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Par : le Il y a 42 minutes
Le tatouage.       (ci-dessus)   J’ai longtemps été intéressée par la soumission sans oser me lancer. Je pensais en connaître les contours, les limites, les règles implicites. Dans la soumission, je pouvais dire oui… mais aussi non. Je pouvais me donner, mais je gardais une part de moi intacte, préservée. Et cela me rassurait. Quand je me remémore ce que j’ai vécu jusqu’ici, je vois la soumission comme un équilibre fragile, mais réel. Je me laissais guider. Il y avait une forme de contrôle, un cadre, une sécurité. Je pouvais revenir en arrière. Je pouvais reprendre ma place, mon autonomie. Je définissais mes limites, ce que je pouvais faire ou ne pas faire. Puis j’ai accepté de me faire tatouer afin de porter sur ma peau une marque symbolisant mon appartenance. Rien que d’y penser me faisait monter une profonde angoisse. Ce n’était pas une décision prise à la légère. Je savais que ce tatouage resterait sur moi, visible dans mon intimité, comme une trace durable de ce lien que j’avais choisi d’accepter. Mon Maître m’avait laissé le choix de l’endroit où je serais marquée. Après de longues hésitations, avec son accord, j’avais choisi le dessus de mon sein gauche. Cet endroit me semblait à la fois intime et chargé de sens. Le simple fait d’imaginer cette marque à cet endroit faisait battre mon cœur plus vite. Pour le symbole, j’avais choisi le triskel. Il représentait pour moi quelque chose de profond, comme un engagement silencieux gravé directement dans ma chair. Malgré cela, j’étais extrêmement angoissée. J’ai toujours eu peur des aiguilles. Plus le rendez-vous approchait, plus je sentais une boule se former dans mon ventre. Mes mains devenaient moites rien qu’en imaginant le bruit de la machine et la sensation de l’aiguille sur ma peau. Je me demandais si j’allais réussir à rester immobile, si la douleur serait supportable, si je n’allais pas céder à la panique au dernier moment. Lorsque je me suis installée pour le tatouage, mon cœur battait très fort. Je sentais la tension dans tout mon corps. J’avais la gorge serrée et je devais me concentrer pour respirer calmement. Au moment où l’aiguille a touché ma peau pour la première fois, j’ai eu un mouvement de crispation. La sensation était plus vive que je ne l’avais imaginé : une douleur fine, brûlante, répétitive, qui traversait ma poitrine par vagues. Pourtant, peu à peu, chaque trait du tatouage me donnait l’impression de rendre cet engagement plus réel, plus concret. J’étais tendue, impressionnée, parfois tremblante, mais également profondément émue de porter cette marque choisie et acceptée. Après le tatouage cela a été les anneaux. Je glissais ainsi petit à petit vers l’esclavage. Rien que le mot me serre la poitrine. Dans cet état, je ne serai plus seulement dans l’abandon ponctuel. Je serai dans une forme de continuité avec la  présence constante de mon Maître dans ma vie, dans mes gestes, dans mes pensées. Et là, la peur devient plus concrète. Cela signifie être marquée, porter un signe visible, permanent. C’est une inscription dans la durée. Puis il y a le quotidien. Une vie simplifiée, dépouillée, moins de barrières, moins de protections. Cela signifie passer mes journée nue chez mon Maître, lui préparer ses repas, faire le ménage à quatre pattes,ne rien faire d’autre qu’attendre ses ordres. Cela signifie également élargir mon anus, le préparer à le recevoir, saluer mon Maître dès son réveil et l’honorer quand il va dormir, rester à ses pieds la nuit s’il a des envies de me prendre. Et là encore, je ressens une tension. Et pourtant malgré cette peur, quelque chose en moi est attiré, par la contrainte, pas par la douleur mais par l’idée d’absolu. Une vie qui serait sans hésitation, sans ce besoin constant de tout contrôler. Il y a une forme de repos dans cette idée. S’abandonner totalement peut être une autre manière d’exister plus simple et plus directe. La soumission, c’est un choix, un oui que je peux retirer. L’esclavage, c’est un choix qui s’inscrit, qui s’ancre. Dans la soumission, je donne. Dans l’esclavage, je deviens. Pour aller vers l’esclavage, ce ne peut être que dans une conscience totale. C’est un choix profond, réfléchi et assumé . Cette décision ne peut pas se prendre à la légère. Il s’agit de moi, de ce que je suis et de ce que je pourrais devenir. Ce moment entre soumission et esclavage est peut-être le plus important. Il me permet de ne pas me précipiter, de ne pas prendre de décision à la légère.  
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