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La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM.
Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices.
Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Madame V conduisit ses chiennes à travers les derniers couloirs du club, s'enfonçant vers les salles les plus reculées, les plus intimes. Marcus rampait derrière elle, le cœur battant, l'esprit en ébullition. Il essayait d'imaginer ce qui l'attendait, sa tête s'emplissant des scénarios les plus pervers. Peut-être serait-il de nouveau suspendu à un anneau, offert aux coups de fouet. Peut-être serait-il attaché à une table, exposé, vulnérable. Peut-être serait-il forcé de servir, de lécher, de supplier. Chaque image le faisait frissonner, à la fois terrifié et excité.
La salle où Madame V les conduisit était sobre mais intimidante. Au centre, un banc de bois massif, équipé d'attaches aux pieds et aux poignets. Des coussins de cuir étaient disposés sur le sol. Contre un mur était fixée une croix de Saint André attendant sa prochaine victime. L'éclairage était tamisé, des bougies vacillantes projetant des ombres dansantes sur les murs de pierre.
Madame V s'arrêta, se tourna vers ses chiennes.
"La brune. Sur le banc."
Marcus obéit, s'approcha du banc, se coucha sur le ventre. La soumise blonde s'approcha de lui, aidant Madame V à l'attacher solidement. Les attaches de cuir s'enroulaient autour de ses poignets, de ses chevilles, le maintenant immobile, offert.
Madame V posa un coussin sous son bassin, le faisant cambrer davantage, ses fesses en l'air, son anus exposé.
"Parfait", dit-elle. "Comme ça, il est bien ouvert."
Elle cracha sur le cul de Marcus, un geste délibéré, humiliant.
"Maintenant, ma chienne blonde, tu vas bien lui lubrifier la rondelle. Et tu vas t'appliquer. Je veux qu'il soit prêt."
La soumise s'approcha, s'agenouilla derrière Marcus. Il sentit sa langue sur son anus, chaude, humide, insistante. Elle léchait, suçait, ouvrait doucement, un geste expert qui le fit gémir.
Parfois, sa langue s'aventurait plus profondément, l'ouvrant davantage. Puis ce furent ses doigts, un, puis deux, puis trois, qui fouillaient, qui écartaient, qui préparaient.
Marcus gémissait, sa voix étouffée par les coussins. Ces gémissements étaient accompagnés d'insultes de la part de Madame V qui voulait lui rappeler encore plus sa nature de salope. Il se sentait vulnérable, exposé, mais il adorait ça.
Madame V observa un moment, puis hocha la tête.
"Assez. Elle est prête."
Elle s'approcha de la soumise, lui tendit un gode ceinture.
"Je veux que la chienne victorieuse baise la chienne perdante. Fais-lui comprendre ce que c'est que de perdre."
La soumise enfila le harnais, ajusta le gode. Puis elle s'approcha de Marcus, le guide se posant contre son anus.
Elle s'engagea en lui avec une lenteur calculée, un mouvement profond, maîtrisé. Marcus sentit la plénitude l'envahir, le remplir, le posséder. Il gémit, se cambra, s'ouvrant davantage.
La soumise le prit pendant de longues minutes, un rythme régulier, intense. Parfois, un filet de salive s'écoulait le long de l'échine dorsale de Marcus, une caresse humide qui le faisait frissonner.
Madame V regardait, ses yeux brillants. Elle était mouillée, excitée par le spectacle. Elle enleva son string, trempé de son désir, et le fourra dans la bouche de Marcus.
"Garde ça", dit-elle. "Tu vas goûter à mon excitation."
Marcus garda le string dans sa bouche, sentant l'odeur, le goût, l'humiliation.
Madame V s'assit sur le banc, écarta les jambes.
"Maintenant, la blonde. Tu peux te reposer. Viens ici. Tu vas me sucer."
La soumise s'approcha, s'agenouilla devant Madame V, sa tête entre ses cuisses. Marcus assista, impuissant, à la scène, ses yeux fixés sur le spectacle. Son cul encore bien ouvert se rapelais les coups de rein de cette blonde qui s'appliquait à procurer du plaisir à Madame V. Il avait une superbe vue de la chatte de la soumise qui ruisselait litteralement.
Quand Madame V jouit plusieurs fois, elle se leva, attira la soumise blonde vers la croix de Saint-André .
"C'est à mon tour de m'amuser", dit-elle.
Elle attacha la soumise à la croix, les bras écartés, les jambes ouvertes, offerte. Puis elle libéra Marcus.
"Toi, tu vas me baiser", dit-elle. "Cette scène m'a bien chauffée."
Elle s'approcha de lui, ses mains glissant sur son corps, ses lèvres contre les siennes. Elle le détacha. Il la prit, là, debout, ses mains sur ses hanches, son corps contre le sien. Bien qu'elle s'abandonnât à lui, un doigt venait parfois le pénétrer pour lui rappeler qui était la maîtresse. Il la penetra de ce gland qui n'attendait que ça depuis un moment. Un élan de passion intense les saisit, un moment où ils se perdirent l'un dans l'autre, oubliant le monde. Il était son amant mais aussi son soumis. Les rales de plaisir de Madame V ne pouvaient pas changer cela.
Quand ils eurent terminé, ils restèrent un instant enlacés. Madame V caressa les cheveux de Marcus, un geste doux, apaisant. L'aftercare.
"Bien", dit-elle. "Tu as été bon."
Elle se tourna vers la soumise blonde, la détacha de la croix, puis attacha Marcus à sa place.
"Toi, tu vas rester là. C'est pour te remettre en condition pour Isabelle."
Elle s'approcha de la soumise blonde, la prit contre le banc, et s'offrit à elle un moment intense, un jeu de plaisir partagé que Marcus observa avec un mélange de jalousie et d'excitation.
La soumise blonde était très excitée et on le voyait par ce filet brillant qui lui échappait. Madame V recupera de cette mouille abondante et lui fit sucer. Ensuite, les deux femmes partent dans une série de baisers, d'abord sur la bouche, puis qui descendent toujours plus bas. Elles finirent en 69. Les langues expertes déclenchaient chez chacune d'elles des gémissements de plaisir. Madame V repoussa la soumise et la mit en levrette en face de Marcus. Elle lui bouffa la chatte avant de la prendre avec le gode ceinture. D'abord doucement, puis de plus en plus vite. Marcus observa les rales de plaisir et l'abandon de la soumise et les yeux passionnés de flammes de Madame V. Son érection revint.
Quand elles eurent terminé, Madame V remit les deux chiennes à quatre pattes. Elle prit la laisse de la soumise blonde et la remit à une servante du club.
"Occupe-toi d'elle pour le reste de la soirée. Elle a mérité son repos."
Puis elle conduisit Marcus vers Isabelle, qui les attendait dans le couloir, un sourire aux lèvres.
"Elle est à toi", dit Madame V en lui tendant la laisse. "Profite-en bien."
Isabelle saisit la laisse, caressa la tête de Marcus.
"Viens, ma chienne. On va s'installer dans une salle privée."
Elle le mena dans une petite salle, intime, éclairée par des bougies. Elle s'assit sur le canapé, l'attira à ses côtés.
"Tu sais ce que je préfère? Je préfère juste coucher avec toi. Pas de jeux, pas de cordes, pas de fouets. Juste un homme et une femme. Je veux que tu me prennes. Tous les trous."
Marcus la regarda, ses yeux brillants. Il s'approcha d'elle, ses mains sur ses hanches, et ils s'unirent dans une étreinte passionnée, explorant chaque recoin de leurs corps, s'abandonnant l'un à l'autre. IL relâcha toute l'intensité de son excitation en elle. Du sexe pur sans domination. Il ne pensait pas rencontrer cela ici. Les aventures de ce soir l'avaient beaucoup émoustillé et il se surprit par son endurance.
Quand tout fut fini, ils restèrent enlacés, nus, sur le canapé. Isabelle caressait ses cheveux, ses doigts traçant des cercles sur sa poitrine.
"Tu es un bon soumis, Marcus. Tu écoutes, tu obéis, tu donnes tout."
Marcus sourit, ses yeux mi-clos.
"Merci, Isabelle. J'ai aimé."
Ils discutèrent, parlant de tout et de rien, des heures passant sans qu'ils s'en rendent compte. Le petit matin les trouva encore enlacés, épuisés mais apaisés.
Ils se quittèrent à la fermeture du club et Marcus rentra enfin chez lui.
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Dans mes articles précédents, j’ai essayé de démontrer que la pratique de l’uro n’était pas en soi quelque chose de sale, repoussant, dégoutant, ou tout autre adjectif négatif, et pouvait même sous certains aspects être sensuel, et très érotique suivant comme cela est pratiqué et l’ouverture d’esprit que l’on peut avoir. Evidemment cela ne plaira jamais à tout le monde.
Cependant il est vrai que la pratique, comme toute autre pratique impliquant fluides et liquides peut être salissante et nécessiter des préparations adéquates ou des contextes favorables pour ne pas avoir à basculer dans de gros nettoyages post-séances. (Sauf si bien sûr, la partie humiliation/dégradation/ménage fait partie de la séance et est consentie par les partenaires mais ici nous partons du principe que ça n’est pas le cas)
Donc, quels sont les meilleurs endroits pour pratiquer sans souci ni casse-tête de nettoyage ?
Au fil de mes années de pratiques (même si elles sont hélas pas mal derrière moi ces derniers temps…) :
- la nature bien sûr : en forêt…. Dans la campagne, la montagne. Ce qui peut rajouter une dimension de reconnexion avec la terre, la nature et une forme de lâcher-prise ou d’aspect très primal, propice également au pet play… prévoir serviettes papier biodégradable si possible ou un sac pour les remporter et bouteilles d’eau pour un nettoyage même minimaliste en attendant de rentrer à la maison.
- les ruelles sombres, parkings, urbex, lieux déserts… Bien que cela va forcément salir l’environnement urbain… (mais une pluie ou un nettoyage de rue et ca sera réglé…) ces jeux mêlant risque d’être surpris, dégradation plus intense en milieu civilisé, complicité à se savoir souillés secrètement et discrètement à proximité de lieux de vie, peuvent rajouter du frisson d’excitation, pour les personnes friandes d’humiliation, de sexe, de dépravation, et d’exhibition possiblement aussi et sans les soucis du nettoyage. Là encore bouteilles d’eau et serviettes pour essuyer sont de mise, sauf si vous êtes vraiment osés et aventureux à l’idée d’exhiber votre souillure en public…. Mais à vos risques et périls quant aux atteintes aux bonnes mœurs (et si vous croisez des flics… risque au pire : 1 an d’emprisonnement et 15000€ d’amende si c’est fait sciemment, si vous êtes surpris par accident, par contre, pas d’amende NORMALEMNT …)
- la salle de bain, la douche, les wc : Pièce de la maison par excellence pour cette pratique, aux sols et revêtements plus faciles à nettoyer, les jeux sont multiples, idéal également pour introduire à cette pratique sous la douche, combiné a beaucoup d’eau chaude au tiède qui rince en même temps et dilue aussi bien l’urine que la sensation psychologique d’être souillé possiblement avec une température d’eau chaude au diapason de celle de l’urine. Les douches à l’italienne sont un plus pour cette pratique grâce à leur grand volume et le sol plat. Les baignoires à deux si les personnes ne sont pas trop corpulentes toutes les deux pour rentrer dedans peuvent permettre des jeux d’urine collé peau à peau et la sensation de vraiment « baigner dedans » au sens littéral. Sur les WC, très peu pratiques si c’est la femme qui urine pour le sexe oral mais cela peut être l’occasion d’observer, de se découvrir, de caresser en même temps la chatte et aider à se détendre et lâcher prise en se regardant l’un et l’autre les yeux dans les yeux, Ce sont de bons exercices de découverte « douce » de la pratique aussi. Pour l’homme, le ou la partenaire peut accompagner, découvrir, voir, guider la verge, toucher, pour découvrir, dédiaboliser ou démystifier par le jeu, en guidant la visée, et à la fin en confiance cela peut aussi permettre d’y pencher la tête et d’intercepter le jet pour le frôler des lèvres ou venir boire à la source en se mettant en travers entre le sexe et la cuvette. Il y a aussi la pratique de ce que certains appellent le « french piss » qui est plus ludique et aide à dédramatiser l’acte : Cela consiste dans le fit que la femme urine assise sur les WC jambes assez écartées, et que l’homme viennent uriner dans l’espace triangulaire laissé ouvert entre sa chatte et le bord de la cuvette directement dans la cuvette, évidemment cela peut dévier volontairement vers le fait que l’homme viennent uriner sur la chatte ou le bas ventre pour que ensuite les deux flux se rejoignent en tombant dans la cuvette… C’est vraiment un côté ludique qui casse les appréhensions, la honte et la gêne et favorise la complicité à deux sans notion d’humiliation ou de D/s forcement.
Dans les moments plus torrides évidemment, la personne en confiance peut aussi venir totalement servir d’urinoir, et dans des contextes D/s , de servitude sexuelle et « free use » plus intenses et psychologiques, la personne soumise peut être attachée et contrainte par des menottes ou autres attachées à des canalisations, proche des toilettes pour « servir » d’urinoir en lieu et place des WC, que ca soit buccal, ou corporel sans pouvoir y échapper car menottée…. Evidemment les possibilités sont infinies ce ne sont que quelques exemples possibles mais c’est très orienté dégradation ici.
