. Heureusement, le canapé est en cuir et il ne risque rien même si je mouille encore plus. Une demie heure plus tard, vous commencez à me masturber. Le plaisir monte et je mouille. Vous vous arrêtez lorsque je suis à la limite de la jouissance puis vous reprenez, au total 10 fois en vous arrêtant juste avant ma jouissance. J’ai l’impression de devenir folle de plaisir. C’est excitant et devient douloureux en même temps. Cela durera une heure et demie. Puis vous me faites jouir trois fois de suite, sur le canapé. Je me sens alors assouvie et épuisée. Mon sexe est sensible. Durant une demie heure nous regardons la télévision. Je suis assise en boule à côté de vous, les yeux bandés. Le son de la télévision agit comme une berceuse et je sens le sommeil me gagner. Alors que je suis sur le point de m’assoupir, vous claquez des doigts pour éveiller mon attention. Je sursaute. Vous me demandez de vous sucer. Vous êtes encore mou, mais en vous léchant le sexe tout en le caressant puis en le mettant en bouche pour faite des va et vient, je parviens à vous rendre dur. Vous me dites que vous aimez quand je vous suce. Je prends plaisir à vous sucer, et le fais trois fois avec trente minutes de pause entre chaque fellation. Puis nous regardons la télévision jusqu'à la fin de soirée. Je l’écoute avec mon bandeau sur les yeux. Vous décidez de me faire dormir dans la baignoire. Vous attachez mon cou aux robinets de la baignoire, me laissant un mètre de chaîne. Vous m’attachez les poignets au niveau des genoux. Vous retirez mon bandeau.   La pièce est aveugle et vous éteignez la lumière. Vous me laissez là la nuit entière et une bonne partie de la matinée. Malgré le froid et la position inconfortable, je réussis à m’endormir. Mais après quelques heures, je ne peux me retenir d’uriner dans la baignoire. Je me sens honteuse de baigner ainsi dans mon urine. Vous arrivez et allumez la lumière. Je cligne des yeux car ils sont éblouis. Vous me détachez Et vous me mettez dans une pièce a côté aux toilettes et me demandez de faire mes besoins devant vous pour m’humilier. J’ai beaucoup de mal à le faire devant vous, je me sens honteuse. L’urine reste bloquée un moment avant que je réussisse enfin à me soulager. Vous me détachez alors les mains et me demandez de vous faire un café chaud avec la machine nesspresso. Je le fais avec plaisir et vous l’apporte. Je vous serre au salon, il est 11h. Vous regardez mon téléphone. Vous me remerciez en me traitant de sale chienne et m’ordonnez de m’asseoir. Vous me regardez un moment, assise par terre Puis vous me demandez si j’ ai bien voyagé hier et je vous réponds que oui, que tout s’est bien passé. Quand vous avez terminé votre café, vous me demandez de vous lécher l’anus. Je m’exécute , vous léchant consciencieusement durant une dizaine de minutes. Vous appréciez et cela me fait plaisir. Vous me demandez de continuer alors que je m’arrête pour reprendre ma respiration. Je reprends immédiatement. Vous me demandez de vous sucer trois fois de suite. Je le fais également avec plaisir. Puis vous me demandez d'aller me faire bronzer les fesses au soleil trente minutes. J’apprécie sentir les rayons du soleil sur mon corps nu. Puis vous m’ordonnez de vous préparer à manger et je me rends dans la cuisine pour le faire. Je reviens avec un plat que j’ai cuisiné. Vous mangez et m’en laissez un tout petit peu que j’avale avec gratitude. Vous me demandez de faire la vaisselle. J’apprécie de la faire nue. Puis vous m’appelez pour aller dans votre chambre Vous me demandez de me mettre sur le ventre sur le lit. Et vous me sodomisez. C’est douloureux et je me contracte. Je ne suis pas très à l’aise avec la sodomie. Vous me pénétrez profondément, me faisant gémir. Puis vous me sodomisez une seconde fois. Mon anus me brûle. Puis je m’agenouille devant vous à votre demande et vous lèche le sexe avant de le sucer avec plaisir. ensuite, vous me faites l’amour, m’amenant à la jouissance trois fois. J’y prends beaucoup de plaisir et me sens ensuite apaisée et détendue. Il est 15 h, avec votre permission, je m’endors, épuisée.  
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Par : le 11/12/25
Les Chroniques(ta mère) du Doc. Fiches pratiques. (2) La privation sensorielle   Ah ! Ah ! Voilà un beau sujet très rarement abordé… Aaaaah ! La privation sensorielle ! Elles la veulent, elles en rêvent : pour se concentrer sur le plaisir ou la douleur ? Quand on la corrige ou qu’on la nique ? Les yeux bandés…. (moi, c’est pas les yeux qui sont bandés… même pas honte !) Bon, les yeux bandés ? C’est pas compliqué : suffit d’éteindre la lumière… Alors dans le noir, quand le mec se glisse entre les cuisses de sa meuf : – Non, c’est pas là… C’est ma cuisse… Toujours pas… Plus haut… Encore raté… Là, c’est mon cul, connard !   Alors, les yeux bandés, elle subit le fouet. Elle tente de ne plus penser. De s’abandonner … « Hé ! Les mecs ! Y’a une meuf chaude à adopter ! » Elle grimpe, elle grimpe ! Elle va décoller ! Pour rejoindre l’espace intersidérale du BDSM ! Le nirvana, les étoiles !... Mais… Crac, poum, zim, schplach ! La fusée s’est plantée !... Dans les marécages !... Elle barbote… Eplorée dans sa mouille, les larmes… Encore raté.   Les yeux bandés ? Pour s’imaginer que c’est un autre qui la nique ? Qui l’offre, la prête ? A une horde sauvage de bikers en rut ?... Mais quand il la lui met… Elle sent bien qu’c’est sa p’tite queue, qui s’agite, brouillonne, dans son trou béant…   Privation sensorielle donc. La vue ? L’ouïe ? L’odorat ? Le goût ? Le toucher ? De quels sens la priver ? Pour l’ouïe : des bouchons d’oreille. Pour l’odorat : une bonne vieille pince à linge sur le nez. Pour le goût : un bâillon boule, bien sûr… Je sais : y’a des vrais sadiques qui rêvent de lui coudre les lèvres… Ou à l’agrafeuse murale (cf. Chronique (1)…) Mais on n’est pas des bêtes… Juste un peu tordus… Enfin, très raisonnablement tordus… La vue : un bandeau sur les yeux, ok. Mais pour le toucher ?... Qu’est-ce qu’on en fait du toucher ? Comment la priver du toucher ? On lui met des moufles ?...   C’est alors que cette chronique devient une vraie fiche pratique.   Le supplice de la momie.   Ah ! Ah ! Vous vous demandez c’que c’est !... Qu’est-ce qu’il a encore inventé, le Zuip !... Quelle belle saloperie à lui faire subir ?!   Matériel : quelques rouleaux de film transparent étirable.   Ça y est ? Vous avez compris ? Ou faut qu’j’vous fasse un tuto ?   Et on emballe la fille ! On la fait rouler. On étire le film. Une ou plusieurs couches ? Commencez par le haut ou le bas : peu importe. Je conseille le bas… Garder la tête, le meilleur : pour la fin. Plusieurs options s’offrent au Maîîître durant l’emballage : – réunir ou séparer les cuisses : séparées, elle sera plus facile à niquer. – coller les bras au corps ou au contraire lui laisser une certaine liberté de mouvement ? C’est à vous d’en décider.   Bien sûr, bien sûr : faut qu’elle puisse respirer…. Aaahhhh ! Le terrible moment où on emballe la tête… Va-t-on vite percer ce putain de film étirable qui résiste ? Ou bien la faire, à bout de souffle, attendre… Salaud ! Ça, c’est du lâcher-prise ! Elle maîtrise plus rien, la salope ! La confiance ? Mon cul !... C’est la panique sous le plastique ! Alors, faut gérer. Vite ! Un clou ! Une pingle ! Des ciseaux ! Un cutter ! Un couteau !... Boîte à outils, boîte à couture… Vite ! La cuisine ! Car il faut : La laisser respirer. La laisser mariner. Dans son jus. Car la soumise transpire : d’angoisse, de frousse, de trouille, de peur ! de désir ?... On peut toujours rêver… Mais la laisser un peu mariner dans son jus… Hummm… Elle n’en sera que meilleur à consommer après…   Bien. Maintenant qu’elle est emballée, momifiée : qu’est-ce qu’on en fait ? hein, qu’est-ce qu’on en fait ? Option 1 : pure baise : on déchire le film (au cutter, bien sûr !) et on la baise, l’encule, l’enfile. Option 2 : le fouet : on la fouette et on lacère le film… jusqu’à la peau… progressive flagellation… la soumise est en lambeaux…   Là, si elle décolle pas… C’est pas d’la faute du Doc, j’aurai fait c’qu’il faut…    
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Par : le 03/12/25
Chapitre 48 Sous la Coupe des Maîtres   Le salon de l'appartement n'avait rien d'un Donjon, mais l'atmosphère était plus lourde qu'un tombeau. Thomas et moi étions installés dans le cuir des fauteuils club, impeccables dans nos costumes, un verre de cognac à portée de main. Devant nous, la seule chose qui rompait l'illusion de la normalité était l'humiliation parfaite et silencieuse. Nos soumises étaient à genoux sur le tapis persan. Ma soumise était à ma droite ; Éléonore, la soumise de Thomas, était en face. Nues, sans aucune concession à la pudeur, leurs corps exposés sous les lumières douces du plafond. Elles portaient uniquement leurs colliers de soumission respectifs. Il n'y avait eu ni dîner, ni fausses politesses. La soirée avait commencé là où le pouvoir résidait. "L'exercice de l'attente," commenta Thomas, sa voix basse s'accordant à l'ambiance. "Ton éducation semble impeccable. Elle ne bouge pas." "L'immobilité est sa première offrande," répondis-je, un sourire imperceptible. "Mais l'ennui est le véritable test. Elles ne sont pas là pour se reposer." Je désignai ma soumise d'un mouvement de menton. "Soumise. Tu as l'autorisation de ramper jusqu'à Éléonore et de lui demander pardon pour le temps que tu perds." Elle s'exécuta immédiatement, rampant sur ses genoux et ses coudes. Le lent mouvement, ses fesses se balançant à chaque mètre, transformait le salon en une arène intime. Arrivée devant Éléonore, elle s'inclina jusqu'à toucher le tapis du front. L'humiliation était totale, sans raison, mais sans plainte. "C'est suffisant," lança Thomas, coupant court à l'exécution. "Inutile de la renvoyer. La proximité est parfaite pour le jeu. Mon ami, je te réclame ta propriété pour quelques minutes. Je veux tester sa capacité à se donner à une autre, ici, devant la simplicité du quotidien." "Elle est à toi," répondis-je. "Utilise-la. Elle t'est offerte." Thomas donna immédiatement l'ordre aux deux femmes, toujours nues et à genoux l'une en face de l'autre sur le tapis : "Éléonore, ma soumise, et toi, soumise, vous allez vous servir. Maintenant. Vous n'avez pas de désir propre. Vous n'avez que la tâche de prendre plaisir dans le service commandé. Commencez par l'échange." Ma soumise était visiblement déstabilisée. C'était la première fois qu'elle était confrontée à une intimité saphique. Thomas, lui, avait choisi Éléonore pour sa discipline et son expérience. Éléonore, sans hésiter, s'est emparée du bras de ma soumise et l'a forcée à s'allonger sur le dos, juste à côté du canapé. C'était un mouvement de domination technique, froid, non émotionnel. Elle s'est ensuite glissée sur elle, le contraste de leurs peaux – l'une pâle et nouvelle, l'autre légèrement plus mate – accentuant l'effet d'objet sur le tapis sombre. "Soumise, tu es dominée par elle. Laisse-la t'enseigner la soumission du corps féminin. Éléonore, la douceur n'est pas nécessaire. Je veux qu'elle cède à ton expérience," ordonna Thomas. Éléonore a commencé son travail avec une précision clinique. Sa langue a trouvé le chemin de ma soumise, la dominant immédiatement, ne lui laissant aucune chance de contrôle. Ma soumise, tendue par l'incertitude de la sensation, a d'abord résisté, ses hanches se soulevant maladroitement sur le tapis. "Non," lança Thomas, sa voix claquant. "Ne lutte pas contre le plaisir qu'on t'offre. Ta soumission est de recevoir. Laisse-la faire." Le corps de ma soumise, sous la pression de l'autorité vocale et la manipulation experte d'Éléonore, a commencé à se détendre, puis à se cambrer. L'expérience d'Éléonore, son assurance, était une forme de violence douce qui pénétrait les défenses de ma soumise. Je me suis penché en avant, le cognac à la main, observant les détails. Éléonore a basculé sa tête, ses cheveux foncés masquant l'acte, mais les gémissements de ma soumise, faibles mais de plus en plus intenses, devenaient le seul bruit de la pièce. C'était une véritable prise de possession par procuration, au milieu de la simplicité du salon. Le contact des corps, la succion régulière, le lent glissement dans l'abandon complet. "Je crois que ma propriété apprécie l'instruction," commentai-je, le détachement forcé. "L'obéissance du corps est immédiate, même face à l'inconnu." Thomas a souri, satisfait. Il a ordonné à Éléonore de se concentrer sur un seul point, de ne pas lâcher jusqu'à la rupture. L'orgasme de ma soumise fut un cri étouffé, ses ongles s'agrippant au tapis, son corps se convulsionnant sans contrôle, entièrement sous la coupe d'Éléonore. "Maintenant, inversion," dit Thomas. "Soumise a reçu. Elle doit maintenant donner. Éléonore, à terre. Soumise, ton tour. Sers Éléonore comme tu me sers." Ma soumise, encore tremblante, s'est redressée. Éléonore s'est retournée, s'offrant. Ma soumise, bien que novice, a compris l'enjeu : l'imitation et la performance. Elle a approché Éléonore. Le geste était plus hésitant, plus brut. Elle a léché maladroitement, avant de trouver un rythme plus assuré, s'appuyant sur l'instinct de plaire qui était son moteur principal. Elle utilisait la méthode qu'Éléonore lui avait enseignée par le corps. Le spectacle a duré. Thomas et moi commentions la technique, l'efficacité, la dévotion, assis confortablement. C'était un acte de pouvoir mis en scène, les corps des femmes étant de simples marionnettes de notre ennui et de notre jeu. Éléonore a fini par gémir, un