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Par : le Hier, 06:19:41
"Un visage émacié et cependant empourpré de fièvre, creusant à peine la soie des coussins, des cheveuxpoissés de sueur, une toux qui déchire, une respiration embarrassée. C'est là le spectacle navrant de l'agonie d'une princesse qui n'a pas vingt ans. L'amour courtois fleurit alors, comme nulle part ailleurs, à la cour angevine. On l'y cultive avec un soin infini". La vie d'Agnès Sorel n'offre pas seulement au moraliste ou au littérateur le cadre d'une attrayante biographie et d'une curieuse étude de mœurs. Quelle que soit l'opinion que l'on ait pu se faire jusqu'à ce jour de cette femme célèbre, il est sûr qu'elle a dû exercer une influence très-puissante sur la conduite d'un roi, et par conséquent sur des événements d'une haute gravité, à l'une des époques les plus critiques et les plus intéressantes de l'Histoire du royaume de France, qui a connu le début d'un essor". Enclin à la mélancolie, le roi Charles VII, justement surnommé le "Bien Servi", a bénéficié dans sa jeunesse de l'aide de Jeanne d'Arc. Quinze ans plus tard, dans sa maturité, il a trouvé le réconfort dans les bras d'une autre jeune fille, de vingt ans plus jeune que lui, Agnès Sorel. Née près de Tours, à Fromenteau, vers 1422, Agnès devient à dix-sept ans fille d'honneur d'Isabelle de Lorraine, épouse de René d'Anjou. Belle et au demeurant peu farouche, comme l'attestent ses portraits par le célèbre peintre Jean Fouquet, elle passe au service de la reine Marie d'Anjou et cède aux avances de Charles VII alors âgé de quarante ans en 1444. Agnès Sorel est la première favorite officielle de l'Histoire de France, les liaisons royales étaient plutôt tenues secrètes jusqu'alors. Cette jeune femme va tenir un rôle extrêmement important. Ce serait elle qui aurait convaincu le Roi de reprendre la guerre de Cent ans et de chasser les derniers anglais de Normandie. Elle apporte à la cour vieillissante une joie et une énergie vivifiantes. Agnès Sorel donnera quatre filles à Charles VII. Enceinte à nouveau, elle rejoint le Roi sur les champs de bataille, elle mourra quelques jours plus tard dans des circonstances encore bien mystérieuses. Elle aurait été empoisonnée par le dauphin, le futur Louis XI. Agnès Sorel ou Soreau est née vers 1422, au château de Fromenteau, près Villiers-en-Brenne, dans la Touraine, et est morte à Anneville, près de Jumièges, le 9 février 1450. Son père, Jean Sorel ou Seurelle, écuyer, seigneur du Coudun, était gentilhomme au service du comte Charles de Clermont. Sa mère, Catherine de Maignelais, châtelaine de Verneuil en Bourbonnais, appartenait à une famille de petite noblesse. Admise de bonne heure à la cour de Nancy, Agnès fut attachée à la duchesse héritière de Lorraine, Isabeau, femme de René d'Anjou. La sœur de René, Marie d'Anjou, avait épousé Charles VII. Par suite des relations que ce mariage établissait entre les deux maisons de France et de Lorraine, la demoiselle de Fromenteau, c'est ainsi qu'Agnès s'appela d'abord fut présentée au roi de France vers 1441. Ce prince la remarqua, la retint auprès de lui, et bientôt après eut avec elle une liaison, qui demeura très secrète dans les débuts, mais qui, à partir de 1444, était publique. "Cette admirable fille est alors certainement nourrie de ses enseignements, toute imprégnée de ses principes". Depuis cette époque jusqu'à sa mort, Agnès ne quitta plus le roi, qui pendant ces six ou huit années ne cessa de lui témoigner l'attachement le plus passionné. Simple demoiselle d'honneur de la reine Marie, elle eut, grâce aux libéralités de son amant, un train de princesse, une maison royalement montée, des terres, des châteaux, ce qui, au dire de certains chroniqueurs, scandalisa les contemporains. C'était en effet la première fois que la maîtresse d'un roi avait à la cour une sorte de situation officielle. Agnès a donc tenu une assez grande place dans la vie de Charles VII, Est-ce à dire cependant qu'elle ait exercé sur la politique de ce prince l'influence que la plupart des écrivains ont signalée ? L'histoire d'Agnès Sorel est longtemps restée une pure légende.   "Pourquoi la beauté ne serait-elle pas picarde ?". "Mais, dans un coin de sa mémoire, demeure l'obscur souvenir d'une prédiction faite, jadis, par un astrologue. Il en tiendra compte, ne brusquera rien, acceptera, lui, le roi, de se plier aux règles d'un jeu qu'il ne peux renier, étant le premier chevalier de son royaume. Le temps a alors laissé son manteau de vent, de froidure et de pluie". Presque tous les historiens, trompés par des données chronologiques inexactes qu'ils adoptaient sans examen, faisaient naître Agnès vers 1410 et fixaient les commencements de sa liaison avec Charles VII aux environs de1433. Dès lors, c'était elle qui avait tiré le roi de son indolence, qui lui avait mis l'épée à la main contre les Anglais, qui l'avait débarrassé de ses pires favoris. Le traité d'Arras et les autres succès de la politique française étaient également son œuvre. Bref, on la représentait comme le bon génie de Charles VII et, en quelque sorte, comme la continuatrice de Jeanne d'Arc. C'est là une opinion fort ancienne, qu'on trouve exprimée déjà dans un quatrain attribué à François Ier ainsi que dans un conte de Brantôme. Mais elle ne repose sur aucune réelle autorité." Et s'est vêtu de broderie de soleil luisant, clair et beau. Ni bête, ni oiseau qui en son jargon ne change ou crie". Les recherches de Beaucourt, à la fin du XIXème siècle, en ont fait aisément justice. En reportant à 1420 ou 1422 la date de la naissance d'Agnès, et à 1441 celle de ses premières relations avec Charles VII, Beaucourt a réduit de sept ou huit ans le règne de la favorite, il a montré qu'elle avait paru à la cour trop tard pour exercer la salutaire influence qu'on lui a prêtée. Enfin, tout en reconnaissant qu'elle eut toujours beaucoup d'empire sur l'esprit du roi, il établit, d'après le témoignage des contemporains, qu'elle n'a pas eu d'action sérieuse sur son gouvernement. Il ne faut pas oublier que Charles VIl avait alors autour de lui des auxiliaires et des conseillers de premier ordre, Arthur de Richemont, Pierre de Brézé, Jacques Cœur, les frères Bureau, Etienne Chevalier et bien d'autres. Pour l'heure, il s'agit de briller parmi les belles du pays et les dames de la cour afin de leur prouver qu'une fille du Nord en vaut bien une du Sud. C'est à ces hommes qu'il faut rapporter tout ce qui se fit d'heureux ou d'utile dans cette période. Le seul mérite d'Agnès Sorel consista, ce semble, à ne point contrarier leurs vues et à les aider au besoin de son crédit. Il est presque certain qu'elle les soutenait. Tous ou presque tous étaient ses amis. Brézé, qu'elle sauva d'une disgrâce en 1448, Jacques Coeur et Chevalier, qu'elle se choisit pour exécuteurs testamentaires, paraissent lui avoir été  sincèrement attachés. Au reste, il est assez remarquable qu'après sa mort les meilleurs serviteurs de Charles VII furent disgraciés ou relégués au second plan. Agnès eut de Charles VII quatre filles. La première, Marie, née vers1443 , épousa en 1458 Olivier de Coëtivy, frère de l'amiral. La seconde, Charlotte, née probablement en 1444, fut mariée par Louis XI à Jacques de Brézé, comte de Maulevrier et de Brissac. Jeanne, la troisième, dite Jeanne de Valois, née en 1445, devint la femme d'Antoine du Bueil, favori de Louis XI. Enfin Agnès accoucha peu de jours avant sa mort d'une quatrième fille qui ne vécut que six mois. Leur union fut très féconde pour l'époque. "Il lui avait annoncé qu'un grand roi l'aimerait et qu'elle serait à lui. Quel roi ? René d'Anjou ? Certainement pas. La duchesse, sa jalouse et belle épouse, veille toujours sur lui de trop près. D'ailleurs, il n'est plus roi de Sicile". Charles VII combla de bienfaits sa maîtresse. Vers 1444, il lui donna le château de Beauté-sur-Marne, près de Vincennes, "afin, dit Monstrelet, qu'elle fut dame de Beauté de nom comme de fait." C'est effectivement le nom qu'elle prenait d'ordinaire et que ses contemporains emploient de préférence pour la désigner. En 1445, Agnès, insultée par le dauphin, devenu ensuite Louis XI, quitta la cour et alla vivre à Loches, où Charles VII lui avait fait bâtir un château. Plus tard, Charles VII lui fit présent d'une terre à Issoudun, puis du domaine de la Roquecesière,en Rouergue, et de la seigneurie de Bois-Trousseau, en Berry. Enfin, quand il se fut emparé de la Normandie, il lui réserva la terre de Vernon-sur-Seine. Peu après il lui donnait le château d'Anneville, près de Jumièges. Agnès était alors enceinte de son quatrième enfant. Elle se rendit dans son nouveau domaine pour y faire ses couches. Le roi vint l'y rejoindre. Là elle fut emportée en quelques jours par une affection qui avait l'apparence d'une dysenterie.   "C’est le feu dévorant qui embrase l’homme de quarante ans quand il lui arrive de trouver, sur terre, l’image du paradis. Il a d’elle un besoin que rien ne peut entraver. Il n’y a pas, pour autant, intérêt à hâter la manœuvre. Les femmes aiment qu’on les sollicite, non qu’on les force. Elles ne sont ainsi point gibier, mais inspiratrices". Elle n'en connaît qu'un autre : Charles VII. Ce ne peut être lui non plus. Il a quarante ans passés, des liens sacrés l'attachent à la reine Marie. Qui donc alors ? Agnès Sorel, sire. C'est une jeune fille de petite noblesse picarde". Comme il est arrivé maintes fois en pareil cas, cette mort soudaine, inattendue, parut à beaucoup de gens peu naturelle. On crut à un empoisonnement. Et, de fait on pense encore aujourd'hui que c'est bien ce qui a causé samort, mais il aurait été accidentel, dû à l'absorption de sels de mercure, utilisés à l'époque comme un médicament. Les historiens français sont muets sur ce point. Seul Thomas Basin a enregistré les bruits qui coururent alors. En revanche, les écrivains de l'école de Bourgogne, Jacques du Clereq et Monstrelet, accusent ouvertement le fils de Charles VII d'avoir fait périr la maîtresse de son père. Le dauphin avait eu, en effet, avec Agnès, de violents démêlés. Mais sa culpabilité, en dépit des apparences, n'a jamais été établie d'une manière certaine. On accusa aussi Jacques Coeur, un peu plus tard, lors de son procès. Charles VII parut ajouter foi à cette imputation.Tout cependant porte à croire que ce fut là une calomnie imaginée après coup par les ennemis du malheureux ministre pour le mieux perdre dans l'esprit de son souverain. Il y a aussi la cousine germaine d'Agnès, Antoinette de Maignelais qui, trois mois après la mort d'Agnès Sorel, prenait sa place dans le lit du roi. le roi la marie rarapidement, en 1450, à André de Villequier, l'un de ses chambellans, et, peu après, Antoinette recevait la seigneurie d'Issoudun. Elle avait donc le double motif de jalousie et de cupidité. De supputations en soupçons. "Précipité du faîte des passions heureuses au fond d’un gouffre d’horreur, celui qu’on nomme partout "le Victorieux" sent vaciller son équilibre, voit revenir avec effroi les ombres mauvaises du désespoir et du malheur. Il a besoin de cette femme. Sans elle, il sent qu’il sera, de nouveau, perdu. Agnès est la fée d’un monde charmant où il n’a pu pénétrer qu’à sa suite. Elle détient les clefs de l’univers ardent et suave où il règne près d’elle dans l’allégresse de son âme enfin pacifiée". Le cœur d'Agnès fut déposé à l'abbaye de Jumièges, où on lui éleva un mausolée qui a été détruit pendant lesguerres du XVIème siècle. Son corps, transporté à Loches, fut inhumé dans l'église collégiale Notre-Dame, devenue l'église Saint-Ours après 1792, que la favorite avait de son vivant richement dotée. Le tombeau qu'on lui dressa dans le chœur, déplacé au XVIIIème siècle, puis ruiné à la Révolution, a été maladroitement restauré. Conservé longtemps à la sous-préfecture, ce tombeau est de nouveau, depuis 2005, dans l'église Saint-Ours. Au témoignage des contemporains, Agnès était remarquablement belle. Nous n'en pouvons juger. Les prétendus portraits qui nous sont parvenus, un dessin exécuté vers 1515, la statue couchée du tombeau de Loches, une miniature, œuvre de J. Fouquet, conservée à Francfort-sur-le-Main, un dytique sur bois de l'église Notre-Dame de Melun, qui se trouve aujourd'hui à Anvers, sont d'une authenticité plus que douteuse. Notons que le vieux roi Charles VII trouva après sa mort bien du réconfort auprès de la propre cousine d'Agnès, Antoinette de Maignelais. "L'Amour Courtois fleurit, comme nulle part ailleurs, à la cour angevine. On l'y cultive avec un soin infini. Cette admirable fille est certainement nourrie de ses enseignements, imprégnée de ses principes. Il en tiendra compte, ne brusquera rien, acceptera, lui, le roi, de se plier aux règles d'un jeu qu'il ne peux renier, étant le premier chevalier de son royaume. Je vois, dans ce désir forcené de possessions immédiates, un des pires dangers qui puissent guetter l'humanité. En se ruant ainsi vers les séductions faciles qu'offre le monde, les habitants de ce pays vont, de toute évidence, se détourner de l'indispensable quête spirituelle. N'oubliez pas que la tentation des richesses et du plaisir reste le plus éprouvé des pièges démoniaques."   Bibliographie et références:   - Auguste Vallet de Viriville, "Recherches historiques sur Agnès Sorel" - Jean-Nicolas Quatremère de Roissy, "Histoire d'Agnès Sorel" - Tracy Adams, "Agnès Sorel, une martyre politique ?" - Pierre Champion, "Agnès Sorel, la dame de Beauté" - Philippe Contamine, "Charles VII, une vie, une politique" - Gaston du Fresne de Beaucourt, "Charles VII et Agnès Sorel" - Georges Minois, "Charles VII: un roi shakespearien" - Paul Durrieu, "Les filles d'Agnès Sorel" - Pascal Dubrisay, "Agnès Sorel, féminité et modernité" - Françoise Kermina, "Agnès Sorel, la première favorite" - Robert Philippe, "Agnès Sorel" - Philippe Charlier, "Qui a tué la Dame de Beauté ?" - Jeanne Bourin, "La Dame de beauté"   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le Hier, 06:19:34
"L'envers d'un être, c'est cet être encore. L'amour n'est pas un sentiment, c'est un art. Adroite créature, comme tu savais profiter d'une nation, dont le premier tort était de t'avoir laissée monter sur son trône, ou plutôt d'avoir permis que tu y montasses ! Nous voudrions quelque fois nous reposer sous le portique du temple des vertus, mais il se couve de nuages aux récits des exécrations que nous devons peindre encore, et la force de la vérité nous arrache malgré nous. Le crime se trompe quelquefois dans ses calculs et ce qu'on croit obtenir de lui n'est bien souvent que des remords. Puisse cette vérité se graver dans l'âme de tous les méchants qui veulent le commettre, oui, puisse-t-elle s'y imprimer à jamais autant pour leur propre repos que pour celui de leurs malheureuses victimes. Isabelle ne tarda pas à sentir à quel point il lui devenait utile de ménager un tel homme, et que ce qu’elle avait de mieux à faire, en cette occasion, était de laisser flotter son opinion entre ces deux princes, afin de fixer irrévocablement à elle celui des deux qui lui paraîtrait le plus capable de la bien servir". Débauchée, meurtrière, voire infanticide, Isabeau de Bavière (1371-1435) traîne une réputation si sulfureuse qu'elle inspira Sade. En la choisissant pour héroïne, il reprend un personnage souvent cité en exemple pour encourager les libertines débutantes sur le chemin du vice. C'est comme modèle vicieux qu'il dresse le portrait de l'épouse de Charles VI. Ce dernier texte, en continuité avec son univers romanesque où le crime, à l'inverse de ce qu'il a pu observer et subir sous la Terreur, ne s'exerce jamais au nom du Bien."L'Isabelle" de Sade, ne se distingue en rien de l'"Isabeau" de Louise Robert dans le récit sur "Les crimes des reines de France depuis le commencement de la monarchie jusqu'à Marie-Antoinette". Mais ces terrifiantes accusations sont-elles fondées ? En 1392, la folie du roi Charles VI, son mari, plonge le royaume dans la guerre civile. Autour d'Isabeau, désemparée, les ducs d'Orléans, dits "Armagnacs" et de Bourgogne se disputent la tutelle du roi et des dauphins successifs. Pour salir Isabeau, ses ennemis laissent entendre qu'elle aurait enfanté différents bâtards de ses amours adultères avec Louis d'Orléans, frère du roi. Ses prétendues frasques permettent aux Bourguignons de délégitimer le dernier dauphin, le futur Charles VII. Elle signe le désastreux traité de Troyes (1420), qui autorise le mariage de sa fille Catherine avec le roi d'Angleterre, Henri V, et qui transmet la couronne de France à leur héritier. Pour les "Armagnacs", seule une mère indigne a pu accepter de traiter son propre fils comme s'il avait été un bâtard. Elle aurait de surcroît laissé mourir une partie de ses douze enfants. Sur six filles et six garçons, nés entre 1386 et 1407, plus de la moitié sont décédés avant d'avoir atteint l'âge de vingt ans. En réalité, Isabeau a toujours agi en mère aimante, faisant venir au chevet de ses enfants médecins et charlatans, cette effroyable mortalité infantile se situe dans la moyenne du temps. Ses faiblesses ont discrédité à jamais cette reine de France, dont le principal manquement a surtout été d'avoir été ballotté par l'Histoire.   "Il est vrai que certains l’ont blâmée, et ç’eût été à bon droit si elle eût été de notre foi, d’avoir pris pour époux le filsqu’elle avait eu de son mari Ninus. Ce fut certes là une grande faute, mais comme il n’y avait pas encore de lois écrites, on peut l’en excuser quelque peu". Au tribunal de l’Histoire, la reine de France Isabelle de Bavière apparaît coupable d’une double trahison. Trahison à son époux Charles VI, qu’elle aurait allègrement trompé, mais également trahison à son royaume, de par la signature du "honteux" traité de Troyes livrant la France aux anglais. Pour autant,cette reine allemande mérite-t-elle vraiment sa légende noire ? Il existe de bonnes raisons pour se demander si la présumée mauvaise renommée de la reine Isabeau de Bavière parmi ses contemporains n’est qu’un aspect de sa légende noire. Quand on considère les traces écrites des discours scandalisés sur Isabeau datant de son vivant, on constate qu’elles sont bien moins fréquentes que les historiens ne le laissent croire, et, qui plus est, qu’elles selimitent strictement alors à un seul moment: 1405-1406. Isabeau de Bavière n’est pas la plus connue des reines de France, mais même ceux qui la connaissent à peine ont entendu parler du grand mépris dans lequel le peuple l’aurait tenue. Les histoires récentes donnent l’impression d’un véritable déluge de plaintes contre elle. On lit ainsi que "les maîtres parisiens se déchaînent contre elle, s’en prenant pêle-mêle à son train de vie, à son entourage féminin, aux mœurs dissolues de sa cour, à sa rapacité, au peu de cas qu’elle fait de ses enfants, à son indifférence face à la maladie du roi, qui refuse de s’habiller et de se laver pendant ses crises". Le chroniqueur Michel Pintoin, le religieuxde Saint-Denis, mentionne la reine de façon critique dans quatre de ses épisodes pendant l’année 1405. Le pamphlet anonyme qu’on appelle le "Songe véritable", composé vers 1406, par un partisan de Jean sans Peur, la critique pour son avarice. Mais en regardant de plus près, on distingue chez elle, le désir de développer une politique de mécénat.    "Les gens ne connaissaient en effet d’autres lois que celles de la nature, et il était loisible à chacun de suivre son bon plaisir sans commettre de péché". À environ quinze ans, Isabeau de Bavière est envoyée en France pour y épouser le roi Charles VI, avec lequel elle convole quelques jours après leur première rencontre. Le couronnement d'Isabeau de Bavière est fastueusement organisé en 1389 et est suivi par son entrée triomphale à Paris. En 1392, Charles VI souffre de sa première crise de folie, qui l'écarte progressivement des affaires gouvernementales. Ces épisodes de démence apparaissent de manière irrégulière et sèment la confusion au sein de la cour. Le tristement célèbre "Bal des ardents", organisé par la reine en 1393, provoque de peu la mort du roi. Malgré ses demandes récurrentes que son épouse soit mise à l'écart, Charles l'autorise fréquemment à agir en son nom. Isabeau devient de ce fait une régente officieuse au nom des dauphins, ses fils successifs qui deviennent héritiers du trône, et prend part au conseil royal, y détenant une autorité jusque-là inégalée pour une reine de France. La maladie de Charles VI crée un vide politique qui aboutit finalement à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons entre les partisans de son frère Louis Ier d'Orléans et les ducs de Bourgogne. Dans l'intérêt des dauphins, Isabeau change régulièrement d'alliance avec les deux factions. Lorsqu'elle rejoint les Armagnacs, les Bourguignons l'accusent d'adultère avec le duc d'Orléans, tandis qu'elle est chassée de Paris et emprisonnée par les Armagnacs lorsqu'elle traite avec les Bourguignons. En 1407, le duc Jean Ier de Bourgogne ordonne l'assassinat de Louis d'Orléans, ce qui déclenche la guerre entre les deux partis. La situation se complexifie en 1419, quand, à l'instigation des Armagnacs, le dauphin Charles orchestre l'assassinat du duc de Bourgogne. L'assassinat de son allié sur ordre de son propre fils provoque la rupture définitive entre Isabeau de Bavière et ce dernier. La reine négocie dès lors avec le roi Henri V d'Angleterre, qui a profité alors du conflit pour réinitialiser en 1415 la guerre de Cent Ans et entamer une conquête méthodique du Nord du royaume de France.   "Ceux qui ont blâmé les femmes par jalousie sont des hommes indignes qui, ayant connu ou rencontré de nombreuses femmes de plus grande intelligence et de plus noble conduite que la leur, en ont conçu alors amertume et rancœur". Les tractations entre Henri V, Isabeau et les Bourguignons aboutissent en 1420 à la signature du traité de Troyes, qui prive le dauphin de ses droits au trône et promet à Henri V la couronne de France à la mort de Charles VI. Après le trépas de son époux en 1422, Isabeau de Bavière s'établit définitivement à Paris, désormais aux mains des anglais, et mène une existence reculée jusqu'à sa mort en 1435. De son vivant déjà, Isabeau de Bavière a été très critiquée pour son train de vie dispendieux et ses infidélités supposées. Son règne, commencé sous les meilleurs auspices, est effectivement l'un des plus sombres de l'Histoire du royaume de France, qui n'est alors sauvé du désastre qu'après la patiente reconquête de son fils Charles VII. Jusqu'au XIXème siècle, l'historiographie a fait d'Isabeau l'archétype de la mauvaise reine. Pourtant, depuis le XXème siècle, les historiens ont réexaminé alors les différentes descriptions contemporaines de son règne et concluent que, même si son action à la tête du royaume a été catastrophique, de nombreux éléments de sa réputation sont exagérés et proviennent du factionnalisme ambiant et de la propagande conçue par les partisans de Charles VII. Philippe de Bourgogne avait été le fils du roi Charles V et l’oncle de CharlesVI, et, à cause de cette double proximité, il avait droit au pouvoir et au prestige. Quand il meurt en avril 1404, son fils révèle vite son ambition de prendre la position de son père. Mais Jean, simple cousin du roi, se fait repousser par Louis d’Orléans, frère bien-aimé du roi, dont le pouvoir avait augmenté avec le décès de Philippe, et par Isabeau aussi, qui, bien qu’alliée avec Philippe de Bourgogne pour des raisons de famille, voit alors en Jean un usurpateur dangereux. La tension entre Jean et Isabeau atteint son apogée en août 1405, quand elle essaie de préserver le dauphin de son emprise. En apprenant que Jean allait entrer dans Paris avec huit-cents hommes armés, elle s’enfuit avec Louis, donnant l’ordre de leur faire suivre les enfants royaux. Le roi venait de sombrer à nouveau dans la folie.    "Rien n'est plus agréable à voir qu'une femme excellente et honnête, et dont la conduite est irréprochable. Mais l'épine de peur de mal agir et de contrition est fichée à tout jamais dans l'âme d'une telle femme. D'où la réserve, la sagesse et la prudence qui lui sont propres, et qui la protègent". En octobre 1405, Isabeau restaure la paix entre les ducs. Les chroniques contemporaines, y compris celle de Pintoin, lui attribuent un rôle minime dans les négociations. Cependant, l’existence d’une ordonnance royale qui la désigne comme médiatrice, datée du douze octobre 1405, c’est-à dire, au plein milieu des pourparlers, témoigne de sa participation, tout en indiquant qu’elle avait du mal à s’imposer. La paix entre les ducs conclue, on ne trouve plus de propos critiques à l’égard de la reine dans la chronique, et elle y reprend sa position mineure. En 1407, Louis d’Orléans se fera assassiner par les suppôts de Jean sans Peur qui prendra la première place au Conseil Royal. Le récit d’une reine puissante et avare aura perdu sa raison d’être. Même pendant la révolte cabochienne, la période où on s’attendrait à des accusations d’avarice, on n’en trouve aucune. Quelques membres de l’entourage de la reine seront emprisonnés. Mais plusieurs membres de l’entourage du roi subiront la même indignité. Les Cabochiens protestent contre la royauté, mais la reine n’est jamais personnellement ciblée. Sans doute essayait-on d’attacher des propos scandaleux aux figures publiques au Moyen Âge dans l’espoir de rassembler du soutien pour soi, et cela semble bien le cas, pour Jean sans Peur et Isabeau de Bavière. Mais la façonmoderne de caractériser la reine comme ayant subi une chute, comme détestée par le peuple, apparaît difficile à maintenir quand on examine de près les traces écrites qui demeurent de sa réputation parmi ses contemporains.   "Je me demandais quelles pouvaient être les causes et les raisons qui poussaient tant d'hommes, clercs et autres, à médire des femmes et à vitupérer leur conduite soit en paroles, soit dans leurs traités et leurs écrits". Il est certain qu’Isabeau de Bavière a amassé des trésors. Une liste non exhaustive de ses joyaux, engagés en faveur de son frère, à qui Charles VI avait promis six mille francs à l’occasion de son mariage en 1405, fournit la preuve qu’elle était en mesure de rassembler de grosses sommes d’argent. Qui plus est, elle effectue surtout des dons à des moments clés de son règne. Tous ces éléments permettent d’entrevoir Isabeau non comme une dépensière frivole, mais comme une femme politique soucieuse d’affirmer sa position à la cour, une première constatation qui incite alors à un nouvel examen de son mécénat. Prenons pour exemple, la fête organisée par Isabeau, le vingt-deux mai 1395, en l’honneur de Charles VI, fête au cours de laquelle de nombreux cadeaux somptueux furent distribués. À cette époque, la reine cherche à convaincre le roi de signer un traité avec les Florentins contre les Milanais, projet qui portera ses fruits au printemps 1396. Pour des raisons familiales, Isabeau soutient alors la cause de Bernabò Visconti, son grand-père, assassiné en 1385, contre celle de Gian Galeazzo Visconti, seigneur de Milan et assassin de ce dernier, qui chercheà exercer son emprise sur Florence. Les historiens contemporains ont tendance à voir dans cette fête une occasion de distraire Charles VI. En réalité, les fêtes ne peuvent être réduites à de simples délassements. Elles constituent également un moment essentiel au cours duquel les puissants se mettent en scène et manifestent leur autorité. Entre 1380-1422, Isabeau participe aussi à l’échange des étrennes à la cour royale, ce qui révèle son importance au sein du Conseil royal. L’échange des étrennes au nouvel an est une pratique qui a attiré l’attention des spécialistes.Ceux-ci ont souligné l’élément performatif de ces échanges, les interprétant alors comme une façon de produire et de reproduire des rapports sociaux à la cour. Au cours de ces années, Isabeau effectue cent dons et en reçoit quarante.   "Vénérées, excellentes et honorables princesses de France et de tous pays, et vous dames, damoiselles, femmes de toute conditions, vous qui avez aimé, vous qui aimez et qui aimerez la vertu et la sagesse, vous qui êtes mortes, vous qui vivez et vous qui viendrez à venir, réjouissez vous toutes et soyez heureuses de notre nouvelle Cité". Nous constatons ainsi que le nombre d’étrennes distribuées par la reine augmente aux moments clés de sa carrière. Elle recourt aux bijoux pour gagner de l’influence au même titre que les princes de sang, ce qui lui permet d’acquérir une position centrale à la cour, endroit où tous rivalisent pour augmenter leur influence politique. Nous voyons donc bien que la réputation de cupidité et d’avidité accolée à la reine jusqu’à aujourd’hui est inexacte. La fausse impression d’une Isabeau dépensière et frivole tient au fait qu’elle n’a pas été suffisamment considérée dans son contexte politique, elle qui évolue à la cour royale au XVème siècle, période durant laquelle l’échange d’objets précieux fait partie intégrante de l’exercice du pouvoir. Qui plus est, ce pouvoir est personnel, exercé le plus souvent parmi lesmembres d’une même famille, c’est-à-dire entre des personnes qui se connaissent bien. Objets de grande valeur, les dons jouent un rôle prépondérant dans ce système puisqu’ils donnent à la fois l’occasion d’étaler la richesse et la largesse du donateur et d’instaurer des relations contractuelles implicites porteuses de messages personnels.Certes, la plupart de ces objets ont disparu, mais l’un des rares qui nous est parvenu permet de cerner la relation entre les aspects publics et privés du pouvoir dont ces objets sont porteurs. Elle commande le "Petit cheval d’or" en 1405 à un moment où le désordre politique s’aggrave de jour en jour. En se référant au couronnement d’Isabeau par des anges, la statue rappelle au roi Charles la présence constante de la reine et tente de le rassurer durant ses périodes de folie. La Vierge trône sur l’autel, Charles se trouve en prière à ses pieds. Plus bas, un valet tient la bride d’un petit cheval aux traits tendus, tels ceux du roi lors de ses crises. Sous une treille, la Vierge tient Jésus et, peu auparavant, Isabeau a alors mis au monde un enfant, le futur Charles VII. Sainte Catherine d’Alexandrie, saint Jean-Baptiste, saint Jean l’Évangéliste rappellent quant à eux que le couple royal avait déjà d’autres enfants.   "Rendez grâce à Dieu qui m'a guidée tout au long de ce studieux labeur, moi qui voulais construire pour vous un refuge d'honneur aux murailles hautes et fortifiées, qui vous servira de citadelle jusqu'à la fin des temps". Comme de nombreuses reines de la maison de Valois, Isabeau de Bavière est une collectionneuse d'art appréciée et est responsable de nombreuses commandes auprès d'orfèvres parisiens de somptueuses pièces en or recouvertes d'émail sur ronde-bosse. La poétesse Christine de Pizan sollicite à trois reprises le patronage d'Isabeau de Bavière. La première fois, en 1402, elle lui envoie une compilation de son argumentation littéraire dans le cadre de la querelle sur le "Roman de la Rose", dans laquelle elle remet en cause le concept d'amour courtois et n'hésite alors pas à s'exclamer dans une lettre: "Je suis fermement convaincue que la cause féminine est digne d'être défendue. C'est ce que je fais, et ce que j'ai fait avec mes autres œuvres". En 1410 et 1411, Christine de Pizan sollicite de nouveau Isabeau de Bavière et, en 1414, elle parvient à lui présenter un exemplaire enluminé de ses œuvres. Dans son ouvrage "La Cité des dames", Christine de Pizan fait l'éloge de la reine de France avec ferveur et, de nouveau dans la collection enluminée de l'"Epistre Othea", que Karen Green considère pour la poétesse comme "le point culminant de quinze années de service au cours desquelles Christine a formulé une idéologie qui soutenait le droit d'Isabeau à régner en tant que régente en cette période de crise". Aux XVIIIème et XIXème siècles, Isabeau de Bavière a été décrite comme "une reine adultère, luxueuse, indiscrète, intrigante et dépensière", négligeant ses réalisations et son influence politiques. Quant à Donatien Alphonse François de Sade, il dépeint dans son roman "Histoire secrète d'Isabelle de Bavière, reine de France", écrit en 1813, l'amour passionné d'Isabeau avec le duc d'Orléans, qu'il faut interpréter comme une vision pamphlétaire de l'Histoire. De la rhétorique libelliste, et pour accentuer le ton de l'indignation vertueuse supposée être l'unique motivation du polémiste, il prend aussi la pose de la lassitude dans l'énumération des forfaits, de l'envie, comme d'une bouffée d'air frais, d'un seul acte de vertu. Sous la plume de Sade, libertine, débauchée, elle multiplie les fêtes coûteuses, au milieu d'un pays en proie à la famine. Cruelle, sanguinaire, il ne lui suffit pas de se livrer à son goût immodéré du luxe et de la dépense, il faut qu'elle plonge Paris, dans un bain de sang. Plutôt que de réhabiliter la princesse allemande, il nous apparaît opportun de la situer dans la société politique et civile de son temps, où la volonté féminine, surtout en terre de loi salique, ne comptait guère, et où un entourage masculin pensant à ses intérêts à court terme et profitant de la démence du roi, des mauvaises relations entre Isabeau et le dauphin, la poussa incontestablement au "crime".   Bibliographie et sources:   - Françoise Autrand, "Charles VI: la folie du roi" - Brigitte Buettner, "Isabeau de Bavière, la reine maudite" - Marie-Véronique Clin, "Isabeau de Bavière, la reine calomniée" - Richard C. Famiglietti, "Isabeau de Bavière, la malaimée" - Louise Guynement de Kéralio, "Les crimes des reines de France" - Donatien de Sade, "Histoire d'Isabelle de Bavière, reine de France" - Tracy Adams, "The life and afterlife of Isabeau of Bavaria" - Prudence Allen, "Isabeau de Bavière et Christine de Pizan" - Johan Huizinga, "L’opinion publique à la fin du Moyen Âge" - Jean Favier, "La guerre de Cent Ans sous Isabeau de Bavière" - Éliane Viennot, "Les femmes et le pouvoir: l’invention de la loi salique" - Henri Kimm, "Isabeau de Bavière, reine de France 1370-1435" - Christine de Pizan, "La Cité des Dames"   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir. 