- le lit ou canapés, avec plaid : peu de gens sont au courant mais il existe des plaids spéciaux, initialement conçus pour les fuites urinaires de nos amis les chiens (chiennes ?) . Ces plaids conçus pour recouvrir canapés ou lit sont dans une matière proche du pilou-pilou, très très doux et duveteux, mais contiennent une membrane totalement imperméable en leur cœur et bien qu’absorbant le liquide sur un côté, elles ne le laissent absolument pas traverser et salir ou souiller les meubles recouverts (une fois souillés, hop, en machine comme un plaid ou un drap lavage a 60°C). Pour l’avoir moi-même testé en couple, je sais que deux vessies entières peuvent se vider et être absorbées par ces plaids imperméables (comptez 45€ a peu près pour une surface de lit double, en vente sur de nombreux sites en ligne, comme « plaid imperméable ») . Pour des moments uro tendres, câlins, aftercare, de laisser aller corporel peau à peau, ou plus intenses (cunni/ uro en face-sitting ou 69 uro, de manière confortable dans un lit, c’est adapté (il faut penser à éviter ou bien mettre les coussins SOUS le plaid par contre…) Ici on est plus dans le cocooning uro, du DDLG aussi (la matière pilou aide beaucoup) et pas vraiment dans la dégradation. Il existe également de nouveaux draps housses imperméables également, mais rarement pour autant de liquide que ces plaids. A noter que ces plaids sont également très utiles pour les femmes très fontaines pour les mêmes raisons !
- Enfin un classique bien que peu confortable reste : les bâches plastiques, telles que celles qu’on utilise également pour le wax play (jeux de cire) ou blood play (jeux avec éclaboussement possible de gouttelettes de sang) généralement noires et carrées, adaptée au sol, mais très peu confortables et froides posées sur un lit et pas du tout adaptées car la souplesse du matelas combinée à l’imperméabilité totale de la bâche va faire qu’a chaque mouvement on risque de faire couler de l’urine sur le bord de la bâche, hors du lit, ou par capillarité sur le matelas et les draps. Pour jouer avec une bâche sur un lit (et même au sol) il faut favoriser une bâche spécialement conçue pour les jeux uro ou fontaine avec un boudin gonflable tout autour de la bâche qui va retenir les liquides à l’intérieur comme une mini piscine. Suivant les tailles, ces bâches a rebords gonflables sont très adaptés pour les jeux uro en groupe… orgies à plusieurs receveurs(euses) en mode petite piscine dans la bâche…. Ou les bukake uro ou un(e) receveur(euse) va recevoir l’urine de plusieurs personnes au centre. Et donc avoir une bâche dessous est préférable que d’avoir à nettoyer littéralement des litres de pisses répandus au sol. Accessoire donc plus adapté pour les jeux au sol… et de groupe.
Je pense avoir fait le tour des différentes possibilités de contextes mais il y a surement encore plein d’autres idées ou dérivées non abordées. Et vous ? Comment l’avez-vous pratiqué ?
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Chapitre V — Le rapport
Le trajet du retour fut encore plus frustrant que l'aller.
René avait attendu que Madame Thomas démarre.
Puis qu'elle quitte le parking.
Puis qu'elle rejoigne la route principale.
Il avait tenu exactement quatre minutes.
— Madame ?
— Hum ?
— Vous allez m'expliquer maintenant ?
Elle gardait les yeux sur la route.
— T'expliquer quoi ?
René tourna la tête vers elle.
— Vous êtes sérieuse ?
Un sourire apparut.
— Parfaitement.
— La Docteure Morel vient de vous annoncer devant moi qu'elle allait rédiger un rapport sur ma capacité à poursuivre une démarche dont j'ignore absolument tout.
— Pas absolument tout.
— Presque tout.
— C'est déjà plus précis.
René soupira.
Madame Thomas sourit davantage.
— Vous trouvez ça amusant.
— Beaucoup.
Elle changea de vitesse.
Le cuir de sa jupe bougea légèrement.
René regarda.
Madame Thomas le surprit immédiatement.
— Et voilà.
— Quoi ?
— Tu essaies depuis cinq minutes de mener un interrogatoire et il suffit que je bouge la jambe pour que tu oublies ta question.
— Je ne l'ai pas oubliée.
— Alors pose-la.
René ouvrit la bouche.
Puis hésita.
Madame Thomas éclata de rire.
— René, tu es désespérant.
— Vous trichez.
— Je t'ai déjà expliqué que je ne plaidais pas pour la partie adverse.
René reconnut la phrase.
Il abandonna.
Pour le moment.
***
Les jours suivants n'apportèrent aucune réponse.
Madame Thomas reprit exactement le même comportement qu'après leur conversation dans le salon.
Elle travaillait.
Téléphonait.
Sortait.
Rendait parfois des décisions concernant René avec son assurance habituelle.
Mais jamais elle ne mentionna Morel.
Jamais elle ne parla du rapport.
Et surtout jamais elle n'expliqua ce qu'était la démarche.
René recommença donc à imaginer.
Morel avait parlé de propriété.
De capacité à décider.
D'abandon de contrôle.
De la différence entre être traité comme une propriété et en devenir réellement une.
Il assembla les morceaux.
Puis les démonta.
Il imagina un contrat.
Cela paraissait logique avec Madame Thomas.
Peut-être voulait-elle officialiser leur relation.
Une sorte d'acte privé ?
Il imagina ensuite quelque chose de beaucoup plus radical.
Il écarta immédiatement l'idée.
Impossible.
Dix minutes plus tard, il y pensait de nouveau.
Madame Thomas l'observait parfois.
— Arrête.
— Quoi ?
— De réfléchir.
— Je ne fais rien.
— Justement. Quand tu ne fais rien avec cet air-là, tu réfléchis beaucoup trop.
Elle avait raison.
Et cela l'agaçait.
***
Le rapport arriva le mardi.
René releva le courrier en fin d'après-midi.
Facture.
Publicité.
Deux lettres pour Madame Thomas.
Puis une grande enveloppe blanche.
Il reconnut immédiatement le nom imprimé dans le coin supérieur gauche.
Docteure Élise Morel.
Son cœur accéléra.
Puis il regarda le destinataire.
Madame Thomas.
Personnel et confidentiel.
Pas René.
Madame Thomas.
Il resta quelques secondes avec l'enveloppe entre les mains.
Il avait passé plus d'une heure à répondre aux questions.
Il était le patient.
Il était le sujet du rapport.
Mais ce rapport ne lui était pas adressé.
René le posa avec le reste du courrier.
À dix-neuf heures douze, Madame Thomas rentra.
Comme toujours, il l'accueillit.
Il lui remit son courrier.
Elle parcourut rapidement les enveloppes.
Lorsqu'elle arriva à celle de Morel, René observa son visage.
Rien.
Pas la moindre réaction.
Elle posa simplement l'enveloppe sur son sac.
— Mon dîner est prêt ?
René resta interdit.
— Oui, Madame.
— Parfait.
Elle lui rendit les autres courriers.
— Range ça.
Puis elle emporta l'enveloppe.
***
Après le dîner, Madame Thomas entra dans son bureau.
René la suivit.
Elle posa l'enveloppe de Morel sur son bureau.
René attendit.
Madame Thomas ouvrit son ordinateur.
Répondit à un courriel.
Puis à un second.
René regardait l'enveloppe.
Elle était là.
À moins d'un mètre.
Madame Thomas travaillait.
Dix minutes.
Vingt minutes.
Trente.
Finalement René céda.
— Madame ?
— Oui ?
Elle ne leva même pas les yeux.
— Vous n'ouvrez pas le rapport ?
— Pas ce soir.
Il crut avoir mal entendu.
— Pas ce soir ?
Elle leva enfin les yeux.
— C'est ce que je viens de dire.
— Mais...
— Mais ?
René regarda l'enveloppe.
Puis Madame Thomas.
— Rien.
— Bien.
Elle reprit son travail.
Quelques secondes plus tard, René remarqua un très léger sourire.
Elle le faisait exprès.
Il en était certain.
***
Le lendemain matin, l'enveloppe était toujours là.
Madame Thomas était partie travailler.
René entra plusieurs fois dans le bureau.
Chaque fois, son regard se posait dessus.
Personnel et confidentiel.
Il aurait suffi de quelques secondes.
Il aurait pu l'ouvrir.
Lire.
Puis la refermer soigneusement.
L'idée lui traversa l'esprit.
Une fois.
Deux fois.
À la troisième, il eut presque honte de lui-même.
Madame Thomas savait parfaitement qu'il ne le ferait pas.
C'était probablement précisément pour cela qu'elle avait laissé l'enveloppe là.
Elle ne testait pas seulement son obéissance.
Elle testait sa capacité à supporter de ne pas savoir.
L'information le concernait.
Elle était physiquement accessible.
Mais elle appartenait à Madame Thomas.
Comme le reste.
René quitta le bureau.
Puis y revint vingt minutes plus tard.
L'enveloppe n'avait évidemment pas bougé.
— Ridicule...
Il ressortit.
***
Ce soir-là, Madame Thomas rentra plus tôt.
Elle monta directement à l'étage.
René entendit la douche.
Puis plus rien.
À vingt heures trente, elle l'appela.
— René. Bureau.
— Oui, Madame.
Il entra.
Et s'arrêta.
Elle avait encore choisi du cuir.
René se demanda immédiatement si cela devenait une coïncidence statistiquement impossible.
Une jupe noire ajustée.
Une chemise sombre.
Et les bottes.
Encore elles.
Madame Thomas était assise derrière son bureau.
L'enveloppe blanche se trouvait devant elle.
— Ferme la porte.
René obéit.
— À genoux.
Il prit place devant le bureau.
Son regard passa de l'enveloppe aux bottes.
Puis des bottes au visage de Madame Thomas.
Elle le remarqua.
— Tu vas réussir à suivre ?
— Je vais essayer.
— Mauvaise réponse.
René corrigea immédiatement :
— Oui, Madame.
Elle sourit.
Puis prit l'enveloppe.
Enfin.
René sentit son ventre se nouer.
Madame Thomas passa tranquillement un doigt sous le rabat.
Elle aurait pu l'ouvrir rapidement.
Elle choisit naturellement de prendre son temps.
René suivait chacun de ses gestes.
Elle sortit plusieurs feuilles.
Les aligna.
Puis commença à lire.
Silence.
René observait son visage.
Première page.
Aucune réaction.
Ses yeux parcouraient les lignes.
Elle tourna la page.
Un sourcil se leva légèrement.
René tenta d'interpréter.
Bon signe ?
Mauvais signe ?
Madame Thomas prit un stylo.
Elle souligna quelque chose.
Écrivit un mot dans la marge.
René essaya de voir.
Impossible.
Elle continua.
Puis un sourire apparut.
Très léger.
René sentit son cœur accélérer.
Elle avait l'air satisfaite.
Pourquoi ?
Il regarda le rapport.
Puis son visage.
Puis ses bottes.
Madame Thomas bougea légèrement une jambe.
Son regard descendit immédiatement.
Lorsqu'il remonta, elle le regardait.
— Je t'ai vu.
— Pardon.
— Tu essaies de lire mon visage ou ma jupe ?
René hésita.
— Les deux.
Elle rit doucement.
— Au moins, c'est honnête.
Elle retourna au rapport.
René tenta de se concentrer.
Une nouvelle annotation.
Une page tournée.
Un sourire.
Puis, à un endroit, elle s'arrêta.
Relut un paragraphe.
Une fois.
Deux fois.
René retint presque son souffle.
Madame Thomas prit son stylo et traça une ligne sous plusieurs mots.
Elle ne commenta rien.
René n'en pouvait plus.
— Madame ?
Elle leva les yeux.
— Oui ?
— Qu'est-ce qu'elle dit ?
Madame Thomas regarda le rapport.
Puis René.
— Beaucoup de choses.
— Sur moi ?
— Principalement.
— Et ?
Elle posa son stylo.
René attendit.
Madame Thomas croisa lentement les jambes.
Le cuir froissa.
Ses yeux descendirent malgré lui.
Elle attendit qu'il regarde de nouveau son visage.
— Et quoi ?
René comprit.
Elle jouait encore.
— Est-ce que son rapport est favorable ?
Madame Thomas sourit.
Cette fois franchement.
— Voilà une meilleure question.
— Et la réponse ?
Elle reprit le document.
— Il correspond assez bien à ce que j'espérais.
René sentit un mélange étrange de soulagement et d'inquiétude.
— Ce que vous espériez pour quoi ?
Madame Thomas ne répondit pas.
Échec.
Encore.
Elle termina la dernière page.
Puis rassembla soigneusement les feuilles.
René pensa qu'elle allait enfin lui expliquer.
Au lieu de cela, elle prit son téléphone.
Chercha un contact.
Et appuya sur l’écran.
René entendit la tonalité.
Une fois.
Deux fois.
Puis une voix féminine répondit.
— Allô ?
L’expression de Madame Thomas changea.
Ce sourire satisfait revint.
— Bonsoir Caroline. C'est moi.
René releva légèrement la tête.
Caroline ?
Le prénom ne lui disait rien.
Madame Thomas connaissait beaucoup de monde. Des avocates, des magistrates, des clientes, des amies.
