Catégories
La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM.
Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices.
Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Nous sommes un couple uni depuis plusieurs années, Laly est une belle femme de trente-six ans, avec une belle poitrine malgré sa silhouette menue. Moi, malgré un peu de ventre on me dit séduisant ; ma carrure me donne un aspect imposant.
Nous avons décidé de réaliser un fantasme….
Entre nous, nous faisons des jeux de domination de temps en temps, mais là nous avons décidé d’être le temps que cela nous plaise, un couple soumis à une seule personne, de vrais esclaves sexuels offerts aux désirs et envies de cette personne.
Nous sommes encore pudique et plutôt débutants, ce qui nous stresse encore plus.
Après plusieurs semaines de recherche sur Internet, nous trouvons un maître charmant de par ses textes et ses idées. Pour ne pas gâcher la surprise il ne souhaite aucun échange photo, mais nous garantit un physique agréable, fin et sportif… De plus notre physique ne l’intéresse pas, nous lui avons quand même précisé que nous étions un charmant couple entretenus.
Il nous fixe un mot de passe (« rouge ») qui arrêtera tout immédiatement s’il est prononcé.
La première rencontre a lieu un après-midi. Nous aurions préféré en soirée mais jouons néanmoins notre rôle de soumis et ne discutons pas.
Devant sa porte, habillé selon le dress-code imposé par le Maître (pour Laly une robe noire, des talons et des bas noir sans aucun sous-vêtements et pour moi une chemise sobre, un pantalon en lin et rien dessous). Je demande une dernière fois à mon épouse si elle est sûre, elle me dit oui.
Lors de cette première rencontre nous devons l’appeler Monsieur et le vouvoyer. Si on souhaite continuer à lui appartenir nous l’appellerons Maître.
On sonne.
L’attente semble interminable…
Au bout de trois très longues minutes, la porte s’ouvre.
Et là, surprise ! Le Maître qui nous accueilles n’est pas un inconnu mais Xavier, que nous connaissons sans pour autant que nous soyons amis. Nos cœurs s’emballent, nos visages palissent, une gêne atroce nous traverse.
Xavier affiche un léger sourire.
— Quelle surprise, dit-il serein. Deux solutions : soit vous partez et nous en restons là, soit vous franchissez le pas et vivez des moments inoubliables.
Je regarde Laly stressée d’être là, nue sous sa robe devant une personne qu’elle connaît bien. Après un silence de plusieurs secondes elle se met à genoux et dit « bonjour Monsieur » en lui baisant les pieds. Je fais de même.
— J’admire votre courage, dit- il. Suivez moi !
On rentre dans son grand salon bien éclairé, c’est classe, propre.
D’un ton plus autoritaire et presque hautain, il ordonne :
— J’ ai envie de vous voir nu, à poil esclaves !
Je vois la tête de Laly se décomposer. Je suis surpris qu’ elle ait accepté de se soumettre, car Xavier lui fait des avances depuis des années et elle l’a toujours repoussé.
Mais elle est décidée, comme moi, à vivre une expérience troublante et unique.
Elle se déshabille. En glissant au sol sa robe dévoile son jolie corps nu. Je me déshabille également, sentant le regard de Xavier fixé sur Laly.
Il s’ approche et dit :
— Première position, position d’attente, debout jambes écartées, ceci afin d’avoir accès plus facilement à vos orifices. La tête haute, fier d’être soumis, regard baissé et mains dans le dos au-dessus des fesses car elles doivent être accessibles aussi.
Il conclue d’un ton sec :
— En position d’attente !
Et voilà, nous ne cachons plus rien. Il nous observe, détaille les moindres parties de nos corps nus et sans défense. Cela semble durer temps interminable.
Il touche les seins de Laly et descend doucement vers son sexe. Elle se recule légèrement Comme pour esquiver. Il dit d’un ton doux :
— J’ai une cravache aussi, ne bouge pas.
Cela stoppe net Laly. Il continue et prend son temps pour fouiller son sexe. Elle frissonne.
Il passe derrière elle, lui écarte les fesses tandis qu’elle rougit, et la contourne à nouveau pour se tenir avec autorité devant elle.
— Ton ticket de métro c’est joli, mais La prochain fois tu sera intégralement épilée.
— Oui, Monsieur.
— C’est bien. Tu vas devenir une bonne soumise obéissante.
Puis à ma grande surprise il saisit mon sexe et le pétrit, ce qui me fait me dandiner de semi douleur et de gêne.
Il passe derrière moi et écarte mes fesses. Je suis aussi que Laly. Je l’entends dans mon dos :
— Toi aussi, épilation intégrale. Pour devenir une bonne salope tu ne dois pas avoir de poil .
Un mélange de honte et de gêne me submerge.
Timidement, je réponds :
— Oui, Monsieur.
— Deuxième position : soumis offert.
Il saisit sa cravache.
— À quatre patte.
On s’exécute.
— Cambré.
Cette nouvelle position dégage nos trous et nous gêne à nous faire frissonner.
Et là un claquement, une brûlure sur ma fesse.
— Plus que ça, esclave ! Jambes écartées, tête au sol.
La honte totale, être ainsi devant une connaissance…
Avec sa cravache il guide Laly pour que sa position soit parfaite et s’adresse à nouveau à moi :
— On va l’agrandir ton petit trou de salope, Alex, tu vas devenir une vraie petite chienne.
Je suis tellement gêné que je reste muet. Une autre brûlure sur les fesse qui me rappelle à l’ordre.
— Oui, Monsieur.
Nous restons longtemps dans cette position ultra gênante.
Il va même jusqu’à téléphoner à un copain pour prendre des nouvelles ce qui a pour effet de relancer nos battements de cœur : pourvu qu’ il ne parle pas de nous ! Nous ne bougons d’un centimètre, le temps s’étire jusqu’à la douleur. Il se ré intéresse à nous au bout de cinq minutes qui ont paru une éternité.
— Laly, lève-toi, pose tes mains sur la table et cambre les fesses.
Elle obéit sans rien dire.
— Alex, à genoux devant elle.
Puis il s approche et me dit :
— Ouvre la bouche, salope, tu vas me mettre en condition pour que je puisse baiser ta femme.
Un mélange de honte, d’énervement et d’ excitation troublante me traverse à l’écoute de ces mots. J’ouvre la bouche et avale sa queue, c’est la première fois que j’ai un sexe d’homme entre les lèvres et toutes sortes d’émotions me traversent. Je me sens bander. Un coup de cravache me sort de mon trouble.
— Mieux que ça ! Applique-toi.
Dès qu’il est bien dur il me donne un nouvel ordre :
— Lèche Laly pendant que je me soulage.
Elle est crispée mais déjà bien humide. Je la lèche tandis que Xavier se place dans son dos pour la baiser.
— Depuis le temps que j attends ça, ajoute-t-il.
Laly baisser la tête et je n’arrive pas à savoir ce qu’elle pense.
Elle ne tarde pas à jouir. Est-ce ma langue, la bite du Maître ou la scène elle-même qui l’excite à ce point ?
Dès que Xavier a joui il me tend son préservatif pour que j’aille le jeter.
— Si vous souhaitez poursuivre je vous baiserai sans capote, mais avant on fera un test.
— Oui, Monsieur.
À mon retour je vois Laly en position de soumise et le Maître prendre des photos en disant :
— C’est pour mes amis. Je ne les leur montrerai que si je deviens votre Maître.
Puis il se tourne vers moi.
— Esclave, à toi, en position !
J’ai évidemment des questions plein la tête. Nous avons sûrement des connaissances communes. Si je deviens soumis, vais-je l’assumer ? Est ce que Laly pense la même chose ?
Après la séance photo, Xavier repasse derrière moi et je sens qu’il m’introduit quelque chose dans l’anus. Je ne bouge pas.
— Tu porteras ce rosebud souvent pour devenir une bonne chienne.
Une étrange sensation de douleur et d’excitation m’envahit.
— Levez-vous et rhabillez vous. Ce n’est qu’un avant-goût de ce qui vous attend. J’enverrai un texto demain. Si vous répondez « oui, Maître », alors nous pourrons passer aux choses sérieuses.
Durant tout le chemin du retour, nous nous sommes posés des dizaines de questions, incapables de nous arrêter de discuter de cette expérience des plus troublantes.
À peine arrivés à la maison, nous avons fait l’amour trois fois, en repensant à cette aventure et en jouissant très fort.
Le lendemain, pas de texto.
Nous attendions, sans savoir quoi répondre, mais rien.
Cette attente était comme si nous étions des enfants qui espèrent une surprise. Le texto ne venait pas et il nous tardait de le recevoir, même si nous n’étions pas du tout certain de ce que nous allions répondre.
Il arrive enfin deux jours plus tard :
« Ce soir 19 h chez moi en tenue sexy. »
Je regarde Laly :
— Que fait on ?
1.1000 vues
8 aime
Le seize septembre 1977, décède à Paris la plus célèbre cantatrice du XX ème siècle, Maria Callas. De son vrai nom,
Cecilia Sophia Anna Maria Kaloyeropoulou, est née en 1923, aux États-Unis, dans une famille d'immigrés grecs.
Celle qui s'imposera dans les années 1950 comme une star internationale, surnommée "la Bible de l'Opéra" par le
compositeur et chef d'orchestre américain Léonard Bernstein, conquiert le succès au lendemain de la seconde guerre
mondiale et il ne la quittera plus jusqu'à son retrait de la scène, en 1965. Elle est aussi devenue l'incarnation de la
Diva. Si la cantatrice n'a jamais cessé de nous fasciner, c'est bien sûr pour la légendaire rareté de sa tessiture vocale
et son expressivité digne d'une grande tragédienne, mais aussi pour sa forte personnalité, sa vie mouvementée et
sa fin tragique, qui laisse encore planer le doute. Sa mère est passionnée de musique, et commence par donner des
cours de piano et de chant à sa fille ainée, Jackie, avant de se rendre compte du talent de Maria. Elle l’incite donc à
prendre des cours de piano et de chant. En 1936, les Callas se séparent, et la mère de Maria Callas rentre au pays
avec ses deux filles. À cette période, le talent de Maria devient de plus en plus manifeste. Désormais, elle ne vit plus
le chant comme une corvée imposée par sa mère, mais comme une vocation. Car les relations maternelles sont très
tendues. Dès son enfance, la future Diva fut rejetée par une mère dépressive, handicapée par une forte myopie et
frappée de boulimie. La jeune fille trouvera son salut dans la révélation d'un don rare, une voix unique, bouleversante.
Si sa mère ne pouvait l'aimer, alors le monde entier l'admirerait. Ce timbre particulier que la Diva possédait et qu'elle
qualifiait de rebelle a su toucher des millions de mélomanes. Sans doute aussi parce qu'elle incarnait sur scène, avec
tant d'aisance et une véritable sincèrité, une sorte de rage empreinte de souffrance. Son ami et producteur, Michel
Glotz, ne parlait-il pas d'une "voix de bête fauve" ? Une insécurité maladive, un sentiment d'insatisfaction chronique
et une recherche insatiable de la perfection l'obligeront toute sa vie à se vouloir unique et incomparable. La nécessité
de concentrer sur elle tous les projecteurs lui vaudra de fortes inimitiés, même si chacun s'accorde à reconnaître la
maîtrise parfaite de ses résonateurs. Dans sa vie privée également, Maria Callas connaîtra de cruelles déceptions,
que sa soif d'absolu rend peut-être inévitable. Meneghini, le seul homme qui l'épousera, semblera moins fasciné par
la femme que la Diva. Et si elle aimera tant Aristote Onassis, ce sera sans doute parce que cet homme puissant s'est
épris de celle qui vibre justement derrière le masque de La Callas. Le milliardaire grec lui en préférera pourtant une
autre. Quoi de plus naturel alors que d'accepter d'interpréter comme seul rôle au cinéma, celui de la terrible Médée.
En 1937, Maria Callas entre au Conservatoire National Grec. Elle y étudie avec Maria Trivella, qui lui conseille de
chanter dans une tessiture plus élevée que le contralto qu’elle pratiquait jusque-là. Elle apprend donc des rôles de
soprano dramatique, qui correspondent à sa voix puissante au timbre sombre. En 1938, elle se produit sur scène pour
la première en fois dans un récital de fin d’année, où elle chante un extrait de "Tosca" de Puccini. En 1939, elle donne
sa première représentation d’opéra, dans le rôle de Santuzza dans une production étudiante de Cavelleria Rusticana
de Mascagni, âgée seulement de quinze ans. En 1939, elle passe du Conservatoire National Grec au plus prestigieux
Conservatoire d’Athènes. C’est là qu’elle passe ce qu’elle estimera être ses années les plus formatrices, auprès
d’Elvira de Hidalgo. Celle-ci est une praticienne du bel canto. Ce répertoire, alors tombé en désuétude, dont les
compositeurs les plus illustres sont Rossini, Bellini et Donizetti, met en avant la virtuosité de l’interprète, qui doit
naviguer sans peine sur une tessiture étendue et pouvoir assortir la mélodie d’un système élaboré de fioritures. Si
ce style de chant tout en légèreté et souplesse semble en opposition avec le répertoire dramatique auquel elle est
alors habituée, ce contraste contribuera pour beaucoup à son succès. Très vite, Maria Callas enchaîne les rôles forts.
Elle fait ses débuts professionnels en 1941 à l’Opéra National Grec d’Athènes, dans un petit rôle, celui de Béatrice
dans l’opérette "Boccaccio" de Franz von Suppé. En 1942, elle y joue son premier rôle important, Marta dans "Tiefland"
d’Eugen d’Albert, et continue à s’y produire tout au long de la guerre, y débutant certains de ses rôles légendaires,
en particulier Tosca. Après la Libération, elle part tenter sa chance aux États-Unis. À son départ, elle coupe alors
complètement les ponts avec sa mère. Les débuts sont difficiles, d’autant que son timbre si caractéristique n’est pas
du goût de tout le monde. Deux opportunités se dérobent. La première lui vient du Metropolitan, qui lui propose de
chanter "Madame Butterfly" (Puccini) et "Fidelio" (Beethoven) à Philadelphie. Elle refuse, car les rôles doivent être
chantés en anglais, ce qu’elle juge absurde, et qu’elle se trouve trop forte pour le rôle de Cio-Cio San. La deuxième
lui vient de l’Opéra de Chicago, qui doit rouvrir en 1946 avec une performance de "Turandot" de Puccini, mais la
production est annulée avant la première, la compagnie ayant fait faillite. Le retour aux États-Unis est très difficile.
Son art est incompris. Sa carrière suit surtout son cours en Italie, où tout démarre réellement à Vérone, en 1947.
La cantatrice se rend dans les grands théâtres transalpins. C'est alors qu'elle fait la connaissance de nombreuses
personnes qui transformeront sa vie et la mèneront à la consécration. En premier, le chef Tullio Serafin, pilier de la
Scala de Milan, qui fait office de conseiller artistique. Ensuite, Giovanni Battista Meneghini, riche héritier qu'elle
épousera et qui deviendra son agent. Maria Callas est désormais une star, ses rôles se succèdent, ses emplois
du temps se remplissent de plus en plus, elle forge sa légende. En 1947, elle obtient une audition avec le directeur
artistique des Arènes de Vérone pour le rôle-titre dans "La Gioconda" de Ponchielli. Elle décroche ainsi son premier
grand rôle. Le chef d’orchestre en est Tullio Serafin, un ancien assistant de Toscanini, qui devient son mentor et
collaborateur fréquent. À Vérone, elle rencontre également son premier mari, Giovanni Battista Menighini, qui sera
son manager jusqu’à la dissolution de leur mariage. Elle enchaîne avec la plupart des grandes scènes d’Italie.