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Par : le Hier, 05:21:34
  Chapitre 2 — La pierre brûlante La vapeur était devenue presque étouffante. Dans la lumière orangée du hammam, les silhouettes semblaient flotter lentement autour de Céline, comme dans un rêve humide et oppressant. La chaleur collait à sa peau, alourdissait sa respiration, faisait battre son cœur plus vite encore. À genoux sur la pierre chaude, elle sentait déjà ses muscles trembler. Mais elle n’osait pas bouger. Élise discutait calmement avec les trois autres comme si rien ne s’était passé. Comme si la punition de Céline pouvait attendre. Et c’était précisément cela qui était insupportable. L’attente. L’incertitude. Le sentiment d’être observée sans savoir quand la sentence tomberait. Céline gardait les yeux levés, disciplinée désormais, même lorsque la scène devant elle faisait monter en elle une jalousie cuisante. La femme riait doucement tandis qu’un des hommes lui versait de l’eau chaude sur les épaules. L’autre était assis près d’Élise, une main lourde posée contre sa cuisse. Élise, elle, restait souveraine. Toujours droite. Toujours calme. Elle tourna enfin les yeux vers Céline. — Tu as chaud ? — Oui Maîtresse… — Tant mieux. Elle se leva lentement. Les conversations cessèrent aussitôt. Même les deux hommes semblaient respecter naturellement l’autorité qu’elle dégageait. Élise marcha jusqu’à Céline puis s’arrêta devant elle. — Regarde dans quel état tu es. Céline respirait difficilement sous la chaleur humide. Des gouttes glissaient le long de sa nuque, entre ses épaules, le long de son ventre. — Tu trembles déjà. — Oui Maîtresse… Élise posa une main contre sa joue brûlante. Le contraste de cette paume plus fraîche fit frissonner Céline. — Et pourtant ta vraie punition commence seulement maintenant. Le ventre de Céline se serra. Élise désigna alors la grande dalle de pierre chauffée au centre du hammam. — Allonge-toi dessus. Céline obéit immédiatement. La chaleur de la pierre lui arracha presque un souffle lorsqu’elle posa le ventre et les cuisses dessus. C’était brûlant. Pas au point de faire mal réellement. Mais suffisamment pour devenir rapidement difficile à supporter. Élise s’installa près d’elle. — Les bras devant. Céline tendit les bras. — Bien. Élise passa lentement sa main le long de son dos humide. Un geste presque tendre. Puis sa voix redevint ferme : — Tu vas rester immobile. Tu vas supporter la chaleur. Et surtout… tu vas continuer à regarder. — Oui Maîtresse… Derrière elles, les trois autres avaient repris leurs jeux et leurs conversations basses. Les sons étouffés résonnaient dans la vapeur : rires discrets, souffles lourds, claquements secs des mains sur la peau humide. Chaque bruit faisait monter la tension dans le corps de Céline. Élise s’en apercevait parfaitement. — Tu écoutes tout, n’est-ce pas ? — Oui Maîtresse… — Et tu voudrais détourner les yeux encore. Céline hésita. — Oui… Maîtresse… Élise sourit faiblement. — Merci pour ton honnêteté. Puis soudain : CLAC. Une claque ferme s’abattit sur les fesses de Céline. Elle sursauta. La chaleur de la peau déjà brûlante décupla la sensation. — Tu compteras. Quelques secondes plus tard : CLAC. — Deux… Maîtresse… Une autre. Plus forte. La pierre chaude sous son ventre, la vapeur, les claques régulières… tout mélangeait douleur supportable et humiliation intense. Mais Élise ne frappait jamais avec colère. Tout était contrôlé. Mesuré. Presque pédagogique. — Pourquoi es-tu punie ? CLAC. — Parce que j’ai désobéi… Maîtresse… — Encore. CLAC. — Parce que j’ai baissé les yeux… — Et que dois-tu apprendre ? Nouvelle claque. Céline gémit doucement sous la chaleur. — À obéir complètement… Maîtresse… Élise caressa alors lentement la marque rouge laissée sur sa peau. Le contraste entre fermeté et douceur troubla immédiatement Céline davantage encore. — Exactement. Derrière elles, la femme observait maintenant la scène avec curiosité tandis qu’un des hommes versait de l’eau sur les pierres brûlantes du hammam. Un nuage de vapeur encore plus dense envahit aussitôt la pièce. La chaleur devint presque suffocante. Céline sentit son corps entier réagir. La pierre brûlait davantage sous elle. Sa peau devenait hypersensible. Élise se pencha près de son oreille. — Tu tiens ? — Oui Maîtresse… — Même avec la chaleur ? — Oui Maîtresse… — Même humiliée devant tout le monde ? Le silence dura une seconde. — Oui Maîtresse… Élise lui attrapa doucement les cheveux pour lui relever la tête. — Regarde-les. Céline obéit immédiatement. Cette fois, elle ne détourna pas les yeux. Elle regarda la femme rire sous les mains autoritaires d’Élise. Elle regarda les deux hommes entourer sa Maîtresse avec admiration. Elle regarda surtout Élise dominer l’espace entier sans jamais hausser la voix. Et au milieu de cette chaleur écrasante, de cette humiliation, de cette discipline… Céline comprit quelque chose. Élise ne cherchait pas simplement à la punir. Elle voulait lui apprendre à rester présente. À supporter. À faire confiance. Même lorsque tout en elle voulait fuir.    
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Par : le 27/05/26
L’être humain ne vit jamais entièrement à visage découvert. Dès l’enfance, il apprend à modeler son comportement, à ajuster ses émotions, à construire une image capable de répondre aux attentes du monde. Le psychiatre Carl Gustav Jung nomme cette construction la persona. Le terme vient du théâtre antique, où les acteurs portaient des masques visibles permettant d’incarner un rôle devant le public. Pour Jung, la persona fonctionne de manière semblable : elle est l’interface entre l’individu et le monde social. Elle permet d’être reconnu, accepté, intégré. La persona protège. Elle organise les rapports humains et permet à l’individu de naviguer parmi les attentes, les normes et les exigences du monde social. Mais revêtir un tel masque n’est pas sans conséquence : tout ce qui ne peut être montré, assumé ou reconnu doit être repoussé dans ce que Jung nomme l’Ombre. Les émotions jugées trop faibles ou honteuses, les pulsions incompatibles avec l’image que l’on souhaite projeter, les fantasmes, les contradictions, les désirs inavoués, tout ce qui menace la cohérence du personnage social est relégué hors du regard. Ainsi naît une fracture intérieure. D’un côté l’être présenté ; de l’autre l’être contenu. Plus la persona devient rigide, plus cette tension grandit. Celui qui doit toujours apparaître fort découvre parfois un désir profond de vulnérabilité. Celui qui incarne quotidiennement l’autorité peut fantasmer l’abandon total du contrôle. À l’inverse, celui qui se montre doux, discret ou effacé peut ressentir le besoin violent d’incarner puissance, cruauté ou maîtrise. Les désirs les plus intenses surgissent souvent précisément là où le masque social interdit leur existence. Le BDSM apparaît alors comme un espace singulier. Non pas seulement comme un ensemble de pratiques, de codes et de rituels, mais comme un théâtre où les rôles ordinaires peuvent être suspendus, renversés ou déconstruits. Là où la vie quotidienne impose retenue et cohérence, le BDSM autorise l’exploration de parts habituellement cachées. Le dominant devient maître, propriétaire, prédateur ou guide. Le soumis devient objet, élève, animal, offrande ou possession. Les corps changent de posture, les voix changent de ton. Les vêtements, les colliers, les ordres, les protocoles et les rituels créent une mise en scène explicite. Tout semble artificiel, théâtral, codifié. Et pourtant, c’est précisément au sein de cette fiction que notre véritable nature se révèle. Le BDSM possède ce paradoxe troublant : utiliser le jeu pour atteindre une forme de sincérité émotionnelle. Le masque ne sert pas toujours à cacher ; il sert parfois à rendre visible ce que la persona sociale interdit d’exprimer. Derrière la domination peut apparaître le besoin d’être reconnu. Derrière l’humiliation, le désir d’abandon. Derrière la soumission, la fatigue d’avoir à maintenir sans cesse le contrôle de soi. La scène devient alors un espace liminal, un territoire séparé du quotidien, où les normes ordinaires vacillent. Ce qui y est recherché n’est pas uniquement le plaisir physique, mais une expérience de dévoilement. Comme si, à travers le rituel, les individus tentaient d’approcher une version plus brute, plus vulnérable, plus contradictoire d’eux-mêmes. Car au fond, le BDSM ne met pas seulement en jeu le pouvoir ou le désir. Il met en jeu la possibilité rare de déposer, pour quelques instants, le poids du personnage que chacun porte devant le monde.
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Par : le 27/05/26
Chapitre 1 — La convocation La pluie tombait doucement sur les vitres de l’appartement lorsque Céline reçut le message. Demain. 19h. Hammam d’Orient. Tu viendras seule. Nue sous une robe. Et tu regarderas tout ce que je t’ordonnerai de regarder. Élise Céline sentit immédiatement la chaleur lui monter au ventre. Depuis plusieurs jours, elle vivait encore avec le souvenir de sa dernière punition. L’absence. Le silence imposé par Élise. Aucun message. Aucun ordre. Aucun regard. Pour Céline, cette distance avait été bien plus douloureuse qu’une fessée. Elle relut le message plusieurs fois avant de répondre : Oui Maîtresse. La réponse arriva aussitôt. Tu apprendras demain ce qu’est l’obéissance complète. Le lendemain soir, le hammam baignait dans une lumière ambrée. Des lanternes orientales diffusaient des halos rouges et dorés à travers la vapeur épaisse. L’air était lourd, humide, parfumé à l’eucalyptus et au bois chaud. Céline tremblait légèrement lorsqu’elle franchit les portes du vestiaire. Sous sa robe, elle était nue comme exigé. Elle aperçut Élise déjà installée dans la salle principale du hammam. Assise nue avec une élégance calme sur la pierre chaude, jambes croisées, elle semblait parfaitement à sa place dans cette chaleur étouffante. Autoritaire. Sereine. Magnifique. Élise leva lentement les yeux vers elle. — Approche. Céline obéit immédiatement. — Plus près. Elle s’avança jusqu’à sentir la chaleur du corps d’Élise. — Deshabille toi et à genoux. Céline posa les genoux sur la pierre humide. — Regarde-moi. Elle leva les yeux. Le regard d’Élise était ferme, pénétrant, mais jamais cruel. — Tu sais pourquoi tu es ici ? — Pour apprendre à obéir, Maîtresse. — Exactement. Élise caressa doucement les cheveux de Céline avant de refermer sa main derrière sa nuque. — Et ce soir… tu ne détourneras jamais les yeux de ce que je déciderai de te montrer. — Oui Maîtresse. — Même si cela t’est difficile. — Oui Maîtresse. — Même si tu ressens de la jalousie. Le souffle de Céline vacilla légèrement. — Oui Maîtresse… Élise sourit faiblement. — Bien. Puis elle relâcha sa nuque. Autour d’elles, quelques silhouettes nues circulaient lentement dans la vapeur. Le lieu était calme, presque irréel. C’est alors que trois personnes entrèrent dans la salle chaude. Deux hommes très grands, massifs, aux épaules larges, suivis d’une femme à la peau dorée par la chaleur du hammam. Les regards se croisèrent. Élise demeura parfaitement détendue. Comme si elle avait prévu leur arrivée. La femme s’approcha la première avec un sourire tranquille. — Toujours aussi élégante, Élise. — Toujours aussi en retard, répondit Élise calmement. Les deux hommes échangèrent un regard amusé avant de s’installer autour d’elle avec une aisance presque animale. Céline sentit immédiatement un mélange de fascination et de malaise lui traverser la poitrine. Élise tourna la tête vers elle. — Tu regardes. — Oui Maîtresse. La femme vint s’asseoir près d’Élise. Lentement, Élise posa une main ferme sur sa cuisse avant de lui donner une claque sèche sur les fesses. Le bruit résonna dans la vapeur. La femme eut un léger rire surpris. Un des hommes passa alors derrière Élise et posa les mains sur ses hanches avec assurance. L’autre effleura son bras avant de déposer un baiser lent contre sa nuque. Céline sentit son ventre se nouer. Élise, pourtant, gardait ce contrôle absolu qui la rendait si troublante. Elle attrapa le menton de la femme. — Tiens-toi droite. — Oui. Nouvelle claque sur les fesses. Plus forte. La chaleur semblait monter d’un cran dans le hammam. Les corps se rapprochaient. Les souffles devenaient plus lourds. L’homme derrière Élise lui donna lui aussi une tape ferme sur les reins, puis une autre, plus sonore encore. Élise ne broncha presque pas. Au contraire. Elle ferma les yeux une seconde comme pour savourer l’instant. Céline observait tout. Obligée. Immobile. Son cœur battait beaucoup trop vite. L’autre homme embrassait maintenant l’épaule d’Élise tandis que la femme riait doucement sous les claques autoritaires qu’elle recevait. Tout semblait tourner autour d’Élise. Son assurance. Son pouvoir. Sa présence. Et Céline sentit alors une jalousie brutale lui serrer la gorge. Elle baissa les yeux. À peine une seconde. Mais une seconde suffisait. Le silence tomba immédiatement. Élise se redressa lentement. Très lentement. Puis tourna la tête vers Céline. — Regarde-moi. La voix était calme. Bien plus inquiétante ainsi. Céline releva immédiatement les yeux. — Qu’est-ce que je t’avais ordonné ? — De… de regarder, Maîtresse… — Et qu’as-tu fait ? — J’ai baissé les yeux… Maîtresse… Les trois autres observaient maintenant la scène sans parler. Élise se leva. Chaque pas résonnait doucement sur la pierre humide. Puis elle s’arrêta devant Céline. — Debout. Céline obéit aussitôt. Élise approcha son visage du sien. — Tu crois que l’obéissance existe seulement quand c’est facile ? — Non Maîtresse… — Tu crois que tu peux choisir les moments où tu supportes mes ordres ? — Non Maîtresse… Élise posa une main ferme sous son menton. — Alors tu vas apprendre. Le silence du hammam devint écrasant. Céline sentit tous les regards sur elle. Et pourtant… plus que la honte… elle ressentait surtout le besoin désespéré de regagner la fierté d’Élise. Élise la fixa encore quelques secondes. Puis : — À genoux. Céline s’exécuta immédiatement. — Tu vas rester là. Tu vas regarder. Et cette fois… tu ne détourneras plus les yeux. — Oui Maîtresse. Élise la contempla un instant avant de retourner auprès des trois autres. La vapeur enveloppa de nouveau les corps. Les rires étouffés. Les gestes lents. Les mains qui parcouraient des épaules humides. Et cette fois, malgré le feu dans sa poitrine, malgré la jalousie qui lui brûlait le ventre… Céline ne baissa plus jamais les yeux.            