Cette Caroline pouvait être n'importe qui.
— Oui, je l'ai reçu aujourd'hui.
Un silence.
Madame Thomas posa les doigts sur le rapport de la Docteure Morel.
— Je viens de le terminer.
René comprit immédiatement de quoi elles parlaient.
La femme répondit quelque chose qu'il ne put entendre.
— Oui. C'est très positif.
Madame Thomas regarda René.
Pas longtemps.
Juste assez pour qu'il comprenne qu'il était, une fois encore, l'objet d'une conversation à laquelle il n'avait pas accès.
— J'ai maintenant tout ce qu'il faut pour poursuivre.
Elle ouvrit son agenda.
— Quand peux-tu me recevoir ?
René fronça les sourcils.
Me recevoir ?
Il essaya de construire une hypothèse.
Une consœur ?
Une notaire ?
Quelqu'un chargé de rédiger le contrat qu'il imaginait depuis plusieurs jours ?
Madame Thomas écouta.
— Vendredi me convient.
Elle nota quelque chose.
— Quatorze heures trente. Parfait.
Nouvelle réponse de Caroline.
Cette fois, Madame Thomas eut un petit rire.
— Non. Il ne sait rien.
René releva brusquement les yeux.
Madame Thomas le regardait.
— Absolument rien.
Elle sourit.
— Et je compte bien que cela reste ainsi jusqu'à vendredi.
René ouvrit la bouche.
Le regard de Madame Thomas suffit à la lui faire refermer.
— Très bien. Je te laisse préparer ce qu'il faut.
Un silence.
— Merci, Caroline. À vendredi.
Elle raccrocha.
René resta à genoux.
Une nouvelle Femme venait d'entrer dans cette histoire.
Il ne connaissait que son prénom.
Caroline.
Elle savait manifestement qui il était.
Elle connaissait l'existence du rapport.
Elle savait ce que Madame Thomas préparait.
Et elle devait maintenant, elle aussi, préparer quelque chose.
René regarda le dossier.
Puis l'agenda.
Puis Madame Thomas.
— Qui est Caroline ?
Madame Thomas rangea tranquillement le rapport dans un tiroir.
Elle le ferma à clé.
— Quelqu'un que nous verrons vendredi.
— Pour quoi faire ?
Elle posa la clé sur son bureau.
— Tu poses encore les mauvaises questions.
— Quelle serait la bonne ?
Madame Thomas se leva.
Le cuir de sa jupe accompagna son mouvement.
René leva les yeux vers elle.
Elle s'approcha jusqu'à se tenir devant lui.
— La bonne question serait de savoir si tu me fais suffisamment confiance pour monter dans ma voiture vendredi sans savoir où je t'emmène.
René resta silencieux.
Madame Thomas attendit.
Il connaissait maintenant suffisamment sa Maîtresse pour savoir qu'elle n'attendait pas une explication.
— Oui, Madame.
Elle posa brièvement une main sur sa tête.
— Voilà.
Puis elle passa devant lui.
— C'était la bonne réponse.
René entendit ses bottes s'éloigner.
Il resta seul quelques secondes devant le bureau.
Morel savait.
Madame Thomas savait.
Et maintenant cette mystérieuse Caroline savait également.
Lui seul ignorait encore ce que ces trois Femmes étaient en train de préparer.
Et, pour la première fois, René commença à se demander si son ignorance n'était pas elle aussi une partie parfaitement calculée du plan de Madame Thomas.
Chapitre VI — La cage
Le jeudi matin, on sonna à la porte.
René ouvrit.
Un livreur se tenait devant lui avec un carton volumineux posé sur un diable.
Très volumineux.
— Livraison pour Madame Thomas.
— Je peux signer.
Quelques minutes plus tard, le carton occupait une partie considérable de l'entrée.
René referma la porte et contempla le colis.
Il n'avait aucune intention de fouiller dans les affaires de Madame Thomas.
Mais il n'était pas nécessaire de fouiller.
Le fabricant avait jugé utile d'imprimer une photographie directement sur l'emballage.
Une cage de transport.
Et à côté, pour donner une idée de ses dimensions, un grand chien.
René resta silencieux.
— Non...
Il s'approcha.
L'étiquette confirma ce qu'il voyait.
Cage de transport renforcée — Grand modèle.
Il regarda de nouveau le chien imprimé sur le carton.
Puis l'escalier.
— Vous n'allez quand même pas...
Une nouvelle pièce venait soudain de trouver sa place dans le puzzle.
Caroline.
Le rendez-vous du vendredi.
La cage.
René sourit.
Enfin.
Il avait compris.
Madame Thomas allait adopter un chien.
***
La satisfaction d'avoir résolu l'énigme dura environ trente secondes.
Puis René réfléchit aux conséquences.
Un chien.
Dans la maison.
Des poils.
Des gamelles.
Des odeurs.
Des promenades.
Surtout les promenades.
Madame Thomas avait un emploi du temps chargé. Elle partait tôt certains matins, rentrait tard certains soirs et pouvait passer une journée entière au cabinet.
Qui allait sortir le chien ?
René regarda le carton.
— Moi.
Évidemment.
Il s'imagina un matin de novembre.
Six heures trente.
Pluie glaciale.
Un chien énorme tirant sur une laisse pendant que Madame Thomas dormait tranquillement au chaud.
Il n'aimait déjà pas cet animal.
Ce qui était parfaitement injuste puisqu'il n'existait peut-être même pas encore dans leur maison.
René n'avait jamais eu un rapport particulièrement facile avec les animaux.
Il ne leur voulait aucun mal.
Il préférait simplement qu'ils vivent leur vie à une distance raisonnable de la sienne.
Et certainement pas dans son salon.
Il regarda encore la photographie.
Le chien semblait presque sourire.
— Toi, je ne t'aime déjà pas.
***
Madame Thomas rentra peu après dix-neuf heures.
René l'attendait.
Elle entra, lui tendit son sac puis remarqua immédiatement le carton.
— Parfait.
Ce simple mot confirma presque toutes les conclusions de René.
— C'est arrivé ce matin.
— Très bien.
Elle retira son manteau.
René attendit.
Madame Thomas ne dit rien de plus.
— Madame ?
— Oui ?
— C'est une cage pour chien.
Elle regarda le carton.
Puis René.
— Excellente observation.
— Pour un grand chien.
— Tu es décidément très en forme aujourd'hui.
René fronça les sourcils.
— Vous avez quelque chose à me dire ?
Madame Thomas réfléchit ostensiblement.
— Oui.
René attendit.
— Monte-la.
— La cage ?
— Non, René. Le carton.
Elle lui adressa un sourire.
— Évidemment, la cage.
— Où ?
— Dans le coffre de la voiture.
Puis elle monta à l'étage.
René regarda le carton.
La voiture.
Le rendez-vous du lendemain.
Tout concordait.
***
Madame Thomas avait récemment remplacé sa berline par un SUV.
René avait trouvé le choix étonnant.
Elle lui avait expliqué qu'elle voulait davantage de place et un véhicule plus polyvalent.
À présent, tout devenait évident.
— Le chien...
Il ouvrit le coffre.
L'espace était considérable.
Il déballa la cage.
Elle était encore plus imposante hors de son carton.
Structure rigide.
Porte renforcée.
Points d'ancrage.
René consulta la notice.
Il assembla les différents éléments, rabattit une partie de la banquette arrière puis installa l'ensemble dans le coffre.
La cage occupait une place impressionnante.
Il tira dessus.
Elle bougea légèrement.
Pas satisfaisant.
René recommença les fixations.
Cette fois, elle ne bougea pratiquement plus.
Il recula de quelques pas.
Madame Thomas avait manifestement l'intention d'adopter quelque chose de conséquent.
Très conséquent.
Il imagina un berger allemand.
Ou pire.
Un énorme molosse.
René soupira.
— Magnifique.
***
Madame Thomas descendit une vingtaine de minutes plus tard.
Elle avait changé de tenue.
Pas de cuir cette fois.
René en fut presque reconnaissant : il avait besoin de toutes ses capacités intellectuelles pour négocier la future répartition des promenades.
— C'est terminé ?
— Oui, Madame.
— Montre-moi.
Ils sortirent.
Madame Thomas ouvrit le coffre.
Elle ne regarda pas simplement la cage.
Elle l'inspecta.
Sérieusement.
Elle vérifia la porte.
Le verrou.
Puis les fixations.
Elle saisit la structure à deux mains et la secoua vigoureusement.
La cage ne bougea presque pas.
— Tu as utilisé tous les points d'ancrage ?
— Oui.
— Ceux du fond aussi ?
— Oui, Madame.
Elle se pencha pour vérifier elle-même.
René l'observait.
— Vous avez peur qu'il s'échappe ?
Madame Thomas se redressa.
— Je veux surtout être certaine que ça ne bouge pas pendant le transport.
— Il doit être gros.
Elle regarda René.
Quelque chose passa dans ses yeux.
— Pourquoi dis-tu ça ?
Il désigna la cage.
— Regardez la taille.
Madame Thomas contempla l'installation.
— C'est vrai.
Puis elle regarda René de la tête aux pieds.
Très lentement.
— C'est un grand modèle.
René ne remarqua pas immédiatement la manière dont elle venait de le mesurer du regard.
— Quelle race ?
— Quelle race de quoi ?
— Du chien.
Madame Thomas resta silencieuse une seconde.
Puis son visage s'éclaira d'un sourire.
René connaissait ce sourire.
Il aurait dû se méfier.
— Ah.
— Quoi ?
— Rien.
Elle regarda de nouveau la cage.
— Tu penses que je vais prendre un chien ?
René désigna l'évidence devant eux.
— Une cage pour chien arrive la veille d'un rendez-vous mystérieux avec une certaine Caroline. Vous me demandez de l'installer dans votre nouvelle voiture. Je suppose donc que Caroline travaille dans un refuge ou quelque chose comme ça.
Madame Thomas croisa les bras.
— C'est une théorie.
— J'ai raison ?
— Je n'ai pas dit cela.
— Vous n'avez pas dit que j'avais tort non plus.
— Exact.
René soupira.
— Quelle taille ?
— Pardon ?
— Le chien.
Madame Thomas réfléchit.
— Assez grand.
René ferma les yeux.
— Évidemment.
— Cela te pose un problème ?
Il hésita.
— Je ne suis pas très à l'aise avec les chiens.
— Je sais.
Cette réponse le surprit.
— Vous savez ?
— René, je sais beaucoup de choses sur toi.
Elle passa un doigt sur la porte de la cage.
— Tu t'habitueras.
Voilà.
La condamnation venait de tomber.
— Et qui va le promener ?
Madame Thomas se tourna vers lui.
— Tu anticipes déjà tes nouvelles responsabilités ?
— Je vous connais.
— C'est une qualité appréciable chez un esclave.
— Madame...
— Matin et soir, j'imagine.
René la regarda avec consternation.
Elle poursuivit, parfaitement sérieuse :
— Et lorsqu'il pleuvra.
— Évidemment.
— Lorsqu'il neigera aussi.
— Merci.
— Il faudra peut-être même ramasser derrière lui.
René grimaça.
Madame Thomas ne tint plus.
Elle éclata de rire.
— Je suis ravie de voir avec quel enthousiasme tu accueilles cette éventuelle évolution de notre foyer.
— Vous pourriez au moins choisir un petit chien.
Elle regarda la cage.
— Maintenant que tu l'as montée, ce serait dommage.
— Madame...
Elle referma le coffre.
— Nous verrons demain.
Puis elle retourna vers la maison.
René la suivit.
— Donc nous allons vraiment chercher un chien demain ?
— Je n'ai jamais dit ça.
— Mais vous venez de parler des promenades !
— C'est toi qui as commencé à parler de promenades.
— Et vous avez parlé de ramasser derrière lui.
Madame Thomas ouvrit la porte.
— J'explorais ton hypothèse.
— Vous vous moquez de moi.
Elle entra.
— Un peu.
René resta quelques secondes dehors.
Il regarda le SUV.
Puis Madame Thomas.
— Il y a un chien ou pas ?
Elle se retourna.
— Bonne nuit, René.
Et disparut dans la maison.
***
Le vendredi matin, la cage était toujours dans le coffre.
René passa devant la voiture plusieurs fois.
Chaque fois, il la regardait.
À midi, il avait pratiquement accepté son destin.
Il allait vivre avec un chien.
Un grand chien.
Il allait probablement devoir le nourrir, le sortir, nettoyer derrière lui et faire semblant d'apprécier l'expérience parce que Madame Thomas aurait décidé qu'elle voulait un animal.
Au fond, pensa-t-il, cela correspondait assez bien à ce qu'il avait expliqué à la Docteure Morel.
Si Madame Thomas décidait que quelque chose vous concernant ne relève plus de votre décision, comment le vivriez-vous ?
Il aurait dû se méfier de cette question.
À treize heures trente, Madame Thomas descendit.
René prit son sac.
— Prêt ?
— Oui, Madame.
Ils sortirent.
Avant de monter en voiture, René ouvrit le coffre une dernière fois.
Il vérifia machinalement la cage.
Madame Thomas l'observait.
— Tout va bien ?
— Oui.
Il testa la porte.
— Elle est parfaitement fixée.
— Excellent.
René referma le coffre.