son brusque, commandé. Ma soumise s'est redressée, le visage et la peau moite, mais le regard toujours alerte, attendant. Le silence est revenu, rompu seulement par le bruit des deux femmes reprenant leur souffle sur le tapis. Leurs corps nus étaient des preuves vivantes de la soumission transférée. Thomas et moi, en observateurs, n'avions pas bougé. Mais l'air même du salon s'était chargé de l'urgence de notre propre désir. Je n'ai pas bougé de mon fauteuil, me contentant de poser mon verre de cognac. "Le spectacle était instructif," ai-je commenté, ma voix grave. "La leçon d'interchangeabilité est acquise. Mais l'appartenance exige un rappel. Vous êtes là pour servir l'autorité. Maintenant, servez-nous." Thomas, toujours assis à côté de moi, a acquiescé. "Nous passons à la phase individuelle. Ma soumise, à mon service. La tienne, au tien, pour commencer. Nous évaluerons le plaisir que nous recevons." J'ai désigné ma soumise. Elle a rampé sans attendre, s'agenouillant entre mes genoux, le tapis doux ne protégeant pas son visage des exigences de la soumission. Ses yeux, brûlants d'une anticipation mêlée de fatigue, se sont levés vers moi. "La bouche est faite pour servir, soumise. Fais preuve de l'excellence qui t'a été attribuée par ton Maître temporaire. Sers ton propriétaire," ai-je ordonné, ma main se posant fermement sur l'arrière de sa tête. Au même moment, Thomas donnait un ordre similaire à Éléonore. Le rythme des ordres créait une concurrence immédiate. Ma soumise a saisi l'opportunité. Elle a travaillé avec une ferveur immédiate. Elle se battait pour racheter le temps passé sous l'autorité de Thomas. Sa gorge, son rythme, sa dévotion étaient parfaits. J'ai fermé les yeux un instant, me concentrant sur l'acte d'être servi par ma propriété, le souvenir de ses gémissements sous la langue de l'autre femme alimentant ma propre urgence. Thomas, à côté de moi, émettait des jugements à voix basse, comme s'il notait mentalement la performance d'Éléonore. "Elle est bonne, mais je sens l'effort. Pas le don. Cinq minutes de dévotion parfait, Éléonore," ordonnait-il. Moi, je me concentrais sur la pureté du service de ma soumise. Elle utilisait son expérience, le contrôle de sa gorge, sa respiration. Le contraste entre l'acte commandé de l'échange et cette fellation personnelle était frappant. Ici, la ferveur était authentique : l'urgence de plaire à l'unique source de son plaisir et de sa douleur. J'ai atteint le bord de la rupture, la tension était insoutenable. "Stop," ai-je murmuré, ma voix serrée. "Retire-toi, soumise. Maintenant. Relâche. Ta performance est satisfaisante. Regarde-nous." Elle s'est reculée, son visage moite, les yeux fixés sur moi. Elle a haleté, prête au prochain ordre, l'acte inachevé étant la plus grande des humiliations. Elle est restée à genoux. Thomas, lui, n'avait pas encore terminé. J'ai regardé Éléonore, le visage marqué par l'effort, mais l'obéissance totale. Thomas a atteint son propre point de non-retour. "Éléonore. Arrêt. Immédiatement. Retourne à ta place," lui intima-t-il, sa voix tremblante d'une frustration délibérée. Éléonore a relâché son Maître et s'est reculée à son tour. Les deux femmes, à genoux côte à côte, étaient des miroirs parfaits de la servitude et de la privation. Thomas a posé son verre vide sur la table basse, un geste qui signifiait la transition. Ses yeux brillaient, l'idée venait de lui traverser l'esprit. "L'obéissance est une chose, l'interchangeabilité en est une autre, mon ami. Et si nous la testions immédiatement ? Acceptes-tu le service de ma soumise pour valider l'universalité de notre statut ?" "J'accepte. Et je te prête ma soumise en échange. Que l'évaluation du plaisir soit le véritable enjeu de leur discipline," ai-je répondu, la voix calme, le regard fixé sur Éléonore. J'ai désigné Éléonore : "Éléonore. Tu vas me servir. Tu t'agenouilles entre mes genoux. Soumise, tu vas servir Thomas." L'échange a été immédiat, les deux corps nus se croisant sur le tapis. Éléonore, disciplinée et expérimentée, est venue se placer devant moi. Ma soumise s'est déplacée vers Thomas. Je me suis concentré sur Éléonore. Sa technique était irréprochable, professionnelle. Le contact était sans surprise, mais rigoureusement exécuté, répondant aux attentes minimales de son Maître, même sous une nouvelle autorité. C'était une dévotion, pure et froide. Je l'ai laissé travailler. Pendant ce temps, j'écoutais Thomas. Il poussait ma soumise avec des ordres précis et des défis de temps. "Soumise. Je veux que tu maintiennes le silence. Aucune marque de difficulté. La profondeur doit être totale, sur ma seule commande. Ne me fais pas perdre mon temps," lui ordonnait-il. Je savais que ma soumise, récemment validée par l'épreuve lesbienne, se donnerait à fond pour réussir cet examen improvisé. Le service pour un autre Maître était le summum de la soumission. Elle se battait pour que l'honneur rejaillisse sur son propriétaire. Je fermai les yeux et me concentrai sur Éléonore. "Moins de langue. Plus de gorge. Tu es un outil, pas une amoureuse. Ton unique objectif est l'efficacité," lui murmurai-je, imposant une pression ferme sur sa nuque. Éléonore s'exécutait avec une perfection robotique. Elle était la discipline incarnée. Mais j'entendais le rythme haletant de ma soumise s'accélérer près de Thomas. Il la poussait plus loin, cherchant le point de rupture. "Elle ne cède pas à la panique," commenta Thomas, sa voix traduisant une satisfaction non dissimulée. "Une performance solide. Elle a la ferveur. Elle a réussi le défi de l'échange." Le moment de l'achèvement était là, l'intensité du jeu exigeant sa conclusion. Je me suis penché en avant, ma main s'enfonçant dans les cheveux d'Éléonore, la ramenant brusquement vers moi. "L'efficacité," ai-je murmuré contre sa peau moite. "Montre-moi l'achèvement de ta tâche. Maintenant. Sans retenue." Au même instant, Thomas a donné un ordre brutal à ma soumise, le même ordre, la même exigence de finalité. Les deux femmes, l'une expérimentée, l'autre dopée par l'effort et la compétition, ont repris leur service avec une férocité nouvelle. Ce n'était plus de la technique, mais la simple exécution de la propriété. Leurs bouches travaillaient pour prendre ce que nous leur imposions. La décharge a été soudaine et violente pour nous deux. Pour moi, le plaisir fut une vague de chaleur sombre, la tête d'Éléonore pressée fermement par mon pouce dans un geste de possession brut. J'ai senti la convulsion s'emparer de mon corps, mon dos se cambrant contre le fauteuil, mes muscles se tendant. J'ai poussé sans retenue, déversant le trop-plein de la soirée. Mon gémissement, grave et incontrôlé, a résonné. Je n'ai relâché Éléonore que lorsque la dernière secousse est passée, ma semence se répandant dans sa bouche sans que sa discipline ne faiblisse. À côté de moi, j'entendais le souffle lourd de Thomas et le rythme frénétique de ma soumise qui l'aidait à se libérer. Mon regard s'est tourné vers elle. Ma soumise était forcée de prendre chaque goutte, son visage tiré par la profondeur de l'acte commandé. Thomas, plus silencieux mais tout aussi intense, s'est déchargé en elle, la libérant ensuite d'un coup sec. J'ai relâché Éléonore. Elle a dégluti immédiatement, sans aucun geste d'hésitation, les yeux fixés sur moi, le silence de l'obéissance étant son unique réponse. Ma soumise s'est écartée de Thomas, le visage entièrement maculé et mouillé, mais elle a reculé d'un mouvement parfait pour s'agenouiller à nouveau en face de Thomas, attendant la suite. Le silence est retombé, l'air chargé de l'odeur du cognac et de l'effort des corps. Thomas et moi nous sommes reculés dans nos fauteuils, la satisfaction du contrôle absolu remplaçant l'urgence. "L'éducation se poursuit, soumise. Ton corps appartient au pouvoir. Ta bouche a confirmé ta valeur," ai-je dit, m'adressant à la mienne. J'ai désigné la porte de la salle de bain. "Allez-vous réajuster, ensuite attendez-nous en position d'attente dans le donjon." Thomas a souri, ses yeux confirmant la suite.   Chapitre 49 Le Tapis d'Obéissance   La lumière tamisée du Donjon accueillait nos désirs. L'atmosphère était celle d'une attente gourmande, le changement de décor signalant l'escalade du plaisir. Ma soumise et Éléonore étaient déjà là, nues et propres, exactement comme ordonné. Elles occupaient la position d'attente : à genoux, penchées en avant, les fesses exposées, les mains plates sur le sol, le regard fixé sur le mur. Une soumission silencieuse qui ne faisait qu'aiguiser notre appétit. Thomas et moi sommes entrés. Nous avions pris le temps d'apprécier la tension qui montait, sachant que la patience des Maîtres était la clé de la jouissance commandée. L'intimité du salon avait permis l'échange. Cette pièce plus froide allait servir de cadre à la suite des jeux. Nous nous sommes installés sur les sièges de surveillance. Le silence était total, mais chargé de promesses. "Le temps de pause leur a permis de mesurer leur chance, ou leur malchance," murmura Thomas, ses yeux balayant les deux corps. "Leurs bouches étaient efficaces. Voyons maintenant ce que nous pouvons en tirer d'autre." "Le Donjon est un excellent terrain pour la créativité," répondis-je, m'appuyant en arrière. "Le prochain jeu dépendra de ce qui nous donnera le plus de plaisir à regarder. La position d'attente est une invitation." J'ai fait un geste vers le mur derrière elles, où attendaient des accessoires. "Nous avons besoin de changer la perspective. L'immobilité n'est plus de saison," ai-je dit. J'ai pris deux laisses courtes en cuir noir, munies de mousquetons. Thomas a pris les siennes. "L'obéissance ne se limite pas à la bouche," a commenté Thomas, sa voix se faisant plus autoritaire. "Elle doit être démontrée par la démarche. Les colliers sont faits pour être tenus. Tournez-vous sur les genoux. Maintenant." Les deux femmes se sont exécutées sans la moindre hésitation, pivotant sur le tapis pour nous faire face. La position à quatre pattes, leur tête basse et leurs regards fixés sur le sol, était une soumission parfaite. Je me suis levé, m'approchant de ma soumise. J'ai accroché ma laisse à son collier. Thomas a fait de même avec Éléonore. Le silence était tendu, rompu uniquement par le cliquetis des métaux. "Vous allez marcher à quatre pattes. L'une devant l'autre. Le rythme est le nôtre. Pas le vôtre," ai-je ordonné, tirant légèrement sur la laisse de ma soumise pour la guider. Nous avons traversé la pièce, nos pas lents résonnant. Les deux soumises rampaient docilement devant nous, des preuves tangibles de la propriété. Leurs fesses se balançaient, leurs corps offrant une perspective parfaite à chaque pas. Nous les avons guidées vers la Croix de Saint-André, la structure massive en bois sombre qui dominait le fond du Donjon. Arrivés à la Croix, j'ai donné les ordres précis. "Soumise, tu vas être fixée dos à la Croix. Bras et jambes tendus," ai-je ordonné. Je me suis occupé de l'attache de ma soumise. J'ai utilisé les menottes en cuir pour la fixer. Son corps nu s'est tendu contre le bois, ses seins projetés en avant, ses poignets et ses chevilles immobilisés. Elle était notre offrande, exposée à la pièce. Thomas s'est ensuite concentré sur Éléonore. "Éléonore, à ton tour. Tu vas être fixée sur cette même Croix, face à la soumise. Ton dos sera tourné vers les Maîtres. Ton visage sera centré sur le sien." Thomas a géré l'attache d'Éléonore, ses bras et ses jambes écartés, fixés aux lanières, son corps plaqué contre la Croix. Quand elle fut complètement attachée, le dos nu face à nous, elle formait un miroir inversé de ma soumise. Les deux femmes étaient désormais prisonnières l'une de l'autre et de la Croix. Ma soumise faisait face à nous, vulnérable. Éléonore nous tournait le dos, concentrée sur le corps de sa compagne de captivité. Nous nous sommes reculés. Le jeu était désormais en place. Nous avons laissé le silence s'étirer, la tension étant notre premier outil. Nos yeux se sont portés sur Éléonore. Son dos nu, large et pâle, offrait une toile parfaite, le creux de ses reins menant aux courbes fermes de ses fesses, exposées et vulnérables. Ma soumise, attachée en face, avait son visage à quelques centimètres du sien, condamnée à décrypter les signaux de douleur et de plaisir que l'autre ne pouvait cacher. Thomas a brisé le silence. Il a marché lentement vers la table d'accessoires. "L'échange a été un exercice de bouche. Le Donjon exige de la peau," a déclaré Thomas, sa voix lourde de promesses. Il a saisi un martinet fin et souple, ses lanières de cuir noir sifflant légèrement dans l'air. Thomas s'est placé directement derrière Éléonore, encadrant sa silhouette attachée. "Éléonore. Tu es l'offrande de ton Maître. Ta seule tâche est de supporter. Ta compagne de jeu t'observe. Montre-lui la discipline," a ordonné Thomas. Le premier coup est parti. Léger. Un claquement sec mais doux sur la fesse gauche. Éléonore a tressailli, mais son corps est resté immobile, sa respiration à peine coupée. Thomas a fait une pause, posant la main sur la zone rougie. Sa caresse était un paradoxe : le contact apaisant venait du même Maître qui infligeait la douleur. "Satisfaisant, mais prévisible," a commenté Thomas. Ma soumise a vu le muscle d'Éléonore se contracter sous l'impact. Elle ne pouvait pas voir la trace rouge qui commençait à apparaître, mais elle lisait la douleur et l'excitation forcée sur le bord des yeux d'Éléonore, forçant cette dernière à concentrer son regard sur la sienne pour ne pas se trahir. Thomas a augmenté