Ainsi, en 1947, elle fait son début à la Fenice dans le rôle-titre de "Tristan et Isolde" de Wagner. La même année,
c’est au Teatro Communale de Florence qu’elle chante pour la première fois l’un des rôles qui resteront toujours
associés à son nom, la "Norma" de Bellini. La cantatrice réveille un regain d'intérêt pour des opéras longtemps
négligés de Cherubini ("Medea"), Bellini ou encore Rossini. Le quatorze avril 1957, elle chante aussi à la Scala
de Milan le rôle-titre d'Anna Bolena de Donizetti. Le triomphe sans précédent constitue le point de départ de la
redécouverte des ouvrages oubliés du compositeur. Pour Montserrat Caballé, elle ouvre ainsi de nouvelles voies.
En 1949, trois jours seulement après avoir chanté "La Walkyrie" (Brunnhilde) de Wagner à la Fenice, elle chante
Elvira dans "Les Puritains" de Bellini. L’annonce interloque. Brunnhilde est un rôle wagnérien par excellence, qui
exige une voix de grande puissance, tandis qu’Elvira est prisée par les voix plus délicates, plus encore que Norma.
Le grand écart paraît donc total, d’autant que Maria Callas doit apprendre le rôle à la dernière minute. Et pourtant,
"Les Puritains" est un triomphe. Maria Callas insuffle justement une vigueur dramatique dans ce rôle, qui n’était
alors considéré que comme un vain exercice de vocalise. D’ailleurs, l’interprétation du bel canto par la Callas est
moins une innovation qu’un retour aux origines, puisque les compositeurs de ce répertoire n’écrivaient pas leurs
rôles pour des sopranos légères mais pour des voix graves et sombres quoique capables d’aller dans un registre
de colorature, comme Maria Malibran. Maria Callas génère un regain d’intérêt pour le bel canto. La même année,
elle effectue ses premiers enregistrements, permettant à sa voix si particulière d’être entendue à travers le monde.
La Callas est d’ailleurs probablement la première diva de l’ère des enregistrements scéniques. Sa voix se distingue
par trois registres différents. Un premier dans les graves, sombre et dramatique, un deuxième dans les médianes,
dont le timbre a souvent été comparé à un hautbois, et un troisième dans les aigus, d’une puissance et d’un éclat
sans commune mesure avec la plupart des coloratures. Cette spécificité fait dire à certains que Maria Callas a trois
voix, phrase qui peut être voulue comme un compliment ou comme une insulte. Ses admirateurs trouvent que cette
diversité vocale permet de moduler la voix selon la tonalité de l’action, ce qui insuffle une richesse incomparable à
chaque rôle qu’elle incarne, tandis que ses détracteurs considèrent ces registres disparates comme une hérésie.
En 1950, elle fait ses débuts à la Scala de Milan en remplaçant Renata Tebaldi dans le rôle d’Aida. Sa rivalité avec
cette dernière défraie la chronique tout au long de leurs carrières. Il semblerait cependant que cette rivalité ait été
largement exagérée par les journaux de l’époque, qui n’ont eu de cesse de comparer la Callas avec cette autre
très grande étoile de l’opéra, au style beaucoup plus conventionnel, donc bien mieux accueillie par les puristes.
Elle fait son vrai début à la Scala en 1951, en Elena dans "Les Vêpres Siciliennes" de Verdi. Elle y reviendra
régulièrement au cours de la décennie suivante. Elle s’illustre alors non seulement dans les classiques du répertoire,
comme Norma ou la Traviata, qu’elle chante pour la première fois à Florence en 1951, mais aussi dans des œuvres
moins données, qu’elle contribue à faire revivre. Elle chante Médée de Cherubini, un autre de ses rôles fétiches, au
Teatro Communale de Florence en 1951, ainsi qu’Armida de Rossini, à Florence également, en 1952. La même
année, elle fait ses débuts à Covent Garden dans "Norma", où chante également la jeune Joan Sutherland, qui
deviendra l’une des chefs de file de la génération post-Callas. En 1953, elle réalise un célébrissime enregistrement
de Tosca pour EMI, peut être son disque studio le plus renommé. La même année, alors qu’elle s’apprête à chanter
Médée à Florence, elle entame un régime drastique. Sa perte de poids aura un impact sur sa voix, mais son nouveau
physique contribue à son aura et à son statut de vedette. En 1954, elle chante "La vestale" de Spontini à la Scala.
C’est également en 1954 qu’elle fait ses débuts au Lyric Opera de Chicago. La présence de Maria Callas à Chicago
donne ses lettres de noblesses à la jeune institution. Pourtant, elle jure de ne plus remettre les pieds dans cet opéra
après une performance de "Madame Butterfly" qu’elle y donne en 1955. En effet, les applaudissements n’ont pas
encore cessé lorsqu'un marshal fait irruption dans sa loge pour lui apprendre qu'un ancien manager lui réclame de
l'argent. Un paparazzi immortalise l’instant où Maria Callas, encore en kimono, pourchasse le marshal, son visage
figé dans un rictus de rage. La photo, qui fait le tour du monde, contribue à cimenter son image de prima donna
impétueuse. Toutefois, sa carrière est à son apogée. Elle réalise notamment deux de ses performances les plus
légendaires à la Scala, dans les rôles de "La Somnambule" de Bellini et de "Violetta" dans "La Traviata" de Verdi,
ainsi qu’une "Lucia di Lammermoor" de Donizetti exceptionnelle à l’Opéra d’Etat de Berlin sous la direction de Karajan.
Elle continue d'ailleurs peu après d'y réaliser certaines de ses performances les plus légendaires, comme celle du
rôle-titre d’Anna Bolena de Donizetti en 1957. En 1958, elle fait ses débuts à l’Opéra de Paris en récital. La même
année, la Traviata qu’elle enregistre à Lisbonne rentre à jamais dans les annales, tout comme sa Médée de Dallas.
La décennie 1960 est en dents de scie. Sa voix se dégrade du fait du nombre important de concerts chantés, du
régime drastique que la cantatrice s'impose et d'une maladie mal diagnostiquée. Les médias donnent désormais
une grande importance aux aspects extra-professionnels de sa vie, tels que sa liaison avec le magnat grec Aristote
Onassis, dont elle devient la maîtresse, lors d’une croisière à laquelle ils participent tous les deux accompagnés de
leurs conjoints. Au terme de la croisière, le mariage de Callas est terminé. Elle pense épouser Onassis, mais si
celui-ci divorce de sa femme, il n’épousera jamais Maria Callas. Elle consacre tout de même de plus en plus temps
à cette relation. Ses apparitions scéniques se font sporadiques. Sa voix commence à échapper à son contrôle. Sa
prise de rôle la plus fameuse durant les années soixante est celle de "Carmen" de Bizet, qu’elle enregistre à la
salle Wagram en 1964, dans lequel elle parvient à transcender les limites de sa voix grâce à son intensité dramatique.
Elle ne chantera cependant jamais le rôle sur scène. En 1964-1965, elle réalise ce qui s’apparente à une tournée
d’adieu, donnant les rôles les plus emblématiques de sa carrière dans les plus grandes salles, Médée, Norma et
Tosca. Sa performance de "Tosca" à Covent Garden est filmée par Franco Zefirelli. Son vieil ami, Tito Gobbi lui
donne la réplique en interprétant Scarpia. Mais Maria Callas n'a plus le goût de la scène et son public le ressent.
Les dernières années de sa vie sont amères. Même si elle renonce à la nationalité américaine en 1966, ce qui
revient à divorcer de Menighini, puisque la Grèce ne reconnaît que les mariages célébrés par l’Église orthodoxe,
Aristote Onassis conserve sa distance. Il met même fin à leur liaison en 1969 afin d’épouser Jacqueline Kennedy.
La même année, elle joue Médée dans le film de Pasolini. Il ne s’agit pas d’une version filmée de l’opéra de
Cherubini qu’elle a tant chanté, mais de son premier et unique rôle parlé. Le tournage s’avère éprouvant, et le
film reçoit un accueil mitigé. En 1970, elle est hospitalisée après une overdose de barbituriques, qu’elle affirme
accidentelle. En revanche, la série de master-classes en 1971-1972 à la Juilliard School est un réel succès,
non seulement parce qu’elle fait salle comble, mais aussi car elle témoigne de réels dons pédagogiques. Elle
entame une relation avec le ténor Giuseppe di Stefano, lui aussi en fin de carrière, avec lequel elle entame
une tournée mondiale de récitals en 1973. Les critiques sont sans merci, mais le public est au rendez-vous.
Son dernier concert a lieu le dix novembre 1974, au Japon. Elle entre dans l'ultime et tragique phase de sa vie.
Nous sommes le quinze mars 1975. Maria Callas, qui a fait ses adieux au public et réside désormais seule à
Paris où elle s'est retirée du monde dans son appartement parisien au troisième étage du trente-six avenue
Georges Mandel où ses seules occupations sont d'écouter ses vieux enregistrements et de promener ses
caniches en empruntant chaque jour le même itinéraire, apprend la nouvelle qu'elle redoutait tant, la mort du
seul amour de sa vie, Aristote Onassis. C'est un coup terrible pour celle qui lui a rendu visite à plusieurs reprises,
durant son agonie, à l'Hôpital américain de Neuilly. Malgré le temps passé et les trahisons, Onassis est demeuré
sa seule passion. Huit mois plus tard, le deux novembre 1975, une nouvelle épreuve frappe la Diva. Le réalisateur
italien Pier Paolo Pasolini, celui qui six ans plus tôt, lui avait offert le rôle principal dans son film "Médée" et à qui
elle devait en partie la résurrection de sa carrière, est sauvagement assassiné sur une plage, près de Rome.
Mais la terrible série noire se poursuit. Le dix-sept mars 1976, c'est Luchino Visconti qui décède à son tour.
Épuisée moralement et physiquement, prenant alternativement des barbituriques pour dormir et des excitants dans
la journée, se soignant à la coramine pour ses brusques chutes de tension, elle meurt brutalement d'une embolie
pulmonaire le seize septembre 1977, à l'âge de cinquante-trois ans. Sur sa table de chevet sont retrouvés des
comprimés d'un hypnotique, dont elle aurait pu, par accident, absorber une trop forte dose. Comment ne pas
envisager le suicide ? Celle qui avait été l'une des plus flamboyantes chanteuses lyriques au monde apparaissait
comme une femme prématurément viellie. Tout au long de sa carrière, Maria Callas aura cultivé une farouche
indépendance. Elle n'aura eu de cesse de vouloir concentrer sur elle toute la lumière, au risque de se brouiller avec
ses partenaires de scène, femmes et hommes. Le suicide de la Diva au moyen d'une surdose de médicaments
est donc concevable. Maria Callas fut incinérée au cimetière du Père-Lachaise où une plaque (division quatre-vingt-
sept) lui rend hommage mais dès le premier jour, l'urne funéraire disparut puis fut retrouvée miraculeusement deux
jours plus tard. Ses cendres, ou ce que l'on pense être comme telles, seront dispersées en 1980 en mer Égée,
au large des côtes grecques, selon de prétendues dernières volontés, jamais retrouvées. On a pas fini de s'interroger
sur les circonstances et les causes réelles de sa disparition. Mais n'est-ce pas là le lot des gloires immortelles ?
Bibliographie et références:
- Yann Brice-Dherbier, "Maria Callas, les images d'une vie"
- Félix Guillermo Daglio, "Maria Callas"
- Claire Alby, Alfred Caron, "Passion Callas"
- Alain Duault, "Dans la peau de Maria Callas"
- René de Ceccatty, "Maria Callas"
- Madeleine Chapsal, "Callas l'extrême"
- Anne Edwards, "Maria Callas intime"
- Eugenio Gara, "Maria Callas"
- René Leibowitz, "Le secret de la Callas"
- Pierre-Jean Rémy, "Callas, une vie"
- Éric-Emmanuel Schmitt, "La Callas"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
619 vues
14 aime
Ma vie ne tient qu’à un fil. Une cordelette rouge vif. Selon ses désirs, elle se glisse autour de mes seins, de mon cou, de mes reins. Elle vient fendre mes lèvres les plus charnues, s’humidifier à ma source, écarteler les deux belles pommes qui forment mon cul.
Il aime que je garde cette corde sur moi. Elle me suit partout. Dans les cabines d’essayages où je m’étreins le sein, dans ma voiture pendant que je dévore sa queue, et même quand je marche dans la rue, sentant les fibres se frotter contre mon sexe gonflé d’envie, inondant mes cuisses.
Mon maître veut des photos, que je m’empresse de lui donner, car je veux plaire à mon maître. Ce fil est notre lien, la distance notre fardeau. Quand je verrai mon maître, il jouera avec mon corps, il serrera le lien pour me garder tout contre sa peau, il tirera sur la corde pour me prendre au plus profond. Il attachera mes poignets et mes chevilles pour jouer avec mon con, y introduire toutes sortes d’objets oblongs car mon maître sait qu’il s’agit de l’un de mes jeux favoris.
Je retrouve toujours mon maître grâce à ce fil. Qu’il me partage ou me garde à lui, que ses amis me baisent ou qu’il passe la soirée à me regarder me caresser seule, mon maître n’a pas besoin de me mettre un collier, sa cordelette rouge vif va toujours me ramener.
596 vues
3 aime
La soirée était bien avancée mais Maîtresse Adèle ne semblait pas vouloir s’arrêter à ces préliminaires.
Profitant que ses amies étaient bien occupées avec mes collègues soumis, elle nous entraîna à l’étage. C’est Maîtresse Adeline qui tenait la laisse et me tirait sans ménagement tandis que Maîtresse Adèle lui caressait délicatement les fesses. J’étais un peu jaloux de temps de délicatesse mais je me tut pour ne pas risquer les foudres de ma Maîtresse.
Je fut jeté sur le lit, sur le dos, et pendant que Maîtresse Adèle m’attachait les poignets à la tête de lit, Son élève Adeline me noua les chevilles aux pieds. J’étais à leur merci bandeau et bâillon vinrent compléter la contrainte. A ma grande surprise, je n’avais pas peur et j’étais très excité d’être à leur merci ainsi. Les tortures arrivaient toute en surprise et ceci me fit bien bander. Je devinais que mes Maîtresses se délectaient de cette érection car je recevait des coups de badines sur ce sexe tendu. Des pinces ne tardèrent pas à garnir mes tétons. Je senti la douleur quand elles tirèrent dessus. Une chaîne devait les relier ensemble car la tension semblait égale. Elle relâchaient la tension puis reprenait un peu plus fort. Cela dura, mais je ne sentais presque plus la douleur jusqu’au moment où mes Maîtresses libérèrent les tétons. C’était un éclair de douleur mais je ne pouvais même pas crier ce qui rendit le supplice des plus jouissif.