— J'espère simplement qu'il n'est pas agressif.
Madame Thomas resta silencieuse.
Puis elle s'approcha de lui.
Elle réajusta légèrement son col.
Exactement comme avant leur rendez-vous chez Morel.
— Ne t'inquiète pas.
René la regarda.
Elle souriait.
— Je suis certaine qu'il est très bien dressé.
Elle monta dans la voiture.
René resta immobile une seconde.
Quelque chose dans cette phrase lui avait paru étrange.
Mais il ne parvenait pas à déterminer quoi.
Il finit par monter à son tour.
Derrière lui, dans le coffre du SUV, la cage attendait son premier occupant.
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Étant jeune j'ai eu une expérience mémorable , depuis le HIV c'est devenu impossible, sauf sous certaine condition si tout mes participants sont testé avec période de chasteté .
Ce que j'ai vécu et que j'aimerais revivre :
Je suis arrivé dans une maison bourgeoise paris sud, la maîtresse de maison ma accueillie et de suite j'ai été conduit dans une pièce ou elle ma demandé de ma mettre nu , de me faire un lavement anal , et une fois vidé , de mettre ensuite des bracelets en cuir avec anneaux aux poignets et chevilles. Un quart d'heure plus tard elle est revenu , ma demandé de me mettre à quatre patte , m' mis un coller et m'a emmené avec une laisse dans une autre pièce, très sombre, au milieu un sling , je me suis installé , ventre vers le bas, jambes et bras entravés liés avec les anneaux des bracelets. j'avais ainsi ma bite, couilles , tétons, bouche et surtout anus disponible.
Elle m’a bandé les yeux . J’ai ensuite entendu que autour de moi il y avait des rumeurs , j’ai senti une fluide gras entre mes fesses, puis un doigt ou un objet fin s’introduire dans mon anus ris que c’était un plug gonflable , car rapide cela a grossi et dilater mon anus, des doigt de femme je suppose mon caressé les tétons, et j’ai eu des pinces avec des poids ce qui me les a allongé, j’ai senti aussi que l’on m’attachait les couilles également lesté , je commençais à bander, j’ai senti alors une bouche me léché le gland mais pas plus, on m’a retiré le god , puis remis sans le dégonflé. Ensuite j’ai vite senti que ce n’était plus un god mais une bite qui me pénétrait , doucement et profondément , j’ai du ouvrir ma bouche car une bite s’offrait à moi, j’ai sucé celle-ci doucement puis plus profondément , la femme je suppose , ma retiré les pinces des tétons et j’ai senti deux bouche me les sucer longuement, pendant que la bite dans mon cul me pilonnais bien profond, la bite en bouche ce mis à jouir, l’homme m’a maintenu la tête pour que j’avale tout. l’homme dans mon anus jouis aussi giclant tout dans ma anus, il fut vite remplacé par un nouveau ayant une plus grosse bite, ma chatte anal s’ouvrant bien. l’homme qui venait de m’enculer me donna sa bite à nettoyer , hummm j’ai aimé le goût du sperme et de mon cul. Une nouvelle bite ce présenta , que je suçait bien à fond, les deux femmes s’activant toujours sur mes tétons, je bandait dur, et mouillait beaucoup de temps en temps l’une d’elle me suçait pour prendre ma mouille. Je n’en pouvais plus je sentait la jouissance arrivé surtout que la bite qui me baisait était bien grosse et me massait bien la prostate. J’ai donc jouis en même temps que l’homme dans mon anus, de suite une des femmes à pris ma bite en bouche pour prendre mon ju, l’homme que je suçait à jouis également remplissant ma bouche de son sperme , une fois senti de ma bouche la femme m’a embrassé pour partager mon sperme , mélange de langue, hummm.
Sans tarder j’ai alors sentir quelques choses de plus gros dans mon anus , j’ai supposé un god , visible un god ceinture , mon anus s’ouvrant de plus en plus , je sentait le god aller bien profondément, cette fois si j’ai eu droit à une chatte à lécher , j’étais comblé , les tétons on reçu des pompes aspirantes , la femme que m’engodait me malaxait les couilles , je rebandait . Je sentit qu’elle allait jouir supposant que le god ceinture était double , le femme que je léchait avidement aspirant le clito, fouillant la chatte de plus en plus humide , elle fini par jouir en giclant m’arrosant le visage et la bouche de sa cyprine me maintenant la tête pour tout avaler. Une nouvelle bite me pénétra l’anus , et une autre dans ma bouche , j’ai senti alors un homme proche de mon corps, j’ai vite compris que il allait m’enculer en même temps , deux bite me baisait l’anus et une autre en bouche , la femme jouait toujours avec mes tétons , mes couilles et léchant la mouille de ma bite .
Les deux hommes ayant jouis dans mon anus, une femme léchant mon anus avec le sperme coulant sortant de mon anus . Vient alors tout recracher dans ma bouche . Pour terminer une femme m’excitant la bite en me suçant et me branlant, s’empala sur ma bite , pour me m’exciter et me faire jouir , une autre me tirait les tétines , et une autre commença à ma fister ayant une chatte anale bien ouverte , en massant la prostate , elle me pilonnais le cul bien profond j’étais sur une autre planète je finissais par jouir si fort que je faillis tomber dans les pommes , jouissant de l’anus et éjaculant à sec. .
Épuisé et comblé je repartais, les couilles sèches et le béant , et bien décidé de revivre cette soirée .
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Chapitre III — Le rendez-vous
Les jours suivants furent interminables.
Madame Thomas n'avait plus reparlé de leur conversation.
Pas une fois.
C'était probablement ce qui perturbait le plus René.
Elle avait terminé son plaidoyer par cette phrase :
Je vais t'expliquer ce que j'ai décidé de te proposer.
Puis elle ne lui avait rien expliqué.
Le lendemain matin, elle avait repris sa vie comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu.
Cabinet.
Réunions.
Téléphone.
Dossiers.
René avait préparé son café, entretenu la maison, exécuté ses tâches habituelles et attendu.
Rien.
Le soir suivant, même chose.
Il avait fini par se demander si Madame Thomas ne testait pas simplement sa patience.
Ou pire : si elle avait changé d'avis.
Cette possibilité l'obsédait.
Elle avait parlé d'aller beaucoup plus loin que le collier. Beaucoup plus loin que le mot esclave.
Mais où pouvait-on aller après cela ?
René avait envisagé toutes sortes de scénarios.
Un contrat ?
Un nouveau collier ?
Une cérémonie ?
Peut-être voulait-elle modifier radicalement les règles de leur relation.
Il imagina des choses beaucoup plus extrêmes.
Puis les trouva absurdes.
Puis recommença à les imaginer.
Madame Thomas, elle, ne disait toujours rien.
Elle observait parfois René avec un léger sourire qui lui donnait l'impression désagréable qu'elle savait exactement ce qui se déroulait dans sa tête.
Le troisième soir, il finit par céder.
— Madame ?
Elle ne quitta pas son dossier des yeux.
— Oui ?
— Concernant l'autre soir...
— Quoi, l'autre soir ?
Il hésita.
Elle savait parfaitement.
— Vous m'avez dit que vous aviez trouvé une manière d'aller beaucoup plus loin.
Madame Thomas tourna une page.
— C'est exact.
René attendit.
Rien.
— Puis-je savoir laquelle ?
Elle releva enfin les yeux.
— Non.
Un seul mot.
Puis elle retourna à son dossier.
René resta devant elle quelques secondes.
— Autre chose ?
— Non, Madame.
— Alors cesse d'essayer de deviner.
Il baissa les yeux.
— Oui, Madame.
— Tu te fais des films.
René la regarda, surpris.
Madame Thomas sourit.
— Et aucun n'est juste.
Il ne sut jamais si elle disait vrai.
***
Le vendredi matin, elle lui donna enfin une instruction.
— Sois prêt à treize heures trente.
René releva immédiatement les yeux.
— Pour quoi faire ?
Madame Thomas continua à consulter son téléphone.
— Sortir.
— Où allons-nous ?
— Dehors.
René soupira.
Elle leva les yeux.
— Un problème ?
— Non, Madame.
— Parfait.
Elle rangea son téléphone.
— Treize heures trente.
Puis elle partit travailler.
René passa la matinée à recommencer exactement ce qu'elle lui avait interdit de faire.
Imaginer.
***
À treize heures vingt-huit, il l'attendait dans l'entrée.
Madame Thomas descendit deux minutes plus tard.
Et immédiatement, René comprit qu'il allait avoir beaucoup de mal à obtenir des réponses.
Elle avait encore choisi du cuir.
Pas la robe de l'autre soir.
Cette fois, elle portait une longue jupe noire en cuir, une blouse claire parfaitement coupée et des bottes à talons.
René resta silencieux.
Cette tenue réveillait quelque chose de beaucoup plus ancien en lui.
Un tribunal.
Des couloirs impersonnels.
Des dossiers de divorce.
Et Madame Thomas avançant vers lui dans une longue jupe de cuir alors qu'elle était encore la Femme qu'il était censé détester.
Elle remarqua son regard.
— Quoi ?
— Rien, Madame.
— Alors prends mon sac.
Il obéit.
Elle passa devant lui et ouvrit la porte.
— Nous partons.
***
Madame Thomas conduisait elle-même.
Ce détail aussi intriguait René.
Habituellement, lorsqu'ils se déplaçaient ensemble et que les circonstances le permettaient, elle lui laissait volontiers conduire.
Pas aujourd'hui.
René était assis à côté d'elle.
Il regardait alternativement la route et ses mains sur le volant.
Puis beaucoup trop souvent sa jupe.
Madame Thomas le surprit.
— René.
— Madame ?
— Mes yeux sont plus haut.
— Pardon.
Elle sourit.
Quelques kilomètres passèrent.
— Où allons-nous ?
— Quelque part.
— J'avais compris.
— Alors pourquoi poser la question ?
René soupira.
— Parce que vous ne me dites rien depuis plusieurs jours.
— Et tu es toujours vivant.
— Pour le moment.
Elle eut un petit rire.
— Tu dramatises.
— Vous m'annoncez que vous allez bouleverser ma vie, puis vous refusez de m'expliquer comment.
— Je n'ai jamais dit que j'allais bouleverser ta vie.
René se tourna vers elle.
— Vous avez dit que vous vouliez aller beaucoup plus loin que le mot esclave.
— C'est différent.
— Pas vraiment rassurant.
Madame Thomas changea de vitesse.
La jupe de cuir bougea légèrement.
Le regard de René descendit.
— Tu vois ?
— Quoi ?
— Je pourrais probablement t'annoncer que je vais te vendre à une mine de sel et tu continuerais à regarder ma jupe.
René sourit malgré lui.
— C'est précisément pour cela que vous l'avez mise.
Madame Thomas tourna brièvement la tête vers lui.
— Tu deviens perspicace.
— Donc j'ai raison.
— Je n'ai pas dit cela.
Elle reporta son attention sur la route.
Échec.
Encore.
René essaya une autre approche.
— Est-ce que je dois m'inquiéter ?
— Non.
La réponse était arrivée immédiatement.
Il se détendit légèrement.
— C'est simplement un rendez-vous.
— Quel genre de rendez-vous ?
— Un rendez-vous qui est bon pour toi.
Cette formulation ne le rassura absolument pas.
— Vous savez que c'est exactement ce qu'on dit à un enfant avant de l'emmener chez le dentiste ?
Madame Thomas éclata de rire.
— Quelle imagination.
— Donc ce n'est pas le dentiste ?
— Non.
— Un médecin ?
Elle ne répondit pas.
René la regarda.
— Madame ?
Elle posa brièvement une main sur son genou.
Le geste était inhabituellement doux.
— René.
— Oui ?
— Fais-moi confiance.
Il se tut.
Elle laissa sa main quelques secondes.
— Je m'occupe de toi.
Puis elle la retira et reprit le volant à deux mains.
Quelque chose dans cette phrase apaisa René.
Ou aurait dû l'apaiser.
Pourtant, après quelques secondes, une pensée beaucoup moins rassurante lui traversa l'esprit.
Madame Thomas avait soigneusement évité de répondre à sa question.
***
Il ne reconnut pas immédiatement le quartier.
Puis la voiture tourna dans une rue qu'il avait empruntée des dizaines de fois autrefois.
René regarda dehors.
Un bâtiment apparut au bout de la rue.
Son sourire disparut.
Non.
Il regarda Madame Thomas.
Elle conduisait tranquillement.
— Madame...
Aucune réponse.
Il regarda de nouveau le bâtiment.
Il le connaissait.
Beaucoup trop bien.
Madame Thomas entra dans le parking souterrain et prit un ticket.
— Qu'est-ce qu'on fait ici ?
— Nous avons un rendez-vous.
— Avec qui ?
Elle gara la voiture.
Coupa le moteur.
Puis se tourna vers lui.
— Tu vas le découvrir dans quelques minutes.
René ne bougea pas.
— Sortez.
Le vouvoiement involontaire la fit sourire.
— Voilà que je redeviens vous. C'est intéressant.
— Madame Thomas...
— René.
Son ton changea.
Il connaissait ce ton-là.
— Descends.
Il obéit.
***
Dans l'ascenseur, il essaya encore.
— Je suis déjà venu ici.
— Je sais.
Cette fois, René tourna brusquement la tête vers elle.