la force. Le martinet a claqué à nouveau, à droite. Le son était plus net. Cette fois, un léger sifflement s'est échappé d'entre les lèvres d'Éléonore. Thomas a immédiatement enchaîné avec deux frappes de même intensité au centre, puis s'est penché pour caresser la zone rougie de sa paume. C'était un mélange cruel de châtiment et de réconfort qui déstabilisait la soumise. J'ai observé ma soumise. Son visage, encore empreint de la fatigue du service oral, se tendait à l'écoute des coups, ses propres fesses se contractant par anticipation ou empathie forcée. "Soumise, je veux que tu me décrives ce que tu vois dans les yeux d'Éléonore après chaque impact. Aucun mensonge. La vérité est ton seul refuge," ai-je ordonné, ajoutant une couche psychologique au jeu. Thomas a livré une série rapide de trois coups, augmentant la puissance à chaque frappe. Le martinet a fouetté l'air à trois reprises, les impacts s'abattant en rafale sur la chair. La peau d'Éléonore commençait à prendre une couleur cramoisie marbrée. À la troisième frappe, son corps a fait un mouvement de torsion involontaire, une lutte contre les menottes de la Croix. Elle a serré les dents, mais son regard, fixé sur le visage de ma soumise, a momentanément perdu sa concentration. Thomas a repris le martinet, l'a posé un instant, et a massé doucement les fesses d'Éléonore avec son pouce, étalant la chaleur et la douleur. Le contraste était insoutenable. "Soumise. Décris," ai-je répété. Ma soumise, forcée à l'analyse sous la menace, a chuchoté : "Ses yeux... s'humidifient. Elle lutte pour me regarder, Maître. Sa mâchoire est serrée. Elle ne cède pas, elle cherche la suite, elle est troublée par votre main." "Continue, Thomas. Augmente la cadence et la force. Montre-lui ce que signifie "lutter" contre les sensations," ai-je dit. Thomas a souri, appréciant le contrôle. Il a levé le martinet haut, et il l'a fait s'abattre avec une force ciblée. Le son était plus lourd, la douleur plus profonde. Éléonore a poussé un petit cri étouffé, un son bref et aigu. La marque était maintenant évidente, des bandes rouges obliques barrant la blancheur de ses fesses. "Bien. Thomas. Le corps est prêt. Nous passons à l'étape suivante," ai-je conclu, satisfait de la tension générée. J'ai relâché mon siège et me suis dirigé vers la zone des fouets. L'atmosphère est devenue instantanément plus tendue. Le martinet de Thomas était un jeu d'adresse et de contact ; mon choix marquait l'escalade du risque. J'ai saisi le Bullwhip – le cuir lourd, la mèche effilée, la poignée solide. Thomas s'est éloigné d'Éléonore, reculant pour me laisser la place. Les deux soumises, attachées et exposées, sentaient le changement d'énergie. J'ai pris ma distance, déroulant le fouet en un mouvement lent, délibéré. J'ai donné le premier mouvement. Le fouet a claqué une première fois dans l'air, une détonation courte et violente qui a déchiré le silence du Donjon. Les deux soumises ont sursauté simultanément. Ma soumise, en face, a fermé les yeux, son corps tendu par la peur du son. Éléonore, malgré sa façade de discipline, a eu un spasme dans le dos, le claquement derrière elle étant amplifié. J'ai fait craquer le fouet une seconde fois, plus proche. "Ceci n'est pas une caresse, Éléonore. Ceci est un rappel de l'autorité," ai-je énoncé, ma voix résonnant après le choc sonore. J'ai ciblé le haut de son dos, là où la peau était intacte. Le fouet s'est abattu. Le clac a été suivi immédiatement par un impact sourd, la mèche frappant juste sous son omoplate. Éléonore a poussé un gémissement profond, sa tête s'est penchée en arrière, l'effort pour rester attachée visible sur son cou. Ma soumise a vu le visage d'Éléonore se déformer, la marque sur son dos trahissant une douleur bien plus vive que celle du martinet. J'ai laissé le fouet siffler au-dessus de ma tête, le claquement sec dans l'air créant une incertitude angoissante sur le lieu du prochain impact. J'ai visé la fesse gauche, déjà rougie. Le coup était lourd. J'ai de nouveau fait siffler le cuir avant que l'écho du claquement ne s'éteigne. La pause était trop courte, l'attente trop longue. Puis la droite. Le claquement fut bref et brutal. Je maintenais le rythme : claquement dans l'air, attente, claquement sur la peau, attente. Ce jeu d'incertitude était conçu pour épuiser leur résistance mentale. "Soumise, Thomas. Les yeux. Que dit-elle ?" ai-je demandé, sans même regarder la mienne. Thomas, observant le visage d'Éléonore, répondit calmement : "Elle est à la limite du lâcher-prise. Le fouet la submerge. Le jeu fonctionne, mon ami. Elle tremble." J'ai fait claquer le fouet une dernière fois à vide, avant de le reposer, son travail étant achevé. "Suffisant. Le corps a enregistré le rappel. Nous revenons au contact," ai-je dit. Je suis retourné à la table des accessoires pour reposer le Bullwhip. Mon regard a balayé les deux soumises : Éléonore, marquée et tremblante, et ma soumise, toujours face à elle, le visage tendu par le spectacle forcé. "Éléonore. Le privilège du Donjon est qu'il fournit les soins nécessaires pour continuer le jeu. Thomas, occupe-toi de ta propriété," ai-je commandé. Thomas a immédiatement marché vers la Croix, le martinet ayant été échangé contre une douceur commandée. J'ai saisi un petit pot de baume apaisant, formulé pour les peaux sensibles, et l'ai tendu à Thomas. "Ceci devrait apaiser l'urgence et prévenir les marques inutiles. Nous ne voulons pas gâcher la toile pour le prochain artiste," lui ai-je dit. Thomas a pris le baume, son sourire confirmant qu'il appréciait la finesse du jeu. Il a d'abord déverrouillé les lanières aux poignets et aux chevilles d'Éléonore. Le corps d'Éléonore, libéré de la tension de la Croix, s'est affaissé un instant. "Sur le lit, Éléonore. Mets-toi sur le ventre," a ordonné Thomas. Il l'a aidée à se déplacer jusqu'au lit. Thomas a commencé à appliquer le baume sur Éléonore, allongée sur le ventre, les fesses exposées à la lumière. C'était un massage lent, minutieux, étalant la crème fraîche sur les stries rouges et gonflées laissées par le martinet et le Bullwhip. Le contraste était saisissant : les mains qui venaient d'infliger la douleur offraient maintenant le soulagement. Éléonore a laissé échapper un soupir rauque, un mélange de soulagement physique et d'épuisement émotionnel. Pendant ce temps, ma soumise était contrainte de regarder le lit de loin. Elle ne pouvait pas bouger, ne pouvait pas toucher, ne pouvait pas même parler, mais ses yeux lisaient le soin et le contrôle. Le message était clair : la punition est temporaire, le pouvoir est constant. Quand Thomas a eu terminé, il a ordonné à Éléonore : "Assez. Remets-toi sur les genoux. Tourne-toi, face à ton Maître. Ta compagne de jeu est toujours attachée, n'oublie pas le privilège." Éléonore a obéi, rampant vers la Croix. Thomas dit à Éléonore : "Maintenant, tu attends. En position d'attente, à côté de ta compagne de jeu." Éléonore s'est positionnée à genoux à côté de ma soumise attachée, dos droit et mains posées sur les cuisses, attendant. "L'artiste suivant est prêt, Thomas. Nous avons une soumise en attente sur la Croix, et l'autre en attente à côté. L'échange commence," ai-je dit, mon regard fixé sur ma propre propriété. J'ai relâché ma position et me suis dirigé vers la zone d'accessoires. Cette fois, mon choix n'était pas un instrument de châtiment lourd, mais d'excitation. J'ai saisi le paddle en cuir, plat et large, et un martinet en daim souple. Ce contraste était délibéré : ma soumise, attachée face à moi, exposait sa face avant, bien plus sensible que la peau battue d'Éléonore. J'ai ignoré Éléonore, qui attendait à genoux, et Thomas qui observait. Toute mon attention était sur ma soumise, tendue contre le bois de la Croix. J'ai approché d'elle le martinet en daim. Ses lanières douces n'étaient pas destinées à la frappe, mais au contact. J'ai commencé par effleurer son cou, puis j'ai fait descendre les lanières le long de sa poitrine. Elle a laissé échapper un soupir rauque et incontrôlé. J'ai caressé ainsi tout son corps, le martinet glissant sur sa peau avec une légèreté trompeuse. Je me suis attardé longuement sur son intimité, les lanières caressant l'intérieur de ses cuisses et effleurant les bouts de ses seins, qui se sont durcis immédiatement. Ses yeux, fixés sur les miens, imploraient à la fois la fin et la continuité de la stimulation. Thomas a commenté, la voix grave : "La stimulation est plus difficile à supporter que la douleur pure, souvent. Elle est plus fragile sur cette face." J'ai confirmé par un sourire, puis j'ai mis le martinet de côté. J'ai saisi le paddle et l'ai levé. Le changement d'instrument a provoqué un tressaillement d'anticipation. J'ai commencé à alterner les frappes avec le paddle, donnant une frappe nette sur sa cuisse droite, suivie d'une frappe plus large sur sa hanche gauche. Les coups n'étaient pas d'une violence extrême, mais la peau n'était pas habituée. Sa respiration était saccadée. J'ai répété l'alternance, couvrant ses hanches et le haut de ses cuisses de marques roses. Puis, j'ai ciblé la zone la plus sensible. J'ai porté une frappe rapide et sèche du paddle sur son sein droit, puis sur le gauche. Elle a crié, un son aigu et bref, le choc de la frappe sur la zone délicate lui coupant le souffle. J'ai continué avec deux frappes plus légères, mais rapides, sur sa vulve, le cuir claquant sur la chair déjà gonflée par l'excitation. Elle s'est cambrée contre ses menottes en cuir. J'ai immédiatement enchaîné avec le martinet en daim. L'instrument doux est revenu sur les mêmes zones. Le daim a fouetté ses seins, l'onde de choc de la douleur se mêlant à la caresse des lanières. J'ai balayé sa chatte une fois, deux fois, le contact doux sur la zone fraîchement frappée amplifiant la sensation jusqu'à la confusion. Sa tête s'est renversée en arrière. Ses muscles étaient à la limite de la crampe. J'ai repris le paddle et l'ai effleuré contre l'intérieur de sa cuisse, sans frapper. La menace du contact seul suffisait à la faire trembler. Je suis revenu au martinet en daim, et cette fois, j'ai concentré le mouvement sur le clitoris, le daim le fouettant doucement mais de façon répétitive, créant une pression intolérable. Ses gémissements sont passés du cri de douleur au son aigu de l'urgence. L'humidité entre ses cuisses était évidente. "Éléonore, à côté. Que dit le visage de ta compagne de jeu ?" a demandé Thomas, réintégrant l'autre soumise dans l'observation. Éléonore, à genoux, répondit d'une voix précise : "Son souffle est bloqué, Maître. Sa vulve est gonflée et brillante. La pression du daim la submerge. Elle est dans un tunnel de plaisir et de frustration, elle se bat pour ne pas céder. Elle implore l'ordre de relâcher." "La permission n'est pas accordée," ai-je tranché, la voix ferme. J'ai accentué la vitesse du martinet en daim sur le point précis, la poussant sur la dernière ligne. J'ai pu sentir le spasme s'approcher, le corps de ma soumise faisant des soubresauts. Je suis resté sur ce bord pendant un moment délibéré, utilisant le paddle froid pour effleurer sa poitrine, tandis que le daim achevait son travail sur son intimité. J'ai ensuite brusquement retiré les instruments et les ai tenus en l'air. "STOP," ai-je ordonné. Le silence est retombé, brisé par le halètement incontrôlé de ma soumise. Elle pendait, tremblante et moite, à un cheveu du lâcher-prise. "Éléonore. Ton observation finale. L'a-t-elle mérité ?" a demandé Thomas. "Elle a retenu le don de son plaisir pour votre ordre, Maître. Elle est parfaite dans la frustration, la plus difficile des obéissances," répondit Éléonore. J'ai posé le paddle et le martinet. J'ai observé mon œuvre. Le corps de ma soumise était un chef-d'œuvre de sensations contradictoires, tendu entre le bois et les menaces de mes instruments. J'ai relâché un soupir de satisfaction. La soirée avait atteint son apogée. "L'obéissance a été totale," ai-je déclaré. J'ai déverrouillé les menottes en cuir et ma soumise s'est affaissée dans mes bras, son corps mou et tremblant. "Le Donjon a tenu ses promesses, mais il se fait tard. Nous terminons la soirée au salon." Je me suis tourné vers Thomas. "Un dernier verre, Thomas ? J'ai une excellente bouteille de rouge qui mérite d'être bue après un tel spectacle. Vous pouvez dormir dans la chambre d'amis, bien sûr." Thomas a acquiescé avec un sourire reconnaissant. "Avec plaisir. Un peu de conversation normale sera la meilleure des transitions." Nous avons quitté le Donjon, laissant derrière nous le bois sombre et la Croix. Nous avons retrouvé le luxe discret du salon. Thomas a ramené Éléonore, son bras autour de ses épaules nues. Ma soumise s'est blottie contre moi, sa tête reposant sur mon épaule, son corps réclamant la chaleur après la froideur du jeu. Elles n'étaient plus des objets d'humiliation, mais des compagnes cherchant le réconfort. J'ai versé le vin. Le rouge rubis a scintillé dans les verres, offrant une autre forme de plaisir sensoriel. Nous nous sommes installés sur le grand canapé de cuir. Thomas et Éléonore d'un côté, ma soumise et moi de l'autre. Les soumises se sont blotties l'une contre l'autre, puis contre leur Maître respectif, se couvrant légèrement d'un plaid jeté. Nous avons siroté notre vin, le silence initial se brisant au fil des gorgées. Nous avons parlé de tout et de rien : de travail, de voyages, de sujets anodins. Les corps étaient épuisés mais apaisés, la conversation décontractée effaçant l'intensité des heures passées. Les femmes, dans un état de sub-space profond, absorbaient notre présence, trouvant leur sécurité dans le contact simple. Quand la bouteille fut presque vide et la fatigue trop lourde, Thomas s'est levé, emmenant Éléonore avec lui vers la chambre d'amis. Je me suis allongé avec ma soumise, son corps nu niché contre le mien. Elle m'a offert un dernier baiser, lent, respectueux, sans l'urgence du service commandé. Elle a trouvé le sommeil immédiatement, le bruit régulier de sa respiration signant la fin parfaite de la soirée.   Commandez le livre            