La badine continuait à torturer ma bite et mes couilles maintenant toujours cette érection un peu contre nature. Rapidement, je senti Maîtresse Adeline s’empaler dessus et faire les va-et-vient qui firent monter mon désir et surtout mon envie de jouir. Maîtresse Adèle ne perdait pas son temps et était venu se placer à califourchon sur mon visage. En glissant d’avant en arrière, la boule de mon bâillon devait bien l’exciter car je sentais son liquide royale me couler sur la bouche. J’essayais désespérément d’en capter la moindre goutte.
Maîtresse Adeline finit par me faire jouir et j’éprouvais une grande fierté à avoir éjaculer en elle. Presque au même instant, je sentis l’orgasme de Maîtresse Adèle déjà par un soupir de satisfaction et par une éjaculation abondante. Moi qui avait toujours rêvé de faire l’amour à une femme fontaine, j’étais servi.
Mes Maîtresses se détournèrent de moi, me détachèrent et m’entraînèrent dans un sorte de panier, probablement plus destiné à un chien qu’à un humain.
Abandonner dans ce panier sans avoir pu me débarbouiller et sans qu’elles m’aient libéré de mes baillons, je me recroquevillais pour trouver un peu de sommeil.
Malgré la fatigue, je devinais bien que Maîtresse Adèle continuait l’éducation de Maîtresse Adeline en la soumettant à ces caprices. Finalement la fatigue fut plus forte et je m’endormis comme le chien que j’étais devenu.
Mes rêves m’avaient abandonnés et je devais encore dormir profondément quand je sentis le jet chaud d’un liquide que je ne mis pas longtemps à identifier comme l’urine de ma Maîtresse. Lestement, elle avait retiré mes baillons et m’intima l’ordre de tout avaler. Un fois soulagé, c’est maîtresse Adeline qui est venu se soulager dans ma gorge. Pas de doute, j’avais eu droit à mon petit déjeuner ; Champagne royal. Mes Maîtresses étaient ravies.
Elles me traînèrent dans la douche, toujours avec ma laisse attachée où vous savez et je déchantais vite en comprenant qu’elle n’avait aucune intention de me laver à l’eau chaude.
Je grelottais mais j’avais quand même la satisfaction de ne pas sentir trop mauvais.
Le chien que j’étais devenu ne bénéficia pas de la serviette et bien entendu il m’était interdit de m’ébrouer. Je fus emmené sur une petite terrasse et ce sont les premiers rayons de soleil de la journée qui me séchèrent.
J’avais froid mais j’avais une telle fierté d’avoir découvert ce monde sans aucune concession que mon cœur réchauffait mon corps.
Depuis notre arrivée Maîtresse Adèle ne m’avais que peu parlé et je ne savais pas trop si j’avais été à la hauteur. Alors quelle surprise quand je la vis venir me chercher sur la terrasse et me féliciter pour ma prestation d’ensemble.
« Je suis fière de toi me dit-elle, tu as été digne de ta Maîtresse »
Vous n’avez jamais été envahi par un sentiment d’importance ? Et bien j’étais subjugué.
Mais je retombais vite sur terre, à ma condition d’esclave.
« Aujourd’hui, nous allons organiser un jeu de cache-cache dans le parc alors tu reste comme cela, tout nu comme Adam et Eve » me lança Maîtresse Adèle.
A suivre
577 vues
11 aime
Nous ne conservons en mémoire que les prouesses marginales, les nuits d'excès, les scènes d'humiliations, les actes
pervers et les situations paradoxales ou baroques. Aussi pour réveiller les souvenirs de notre mémoire érotique, il nous
faut déambuler dans le grenier de notre cerveau pour y ouvrir de vieilles malles à la recherche de porte-jarretelles, de
lettres coquines et délicieusement salées. Parfois nous retrouvons dans ce bric-à-brac des amours mortes une ceinture
oubliée qui laissait sur la peau satinée d'une jeune fille des stries d'un rouge vif et provoquait chez elle une réaction vive
où se mêlaient l'effroi, la pudeur offensée, la reconnaissance. Nous revoyons les menottes dont elle autre souhaitait qu'on
lui attache ses gracieux poignets aux montants du lit. D'autres objets ou manigances du plaisir surnagent dans la mémoire,
devenus tout aussi incongrus, obsolètes et poussiéreux que les anachroniques bicyclettes de l'arrière-grand-père. La
ceinture est là, racornie, craquelée, mais que sont devenues la délicieuse croupe prête à recevoir son châtiment désiré,
et la jeune femme aux airs de collégienne qui voulait être punie ? Elle est sans doute aujourd'hui, une mère de famille
honnête, qui sait même, donne des leçons de catéchisme et qui se récrierait bien haut si on avait l'indélicatesse de lui
rappeler ses anciens égarements et ses pâmoisons illicites. Chaque femme possède sa manière bien à elle de faire
l'amour. Elle a son identité sexuelle, ses seins éprouvent des émotions particulières, son sexe est aussi singulier que son
empreinte digitale. Au même titre que la teinte de ses cheveux, sa taille, la couleur de ses yeux. Le sexe de chacune a
son rythme propre, sa palpitation, son émoi. Si on pose l'oreille sur sa vulve comme on procède aussi avec les grands
coquillages pour écouter la mer, on entend une longue plainte distincte, un frisson venu des profondeurs de l'être qui sont
la marque d'une personne unique. Cette identité sexuelle, doit-on la taire ou en révéler les expressions, les appétits, les
fièvres ? Nul n'est besoin de la décrire. Dans la nuit noire, les yeux bandés, l'amante reconnaît le goût de sa bouche, de
son sexe, avec leur rythme ardent ou paresseux, son haleine chaude, son parfum lourd ou opiacé, sa saveur acide ou
âcre de tabac. Toute amoureuse possède sur se sujet un certain appétit. Mais il n'est pas certain qu'elle désire toujours
être rassasiée. Au contraire, il peut lui être gré de ne rien imposer et de laisser libre cours à son imagination. Car c'est un
paradoxe. Plus on décrit les gestes de l'amour, plus on les montre, plus la vision se brouille. En matière sexuelle, on ne
voit bien que soi-même. Et la description sexuelle risque d'égarer la curiosité. C'est donc aux deux amantes de remplir
avec leur imagination sentimentale ou érotique, les blancs, les points de suspension, les corsages dégrafés, les bas
déchirés et les porte-jarretelles entrevus, que le désir leur offre afin qu'elles les agrémentent à leur guise. L'amour le plus
beau, c'est celui qui nous donne un canevas pour reconstruire notre vie, nos rêves et nos fantasmes. Ce sexe crûment
exposé, on l'emploie souvent comme cache-misère de l'indigence romanesque. Comme dans un rêve, on entendait le
feulement de Charlotte monter peu à peu vers l'aigu et un parfum déjà familier s'exhala de sa chair sur laquelle les lèvres
de Juliette étaient posées. La source qui filtrait de son ventre devenait fleuve au moment qui précède le plaisir et quand
elle reprit la perle qui se cachait entre les nymphes roses qu'elle lui donnait. Elle se cambra alors de tous ses muscles.
Sa main droite balaya inconsciemment la table de travail sur laquelle elle était allongée nue et plusieurs objets volèrent sur
la moquette. Un instant, ses cuisses se resserrèrent autour de sa tête puis s'écartèrent dans un mouvement d'abandon
très doux. Elle était délicieusement impudique, ainsi couchée devant Juliette, les seins dressés vers le plafond, les jambes
ouvertes et repliées dans une position d'offrande totale qui lui livrait les moindres replis de son intimité la plus secrète.
Quand elle commençait à trembler de tout son être, elle viola d'un doigt précis l'entrée de ses reins et l'orgasme s'abattit
sur elle avec une violence inouïe. Pendant tout le temps que le feu coula dans ses veines, Juliette but les sucs délicieux
que son plaisir libérait et quand la source en fut tarie, elle se releva lentement. Charlotte était inerte, les yeux clos, les
bras en croix. Venant d'un autre monde, sa maîtresse entendit sa voix lui dire qu'elle était heureuse et qu'elle voulait que
cela ne finisse jamais. Juliette s'agenouilla entre ses jambes et Charlotte voyait ses cheveux clairs onduler régulièrement
au-dessus d'elle. Sa vulve était prisonnière du plus doux et du plus chaud des fourreaux qui lui prodiguait la plus divine
des caresses. Un court instant, elle s'interrompit pour lui dire qu'elle n'aurait jamais cru que c'était aussi bon de se
soumettre puis brusquement, adorablement savante, sa main vint se joindre à ses lèvres et à sa langue pour la combler.
Mille flèches délicieuses s'enfoncèrent dans la chair de Charlotte . Elle sentit qu'elle allait exploser dans sa bouche. Elle
voulut l'arrêter mais bientôt ses dents se resserrèrent sur la crête rosée. Un plaisir violent et doux s'abattit sur les deux
amantes et le silence envahit la pièce. Le plafond était haut, les moulures riches, toutes dorées à la feuille. Juliette
invita Charlotte à pénétrer dans la salle de bains où elle fit immédiatement couler l'eau dans une baignoire digne d'être
présentée dans un musée, un bassin en marbre gris à veinures rouges, remontant à l'avant en volute, à la façon d'une
barque. Un nuage de vapeur emplissait le monument. Elle se glissa dans l'eau, avant que la baignoire ne fut pleine. La
chaleur est une étreinte délicieuse. Une impression d'aisance l'emplit. Voluptueuse, Charlotte s'abandonna à ce bien-être
nouveau sans bouger. Le fond de la baignoire était modelé de façon à offrir un confort maximum, les bords comportaient
des accoudoirs sculptés dans le marbre. Comment ne pas éprouver un plaisir sensuel ? L'eau montait sur ses flancs,
recouvrait son ventre pour atteindre ses seins en une onde caressante. Juliette ferma les robinets, releva les manches de
son tailleur et commença à lui masser les épaules avec vigueur, presque rudesse. Ses mains furent soudain moins douces
sur son dos. Puis alors à nouveau, elle la massa avec force, bousculant son torse, ramollissant ses muscles. Ses doigts
plongèrent jusqu'à la naissance de ses fesses, effleurant la pointe de ses seins. Charlotte ferma les yeux pour jouir du
plaisir qui montait en elle. Animé par ces mains fines et caressantes qui jouaient à émouvoir sa sensibilité. Une émotion la
parcourut. L'eau était tiède à présent. Juliette ouvrit le robinet d'eau chaude et posa ensuite sa main droite sur les doigts
humides de Charlotte, l'obligeant à explorer les reliefs de son intimité en la poussant à des aventures plus audacieuses.
Juliette perdit l'équilibre et bascula sur le bord de la baignoire. Son tailleur trempé devint une invitation à la découverte,
et la soie blanche de son corsage fit un voile transparent révélant l'éclat de ses sous-vêtements. Elle dégrafa sa jupe et
se débarassa de son corsage. Dessous, elle portait un charmant caraco et une culotte de soie, un porte-jarretelle assorti
soutenant des bas fins qui, mouillés, lui faisaient une peau légèrement hâlée. Ses petits seins en forme de poire pointaient
sous le caraco en soie. Elle le retira délicatement exposant ses formes divines. Bientôt, les mains de Charlotte se posèrent
langoureusement sur ses épaules et glissèrent aussitôt sous les bras pour rencontrer les courbes fermes de la poitrine.
Son ventre palpita contre les fesses de son amante. Elle aimait cette sensation. Peu à peu, ses doigts fins s'écartèrent du
buste pour couler jusqu'à la ceinture élastique de la culotte. La caresse se prolongea sous le tissu. Juliette pencha la
tête en arrière et s'abandonna au plaisir simple qui l'envahit. Alors, rien n'exista plus pour elle que ce bien-être animé par
le voyage de ces doigts dans le velours de sa féminité. L'attouchement fut audacieux. Combien de temps restèrent-elles
ainsi, à se caresser et à frissonner, ne fut-ce pas un songe, l'ombre d'un fantasme ? Elles n'oseraient sans doute jamais
l'évoquer. Mais brusquement, revenue à la réalité, Juliette se rhabilla et abandonna Charlotte sans même la regarder.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
646 vues
13 aime
Il y aurait beaucoup de choses à lui dire, mais d'abord, celle-ci, que je crains de deviner en elle, de la légèreté.
Elle aimait la légèreté des choses, des actes, de la vie. Elle n'aimait pas la légèreté des êtres, tout ce qui était
un peu au-dessus du niveau semblait heurter Charlotte. Elle ne recherchait pas à s'attribuer beaucoup de mérites
en ce monde ni dans l'autre, celui de l'abandon. Un sentiment d'insécurité pour son corps sans cesse meurtri. Elle
était bien jeune et ne savait même pas si elle possédait un peu de lumière. Juliette était arrivée quand elle était
dans l'ombre, et maintenant, il fallait arranger les choses. Tant pis pour elle. Les souvenirs qui ont su être poètes
de sa vie, c'est à dire dans le désordre, plaisir et enivrement de l'imagination. Mais dans la moindre de ses paroles,
raisonnable douce-amère, ce cadeau impérieux du ciel, le lot avait oublié sa jeunesse, l'allégresse avec laquelle
elle devait accepter l'insistance, la mauvaise grâce, et la maladresse. Comme le fouet et les doubles fenêtres pour
que l'on ne l'entende pas hurler. Ses mains s'agrippaient aux colonnes du lit, où Juliette les immobilisait à l'aide de
fines cordelettes qui lui sciaient les poignets. Des sangles passaient dans les bracelets de ses chevilles. Elle était
allongée sur le dos, de telle façon que ses jambes surélevées et écartelées laisse à Juliette toute la fantaisie de la
fouetter. Elle était debout à coté d'elle, un martinet à la main. Aux premières cinglades qui la brûlèrent aux cuisses,
Charlotte gémit. Mais elle ne voulait pas demander grâce, même quand sa Maîtresse passa de la droite à la gauche.
Elle crut seulement que les cordelettes déchireraient sa chair, tant elle se débattait. Mais Juliette entendait marquer
sa peau de traces nobles et régulières et surtout qu'elles fussent nettes. Il fallut subir sans souffle, sans troubler
l'attention de Juliette qui se porta bientôt sur ses seins. Elle allait retrouver sa considération en s'accommodant de
son statut d'esclave et non pas de soumise. Et il n'était pour elle de plus grand bonheur que de se savoir appréciée.
L'amour mais avec un arc-en-ciel d'émotions vertigineuses en plus rayonnait toujours chaque parcelle de son corps.
Charlotte n'avait pas très mal. Chaque cinglement amenait seulement un sursaut, une contraction de ses muscles
fessiers, mais peu à peu, une douce chaleur irradia sa croupe, se propageant à son vagin. Une torsion des cuisses
et de ses hanches donnait au corps un balancement lascif. De la bouche de la suppliciée sortirent de longs soupirs,
entrecoupés de sanglots. Juliette, excitée, commença à frapper plus fort par le travers et les gémissements furent
plus profonds. En même temps qu'elle entendait un sifflement, elle sentit une atroce brûlure sur les cuisses et hurla.