— Vous savez ?
Les portes s'ouvrirent.
Madame Thomas sortit.
— Viens.
René la suivit.
À mesure qu'ils avançaient dans le couloir, les souvenirs revenaient.
Les mêmes murs.
Le même silence.
Même cette odeur particulière qu'il n'avait jamais réussi à identifier.
Madame Thomas s'arrêta devant une porte.
René n'avait plus besoin de lire la plaque.
Il connaissait déjà le nom qui y figurait.
Docteure Élise Morel
Psychiatrie — Psychothérapie
René resta immobile.
Pendant quelques secondes, plusieurs années de sa vie semblèrent se télescoper.
Son divorce.
Ses nuits sans sommeil.
Les médicaments.
Cette Femme devant laquelle il avait essayé de comprendre pourquoi l'avocate de son ex-épouse occupait autant ses pensées.
Puis Madame Thomas.
Sa Maîtresse.
Aujourd'hui debout à côté de lui, dans cette même longue silhouette de cuir qui avait autrefois alimenté tant de séances dans ce cabinet.
René se tourna lentement vers elle.
— Pourquoi ?
Madame Thomas ne répondit pas.
Elle sonna.
La porte s'ouvrit quelques secondes plus tard.
La Docteure Morel apparut.
Elle regarda René.
Puis Madame Thomas.
Et sourit.
— Bonjour Madame Thomas.
René sentit immédiatement quelque chose se nouer dans son ventre.
Pas « Bonjour, enchantée ».
Pas « Vous êtes Madame Thomas ? »
Bonjour Madame Thomas.
Elles se connaissaient.
Madame Thomas lui rendit son sourire.
— Bonjour Élise.
Élise.
René regarda l'une.
Puis l'autre.
Madame Thomas posa doucement une main dans son dos et le poussa vers l'intérieur.
— Entre, René.
Il franchit le seuil.
Derrière lui, Madame Thomas ajouta simplement :
— La Docteure Morel et moi avons beaucoup de choses à apprendre sur toi.
La porte se referma.
Chapitre IV — L’évaluation
La porte se referma derrière eux.
La Docteure Morel regarda René quelques secondes.
Puis Madame Thomas.
— Je pense que nous pouvons commencer.
René attendit.
Madame Thomas posa son sac sur une chaise.
— Très bien.
Elle se tourna vers René.
— Tu restes avec la Docteure Morel.
— Et vous ?
— Je vais prendre un café.
Il fronça les sourcils.
— Vous ne restez pas ?
— Non.
— Pourquoi ?
Madame Thomas eut ce léger sourire qu'il commençait à détester autant qu'à aimer.
— Parce qu'elle veut te parler.
Morel intervint :
— Seule.
René regarda alternativement les deux Femmes.
— Vous avez déjà discuté de moi.
Ce n'était pas une question.
Madame Thomas reprit son sac.
— Évidemment.
— De quoi ?
Elle s'approcha de lui.
Pendant une seconde, René crut qu'elle allait enfin lui répondre.
Elle réajusta simplement son col.
— Sois parfaitement honnête avec elle.
Puis elle regarda Morel.
— À tout à l'heure, Élise.
— À tout à l'heure.
Madame Thomas sortit.
La porte se referma.
René resta debout.
Morel l'observait.
— Asseyez-vous.
Il s'assit.
— Vous pouvez respirer aussi.
René eut un petit rire nerveux.
— J'aimerais surtout comprendre ce que je fais ici.
— Je m'en doute.
— Madame Thomas refuse de me le dire.
— Cela ne m'étonne pas.
René la regarda attentivement.
— Vous savez pourquoi je suis ici.
— Oui.
— Et vous n'allez pas me le dire.
— Non.
Il soupira.
Morel sourit.
— Voilà. Nous avons déjà établi deux choses.
— Lesquelles ?
— Je sais pourquoi vous êtes ici et vous voulez le savoir.
Elle prit son carnet.
— Nous pouvons commencer.
***
Il y avait quelque chose de profondément étrange à retrouver ce fauteuil.
Des années auparavant, René s'y était assis après son divorce.
Il dormait mal. Mangeait peu. Ressassait continuellement les mêmes événements.
La Docteure Morel l'avait accompagné pendant cette période et lui avait prescrit un traitement.
Mais leurs séances avaient progressivement abordé un sujet beaucoup plus inattendu.
Madame Thomas.
À l'époque, René la détestait.
Du moins était-ce ce qu'il répétait.
Morel avait été la première à remarquer que lorsqu'il parlait de son ex-femme, il racontait son divorce.
Lorsqu'il parlait de son avocate, il décrivait sa voix.
Sa manière de marcher.
Son assurance.
Ses vêtements.
Et beaucoup trop souvent ses chaussures.
Morel posa son carnet sur ses genoux.
— Vous souvenez-vous de notre première conversation à propos de Madame Thomas ?
— Malheureusement.
— Pourquoi malheureusement ?
— Parce que vous aviez raison.
— À propos de quoi ?
René hésita.
— Je ne la détestais pas autant que je voulais le croire.
— Ce n'est pas exactement ce que je vous avais dit.
— Non.
— Qu'avais-je dit ?
René sourit.
— Que personne ne consacre autant d'énergie à décrire les jambes d'une Femme qu'il prétend détester.
Morel sourit à son tour.
— Je manque parfois de délicatesse.
— Parfois ?
— René.
Le ton lui rappela quelque chose.
Il se redressa.
— Vous étiez fasciné par elle.
— Oui.
— Vous l'êtes toujours ?
Cette fois, aucune hésitation.
— Oui.
— Davantage ?
— Beaucoup davantage.
Morel nota quelque chose.
René regarda le carnet.
— Qu'écrivez-vous ?
— Quelque chose qui ne vous regarde pas encore.
Il leva les sourcils.
— Vous avez changé.
— Vous aussi.
Elle tourna une page.
— Parlez-moi de votre relation avec Madame Thomas.
***
René commença prudemment.
Puis Morel posa des questions.
Depuis quand était-il son esclave ?
Qui avait proposé cette évolution ?
Qu'avait-il ressenti la première fois qu'elle lui avait donné un ordre ?
Que signifiait son collier ?
Pouvait-il désobéir ?
L'avait-il déjà fait ?
Pourquoi obéissait-il lorsqu'aucune conséquence immédiate ne l'y obligeait ?
René répondait.
Certaines questions lui semblaient parfaitement normales.
D'autres beaucoup moins.
— Si Madame Thomas vous demandait de rester pendant deux heures dans une pièce vide, sans justification, que feriez-vous ?
— Je resterais.
— Pourquoi ?
— Parce qu'elle me l'aurait demandé.
— Même si elle n'était pas là ?
— Oui.
Morel nota quelque chose.
— Si elle décidait de votre tenue ?
— Elle le fait déjà parfois.
— Si elle choisissait votre nourriture ?
— Cela dépend.
Morel releva les yeux.
— De quoi ?
René réfléchit.
— De la raison.
— Donc vous avez besoin de comprendre ses décisions pour les accepter ?
— Non...
Il s'arrêta.
Morel attendit.
— Pas nécessairement.
Elle nota encore.
René commençait à éprouver une sensation familière.
— Vous faites comme elle.
— Comme qui ?
— Madame Thomas.
— Je suis psychiatre, René. Les questions font partie de mon métier.
— Elle est avocate. Elle dit exactement la même chose.
Morel eut un sourire.
— Peut-être avez-vous simplement un problème avec les Femmes qui posent de bonnes questions.
***
Elle changea brusquement de sujet.
— Qu'est-ce qu'une propriété ?
René la regarda.
— Pardon ?
— Vous avez entendu.
Il se méfia immédiatement.
— Quelque chose qui appartient à quelqu'un.
— C'est une définition circulaire.
— Un Bien dont quelqu'un peut disposer.
Morel ne réagit pas.
— Madame Thomas vous considère-t-elle comme sa propriété ?
— Oui.
— Et vous ?
— Aussi.
— Êtes-vous heureux de cela ?
— Oui.
— Pourquoi ?
René chercha ses mots.
— Parce que...
Il s'arrêta.
Morel attendit.
— Parce que cela correspond à quelque chose de profond chez moi.
— Quoi ?
— Le besoin de lui appartenir.
— Pourquoi elle ?
Cette question-là le désarma davantage.
Il réfléchit longtemps.
— Parce que je lui fais confiance.
Morel ne nota rien cette fois.
— Continuez.
— Parce qu'elle est plus forte que moi sur certaines choses. Parce qu'elle sait ce qu'elle veut. Parce qu'elle ne joue pas à être dominante.
Il sourit légèrement.
— Et parce qu'elle sait exactement comment me faire perdre mes moyens.
— Le cuir ?
René soupira.
— Vous vous souvenez de ça aussi ?
— Je suis psychiatre. Nous avons une mémoire particulièrement efficace pour les choses que nos patients préféreraient oublier.
Puis elle redevint sérieuse.
— Si vous retiriez le cuir, les bottes, le collier, les rituels et toute dimension érotique, voudriez-vous toujours lui appartenir ?
René ne répondit pas immédiatement.
Pour la première fois depuis le début de la séance, Morel ne chercha pas à remplir le silence.
Une minute passa peut-être.
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que ce n'est plus seulement sexuel.
Morel prit son stylo.
— Voilà une réponse intéressante.
***
Les questions devinrent progressivement plus étranges.
— Si Madame Thomas décidait que quelque chose vous concernant ne relève plus de votre décision, comment le vivriez-vous ?
— Cela dépendrait de quoi.
— Mauvaise réponse.
René fronça les sourcils.
— Pourquoi ?
— Parce que je ne vous demande pas d'évaluer sa décision. Je vous demande comment vous vivez l'idée de ne plus être celui qui décide.
Il resta silencieux.
— Cela me ferait probablement peur.
Morel acquiesça.
— Bien.
Cette réaction le surprit.
— Bien ?
— J'aurais été davantage préoccupée si vous m'aviez répondu que cela ne vous faisait absolument rien.
Elle écrivit quelques mots.
— La peur n'invalide pas nécessairement un désir. Elle indique parfois simplement que nous avons compris ses conséquences.
René la regarda.
Cette phrase lui rappela étrangement Madame Thomas.
— Elle vous a parlé de notre conversation.
Morel ne répondit pas.
— Docteure ?
— Question suivante.
René sourit.
— Donc oui.
— Vous pouvez interpréter mon silence comme vous le souhaitez.
— Elle vous a vraiment bien choisie.
Cette fois, Morel rit.
— Vous n'avez encore aucune idée de ce que Madame Thomas a choisi.
Le sourire de René disparut.
Morel baissa les yeux sur son carnet.
— Continuons.
***
Une heure plus tard, René était épuisé.
Morel avait exploré son divorce, son rapport au contrôle, sa sexualité, sa relation à Madame Thomas, son besoin d'appartenance, sa capacité à distinguer fantasme et réalité.
Mais surtout, elle revenait continuellement sur une distinction qui finissait par l'obséder.
Être traité comme une propriété.
Et être une propriété.
Chaque fois qu'il croyait comprendre pourquoi elle posait ces questions, elle changeait de direction.
Finalement, elle ferma son carnet.
— Très bien.
René regarda l'heure.
— C'est terminé ?
— Pour aujourd'hui.
— Et ?
— Et quoi ?
— Votre conclusion.
— Je ne vous dois pas encore de conclusion.
Le encore ne lui échappa pas.
Morel se leva.
— Attendez ici.
Elle ouvrit la porte.
Quelques secondes plus tard, René entendit des voix dans le couloir.
Puis Madame Thomas entra.
Elle avait toujours sa jupe de cuir.
Elle s'assit tranquillement dans le fauteuil voisin.
René éprouva immédiatement la sensation désagréable de redevenir le sujet de la conversation plutôt que l'un de ses participants.
Morel reprit place.
— Globalement, c'est très positif.
René tourna la tête vers elle.
Positif ?
Madame Thomas, elle, ne manifesta aucune surprise.
— Tu confirmes donc ton impression initiale ?
— Très largement.
René regarda l'une puis l'autre.
Impression initiale ?
Morel poursuivit.
— Son désir d'appartenance est ancien. Il ne semble pas être une simple extension circonstancielle de l'excitation sexuelle. La dimension érotique est évidemment importante...
Elle jeta un regard amusé vers la jupe de Madame Thomas.
— ...particulièrement dans certains domaines.
Madame Thomas sourit.
René rougit.
— Mais elle n'explique pas tout.
Morel redevint sérieuse.
— Il existe une cohérence entre son discours actuel, ce que j'avais observé autrefois et l'évolution de votre relation.
Madame Thomas croisa les jambes.
— Et sa compréhension des conséquences ?
— Incomplète.
René voulut intervenir.
Morel leva légèrement la main.
— Ce n'est pas une critique, René. Vous ne pouvez pas comprendre des conséquences que l'on ne vous a pas encore exposées.
Il se tourna immédiatement vers Madame Thomas.
Elle resta impassible.
Morel poursuivit :
— En revanche, il distingue correctement désir, fantasme et réalité. Il est capable d'identifier la peur sans nécessairement la confondre avec un refus. Et surtout...
Elle consulta une note.
— Lorsque j'ai retiré mentalement les éléments érotiques de la relation, son désir d'appartenance est resté présent.