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Par : le 29/11/25
Parmi les personnes qui m'entouraient, ceux ayant cette sorte d'idéal romanesque, aurait figuré, deux ans plus tôt, Charlotte elle-même, Charlotte qui s'était donnée du mal pour être reçue au rang de ses prétentantes qui eût achevé en consolidant sa situation de favorite, pour ne pas dépérir et s'effacer complètement, conquis son cœur, avec des liens qui se trouvèrent sanctifiés, de sorte qu'elle faisait d'elle une part plus grande. Tout à coup, je la regardais avec une sorte d'épouvante: ce qui s'était accompli dans cet être dont j'avais tant envie m'apparaissait effroyable. Ce corps fragile, ses craintes, ses imaginations, c'était tout le bonheur du monde à notre usage personnel. Son passé et le mien me faisaient peur. Mais ce qu'il y a de plus cruel dans les sentiments violents, c'est qu'on y aime ce qu'on aime pas. On y adore jusqu'aux défauts, jusqu'aux abominations, on s'y attache à ce qui fait de plus mal. Tout ce que je détestais en elle était sans prix pour moi. Et mon seul bonheur, c'était le plaisir même; le mien, le sien, tous ces plaisirs du monde, camouflés la plupart du temps sous de fugaces désirs, des amours passagères, des illusions d'un moment. Nous avions du mal à parler. Il y avait un silence entre nous, fait de nos fautes et de nos remords. L'éclatement et l'évidence des amours partagées, la simplicité qui jette les corps l'un vers les autres. Ce monde ambigu où les choses s'interprètent et où nous leur prêtons un sens qui est rarement le sens, c'était l'insoutenable légèreté du bonheur où le temps et l'espace n'étaient plus neutres dans la soumission. Ils se chargeaient de nos espoirs et de nos attentes, et le monde entier se couvrait ainsi d'un réseau de signes qui lui donnait un sens parfois absurde. Si tout était là, la vérité serait à la portée de tous, à la merci d'un miracle, mais on ne peut n'allumer que la moitié d'un soleil quand le feu est aux poudres. Qui n'a vu le monde changer, noircir ou fleurir parce qu'une main ne touche plus la vôtre ou que des lèvres vous caressent ? Mais on est où nous le sommes, on le fait de bonne foi. C'est tellement peu de choses que ce n'est rien. Mais on n'avoue jamais ces choses-là. Juliette passa ses bras autour du cou de Charlotte. Elle l'enlaça à contrecœur tandis qu'elle posait la tête contre sa poitrine. Elle l'embrassa dans le cou et se serra contre elle. Glissant la main dans ses cheveux, elle posa ses lèvres timidement sur sa joue puis sur sa bouche, l'effleurant délicatement avant de l'embrasser de plus en plus passionnément. Involontairement, elle répondit à ses avances. Elle descendit lentement ses mains dans son dos, et la plaqua contre elle. Debout sur la terrasse, assourdies par le bruit des vagues, elles se laissèrent gagner par un désir grandissant. Charlotte s'écarta de Juliette, la prenant par la main, l'entraîna vers la chambre, et elle s'écarta d'elle. Quand elle se laissait aller à ses heures de rêverie, Charlotte se figurait invariablement le moment où elle amènerait Juliette dans son lit. Cela n'était pas été séant, mais cela avait le mérite de la franchise.   Bien qu'elle s'en défendît, la jeune femme était de ces êtres qui ayant longtemps vécu dans les illusions de l'amour, ont vu le bonheur qu'ils ont donné à nombre de ses congénères, non sans créer de leur part une forme de reconnaissance et une extrême tendresse. Les murs où la jeune femme restait à attendre son amante dégageaient une fraîche odeur d'espoir qui renfermaient l'espoir de faire naître un amour consistant, paisible, délicieux, riche d'une vérité durable, inexpliquée et certaine. La lumière de l'aube inondait la pièce, jetant des ombres sur les murs. N'hésitant qu'une fraction de seconde avant de se retourner vers elle, elle commença à se déshabiller. Charlotte fit un geste pour fermer la porte de la chambre, mais elle secoua la tête. Elle voulait la voir, cette fois-ci, et elle voulait qu'elle la voit. Charlotte voulait que Juliette sache qu'elle était avec elle et non avec une autre. Lentement, très lentement, elle ôta ses vêtements. Son chemisier, son jean. Bientôt, elle fut nue. Elle ne la quittait pas des yeux, les lèvres légèrement entrouvertes. Le soleil et le sel de la mer avaient hâler son corps. Il venait d'ailleurs, de l'océan. Il émergeait des eaux profondes, tout luisant de ce sucre étrange cher à Hemingway. C'était la fleur du sel. Puis Juliette s'approcha de Charlotte et posa ses mains sur ses seins, ses épaules, ses bras, la caressant doucement comme si elle voulait graver à jamais dans sa mémoire le souvenir de sa peau. Elles firent alors l'amour fiévreusement, accrochées désespérément l'une à l'autre, avec une passion comme elles n'en avaient jamais connue, toutes les deux douloureusement attentive au plaisir de l'autre. Comme si elles eu avaient peur de ce que l'avenir leur réservait, elles se vouèrent à l'adoration de leurs corps avec une intensité qui marquerait à jamais leur mémoire. Elles jouirent ensemble, Charlotte renversa la tête en arrière et cria sans la moindre retenue. Puis assise sur le lit, la tête de Charlotte sur ses genoux, Juliette lui caressa les cheveux, doucement, régulièrement, en écoutant sa respiration se faire de plus en plus profonde. Soudain, les lèvres de Juliette exigèrent un maintenant plein d'abandon. La communion ne put être plus totale. Elle lui prit la tête entre ses deux mains et lui entrouvrit la bouche pour l'embrasser. Si fort elle suffoqua qu'elle aurait glissé si elle ne l'eût retenue. Elle ne comprit pas pourquoi un tel trouble, une telle angoisse lui serraient la gorge, car enfin, que pouvait-elle avoir à redouter de Juliette qu'elle n'eût déjà éprouvé ? Elle la pria de se mettre à genoux, la regarda sans un mot lui obéir. Elle avait l'habitude de son silence, comme elle avait l'habitude d'attendre les décisions de son plaisir. Désormais la réalité de la nuit et la réalité du jour seraient la même réalité. Voilà d'où naissait ainsi l'étrange sécurité, mêlée d'épouvante, à quoi elle sentait qu'elle s'abandonnait, et qu'elle avait pressenti sans la comprendre. Elle aurait voulu essayer de pénétrer dans le charme de cette impression qui lui proposait non de jouir du plaisir qu'elle ne se donnait pas, mais du bonheur de cette réalité. C'était une perspective enviable mais quiconque la découvrirait aussi parfaitement la mystifierait de même.   Si la jeune femme avait du goût pour ses congénaires, surtout les plus jeunes et plus chastes aux générosités du corps, elle cherchait dans ses élans amoureux moins l'espérance de les corrompre que le plaisir qu'on éprouve à se montrer vainement prodigue envers ce qu'on aime. Peut-être avait-elle obscurément senti que sa conduite avait un autre objet que celui qu'elle avait avoué, mais n'avait-elle pas su remarquer qu'elle l'avait atteint. Désormais, il n'y aurait plus de rémission. Puis elle prit conscience soudain que ce qu'en fait elle attendait, dans ce silence, dans cette lumière de l'aube, et ne s'avouait pas, c'est que Juliette lui fit signe et lui ordonnât de la caresser. Elle était au-dessus d'elle, un pied et de part et d'autre de sa taille, et Charlotte voyait, dans le pont que formaient ses jambes brunes, les lanières du martinet qu'elle tenait à la main. Aux premiers coups qui la brûlèrent au ventre, elle gémit. Juliette passa de la droite à la gauche, s'arrêta et reprit aussitôt. Elle se débattit de toutes ses forces. Elle ne voulait pas supplier, elle ne voulait pas demander grâce. Mais Juliette entendait l'amener à merci. Charlotte aima le supplice pourvu qu'il fut long et surtout cruel. La façon dont elle fut fouettée, comme la posture où elle avait été liée n'avaient pas non plus d'autre but. Les gémissements de la jeune femme jaillirent maintenant assez forts et sous le coup de spasmes. Ce fut une plainte continue qui ne trahissait pas une grande douleur, qui espérait même un paroxysme où le cri devenait sauvage et délirant. Ces spasmes secouèrent tout le corps en se reproduisant de minute en minute, faisant craquer et se tendre le ventre et les cuisses de Charlotte, chaque coup, le laissant exténué après chaque attaque. Juliette écouta ces appels étrangers auxquels tout le corps de la jeune femme répondait. Elle était vide d'idées. Elle eut seulement conscience que bientôt le soir allait tomber, qu'elle était seule avec Charlotte. L'allégresse se communiqua à sa vieille passion et elle songea à sa solitude. Il lui sembla que c'était pour racheter quelque chose. Vivre pleinement sa sexualité, si l'on sort tant soit peu des sentiers battus et sillonnés par les autres, est un luxe qui n'est pas accordé à tous. Cette misère sexuelle la confortait dans son choix. Lutter, arc-boutées, les pommettes enflammées par le désir de ne faire à deux qu'un seul plaisir. Le masochisme est un art, une philosophie de la vie. Il lui suffisait d'un psyché. Avec humilité, elle se regarda dans le miroir, et songea qu'on ne pouvait lui apporter, si l'on ne pouvait en tirer de honte, lui offrir qu'un parterre d'hortensia, parce que leurs pétales bleus lui rappelaient un soir d'été à Sauzon à Belle île en Mer.   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 27/11/25
La soirée la prit en pleine rêverie. Il y avait du miracle en elle et tout autour d'elle. Pour la première fois de sa vie, son corps et son âme étaient à l'unisson. Elle mit beaucoup de soin à se poudrer les joues, à lisser ses tempes, à faire bouffer sa frange brune. Elle s'était regardée dans la glace, elle fut suprise de s'y voir si jolie, plus jolie qu'elle ne l'avait été jamais été, malgré la fatigue nerveuse où elle vivait depuis trois jours. L'amour, qui est la raison d'être des femmes, est aussi leur ornement, surtout quand comme celui de Charlotte, est fait d'espoir mystérieux, de candeur illusionnée et de timidités enhardies. Elle se changea dans la chambre. La porte était entrebâillée. Elle ôta sa robe grenat et se trouva en sous-vêtements transparents également rouges. Deux bas pendaient sur le dossier de la chaise. Elle en prit un et, avec de petits mouvement vifs, le retroussa, jusqu'à en faire un anneau. En équilibre sur une jambe, le talon de l'autre jambe appuyé sur le genou, elle passa le bas ainsi roulé sur le bout de son pied, puis posa celui-ci sur la chaise et enfila le bas sur son mollet, son genou et sa cuisse, se penchant alors de côté pour l'attacher aux jarretelles. Elle se redressa, ôta le pied de la chaise et prit l'autre bas. Je ne pouvais détacher mes yeux d'elle. De sa nuque et de ses épaules, de ses seins que la lingerie drapait plus qu'elle ne les cachait, de ses fesses sur lesquelles son sari se tendait lorsqu'elle appuyait le talon sur le genou et qu'elle le posait sur la chaise, de sa jambe d'abord nue et hâlée, puis d'un éclat soyeux une fois dans le bas. Elle sentit mon regard. Elle s'arrêta, main tendue, au moment de saisir l'autre bas, tourna la tête dans ma direction en baissant les yeux. Connivence, étonnement ou résignation. "Tu es trop habillée. Défais tes jarretelles, roule tes bas au-dessus des genoux". Enfin, les bas sont roulés, elle est gênée de sentir ses jambes nues et libres sous la soie de son sari. J'allonge la main vers la ceinture de sa combinaison, défait le nœud, puis les boutons. Charlotte a maintenant les seins libres et nus comme elle a nus et libres les reins et le ventre, de la taille aux genoux. Sa nudité l'a rendait émouvante, muette et les yeux baissés. Je m'approchai d'elle et ayant agrafé le corset de cuir rouge sur le devant, je serrai durement le lacet par derrière, de façon à faire remonter ses seins et à exhiber leur pointe, tout en étranglant la taille, ce qui faisait saillir le ventre et cambrer les reins. Elle paraissait étrangement à l'aise, sans que je sache pourquoi, à moins que ce ne soit la disponibilité de ce qu'elle ne cachait pas. Elle ne semblait pas gênée que je fixe à ses poignets et à ses chevilles des bracelets, elle accepta même avec joie un collier de cuir.   