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Monsieur Mano : merci pour le parrallèle vanille//bdsm et la conclusion optimiste ! Si je pouvais déjà arriver à clarifier ma petite tête ce serait pas mal !
Hephaïstos : grand merciiiiii. Vous l'avez super bien exprimé. Ce sont justement toutes les dérives et les excès qui me font peur. Et j'ai souvent l'impression que ça dessert la cause.
Sylvie35 et LauDupont, je vous remercie également.
A présent je laisse vivre ce sujet me concernant mais je continuerai de suivre les avis (s'il y'en a), qui me permettent de réfléchir autrement aussi. Merci à tous.
Je continue de cheminer sans avoir plus de réponses en réalité, je vais te faire une réponse assez générale concernant mon expression " féminisme au sens noble ". Je déteste le manque de nuance adopté actuellement par la société, comme si on devait systématiquement choisir un camp.
Si je me reconnais complètement dans un féminisme ancien qui a instauré de nombreuses avancées pour la femme, j'ai beaucoup de mal à me reconnaître dans ce féminisme qui s'érige souvent contre les hommes. Ainsi, je me demande parfois, si ma manière de voir les choses n'est pas lié à ce qu'on nous matraque...
Plus ou moins à contrario, concernant les éléments de langage : Je n'ai encore jamais entendu un homme ni une femme se plaindre qu'il n'y ait pas de féminin à " assassin, bourreau, voyou " ...
Une copine sur fetlife me précisait que les nouvelles féminisations de métier étaient aussi liées au fait que les métiers à "forte reconnaissance sociale" étaient souvent masculins : médecin, homme politique, auteur tandis qu'on s'accordait sur femme de ménage, caissière... ... je n'y avais jamais songé et j'ai trouvé la remarque intéressante. Ceci dit j'ai bloqué sur maître-nageur, sapeur-pompier ou éboueur. Pour moi, l'absence de féminisation était surtout dû au fait que certains métiers sont ou étaient plus exercés par des hommes. Je n'ai jamais entendu de revendication pour les éboueurs... (jamais vu de femmes d'ailleurs dans ce corps de métier et merci Beyourself pour cet exemple.)
Ce que je veux dire par là, c'est qu'effectivement les féminisations ne sont pas une mauvaise chose mais je trouve qu'on en fait tout un pataquès alors que ce n'est pas l'apogée du féminisme... et surtout si on commence à observer les choses de manière générale et non biaisée par sa vision étriquée, il y'a des choses inéquitables aussi en sens inverse. Et on ne nous le matraque pas ! ;)
Pour élargir et revenir à mon sujet, on peut faire le parrallèle avec ce que j'ai déjà répondu. Je suis gênée quand un homme veut m'expliquer, me conseiller une caractéristique typiquement féminine, ou quand il prend systématiquement la défense des femmes. Mais parfois, j'use moi aussi de ce genre de comportement à l'inverse...
Je ne rebondirai pas sur l'aspect sexualisé ni polygame par essence des hommes. Ça m'agace trop !
tres bien dit ! Et je suis heureux de lire que des femmes sont capables de porter un discours féministe fin et efficace car la seule façon de régler la question du sexisme / système de domination patriarcal est de faire ouvrir les yeux des hommes et d'en faire des alliés. Le féminisme ne gagnera jamais CONTRE les hommes, il gagnera AVEC les hommes (il n'est pas interdit de rêver, mais si c'est de plus en plus difficile) contre un système archaïque.
si je comprend bien le personnage elle était héritiaire. Elle aurait pu vivre une vie dans le confort et l'anonimat ? mais elle a choisi de faire avancer une cause qui lui tenait à coeur ?
C'est une lecture très juste de son caractère. Tu as mis le doigt sur ce qui fait d'Hubertine Auclert une figure presque "héroïque" au sens littéraire du terme : le renoncement au confort pour la conviction.
Un destin tout tracé qu'elle a brisé
Effectivement, Hubertine Auclert n'était pas une femme de la classe ouvrière poussée par la misère. Elle était issue d'une famille de propriétaires terriens aisés de l'Allier. À la mort de ses parents, elle a hérité d'une fortune personnelle assez confortable pour l'époque.
Elle aurait pu :
Faire un "beau mariage" et mener une vie de rentière.
Se consacrer aux œuvres de charité, ce qui était la seule activité publique alors "acceptable" pour une femme de son rang.
Vivre dans l'anonymat d'une province paisible.
Le choix de la dissidence
Au lieu de cela, elle a utilisé son héritage comme un outil d'indépendance. Sa fortune lui a permis de ne pas dépendre d'un mari (elle est restée célibataire très longtemps, ne se mariant qu'à 39 ans avec un compagnon de lutte) et surtout de financer ses propres journaux.
C'est un point crucial : à l'époque, personne ne voulait financer une presse aussi radicale. C'est son argent personnel qui a permis à La Citoyenne d'exister et de diffuser ses idées.
Pourquoi ce choix ?
Son passage au couvent après la mort de son père a été le déclencheur. Elle y a ressenti une profonde injustice face à la discipline et à l'enfermement. Elle a compris que, dans la société du XIXe siècle, une femme sans homme était soit une religieuse, soit une paria. Elle a choisi une troisième voie : la militante.
En résumé : Elle a transformé son privilège financier en une liberté de parole absolue. Elle n'avait rien à gagner socialement (elle a été moquée, caricaturée et parfois isolée même au sein du mouvement féministe pour sa radicalité) mais elle a tout donné pour sa cause.
C'est souvent le propre des grandes figures de l'histoire : transformer un confort individuel en un levier pour le progrès collectif.