Madame Thomas regarda René.
Longuement.
— C'est important.
— Très.
Il n'aimait pas du tout la manière dont elles venaient de prononcer ces deux mots.
— Important pour quoi ?
Aucune des deux ne répondit.
René eut un rire incrédule.
— Vous êtes sérieuses ?
Madame Thomas posa une main sur son genou.
— Tout va très bien.
C'était exactement ce qu'elle lui avait dit dans la voiture.
Morel se leva.
— Je rédigerai mon rapport ce week-end.
René la regarda.
— Quel rapport ?
Morel se tourna vers Madame Thomas.
— Tu l'auras probablement mardi.
— Parfait.
— Je préciserai les points qui nécessitent encore une vérification, mais je ne vois actuellement aucun élément psychologique qui justifierait d'interrompre la démarche.
René se figea.
La démarche.
Voilà encore un nouveau mot.
Madame Thomas se leva.
— Merci, Élise.
— Avec plaisir. Et je suis curieuse de voir où tout cela va vous mener.
Cette phrase n'était absolument pas rassurante.
Madame Thomas récupéra son sac.
— Viens, René.
Il resta assis une seconde.
— Madame...
Elle s'arrêta à la porte.
— Oui ?
— Quelle démarche ?
Madame Thomas regarda Morel.
Morel regarda Madame Thomas.
Pendant une fraction de seconde, René eut la certitude que les deux Femmes savouraient exactement le même moment.
Puis Madame Thomas sourit.
— Celle pour laquelle j'avais besoin de savoir si tu étais prêt.
— Et je le suis ?
Cette fois, ce fut Morel qui répondit.
— Beaucoup plus que vous ne le pensez.
Madame Thomas ouvrit la porte.
— Viens.
René se leva et la suivit.
Dans le couloir, il comprit que quelque chose venait encore de changer.
Il ignorait toujours où Madame Thomas le conduisait.
Mais désormais, quelque part derrière cette porte, un rapport était en train d'être rédigé pour l'aider à l'y emmener.
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La Vénus à la fourrure est un célèbre roman érotique du XIXème siècle écrit par Leopold von Sacher-Masoch en 1870. Sacher-Masoch est, ni plus ni moins, l'homme qui a donné son nom au mot "masochisme", rien que ça. Avec une telle réputation, j'étais très curieux de voir ce qui pouvait se trouver dans ce livre à l'origine du mot qui constitue le M de BDSM.
J'ai tout simple adoré ce livre, un vrai régal, c'est fluide à lire mais cela ne parlera pas à tout le monde, évidemment. Il s'agit d'une histoire d'amour qui se passe en Europe de l'Est, entre un homme soumis et une femme qu'il compare à la déesse Vénus. Devant la beauté extraordinaire de cette femme nommée Wanda, le protagoniste, Séverin, va lui proposer de devenir son esclave ou son mari. Après une longue hésitation, Wanda, qui pourtant ne semble pas avoir la fibre dominante au départ, accepte de devenir la Maîtresse de Séverin. Ce dernier passe son temps à exiger que Wanda soit cruelle avec lui et qu'elle porte de la fourrure quand elle le punit. La fourrure, c'est son fétichisme à lui.
Alternant entre moments tendres et moments de cruauté, Wanda va finir par prendre goût à sa position dominante et jouera avec les sentiments de son esclave jusqu'à trouver la faille que je ne révèlerai pas afin de ne pas gâcher le plaisir de lecture si vous décidez de le lire.
En tant qu'homme soumis, j'ai été très excité par ce récit, m'identifiant fortement au narrateur. Il vit la soumission à temps plein après qu'ils aient signé un contrat avec Wanda. N'ayant jamais eu l'occasion d'expérimenter moi même un contrat d'appartenance sur le long terme, cela m'a fait fortement fantasmé.
La divinisation de la femme et la comparaison avec la déesse de la volupté Vénus est également quelque chose qui fait écho en moi. Il semble y avoir une telle dévotion envers la femme que seule une déesse, inaccessible par définition, peut incarner cette distance qui créé tant de désir. La statue de pierre qui représente la déesse donne encore plus de poids à cette distance de par la froideur que cela peut engendrer de vénérer un être sans forcément avoir de retour. Mais dans cette histoire, nous pouvons imaginer que la déesse s'exprime au travers de Wanda, rendant de chair et accessible cet amour. Malgré cela, l'esclave semble croire qu'il ne la mérite pas tout en voulant la posséder, au point de presque lui donner l'ordre de le dominer. C'est à se demander qui domine qui par moment. Une ambivalence permanente qui va amener le narrateur à affronter ses propres contradictions entre ses attentes fantasmées et la réalité de la relation. On comprendra aussi pourquoi il a ce rapport aux femmes grâce à des flash back sur son enfance.
Que l'on soit homme soumis ou femme dominatrice, il est très possible que ce récit vous parle, en tout cas si vous aimez lire, c'est un incontournable de la littérature SM.
Le livre a été librement adapté en film par Roman Polanski en 2013. Un huis clos dans un théâtre où un metteur en scène, joué par Mathieu Amalric, est à la recherche de l'actrice idéale pour jouer Wanda. C'est ainsi que se présente à lui Emmanuelle Seigner qui va le subjuguer dans son interprétation de la Domina. Le film n'a que ces deux personnages et il joue sur l'ambiguïté du livre qui est mis en scène et la vraie vie du metteur en scène. L'acteur et l'actrice jouent à merveille et arrivent à nous faire ressentir, par de simples changements de ton, les passages de la pièce de théâtre à la réalité intrinsèque du film. Une réinterprétation de l'œuvre que j'ai trouvé excellente avec un final explosif, interrogeant même les intentions de l'auteur et son vrai rapport à la femme.
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AVERTISSEMENTS AUX LECTRICES ET LECTEURS
1.- Le texte qui suit est certes un récit de fiction mais il est très largement autobiographique : il raconte la découverte de ma sexualité dans mon adolescence ; par souci de bienséance, j’ai avancé un peu le temps et je décris cela dans un cadre de lycée et non de collège, comme ça s’est passé dans la réalité. Comme c’est un témoignage qui relève de l’autobiographie, les personnages mis en scène sont pour la plupart mineurs. Cela ne peut en aucune façon être interprété comme une apologie de la pédo-criminalité , que je réprouve en tant que femme, en tant que citoyenne et en tant que personne humaine dotée d’une conscience morale.
2.- La ville de Plassans dans laquelle se déroule mon récit est une ville fictive imaginée par Émile Zola dans sa saga Les Rougon-Macquart, inspirée de ma ville d’adoption Aix-en-Provence et certaines villes de mon département natal, le Var. Par souci d’honnêteté, il fallait que je le dise. Certaines lectrices et certains lecteurs y reconnaîtront des coups d’œil.
3.- La Bretagne, c’est parce que c’est consacré à un pote du site, comme mes autres histoires.
********
***
Voilà ! Ça y est ! Enfin en seconde ! C’est la rentrée ! Yes ! Et je suis super contente d’être dans la même classe que ma pote Adélaïde.
Ouais ! Je sais ! Je suis chiante. Je raconte ma vie alors que vous en avez rien à branler. Et ? Je me la raconte à moi ! Vous n’êtes pas obligées de me lire. En tout cas, là, je suis bien, je suis heureuse. Enfin, parfois… Je suis pas heureuse quand je vois la spectacle de la connerie des gens et des fois, j’ai envie d’en pleurer.
Voilà, donc je fais ma rentrée en seconde au lycée Émile-Zola de Plassans et je viens du village voisin de Rougon avec ma meilleure pote Adélaïde Fouques. Je suis super contente qu’ils aient accpété de nous mettre dans la même classe : on a le même emploi du temps et tout donc on peut rentrer chez nous en même temps : c’est trop bien !
On a un nouveau pote dans notre classe au lycée Émile-Zola de Plassans : Loëvan. Il arrive de Bretagne. Tout blond, tout blanc, trop mignon. Notre prof principale a insisté pour qu’il se présente. Trop mimi : il a pas arrêté de balbutier en nous expliquant qu’il était de Saint-Brieuc, au bord de la mer et que sa daronne avait trouvé un taf dans le coin. J’ai pas aimé les ricanements de certains garçons. Mais qu’est-ce qu’ils foutent dans un bac général, ces connards ? On pouvait plus les blairer au collège, pourquoi il fallait qu’ils nous suivent ?
- Comment tu l’as trouvé, le nouveau ? je demande à Adélaïde dans le car qui nous conduit à Rougon à la fin de notre peremière journée de claasse.
- Il est mignon, mais tu le trouves pas un peu efféminé ?
- Oui, c’est vrai. Il a un côté comme ça… Mais je sais pas : il a l’air sympa. Et c’est pas un gros abruti de village comme au collège !
Adélaïde éclata de rire :
- Oui mais moi, je veux un vrai mec ! Pas un homo ! s’exclama-t-elle en faisant se retourner sur nous deux ou trois élèves qui commencèrent à rire.
- Fuck ! Mais ferme-la, bordel ! lui répondis-je. On va encore passer pour les deux grosses gourdasses du lycée !
Le car s’arrête à l’entrée du village. Adélaïde me demande si je veux pas venir chez elle pour se baigner dans la piscine. Elle habite une superbe villa à l’entrée du village et ses parents, la famille Fouque, sont des blindés, une des familles de blindés du pays plassantais.
- J’ai pas mon maillot de bain sur moi, lui réponds-je. On rentre du lycée.
- Je vais t’en prêter un, me répond Adélaïde.
Je n’ose pas lui répondre vu qu’on n’a pas le même gabarit et que je sais très bien qu’Adélaïde est super complexée par ses petites rondeurs alors que moi je suis jalouse de ses gros seins et que les miens sont minusculese tq ue je suis toute fine. Je lui sors un bref « d’accord » et on sort du car sous le soleil de cette fin d’après-midi.
Nous arrivons chez elle et allons dans sa chambre. Elle me propose plusieurs maillots de bains, tous trop grands pour moi. Ça me fait rire.
- Vas-y ! dis-je en rigolant. Y en a aucun qui me va ! Autant me baigner à poil !
- Et pourquoi pas ? me répond-elle sur le même ton tout en me lançant ce petit regard mutin et moqueur qui fait que je l’adore.
- Ouais ben fuck ! À une condition : tu te baignes à oilp aussi !
Elle brandit son poing, le majeur levé : « Mon cul, ouais ! »
- Ben mon cul aussi ! Tu crois que je vais me baigner à poil et toi en maillot de bain ? En plus, quand on était petites, ça te dérangeait pas ! dis-je en riant.
- Ouais mais c’est pas la même chose ! Moi, je suis… grosse… et laide… Toi, t’es un canon.
- Putain ! Mais tu dis du n’imps, sérieux ! Bon, je m’en tape ! On y va ?
On descend dans son jardin et je prends mon courage à deux mains avec un petit pincement au coeur : je me déshabille, puis j’enlève ma petite culotte. Me voilà toute nue, je tourne le dos à Adélaïde et je plonge dans la piscine, sachant qu’elle a au moins vu mon cul : « Putain ! Ça craint, sérieux ! », je pense. Et je lui dis que l’eau est super bonne ; qu’est ce qu’elle attend pour me rejoindre « T’es conne ou quoi ? ». Je la regarde pas, je fais des longueurs dans la piscine, des fois je plonge au fond en montant mon cul hors de l’eau et en écartant les jambes et je me dis « Est-ce qu’elle a maté ma chatte quand j’ai plongé ? Je suis sûre que ça se voyait ».
J’entends enfin un plouf alors que j’ai évité de la regarder. Elle sort sa tête de l’eau. Elle me sourit. Es-elle toute nue ou pas ? J’en sais rien. Je m’en fous, en fait.
Nous nageons toutes les deux et au bout d’une dizaine de minutes, je sors de l’eau et je m’assois sur le rebord de la piscine tandis qu’Adélaïde reste à faire des brasses dans l’eau. Je suis contente qu’elle se soit décidée à se baigner nue mais je ne vois que son cul à travers l’eau. Je prends place sur le bord de la piscine, j’allume une clope. J’écarte bien les jambes pour bien exhiber ma chatte à ma pote mais style de rien parce qu’en fait, j’ai honte de mon côté exhib mais j’ai trop envie de montrer ma chatte, ça m’excite, j’y peux rien ! À ce moment-là, je percute pas ce que je fais : je suis partagée dans ma tronche entre le « Putain ! Mais arrête tes conneries ! C’est ta meilleure pote ! » et le truc où j’ai dans ma tronche la représentation visuelle dans son regard de moi à poil au bord de la piscine avec mes jambes écartées (pas trop!) et ma fente épilée offerte à son regard. Ça m’excite et j’y peux rien ! Et voilà pas qu’elle me sort le truc de ouf !
- Je savais pas que tu t’épilais LÀ !
Ça veut juste dire un truc : elle m’a matée. Elle me mate la chatte au moment même où elle prononce ces mots : et ça me rend dingue. Je ressens une sorte de choc, une pulsion de désir en-dessous de mon nombril et je sens que suis en train de mouiller. « Oh putain ! La honte ! Elle va voir ma mouille ! ». Je pose ma clope dans le cendrier et je plonge dans l’eau.
- Oui, je trouve ça plus joli, que je lui réponds. Et toi ?