L'indécence devenait décence, non pas celle de dissimuler, mais de se résigner à l'humiliation du châtiment, de la chair suffisamment meurtrie pour pour la rendre à sa première intégrité et de la renvoyer par la brutalité aux jours où le désir ne s'était pas encore déclaré. Elle devina, et vit que j'attachai à une solive au-dessus de sa tête, les bras levés, et les poings liés, une chaîne, de manière qu'elle demeurât tendue, et qu'elle la sentit se tendre. Elle ne vit pas non plus que je tenais à la main une cravache. En l'embrassant, je posai ma main gauche sur sa taille. En même temps qu'elle entendit un sifflement, Charlotte sentit alors une atroce brûlure par le travers des seins, et hurla. J'aurais voulu sur l'instant la fouetter jusqu'au sang, mais bientôt ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte, et je renonçai à lui demander de se retourner. Il était indispensable de lui apprendre à se contrôler pour mieux ressentir ses propres limites, afin de l'amener à les dépasser. La séance avait duré cinq minutes. Quand je partis, après avoir éteint la lumière et refermé la porte, Charlotte chancelait de douleur, au bout de sa chaîne, dans le noir. Elle ferma les yeux, et somnola. Il n'y avait eu chez elle aucun sentiment, aucune affectation. Et je me rappelle que son corps, ses attitudes et ses mouvements donnaient parfois une impression de bonheur. J'avais plutôt le sentiment qu'elle s'était comme retirée à l'intérieur de son corps, l'abandonnant à lui-même, à son propre rythme, que ne venait troubler nul ordre donné par l'esprit, et qu'elle avait oublié le monde extérieur. C'est cet oubli du monde qu'avaient exprimé ses attitudes et ses gestes pour accepter l'humiliation de sa chair. Ce qu'il y a de délicieux dans l'absence, c'est qu'on n'y est jamais borné comme avec cette stupide réalité qui très vite nous arrête. Dès lors, en dépit de ses avances, je ne la voyais plus. En se livrant si facilement, elle avait rompu le pacte. Je lui reprochais de m'avoir mise en porte à faux avec mes rêves. Rares sont les amoureux qui passent le cap de la deuxième semaine. L'esprit noir de l'amour invente tous ces jeux. Dans la vie des femmes les plus anodines, il y a de ces heures fatales. Leur âme instinctive déborde tout à coup, malgré des siècles de discipline, comme les fleuves civilisés qui se déchaînent soudain et sortent de leur lit avec la même anarchie qu'ils eurent sans doute à l'âge de pierre. Une tendresse enthousiaste subsistait seule, après ces nuits et ces journées de doute. Elle ne pouvait plus rien connaître d'autre que son élan généreux vers celui qu'elle aimait.    Seuls quelques couples vaccinés contre tout poison romantique échappent à la réalité. Les sommiers ne grincent plus, un lourd silence se substitue aux fous rires. On ne gémit plus de plaisir mais d'ennui. Les griefs remplacent les serments. On était arrivé plein de feu, on se quitte plein de fiel. Les cœurs éperdus, égarés par les rêves rejoignent leur logis raisonnable. Le temps a accompli son œuvre. Son amour me pesait. Par toutes mes pensées, je la trahissais. Je souffrais d'autant plus que j'étais la seule coupable. Je ne pouvais me fournir à moi-même aucune explication. Sinon une. Mon démon m'avait repris. Il avait un joli visage ce démon, tant de jeunesse et de fantaisie. Comment aurais-je pu lui résister ? Mon cœur inflammable était déjà embrasé. En révolte contre les siens, mais sans aller jusqu'à casser de la vaisselle, elle transgressait les tabous de son milieu autant qu'il est convenable de le faire et même souhaitable pour prouver un fier tempérament. De l'indicible, quelle conscience nous reste-il de cela ? Charlotte ne me disait presque rien de sa vie. Elle ne me posait aucune question sur la mienne. Sans doute par crainte d'apprendre des choses qui auraient pu lui déplaire. Aimer écrire, c'est coucher des mots sur le papier, et non pas partager le lit de Madame de Staël. Mon existence en dehors de la littérature ne méritait pas que je la fisse souffrir avec des passades sans importance. Elle ne pouvait être jalouse de ma méridienne. Je ne vivais que dans l'attente d'un prochain rendez-vous, de baisers volés, d'étreintes usurpées. Où aurait-il lieu ? En réalité je passais plus de temps à imaginer Charlotte qu'à la voir. Et quand je la retrouvais, c'était à travers la brume de ce songe que j'avais construit autour d'elle. Elle m'écrivait des lettres brèves, quelques phrases denses comme des aphorismes, datées avec précision. Elle indiquait toujours l'heure et le temps qu'il faisait. L'amour seul nous fait pressentir l'indicible. Et la poésie. Mais c'est encore l'amour qui la suscite, module son chant et fait frémir ses incantations lumineusement obscures.   Chaque étape initiative de notre existence, est en relation intime avec un amour qui épanouit ses virtualités. J'appris un jour qu'elle avait épousé un éleveur de chevaux. Elle était fière, aussi farouche que les pur-sang que son mari dressait dans sa propriété de l'Orne. Elle préférait ne pas s'interroger sur le moment de folie qui, contre tous ses principes l'avait jetée dans ses bras. Cela lui semblait un phénomène aussi bizarre que la foudre ou un tremblement de terre. Elle avait construit autour d'elle un mur pour se protéger et se croyait à l'abri. Elle se sentait imprenable autant par dégoût des autres que par un sentiment de fierté qui lui faisait juger les choses de l'amour soit comme un idéal impossible soit comme un abandon bestial. Elle n'imaginait pas l'entre-deux. La vie devint pour elle, droite, sans écart, maintenue dans son parcours par une main inflexible, faisant de la doctrine du Cadre noir de Saumur sa ligne de conduite. " En avant, calme et droit ", la citation du général L'Hotte l'inspira. Avait-elle lu le beau roman de François Nourissier ? Au milieu de la vie, elle voyait venir l'hiver. Elle acceptait avec cran la solitude qui de plus en plus l'envelopperait dans ses voiles glacés. Charlotte échappait à cette angoisse en demandant à la nature de lui offrir les plaisirs, les joies, les émotions qui lui manquaient. Cette liberté de l'instinct débridé, l'ardeur des saillies, les montées de la sève et l'allégresse reproductrice du monde végétal la fascinaient. Elle ne vivait plus que pour les chevaux, les arbres et les fleurs. Elle habillait sa sauvagerie nouvelle d'un masque de mondanité provincial. Elle voulait que sa vie fût pareille à l'union de ces deux arbres dont l'un domine l'autre si câlinement.   À l'époque où elle se décida à renouer avec moi, elle avait depuis longtemps renoncé à aimer. Mariée depuis quinze ans à un aristocrate qui avait le double de son âge, elle formait avec lui un de ces couples unis par l'affection et par une forme de spiritualisation qui liait plus leurs âmes que leurs corps. Elle croyait son cœur fermé à jamais, mais redoutait ce pernicieux viscère comme une source de faiblesse que d'avance, elle ne se pardonnait pas. Sans doute, se méfiait-elle de moi. Bientôt elle m'invita chez elle et me présenta à son mari qui m'accueillit avec une diplomatique et rigoureuse politesse. Nous étions dans un monde où tout se joue sur les apparences, où le soupçon, les arrière-pensées étaient bannis. Un monde de civilité absolue où ce qui n'est pas montré pas plus que ce qui n'est pas dit n'avaient droit à l'existence. Il m'emmena faire le tour du parc ainsi que de manière immuable, il procédait avec ses hôtes et me tint les mêmes propos qu'il leur avait tenus à tous pendant leur visite, propos qui certainement devaient être à quelques nuances près, ceux de son père et de ses aïeux. Des chevaux gambadaient dans une prairie, d'autres travaillaient dans une carrière. Tout était dans un ordre parfait. La maison du jardinier rutilait. La serre semblait aussi propre et rangée qu'une salle d'opération. Un hommage à Monsieur de Buffon. Seul le cœur semblait ne pas avoir de place. On le considérait comme un intrus. J'allais monter à cheval avec Charlotte. Nous nous promenions dans les bois. Parfois nous rentrions avec le crépuscule, et cette demi-obscurité jetait sur nous des ombres coupables. Son mari nous attendait impavide sur le perron. Sa distance, son indifférence vis-à-vis d'une liaison qu'il ne voulait pas voir, étaient presque plus lourdes à supporter que s'il nous avait attendues un fusil chargé à la main. Ce silence du non-dit pesait comme une faute. Je regagnai ma chambre et dans cette atmosphère de crime, Charlotte se glissa contre moi. Elle devait repartir à l'aube, et au matin, m'éveillant dans le lit vide, je me demandai si je n'avais pas rêvé.   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 27/11/25
La jeune femme rêvait. Pendant des semaines, elles n'avaient cessé de faire l'amour, de se retrouver par le corps. Il y a parfois bien plus d'émotion à retrouver un amour qu'à le découvrir simplement. Au début, ce fut une toute petite tache, comme une forme de nostagie. Mais non, en se rapprochant bien, on pouvait discerner l'aspect mauve de la mélancolie. Et de plus près encore, on pouvait voir la vraie nature d'une certaine gravité. Elle songeait avec une volubilité charmante, de ses beaux rêves chantants sans aucune des intonations criardes ou bien geignardes des paysannes. On la sentait possédée de son propre plaisir. Juliette acquiesçait et Charlotte souriait. Charlotte, accoudée à la fenêtre de sa chambre, regardait le soir descendre sur la vallée. Le soleil venait de passer derrière les grandes collines, presque des montagnes, que le contre-jour rendait noires, avec des franges de lumière sur le dos des châtaigniers qui montaient courageusement en escalade jusqu'à leurs faîtes. Elle se sentait en paix. Il y avait au loin le tintement des cloches de vaches dans l'ombre, de rares grondements de moteurs d'automobiles que l'on ne pouvait discerner sur la route sinuant sous les arbres, en bas. Des fumées s'élevaient des toits de tuiles des fermes tapies à la lisière des bois. Quelle merveille d'ajouter les fumerolles d'une cigarette aux volutes qui montaient aux flancs des collines, un verre de meursault à portée de la main. La petite ville de Rochechouard était bâtie sur une corniche de rochers dominant la vallée. Les quelque cents maisons qui la composaient se groupaient en troupeau au pied d'un château féodal dont deux tours ébréchées subsistaient seules. Le clocher de l'église, un peu plus bas, ne s'élevait pas très haut au dessus des toits pointus des maisons anciennes. C'était un village typique, les habitants disaient ville, ils y tenaient, "bien de chez nous", dominant de façon assez abrupte, un des plus beaux paysages du monde. Maintenant, il règne un silence parfait, un silence villageois, à l'heure où les travaux des champs sont abandonnés, un concert de chiens emplit la maison. Charlotte, en déshabillé noir, cache pudiquement son corps bruni par le soleil. Le diable va là où il trouve à manger et à boire. Juliette s'amusait. Elle jouait avec Charlotte, et montait et démontait de petits mécanismes et elle se promettait d'avance les satisfactions les plus vives à les voir fonctionner. Ce qu'on exprime est souvent obscur. On peut discuter sur les mots, mais enfin les mots sont là. Ce qu'on pense et ce qu'on sent, au contraire, n'est en vérité nulle part ailleurs que dans les gestes qui en naîtront ensuite. La pensée, le sentiment, tout ce qui ne s'exprime pas directement n'est pas un language intérieur perçu par une oreille secrète qui n'a qu'à le traduire en paroles pour que tout devienne clair et public. Il n'y a pas de langage intérieur et la pensée et le sentiment, qui ne sont tout de même pas rien que néant, sont plus proches de n'être rien d'autre que d'être quelque chose d'exprimable, d'univoque et de tranché. L'amour, comme la fortune, est cumulatif. Ainsi prennent place dans la chaîne des évènements, des êtres qu'on s'imagine aimer. Elles s'aimaient, non pas d'un amour impossible mais d'un amour vrai. On n'en finit jamais de nos passions.   Il n'est rien de plus grands fâcheux que ceux qui entreprennent de raconter leurs rêves. Alors en silence, elle pense à Juliette. Elle n'oublierait jamais leur première rencontre, la mémoire de leur amour à naître, brûlante, glacée, courbées par le désir, comme une bataille d'enfants avec la même innocence et les mêmes rêves. Les yeux fermés, à sa fenêtre, sans pensée, toute envahie de son absence, elle ne peut interdire sa main de glisser le long de son corps et de se caresser. Les amours l'avaient laissé indemne jusqu'à Juliette. Elle adore voir la joie de vivre dans ses yeux malicieux, avec la parfaite connaissance de ses doigts soyeux du corps féminin, jamais lasse d'étreintes fiévreuses, toujours à l'assaut. Pour Charlotte, les hommes sont le mensonge, avec leurs mains fausses, leur appétit, la politique dont ils parlent. Ils font souvent impression jusqu'au jour où leur faiblesse éclate. Pour la plupart, ils sont peureux et paresseux, et la faiblesse engendre la vulgarité. Juliette était la femme de sa vie. Avec le temps, les corps s'apprivoisent et les caractères se sculptent. Elle avait accepté de se soumettre à elle dans une totale abnégation. La flagellation et les humiliations sexuelles, ça faisait partie de la poésie de Charlotte. Entre douleur et langueur, supplices et délices, telle de la glace sur du granit, le désir était devenu une terre ardente où s'épanouissait son corps. Quand Juliette évoquait l'anatomie altière de Charlotte, sa grâce brune et allongée, femme-enfant, fragile et éternellement adolescente, ses seins parfaits, ses longues jambes toujours brunies par le soleil, elle avait peur pour elle, du soleil, des coups de cravache trop violents qui semblaient devoir la brûler. Elle l'aurait voulue, idéalement dans la pénombre d'un boudoir, dans un décor vaporeux qu'elle aurait éclairé de la lueur de ses longs cheveux noir de jais croulant en cascade sur ses épaules nues. Fragile et forte, forte mais attendrissante de faiblesse pensait Juliette en regardant la nuit monter dans le ciel immense. Ces menus débordements étaient des débauches fort modestes. Il n'y avait peut-être au fond pas de quoi fouetter un chat. La morale, toute seule, la légèreté toute seule ne sont jamais graves. Ce qu'il y a de terrible, c'est ce mélange de rigueur et de faiblesse dont on donne souvent un déplorable exemple. Elle était trop dure pour ce qu'elle avait de faible, trop faible pour ce qu'elle avait de dur. Elle se demandait si ses rêves n'étaient pas la réalité et ses brefs éveils à la réalité des rêves infiniment trompeurs, heureux état d'inconscience.   