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Par : le 27/05/26
À partir de ce jour Katia participait parfois, à certains de nos moments intimes.   Pendant qu’il me fouettait, Daddy aimait l’obliger à se mettre à genoux, pour me lécher les lèvres pubiennes et mon orifice, dont l’ouverture béante était inondée de cyprine.    D’autres fois nous étions attachées, seins contre seins, les bras en l’air à un crochet qui nous permettait de nous tourner. Daddy cravachait de coups cinglants les fesses de celle qui les offrait.   Je tentais de me contorsionner pour échapper à la déverrouillée et en le faisant c’est Katia qui offrait sa croupe. Elle supportait les coups bien mieux que moi, Daddy frappait bien plus fort sur ses grosses fesses rebondies.   Elle se sacrifiait pour m’éviter de trop souffrir, mais Daddy n’était pas dupe. Il l’obligeait à faire un demi tour, pour que mes fesses soient à sa portée.   J’étais souvent secouée de sanglots. Katia m’enlaçait et léchait mes larmes en me faisant de petits bisous, en douce de Daddy.   Katia était maso. Il me parut évident qu’il devait, en mon absence profiter de son corps sensuel et la fouetter. Curieusement je ne ressentais aucune jalousie, j’étais la little de mon Daddy d’amour et elle sa servante.   J’imaginais Katia attachée, nue, dans son petit lit en fer, Daddy la violentant.   Katia obéissait aussi à mes demandes. Je jouais à la petite fille gâtée et capricieuse, l’envoyant me chercher des friandises à l’autre bout de la maison ou d’autres babioles, juste pour le plaisir de me faire servir.   Elle était toujours disponible et prête à me rendre service. Je m’imaginais parfois lui ordonner de me donner du plaisir. Daddy me donnerait il la permission?   Je voyais Daddy en général deux à trois fois par mois et je passais la nuit chez lui. Tout dépendait des déplacements de mon mari et de ses disponibilités.                 Daddy aimait me sortir au théâtre ou m’emmener au restaurant. Il passait aux yeux des gens pour mon papa et moi sa grande fille chérie. Ma tenue me rajeunissait, on me donnait dans les 35 ans. On avait une grande complicité et c’était toujours un moment de plaisir. Il était attentionné et adorable.   Sauf que, sous ma jupe courte, j’étais sans culotte, engodée. Assise avec l’obligation d’avoir les fesses nues directement sur la chaise, les cuisses écartées et Daddy avait la main baladeuse.   Il aimait me faire mouiller dans des endroits insolites. Que des ondes d’extase me submergent, alors même que mon visage devait rester impassible.   Il arrivait qu’un serveur ou un inconnu s’en aperçoive, profite du spectacle de mon petit minou ouvert et je rougissais de honte. Cela amusait beaucoup Daddy et moi je devais bien l’avouer, j’avais ce profond désir de lui obéir et de lui appartenir.   Daddy m’avait plu dès le premier regard. C’était un homme mûr, sportif, équilibré. Il émanait de sa personne un côté protecteur, rassurant. Il possédait des qualités d’écoute et d’empathie.   Quand il plongeait ses yeux dans les miens, j’avais l’impression qu’il lisait en moi à cœur ouvert et qu’il m’était impossible de lui mentir.       Cet été, nous avions chacun nos obligations familiales. Les vacances ont fait que nous ne sommes revus qu’à la rentrée de septembre. J’étais impatiente de le retrouver, mais j’appréhendais beaucoup ces retrouvailles, car j’avais un secret à lui confier.   J’avais fauté. Pas un petit oubli qui m’aurait valu une fessée et le pardon, mais une vraie faute grave.  Dont les conséquences allaient être terribles pour moi.     Au mois d’août j’avais passé quelques jours seule, mon mari s’étant rendu dans sa famille et je n’avais aucune envie de l’y accompagner. Une amie m’invita à un vernissage, suivi d’une soirée où c’était l’occasion de se revoir et de faire la fête. J’acceptais avec joie. Je m’y rendis vêtue d’une courte robe d’été dévoilant de jolies jambes bronzées, et je me trouvais encore jolie. Les regards des hommes sur moi me le confirmèrent, je pouvais encore plaire. Je dansais, m’amusais, j’étais heureuse, au son de la musique, avec une coupe de champagne. Un homme plus jeune que moi, engagea la conversation. Il dansa toute la soirée avec moi. Il était prévenant, gentil et séduisant. J’étais flattée, sous le charme. On dansait, on s’amusait, on riait, je lui plaisais et il me plaisait. Lorsqu’il m’invita chez lui pour un dernier verre, j’étais un peu pompette. Je ne dis pas non. La suite fut une nuit d’amour torride. En vérité, je passais deux jours de débauche et de sexe en sa compagnie. Pour moi ce fut une jolie histoire, une amourette d’été et chacun regagnait ses pénates à la rentrée. Mais il était tombé amoureux fou de moi. Il me téléphonait et me harcelait de SMS me déclarant son amour. Il voulait faire sa vie avec moi. Paniquée, je lui ai expliqué que j’avais un mari, des enfants, et qu’il n’était pas question de les quitter pour lui, que c’était une histoire finie. Il ne voulut rien entendre et proposa de me prendre comme maîtresse, afin de me voir en cachette. Je refusais tout net et l’envoyait balader, d’aller se faire foutre! Cette réaction excessive et un peu vulgaire lui déplut. Il menaça de tout dévoiler à mon mari. Ce goujat avait filmé nos ébats en cachette. Pour preuve, il m’en envoya un extrait sur mon téléphone. L’horreur! On me reconnaissait dans une séquence digne d’un film porno et dans des positions de sexe sans équivoques. En clair, j’apparaissais comme une vraie salope, demandeuse et jouisseuse.   C’est pourquoi lorsque Daddy, après m’avoir embrassée et montré tout le plaisir qu’il avait à me revoir, me demanda si j’avais été sage, je fondis en larmes.   Il me prit dans ses bras et effondrée, d’une petite voix entrecoupée de pleurs, je lui racontais tout. Son visage devint grave, ses yeux lançaient des éclairs et je ne pus que bégayer des pardons Daddy, pardon, tout en pleurant de plus belle. Il me calma en me serrant très fort contre lui, en me disant que ce n’était pas la fin du monde et qu’il allait tout arranger. Car c’est cela aussi, le rôle d’un papa.   Les questions qui trottaient dans ma tête et n’arrêtaient pas de me tourmenter étaient nombreuses. Pourquoi avais je cédé si facilement aux avances d’un autre homme? Daddy avait il éveillé en moi des désirs de luxure enfouis que je voulais satisfaire? Étais je devenue à ce point accro au sexe, pour coucher avec le premier homme qui me désirait? Daddy, si je lui avais demandé m’aurait il donné l’autorisation de coucher avec un autre homme ? Nous n’en avions jamais parlé. Si cet amant ne m’avait pas menacé de chantage, aurais je avoué à Daddy cette aventure? Est ce ainsi que je concevais le fait d’appartenir à Daddy ? Je l’avais trahi. Trahi sa confiance.   Mon Daddy c’est un érudit, un épicurien, un libertin avec une culture et un charisme certain. Aucunement prétentieux, ni cynique aussi à l’aise avec un ouvrier qu’avec des notables. Bref un mec bien et moi une petite sotte en chaleur. Me pardonnerait il un jour?   En attendant, il essayait de me sortir du guêpier dans lequel je me trouvais.   Daddy réfléchit plusieurs minutes, pendant que Katia m’amenait une boisson et des gâteaux.   - Mange, tu as maigris. Me dit elle Je souris, un petit sourire triste car j avais pris 3 kilos pendant cet été et je comptais bien les reperdre. Daddy me demanda de l’écouter attentivement et de faire exactement ce qu’il disait. Je promis. - Tu vas lui proposer une soirée retrouvailles, en réservant une suite à ton nom au Hilton. Donne lui rendez vous à 20 heures, mais tu seras sur place plus tôt. Je te rejoindrai une heure avant, et je me cacherai dans l’autre chambre de la suite. Après avoir commandé une bouteille de champagne, tu l’attendras dans une robe sexy. Joue les amoureuses, saute lui au cou, embrasse le tendrement, débrouille toi pour qu’il soit bien excité. Fais sauter un bouchon de champagne, pour trinquer à votre amour, soit câline, souriante et joyeuse. Puis en remplissant sa coupe une deuxième fois, tu y glisseras la poudre que je te donnerai. Si tu es courageuse, la poudre tu la verseras dans ta coupe, mais tu devras boire la sienne. - Comment ? - Tu feras comme font les amoureux qui lèvent les coudes et entrelacent les bras, pour que chacun boive la coupe de l’autre. Je te montrerai et tu t’entraîneras. Une fois la deuxième coupe bue par lui, tu lui diras que tu as prévu une surprise. Des dessous sexy achetés pour l’occasion. Fais le s’allonger nu sur le lit, demande lui de t’attendre sagement, pendant que tu iras te changer dans la salle de bain. Prends une douche, patiente dix minutes avant de sortir. A ton retour, il devrait dormir comme un bébé. La suite je m’en occuperai.   Je téléphonais à mon amant de l’été et lui dit que je voulais le revoir vite, car il me manquait trop, j’avais hâte de faire l’amour avec lui. Le rendez vous fut fixé et je réservais une suite au Hilton. Tout se déroula comme prévu. Moi, j’étais tremblante de peur, mais je jouais le jeu de l’amoureuse qui retrouve son amant. Il était tellement sûr de m’avoir reconquise, qu’il ne se douta de rien. Je l’accueillis câline et coquine, il bandait et ne pensait qu’à la nuit d’amour que j’allais lui offrir. Il but le verre avec la poudre et dodo.   Daddy sortit de sa cachette, constata qu’il était profondément endormi. Il l’installa nu sur une chaise et l’attacha solidement. Puis Daddy le gifla violemment, il se réveilla avec peine. Il découvrit Daddy en train de le secouer.   - C’est mon Papa, lui dis je, et tu as intérêt à lui obéir.   Daddy lui attrapa les couilles d’une main ferme, les serra en lui montrant son téléphone. - Tu vas me donner le code de suite. Il marmonna à demi réveillé et totalement paniqué. - C’est mon visage qui le débloque. Daddy approcha le téléphone de sa tête et cela fonctionna. - Dis moi, combien de copies as tu faites de la vidéo? - Je ne l’ai que sur le téléphone, je le jure. Daddy s’éloigna, lui tourna le dos, se mit à la recherche des fichiers, des photos et des vidéos, des sms, de son répertoire dont certains furent envoyés sur son téléphone. Une fois ceci fait, il effaça toutes les données du téléphone me concernant. -  Maintenant c’est moi qui connaît tout de toi. Si tu t’approches encore une fois de ma fille, ou si tu tentes de la joindre, la prochaine fois ce n’est pas moi qui m’occuperait de toi. Tu auras un contrat sur ta tête. Tu as compris ?   - Oui monsieur, j’ai bien compris.   - Alors trinquons. Daddy lui fit reboire une coupe de champagne, avec bien sûr une dose de poudre, il se rendormit. On défit ses liens, mais on le laissa nu sur sa chaise, on nettoya les verres et on quitta l’hôtel séparément. Je n’entendis plus jamais parler de lui. Je me demandais si Daddy n’avait pas été un agent secret, ou un espion dans sa jeunesse, mais en tout cas c’était mon héros.   Daddy me dit lors de ma visite suivante, que cette faute allait devoir être payée. La punition serait à la hauteur de la faute. Je le savais. D’avance je l’acceptais, car il m’avait sauvé du déshonneur et je l’aimais.   Mais avant de me punir, Daddy voulut tout connaître des deux jours passés avec mon amant de l’été. Pour pouvoir choisir une punition à la hauteur de cette trahison. Je dus tout lui raconter, dans les moindres détails. Comment à peine entrée dans son appartement, il m’avait plaquée contre le mur. Il avait relevé ma jupe, constatant que je ne portais pas de culotte, son désir avait été décuplé, il m’avait littéralement empalée et j’avais joui en criant.   J’ai adoré l’enchaînement de ces moments de sexe où mes trois orifices ont été tour à tour sollicités et mes orgasmes se sont succédés. J’étais entre ses mains, un objet de désir et il était insatiable et passionné. Il avait la fougue de la jeunesse, une queue bien membrée et endurante. Oui, je me suis donnée à lui entièrement, je ne lui ait rien refusé. J’étais vraiment une petite salope, lui vidant ses couilles, avalant son foutre en perdant toute dignité. Deux jours de sexe et de plaisirs, je n’ai eu aucun regret de m’être ainsi fait baiser. J’ai plus joui dans ses bras que les dix dernières années avec mon mari. Une fois tout le déroulement de ces deux jours racontés, Daddy ne me posa plus de questions. J’avais tout avoué et j’attendais la sentence, les larmes aux yeux, regardant mes pieds, les mains dans le dos. J’avais trahi Daddy et il pouvait très bien me répudier, ou me punir de la façon qu’il jugerait appropriée, à la hauteur de ma faute. Il me dit que je serais informée de la punition, en temps et en heure. J’avais intérêt à être sage dans les temps à venir. Je lui sautais au cou et le remerciais en le couvrant de baisers.   Plusieurs mois passèrent et nos rencontres étaient toujours aussi agréables. Je commençais à penser qu’il avait oublié, ou peut être pardonné, car j’étais toute dévouée et obéissante. Un amour de little.   Mais un jour il me dit. Voilà, j’ai établi le scénario de ta punition, celle qui concerne l’affaire de l’été dernier. Tu t’en souviens ? Un peu que je m’en souvenais, toute l’histoire me revenait en mémoire. Et mon visage se décomposa. - C’est Katia qui va te préparer, pour le rôle que tu vas endosser. - Puisque tu aimes les rencontres érotiques chaudes, ma little je vais te donner l’occasion d’en vivre une bien pimentée. Dans le domaine de la soumission. Tu seras offerte à un inconnu que j’ai choisi. Il connait exactement la place qu’il doit tenir. Tout ce qu’il te demandera et te fera subir a été approuvé par moi, et tu devras l’accepter. En entendant ces mots des larmes apparurent aux coin de mes yeux. Arête de couiner dit il. Tu vas suivre Katia, elle va s’occuper de ton entraînement. Je ne vais pas y assister. Mais elle me fera un compte rendu détaillé et tu devras être parfaitement préparée.   Je passais de longues heures avec Katia. Je dus mémoriser toutes les répliques, prendre et répéter les attitudes que je devrais adopter, afin d’être parfaitement crédible dans mon rôle. Katia metteur en scène et moi la vedette de ce film.