Elle la flagella à toute volée sans attendre qu'elle se tût, et recommença cinq fois, en prenant soin de cingler chaque
fois, ou plus haut ou plus bas que la fois précédente, pour que les traces fussent quadrillées. Charlotte crispa ses
poignets dans les liens qui lui déchiraient la chair, le sang monta à sa tête. Alors Juliette s'accroupit près des épaules
de Charlotte et lui caressa le visage, penchée sur elle, lui donnant de longs baisers qui grisèrent la soumise éplorée.
Mais elle recommença, frappant plus fort, les fines lanières s'écrasèrent dans un bruit mat sur la pointe des seins.
Charlotte laissa couler quelques larmes. Alors Juliette arrêta de la flageller. Elle ne la détacha pas de ses liens,
mais la laissa ainsi exposée, le reste de la soirée, deux longues heures, cuisses ouvertes et relevées sur le lit.
Elle ne cessa de souhaiter refermer ses jambes. Penchée sur le ventre offert de sa soumise, Juliette posa ses
lèvres frémissantes sur le sexe humide et ardent, la faisant sombrer dans une indicible félicité, tandis que de
sa bouche s'échappait la plainte d'amour, des gémissements étouffés de la chair humide et palpitante, elle céda
à la jouissance. Juliette dut maintenir ses hanches à deux mains, tant les sursauts du spasme furent violents et
ininterrompus. Elle se consuma. Sans doute, ce ne fut pas là seulement la sensation du plaisir mais la réalité
même. Penchée au-dessus d'elle, Juliette tenait à la main une bougie. D'un geste lent, le bougeoir doré s'inclina sur
sa peau, la cire brûlante perla ses seins en cloques blanchâtres et incandescentes. Son martyre devint délicieux.
Le fantasme d'être brûler vive augmenta son excitation. Elle perdit la notion du temps et de la douleur. Elle aimait
l'idée du supplice, lorsqu'elle le subissait elle aurait trahi le lien qui l'unissait à Juliette pour y échapper, quand il était
terminé elle était heureuse de l'avoir subi d'autant plus épanouie qu'il avait été plus long et plus cruel. Sa Maîtresse
ne s'était pas trompée à l'acquiescement ni à sa révolte, et savait parfaitement que son merci n'était pas dérisoire.
Charlotte ne se lassait de sentir le satin de ses caresses, de haut en bas et de bas en haut. C'était toujours comme
pour la première fois qu'elle éprouvait le bonheur dans la forme la plus belle de la soumission, celle de l'abnégation.
De la souffrance qu'elle aimait subir, elle n'en éprouvait aucune honte. Se laisser fouetter, s'offrir à des inconnues,
être toujours accessible, aimable et nue. Elle ne se plaignait jamais. Pour l'amour qui faisait battre son cœur, on ne
la forçait jamais. On était fâché contre elle parce qu'on ne lui connaissait pas de rébellion. C'était de la discrétion.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
938 vues
18 aime
Je n’avais plus tellement la notion du temps mais nous étions sans doute arrivé en milieu d’après-midi. Je ne distinguais pas toute la pièce depuis ma cage mais j’ai vite deviné qu’une des maîtresses était là pour apprendre. Elle avait 3 belles et grandes maîtresses expérimentées dont Maîtresse Adèle pour la conseiller et je devinais que nous serions la matière première de cette instruction.
Nous approchions du repas et nos Maîtresses vinrent nous chercher. Chacun de nous fut habillé selon la tâche qui lui était assignée.
Maîtresse Adèle me passa un string minimaliste constitué de 2 cordelettes. Je le sentais bien dans ma raie mais vous pensez bien qu’il ne me cachait pas vraiment mes outils.
Elle me tendit également une jupette de soubrette noir avec un petit tablier blanc. Après l’avoir enfilé, je constatais que mes fesses restaient bien à l’air. Je fus désigné pour mettre la table et faire le service.
Mes collègues soumis furent affublés d’un tablier qui ne les couvrait pas plus que moi. Ils devaient préparer le repas.
Pendant qu’ils s’affairaient en cuisine, je m’affairais à mettre la table. Maîtresse Adèle n’était pas loin, un beau fouet dans les mains. Je compris vite, déjà pourquoi mes fesses restaient à l’air et aussi pourquoi Maîtresse Adèle restait à portée de main, ou plutôt à portée de fouet !
Maîtresse Adèle :
« les couverts ne sont pas droit, met les correctement »
Le fouet déchirait l’air et aussi la partie charnue de mon individu. Pas facile de mettre des couverts parfaitement droit quand la lanière s’abat sur vous.
Les 2 autres maîtresses dirigeaient mes collègues soumis et j’entendais que leur corps ne restait pas vierge de coups.
Maîtresse Adeline, qui était la novice, vint près de nous. Maîtresse Adèle lui tendit le fouet et la dirigea prestement… sur mes fesses bien entendu. Je compris alors la différence entre une maîtresse expérimentée et une novice ; Les coups étaient nettement moins précis et la force pas vraiment maîtrisée. Mon bas du dos en souffrit un peu mais je serrais les dents afin qu’elle ne s’aperçoivent pas de sa relative maladresse.
Malgré ou à cause du fouet, tout fut prêt assez rapidement.
Un des soumis fut bientôt affublé comme moi. Il devait servir l’autre côté de la table mais c’est moi qui en était responsable et je payais pour ces maladresses.
Le 3ème soumis s’affairait pour nous passer les plats et nettoyer la cuisine
Le repas fut animé car nos Maîtresses semblaient d’humeur guillerette. Leur conversation du dessert les avaient sensiblement excité. Nous fumes dirigé sous la table. Je devais embrasser Maîtresse Adèle depuis la pointe des orteils en remontant ces longues jambes. C’était un plaisir immense ; tant de douceur et de chaleur après ces froides journées me faisait tourner la tête. Elle avait pris Maîtresse Adeline à ces côtés et, d’un geste ferme me pris par les cheveux et m’appuya sur son entre-jambes. Ces mouvements langoureux ne laissaient pas de doute sur ces désir et je m’attachais à lui donner du plaisir avec ma langue sur son sexe humide. Je sentis son clitoris gonflé et sa respiration s’accélérer au rythme de mes caresses. Maîtresse Adeline s’est retournée et nous dévoilait son beau petit cul. Maîtresse Adèle lui avait enfilé un joli gode vibrant violet et elle se délectait également de la dominer comme cela. Je sentis son orgasme monter et je dégustais son nectar royal.
Nous avons fait office de café gourmand mais je du rapidement quitter cette position envieuse pour me retrouver attaché sur la croix. J’étais face à elles. Maîtresse Adèle intima à sa novice de lester mes tétons de pinces à poids. La douleur était forte mais pas un son ne sorti de ma gorge. J’étais venu là pour subir et je n’avais que ce que j’avais désiré.
Bien fixé à ma croix, Maîtresse Adeline pris le chemin de mon sexe (pas mal le jeu de mot chemin croix !). Ces caresses me firent bander comme jamais, je sentais l’orgasme venir quand ma Maîtresse stoppa sa novice. La frustration fut terrible. Maîtresse Adeline s’éloigna pendant que Maîtresse Adèle faisait souffler sur moi le chaud et le froid soit en caressant mon corps avec sa badine, soit en frappant sèchement mon sexe encore gonflé. Je reçu quelques coups d’escarpins bien placé qui me firent vaciller et je pendais lamentablement au bout de mes liens.
Maîtresse Adèle me ligatura la bite et les couilles avec une cordelette pendant que notre novice détachait mes liens. Je fut alors violemment tiré en avant par les couilles avec cette laisse improvisée. Maîtresse Adèle se régalait de me voir ramper à quatre pattes autour de la pièce. Enfin elle me dirigea devant un billot et m’intima l’ordre de m’étendre mettant bien en évidence mon cul. Maîtresse Adeline avait enfilé un superbe gode ceinture et je sentis rapidement à qui il était destiné.
Je sentis couler le gel entre mes fesses et mon anus préparer par les doigts experts de Maîtresse Adèle. Sa novice approcha son gode de mon orifice et l’appuya fortement. Le gode força le passage. Je me retenais pour ne pas crier car la douleur était intense.
Ces va-et-vient étaient encore timides mais me déchirait néanmoins l’anus. Je la ressentais bien au fond de moi.
Jugeant sans doute que l’orifice était bien préparé, Maîtresse Adèle pris vite la place de sa novice avec un gode largement plus gros. Je sentis bien sa pénétration mais contrairement à ce que je pouvais craindre, j’oscillais entre douleur et jouissance.
Maîtresse Adèle le poussa jusqu’à la garde et je sentais ces cuisse contre mes fesses. La sensation était intense et j’étais fier de donner du plaisir à ma Maîtresse.
A suivre
508 vues
10 aime
On a tout dit sur Sarah Bernhardt. Qu'elle a fait le tour du monde dans le costume de Phèdre, qu'elle dormait dans
un cercueil, qu'elle collectionnait les fauves et les amants. Tout cela est vrai, enfin presque. Mais dans son cas, la
légende qu'elle s'est construite n'est pas très loin de la réalité. De fait, une mythologie incertaine entoure aujourd'hui
la personnalité de Sarah Bernhardt. Célèbre actrice du XIX ème siècle égarée dans le premier quart du XX ème,
cette femme audacieuse et téméraire, scandaleuse aussi, incarna magistralement le somptueux théâtre d'Hugo,
Dumas, Sardou, Rostand. Mais elle fut aussi une extravagante voyageuse, partout attendue et désirée, qui s'attira
les surnoms les plus insolites, et fit la une des journaux satiriques qui se repaissaient de ses excentricités. Elle importa
en France l'art de la publicité. Expression parfaite de ce que Cocteau appela "les monstres sacrés", elle affichait un
penchant alors en vogue pour la morbidité qu'elle érigea en genre dans ces inoubliables scènes d'agonie de "La Dame
aux camélias" ou de "L'Aiglon." Cette comédienne fut une femme de cœur, forte d'une vie intérieure assumée, d'une
religiosité confinant au mysticisme, généreuse aux limites de la ruine, et elle fit la fortune ou la célébrité des peintres
et écrivains de son entourage. Usant de tous ses dons, elle fut à son tour attirée par le ciseau, la plume et le pinceau.
Son style influença la mode, la littérature, les arts décoratifs. Sa devise était "Quand même" en référence à son audace.
Les maîtres de l'affiche, les joailliers, les céramistes, Mucha, Lalique, Gallé, ont été lancés par Sarah. Elle inspira ou
intrigua aussi Gustave Moreau, Burne-Jones, Rossetti et toute l'école préraphaélite, mais aussi les essayistes, écrivains
et poètes, Montesquiou, Goncourt, Wilde, Jean Lorrain, Huysmans, James et Proust, qui puisèrent en elle les élans
d'une inspiration rare dans le mystère des créatures auxquelles elle donnait un semblant de réalité. Déterminée, elle fut
aux côtés de Zola une ardente avocate de la cause d'Alfred Dreyfus. Protégée comme un trésor national, elle finit par
accepter de quitter Paris au moment de la Grande Guerre. Bien qu'une amputation l'eût mutilée, son patriotisme lui dicta
une ultime tournée américaine pour tenter de fléchir l'isolationnisme outre-Atlantique. La future "Grande Sarah" ou la
"Voix d'Or" selon Hugo est née Rosine-Sarah Bernard le vingt-trois octobre 1844 rue de l'École-de-Médecine à Paris.
Ou était-ce le vingt-cinq septembre, rue de la Michodière ? Ou boulevard Saint-Honoré, le vingt-deux octobre ? La
destruction de son acte de naissance dans l'incendie de l'Hôtel de ville de Paris en 1871, avec tous les registres d'état
civil, ne permet pas de lever le mystère. On ne saura certainement jamais non plus qui était son père, "parti en voyage
en Chine" après avoir séduit sa mère, Judith. Cette toute jeune fille d'origine juive hollandaise s'est installée avec sa
sœur dans la capitale où elles deviennent courtisanes. Elles rencontrent d'ailleurs un assez beau succès auprès des
hommes, ouvrent salon et commencent à voyager, délaissant leurs enfants respectifs. Mise en nourrice en Bretagne,
où l'on ne parle que le breton, Sarah ne reçoit aucune éducation avant de retrouver sa famille, par hasard. Ayant suivi
sa nourrice qui a déménagé à Paris, elle croise alors sa tante qu'elle n'arrive pas à convaincre de l'emmener avec elle.
Refusant d'être abandonnée de nouveau, la fillette se jette par la fenêtre. Elle parvient ainsi à ses fins au prix d'un bras
et une rotule brisés. Un succès chèrement payé, qui témoigne de cette incroyable force de caractère qui accompagnera
Sarah toute sa vie. Après une longue convalescence, la voici envoyée en pension à Auteuil pour essayer d'y acquérir
un soupçon de culture. Elle y découvre le théâtre mais y renouvelle aussi ses excentricités en se jetant dans un bassin,
le jour où sa tante vient la chercher. De nouveau, les médecins viennent à son chevet et, de nouveau, ils ne lui donnent
que peu d'années à vivre. Elle se remet, pour mieux aller terroriser les sœurs de Notre-Dame-de-Sion à Versailles où
elle reste pensionnaire pendant six ans. Elle y est baptisée et y joue avec beaucoup d'enthousiasme le rôle de l'ange
Gabriel pour une pièce écrite en l'honneur de l'archevêque. Enfin assagie, elle songe même à entrer dans les ordres mais
de nouveau, elle adopte un comportement suicidaire pour provoquer l'autorité des sœurs. Restée toute une nuit dans
un arbre du parc, elle y attrape une pleurésie qui la renvoie dans ses foyers. Il est temps de prendre une décision. Le
conseil de famille, après réunion, décide d'en faire une artiste. Le verdict peu paraître étrange, tant Sarah n'a pas du
tout le physique de l'emploi. Extrêmement maigre et dotée d'une chevelure sauvage, son surnom, "la Négresse blonde."
Mais le duc de Morny, demi-frère de l'empereur Napoléon III, amant de sa mère et protecteur de la famille, a compris qu'il
pouvait ainsi offrir à la jeune frondeuse des opportunités de rencontres et de carrière. Elle entre donc au Conservatoire
grâce à une lecture inspirée des "Deux pigeons" de La Fontaine. Elle apprend à sculpter. Elle prend aussi des leçons
d'escrime, dont elle tirera profit dans ses rôles masculins comme Hamlet. Elle reçoit le baptême chrétien en avril 1857 et
envisage de devenir religieuse. C'est alors que son nom aurait été francisé en "Bernard." Bientôt, elle intègre très vite la
Comédie-Française, avant de la quitter tout aussi rapidement pour avoir giflé une sociétaire. C'est l'occasion d'un voyage
en Belgique. L'expérience n'est pas concluante. Elle en revient quelques mois plus tard, enceinte du prince Henri Joseph
de Ligne, et est aussitôt être mise à la porte par sa mère. Le garçon qui sera son unique enfant deviendra écrivain sous
le nom de Maurice Bernhardt. Il sera également dramaturge et directeur de théâtre. Après la naissance de son fils qui sera
"l'homme de sa vie", elle devient courtisane. À cette époque, la police des mœurs compte Sarah parmi quatre-cent-quinze
"dames galantes" soupçonnées de prostitution clandestine. La vie privée de Sarah Bernhardt est assez mouvementée.