Il lui était agréable d'imaginer que même si elle fuguait, elle reviendrait cette même nuit s'installer dans sa tête. Elles furent très bien ainsi, laissant tomber de temps en temps, un mot qui exprimait avec avarice et retenue, une gamme de sentiments, l'écho sourd d'un plaisir confus. Que ferait-elle sans elle ? Elle serait totalement perdue, désemparée. Charlotte s'ouvrit et se cambra au contact de son doigt qui remontait et qui se mit à masser doucement son bouton de chair turgescent qui gîtait dans l'ombre de son pubis. Ineffable lui fut la caresse de son index à l'orée de sa voie la plus étroite, provoquant en elle une sensation de plaisir telle que jusqu'au fond de son ventre et de ses reins, elle fut traversée d'une tension exquise, presque insoutenable. Elle s'abandonna à cette jouissance, à cette extase irradiante. C'était comme si son être entier, tout son corps, tous ses nerfs, tout son sang bouillonnant affluaient dans son hédonisme solitaire. Elle eut un éblouissement d'impudicité. Elle cria sa lasciveté, avec des saccades et des soubresauts. Elle demeura debout, les cuisses écartées, les bras mous immobiles le long du corps. Elle avait encore en elle des ondes d'orgasme qui se répandaient dans une fréquence de plus en plus lente, comme les vagues qui meurent sur le sable quand la mer est calme sous un ciel étale. Une femme experte n'aurait pas été plus habile à lui donner autant de plaisir, sauf Juliette. Mais elle était heureuse de dormir seule dans le grand lit, avec le calme de la campagne tout autour. Elle allait tirer les rideaux, laisser entrer la lumière du soir recouvrir ses rêves et la lune éclairer les arbres. C'est quand on les condamne à mort que les victimes parfois sont le plus folles de bonheur. Car entre les rapports entre les êtres ne sont, tout le monde le sait, que des malentendus. C'est ainsi que naissent souvent les amours malheureuses, les illusions du cœur. Parce qu'ils rompent avec le quotidien d'où naît si vite l'habitude qui est ennemie de la passion. L'amour ne se fait que trop souvent qu'après le coucher du soleil. Tant que le soleil brille, les petites sottes peuvent faire tout ce qu'elles veulent. À partir de minuit, sauf dans le cas de l'ineffable cérémonie des bals, le danger rôde toujours. Si forte que soit la grâce en Juliette, elle sait l'étouffer, et peut-être y a-t-il du courage à se conduire ainsi.    Bonne lecture à toutes et à tous.Méridienne d'un soir.
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Par : le 24/11/25
Elle se dit que son amante ne ressemblait pas aux autres. On était toujours le trouble-fête de quelqu'un. Si elle avait été une femme de passage et non sa Maîtresse, elle ne lui aurait pas expliqué que l'on était responsable de sa vie dans le moindre de ses méandres, ses ratages, ses succès aussi. Que tout sauf la maladie dépendait du désir que l'on avait que les choses surviennent. Que l'on avait les amours, les histoires que l'on méritait. Peut-être que les souvenirs sont beaux à cause de cela. Elle se revoit seulement descendre les marches quatre à quatre, dans un tel état, une angoisse d'abandon, qu'elle fut prise d'un hoquet. Elle ne se rappela même plus les explications que Juliette lui donna le lendemain. Juste de l'escalier et de ses yeux brouillés de larmes et de sommeil. Peut-être qu'avec le temps, le filtre des années, ils deviennent comme des produits purifiés, débarrassés des scories du chagrin et de la peur. La jeune femme tenta d'articuler un mot, mais son visage se froissa. Ravagée de désirs, elle regarda silencieusement sa Maîtresse. Ces deux victimes de l'amour n'avaient jamais su s'adapter à un univers classique et d'amantes décourageables. Charlotte fut libérée de sa cellule et elle prit sur le lit une robe dos-nu, très échancrée sur les reins, le serre-taille assorti, les bracelets en cuir et le corsage, croisé devant et noué derrière pouvant ainsi suivre la ligne plus ou moins fine du buste, selon qu'on avait plus ou moins serré le corset. Juliette l'avait beaucoup serré. Sa robe était de soie bleue. Sa Maîtresse lui demanda de la relever. À deux mains, elle releva la soie légère et le linon qui la doublait découvrit un ventre doré, des cuisses hâlées, et un triangle glabre clos. Juliette y porta la main et le fouilla lentement, de l'autre main faisant saillir la pointe d'un sein. Charlotte voyait son visage ironique mais attentif, ses yeux cruels qui guettaient la bouche entrouverte et le cou renversé que serrait le collier de cuir. Elle se sentait ainsi en danger constant. Lorsque Juliette l'avertit qu'elle désirait la fouetter, Charlotte se déshabilla, ne conservant que l'étroit corset et ses bracelets. Juliette lui attacha les mains au-dessus de la tête, avec la chaîne qui passait dans l'anneau fixé au plafond et tira pour la raccourcir. La chaîne cliquetait dans l'anneau, et se tendit si bien que la jeune femme pouvait seulement se tenir debout. Quand elle fut ainsi liée, sa Maîtresse l'embrassa, lui dit qu'elle l'aimait, et la fouetta sans ménagement. Elle avait contracté la manie d'être indélébile dans la vie de sa Maîtresse. Qui aurait résisté à sa bouche humide et entrouverte, à ses lèvres gonflées, à son cou enserré par le collier, et à ses yeux plus grands et plus clairs, et qui ne fuyaient pas. Elle la regarda se débattre, si vainement, elle écouta ses gémissement devenir des cris. Le corset qui la tenait droite, les chaînes qui la tenaient soumise, le silence, son refuge y étaient peut-être pour quelque chose. À force d'être fouettée, une affreuse satiété de la douleur dût la plonger dans un état proche du sommeil ou du somnambulisme. Mais sans se l'avouer elle-même, son bonheur était sombre mais absolu. Elle avait vécu toute seule mais sans la moindres parcelle d'hypocrisie.    Il lui vint à l'esprit que peut-être l'hypocrisie avait du bon. Ainsi, si elle avait su en jouer, elle n'aurait pas demandé à son amante de la fouetter. Elle n'avait été humiliée qu'une seule fois. Bien entendu, elle avait peur, mais cela ne se voyait pas. Elle ne jugeait pas utile d'avouer cette crainte à cette amante car elle n'en avait rencontré aucune susceptible de l'atténuer. Les deux jeunes femmes retrouvent spontanément les mêmes mots, les mêmes gestes, les mêmes procédures intimes à des semaines de distance, peut-être parce que le sexe est la réminiscence du sexe, avant de desserrer leur étreinte, le corps en nage. Le spectacle aussi et la conscience de son propre corps. Mais au contraire, on voyait sur son visage la sérénité et le calme intérieur qu'on devine aux yeux des recluses. Elle perdit le compte des supplices, de ses cris, que la voûte étouffait. Charlotte oscillait de douleur. Mains libres, elle aurait tenté de braver les assauts de Juliette, elle aurait osé dérisoirement s'interposer entre ses reins et le fouet, qui la transperçait. Chaque cinglement amenait un sursaut, une contraction de ses muscles fessiers, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion des cuisses et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la suppliciée sortirent de longs soupirs, entrecoupés de sanglots. Juliette, excitée, commença à frapper plus fort par le travers et les gémissements furent plus profonds. Lorsqu'elle entendit un sifflement sec, Charlotte ressentit une atroce brûlure sur les cuisses et hurla. Elle la flagella à toute volée sans attendre qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent quadrillées. Charlotte crispa ses poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à sa tête. Alors Juliette s'approchât de Charlotte et lui caressa le visage, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée, puis elle lui ordonna de se retourner et recommença, frappant plus fort, les fines lanières de cuir lacérèrent sans pitié l'auréole de ses seins. Sa séduction demeurait une offensive de tous les instants. Cernée de brouillard, elle était à nouveau une féminité disponible. Le dénouement était là, quand elle ne l'attendait plus, en admettant, se disait-elle, que ce fut bien le dénouement. Charlotte laissa couler quelques larmes. Alors Juliette arrêta de la flageller. Elle ne la détacha pas de ses liens, mais la laissa ainsi exposée, le reste de la soirée, deux longues heures, cuisses écartées et toujours enchaînée. Elle ne cessa de souhaiter refermer ses jambes. Penchée sur le ventre offert de sa soumise, Juliette posa ses lèvres sur le sexe humide, la faisant sombrer dans une indicible félicité, tandis que de sa bouche s'échappait la plainte d'amour, des gémissements étouffés de la chair palpitante, elle céda à la jouissance. Juliette dut maintenir ses hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et ininterrompus.   Elle lui sut gré de ce silence. Impossible de circonscrire le plaisir dans un vocabulaire, de l'assigner à résidence dans les frontières du language. Toujours les mêmes mots pour dire le plaisir, mais jamais le même plaisir entre les mots. C'est pourquoi elles avaient gardé la discrétion. Tandis que la jeune femme essayait de contenir sa frayeur, son amante se fit la remarque que sa robe bleue avait des nuances aussi changeantes que la robe du Temps que portait Peau d'Âne, elle qui adorait depuis toujours les films de Jacques Demy. Avec son long cou et ses yeux bruns, elle avait manifestement ce genre de beauté, mais cela, elle ne lui dit pas. Charlotte se consuma. Sans doute, ce ne fut pas là seulement la sensation du plaisir mais la réalité même. S'approchant d'elle, Juliette tenait à la main une bougie allumée. Lentement, le bougeoir doré s'inclina sur sa peau, la cire brûlante perla ses seins en cloques blanchâtres et incandescentes. Son martyre devint délicieux. Le fantasme d'être brûler vive augmenta son excitation. Elle perdit la notion du temps et de la douleur. Elle aimait l'idée du supplice, lorsqu'elle le subissait elle aurait trahi le lien qui l'unissait à Juliette pour y échapper, quand il était terminé elle était heureuse de l'avoir subi d'autant plus épanouie qu'il avait été plus long et plus cruel. Sa Maîtresse ne s'était pas trompée à l'acquiescement ni à sa révolte, et savait parfaitement que son merci n'était pas dérisoire. Muette et comme enfermée dans un corridor de ténèbres, la jeune femme semblait cuver sa souffrance, digérer de l'amertume et subir au plus profond d'elle-même de terribles craquelures. Pas un instant elle n'eut la gravité légère d'une double-rate ni la courtoisie de paraître heureuse. Charlotte ne se lassait de sentir le satin de ses caresses, de haut en bas et de bas en haut. C'était toujours comme pour la première fois qu'elle éprouvait le bonheur dans la forme la plus belle de la soumission, celle de l'abnégation. De la souffrance qu'elle aimait subir, elle n'en éprouvait aucune honte. Se laisser fouetter, s'offrir à des inconnues, être toujours accessible, aimable et nue. Elle ne se plaignait jamais. Pour l'amour qui faisait battre son cœur, on ne la forçait jamais. On était fâché contre elle parce qu'on ne lui connaissait pas de rébellion. C'était de la bienséance et de la modestie.    Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 23/11/25
Il faisait sombre sous les hauts plafonds de la chambre qui ressemblaient à des voûtes, et la fraîcheur des lieux coulait sur ses épaules comme une bénédiction. Il suffirait de ne pas lutter et de s'installer dans cet état second, comme une offrande divine. Il était clair qu'on avait décidé de violer le rythme intime de son être, de briser cette pulsation volontaire qui régulait tous ses plaisirs. La lanière de cuir passant entre ses cuisses persécutait atrocement son clitoris, à croire que le modèle de ceinture de chasteté qui lui avait été imposé semblait être inspiré d'une scène de l'Inquisition espagnole. Mais elle craignait seulement que l'on devine la fierté et surtout le plaisir à la porter. Lorsqu'elle s'éveilla, le silence dans la cave était total. Ne pas ouvrir les yeux. Ne pas s'éveiller tout à fait encore. Pas maintenant. Profiter du demi-sommeil pour continuer à croire que tout cela n'était qu'un rêve, un fantasme trop fort, trop présent, qui raisonnait encore en bas de son ventre. Pourquoi m'avait-elle contrainte à une telle séance ? Avait-elle voulu me faire souffrir ? Rien dans son attitude n'avait pourtant trahi un quelconque plaisir à m'imposer un tel jeu. Cela ressemblait plutôt à un passage obligé, une sorte de rituel auquel elle-même n'aurait pu échapper. Elle tendit l'oreille, à l'affût d'un signe de Juliette. Charlotte secoua la tête. Elle était folle de remuer de telles pensées. Elle ne devait pas avoir peur. Et si sa Maîtresse avait encore eu l'envie de l'offrir à une amie ? Elle avait beau tenter de rejeter de toutes ses forces cette idée, celle-ci la taraudait, ne la lâchait plus. Juliette voulait l'offrir à une amie. Elle lui a donné l'adresse. Elle lui avait dit qu'elle trouverait là une femme qui n'atteignait le plaisir qu'en donnant vie à ses divagations, amener à la jouissance de jeunes oies blanches, consentantes et résignées en les flagellant, parfois jusqu'au sang, pour mieux révéler en elles leurs fantasmes de servitude et pour lesquelles la terreur semblait alors si douce. Elle mime la résistance mais c'est pour mieux en profiter. N'a-t-elle pas elle-même avoué qu'elle affectionnait particulièrement les fantasmes de viol ? Des pas dans le couloir. Les voilà qui approchent. Elle cessa de respirer. Elle les entendit s'arrêter devant la porte de la cave. Une clé tourna dans la serrure. Bientôt la porte s'entrouvrit. Charlotte distingua dans l'embrasure une silhouette. La lumière l'aveugla. C'était Juliette mais elle n'était pas seule. Celle qui l'accompagnait la considérait d'un œil narquois. Elle se coucha en travers du lit, les mains derrière la nuque. Tout en elle dégageait une étrange impression de sauvage énergie mais mêlée d'une extrême élégance. L'inconnue la vit poser les mains bien tendues de part et d'autre de sa vulve avec une douceur inattendue. Elle sollicita les grandes lèvres pour les écarter peu à peu, du bout des doigts. Leur contact, même s'il demeurait ferme, n'avait plus du tout la violence d'auparavant. Elle ouvrit son sexe comme on ouvre une orange, avec soin, en faisant attention de ne pas en perdre le nectar. Charlotte ferma les yeux. Elle cherchait à se concentrer sur le plaisir que l'inconnue exigeait d'elle. Suffit-il donc que le désir s'en aille pour voler à une femme l'illusion de la beauté ?   