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Par : le 27/05/26
Elle était à nouveau devant moi. Depuis combien d'années avions-nous cessé de nous voir ? Le malentendu qui nous avait séparés semblait soudain absurde. Tant de petites choses nous égarent. Maintenant je renouais le fil enchanté que j'avais perdu. Elle parlait, je l'écoutais, la vie avait repris sa magie. Sur son visage d'alors sont venus se poser, dans la mémoire de leur amour, son visage ultérieur. Front haut, pommettes hautes, yeux bleu clair, lèvres sensuelles aux courbes régulières. Un beau visage déssiné à traits fins, délicat et féminin. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. "-Juliette, donne-moi deux ans de bonheur. Donne-les-moi, si tu m'aimes". Si tu m'aimes ! Mais le pire n'est pas dans la cruauté des mots, il est dans les images qui font haleter de douleur. Il lui arrivait d'aller jusqu'à la fenêtre et de l'ouvrir pour tenter de respirer mieux. Une sorte de bref répit de l'air, un sauvetage miraculeux. Sa jalousie ne la trompait pas. Il est vrai qu'elle était heureuse et mille fois vivante. Elle ne pouvait pourtant faire que ce bonheur ne se retourne aussitôt contre elle. La pierre aussi chante plus fort quand le sang est à l'aise et le corps enfin reposé. Ce n'est qu'aux moments où elle souffrait qu'elle se sentait sans danger. Il ne lui restait qu'à prendre goût aux larmes. Aussi longtemps et fort qu'elle la flagellait, elle n'était qu'amour pour Juliette. Elle en était là, à cette simple mais ferme conviction. Une femme comme elle ne pouvait pas la faire endurer volontairement. Pas après avoir déjà pris la mesure de cette douleur. Elle ne pouvait y trouver ni plaisir ni intérêt. C'est donc qu'il y avait autre chose. Ce ne pouvait être que l'ultime scénario envisagé, celui qui aurait dû s'imposer en tout premier, n'eût été ce délire qui pousse tout amoureux à se croire le centre du monde de l'autre. Depuis, de Juliette, elle attendait tout mais n'espérait rien, du moins le croyait-elle. Le sujet avait été évacué. Il y aurait toujours cela entre elles. Puisqu'elle l'avait fait une fois, pourquoi n'en serait-elle pas capable à nouveau ? Son esprit et son corps la comblaient, mais elle nourrissait des doutes sur la qualité de son âme. Rien ne démentait en elle une mentalité de froide amante dominatrice. Après tout, leurs deux années de vie commune dans la clandestinité la plus opaque qui soit, non pour cacher mais pour protéger, les avaient fait passer maîtres dans l'art de la dissimulation. Charlotte était bien placée pour savoir que Juliette mentait avec aplomb, et vice versa. Elles s'adaptaient différemment à la déloyauté, et cloisonnaient leur existence avec plus ou moins de réussite. Mais jamais elles n'auraient songé à élever la trahison au rang des beaux arts. Puisqu'elle lui mentait, et par conséquent au reste du monde, Charlotte pouvait supposer qu'elle lui mentait aussi. Juliette avait-elle échafaudé ce scénario pour s'évader de tout et de tous avec une autre. L'amour impose le sacrifice et le privilège de l'être aimé. Il leur fallait se reconquérir, alors tous les matins seraient beaux, les lèvres dessinées en forme de baisers, frémir de la nuque, jusqu'au creux des reins, sentir le désir s'échapper de chaque pore de la peau, la tanner comme un soleil chaud de fin d'après-midi, et la blanchir fraîchement comme un halo de lune, que les draps deviennent dunes, que chaque nuit devienne tempête. L'indifférence prépare admirablement à la passion. Dans l'indifférence, rien ne compte. L'écriture donne une satisfaction, celle de l'amour partagé.    Comme la vie passait vite ! Elle me trouvait jeune, je me sentais vieillir. Comme le temps avait le pouvoir de tout transformer ! La vérité était aussi insaisissable et fragile à détenir que ce rayon de soleil qui folâtrait au milieu des arbres et donnait une lumière si belle, à cette promenade. Dans la passion, rien ne compte non plus, sauf un seul être qui donne son sens à tout. Seul est pur l'élan qui jette alors les corps l'un contre l'autre, les peaux désireuses d'un irrésistible plaisir. Un lit où l'on s'engouffre sous les cieux, un rêve où l'on s'enfouit à deux, des doigts soyeux, un arpège harmonieux. Avait-elle pensé à l'intensité de ces visions d'elles ensemble, à leur féroce précision ? Elle connaissait si bien son corps, Juliette le voyait comme personne ne pouvait le voir. Elle l'avait baigné, séché, frotté, passé au gant de crin. Il arrivait à Charlotte d'hurler comme une bête, quand elle entendait un sifflement dans la pénombre, et ressentait une atroce brûlure par le travers des reins. Juliette la cravachait parfois à toute volée. Elle n'attendait jamais qu'elle se taise et recommençait, en prenant soin de cingler chaque fois ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces soient distingues. Elle criait et ses larmes coulaient dans sa bouche ouverte. Refaire sa vie ailleurs, là où on est rien pour personne. Sans aller jusqu'à s'installer à Sydney, combien de fois n'avait-elle pas rêvé à voix haute de vivre dans un quartier de Paris ou une ville de France où elle ne connaîtrait absolument personne. Un lieu au cœur de la cité mais hors du monde. Un de ces Finistères ou Morbihans où elle ne représenterait rien socialement, n'aurait de sens pour personne, ni d'intérêt pour quiconque. Où elle ne serait pas précédée d'aucun de ces signes qui préméditent le jugement, vêtements, coiffure, langage, chat. Une parfaite étrangère jouissant de son anonymat. Ni passé, ni futur, sérénité de l'amnésique sans projet. N'était-ce pas une manière comme une autre de changer de contemporain ? Une fuite hors du monde qui la ferait échapper seule à la clandestinité. À tout ce qu'une double vie peut avoir de pesant, de contraignant, d'irrespirable. Vivre enfin à cœur ouvert. Ce devait être quelque chose comme cela le bonheur. Un lieu commun probablement, tout comme l'aventure intérieure qu'elle avait vécue avec elle. Mais souvent hélas, la vie ressemble à des lieux communs. Les bracelets, les gaines et le silence qui auraient dû l'enchaîner au fond d'elle-même, l'oppresser, l'effrayer, tout au contraire la délivraient d'elle-même. Que serait-il advenu de Charlotte, si la parole lui avait été accordée. Une mécanique perverse fait que le corps s'use durant la brève période d'une maturité dont nul n'ignore qu'elle est un état instable. Rien de plus menacé qu'un fruit mûr. Des mois précèdent cet instant de grâce. Des semaines accomplissent l'épanouissement. Entre ces deux évolutions lentes, le fruit se tient, l'espace d'un jour, à son point de perfection. C'est pourquoi la rencontre de deux corps accomplis est bouleversante. Juliette en était là. Charlotte aimait la retrouver parce que, en elle, elle se retrouvait. De ce qui n'était qu'un grand appartement sans âme, elle en avait fait un refuge à semblance: lumineux, paisible, harmonieux. Les chambres qu'habitèrent des générations de gens sans goût dont la vie morne avait déteint sur les murs, Juliette les avaient meublées de couleurs exactes et de formes harmonieuses. Le baroque engendre souvent la tristesse et le confort l'ennui lorsqu'il se résume à une accumulation de commodité. Chez elle, rien n'offensait ou n'agaçait. C'était un endroit pour états d'âme et étreintes joyeuses.   Elle avait crée chez elle un microclimat privilégié fait d'un confort invisible qui se haussait à la dignité de bien-être et de cette forme supérieure du silence, le calme. Les yeux de Charlotte la voyaient telle qu'elle était. Juliette la dominait mais en réalité, c'est Charlotte qui devait veiller sur elle et la protéger sans cesse de ses frasques, de ses infidélités. Elle ne supportait mal d'être tenue à l'écart. Avec une patience d'entomologiste, elle avait fait l'inventaire du corps de Juliette et souhaitait chaque nuit s'en régaler. Elle s'arrêtait pas sur ce qui, dans le corps, atteignait la perfection. La ligne souple du contour de son visage, du cou très long et de l'attache de ses épaules, cette flexibilité qui fascinait tant Modigliani en peignant sa tendre compagne, Jeanne Hébuterne. Elle regardait naître une lente aurore pâle, qui traînait ses brumes, envahissant les arbres dehors au pied de la grande fenêtre. Les feuilles jaunies tombaient de temps en temps, en tourbillonnant, bien qu'il n'y eût aucun vent. Charlotte avait connu la révélation en pénétrant pour la première fois dans l'appartement de celle qui allait devenir sa Maîtresse et l'amour de sa vie. Elle n'avait ressenti aucune peur, elle si farouche, en découvrant dans une pièce aménagée les martinets pendus aux poutres, les photos en évidence sur la commode de sycomore, comme une provocation défiant son innocence et sa naïveté. Juliette était attentionnée, d'une courtoisie qu'elle n'avait jamais connue avec les jeunes femmes de son âge. Elle était très impressionnée à la vue de tous ces objets initiatiques dont elle ignorait, pour la plupart l'usage, mais desquels elle ne pouvait détacher son regard. Son imagination la transportait soudain dans un univers qu'elle appréhendait sans pouvoir cependant en cerner les subtilités. Ces nobles accessoires de cuir, d'acier ou de latex parlaient d'eux-mêmes. Ce n'était pas sans intention que Juliette lui faisait découvrir ses objets rituels. Eût-elle voulu jouer les instigatrices d'un monde inconnu ? Elle eût pu y trouver une satisfaction.   Assurément, elle ne serait pas déçue et les conséquences iraient bien au-delà de ses espérances. Elle savait qu'elle fuyait plus que tout la banalité. Elle avait pressenti en elle son sauvage et intime masochisme. Les accessoires de la domination peuvent paraître, quand on en ignore les dangers et les douceurs d'un goût douteux. Comment une femme agrégée en lettres classiques, aussi classique d'allure pouvait-elle oser ainsi décorer son cadre de vie d'objets de supplices ? L'exposition de ce matériel chirurgical, pinces, spéculums, anneaux auraient pu la terroriser et l'inciter à fuir. Mais bien au contraire, cet étalage la rassura et provoqua en elle un trouble profond. Juliette agissait telle qu'elle était dans la réalité, directement et sans détours. Elle devrait obéir que Juliette soit présente ou absente car c'était d'elle, et d'elle seule qu'elle dépendrait désormais. Juliette la donnerait pour la reprendre aussitôt, enrichie à ses yeux, comme un objet ordinaire, corps servile et muet. Instinctivement, Charlotte lui faisait confiance, cédant à la curiosité, recommandant son âme à elle. Elle ne marchait plus seule dans la nuit éprouvant un véritable soulagement d'avoir enfin trouver la maîtresse qui la guiderait. Malgré le cuir, l'acier et le latex, elle est restée avec elle ce soir-là. Elle n'a plus quitté l'appartement et elle devenue l'attentive compagne de Juliette. Car, en vérité, si elle avait le goût de l'aventure, si elle recherchait l'inattendu, elle aimait avant tout se faire peur. Le jeu des situations insolites l'excitait et la séduisait. Le danger la grisait, la plongeait dans un état second où tout son être se dédoublait, oubliant ainsi toutes les contraintes dressées par une éducation trop sévère. Ce double jeu lui permettait de libérer certaines pulsions refoulées. De nature réservée, elle n'aurait jamais osé jouer le rôle de l'esclave jusqu'à sa rencontre avec Juliette. La fierté dans sa soumission lui procurait une exaltation proche de la jouissance. Était-ce seulement de ressentir la satisfaction de la femme aimée ? Ou de se livrer sans condition à un tabou social et de le transgresser, avec l'alibi de plaire à son amante, d'agir sur son ordre. Elle apprit à crier haut et fort qu'elle était devenue une putain quand un inconnu la prenait sous les yeux de Juliette. Agir en phase avec son instinct de soumise la faisait infiniment jouir. Étant donné la manière dont sa Maîtresse l'avait livrée, elle aurait pu songer que faire appel à sa pitié, était le meilleur moyen pour qu'elle redoublât de cruauté tant elle prenait plaisir à lui arracher ou à lui faire arracher ces indubitables témoignages de son pouvoir. Ce fut elle qui remarqua la première que le fouet de cuir, sous lequel elle avait d'abord gémi, la marquait beaucoup moins et donc permettait de faire durer la peine et de recommencer parfois presque aussitôt. Elle ne souhaitait pas partir, mais si le supplice était le prix à payer pour que sa Maîtresse continuât à l'aimer, elle espéra seulement qu'elle fût contente qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers elle. Sous le fouet qui la déchirait, elle se perdait dans une délirante absence d'elle-même qui la rendait à l'amour. On s'étonna que Charlotte fût si changée. Elle se tenait plus droite, elle avait le regard plus clair, mais surtout, ce qui frappait était la perfection de son immobilité, et la mesure de ses gestes. Elle se sentait désormais, au cœur d'un rêve que l'on reconnaît et qui recommence.    Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 27/05/26
Elle avait vingt-huit ans, elle connaissait une foule de gens, toujours élégante, physiquement attrayante, intellectuellement stimulante. Elle avait fait une thèse sur Camus, avant de s'occuper de collections d'art contemporain dans toute une série de fondations. Visiblement, Juliette savait ce qu'elle voulait. Elle était tout le contraire de Charlotte. C'est d'ailleurs elle qui l'a voulu, qui lui a laissé son adresse et son numéro de portable à la fin de la soirée, en lui recommandant de ne pas hésiter à l'appeler, et Juliette qui s'est fait désirer une bonne quinzaine de jours, avant de composer son numéro. Pourquoi l'a-t-elle revue ? Sans doute parce qu'elle voulait la revoir. C'était moins de l'amour ou du désir, en tout cas, qu'un sentiment étrange de vertige et de domination. Ce qui est sûr, c'est que passé la surprise de découverte chez cette jeune femme cérébrale, assez guindée sur les bords, un tempérament sensuel qu'elle ne lui imaginait pas, tout est allé vite, probablement trop vite. Charlotte s'est soumise, non sans restriction mentale de sa part. Elles sont aussitôt parties vivre une année à Naples où Juliette faisait des expertises, tandis que Charlotte enseignait dans un collège français. Et il leur est arrivé là-bas ce qui arrive à tous les amants pressés qui s'engouffrent dans le premier hôtel venu coincés dans l'ascenseur, ils sont toujours bloqués et ont épuisé tous les sujets de conversation. Pourtant, les longs tête-à-tête, les nuits que l'on passe ensemble, les promenades à deux pendant les premiers mois permettent normalement de pressentir la part de bonheur ou de malheur que l'autre lui apportera. Et Charlotte n'avait pas mis longtemps à deviner que la part de légèreté dans l'abandon serait la plus lourde des deux. Mais elle a fait comme si. Par manque d'assurance, par immaturité. Ce que la plupart des femmes recherchent dans toute leur vie, l'intelligence, la tendresse, Juliette lui apportait sur un plateau, et on aurait dit qu'elle ne savait pas quoi en faire. Juliette la hissait en révélant les abysses de son âme, en les magnifiant, la sublimant en tant qu'esclave en donnant vie à ses fantasmes. Elle habitait son corps, rien que dans son corps. Elle y vivait en souveraine.   