- Euh… non, fait-elle d’un air timide.
- Vas-y ! Monte sur le rebord et fais voir !
Adélaïde monta sur le rebord de la piscine mais elle serrait tellement les cuisses que je n’arrivais pas à voir sa chatte. J’ai rattrapé ma clope dans le cendrier au bor et je l’ai rallumée :
- Vas-y ! Écarte un peu les jambes que je vois ça ! lui dis-je en rigolant.
Elle finit par écarter les jambes et je vois sa chatte et son petit bouton qui dépasse au-dessus, signe qu’elle était aussi excitée que moi.On sort de l’eau et on s’assoit dans l’herbe dans le jardin. Je roule un petit joint avec le reste de ma beuh et on se le passe.
- On va peut-être se rhabiller, me dit Adélaïde, confuse et timide.
- Non, on est pas bien, comme ça ? Si ton darron rentre du taf plus tôt que prévu, on a nos fringues à côté : on craint dégun !
Elle dit rien. Je ferme les yeux. Je sens sur moi la chaleur de cette fin d’été, de ce début de septembre qui sent déjà l’automne mais c’est pas encore ça mais la lumière du soleil a cette tonalité orangée de fin de saison qui laisse deviner la couleur future de la forêt. Je suis allongée dans l’herbe, à poil devant ma meilleure pote, mon sexe offert à son regard. Et ma main est à l’intérieur de ma cuisse droite. On parle de choses et d’autres, les nouveaux potes du lycée, les camarades de l’an dernier qui sont partis ailleurs, des garçons canons et style de rien, allongée sur le dos, j’approche ma main de mon entrejambe : je suis excitée, j’ai trop envie de me branler ! Mais j’ose pas. Je laisse ma main là, juste à côté. Mais imaginer son regard sur ma chatte ouverte devant elle est une brûlure. Elle me parle d’un Kevin qu’elle a capté, patin couffin et tout et je m’en fous mais j’aime le son de sa voix, mon Adèle chérie…
- Et qu’est-ce que tu voudrais qu’il te fasse, ton Kevin ? que je lui demande d’un ton endormi.
Et elle m’explique. Son désir de prendre la teub du Kevin dans sa main, de le branler.vDe prendre ses couilles dans sa main. De lui faire des bisous sur son sexe. De le sucer et de le prendre das sa bouche. De voir son sperme couler. D’avaler et de gûter sa semence. De se mettre à quatre pattes et être prise et que « Putain ! Il doit avoir en avoir une grosse ! ».
- Oh Putain ! Adèle ! Arrête ! Tu m’excites ! je lui dis.
Et enfin, j’ose mettre mon doigt sur mon clito devant elle et commencer à le caresser. Je prends un peu de mouille en bas et je commence à me caresser en cercles, comme j’aime et je gémis un peu :
- Oh ! Putain ! Adèle ! Vas-y ! Continue à me dire comment Kevin y va te pécho, s’il te plaît !
Et presque sans honte, je caresse mon clito devant elle et elle me regarde et je vois qu’elle fait pareil et elle continue à me parler de son Kevin à la con et moi mes yeux regardent l’intérieur de sa chatte et elle croit que je m’excite sur les garçons et non c’est sa chatte que je kiffe et je lui montre la mienne et on rigole et je l’adore et on est potes et j’adore ses seins lourds aux aréoles brunes et « Putain ! Si tu te rendais compte comment les mecs te regardent, espèce de conne ! T’es belle qu’ils en peuvent plus et ils bavent sur toi ! ».
Mais comment c’est bon de me branler avec ma pote, sans déconner !
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Marcus rampait derrière la Domina blonde, ses mains et ses genoux sur le sol froid du club. La laisse tirée par la main de la maîtresse le guidait à travers les couloirs, les salles, les regards des invités. Il sentait le plug queue se balancer entre ses fesses à chaque mouvement, une présence constante, étrangère, excitante.
À côté de lui, la soumise rampait avec une aisance déconcertante. Une blonde élancée, aux courbes généreuses, aux hanches pleines, aux seins fermes qui se balançaient à chaque mouvement. Elle était entièrement nue, comme lui, sa peau pâle contrastant avec la peau café au lait de Marcus. Ses mouvements étaient fluides, presque dansants, comme si elle avait passé des années à cette position. Elle savait exactement comment se comporter.
Marcus ignorait tout de ces deux femmes. Leurs noms, leurs vies, leurs histoires. L'inconnu rendait tout plus intense, plus excitant. Chaque geste, chaque ordre était une découverte, une promesse.
Son érection ne faiblissait pas. Elle était parfaitement dressée, battant contre son pubis à chaque mouvement, une preuve évidente de son excitation. Il savait qu'on la voyait, qu'on la remarquait. Il sentait les regards des invités qui s'attardaient sur son sexe, sur sa queue de renard, sur son collier.
Sa démarche était maladroite. Le plug le gênait, le forçait à adopter une cambrure plus prononcée, une posture plus offerte. Parfois, quand il ralentissait ou perdait le rythme, il recevait une claque sur les fesses, un geste sec, autoritaire, qui le remettait en place.
"Avance, chienne", disait la domina. "Ne traîne pas."
Il s'appliquait, voulait être parfait, voulait mériter sa place.
Leur progression attirait l'attention. Des regards se tournaient vers eux, des chuchotements s'échangeaient. Certaines femmes souriaient, d'autres les détaillaient avec une intensité qui faisait rougir Marcus. Il voyait leurs yeux s'attarder sur son corps, sur son sexe dressé, sur sa queue de renard qui se balançait, sur la soumise blonde qui rampait à côté de lui avec une grâce parfaite.
Il adorait ça.
Une femme vêtue d'une robe de soirée noire, élégante et sophistiquée, s'approcha de la domina. Elle était grande, mince, les cheveux blonds tirés en arrière, un sourire aux lèvres. Elle posa une main sur l'épaule de la Domina.
"Madame V", dit-elle d'une voix chaude, "tu as de très belles chiennes."
Madame V sourit, un sourire de propriétaire satisfaite.
"Merci, Isabelle. La brune, je l'ai dénichée ce soir. La blonde est une découverte aussi, je l'ai rencontrée sur un site de rencontre. Je voulais la tester ce soir, voir ce qu'elle valait."
Isabelle s'approcha, se pencha pour regarder Marcus et la soumise. Ses yeux s'attardèrent sur Marcus, sur son érection, sur son regard gêné mais excité.
"Elles sont magnifiques. La brune a l'air d'avoir une belle endurance. Et la blonde..." Elle rit doucement. "La blonde a l'air très expérimentée."
Madame V rit, un rire chaud et sonore.
"La brune est une découverte de ce soir. Elle a déjà fait ses preuves à ce que j'ai vu. Elle est prometteuse. La blonde, je la teste pour la première fois."
Isabelle caressa la tête de Marcus, ses doigts glissant dans ses cheveux. Puis sa main descendit, effleurant sa joue, son cou, s'arrêtant sur son érection. Elle la caressa doucement, sentant la chaleur, la fermeté.
"Je la veux, après toi", dit-elle. "Si tu veux bien."
Madame V haussa les épaules, un geste amusé.
"J'ai quelques idées pour elle. Mais s'il lui reste des forces après, tu pourras en faire ce que tu veux. Elle en a pour quelques heures avec moi."
Isabelle sourit, un sourire satisfait.
"Ne t'inquiète pas, je ne pars qu'à la fermeture du club. J'aurai tout le temps de m'amuser avec elle."
Elle se pencha vers Marcus, sa bouche près de son oreille.
"Tu m'entends, petite pute ? Ce soir, tu vas servir deux maîtresses."
Marcus sentit un frisson le parcourir. Il hocha la tête, incapable de parler.
Isabelle se baissa, ses doigts glissant sur son sexe, récupérant quelques gouttes de liquide qui coulaient du bout du gland. Elle les porta à ses lèvres, puis, d'un geste rapide, les glissa dans la bouche de Marcus.
"Un avant-goût, petite pute. Garde-en pour moi."
Marcus déglutit, sentant le goût salé de son propre désir. Il avait honte, mais une partie de lui adorait ça. Il voulait plus.
La progression continua. Madame V les mena vers les vestiaires.
"Debout", ordonna-t-elle à Marcus. "Mets tes affaires dans ton casier. Je pense que pour ce soir, tu n'en auras pas besoin."
Marcus obéit, se releva, déposa sa chemise, son pantalon, ses chaussures dans le casier. Il verifia le collier autour du cou, le plug queue bien en place.
Madame V sourit, satisfaite.
"Parfait. Maintenant, à quatre pattes."
Ils s'agenouillèrent, se remirent en position. Elle les guida à travers le club, nus, à quatre pattes, emplugués, attirant tous les regards.
Pendant leur progression, Marcus aperçut une scène qui lui serra le cœur. Dans une alcôve ouverte, Lady Luna se tenait debout, un gode ceinture fixé autour de sa taille. Devant elle, son soumis était à genoux, la tête renversée, la bouche ouverte, accueillant l'objet que sa maîtresse lui présentait. Il le prenait profondément, les yeux levés vers elle, une expression d'adoration pure sur le visage. Lady Luna caressait ses cheveux d'une main tout en guidant ses mouvements de l'autre, un sourire de satisfaction aux lèvres.
Marcus détourna les yeux, un mélange de jalousie et d'excitation le traversant. Il n'était pas son soumis. Il ne le serait peut-être jamais.
Elle les mena jusqu'au bar, commanda un verre, puis les conduisit vers un canapé.
Elle s'assit, enleva ses talons, et posa ses pieds sur le canapé.
"Maintenant, mes chiennes, vous allez vous occuper de mes pieds. Celle qui réussira à me procurer le plus de plaisir aura une récompense. Alors faites de votre mieux."
Marcus s'approcha, sa bouche effleurant la plante du pied de Madame V. Il commença à masser, à lécher, à caresser, mais il sentit rapidement qu'il était en retard sur la soumise blonde. Elle, elle connaissait les techniques, les pressions, les zones sensibles. Ses doigts et sa langue dansaient sur la peau de Madame V avec une précision experte.
Marcus, lui, était maladroit, hésitant. Il recevait des claques sur la nuque, des tapes sur la joue.
"Plus fort, là. Plus doux, ici. Tu n'apprends donc rien, chienne ?"
Il s'appliquait, essayait de copier la soumise, mais elle était trop rapide, trop habile.
Madame V gémissait doucement sous les caresses de la soumise blonde, ses yeux se fermant de plaisir.
Marcus regardait la soumise du coin de l'œil : ses courbes généreuses, sa taille fine, ses hanches pleines, ses seins fermes qui se balançaient à chaque mouvement. Sa peau pâle contrastait avec la peau café au lait de Marcus. Elle était magnifique, offerte, experte.
"La blonde", dit Madame V, la voix un peu essoufflée, "la blonde a gagné. Elle mérite une récompense. Et toi, la brune, tu mérites une punition."
Elle se leva, remit ses talons.
"Suivez-moi. Je vais vous emmener dans un endroit plus adapté pour la récompense et la punition."
Marcus et la soumise blonde rampèrent derrière elle, à travers les couloirs du club. Marcus se sentit à la fois humilié et excité. Il avait perdu, mais il allait être puni. Et la punition, dans ce monde, pouvait être aussi intense que la récompense.
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Les crocs dehors, le regard fier, convaincue que personne ne franchira ses défenses.
Elle provoque, mord, fuit… avec ce caractère qui lui appartient.
Moi, j’y vois aussi une armure qui, avec le temps, pourrait bien se fissurer.
Je ne chercherai pas à la dompter.
Je ne lui courrai pas après.
Qu’elle teste, qu’elle provoque, qu’elle montre les crocs… je resterai là, patient et persévérant.
Elle veut garder le contrôle ? Qu’elle le garde.
Quoi de mieux qu’un électron libre, capable chaque jour de transformer la moindre certitude en improvisation ?
Alors qu’elle joue, qu’elle résiste, qu’elle se persuade qu’elle mène la danse.
Je ne chercherai pas à la conquérir.
Je resterai simplement assez longtemps pour qu’elle se demande pourquoi, parmi tous ceux qu’elle a réussi à faire partir, celui-là est toujours là.
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Chapitre I — La mise en scène
À dix-neuf heures vingt-sept, René entendit la porte d’entrée.
Il connaissait le bruit des clés de Madame Thomas, sa manière de déposer son sac, puis le rythme précis de ses pas dans le corridor. Il se plaça à genoux avant qu’elle n’entre dans le salon.
— Bonsoir, Madame.
Elle le regarda quelques secondes.
— Bonsoir, René.
Elle semblait satisfaite.
— Votre journée s’est bien passée ?
— Très bien. J’ai obtenu ce que je voulais.
René savait qu’avec elle cette phrase pouvait concerner un dossier, une négociation ou quelque chose qui le concernait directement. Il attendit.
— À vingt et une heures, tu m’attendras dans le salon, devant le canapé.
Elle marqua une pause.
— À quatre pattes.
Puis elle monta.
À vingt et une heures précises, René était en place.
Madame Thomas ne descendit pas.
Cinq minutes passèrent. Puis dix.
Il connaissait cette méthode. L’attente faisait partie de la mise en scène, mais elle avait surtout une autre fonction : elle lui rappelait que l’heure à laquelle il devait être disponible et celle à laquelle elle choisirait de l’utiliser n’étaient pas nécessairement les mêmes.