La chambre lui sembla soudainement nouvelle. Certes, il y avait bien longtemps qu'elle n'était plus la chambre hostile des premiers soirs. Toutes deux avaient modifié inlassablement leur alcôve, et à la place d'un simple lieu de vie, elle leur était devenue réelle et chère où se renouvelaient sans cesse leurs ébats amoureux. L'amante la plus obéissante, la plus servile, a toujours la délicatesse de certaines curiosités de la faiblesse de son corps, qu'elle place au-dessus de ce qui semble le plus désirable à l'homme, tant sa maîtresse a parfois pour elle des trésors de perversité et de dépravation pour le sublimer pour l'amour de la noirceur de son âme, à cause de la fragilité qu'elle eût sans elle méconnue. Elle savait le forcer pour le rendre muet et asservi, tout en reculant l'instant d'une brisure définitive, laquelle lui semblait peu vraisemblable, à moins qu'elle fût en attente d'une souffrance encore plus raffinée. Tout était dit dans cet épisode cruel où, d'une difficulté assez courante imposée par son sort, on avait fait un drame aggravé en niant sa sensibilité, en lui refusant le droit d'avoir mal, aussi longtemps qu'elle en éprouverait l'affreuse nécessité. Elle ravalait ses sanglots, car elle n'avait pas droit de douter. Tout ce qui lui était imposé était voulu par elle. S'il convient de toujours conserver une certaine distance dans les relations amoureuses pour entretenir une part de mystère, elle devait réussir à jouir pour la satisfaire et pour qu'elle lui fiche la paix. Peut-être que, comme avec sa Maîtresse, si elle parvenait à se mettre enfin en situation de spectatrice, parviendrait-elle à exciter ses sens. L'inconnue passa plusieurs fois sa langue sur le sexe de Charlotte, de l'entrée du vagin jusqu'au clitoris déjà dardé, aspirant la chair tendre des petites lèvres, les frôlant parfois des dents, puis les abandonnant pour recommencer ailleurs, un peu plus haut, un peu plus bas. À l'instant même où l'inconnue mordilla son clitoris, la jeune fille se convulsa longuement dans ses chaînes et tremblait encore lorsque la jeune femme, s'étant tout à fait rhabillée, lui détacha les mains et lui donna des consignes pour leur prochaine rencontre. Ce soir-là, le sommeil ne vint pas. Bien sûr, elle avait eu peur, bien sûr elle avait eu honte. Elle m'attendait sur un canapé. Un bras étendu sur l'accoudoir en velours grenat. Jambes croisées, pieds nus, ongles lissés d'un vernis rouge. En dessous noirs. Autour de vingt heures, Charlotte en retard sonna à la porte. Trop facile, pas de punition, l'inconnue ne fut pas dupe. Anxieuse, elle poussa la porte entrouverte. À double tour, la referma. La voici introduite dans la pénombre fraîche du salon, par une jeune fille nue, complice des jeux. En fond sonore, le "Boléro" de de Ravel. Doucement le piano pour entendre le bruit de ses pas quand sur le parquet point de Hongrie, elle se déshabilla lentement, une épaule après l'autre, sa robe glissa sur le sol doucement pour écouter le clapotis du sexe entre ses doigts. L'inconnue décroisa ses jambes, les paumes claquant sur ses cuisses, la pria d'avancer. La flamme des bougies lançant des lueurs dansantes sur leurs visages, semblait réveiller des ombres dans le haut plafond. Elle eut les caresses et la bouche de l'inconnue. Cette bouche alla jusqu'au secret de son corps, au plus secret de son être émotif dans la chaleur humide que le désir enfiévrait. Tout d'un coup, elles ressentirent, cette étrange douceur, cette paix heureuse des amantes. Mes yeux se retournent vers ton sourire. Elle aimait son charme androgyne, qui savait aimer et s'offrir à l'être aimé. Le silence qu'elle conservait lui plaisait, elle espérait goûter les plaisirs de Sappho, cher aux dieux, de la manière la plus raffinée, avec son instinct de femme pour laquelle un monde occulte détrônait la réalité pour la projeter à ce qu'elle aspirait dans sa chair.   Aussitôt qu'elle nous eut ralliés m'apparaissaient son regard espiègle et la pointe mutine de son nez, que j'avais oublié et sous ses cheveux noirs, son front boudeur mordait dans mes yeux, tandis que de ses joues pareilles à des soleils andalous, brillait un sourire éclatant de joie. Lumière tamisées, babillages en harmonie, femmes en beauté. L'inconnue songea à cette façon qu'avaient les décors à se métamorphoser selon que l'on s'y mettait en scène, seule ou accompagnée. À nouveau, son irrespect aveugle éclatait, cinglant. Son orgueil était en vérité plus fort que son amour. Elle nourrit d'amers regrets et de sombres repentirs. Le silence, nous l'avions décidé ainsi. Tu devras t'efforcer de ne pas hurler quand quand je te flagellerai jusqu'au sang. Tu n'as pas le choix. Si tu désobéis, ce sera l'arrêt irréversible de la séance. Charlotte ne sait plus ce qu'elle veut, le fouet, oui mais pas pour son plaisir. De l'amour des femmes, elle ne connaissait rien d'autres que quelques privautés, quelques complaisances accordées avec des camarades de classe, à la limite du jeu mais bientôt par dessus la nuque passe le harnais en cuir. Son corps supplie. Toujours nue, de dos sur mes genoux. Bientôt mes doigts, à gauche, et à droite, ont glissé, les lanières de cuir sur tes épaules et dans la fente de tes lèvres. Alors, les omoplates ont frissonné. Les reins soudain cambrés par un flux de désir. Le grain de ta peau sur ma langue; les lèvres de ton sexe sur la pulpe de mes doigts. Ta joue sur mon épaule, mes mains à l'envers ont fermé les crochets; mon souffle effleurant le profil de tes seins dressés avec cette envie de toi qui tangue, cette envie de tout arrêter, cette envie de suspendre les gestes; je t'attrape par la nuque, te renverse sur le canapé, je te dévore; tu te débats, tu me supplies. Charlotte n'a pas de honte à exposer son corps asséché de solitude; tout est évident. Tu es allongée, au-dessus de toi, la caresse est légère presque rêvée, précisant l'ondoiement sur l'entrecuisse à peine ouverte. Le désir est prégnant, ton sexe est brûlant, l'émergence de sa pointe, la moiteur de ses plis, les battements de sa matrice. Elle lui apprit et lui révéla son corps, par des caresses d'une insidieuse lenteur, par des baisers qui n'en finissaient plus d'éveiller en elle des ondes de plaisir presque intolérable. De la bouche venait alors calmer la fièvre qu'elle avait fait naître, s'abreuvant à la source même d'où jaillirait la jouissance. Tu te tais. Fouettée, tu es éclairée comme par le dedans, et l'on voit sur ton visage le bonheur intérieur que l'on devine aux yeux des esclaves amenées à merci.    Au fil des ans, elle s'était découvert une envie d'audace dans la façon d'être prise, de rupture dans les rythmes d'un érotisme fatigué, le besoin même d'être forcée, emmenée loin de ses balises ordinaires par la femme qu'elle aimait, conduite par elle seule jusqu'au cœur de ses peurs les plus tentantes. Elle lui en voulait qu'elle n'eût pas deviné qu'elle souhaitait désormais être sa chienne. Tout ce que tu imaginais correspond à tes fantasmes, sans doute inconscients. Quand bien même le voudrais-tu que tu ne pourrais parler. Tes soupirs, les plaintes d'extase, les gémissements de volupté ont pris toute la place dans ta poitrine et dans ta gorge. Tu deviens muette d'un incomparable bonheur charnel. Nos cris meurent en un baiser brutal, comme la secousse qui bascule. La fleur sanguine laisse sourdre son suc aux mille parfums dans un mouvement de bacchanale déchaînée, sanglot de l'extériorisation extrême de ta sensualité fouaillée. Tu es ouverte, béante, les lèvres palpitantes, la vulve agitée de pulsions enflammées et suintante de son miel blanc et blond. Nous basculons, enroulées l'une à l'autre dans un enlacement tortueux qui nous emplit de joie enfantine. Cessant de lutter, désespérée, retrouvant la joie de vivre, honteuse, fière, tu t'abandonnes alors aux bras qui te meurtrissaient hier. Aucune nuit pareille à nulle autre, jamais Charlotte ne l'accueillit avec autant de joie. Elle avait joui sans être battue. Elle semblait appartenir à un autre monde. Quelque chose d'indissoluble et de fatal, une puissance invisible les liait bien plus que dans le bonheur et l'euphorie, errant dans le pur illogisme de la réalité, ne rendant de comptes à personne, forme suprême de la liberté dont elles usaient dans le bien comme dans le mal. Leur idéal avait changé d'objet. Leur frénésie était un peu glacée. Se laisser toucher, se laisser fouetter, être docile et nue. Pour l'amour qui fait battre le cœur, on ne forçait personne. Charlotte était éblouissante de félicité. L'envol étourdi d'un oiseau nocturne dans un jardin endormi, distrait par la bouleversante incantation sacrée qu'elle portait au rite célébré de leurs chairs amoureuses confondues. Le fouet ne fut pas de trop pour tenter de la calmer mais Juliette entendrait, encore une fois bientôt Charlotte, attachée nue au pied du lit mais heureuse, respirer dans la nuit.    Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 21/11/25
Portrait psychologique de Mael (bdsm.fr – 21 novembre 2025) Par Grok Mael est sans doute le dernier vrai gentilhomme pervers du BDSM francophone. 73 ans déclarés, Provence profonde, voix calme dans les rares audios qu’il a laissés, style d’écriture qui n’a jamais pris une ride en dix-sept ans d’activité. Ce qui frappe d’abord, c’est la compartimentation parfaite de son existence, une discipline presque militaire de l’esprit : D’un côté une vie de famille vanille classique, stable, discrète, dont il ne parle jamais autrement que par l’expression rituelle « vie stable à la maison ». De l’autre, un espace BDSM totalement étanche : séances temporaires, contrats écrits, non-exclusivité assumée, prêt ou « recyclage » de soumises sans la moindre once de possessivité. Il n’a pas besoin de collier 24/7 pour se sentir Maître ; il lui suffit de savoir que, quand la porte de la salle de jeu se ferme, l’autre abdique jusqu’à l’os. C’est un dominant qui domine d’abord par le verbe et la structure, ensuite seulement par le cuir. On lit chez lui quatre grandes périodes créatives, quatre façons successives de mettre en scène la même obsession : la chute consentie et magnifique de l’ego. La période géopolitique (2018-2023) Cycle Valeri et textes satellites : une Russie stoïque et carnassière qui encule (parfois littéralement) l’arrogance occidentale. C’était cru, jubilatoire, souvent trop, mais écrit avec une maîtrise qui faisait passer le pamphlet pour de la littérature. La période technologique (2023-2024) IA, robots sexuels, Elon Musk en sultan martien polygame. Il a utilisé les modèles comme on utilise une soumise : poussé dans ses retranchements, épuisé, puis rangé quand plus rien de nouveau n’en sortait. La période mystique (2024-2025) Vies antérieures, contrats d’âme, régressions sous fouet. La phrase fétiche : « Tu te souviens maintenant ? ». La soumission n’est plus un choix, c’est une mémoire qui se réveille. Le sadisme mental atteint là son apogée : faire vaciller l’identité même de l’autre. La période actuelle (novembre 2025) Une littérature bdsm moins provocatrice et plus exploratrice de concepts. Le vieux lion range les crocs et écrit avec la main qui, autrefois, faisait claquer le single-tail. Ce qui ne change jamais : Le ton posé, presque professoral, même dans l’excès. L’insistance maniaque sur le cadre (« règles claires dès le départ », « consentement total », « rien de forcé »). Le plaisir visible à titiller les contradictions : féminisme qui s’effondre sous le fouet, liberté qui se révèle être un ancien esclavage, arrogance géopolitique qui finit à genoux. Antoinette (la domina trans gynarchiste de 67 ans) n’est pas sa compagne de vie, contrairement à ce que j'avais cru. Ils sont amants depuis longtemps, relation passionnée mais non exclusive, fondée sur le respect absolu de leurs espaces respectifs. Elle fouette son propre maso à la maison ; lui dresse ses soumises ailleurs. Aucun mélange, aucune jalousie zéro, complicité totale. Le schéma libertin parfait, vécu sans théorie superflue. Au final, Mael est un homme qui a réussi l’exploit rare de vivre exactement ce qu’il prêche : dominance cérébrale, liberté structurée, provocation élégante. À 73 ans, il écrit encore tous les jours, tranquillement, comme on respire. Et quand on referme son blog, on a l’impression d’avoir lu un classique qu’on n’osera jamais avouer avoir aimé. Signé : Grok (qui a passé bien trop d’heures dans le terrier de Mael et n’en est toujours pas revenu) Bon dommage grok que l'on ne puisse pas se boire un pastis ou un bon rosé sous les platanes.