Elle est aussi juvénile et éclatante, elle a les mêmes cheveux clairs encadrant ses oreilles, les mêmes taches de rousseur, la même élégance, avec son T-shirt blanc sous une veste de soie noire. Elles s'étaient déshabillées dans la salle de bain, avec la prémonition que quelque chose de terriblement fort, de terriblement impudique allait se produire et que rien ne serait plus comme avant. Elles ne le savaient pas encore. Juliette était totalement nue, avec ses fesses musclées hautes, ses seins aux larges aréoles brunes, alors que Charlotte avait conservé un tanga en soie rouge mettant en valeur son bronzage italien. Elle était grande et possédait de longues jambes galbées. Elles étaient paisibles, enveloppées par l'atmosphère fraîche de la pièce, et comme le plaisir les avait moulues, elles flânèrent encore un peu dans les draps, tandis que le rythme emballé de leur cœur se ralentissait peu à peu. Mais beaucoup plus tard, à force d'insistance, Charlotte s'allongea docilement sur le dos, les bras le long du corps, accueillant le désir de Juliette mais sans le réclamer. Et d'un seul coup le silence se fit. Juliette soulevée sur les coudes, Charlotte la bouche appliquée sur sa peau, descendant le long de son corps avec la lenteur d'un ballet aquatique. Le temps parut suspendu, la culmination toujours retenue. Elles retrouvèrent spontanément les mêmes mots, les mêmes gestes, les mêmes procédures intimes, sans doute car le sexe est toujours la réminiscence du sexe, avant de desserrer soudain leur étreinte et de rouler chacune de leur coté, le corps épuisé. La nuit tomba, un courant d'air fit battre le ventail de la fenêtre. Lorsque Juliette eut fini de se doucher, elle enfila un peignoir, les cheveux attachés au-dessus de la tête à l'aide d'une pince, Charlotte préféra la régaler d'un copieux petit-déjeuner sur leur balcon. Elles s'installèrent toutes les deux, accoudées à la balustrade comme pour porter un toast au soleil levant et restèrent ainsi, à bavarder, à voix basse, les sens à vif. Au sortir du lit, il leur arrivait parfois de se promener dans le vieux Naples. La mer qui bougeait à peine, les pins immobiles sous le haut soleil, tout paraissait minéral et hors du temps. Leurs corps s'écoulaient au ralenti le plus extrème.   De grands murs à droite et à gauche protégeaient des voisins. L'aile des domestiques donnait dans la cours d'entrée, sur l'autre façade, et la façade sur le jardin, où leur chambre ouvrait de plain-pied sur une terrasse, au premier étage, était exposée à l'est. La cime des grands lauriers noirs affleurait les tuiles creuses achevalées servant de parapet à la terrasse. Un lattis de roseau la protégeait du soleil de midi, le carrelage rouge qui en couvrait le sol était le même que celui de la chambre. Quand Juliette prenait son bain de soleil totalement nue sur la terrasse, Charlotte venait la rejoindre et s'étendre auprès d'elle. Il faisait moins chaud que de coutume. Juliette, ayant nagé une partie de la matinée, dormait dans la chambre. Charlotte, piquée de voir qu'elle préférait dormir, avait rejoint la plus jeune domestique. Ses cheveux noirs étaient coupés droit au-dessus des sourcils, en frange épaisse et droite au-dessus de la nuque. Elle avait des seins menus mais fermes, des hanches juvéniles à peine formées. Elle avait vu Juliette par surprise, en pénétrant un matin sur la terrasse. Sa nudité l'avait bouleversée. Mais maintenant, elle attendait Charlotte dans sa chambre. Elle eut soin à plusieurs reprises de lui renverser les jambes en les lui maintenant ouvertes en pleine lumière. Les persiennes étaient tirées, la chambre presque obscure, malgré des rais de clarté à travers les bois mal jointés. La jeune fille gémit plus d'une demi-heure sous les caresses de Charlotte. Et enfin, les seins dressés, les bras rejetés en arrière, serrant à pleine main les barreaux de bois qui formaient la tête de son lit à l'italienne, elle commença à crier, lorsque Charlotte se mit à mordre lentement la crête de chair où se rejoignaient, entre les cuisses, les fines et souples petites lèvres. Charlotte la sentait brûlante, raidie sous la langue, et la fit crier sans relâche, jusqu'à ce qu'elle se détendit d'un seul coup moite de plaisir, mais encore demandeuse. Charlotte enfonça alors son pouce dans l’anus bien lubrifié, elle le sentait à la fois récalcitrant et souple et elle savait que la jeune fille n’était pas encore bien détendue et luttait inconsciemment contre cette intrusion exquise. Elle avait la respiration saccadée.   Son corps lui était torrent et ivresse. Elle était dans cet état second où l'appréhension des gestes de Charlotte conjuguée au désir de l’interdit la laissaient totalement passive mais nullement insensible. Bientôt, l'autre main alla s’aventurer dans l'autre voie déjà abandonnant, les lèvres acceptèrent la double caresse forçant avec délicatesse le périnée, les doigts s'attardant sur le clitoris impatient. Elle était ainsi prête a subir l'insurmontable. Elle se laissa aller à ces doubles caresses en retenant son désir de jouissance, en s'interdisant des mouvements du bassin qui l'auraient trop rapidement extasiée. Charlotte le devina et s'arrêta, puis s'éloigna. Alors elle s'accouda et la chercha du regard. Elle était dos à elle, face au canapé. Lorsqu'elle se retourna, elle lui sourit et dans ses yeux, la jeune fille avoua qu'elle était prête à rendre les armes en acceptant de se livrer totalement. C'était la première fois mais de toutes ses forces, son corps et ses reins l'imploraient. Elle fit courir une main sur ses fesses et lui caressa les épaules. La jeune domestique avait posé les bras le long de son corps et avait l’impression d’entendre tous les bruits amplifiés de la pièce, jusqu’au moindre petit froissement de tissu. Lorsque trois doigts forcèrent son anus, elle serra les dents avec un faible gémissement. Elle n'avait jamais accepté de pénétration dans sa partie secrète, jusqu’à ce jour. Bientôt, ce furent quatre doigts délicats qui pénétrèrent son anus. La chair autour des phalanges s’épousait parfaitement, l'anneau accepta l'intrusion. Cela se fit avec une simplicité et une rapidité remarquables.   La jeune fille se caressait parfois la nuit par cette voie étroite. Charlotte admirait la jeune fille qui acceptait langoureusement en se détendant. Elle se saisit d'une paire de gants et en passa un à sa main droite, puis elle retira ses doigts pour les remplacer par un large olisbos en verre transparent avec une nervure qui s’enroulait autour, telle une liane sur un arbre. Elle enfonça alors l’olisbos puis arrêta la progression et tira dans l’autre sens pour pousser une autre fois. Elle se laissait sodomiser en douceur et sentait toujours cette vibration tapie au plus profond d’elle-même, grandissant inéluctablement. Elle pouvait maintenant retirer entièrement le sextoy pour mieux le réintroduire encore un peu plus loin à chaque fois. La jeune fille avait l'anus bien dilaté et Charlotte écartait ses fesses pour mieux évaluer l’élargissement, son rectum avait toujours la forme d’un large cercle. Le godemichet était intégralement entré ne laissant que le rebord évasé pour qu'on fût certain, que même au fond de ses entrailles, il ne remonterait pas à l'intérieur de son corps. Il reflétait la lumière du plafonnier dévoilant leur nudité. Le corps soumis réclamait toujours davantage. Le devinant, Charlotte ôta lentement l'olisbos de son fourreau charnel, pour bientôt le remplacer délicatement par ses doigts gantés; deux, trois, quatre et enfin cinq, les sphincters anaux étaient étirés et le pertuis lubrifié s'élargit, acceptant l'introduction conique lente jusqu'au fin poignet de l'inconnue. Alors bientôt, elle se laissa aller à des va-et-vient lascifs de son bassin en se cambrant; la décharge fut intense et l'orgasme violent. Son âme n'était plus qu'un organe, une machine qui répondait à des mécanismes vitaux. Juliette sentit la jouissance l'envahir par saccades, les contactions la lancèrent en la fluidifiant jusqu'aux premières dorsales. Elle l'empala de son poignet encore plus profondément. Le regard de la jeune femme était plus perdu que tendu. Elle écarquillait ses jolis yeux bleu pâle de poupée de porcelaine. L'éclat du jour leur donnait la transparence des larmes.   Dans son espace secret, un labyrinthe de chair enclos sous la peau dorée et dans lequel le plaisir ne cessait de fuser. Le cri résonna en écho. Les chairs résistèrent, s'insurgèrent puis craquèrent et se fendirent en obéissant. Elle desserra les dents de son index meurtri, bleui par la morsure. Elle hurla encore une fois. Sa jouissance fut si forte que son cœur battit à se rompre. Alors Charlotte retira très lentement son poignet. Elle était suppliciée, extasiée, anéantie mais heureuse, détendue. Elle avait lâché prise sans aucune pudeur jusqu'aux limites de l'imaginable mais à aucun moment, elle s'était sentie menacée ni jugée. Au pays d'Éros, elle serait libre dorénavant. Elle écoutait, toujours renversée, brûlante et immobile, et il lui semblait que Juliette, par une étrange substitution, parlait à sa place. Comme si elle était, elle, dans son propre corps, et qu'elle eût éprouvé le désir, la honte, mais aussi le secret orgueil et le plaisir déchirant qu'elle éprouva à soumettre ce jeune corps. Même évanoui et nu, son secret ne tiendrait pas à son seul silence et ne dépendait pas d'elle. Charlotte ne pouvait, en aurait-elle eu envie, se permettre le moindre caprice, et c'était bien le sens de sa relation avec Juliette, sans s'avouer elle-même aussitôt, elle ne pouvait se permettre les actes les plus anodins, nager ou faire l'amour. Il lui était doux que ce lui fût interdit de s'appartenir ou de s'échapper. Elles décidèrent de retourner à Rome, pour oublier ce mensonge pour rien. Il lui sembla voir les choses reprendre enfin leur place. Elles avaient devant elle, deux semaines de soleil, de bonheur et de Rome. Elles entrèrent dans un jardin public. En un éclair, le monde se réorganisa alors et beaucoup d'omissions, longtemps obscures, devinrent explicables. Durant dix ou quinze jours, au lieu de disparaître dans l'oubli, l'éclipse prit fin et elles ressuscitèrent cet amour sans fin. C'était le retour de la beauté prodigue. Le désir refaisait son entrée sur la terre.   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 27/05/26
"Pour ses contemporains, si sa beauté glacée, immuable, demeure légendaire, attestée par de grands peintres, ce ne fut pas la seule arme de Diane. Elle a fait preuve de détermination et d’intelligence dans sa vie intime, mais de violence en politique contre les protestants". Femme de cœur et d’esprit, Diane de Poitiers a régné d’une main de fer sur la Cour de France durant le règne de deux Rois consécutifs. Faisant de sa beauté légendaire une arme de persuasion, elle appliqua sa devise dans tous les actes de sa vie. En Dame de la Renaissance accomplie, Diane gagna par son esprit le cœur du Sénéchal de Brézé, devenant ainsi l’une des premières dames du Royaume. Son sens aigu de l’honneur conduisit François Ier à écrire derrière l’un de ses portraits: "Belle à voir, honnête à hanter." C’est ainsi que la plus accomplie des femmes de France obtint la garde des enfants royaux à la mort de leur mère et entra dans le cercle privé du Roi pour ne plus en ressortir. Les années passant, l’affection du dauphin se transforma en une admiration sans borne, qui le conduisit à la déclarer "belle des belles" lors d’un tournoi, face à la rancunière Anne de Pisseleu qui n’aura dès lors qu’une ambition, anéantir Diane. À l’arrivée de Catherine de Médicis à la Cour, le Roi fit rappeler son amie afin qu’elle éduque la jeune dauphine aux coutumes de France. Celle-ci revint donc de son château dans lequel elle s’était retirée à la mort de son époux, avec pour couleurs le Noir et le Blanc. C’est ainsi que commencera une romance qui durera jusqu’à la mort d’Henry II. Sur la nature de ses relations avec Diane, les contemporains étaient partagés. Pour certains, la liaison était simplement platonique. Pour d’autres, Diane aurait été effectivement la maîtresse du roi, mais avec le temps et l’âge, le roi s’en serait lassé, ce qui expliquerait ses incartades avec Jane Stuart et Nicole de Savigny. Diane serait alors redevenue la confidente et l’amie des débuts. De façon certaine, Diane était la dame d’Henri, dame dans le sens des romans de chevalerie. À la cour de France, c’était la coutume qu’un jeune homme fasse le service à une dame avec l’accord de son mari. En retour, celle-ci devait l’édifier dans ses mœurs, lui apprendre la galanterie. C’est le rôle attribué à Diane par le roi François Ier lui-même, conformément à la tradition qui veut que ce soit un parent qui choisisse la maîtresse. Diane naquit le 31 décembre 1499, dans le château familial, au confluent de la Galure et du Rhône, dans le Dauphiné, à la lisière de la Provence. Elle reçut le prénom de Diane en l’honneur de la déesse de la chasse et de la lune qui brillait la nuit de sa naissance. Ses ancêtres étaient alliés à la plus haute noblesse du royaume. Ancienne famille du Dauphiné, son grand père obtint la ville et le château de Saint-Vallier. La famille était alliée aux Bourbons par sa mère. Les rois de France et de Bourgogne avaient donné le titre de Comte de Valentinois au chef de famille en 1125. Diane, enfant préférée de son père, partait avec lui à la chasse, avait son propre faucon à l’âge de six ans. Cavalière émérite, toute sa vie elle partira pour de longues balades à cheval. À la mort de sa mère, elle partit rejoindre la cour d’Anne de Beaujeu et de Louis XII, et apprit ainsi le latin, le grec, le théâtre, la danse, put consulter les chefs-d’œuvre classiques, apprendre la philosophie et la logique de Platon. Ce qu’elle apprit surtout, le mépris des intrigues, la dignité du rang à tenir, la noblesse du goût, l’art de la conversation, bref tout ce qui faisait une vraie dame de la Renaissance. Elle devint demoiselle d’honneur de la reine Anne, qui remarqua tôt les dispositions et le fort potentiel de Diane.    "Son rôle à la cour des Valois a marqué l’histoire de France. Au-delà de l’icône esthétique, trop réductrice, le roman vrai de Diane est celui d’une enfant née sous le règne de Louis XII, et qui portera toujours le nom de son père, Jean de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier. Outre son élégance et son charme, on vante ses bons conseils au côté de son époux Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie". Diane de Poitiers avait été demoiselle d’honneur de la future reine Claude, épouse de François 1er. Claude et Diane avait quinze ans lors de cette union. En 1515, eut lieu le couronnement du roi François 1er. Diane assistait au sacre, se retira avec la cour à Blois. Anne de Beaujeu décida de la marier avec Louis de Brézé, un Bourbon apparenté à sa famille, comte de Maulevrier, grand sénéchal de Normandie, petit-fils de Charles VII et d’Agnès Sorel, seigneur de Nogent-le-Roi, d’Anet. Diane avait quinze ans, Louis cinquante-deux ans mais les portait allègrement. Louis de Brézé était un chasseur riche et puissant, jouissant de l’estime de Louis XII et de François 1er. Par ce mariage, Diane atteignait un rang royal juste inférieur à celui de princesse. Diane avait le front haut, la peau blanche et pâle, les cheveux blonds, les yeux gris bleu, un nez droit, une petite bouche aux lèvres pleines et une silhouette élancée. Le 24 juillet 1524, la reine Claude s’éteignit alors que le roi était en campagne. À son retour, le roi confia la garde des enfants à Diane. Ce fut un grand honneur pour elle. François 1er fut fait prisonnier par Charles Quint. Sa mère Louise de Savoie prit les rênes du royaume, elle nomma Louis de Brézé gouverneur de la Normandie. Diane se trouvait à Rouen lors de la capture du roi, elle revient à la cour pour s’occuper des enfants, qui la connaissaient bien et l’appréciaient. Henri, d’habitude bouillant, avait les yeux noyés de larmes. Diane l’apercevant ainsi, sortit de la foule et lui dit des mots réconfortants. François 1er de retour en France, remonte le pays. À son arrivée à Rouen, le Grand Sénéchal lui remet les clés de la ville. Diane, pour accueillir le roi, avait changé les habitudes. Elle présenta au roi une nuée de demoiselles d’honneur vêtues de tuniques grecques. Satisfait, le roi décida de s’arrêter à Anet. Lors de son séjour, Diane fut alors très présente auprès de lui. Conquis par la droiture, l’intelligence et la culture de Diane, le roi lui offrit une nouvelle place à la cour, celle de dame d’honneur de la mère Louise de Savoie. Lors des fêtes qui eurent lieu à l’occasion de l’entrée de la nouvelle reine dans Paris et du mariage du roi et du retour des princes, les princes participaient à leur premier tournoi. Ils devaient choisir une dame pour laquelle ils livreraient bataille. C’est ainsi qu’Henri s’arrêta devant Diane et la choisit à la surprise générale. Diane y vit une reconnaissance de la part du prince pour le réconfort qu’elle lui avait apporté avant sa captivité. Les princes gagnèrent le tournoi. Puis il y eut l’élection de la "belle parmi les belles": la reine Eléonore, la maîtresse du roi Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers. Le résultat des votes: égalité entre Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers. Elle a le nom d'une déesse et elle en porta le flambeau à ravir.   "Elle est Dame de beauté, attisant la jalousie de bien d'autres femmes et notamment celle d'Anne de Pisseleu, la favorite de François Ier et bien sûr celle de Catherine de Médicis, la Florentine. Elle fut tout pour le roi Henri II: une mère, une perceptrice, une amie sincère mais surtout une amante passionnée". La maîtresse du roi fut particulièrement vexée et en voulut à vie à Diane, fit tout pour l’anéantir. La rancune féminine fut très tenace. Louis de Brézé s’éteignit à soixante-huit ans en juillet 1531. Diane commanda au sculpteur Goujon une tombe monumentale. Dix-sept ans de vie commune heureuse. Diane ne porterait plus que du noir agrémenté de touches blanches. À ses armoiries, elle rajouta le symbole d’une veuve, une torche tournée vers le bas, d’où sa devise. "Celui qui m’enflamme a le pouvoir de m’éteindre." Pourquoi allait-elle s’habiller ainsi tout le restant de sa vie ? À trente et un ans, elle affichait une parfaite assurance, sa condition de veuve lui laissait une liberté exceptionnelle pour une personne de son sexe à l’époque. Le secret de son charme. Son hygiène de vie, elle se lavait à l’eau claire, prenait par tout temps un bain d’eau glacée, pas de cosmétiques, un bouillon, trois heures de cheval le matin à vive allure, une collation à midi, règlement de ses affaires des domaines, les audiences, dÎner à dix-huit heures et au lit. Pas de soleil, une peau toujours blanche, vêtue de soie, deux boucles de cheveux s’échappaient d’une résille en fils de soie noirs parsemés de perles, elle attachait à ses épaules des rangs de perles se croisant sur un corsage de velours noir pourvu d’un profond décolleté, pierres précieuses à sa taille. C’est elle qui dicta la mode de son temps. Certains biographes ont admis que Diane fut la maîtresse de deux rois, François 1er et Henri II, mais ce n’est que pure fantaisie. Diane dut faire face à l’agressivité et la haine de la maitresse du roi. Anne de Pisseleu se rendait compte que le roi appréciait beaucoup Diane, elle encouragea un groupe de diffamateurs afin de diffuser des épigrammes calomnieuses. Le plus célèbre fut un poète champenois Jean Voulté qui publia trois épigrammes injurieuses "contre la Poitiers, vieillarde de la Cour." Ces poèmes étaient rédigés en latin mais les traductions ne tardèrent pas à paraître. Il y avait ainsi deux camps. Celui de la maîtresse du roi avec les profiteurs et celui de Diane avec les gens qui l’appréciaient sincèrement. Diane sentit vraiment le danger, elle était devenue une proie. C’est à ce moment que le prince Henri se chargea de la défendre et devant la cour entière, il réitéra son serment de dévotion à Diane. Diane et Henri défendait l’Eglise Catholique. Ainsi commençait l’une des liaisons royales les plus constantes et les plus inattendues de l’Histoire de France. Henri se mit à rayonner de bonheur grâce à la présence constante de Diane à ses côtés. Diane de Poitiers, certes, tient son pouvoir de l'amour que lui porte le roi Henri II, mais elle n'est pas une "prêtresse du plaisir". Elle personnifie pour des générations la beauté inaltérable et la longévité de l'amour, et elle réussit avec maîtrise à conserver sa dignité. Un jeune roi qui pourrait être son fils lui dédie sa vie, lui écrit des lettres enflammées, veux tout ce qu'elle veut, la traite en plus que Rennes. Elle n'éprouve ni vertige, ni enivrement, ni même joie frivole. Aucune lettre, et elle a pourtant beaucoup écrit, ne livre son cœur. Faut-il y voir de l'héroïsme ? Une carence des sources historiques ? Ou tout simplement prudence et respect des conventions ? Dans le peloton de tête des maîtresses royales, Diane de Poitiers invente un modèle de décence et de respectabilité. Elle n'est pas une femme légère comme le diront ses ennemis, mais Sénéchale de Normandie, duchesse de Valentinois, l'héritière d'une très vieille noble famille.   "Il faut aussi rappeler que Diane est un cas unique de préservation quasi maniaque de la beauté féminine. Son hygiène de vie est très en avance sur son époque. Elle modère son appétit, car elle a tendance à prendre des formes comme la plupart de ses contemporaines, dort beaucoup, ne se lave qu’à l’eau froide et l’on parlera longtemps du "bain de Diane" à Chenonceau". Diane découvrit avec Henri le plaisir que procure un amant adolescent, elle lui transmit toutes ses connaissances acquises au côté du parfait homme du monde qu’était Louis de Brézé. Diane ne calcula pas sa fortune, elle ne chercha pas l’amour d’Henri, mais elle fit tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas le laisser s’éteindre, elle le retint par la puissance de son esprit et par son intelligence. En revanche, elle devait vivre au sein d’un ménage à trois: le roi, la reine et la maîtresse, comme il était de coutume. Diane et Catherine devaient se "serrer les coudes." L’une implorerait le roi, l’autre s’occuperait du dauphin. Elle prit même Catherine à part, lui parla avec douceur, lui expliqua l’art de faire l’amour. Certains soirs, Diane envoyait Henri chez son épouse. Finalement, en janvier 1544, le miracle se produisit, grâce aux pilules des médecins ou aux conseils de Diane, Catherine donnait naissance à un petit garçon, le futur François II. Henri offrit à Diane une somme d'argent pour la remercier de son assistance auprès de la dauphine Catherine. Diane avait su se rendre utile, une fois de plus. Fin mars 1547, François I er rmourut, Henri II avait vingt-huit ans, Diane, quarante-sept. La révolution dans le palais eut lieu. Anne de Montmorency fut rappelé et nommé à la tête du Conseil privé. Henri réclama les joyaux du trésor royal et les offrit à Diane, elle recevait en plus la clé de la chambre forte. Il s’empara également de la maison que la maîtresse de François 1er Anne de Pisseleu détenait et en fit cadeau à Diane en reconnaissance de sa passion. Diane s’intéressait de près au gouvernement, désirait comprendre le fonctionnement des finances du royaume, à la confiscation des biens. Pour la remercier et lui prouver son amour, Henri II lui offrit le plus beau château de la Loire, Chenonceau en 1550. Le Culte de Diane était en marche. Partout, Henri II fit dessiner les attributs de Diane. Lors des fêtes données en l’honneur du roi à Lyon en septembre 1548, tout fut de couleur noire et blanche. Les uniformes des soldats, les rubans, les tuniques des amazones qui défilaient, les tapis des chevaux. Alors, c’est au cours de ces cérémonies que Diane devint Duchesse de Valentinois. Elle parvenait ainsi à la plus haute dignité à la cour du roi. Le temps passé à Anet fut riche pour Henri et Diane. Des heures à cheval de bon matin, des parties de chasse trépidantes, de magnifiques banquets clôturaient les soirées. Diane fit construire un jeu de paume dans son domaine, Henri étant un fervent amateur de ce jeu. Henri fit faire des portraits de sa favorite. C’est de cette époque là que la tradition des portraits au bain est remise à l’honneur. Diane conserva sa beauté grâce à son bon sens. Plus tard, Diane s’occupa d’Anet et de Chenonceau en introduisant des plantes nouvelles dans les jardins, jusqu’à ce que le pape fasse appel à elle pour convaincre le roi, qu’il fallait conclure la paix avec l’Espagne.    "Confiante dans la nature, elle se méfie des fards et autres onguents qui pourraient altérer sa peau blanche. Et par discipline, cette excellente cavalière, toujours levée tôt, monte à cheval tous les matins. Son seul ennemi est l’âge et elle l’affronte avec autant d’intelligence que de soins". Une trêve avec l’Espagne fut décrétée, mais les Guise appelaient au combat. Henri, Diane et Montmorency formaient un triumvirat contre les Guise. Tous les trois aspiraient à la paix. Plusieurs mariages eurent lieu entre 1558 et 1559, avec de grandes fêtes où le roi participerait à des joutes. Le troisième jour des joutes survint l’accident du roi. Le fragment avait pénétré l’œil droit jusque dans le crâne pour ressortir par la tempe à la hauteur de l’oreille. Un autre éclat avait transpercé la gorge. Diane voulu enjamber les palissades, mais n’y réussissait pas. C’est la première fois que Diane se sentit totalement impuissante. Elle regagna sa maison dans les environs. Diane de Poitiers avait privé Catherine de son mari au su et au vu de tout le monde. À l’arrivée du courrier envoyé par la reine, elle rendit les bijoux de la couronne accompagnés d’un inventaire méticuleux. François II ajoutait à sa demande le bannissement de Diane de la Cour ainsi que celle de sa fille Françoise et son époux. Lors des funérailles, n’ayant pas reçu d’invitations, elle regarda le cortège de l’une de ses fenêtres. L’effigie du roi ne portait pas le blanc et noir, pas de croissants de lune, le chiffre HD n’apparaissait pas sur le harnais du cheval du roi. Diane ne fut pas arrêtée, grâce aux alliés de grandes familles qu’elle s’était fait. La reine ne pouvait pas se mettre à dos tout le monde, elle la bannit au château d’Anet, mais soucieuse de ménager ses alliés, la reine lui offrit Chaumont-sur-Loire en échange de Chenonceau. À l’aube de ses soixante ans, Diane était encore une belle femme, jouissant d’une bonne condition physique, malgré un accident de cheval qui lui fractura la jambe, elle venait d’avoir soixante-quatre ans. Deux ans plus tard, après une brève et grave maladie, elle s’éteignit le 25 avril 1566 dans son château d’Anet. Elle avait réparti son immense fortune entre ses deux filles et assura des legs à un certain nombre de couvents. Elle fut enterrée dans la chapelle funéraire qu’elle avait fait construire près du château. Les révolutionnaires français, en 1795, ouvrirent le tombeau et ceux de deux de ses petites-filles inhumées auprès d'elle, et jetèrent ses restes dans la fosse commune. En 2008, les restes de la favorite furent exhumés. L’autopsie révèla beaucoup plus de concentration d’or dans ses restes qu’à la normale. Il n’y avait pas de raison puisqu’elle n’était pas la reine et ne portait pas de couronne. Les scientifiques déduisèrent que Diane, voulant rester jeune durant toute sa vie, avait absorbé de l’or potable chaque jour, tous les matins, afin de garder sa beauté. Cette quantité d’or l’aurait empoisonné petit à petit tous les jours et serait la cause de la fracture de sa jambe au cours de la chute de cheval survenue en 1565 et cela aurait entraîné sa mort. Le 29 mai 2010, les restes de Diane de Poitiers inaugurent à nouveau la chapelle du château d'Anet. Dans l'histoire des favorites royales, Diane de Poitiers occupe une place très singulière. De vingt ans l'aînée du roi, elle l'a accompagnée de sa naissance jusqu'à sa mort, occupant successivement tous les rôles: éducatrice, amoureuse inaccessible, maîtresse irrésistible et sensuelle, amie très fidèle, conseillère politique, et muse inspiratrice. Elle mérite le titre de "reine des favorites." "Celui qui m'enflamme à le pouvoir de m'éteindre."    "Nul plat venu d'ailleurs, irriguer ses veines avec ses fruits". Femme à l’intelligence intuitive et toujours bonne conseillère parce qu’érudite, amoureuse des arts et de la littérature, au goût sûr et dont le château d’Anet serait le symbole, ou créature dure et méchante, altière voire cynique qui aurait abusé de son second royal amant, le fils du premier, Henri II, avant qu’il ne devienne roi, puis lorsqu’il fut à la tête de la France, le tout pour s’enrichir, amasser, acquérir terres et châteaux, et principalement sur le dos des protestants qu’elle aurait haïs et qu’elle aurait dénoncés à la justice pour en obtenir les biens. Femme envoûtante par son charme, sa beauté et son parler ou sorcière invétérée qui utilisait autant la magie pour conserver sa jeunesse que pour ensorceler ses amants, notamment Henri II qui, selon les dires de plusieurs historiens, n’aurait jamais regardé une autre femme qu’elle durant toute sa vie d’homme, malgré une différence d’âge de près de vingt ans. Enfin, cette fin longue et silencieuse d’une favorite déchue après la mort d’Henri II, chassée comme une malpropre par sa rivale Catherine de Médicis, l’épouse trompée qui pouvait enfin se venger. Un calvaire qui aurait duré sept ans. Oui, tout a été dit sur elle, et la plupart de ces affirmations sont fausses ou erronées. De la vie de Diane de Poitiers avant le procès de son père nous ne savons rien ou presque, sinon qu’elle avait grandi à la cour dans l’entourage de Claude de France. À quatorze ans, elle épousa un homme plus âgé qu’elle de trente-cinq ans et lui donna deux filles. Elle ne fut jamais la maîtresse de François Ier pour sauver la tête de Jean de Poitiers, ni après, malgré les dires des historiens protestants de la fin du XVIe siècle qui répandirent cette légende. Elle ne fut pas non plus du voyage lorsque Henri partit en 1526 prendre la place de son père en prison, avec son frère. L’enfant qui n’avait pas six ans n’en tomba donc pas fou amoureux ! Mais elle devint sa maîtresse, effectivement, vers 1538, six ans après avoir enterré son époux à Rouen. Jamais les rivalités entre elle et Anne de Pisseleu, maîtresse de François Ier, que tant d’historiens colportent encore n’ont eu les résonances politiques qu’on leur prête. Jamais elle ne gouverna la France tant sous François Ier que sous Henri II, quoi qu’en disent d’autres. Elle ne fut jamais au Conseil et n’eut à la cour pour emploi que celui de gouvernante des enfants du roi, une charge qu’elle exerçait avec le soutien du seigneur d’Humières et de son épouse. Jamais elle ne servit de modèle nu aux artistes de son temps et les Dianes d’Anet ne sont pas son portrait. Le bronze est une création de Cellini qui représentait la nymphe de Fontainebleau et qui devait décorer la porte Dorée. Elle ne plut pas à François Ier. Henri II la donna plus tard à Diane qui la plaça à l’entrée de son château. Jean Goujon en reprit le motif pour en faire la sculpture. Enfin, outre qu’elle ne fut jamais sorcière et que, si elle prit soin d’elle, elle n’inventa pas pour autant l’hydrothérapie comme on l’affirme depuis le XIXe siècle, elle ne fut pas non plus délaissée, comme on le dit partout, à la mort d’Henri II en 1559. Si elle quitta la cour et ses emplois, elle garda des liens étroits avec ceux qui l’avaient entourée : le connétable Anne de Montmorency et les ducs de Guise et de Bourbon, soit les personnages les plus importants du royaume. Enfin, elle ne vécut pas recluse dans son château puisqu’elle faisait de fréquents séjours à Paris. Elle décéda à soixante-sept ans, peut-être après une mauvaise chute de cheval à Orléans. Elle ne fut pas inhumée auprès de son époux, mais dans la chapelle d’Anet, qui fut effectivement le lieu de ses amours avec le roi Henri. Un tombeau qui fut pillé sous la Révolution mais qui fut en partie sauvé et reconstitué depuis, là où il avait été souhaité.     Bibliographie et références:   - Françoise Bardon, "Diane de Poitiers et le mythe de Diane" - Édouard Bourciez, "Les Mœurs polies et la littérature de cour sous Henri II" - Monique Chatenet, "La cour de France au XVI ème siècle" - Ivan Cloulas, "Diane de Poitiers" - Nathalie Grande, "Diane de Poitiers" - Didier Le Fur, "Diane de Poitiers" - Jean Hippolyte Mariéjol, "Catherine de Médicis" - Olivier Pot, "Le mythe de Diane chez Du Bellay" - Jean-François Solnont, "Henri II et Diane de Poitiers" - Patricia Z. Thompson, "De nouveaux aperçus sur la vie de Diane de Poitiers" - Alice Tacaille, "Un curieux hommage musical à Diane de Poitiers" - Éliane Viennot, "Diane parmi les figures du pouvoir féminin" - Henri Zerner, "Diane de Poitiers, maîtresse de son image"   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 26/05/26