Elle a par la suite plusieurs amants, dont Charles Haas, mondain très populaire à qui elle vouait une véritable passion
alors qu'il la traitait en femme légère et la trompait sans états d'âme. Après leur rupture, ils demeurèrent cependant amis
jusqu'à la mort de Haas. On compte également des artistes tels que Gustave Doré et Georges Jules Victor Clairin et des
acteurs tels que Mounet-Sully, Lucien Guitry et Lou Tellegen ou encore son "Docteur Dieu", Samuel Pozzi. On parle
également de Victor Hugo et du prince de Galles. Certaines sources lui prêtent également des liaisons homosexuelles,
notamment avec la peintre Louise Abbéma qui fit d'elle plusieurs portraits. Elle se forge une image de femme fatale,
manipulant à loisir les hommes qui forment sa "ménagerie." Alexandre Dumas fils qui la détestait disait d'elle qu'elle était
"si menteuse qu’elle était peut-être grasse." En 1865, à vingt ans, celle qui a adopté l'orthographe "Bernhardt" pour son
nom est enfin recommandée au directeur du théâtre de l'Odéon, avec ordre de "se montrer plus docile." C'est efficace.
Elle s'installe pour sept ans dans les meubles, y peaufinant sa connaissance du répertoire classique. Elle y est révélée
en jouant "Le Passant" de François Coppée en 1869. En 1870, pendant le siège de Paris, elle transforme le théâtre
en hôpital militaire et y soigne le futur maréchal Foch qu'elle retrouvera quarante-cinq ans plus tard sur le front de la
Meuse, pendant la Première Guerre mondiale. Elle triomphe dans le rôle de la reine de "Ruy Blas" en 1872, ce qui la
fait surnommer la "Voix d'or" par Victor Hugo. Ce succès lui vaut d'être rappelée par la Comédie-Française où elle joue
dans "Phèdre" et dans "Hernani." les surnoms élogieux se multiplieront, "la Divine" ou bien l"'Impératrice du théâtre."
Elle côtoie George Sand et Alexandre Dumas, qui lui confie le premier rôle féminin de "Kean" (1868), tandis que Nadar
d'elle tire son plus célèbre portrait. En 1880, elle démissionne et crée sa propre compagnie, partant se produire à Londres,
à Copenhague, aux États-Unis et en Russie. Elle n’hésite pas à interpréter des rôles d’hommes. Partout, elle rencontre
le succès et l’enthousiasme du public. Cocteau invente pour elle l’expression de "monstre sacré." Elle inspire des pièces,
notamment "l’Aiglon" d’Edmond Rostand. À partir de 1893, elle prend la direction du théâtre de la Renaissance puis du
théâtre des Nations qu’elle renomme théâtre Sarah-Bernhardt. Elle écrit elle-même quelques pièces. En 1882, elle se
marie à Londres avec un acteur grec, Aristides Damala, mais leur relation ne dure pas. Ils resteront cependant mariés.
Excentrique et réputée mentir beaucoup, Sarah a une personnalité forte et prend des positions politiques. Elle soutient
Zola au moment de l’Affaire Dreyfus, défend Louise Michel et se positionne contre la peine de mort. Son lyrisme et sa
diction emphatique enthousiasment tous les publics. Afin de promouvoir son spectacle, elle rencontre Thomas Edison
et enregistre sur cylindre une lecture de "Phèdre." Elle obtient son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.
En 1900, Sarah Bernhardt devient actrice de cinéma en jouant dans le film "Le Duel" d’Hamlet. Elle tournera aussi dans
d’autres films, dont deux autobiographiques. C'est un des tout premiers essais de cinéma parlant avec le procédé du
Phono-Cinéma-Théâtre, où un phonographe à cylindre synchronisait plus ou moins la voix de l'actrice aux images
projetées. Sa dernière œuvre autobiographique étant Sarah Bernhardt à Belle-Île en Mer réalisée en 1912. Ayant compris
l'importance de la publicité, elle met en scène chaque instant de sa vie et n'hésite pas à associer son nom à la promotion
de différents produits de consommation. Son style inspire la mode, les arts mais aussi l’esthétique de l’Art nouveau. Son
succès irrite plus d’un et Sarah est attaquée par de nombreux journalistes qui l’accusent de venir ruiner les mœurs du
peuple américain. Selon un pamphlet, elle est accusée d’avoir séduit le Tsar, Napoléon III et même le pape Pie IX .
Comme si cela ne suffisait pas, elle est trahie par son amie, Marie Colombier, déçue de devoir céder sa place dans
la troupe à la sœur de Sarah, Jeanne, qui a pu quitter son hôpital en France et rejoindre les Etats-Unis. Marie Colombier
se venge alors en écrivant des pamphlets destinés en France au magazine l’ "L'Événement." Plus tard, elle écrira
aussi un roman satyrique sur la vie de Sarah qu’elle intitulera "Sarahbarnum." Il faut beaucoup plus pour décourager
Sarah qui décide d’aller de l’avant en jouant une pièce écrite par Alexandre Dumas fils, "La Dame aux camélias."
Elle deviendra le plus grand succès de Sarah Bernhardt aux Etats-Unis, première actrice à se produire à l'étranger.
De retour en France, Sarah se refait une place dans le cœur des Français en déclamant la Marseillaise à l’Opéra lors
de la commémoration du dixième anniversaire du départ des troupes prussiennes de France. Vivante incarnation du
patriotisme, elle déclenche une véritable hystérie dans le public. Les hommes hurlent tandis que les femmes éclatent
en sanglots. Après cet accueil national, la fièvre des voyages reprend et Sarah repart pour une tournée de trois ans
en Amérique et en Australie où elle fera l’acquisition d’un koala, un wallaby et un opossum. Quinze mois de voyage
soit trois-cent-quatre-vingt-quinze représentations. Elle est l’actrice la plus riche de son temps. Elle achète le "théâtre
de la Renaissance" qu’elle rénove à grands frais et s’entoure d’un nouveau collaborateur, Mucha, merveilleux artiste
"Art nouveau déco" qui réalisera pour elle affiches, mobiliers et décors. En 1894, elle achète en Bretagne, la Pointe
des Poulains de Belle-Ile avec son petit fortin autrefois destiné à défendre la côte. La propriété constitue en fait
l’extrémité nord de l’île, battue par les vents et la mer. Le paysage y est extrêmement sauvage et spectaculaire. C’est
vraiment le bout du monde, la "finis terrae" où les soucis des hommes paraissent dérisoires face à une nature qui
semble toujours devoir avoir le dernier mot. Sarah Bernhardt se retrouve enfin dans ce paysage qui lui ressemble.
Elle désirait être enterrée sur son rocher de la Pointe des Poulains face à l’océan. Ce vœu ne fut pas exaucé. Bientôt
son théâtre se révèle trop petit pour être rentable. Elle a englouti plus de deux millions et demi de francs dans sa
rénovation et elle n’a pas récupérer sa mise. Elle se fait opérer d’un kyste de l’ovaire par le célèbre docteur Pozzi,
part deux mois se reposer à Belle-Île, puis décide de repartir en tournée. Sarah est devenue une véritable institution
à elle seule. Son énergie ne faiblit pas malgré son genou droit qui la fait fort souffrir. En 1910, la mort surprend sa
belle-fille et comme elle l’avait déjà fait pour ses deux sœurs et pour sa nièce, elle recueille sa petite-fille Lysiane
chez elle. Celle-ci ne la quittera plus. Plus tard, Lysane Bernhard rédigera un volumineux livre en son hommage
et intitulé "Ma grand-mère Sarah Bernhardt." En 1914, le ministre René Viviani lui remet la croix de chevalier de la
Légion d'honneur, pour avoir, en tant que comédienne, "répandu la langue française dans le monde entier "et pour
ses services d'infirmière pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871. En 1915, à l'âge de soixante-dix ans,
elle est amputée de la jambe droite en raison d'une tuberculose osseuse du genou. L'actrice est amputée au-dessus
du genou, le 22 février 1915 à la clinique Saint-Augustin de Bordeaux. Cela ne l'empêche pas de continuer à jouer
assise, ni de rendre visite aux poilus au front en chaise à porteurs, lui valant le surnom de "Mère La Chaise."
Elle ne s'épanchait jamais sur son infirmité, sauf pour rire en déclarant: "Je fais la pintade." Mi-mars 1923, elle tourne
un film pour Sacha Guitry, où elle tient le rôle d’une vielle voyante mais quelques jours plus tard elle est prise de délire.
Dans un moment de lucidité, elle demande l’extrême-onction et s’éteint comme elle l’avait toujours désiré, dans les
bras de son fils, d'une insuffisance rénale aiguë, le vingt-six mars 1923, au cinquante-six boulevard Pereire à Paris.
On fait la file le lendemain pour l’admirer une dernière fois revêtue de sa robe de satin blanc décorée de la Légion
d’honneur ainsi qu’elle le désirait. "La Divine" est enterrée le vingt-huit mars 1923 au Père Lachaise (division 44).
Le gouvernement lui organise des obsèques nationales, faisant d'elle la première femme à recevoir un tel honneur.
Sarah Bernhardt malgré ses origines modestes a fini ce jour là de construire sa légende à force de talent, de travail
et de volonté. "Je hais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir la suite des choses, n’osent rien entreprendre."
Bibliographie et références:
- Louis Verneuil, "La vie merveilleuse de Sarah Bernhardt"
- Catherine Simon Bacchi, "Sarah Bernhardt: mythe et réalité"
- Françoise Sagan, "Sarah Bernhardt, le rire incassable"
- Arthur Gold et Robert Fitzdale, "Sarah Bernhardt"
- Anne Delbée, "Le sourire de Sarah Bernhardt"
- Hélène Tierchant, "Sarah Bernhardt, Madame Quand même"
- Noëlle Guibert, "Portrait de Sarah Bernhardt"
- Claudette Joannis, "Sarah Bernhardt"
- Jacques Lorcey, "Sarah Bernhardt: l'art et la vie"
- Louis Garans, "Sarah Bernhardt, itinéraire d'une divine"
- André Castelot, "Sarah Bernhard"
- Marie Avril, "Divine vie de Sarah Bernhard"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
519 vues
12 aime
Médiévale… Le fantasme d’une époque.
Bien qu’il ne reflète qu’une partie de ma « personnalité » de soumise, ce fantasme de la période moyenâgeuse a le mérite d’avoir été le premier à révéler mes attirances. Il est comme un premier amour… Il ne s’oublie jamais…
Il y a dans les temps passés une espèce d’aura qui m’attire irrésistiblement.
Peut-être est-ce son aspect qui me semble rugueux, peut-être est-ce l’instrument de torture, peut-être est-ce cette extrême pudibonderie côtoyant la pire des barbaries ?
Je me souviens d’un film, des années 80, « La Chair et le Sang » se déroulant au XVIème siècle, qui m’avait alors fortement marquée et terriblement excitée sans que je n’ose une seconde en parler à qui que ce soit…
Ma honte de dévoiler mon envie et mon trouble lors de l’enlèvement du personnage de la jeune fille puis son viol furent si forts que je tairais et refoulerais bien consciencieusement en moi, pendant plus de 30 ans ce fantasme que j’ai longtemps jugé de honteux…
M’apprêter ainsi réveille mes pulsions premières et me rappelle que mes désirs de soumissions étaient profondément ancrés depuis si longtemps, attendant bien sagement que la bienséance ne soit reléguée au second plan, attendant bien sagement qu’ils s’épanouissent…
J’aime tant ce moment lorsque mon Maître me surnomme Ma Dame et que par ailleurs, il abat son fouet avec toute la conviction d’un Seigneur châtiant sa pêcheresse… C’est exactement ce paradoxe de ces temps passés qui me bouleversent, m’excitent…
Je ne sais pas comment Il a fait, comment Il a su, comment Il a trouvé l’attitude et les mots, pour réussir à raviver et à combler mes premières amours…
Je suis Sa Dame qu’Il a capturée, enchaînée, marquée…
Pendant un instant, des instants, je me plonge enfin dans ce pourquoi je suis faite, dans ce qu’Il me permet d’être.
Tant de désuétudes dans ce fantasme… Et pourtant… Je m’y sens si bien, si à ma place… J’assume… enfin.
Merci…
Virjiny de AàZ
« Baise m’encor, rebaise-moi et baise. Donne m’en un de tes plus savoureux. Donne m’en un de tes plus amoureux. Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise »
Louise Labé, « Baise m’encor », Sonnets, vers 1524-1566
630 vues
17 aime
Comme je pouvais le pressentir, je me retrouvais vite frigorifié. Je me recroquevillais le plus possible et me frottait énergiquement pour ressentir un semblant de chaleur.
La nuit s’écoulait lentement, je trouvais le sommeil par instant en me posant déjà plein de questions. Serais-je à la hauteur ? n’ai je pas présumé de mes forces ? de ma réelle motivation ?
Heureusement Maîtresse Adèle écourta mes souffrances et mes états d’âme en sonnant le réveil de très bonne heure.
J’avais eu l’imprudence de me soulager dans ma gamelle sans oser la vider. Maîtresse le remarqua très vite et s’exclama :
« Tu ne crois pas que je vais vider tes chiottes, alors boit et vite. Tiens pour ta punition , je vais faire le niveau. »
Elle releva sa jupe, s’accroupit au-dessus de mon écuelle, écarta son string et expulsa un large filet de pisse. Mon écuelle était pleine et j’absorbais tant bien que mal ce « doux » mélange.
Elle semblait contente de son effet et m’intima de rejoindre sans tarder la cuisine.
« Et puis laves-toi la bouche ma salope »
Il me fallu lui préparer un petit déjeuner copieux dont j’eu l’honneur de terminer les restes. C’était peu, mais, mon corps revivait déjà au contact de la chaleur de la pièce.
Maîtresse m’intima l’ordre de transporter les bagages dans le coffre de la voiture. J’attendais patiemment que Maîtresse Adèle soit prête et me rejoigne. Elle m’avait interdit de monter dans la voiture avant elle. Mais, je savais que mon état d’esclave ne me l’autorisait pas.
Enfin Maîtresse Adèle apparue sur le pas de la porte. Elle était resplendissante et j’étais fort impressionné. Je lui ouvrais la porte côté passager pour qu’elle monta en premier dans la voiture. Après avoir refermé la porte, j’allais prendre place au volant. Elle m’indiqua seulement la direction à prendre. Nous étions parti depuis quelque temps et je n’avais toujours aucune idée de notre destination finale.
Après quelques dizaines de kilomètres, Maîtresse Adèle me demanda de m’arrêter sur un parking isolé. J’allais lui ouvrir la porte, elle sortit rapidement et m’indiquait l’arrière de la voiture. Je commençais à redouter ce qui allait suivre.
Maîtresse Adèle me banda les yeux et m’entrava les mains et les jambes avec des menottes. Elle ouvra le coffre et me poussa sans ménagement à l’intérieur. Je comprenais maintenant pourquoi, elle m’avait demandé de réserver une place parmi les bagages.