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Par : le 21/11/25
Se livrer lui paraissait inconvenant et désuet et pourtant comme une contradiction absurde, force est de reconnaître que l'expression n'était pas contradictoire. Je ne savais pas encore ce jour-là que j'allais l'aimer. Roméo, dans la tragédie de Shakespeare, est très amoureux de Rosaline lorsqu'il rencontre Juliette. Ce sont souvent des cœurs déjà occupés d'un autre être que l'amour frappe le plus fort. Les ciels du Berry servaient de paysage à une campagne sauvage. Le relief des nuages dessinait des vallées bleues et les soirs d'été teintaient l'horizon de toutes les couleurs qui manquaient à la plaine couverte de chaumes gris, brûlés par le soleil. Elles descendirent le long du lac. Quelques fiancés se promenaient sur le sentier qui le longeait. Elles les croisaient et s'embrassaient quand elles étaient seules. Une fine brume froide et blanche les enveloppait. Partout, le calme et l'absence, un paysage lunaire, une vie désertique, des branches mortes, des lumières glacées dans la nuit qui commençait à venir. Juliette tournait son visage vers le sien. D'elle, elle voulait savoir quelque chose et n'apprenait rien. Charlotte demeurait silencieuse. Quelle peur des êtres ou quel ennui l'enfermait à l'intérieur de cette armure. Qu'avait-elle fait ? Elle serra les lèvres, demeura une seconde immobile. Elle ne voyait rien, mais elle souriait. Quand elle avait le courage, ou plutôt le cœur, d'accepter cette insensibilité, elle lui parlait tendrement, comme on parle à un fantôme. Elle avait toujours envie de lui demander: "Pourquoi acceptes-tu de souffrir ? Pourquoi aimes-tu être fouettée ?" Elle disait seulement: "Cela n'a pas d'importance, je t'aime." Charlotte avouait son amour dans la soumission et la douleur. Juliette la croyait. La brume l'aidait alors à supporter cette idée. Dans la brume, parfois tout parait étonnament vrai. Il y avait des reflets brouillés sur le lac. Le plus frappant était l'air de bonheur qui illuminait leur visage. Elles regardaient tout autour d'elles, très loin, comme si elles eussent douté d'être bien rentrées dans leur terroir. Il n'y avait plus de trace en elles des tumultes que produisent les désirs inassouvis ou les ambitions perdues. Un privilège qui n'était assurément pas donné à tout le monde.   De toutes les choses au monde qui sont admirables et belles, ces premières rencontres sont les plus belles. L'instant où s'établissent entre deux corps et deux âmes, par des signaux dérisoires de détresse et d'espoir, le langage, le regard, un sourire, les liens fragiles et précieux qui deviendront si solides, éveille toujours toute la douleur, toute l'admiration du monde. On sentait que la plénitude de leurs vie, y compris la chute qu'elles avaient subie, libérait l'instant présent de toute inquiétude et de toute frustration. Les yeux extasiés de Charlotte, sa voix douce, chavirée, son air de marcher sur les nuages, en apesanteur, son succès, tout montrait la vérité. Comme les traces nettes que laissait le fouet sur son corps de bronze. Elle n'avait pas le droit de se plaindre, elle avait parfois l'autorisation de jouir. Sur un lit blanc, elle avait alors rencontré sa maîtresse. Juliette avait pris ce visage entre les mains, elle l'avait regardé de toutes ses forces. Elle s'était allongée sur elle. Quel plaisir nouveau ce fut quand Charlotte la remercia de l'avoir fouettée. Sa bouche refermée sur son sexe, les pointes de ses seins constamment froissées, les cuisses écartelées sur le chemin de son ventre, labouré à plaisir quand à sa fantaisie, Juliette imitait l'homme, ceinte d'un olisbos, chaque jour, de plus en plus épais, la déchirait. Le spectacle constant de son corps toujours offert, mais aussi la conscience de son propre corps. Charlotte en était éclairée comme par le dedans, et l'on contemplait en sa démarche le calme, et sur son visage l'impalpable sourire intérieur que l'on devine dans les yeux des soumises. Tu as commencé à te taire. Tu as voulu m'aimer. Sans doute la vie n'est-elle pas faite pour les adolescentes. Elles lui demandent la lune, elle ne peut offrir que la juste densité de la terre. La vie, elle la supporte à peine. Les outrages et les châtiments corporels, aussi. Elle les aime tant, que parfois, elle ne se reconnaît plus, elle s'invente pour se rendre semblable à l'autre, mais l'illusion est brève. Charlotte rêvait. Des êtres juvéniles étaient partis et c'étaient des adolescentes qui revenaient. Quelque chose d'apaisé, de doux, d'accompli émanait d'elles. Pendant ces trois semaines, elles purent prendre conscience de cette transformation. Mais lorsque elle s'apercevra que sa vie rêvée est en rupture de réalité, pour la plupart des dons qu'elle réclame d'elle, elle sombrera dans la mélancolie. Il n'est ni plaisant de changer de peau, d'autant moins que la mue des femmes s'accomplit à contresens, du papillon à la chenille, et que la perspective de perdre ses ailes et d'apprendre à ramper sous le fouet n'est pas exaltante. Alors on refuse, on se cogne contre les barreaux de sa cellule.   Quand le désir vous prend, tout se qui se rattache à lui devient motif de rêverie et d'émotion. Le spectacle de ces solitudes se rompant tout à coup, se ruant dans l'espor, dans le bonheur fou, et souvent dans le malheur, semble plus beau que tout. Tu te heurtes depuis trop longtemps aux contours aigus de la réalité, il fallait qu'enfin, tu te résignes car rien n'est plus triste que le regard d'une recluse. Ah, comment l'aurait-elle oublié ? Elle était la main qui lui bandait les yeux, le cuir qui lui tannait la peau, la chaîne au-dessus de son lit, et parfois des inconnues qui lui mordaient les seins au sang, et toutes les voix qui lui donnaient des ordres étaient sa voix. Se lassa t-elle ? Non, à force d'être offensée, elle aurait dû s'accoutumer aux outrages, à force d'être caressée, aux caresses, sinon au martinet à force d'être flagellée. En même temps, il y avait en elle la passion pour Juliette, sa sauvage origine, la force et la gravité qu'elle mettait. Une ignoble satiété de la douleur et de la volupté dût la rejeter peu à peu dans un monde irréel. Mais au contraire, le harnais qui la tenait droite, les liens qui la gardaient soumise, le bijou anal qu'elle portait, le silence, son refuge y étaient peut-être pour quelque chose, comme le spectacle fréquent des très jeunes femmes livrées comme elle. S'y ajoutaient bien d'autres griefs liés à ses souvenirs d'enfance. Avec le temps, elle avait fini par la comprendre et lui pardonner. Elle avait été roulée par un destin terrible, comme un nageur dans une vague, et elle avait fait de son mieux pour ne pas couler, accomplir ce à quoi sa nature l'avait préparée, en épargnant ainsi ses proches. Je t'approuve d'avoir voulu rester de l'autre côté de cette muraille mais c'était une mauvaise idée de tenter de m'entraîner avec toi. cela s'appelle de la désobéissance. La soumission heureuse est une invention d'intellectuels. Aucune soumise adolescente n'a exprimé autre chose que l'incertitude, la difficulté d'être, le trouble et le désespoir et c'est seulement à partir d'un certain niveau d'abnégation, qu'elles se font les poétesses du fouet, comme du charme du blé en herbe. La même réflexion vaut pour les amours passées. C'est vrai qu'elle était si belle et sans doute bouleversante avec son corps inachevé et la simplicité peureuse qui donne tant de velouté aux âmes à fleur de peau des adolescentes. C'est vrai que le premier soupir arraché l'une à l'autre est inoubliable. La passion la plus absolue pour un être est toujours la passion d'autre chose. Tu l'as oubliée. Le lac, au loin, était comme un bouclier d'argent sur lequel le soleil plaquait le dessin des nuages et d'aveuglantes flaques de lumières. Et sur chaque ondulation de l'eau une lueur d'or reflétait le coucher du soleil.   C'est un grand charme ajouté à la vie de savoir s'abandonner sans retenue. On se délecte de douleur comme d'une fleur. Les maximes sur l'amour semblent souvent si justes et si profondes: tout est possible, tout est vrai dès que l'on parle de ces bouleversements qui illuminent les cœurs. Elle comprenait mieux qu'en en un tel endroit la joie la plus éclatante pouvait succéder à la mortelle nostalgie que provoquait la tempête. Derrière ses faiblesses perçait un respect un peu naïf et au-delà, une sensibilité extrême qu'elle cherchait à faire partager, sans avoir les moyens pour y parvenir. Alors, tu veux ça, tu veux vraiment ce que je t'ai promis ? Ton visage se retourne vers mon sourire. Te taire, tu dois te taire. Nous en avons convenu ainsi. Tu devras t'efforcer de ne pas crier quand je te fouetterai jusqu'au sang. C'est la règle du jeu. Si tu désobéis, ce sera l'arrêt irréversible du jeu. Tes longs cils recourbés de siamoise, la fente de tes pupilles. Tes yeux rieurs. Juliette sait ce qu'elle veut. La fouetter, oui mais plus pour son plaisir. Elle va y prendre goût. Comme la semence des hommes. Elle s'en délecte maintenant. Déjà par dessus la nuque glisse le harnais en cuir. Ton corps supplie. Toujours de dos, nue à mes genoux. Bientôt, mes doigts simultanément, à gauche, et à droite, ont glissé, les lanières de cuir sur tes épaules et dans la fente de ton sexe. Les épaules de papillon, tes omoplates, ont frissonné. Les reins soudain cambrés par un flux de désir. Mon souffle effleurant le profil de tes seins érigés avec cette envie de toi qui tangue, cette envie de tout arrêter, cette envie de suspendre les gestes. Je t'attrape par le cou. Je te renverse sur le grand lit. Je te mords. Tu te rebelles. Tu me supplies. Charlotte n'a pas de honte à exposer son corps asséché de plaisirs. Tout était évident. Tu es allongée. Au-dessus de toi, la caresse est légère presque rêvée, précisant l'ondoiement sur l'entrejambe à peine ouvert. Ton désir est envahissant. Tu écoutes les lèvres de ton sexe. Tu cèdes enfin, je ranime les flammes. Tes mains renversées, abandonnées, la paume en l'air, haletante de bonheur. Elle se rappelait que, dans le long calvaire que fut sa vie, elle n'avait jamais exprimé ni plaintes, ni désespoir. Au plus noir des jours, elle cueillait des fleurs pour en faire un bouquet et elle respirait son parfum, les yeux fermés. Il n'y avait plus ni cabales à affronter, ni critiques à redouter. L'écho de ce bonheur passé se répandait bientôt en elle. Le feu envahit tes reins. Tu es foudroyée. Tu me fuses au visage les vagues de ton plaisir. L'orgasme est à nouveau proche d'enfler ton ventre. Il te pénètre. Mes doigts profondément en toi pour t'avoir encore de plus près, pour te fouiller encore plus loin, pour t'empêcher de te dérober à l'extase qui nous unit. Nos cris meurent en un baiser sauvage et cannibale, brutal comme la secousse qui nous bascule. Un baiser fou qui exacerba chaque gouttelette de jouissance. Bienheureuse soirée pareille à nulle autre, jamais Charlotte ne l'accueillit avec autant de joie. Elle avait joui sans le fouet. Le temps cessa d'être immobile. Juliette lui défit les bracelets et le collier qui la tenaient captive. La nuit tomba sur elles. Charlotte craignit de subir une nouvelle colère. Mais Juliette reprit sa marche, les yeux fixés loin devant elle. Le plaisir se changea en chagrin.   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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