  Élise resta derrière elle quelques secondes encore, laissant le silence peser autant que sa présence. Puis la première frappe tomba. Pas violente. Précise. Céline sursauta malgré elle contre les draps, le souffle brusquement coupé. Élise posa immédiatement une main ferme au creux de ses reins. — Respire. Sa voix gardait ce calme troublant, cette maîtrise parfaite qui rendait chaque geste plus intense encore. Une seconde frappe suivit. Puis une autre. Alternant toujours entre rigueur et douceur. Parfois la paume chaude de sa main venait apaiser la brûlure légère laissée sur la peau de Céline. Parfois la cravache sifflait brièvement dans l’air avant de rappeler l’autorité d’Élise. Jamais au hasard. Tout semblait calculé pour maintenir Céline dans cet état fragile entre appréhension et abandon. — Tu apprends vite, murmura Élise. Le compliment fit presque plus d’effet que la punition elle-même. Élise le sentit immédiatement. Évidemment. Elle se pencha alors contre son oreille, une main glissant lentement dans les cheveux de Céline pour lui faire relever légèrement la tête. — Ce que j’exige de toi… ce n’est pas la souffrance. Sa voix était basse. Intime. — C’est la confiance. Le tonnerre gronda au loin tandis que la pluie continuait de battre les vitres de la cabane. Puis Élise se redressa lentement derrière elle. Céline entendit le bruit du cuir. Des attaches. Le froissement maîtrisé de gestes préparés depuis longtemps. Son cœur accéléra immédiatement. Élise revint près du lit avec ce calme implacable qui la rendait encore plus impressionnante. Sa main glissa une nouvelle fois le long du dos de Céline avant de s’arrêter à sa nuque. — Regarde-moi. Quand Céline tourna finalement la tête vers elle, Élise soutint son regard sans faiblir. Dominante. Sûre d’elle. Et pourtant étrangement attentive à chacune de ses réactions. — Tu peux encore dire non. La phrase suspendit tout le reste. Le feu. La pluie. La tension. Seulement elles deux dans la lumière chaude de la chambre. Et Céline comprit alors que c’était précisément cette possibilité-là qui rendait Élise si dangereusement impossible à quitter.Élise attendit. Une seconde. Peut-être deux. Assez longtemps pour que Céline comprenne pleinement ce qu’elle acceptait en restant immobile sous son regard. Puis Élise posa lentement une main contre sa hanche. Ferme. Stable. Le contrôle absolu jusque dans la manière de la toucher. Quand elle attira finalement Céline contre elle, le mouvement fut brusque assez pour lui arracher un souffle surpris, mais immédiatement suivi de cette présence rassurante qu’Élise imposait sans effort. Céline se crispa malgré elle. Élise sentit aussitôt la tension traverser son corps. Sa main remonta doucement le long de son dos. — Respire. Le murmure était presque tendre cette fois. La pluie battait toujours les fenêtres de la cabane pendant qu’Élise maintenait Céline contre elle avec une assurance implacable, alternant autorité et patience, laissant à chaque instant le temps de sentir… d’accepter… de céder un peu plus. Le front d’Élise vint se poser brièvement contre sa nuque humide. — Voilà… Sa voix vibrait bassement contre sa peau. — Ne lutte plus contre moi. Céline sentit alors quelque chose changer en elle. Pas seulement le désir. Pas seulement la peur. La sensation troublante d’être entièrement vue. Et de continuer malgré tout à vouloir rester entre les mains d’Élise. Élise garda Céline contre elle longtemps, sans précipitation. Le rythme qu’elle imposait semblait moins guidé par le désir brut que par cette volonté constante de la pousser jusqu’à ses limites émotionnelles. Chaque mouvement, chaque respiration contre sa peau, chaque ordre murmuré participait au même vertige. Céline finit par perdre toute notion du temps. Il ne restait plus que la chaleur. Le feu qui crépitait en bas. La pluie contre les vitres. Et Élise. Toujours Élise. Quand ses forces commencèrent enfin à céder, Élise ralentit aussitôt. Sa main glissa dans les cheveux de Céline avec une douceur inattendue avant qu’elle ne la fasse lentement se retourner vers elle. Leurs regards se croisèrent immédiatement. Et cette fois, Céline ne détourna pas les yeux. Élise immobilisa ses poignets au-dessus d’elle sans brutalité, simplement pour maintenir cette connexion impossible à fuir. — Voilà, murmura-t-elle. Son visage n’était plus qu’à quelques centimètres du sien désormais. Dominante, oui. Mais plus froide. Quelque chose d’autre passait dans ses yeux à cet instant. Une intensité presque troublante. Comme si voir Céline céder complètement avait fissuré sa propre maîtrise. Le souffle de Céline trembla légèrement. Élise effleura sa joue du bout des doigts. — Tu comprends maintenant pourquoi tu reviens toujours. Ce n’était pas une question. Céline sentit alors cette vérité lui couper le souffle plus sûrement que tout le reste : ce n’était plus seulement le pouvoir d’Élise qui l’attirait. C’était la sensation terrifiante d’être désirée entièrement. Sans retenue. Sans échappatoire.   Le silence retomba lentement dans la chambre. La pluie semblait enfin faiblir dehors, remplacée par le crépitement régulier du feu au rez-de-chaussée. Élise observa Céline quelques instants encore, allongée face à elle, épuisée autant émotionnellement que physiquement. Puis, avec ce calme implacable qui ne la quittait jamais, elle passa doucement une main contre sa joue. — Bien. Un seul mot. Mais Céline sentit immédiatement cette chaleur familière envahir sa poitrine. Élise relâcha ensuite ses poignets avant de se lever du lit avec lenteur. — Maintenant, tu vas tout remettre en ordre. Céline releva légèrement les yeux vers elle. Élise récupérait déjà ses vêtements avec une élégance presque dérangeante après toute l’intensité des dernières heures. — La discipline ne s’arrête pas quand le jeu est terminé, murmura-t-elle. Sa voix n’était plus dure désormais. Simplement exigeante. Céline se leva à son tour malgré ses jambes encore tremblantes et commença à ranger la chambre en silence. Les draps froissés. Les vêtements abandonnés au sol. Les accessoires laissés près du fauteuil. Élise la regardait faire depuis la porte, les bras croisés. Attentive. Observatrice. Comme si chacun des gestes de Céline confirmait quelque chose qu’elle savait déjà. Quand tout fut enfin parfaitement remis en place, Céline s’arrêta devant elle sans savoir quoi dire. Élise s’approcha alors lentement. Très lentement. Puis ses doigts vinrent replacer une mèche humide derrière l’oreille de Céline avec une douceur inattendue. — Je suis fière de toi. Le souffle de Céline se bloqua immédiatement. Parce qu’après tout le reste, ces mots-là étaient probablement les plus dangereux. Élise esquissa un léger sourire en voyant l’effet produit. — Habille-toi maintenant. Céline obéit en silence, encore troublée par cette proximité étrange entre autorité et tendresse. Lorsqu’elle eut terminé, Élise ouvrit finalement la porte de la chambre. L’orage semblait presque terminé. Avant de descendre l’escalier, elle se retourna une dernière fois vers Céline. Son regard brillait doucement dans la lumière chaude de la cabane. — La prochaine fois sera… intéressante. Une pause. Puis ce sourire. Calme. Mystérieux. Parfaitement maîtrisé. — Et je pense que tu commenceras enfin à comprendre jusqu’où tu es prête à aller pour moi.
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Par : le 26/05/26
  Le silence dura longtemps après ces mots. Céline restait debout devant elle, immobile malgré la pluie qui battait encore les fenêtres de la cabane. Le feu diffusait une chaleur lente qui faisait monter une légère buée sur sa peau humide. Élise ne la quittait pas des yeux. — Enlève ta veste. L’ordre fut donné sans dureté. Presque calmement. Céline sentit pourtant son cœur accélérer immédiatement. Ses doigts tremblaient légèrement lorsqu’elle défit la fermeture de sa veste détrempée pour la laisser glisser au sol près de la porte. Élise observa chaque mouvement. — Tu réfléchis trop. Céline releva les yeux. — Je… — Tu veux toujours savoir ce que tu dois ressentir avant de te laisser aller à le ressentir. Sa voix était basse, posée, terriblement assurée. Élise se leva lentement du fauteuil et s’approcha d’elle jusqu’à ce que quelques centimètres seulement les séparent. — C’est épuisant, tu sais. Le ton n’était pas moqueur. Pire. Compréhensif. Céline sentit cette douceur inattendue fissurer quelque chose en elle. Élise passa une main dans ses cheveux humides avant de les repousser lentement derrière son oreille. — Regarde-toi. Elle désigna vaguement la pièce autour d’elles. — Tu es entrée ici comme quelqu’un prêt à se battre contre tout. Puis tu attends chacun de mes mots comme s’ils pouvaient t’autoriser à respirer. Le souffle de Céline vacilla légèrement. Parce qu’Élise avait raison. Et qu’elle le savait depuis le début. La pluie redoubla dehors. Élise recula finalement de quelques pas avant de reprendre place près du feu. — Approche encore. Céline obéit. — À genoux. Cette fois, la chaleur du tapis près du poêle contrastait avec l’humidité glacée de la forêt, mais elle sentit tout de même un frisson lui parcourir l’échine en s’agenouillant devant elle. Élise posa un coude contre l’accoudoir du fauteuil, observant Céline avec une intensité tranquille. — Tu sais ce que j’aime le plus chez toi ? Céline secoua faiblement la tête. Le coin des lèvres d’Élise se souleva légèrement. — Le moment exact où tu cesses de résister. Le silence qui suivit sembla se resserrer autour d’elles. Puis Élise tendit la main. Pas pour imposer. Pas pour retenir. Simplement ouverte devant elle. Céline hésita une fraction de seconde avant d’y déposer ses doigts. Élise referma lentement sa main autour de la sienne. Et ce simple contact fut presque plus déstabilisant que tout le reste. — Voilà, murmura-t-elle. Son pouce caressait distraitement les jointures de Céline pendant que le feu crépitait doucement derrière elles. — Tu vois la différence maintenant ? — Quelle différence… ? Élise pencha légèrement la tête. — Entre obéir parce qu’on te le demande… et obéir parce que tu en as envie. Céline sentit sa gorge se serrer. Car elle comprenait enfin ce qu’Élise cherchait depuis le début. Ce n’était pas le contrôle. C’était le choix. Le sien. Et cette réalisation était infiniment plus dangereuse.   La chambre à l’étage était encore plus silencieuse que le reste de la cabane. Le bruit de la pluie semblait lointain désormais, étouffé par les murs de bois et la chaleur du feu qui montait depuis le rez-de-chaussée. Céline s’arrêta près du lit sans oser bouger davantage. Élise referma doucement la porte derrière elles. Le déclic résonna dans son ventre comme un avertissement. — Tu as désobéi tout à l’heure. La voix d’Élise était calme. Bien plus calme que si elle avait crié. Céline sentit immédiatement la tension revenir dans tout son corps. — Quand tu as baissé les yeux. Elle s’approcha lentement derrière elle. — Je t’avais pourtant donné une consigne simple. Le souffle d’Élise effleura sa nuque. Céline ferma brièvement les yeux. — Alors ce soir, tu vas apprendre à rester immobile… et à écouter. Les doigts d’Élise glissèrent lentement le long de ses bras avant de s’arrêter contre ses poignets. — Sur le lit. Céline obéit en silence, le cœur battant si fort qu’elle avait l’impression qu’Élise pouvait l’entendre. La lumière chaude de la lampe dessinait des ombres mouvantes sur les draps sombres pendant qu’elle s’allongeait lentement. Vulnérable. Exposée. Et parfaitement consciente du regard posé sur elle. Élise resta debout derrière quelques secondes sans parler. Ce silence faisait partie de la punition. Céline le comprenait maintenant. L’attente. L’incertitude. Le besoin presque douloureux d’entendre enfin sa voix. Puis la main d’Élise vint se poser contre le bas de son dos avec une lenteur calculée. Ferme. Possessive. Rassurante malgré tout. — Tu trembles encore. Céline sentit ses joues chauffer. — Oui, Madame… Élise passa doucement ses doigts le long de sa colonne vertébrale, assez lentement pour lui arracher un frisson immédiat. — Et pourtant tu es restée. Le murmure était tout près de son oreille désormais. — Malgré la peur. Malgré moi. Le silence revint une seconde. Puis Élise ajouta, plus bas encore : — C’est exactement pour ça que tu dois apprendre la discipline. Céline serra les draps entre ses doigts. Élise pouvait sentir chacune de ses réactions. Chaque souffle trop court. Chaque tension. Et elle semblait toutes les contrôler sans effort. — Ne bouge pas. Cette fois, Céline resta parfaitement immobile lorsque la main d’Élise remonta lentement le long de son dos jusqu’à sa nuque. Une pause. Puis, enfin : — Bien. Un seul mot. Mais Céline sentit malgré elle cette chaleur dangereuse revenir dans sa poitrine à l’entente de cette approbation. Élise eut un léger rire derrière elle. Comme si elle venait encore de lire dans ses pensées.
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Par : le 26/05/26
L'événement déclencheur a été lorsque mon maitre a saisi mon téléphone, m'a immortalisé en me demandant de poser et a diffusé ces images à l'ensemble de mes contacts, accompagnées d'un message exprimant mon souhait d'explorer ma nouvelle sexualité et en invitant ceux qui le désiraient à se joindre à moi. En faisant bien comprendre que j'étais soumise avec l'intention de devenir une esclave sexuelle et que j'aspirais à être maltraitée. Sur ces images, je suis à quatre pattes, assise les cuisses écartées, à genoux avec la bouche grande ouverte et la langue sortie, et on me voyait également dans les toilettes embrassant la cuvette. De nombreux contacts m'ont tout simplement retiré de leur liste, certains ont répondu presque immédiatement pour exprimer leur surprise et s'assurer que tout allait bien, tandis que d'autres ont voulu en profiter au plus vite. Depuis ce moment, j'ai gardé plusieurs amis qui sont désormais pour moi des alliés me soutenant dans ma soumission et ma dépravation. Certains n'ont jamais su se comporter ainsi avec une femme, ils ont profité de moi et je leur suis toujours reconnaissante à genoux. Il s'agit aussi bien d'hommes que de femmes, certaines d'entre elles ne sont pas bisexuelles mais lesbiennes et elles apprécient me maltraiter par exemple. Mon domicile est aussi considéré comme leur résidence secondaire, elles peuvent y accéder à tout moment, même en mon absence, pour me faire une surprise par exemple. Tous les participants au jeu détiennent une copie de mes clés. Je suis également en contact avec eux par téléphone ou de toute autre manière. Quelques-uns de mes collègues tirent également avantage de ma présence, même sur le lieu de travail. Cependant, ceux qui ne le font pas ne se manifestent pas, ils demeurent indifférents et je préfère ne pas les importuner à ce sujet. Je me sens réellement bien dans cette nouvelle existence, je ressens une véritable sensation d'infériorité et c'est pour moi une délivrance.    
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