Le coffre refermé, j’entendis Maîtresse Adèle prendre place au volant et démarrer promptement.
Aucune idée du temps écoulé avant que je ne revois la lumière mais cela m’a semblé une éternité. Enfin, nous semblons pénétrer dans une propriété car j’entends le bruit des pneus sur une allée gravillonnée avant que la voiture ne s’immobilise. Le claquement sec de la portière m’indique que Maîtresse Adèle est sortie, à ces pas j’entends qu’elle se dirige vers le coffre mais avant de me libérer, Maîtresse Adèle salue ses hôtes.
Le coffre s’ouvre violemment et le jour m’éblouit même au travers de mon bandeau. Maitresse me le retire et Il me faut quelques minutes pour distinguer la façade d’une maison bourgeoise qui semble plantée au milieu d’un parc immense.
Maîtresse Adèle m’intime de me mettre nu. J’entends notre hôte appeler un soumis. Il arrive sans perdre de temps seulement habillé d’un veston comme en porte les huissiers à l’entrée des grands hôtels.
Les ordres de Maîtresse Adèle tombent rapidement, je ressens qu’il n’est pas le moment de la contredire.
« Mets toi à genoux, les mains en avant et le dos bien plat, tu serviras de brouette pour mes bagages. »
Le soumis me charge le dos avec deux valises, sangle le tout, puis me prend fermement les pieds pour diriger l’objet que je suis ; une brouette.
J’avance précautionneusement pour que les valises ne tombent pas mais Maîtresse Adèle considérant mon rythme trop lent à son goût me fouette violemment les fesses et m’invective fermement :
« Avance plus vite chienne et ne fait rien tomber car il en cuira pour tes petites fesses »
Après un nouveau voyage aussi contraint que le premier, je me retrouvais dans un grand vestibule à côté des bagages, à genoux et la tête au sol entre mes mains. Je ne devais pas bouger et je ne percevais pas grand-chose de la situation.
Maîtresse Adèle papotât quelques instants avec son hôte qui lui indiqua sans doute sa chambre. Nous reprenons alors notre manutention, moi en brouette et mon collègue soumis en brancardier.
Il n’y avait pas d’ascenseur et atteindre l’étage comme cela ne fut pas une mince affaire. La seule chute arriva à la porte de la chambre de Maîtresse Adèle qui fulmina contre moi :
« Imbécile, j’espère qu’il n’y aura rien de cassé car ce sont tes fesses que je vais te casser.
Maintenant, tu vas ranger mes affaires au fur et à mesure que j’ouvre mes bagages et les ranger soigneusement où je te dirais.»
Après cela, nous sommes redescendu au rez de chaussée. C’était une grande pièce équipée principalement en donjon. Une grande table trônait pas loin d’un coin cuisine qui indiquait que les convives pouvaient être nombreux.
Dans un coin de la pièce étaient disposées des cages grillagées. L’une d’entre elle était occupée par le soumis porteur et une autre par un soumis que je n’avais pas encore vu.
Une troisième me fut attribuée avec interdiction de parler à mes voisins de cages. Un bâillon boule m'aida en ce sens.
Ce fut quand même pour moi un moment de décompression tant l’arrivée avait été intense.
J’attendais maintenant la suite avec impatience…
Toute ressemblance avec des faits réels n'est peut-être pas aussi fortuite que cela :smirk:
A suivre
391 vues
5 aime
Le vent souffle, soulève les feuilles abandonnées. Elles sont arrêtées par cette chevelure qui caresse le sol.
En remontant le long de cette chevelure, un liquide s’entremêle, il provient d'un flux plus important le long du front, le long du nez, pour trouver source depuis ces lèvres écartées, contraint par un bâillon épais.
En remontant le long de ce visage féminin, un cou fin se poursuit cerclé d'une chaine type chaine d'encre, affluent d'un buste à la peau rose pâle, pigmenté d'une chair de poule, ponctué de grain de beauté , magnifié par une poitrine modeste mais finissant par des tétons tendus. Le dos est marqué, mais guidé par ces deux bras attachés d'une corde. Les hanches creusées mais enveloppées d'une peau flasque paraissant douces à la fois, étaient cordées.
En remontant le long de cette colonne, un fessier contracté, rouge, parsemé de petite bulle, de fines écorchures, et de longues traces de coups de fouet, gesticule. Il est caressé à vive allure par le fall hitch, effleurant la peau avec une précision jouissive.
En remontant le long de la lanière, un manche est tenu par une main ferme, aux doigts fins et des ongles manucurés avec soin malgré de très légères bavures. Le poignet, orné de plusieurs bracelets en or jaune fins de luxe, effectue des rotations accompagnant les mouvements du bras de Maitresse B.
En remontant le long de cette silhouette, partant d'un escarpin noir d'une grande maison italienne, ces jambes recouvertes d'un pantalon tailleur noir, dans lequel est rentré un chemisier blanc ample, aboutissant à la tête de cette femme quadragénaire aux lignes fines et dessinées, des yeux vert foncé et une chevelure châtaine asservit dans un chignon au crayon.
Maitresse B, était ni plus ni moins en train de rappeler par le fouet, à sa soumise incarné dans ce corps suspendu à une corde et un treuil, l'exigence qui l'incombait. L’installation en extérieur était autrefois le lieu où l'on égorgeait les animaux de la ferme. Le cadre de ce corps de ferme, en vieille pierre jaune, joint gris, verdi par l'humidité et le temps, inspirait Maitresse B. Les claquements du fouet sur le fessier sonné comme un coup de fusil aigu, mais était suivi du gémissement excitant d'une soumise apprenante.
Une fois la punition et la soumise délivré, Maitresse B préconisa les quatre pattes à celle qu'elle avait mise à terre. En déliant ces chevilles, maitresse B se tenait à sa hauteur et contemplait ce fessier qu'elle finit par caresser de satisfaction. Toucher son œuvre. Cette caresse se prolongea jusqu'aux cheveux de sa soumise, elle ne pouvait s’empêcher de caresser son visage pour la rassurer.
Maitresse B se leva, et ordonna à sienne de se diriger vers l'étable. Une nouvelle fois Maitresse ne pouvait s’empêcher de rester en arrière d'un pas lent pour observer ce corps qui avait du mal à se déplacer dans la poussière et le gravier. Les genoux de notre soumise ne pouvaient frotter ou trainer sur le sol, il lui fallait dont soulevait toute la jambe pour avancer sans douleur, ce qui amenait ce mouvement de fessier abrupt mais sensuel à la fois.
Une fois à l'étable maitresse ouvrit le battant d l'enclos pour y faire entrer sa soumise. Du doigt elle lui indiqua un amas de couverture au sol, ça serait sa place pour la prochaine heure, après la punition la méditation.
Maitresse B sortit pour rejoindre la cuisine. C'était l'heure du thé, elle se prépara sa tasse, puis déambula jusqu'au salon pour s'installer dans un fauteuil année 60. Face au mur, décoré d'un tableau imposant, représentant une chasse à court mener par des femmes, peint et imaginé par une artiste Anglaise, son esprit se dilua dans une pensée philosophique sur son rôle. La tasse était vide et sa réflexion conclut, elle prit son roman en cours, l'histoire d'un monument architectural contemporain parisien et de son architecte romancé pour plus d’immersion.
Il était temps d'aller chercher la punie, Maitresse B suite à un bref discours moralisateur et intransigeant, renvoya sienne à ces taches basse après une toilette.
Maitresse B monte les escaliers, avec une allure nonchalante, les mains dans les poches, le regard bas. Ses talons résonnaient à un rythme très espacé.
Arrivé dans son grand bureau, elle s'avachit sur le canapé cuir, attrapa ses cigarettes Corset, en alluma une, et regarda la fumée s'élever et disparaître. Son regard se posa finalement sur la fenêtre et cette vue grisâtre. Il y avait une fatigue et une insatisfaction qui se mélangeaient en elle. Elle n'était pas d'humeur à jouer avec sa soumise. Et c'était anormal pour elle, elle culpabilisait de ne pas être présente auprès d'elle. Elle sentait le poids de sa responsabilité qu'elle devait assurer, la pérennité de son pouvoir auquel avait souscrit. Ce sentiment qui venait se percuter à elle n'avait rien d'habituel, et le malaise qui s'installait dans ses pensées aussi.
Etait-ce le moment de remettre en question son engagement ?
Elle prit son smartphone, ouvrit une de ces applications préférées et commanda une manucure pour refaire celle ratée par sa soumise.
551 vues
2 aime
Si je pouvais définir ce qu’est la Maîtrise, je ne pourrais donner que ce conseil : « Sois ferme sans méchanceté, sois doux sans faiblesse » Le terme de Maître peut souvent faire rêver, il semble gratifiant. Derrière tout cela se cache un cheminement qui est loin d’être facile. On ne peut s’improviser Maître, c’est un apprentissage qui se fait par l’expérience. Plus difficile est l’expérience et plus grande sera la Maîtrise, à condition de s’être affranchi de toutes les étapes que l’on a traversés.
La première étape, c’est celle que l’on voudrait oublier à cause de nos maladresses. Et pourtant, c’est la plus importante, car c’est le premier pas. C’est l’étape où l’on ose. Quand on commence dans le BDSM (ou dans toute autre discipline), on se documente, on fait des recherches. On dispose d’un savoir, mais l’on ne possède pas la connaissance. La différence entre le savoir et la connaissance est très subtile, sur le premier, on acquiert une science, sur la seconde, c’est une expérimentation. Il fallait me voir à mes débuts avec mes foulards et mes cravates lorsque j’attachais mes partenaires. Quand j’y repense, j’étais si maladroit. Il n’y avait aucune créativité et je ne pensais qu’a mon propre plaisir. Et puis, il y avait cette excitation que je ressentais qui me consumait de l’intérieur. L’envie était là, bien présente. Je désirais contrôler cette envie afin de faire jouir ces femmes qui s’offraient à moi jusqu’a leur en faire perdre la tête. Mais, il manquait ce petit truc… Cette chose que je recherchai durant près de 40 ans. Je ne savais pas ce que c’était à l’époque. Aujourd’hui, je le sais… Ce qu’il me manquait, c’était moi. Je ne savais pas qui j’étais réellement. Quand je passais à l’acte, les souvenirs du futur me remémoraient ce que je voulais devenir. Mais j’avais peur…
Oui, j’avais peur de ce que j’étais lorsque je prenais conscience de ce feu intérieur et sacré qui brûlait en moi. Cette bonne braise m’hypnotisait littéralement mais me terrifiait en même temps. A chaque fois qu’une occasion se présentait afin que j’aille plus loin, je faisais marche arrière. Car oui, j’avais la peur au ventre. Le regard des autres, tous ces vieux schémas qui nous enferment et puis la crainte de ne pas être à la hauteur. C’est con lorsque j’y pense aujourd’hui. Oui, je n’étais qu’un jeune con qui avait l’envie et qui ne faisait que ses premiers pas. J’avais à l’intérieur cette lutte incessante entre ma passion et ma raison.
Ne pouvant faire de choix, ce conflit de programme me bloquait et m’empêchait d’avancer malgré mon audace qui grandissait au fil des ans. Pour cela, je devais prendre du recul, apprendre à me taire afin d’écouter l’autre et surtout celui que j’oubliais le plus… Moi-même !
©Tantrika – 1/12/2020
279 vues
1 like
Depuis longtemps, Maîtresse Adèle m’avait promis de m’emmener à une soirée SM. Je ne sais si sa confiance n’était pas encore suffisante ou si je n’étais pas encore assez éduqué mais sa proposition avait un peu tardé.
Alors, imaginez ma joie lorsque je reçu un SMS où elle m’annonçait que le moment était venu de l’accompagner.
Bien entendu, aucune information ne filtra à ce moment là. Elle me demanda seulement de la rejoindre la veille du weekend dans un lieu que je ne connaissais pas. Je suppose pour me donner ses dernières recommandations mais je n’en sus pas plus. Elle m’avait donné un dress code strict et je sentais bien que je ne devais pas la décevoir où alors il en cuirait pour mes fesses. A ce moment là, il ne m’aurait pas déplu de subir un tel traitement mais je ne voulais pas la mettre en colère tout de suite.
Nous nous sommes donc retrouvés dans une maison assez austère et sombre, sans doute la propriété d’une de ses amies.
Je pensais profiter du beau lit que j’avais entrevu par l’entrebâillement de la porte de la chambre mais je déchantais vite. Maîtresse Adèle ne me présenta qu’une couche poussiéreuse dans le garage et je compris vite qu’elle m’était destinée.
Elle avait prévu son petit repas que je lui servi sur la table basse du salon. Après avoir tout débarrassé et fait la vaisselle, elle m’autorisa à me restaurer avec une sorte de pâté qu’elle m’avait soigneusement cachée. J’eus droit à ma gamelle comme la chienne que j’étais devenue en sa présence..
Maîtresse Adèle me donna ses dernières instructions ; demain nous partirons de bonne heure. Je la conduirais jusqu’à une vingtaine de kilomètres du lieu de la soirée. Alors, elle prendra le volant afin que je ne sache pas où nous étions accueillis.
Ce soir, elle me conduisit à ma couche. Je dû lui laisser tous mes vêtements et elle m’attacha à une chaîne qui avait due déjà avoir son utilité pour un animal à quatre pattes.
Elle avait pris soin d’apporter ma gamelle et me dis que si j’avais soif, il me suffirait de pisser dedans et de boire. Je compris à son petit sourire qu’elle s’en réjouissait d’avance.
Je n’avais pas droit à plus de considération, si ce n’est une vielle couverture presque aussi rêche que le matelas.
J’eus à peine le temps de me coucher avant qu’elle ne me laissa dans l’obscurité sans le moindre signe de compassion. Tout juste un petit bonne nuit dans l’entrebâillement de la porte avant de disparaitre.
Ma nuit s’annonçait longue…..
(A suivre)
414 vues
9 aime
Avec Marie de Régnier, dont elle partageait le goût du roman et celui des conquêtes, Jeanne Loviton est la dernière
égérie d'un temps qui n'est plus. Quand Valéry et Giraudoux aimaient ensemble la même femme à en perdre la tête
et "puisaient l'un et l'autre à l'encre de ses yeux". Ces écrivains célèbres figurent parmi son aréopage, qui compte
d'autres personnalités prestigieuses, l'avocat Maurice Garçon, l'auteur dramatique Pierre Frondaie, le critique Émile
Henriot, ou encore un diplomate italien qui "ne prononçait jamais le mot France sans voir son visage", mais aussi
Saint-John Perse, Bertrand de Jouvenel et, à la fin d'une liste où figurent quelques hommes d'affaires dont un américain
deux ambassadeurs du Japon, Curzio Malaparte et quelques saphiques de haut vol. Car Jean Voilier, nom de plume
de Jeanne Loviton naviguait à voile et à vapeur dans des amitiés féminines particulières. On voit par là que cette
insatiable égérie née en 1903, elle vécut jusqu'en 1996, n'a pas volé le titre de "dernier personnage romanesque de
ce temps" que lui avait décerné François Mauriac. Née de père inconnu, ce n'est que dix ans plus tard, lors du mariage
de sa mère, une actrice, avec un éditeur, Ferdinand Loviton, qu'elle sera reconnue. Devenue Jeanne Loviton, sa vie va
changer. Elle a été probablement le plus grand amour de Paul Valéry. Il y eut d'admirables lettres du poète à sa muse.