Enfin, il entendit ses pas.
Elle apparut dans une robe noire élégante, serrée à la taille par une ceinture de cuir. Ses longues bottes noires captaient la lumière à chaque mouvement.
René les regarda trop longtemps.
Madame Thomas s’assit sur le canapé et croisa les jambes.
— Toujours aussi efficace.
René releva les yeux.
— Madame ?
— Le cuir.
Elle sourit.
— Il suffit parfois de très peu de choses pour désorganiser un raisonnement pourtant convenable.
Le ton était amusé. Puis son visage changea.
René connaissait également cette transformation.
La Maîtresse venait de céder la place à l’avocate.
— Je veux discuter avec toi de quelque chose qui pourrait modifier profondément notre relation.
Il sentit son ventre se contracter.
— Mais avant cela, je veux m’assurer que nous mettons les mêmes choses derrière certains mots.
Elle se pencha légèrement vers lui.
— Depuis combien de temps es-tu mon esclave, René ?
Chapitre II — Le plaidoyer
Madame Thomas aimait plaider.
René l’avait compris bien avant de devenir son soumis. Elle ne cherchait pas seulement à imposer une conclusion. Elle préférait conduire son interlocuteur jusqu’à l’endroit où il serait obligé de la formuler lui-même.
— Plusieurs années, Madame.
— Et depuis plusieurs années, tu me dis que tu veux m’appartenir.
— Oui.
— Qu’est-ce que cela signifie ?
René hésita.
— Que vous décidez de ma place. De certaines règles. De ce que vous attendez de moi.
— Certaines ?
Il rectifia :
— De ce que vous décidez de contrôler.
Elle acquiesça.
— Et si demain tu décidais que mon autorité ne te convient plus ?
René se tut.
— Réponds.
— Je pourrais partir.
— Donc mon pouvoir existe tant que tu décides de le reconnaître.
La formulation le dérangea.
— Techniquement…
— Je déteste ce mot lorsqu’il sert à éviter une conclusion.
Elle désigna la pièce.
— Cette maison m’appartient. Réellement. Ma voiture m’appartient. Mes bijoux m’appartiennent. Mes bottes m’appartiennent.
Son regard descendit vers celles qu’il fixait encore.
— Elles ne peuvent pas décider demain qu’elles cessent de m’appartenir.
René sentit où elle voulait l’emmener.
— Et toi ?
— Je veux être votre propriété.
— Tu utilises encore un mot.
Elle se pencha.
— Cette maison m’appartient réellement. Toi, tu ne m’appartiens que parce que nous avons décidé de nous comporter comme si c’était vrai.
Silence.
— C’est précisément mon problème.
René releva les yeux.
— Votre problème ?
— Oui.
Elle se redressa.
— J’ai pris ton fantasme ultime au sérieux.
Son cœur accéléra.
— Le collier ne suffit plus ?
— Il n’a jamais été qu’un symbole.
— Alors quoi ?
Madame Thomas sourit.
— Tu vas encore trop vite.
Elle recommença à questionner. Sa place dans la maison. Son emploi du temps. La manière dont elle pouvait le présenter. Le droit qu’il lui reconnaissait de le dresser, de décider de certains usages, de déterminer les règles.
Chaque réponse semblait fermer une porte derrière lui.
Enfin René demanda :
— Vous essayez de me convaincre ?
— Naturellement.
— Et si je refuse ?
Elle eut ce sourire presque professionnel qu’il connaissait si bien.
— Je ne plaide pas pour la partie adverse.
Elle croisa de nouveau les jambes.
— J’ai trouvé une manière d’aller beaucoup plus loin que le mot « esclave ».
René attendit.
Madame Thomas le regarda longuement.
— Mais je ne te dirai pas encore comment.
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Si je vous envoie un « hommage », vous pouvez me contacter. C’est ma façon de vous indiquer que votre profil a retenu mon attention.
Concernant les demandes d’amis, je ne reçois pas les textes qui les accompagnent. Je ne sais pas pourquoi 🤷 Ne vous fatiguez donc pas à rédiger un message avec votre demande : IL NE SERA PAS LU. Faites simplement la demande.
Si je vous accepte, votre premier message devra me permettre de savoir rapidement si nous sommes susceptibles de nous correspondre. Merci donc d’indiquer directement :
- votre âge réel
- votre statut relationnel : célibataire, couple, polyamour, etc.
- votre distance réelle par la route depuis Metz, en kilomètres (si supérieure à 100km ne le contactez oas)
- si vous pouvez recevoir chez vous
- si vous pouvez vous déplacer chez moi
- vos disponibilités générales (par exemple: jamais le week-end, en journée, à partir d’une certaine heure, uniquement la nuit...)
- ce que vous recherchez auprès de moi et, plus particulièrement, la place ou le rôle que vous aimeriez avoir auprès de moi.
Pour les Homme uniquement merci de préciser :
- si selon vous vous plaisez aux femmes
- si vous êtes influant ou reconnu dans un domaine (ce que vous gagnez ne m’intéresse pas, je veux savoir si vous êtes charismatique, influant ou reconnu comme tel)
Soyez précis pour que vous comme moi ne perdions pas notre temps.
Si je ne réponds pas, attendez simplement.
Une absence de réponse est déjà une réponse pour le moment. J’accepte beaucoup de monde en amis et je les retir aussi tres facilement si je ne suis pas intéressé après m'être penché dessus.
Inutile de relancer plusieurs fois en message privé.
Si vous êtes insistant, vous serez retiré de la liste des personnes autorisées à m'envoyer des messages.
Petite précision: ma présentation paraît froide et j’en suis consciente j’en suis désolé mais je préfère être concise pour éviter tant que possible de perdre du temps.
⚠️ je ne suis pas intéressé par l’humiliation et par vous rabaissez. Mes fantasmes sont sexuelle, de domination et teintés de differentes pratiques BDSM. Je ne veux pas vous émasculer ou vous lavez le cerveau en vous rabaissant.
⚠️ les profil qui rédige par IA seront systématiquement bloqué si je vous cale
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La scène se déroule dans notre salon. Les volets sont baissés, la lumière est tamisée, créant une atmosphère lourde, étouffante, saturée d'une tension qui me tord les tripes. J'ai cette peur viscérale au ventre, une peur qui me noue l'estomac, mais qui est indissociable d'une excitation sexuelle brûlante, un volcan prêt à entrer en éruption. Je suis assis sur le canapé, les jambes croisées, une posture que je ressens comme féminine, et je serre désespérément ma petite bite entre mes cuisses molles et non viriles, comme un oiseau blessé que l'on protège.
Ma Maîtresse regarde l'heure, elle sait, elle attend. Et moi aussi. Nous attendons que l'interphone résonne.
Quand il rentre enfin, quand la porte s'ouvre et qu'il apparaît dans le salon sombre, une émotion intense, un vrai coup de poignard, me transperce l'estomac. Le respect, une soumission immédiate, une déférence totale s'impose à moi sans que j'aie le choix. Il est là, un mâle, plutôt balaise, massif, indifférent. Face à lui, je ne suis qu'une brindille, un jouet fragile. Je ne pense qu'à ça, je le sais, je le vois déjà : ce qu'il cache dans son caleçon. Ce n'est pas de la jalousie, c'est une fascination morbide, une certitude que je vais bientôt être anéanti, possédé, traversé par cette puissance qui se tient devant moi. Et pendant ce temps-là, ma Maîtresse observe la scène, le sourire en coin, maîtresse du jeu qui va bientôt me réduire à néant.
Si je suis à genoux sur ce sol, les mains dans le dos, le souffle court quelques instants plus tard, ce n'est pas le fruit du hasard. C'est l'aboutissement de semaines, de mois de patience et de dressage psychologique de sa part.
Ma Maîtresse m'a préparé à cet instant avec une méticulosité machiavélique. Dans notre quotidien, elle a méthodiquement brisé le moindre atome de ma fierté d'homme. Elle m'a interdit de faire le fier devant ses amis, m'a obligé à baisser les yeux, à me comporter en serviteur discret, à leur verser à boire en silence. Elle m'a imposé des tenues pensées pour effacer toute trace de prestance, pour exhiber au contraire ma faiblesse et mon insignifiance de mâle non viril. Elle m'a forcé à regarder les entrejambes des hommes dans la rue, à souiller mon esprit en me masturbant sur commande en pensant à eux, me pliant jour après jour à sa volonté jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de mon ego.
Et ce soir, le piège se referme. Mon corps a été entièrement épilé, préparé, et je me cache sous mes bas et cette cagoule sexy qui ne laisse apparaître que mes yeux et ma bouche maquillée. Une dépersonnalisation totale : je ne suis plus un homme, je me sens plus femelle que jamais. Dès son arrivée, la règle est tombée : interdiction de parler normalement, interdiction d'utiliser ma voix d'homme. Je ne dois répondre qu'avec une voix mielleuse, lente, et me plier à chaque ordre.
Devant moi, il y a cet autre homme qu'elle a choisi. Même si l'idée me bouscule, elle m'a appris à accepter l'inacceptable : je dois me montrer affectueuse, me laisser prendre dans ses bras, l'embrasser et me faire embrasser sans un recul, avalant le dégoût pour le transformer en pure soumission.
Je ne suis pas là uniquement pour faire plaisir à ma Maîtresse ; je le fais aussi pour laisser enfin vivre, s'exprimer et jouir pleinement la femelle qui est en moi. Je n'ai aucune attirance amoureuse pour cet homme ; il n'est qu'un pion de plus dans la stratégie de sa chérie, un bras armé de son emprise. Mon cœur, mon adoration, mes poésies et ma fidélité absolue n'appartiennent qu'à une seule personne : la femme qui me regarde depuis son fauteuil, un sourire souverain aux lèvres.
Après l'avoir cajolé et avoir sucé sa verge avec toute la ferveur et la gourmandise d'une salope dévouée pour vider ses couilles, l'instant bascule. Sur un signe ou un ordre de ma chérie, je me mets à quatre pattes. Je me cambre, je remue mon cul lascivement, exposant mes formes et mon désir ardent d'être prise, geignant et suppliant qu'on m'ouvre. Tout cela se fait sous les yeux de ma Maîtresse, installée juste en face de moi, dont je croise et soutiens le regard, droit dans les yeux, pour lui prouver que je n'appartiens qu'à elle.
L'homme s'installe alors dans mon dos et me pénètre. À cet instant précis, toute ma carapace sociale s'effondre définitivement. J'abdique tout. Tandis qu'il m'enfonce sa verge de gros diamètre en m'injuriant lourdement et en m'appliquant des claques sèches sur les fesses pour rythmer mes sursauts, ma Maîtresse s'approche. Elle se penche à mon oreille pour me rappeler ce que je suis une sale chienne, tout en m'infligeant quelques brimades et des gifles cinglantes.
Alors que l'homme se fait du bien au plus profond de moi, elle vient occuper ma bouche, s'amusant de ma soumission totale, tandis qu'elle me murmure déjà sa sentence pour la suite : la prochaine fois, c'est une deuxième queue qui remplira ma bouche. Pendant ce temps, elle contemple ma petite queue laissée libre mais rigoureusement interdite de toucher ; elle s'amuse à la faire gigoter entre ses doigts, tandis que l'homme ricane en la désignant comme mon « gros clitoris ».
Sous ce double mépris, sous ces mots qui me transpercent l'esprit et me brûlent le cerveau, je pousse un cri rauque, une plainte de chienne acculée, pleine de honte et d'une excitation incandescente. Il accélère, et l'inévitable se produit : une éjaculation puissante, bouillante, qui vient inonder et remplir mon anus. Je sens sa semence lourde se déverser au fond de moi, une sensation souveraine que j'attendais avec tant de frénésie.
Il se retire lourdement, et avant qu'il ne s'en aille, je dois m'empresser de lui laver la verge avec ma bouche, pour qu'il reparte sans un regard. Il s'en va, me laissant là, brisée et pleine de lui, sur le sol de notre salon.
Ma Maîtresse s'approche alors que je suffoque, les larmes aux yeux. Elle me prend le menton, m'ordonne d'ouvrir la bouche, et laisse tomber son crachat, lourd et méprisant, directement sur ma langue, une flèche plantée en plein cœur qui achève de me dévouer corps et âme.
Elle me donne l'ordre d'aller me doucher. Elle m'accompagne, s'assoit sur une chaise face à la cabine, et ne me quitte pas des yeux. Elle cherche à y lire ma honte, ma jouissance, l'état de cet esprit qu'elle vient de redessiner. Je sais qu'elle ne me lâchera plus jamais, qu'elle ne me laissera plus jamais être l'homme d'avant. Une fois lavée, nous venons nous installer dans le salon, allongés sur le canapé devant la télévision pour partager un moment de douce intimité. Et lorsqu'elle m'en donne l'autorisation, je peux enfin laisser murmurer ma voix, lui répéter sans cesse que je l'aime de tout mon cœur, et la supplier de me recracher dans la bouche un peu de sa salive de Reine.
Le point de non-retour est franchi. À genoux à ses pieds, baveux et tremblant, je sais enfin exactement ce que je suis : sa chose, sa chienne, infiniment heureuse d'être possédée, humiliée et aimée par elle.
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