Plus piquante que belle, grande et brune, avec pour arme principale un sourire auquel nul ne résista, Jeanne Loviton
s'était inventé ce prénom d'homme Jean pour Jeanne et ce nom de bateau. Du genre goélette, avec de l'allure, de la
grâce et un air de savoir affronter les tempêtes, elle laisse de sa longue existence, quatre-vingt-treize ans, le souvenir
d'une grande amoureuse, qui cumula les liaisons passionnées avec les hommes, mais aussi avec les femmes qu'elle
aima très tôt et envers lesquelles elle se montra sûrement plus loyale. Ainsi resta-t-elle très liée sa vie durant à Yvonne
Dornès, la fondatrice de SVP, l'agence de renseignements téléphoniques. Elle exerça sur l'un et l'autre sexe un charme
envoûtant et mystérieux que Paul Valéry résume d'un mot en surnommant ainsi son égérie, "Lust" en allemand, "désir."
D'après un aveu qu'elle fit à l'auteur de "La Jeune Parque", il paraît cependant qu'elle "ne pouvait pas aimer". Tout à la
fois sensuelle et froide, cette séductrice, qui voulait avant tout se rassurer elle-même sur ses dons et ses pouvoirs, tenait
semble-t-il cette incapacité d'une enfance abandonnée. Son père la reconnut tardivement. Mais elle prodiguait à ses
amants et à ses amantes des plaisirs ineffables. Giraudoux obtenait d'elle la réalisation de "caprices démesurés" et Valéry
ne rêvait que d'"être moi, si près de ta chère chaleur". Ayant hérité d'une fortune confortable, elle aurait pu se contenter
de vivre agréablement entre sa maison de la rue de l'Assomption, construite au milieu des rhododendrons et des cytises,
et son château du Lot, qu'elle avait acheté à Robert de Billy, près de Figeac. Jean Chalon raconte qu'une forêt de tilleuls
embaumait le lieu. Mais elle fit des études, devint avocat, traita avec succès des dossiers difficiles dont son divorce avec
Pierre Frondaie. Elle dirigea de main de maître deux maisons d'édition de droit fondées par son père les "Cours de droit"
et les "Éditions Domat-Montchrestien", auxquelles elle adjoignit une branche littéraire en publiant plusieurs romanciers
contemporains. Comme Marie de Régnier, alias Gérard d'Houville, elle écrivit elle-même plusieurs romans, dont "Beauté",
"Raison majeure" en 1936 et "Jours de lumière" en 1940, publiés chez Émile-Paul, le célèbre éditeur du "Grand Meaulnes".
C'était une femme active. Entreprenante et libre, sous le sourire enjôleur et les manières câlines d'une muse d'autrefois,
choisissant ses amants, ses amantes et le moment des ruptures. Giraudoux est peut-être mort de son abandon et Valéry,
en lui écrivant, pleurait des larmes de sang. Elle n'eut volontairement pas d'enfant et n'adopta que très tard une fille, déjà
adulte, son unique héritière. L'un des épisodes les plus romanesques et tragiques de sa longue vie demeure sa liaison avec
Robert Denoël, l'éditeur de Céline, mais aussi d'Aragon, assassiné dans des circonstances mystérieuses à Paris, en 1945.
Il fut sans doute son plus grand amour et elle songeait à l'épouser. Elle se trouvait en sa compagnie dans sa voiture, la nuit
de l'assassinat, et fut d'ailleurs interrogée comme principal témoin. Elle devait même être un temps suspectée. Denoël,
qui l'adorait, avait fait d'elle l'actionnaire principal de sa maison d'édition. Comme si l'aventure et le risque étaient inscrits
dans ses gènes, Jeanne Loviton devait ensuite enchaîner les voyages et affronter une tempête en mer et un naufrage.
Il est pourtant un poète pour qui elle ne sera pas seulement une égérie de passage, Paul Valéry. Alors que bientôt la guerre
approche, l'auteur du "Cimetière marin", déjà âgé, va succomber à un amour fou. Dans ses lettres un peu précieuses, elle
devient "Calypso", "diamant vivant", "ô ma divinité". Mais le vieux poète sent bien qu'elle lui échappe. "C'est terrible d'aimer
un toboggan", se lamente-t-il. Le jour de Pâques 1945, son "diamant" lui annonce qu'elle aime un autre homme, Robert
Denoël. Valéry ne se remettra jamais de ce "coup de hache". Il s'éteint en juillet, alors que le Nobel lui semblait promis en
octobre. Son deuxième roman, "Jours de lumière", est terminé au cours de l'été 1938. Pas tout à fait, car elle a demandé
à Frondaie de le "toiletter", ce dont il s'acquitte obligeamment. En réalité, deux écrivains ont corrigé et remanié "Jours de
lumière". Paul Valéry fut, lui aussi, mis à contribution dès avril et durant une partie de l'été. Jeanne lui faisait parvenir les
chapitres rédigés, qu'il lui renvoyait annotés. C'est lui qui fut chargé d'en corriger les épreuves, avant de les déposer chez
l'éditeur Émile-Paul. "Jours de lumière" recueillera tout de même quelques voix au "Prix Femina" grâce à Paul Valéry.
Durant le mois d'avril 1939, elle prospecte le centre de la France. Elle trouve une petite maison en Dordogne mais, le cinq
mai, alors qu'elle allait s'engager, Robert de Billy lui propose d'acheter "pour rien, 40 000 francs" un petit château dont sa
belle-mère est propriétaire à Béduer, près de Figeac. Ce "petit château" est en fait une place forte remontant au XI ème
siècle, rénovée au XVII ème siècle, ayant appartenu aux seigneurs de Lostanges, avant d’être racheté en 1911 et restauré
par Maurice Fenaille (1855-1937), industriel du pétrole et grand amateur d’art. Elle en demeurera propriétaire jusqu'en 1985.
C'est au mois de janvier 1943 qu'eut lieu la rencontre avec Robert Denoël. Il s'était rendu, en compagnie de Marion Delbo,
à un déjeuner rue de l'Assomption. Jeanne et Marion, qui avaient dû se rencontrer, grâce à Frondaie, dans les milieux
théâtraux, étaient amies depuis une vingtaine d'années. La comédienne connaissait l'éditeur depuis septembre 1942. Sur
le conseil de Cocteau, elle lui avait soumis le manuscrit de son premier roman, Monsieur Durey, qu'il allait publier en mai.
Denoël avait été séduit immédiatement, selon Marion. Trois mois plus tard ils sont amants. Denoël est un amant attentif
et compréhensif. Il lui écrira des mots réconfortants après la mort de Paul Valéry. Est-ce que Valéry connaissait la liaison
qu'avaient longtemps entretenue Jeanne et Giraudoux ? On l'ignore. Il ne lui écrit pas un mot à son sujet, mais il participe
à l'hommage collectif des hommes de lettres publié le cinq février dans "Comœdia" sans doute pour lui faire plaisir. Tandis
qu’elle entretenait les mondanités, les soupirants et les rencontres de journalistes et d’écrivains, Robert Denoël dépensait
une énergie folle à son métier d’éditeur, sans illusions sur ses relations amoureuses. Dans la tourmente de la libération,
tandis que l’éditeur Robert Denöel s’inquiétait des attaques dont il faisait l’objet, il préparait sa défense avec Jeanne se
remémorant son séjour à Figeac, fasciné par la châtelaine de Béduer. Jeanne Loviton, malgré ses nombreuses relations
mondaines, n'a pas vraiment d'appuis politiques, car elle n'appartient à aucun parti. Durant plusieurs mois elle va intriguer
en toutes directions pour sortir d'embarras son amant. Ce n'est pas chose facile, Denoël s'est fait beaucoup d'ennemis.
Sa meilleure alliée sera Yvonne Dornès, qui a longtemps rechigné à intervenir en raison de son peu de sympathie pour
l'éditeur. La seconde sera son amie proche, Suzanne Borel, qui deviendra Mme Georges Bidault le ving-huit décembre.
Le dossier de l'éditeur belge n'est pas très bon. Le deux février une Commission consultative d’épuration de l’Édition
a été nommée par le ministre de l'Information de l'époque, Pierre-Henri Teitgen. Quatre jours plus tard, son président
Raymond Durand-Auzias écrit au ministre. "Il serait aussi préjudiciable, pour le prestige français, de voir subsister
certains noms de firmes comme Éditions Denoël que de laisser par exemple subsister le nom de certains journaux
comme Gringoire ou Le Pilori, même avec une direction nouvelle". Le six février Robert Denoël s'est présenté devant
le juge d'instruction Achille Olmi, chargé de son dossier. Certains ont prétendu qu'en raison des attaques dont il faisait
l'objet dans la presse, il se serait rendu spontanément au palais, en vue de réclamer une possible protection policière.
Le mémoire de Robert Denoël était destiné à sa défense devant la Commission d’épuration du Livre, dont le siège se
trouvait au 117 Boulevard St-Germain. Après sa mort, la plupart des journaux écrivirent que l'éditeur aurait dû passer
devant cette Commission au cours du mois de décembre 1945. Jeanne Loviton n'aura guère le temps de goûter son
idylle avec le sulfureux éditeur, qu'elle doit cacher à la Libération. Le soir du deux décembre 1945, alors que leur
Peugeot 302 noire a crevé à deux pas des Invalides, Robert Denoël est tué d'une balle dans le cou par de mystérieux
assassins. Il expire entre ses bras. En moins de six mois, la muse, très seule, a perdu les deux hommes de sa vie.
La voici directrice des Éditions Denoël, publiant notamment "La Peau", de Malaparte. Elle songe même, un temps,
à épouser le fantasque Italien. Mais il lui faut surtout gérer l'écrivain vedette de la maison, Louis-Ferdinand Céline.
Leurs relations seront épiques. De son exil danois, désespéré et paranoïaque, l'auteur de "Voyage au bout de la nuit"
se persuade en effet que la "mère Voilier" a fait assassiner Denoël pour hériter de ses affaires. Dès lors, elle sera
la figure la plus insultée de toute la comédie célinienne. Florilège: "damnée sirène", "Thénardière", "funambulesque
héritière", "tigresse à procès", "saboteuse et désastreuse". Jeanne Loviton restera, dans la petite histoire littéraire,
plutôt comme obsessionnelle tête de Turc de Céline que comme muse élégiaquement chantée par Valéry. Elle s'éteint
le 20 juillet 1996 et repose au cimetière Notre-Dame de Versailles, où sa tombe porte simplement son prénom, Jeanne.
Bibliographie et références:
- Paul Valéry secret. "Correspondance inédite"
- A. Louise Staman, "Assassinat d’un éditeur à la Libération"
- Célia Bertin, "Portrait d'une femme romanesque"
- Jean Clausel, "Cherche mère désespérément"
- Paul Valéry, "Corona et Coronilla, poèmes à Jean Voilier"
- Carlton Lake, "La vie de Jeanne Loviton"
- Dominique Bona, "Je suis fou de toi. Le grand amour de Paul Valéry"
- Jacques De Decker, "Paul Valéry est-il mort d’amour ?"
- Jérôme Dupuis, Jeanne Loviton, croqueuses d'écrivains"
- Pierre Assouline, "Une don juan"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
483 vues
10 aime
Rose Alphonsine Plessis dite Marie Duplessis, comtesse de Perrégaux, née le quinze janvier 1824 à Nonant-le-Pin
et décédée le trois février 1847 à Paris, fut une célèbre courtisane française ayant inspiré à Alexandre Dumas fils le
personnage de Marguerite Gautier dans "La Dame aux camélias". Être l’héroïne involontaire d’un roman, c'est déjà
rare. Mais que dire de celle qui devint la figure centrale d’un livre, d’une pièce de théâtre, d’un opéra et d'un ballet ?
C’est le destin posthume fabuleux de Marie Duplessis après une brève existence, achevée à l’âge de vingt-trois ans.
Nous sommes à la fin du règne de Louis XVIII. Rose Alphonsine Plessis nait à Nonant-le-Pin, un petit village de
Normandie. Son père, Marin Plessis, est un vendeur ambulant de bimbeloterie (mercerie, pommades et statues de la
Vierge). Après son mariage, il a pu ouvrir un petit magasin. Marianne, sa mère, est d’un milieu plus éduqué. Elle a
épousé par amour le beau colporteur, mais la romance a tourné court, disputes incessantes, ivrognerie, violence,
jalousie. Marin se brouille avec tout le monde, les affaires périclitent. Il doit vendre le magasin et la famille déménage
plusieurs fois au fur et à mesure que les finances s’amenuisent. Un soir, revenant ivre de la foire, Marin tente de rôtir
sa femme dans l’âtre de la cheminée. La lutte dure une dizaine de minutes dans la chaumière isolée. Le hasard veut
qu’un conducteur de messagerie perçoive les cris et intervienne. Les femmes quittent la maison et Marin fuit par
crainte des gendarmes. Grâce aux bons soins d’une châtelaine, Marianne est placée à Paris auprès d’une respectable
dame anglaise, Lady Yardborough. Elle ne reverra jamais plus ses deux filles et mourra deux ans plus tard, en Suisse,
où elle a suivi sa maîtresse. Alphonsine (le prénom Rose a disparu) a alors dix ans. Elle deviendra plus tard Marie.
Sa protectrice veille à son éducation et lui fait apprendre à lire et écrire. Les années passent. L’été, la jeune fille travaille
aux champs et y perd sa virginité vers les treize ans. À la campagne, ça ne prête guère à conséquence. En visite à la
ville voisine, elle admire les tenues des bons bourgeois et leur train apparemment confortable, tentateur dépourvu de
scrupules, le père en profite pour corrompre sa propre fille auprès d’un notable septuagénaire. Elle a quatorze ans.
Quelque temps plus tard, il en abuse probablement. C’est ce que dit la rumeur, le logis ne disposant que d’un unique
lit, et on ne prête qu’aux riches. Pour ne plus subir les ricanements du village, Alphonsine part pour Paris, plus ou moins
vendue par son père. En chemin, comme dans les mauvais romans feuilletons de l’époque, une bohémienne lui promet
un avenir brillant, des amours en nombre, et la richesse mais s’interrompt devant sa ligne de vie. Elle lui offre un lézard
séché, sensé la protéger du mauvais œil et de la malédiction, un talisman qu’elle conservera toute sa très courte vie.
À Paris, elle passe d’une famille d’accueil à une autre, tour à tour blanchisseuse, couturière, et ne mangeant jamais à
sa faim. Elle aime s’amuser et fréquente cafés et salles de danse. C’est ce qu’on appelle alors une "grisette", une jeune
femme de médiocre condition, mais pas encore une "lorette" , du nom de l’église Notre-Dame-de-Lorette située en plein
cœur du quartier de la prostitution. Un soir, la pluie battante l’amène à se réfugier, avec deux amies, sous les colonnades
du Palais Royal, dans une galerie. Les jeunes femmes mettent en commun leurs pécules pour s’offrir le restaurant.
Alphonsine tape dans l’œil du restaurateur, un veuf quinquagénaire. L’homme fait sa cours et bien vite, offre à la jeune
fille de seize ans, un logement en entresol et trois mille francs pour ses premiers frais. Voilà le début de sa destinée.
Alphonsine n’a pas conscience de la valeur de l’argent et brûle rapidement la somme, puis une autre et encore une autre.
Le restaurateur trouve prudent de ne pas insister. Un jeune boursicoteur le remplace et y perd aussi une petite fortune.
Exhibée comme un trophée dans les salons, Alphonsine ne tarde pas à y être admirée. Brune et pâle, c’est "un des plus
beaux visages de la création", avec de "grands yeux noirs, vifs, doux, étonnés, presque inquiets, tour à tour plein de
candeur et de vagues désirs" selon la description de Jules Janin. Son physique aérien, sa minceur diaphane, sa grande
taille (un mètre soixante-sept, soit dix centimètres de plus que la moyenne) tranchent avec les canons de beauté de
l’époque. Sa voix est grave, ses grands yeux mélancoliques. Alphonsine est déjà l’archétype de l’héroïne romantique.
Agénor de Guiche, la vingtaine, crinière blonde et yeux bleus, la remarque et en fait immédiatement la conquête. Chose
rare, la passion amoureuse est partagée. Issu d’une de la plus vieille noblesse française, un peu ruiné par la révolution,
le jeune homme est à l’époque un "lion", membre du Jockey-Club, fréquentant les restaurants du boulevard des Italiens,
(Tortoni, le Café Anglais, le Café Riche, la Maison Dorée), ces lieux où après l’opéra les jeunes dandys viennent, dans
ces mêmes romans feuilletons "déguster un buisson d’écrevisses? accompagné d’Extra Dry." Surnommé Antinoüs, le
jeune homme est connu pour des conquêtes flatteuses, la Païva, une audacieuse aventurière, Mademoiselle Rachel
qui, à dix-sept ans, fit des débuts éclatants et remarqués au Théâtre-français alors qu’elle était encore analphabète.
Signe d’un attachement profond envers la jeune femme, Agénor va s’efforcer, en véritable Pygmalion, de l’élever à son
niveau. Plus de billets signés "Sel qui t’aime." Alphonsine, véritable éponge, apprend à s’exprimer par écrit, à l’oral, à se
comporter en société, et se révèle brillante. Le Docteur Véron, riche homme d’affaires et un temps directeur de l’opéra,
loue l’intelligence de sa conversation. Le librettiste de Verdi, voit juste en faisant dire à Violetta au premier acte de "La
Traviata", "Sarò l'Ebe che versa", allusion mythologique à la déesse grecque Hébé qui servait aux dieux de l’Olympe
l'ambroisie et le nectar qui leur garantissaient l’immortalité. Elle apprend la musique et se constitue une bibliothèque.
Contrairement aux autres courtisanes du siècle, que l’époque appelle "les grandes horizontales", Marie se distingue
par son absence de cupidité, de caprices. Ce n’est pas une de ces vaniteuses qui se font bâtir des hôtels particuliers
somptueux pour faire rager leurs rivales. La construction de celui de la Païva dura dix ans, ce qui nous vaut ce bon mot
d’Aurélien Scholl. Alors qu’il revenait des Champs-Élysées, on lui demanda où en était les travaux. "Le principal est fait,
on a posé le trottoir." Marie, elle, vivra toujours dans des appartements. Du dernier, il ne reste que la façade, boulevard
de la Madeleine, le logement, situé à l’entresol entre deux cariatides, ayant été transformé en surfaces commerciales.
Son train de vie est élevé, plusieurs milliers de francs par mois à une époque où l’on peut vivre correctement avec cent,
mais elle en distrait une grande partie (on parle de 20.000 francs par an) pour des œuvres de bienfaisance. Dumas fils,
un autre de ses amants, dira d’elle que c’était la seule courtisane qui avait du cœur. Avec Agénor, l’aventure dure quelques
mois, peut-être un an. Il est probable que Marie mette un fils au monde, mais celui-ci sera confiée à une famille d’accueil
et Marie s’en désintéressera, rappelons qu’elle a dix-sept ans et qu’elle n’a quasiment jamais connu sa propre mère. Son
père meurt de la syphilis. Guiche quitte la France pour l’Angleterre, à la surprise de Marie. Selon la tradition familiale,
le comte d’Orsay, oncle d’Agénor, serait venu demander à celui-ci de mettre un terme à leur liaison. Marie multiplie alors
les conquêtes, essentiellement de jeunes hommes aisés, la vingtaine, comme si elle cherchait à effacer le souvenir de
son premier protecteur. Marie est une courtisane, trop vénale pour être une maîtresse, trop distinguée pour être une
simple prostituée, mais c’est elle qui choisit ses amants. Contrairement aux "lorettes", qui diversifient leur portefeuille
pour garantir leurs revenues, si on peut dire, elle n’aime qu’un homme à la fois. Elle possède alors le sens de la dignité.
Il y eut Lautour-Mézeray, surnommé "l’homme aux camélias" car il en portait toujours un blanc à sa boutonnière. On voit
ici comment Dumas fils sait puiser à différentes sources réelles pour construire ses personnages. Le pétillant Roger de
Beauvoir, écrivain à succès aujourd’hui oublié, amusait tout Paris avec ses épigrammes caustiques. Viveur et pilier de
l’Opéra, le marquis Fernand de Montguyon, fort laid, était quant à lui l’ami le plus intime du duc de Morny, demi-frère de
Napoléon III. Il occupait à l’année une avant-scène à l’Opéra, surnommée "La Loge infernale", où il faisait la loi avec
d’autres les jeunes gens à la mode, dont Balzac. Quand il dû laisser la place à Guiche revenu d'Angleterre, il se plaignit
amèrement de voir les deux amants dans l’équipage qu’il avait préalablement offert à sa récente maîtresse. Par la suite,
Marie prit l’habitude de refaire intégralement sa garde-robe à chaque nouvel amant. En 1842, elle fait la conquête du
jeune comte Édouard de Perrégaux, fraichement héritier de la fortune paternelle. Les premiers signes de la phtisie
apparaisse et la jeune femme semble un peu lasse de sa vie mondaine. On se croirait au premier acte de La Traviata.
Même si les deux jeunes gens semblent sincèrement s’aimer, la passion s’amenuise bientôt avec la fortune du comte.
Après la rupture avec Dumas, Marie fait la conquête de Liszt. La passion amoureuse dure trois mois mais le musicien
doit retourner à Weimar. Marie veut le suivre, mais outre que son état de santé empire, il est impensable que Liszt, qui
doit prendre les fonctions de maître de chapelle, y soit accompagné par sa maîtresse. Elle pourrait le rejoindre dans ses
tournées. Mais comment ne pas attirer l’attention quand on est célibataire, étonnamment argentée et sans noblesse ?
C’est alors qu’il lui vient l’idée d’épouser Édouard de Perrégaux. Le jeune homme est trop heureux d’accepter et, en
janvier 1845, le mariage est effectué en Angleterre, où le consentement mutuel suffit. Mais il déchante immédiatement
quand il comprend les desseins de Marie. Il lui enjoint donc de renoncer au mariage et celle-ci accepte. Elle se fait
pour autant désormais appeler comtesse du Plessis. Elle fait mettre des armes sur sa vaisselle, son linge, fait dessiner
un blason où figure le lézard, son talisman. Mais Liszt ne donne toujours pas de nouvelles. Elle est criblée de dettes,
assaillies par les créanciers, donne à tout va, aux œuvres et à sa famille. Sa sœur Delphine ne prend toutefois pas la
peine de lui rendre visite. La maladie devient de plus en plus prégnante et elle vit recluse, mais dans le luxe de son
appartement, qui ne sera saisi qu’après son décès. Édouard Delessert, fils du préfet de police et futur artiste et le comte
Olympe Aguado, l’un et l’autre sont des pionniers de la photographie, viennent égayer par leur jeunesse la solitude de
la malade. Le quinze janvier, pour son vingt-troisième anniversaire, le jeune comte Pierre de Castellane organise une
soirée au théâtre en son honneur. Pour la dernière fois, le public contemple ce spectre à la peau aux reflets bleutés.
Étonnamment, Marie gardera toujours de bonnes relations avec ses anciens amants. Un jour, un créancier se fait plus
insistant. Pour éviter la saisie, et devant l’émotion de son fils la mère d’Olympe a la générosité de payer cette dette
urgente. Le vieux Stackelberg vient passer trois heures à ses côtés. Puis Perrégaux lui rend visite, le premier février.
Elle entre en agonie et décède le trois février 1847. Contrairement à ce qu’écrit Dumas dans le roman, une petite troupe
accompagne l’enterrement. Il y a là Tony, le marchand de chevaux dont elle fit la fortune, Romain Vienne, son premier
biographe ("La vérité sur la Dame aux camélias" est publiée en 1888), Perrégaux, Stackelberg, Narbonne-Pelet, des
inconnus dont certains ont profité de ses largesses mais pas Dumas. On se pressera à la vente aux enchères, qui
durera trois jours, et suffira à rembourser les dettes tout en laissant une centaine de milliers de francs à la sœur de
Marie. Le seize février, la dépouille est exhumée, Perrégaux ayant voulu lui donner un sépulture plus digne. En 1848,
Dumas fils publie "La Dame aux camélias", adaptée au théâtre en 1852. Le roman est écrit en trois semaines, la
pièce en huit jours. La censure refuse un temps la pièce mais Montguyon intervient auprès de Morny pour faire lever
l'interdiction. C'est un triomphe avec deux cents représentations. De passage à Paris, Verdi assiste à la pièce et y voit
un parallèle avec sa propre situation aux côtés de Giuseppina Strepponi. La Traviata sera créée le six mars 1853 à la
Fenice de Venise, première d'une multitude d'adaptations grâce auxquelles Marie Duplessis est devenue un personnage
immortel. Le destin extraordinaire de la courtisane n'a en revanche inspiré qu'un seul film de Mauro Bolognini en 1981.
Bibliographie et références:
- James Huneker, "Franz Liszt"
- Marc Gaudin, "La vie de Marie Duplessis"
- Sophie Laboulet, "Marie Duplessis, comtesse de Perregaux"
- Jacques Loustalot, "Marie Duplessis, la Dame aux camélias"
- Ewan McGregor, "Alexandre Dumas fils"
- Laurent Perreyre, "La vie de Marie Duplessis"
- Pierre Schwabb, "Marie Duplessis, la Dame aux camélias"
- Jean Socquet, "Marie Duplessis, comtesse de Perregaux"
- Valérie Trautmann, "La vie de Marie Duplessis"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
607 vues
12 aime
Née à Florence le 22 mars 1837 et morte dans le premier arrondissement à Paris, le 28 novembre 1899, Virginia
Oldoïni Verasis est la fille unique du marquis Filippo Oldoïni Rapallini, premier député de La Spezia au Parlement
du royaume de Sardaigne et d'Isabella Lamporecchi, la cousine de Filippo. Fillette de la noblesse piémontaise,
Virginia reçoit une éducation poussée, alternant entre cours d’anglais, de français, de danse et de musique. Celle
qu’on appelle très vite, du fait de sa beauté, "La Perla d’Italia", la Perle d’Italie, épouse à l’âge de dix-sept ans le
comte Francesco Verasis de Castiglione. En mars 1855, elle lui donne un fils, Giorgio. En 1856, Virginia a dix-huit
ans et son mariage, dans lequel elle s’ennuie, s'essoufle. Envoyée à la capitale par son cousin Camillo Cavour
dans le but de conquérir Napoléon III, alors âgé de quarante-sept ans, Virginia arrive à Paris le vingt-cinq décembre.
Ils s’installent au numéro dix de la rue Castiglione, une grande voie du quartier de la Place-Vendôme dans le premier
arrondissement baptisée en l’honneur de la victoire remportée par Bonaparte sur les Autrichiens, le cinq août 1796.
L’intérêt d’une telle liaison ? Virginia pourrait influencer les décisions politiques de l’unique président de la seconde
République, afin d’obtenir le soutien de l’empereur des français à la cause italienne face à la menace autrichienne.
Grâce à ses atouts physiques, mais aussi à son caractère, Virginia est une jeune femme sûre d’elle et très fière. Elle
parvient à séduire Napoléon III. Le neuf janvier 1856, la Comtesse est présentée à l’Empereur lors d’un bal. Un mois
plus tard, ils entament une liaison non dissimulée. Lors d’une fête champêtre et estivale dans le parc de Saint-Cloud,
au château de Villeneuve-l’Étang à Marnes-la-Coquette, les deux s’isolent pendant plusieurs heures, sous les yeux de
l’impératrice, humiliée. On raconte que l’influence de Virginia sur l’empereur se serait concrétisée le vingt-et-un juillet
1858 lors de la ratification du traité de Plombières. De plus, durant la guerre franco-prussienne de 1870, Napoléon III,
malade et vaincu, lui aurait demandé de jouer une dernière fois de ses charmes à des fins diplomatiques. La comtesse
aurait ainsi plaidé la cause de la France auprès du chancelier de Prusse Bismarck, afin d’éviter à Paris l’occupation.
Bien sûr, dès ses débuts la relation fait scandale. Le comte de Castiglione se sépare de Virginia et, ruiné par le train de
vie luxueux de son épouse, il repart seul en Italie où il doit vendre toutes ses possessions pour rembourser ses dettes.
Dès lors, courtisée, adulée mais aussi jalousée, la Comtesse de Castiglione défraye les chroniques mondaines du
second Empire. Sa relation avec l’empereur est au cœur de toutes les conversations et lui ouvre les portes de la haute
société, dans laquelle elle se pavane en se vantant des cadeaux de son amant célèbre. Dans les bals et dîners mondains
où elle est invitée, la jeune femme qu’on décrit comme vaniteuse et égocentrique, arrive toujours en retard, dans des
accoutrements surprenants. Son imagination n’a pas de limite. Elle crée ses tenues dans le seul et unique but de choquer.
Mais narcissique et capricieuse, snobant le reste de la cour et se vantant des cadeaux que l'empereur lui offre, elle finit
par se rendre très antipathique et lasse l'empereur qui prend une nouvelle maîtresse, la comtesse Marianne Walewska.
Son costume le plus célèbre est celui de "la Dame de cœur", qu’elle porta pour un bal au ministère des affaires étrangères
en février 1857. Il s’agissait d’une robe faite dans un tissu fin, marquant ses formes et ornée d’un cœur au niveau de son
sexe. L’Impératrice Eugénie aurait ironisé sur ce cœur situé "bien bas". Immortalisée dans cette tenue par Aquilin Schad,
le cliché colorisé à la gouache dans l’atelier Mayer et Pierson sera présenté à l’Exposition universelle de 1867. Le six avril
1857, en pleine nuit, alors que Napoléon III quitte le domicile de Virginia, il est victime d’une tentative d’attentat avenue
Montaigne. On accuse l'italienne d’être complice et elle est bannie de la cour impériale. Elle reviendra à Paris en 1861,
mais ça n’est qu’en 1863 qu’elle fera son grand retour à la cour, au bal costumé des Tuileries, déguisée en reine d’Étrurie.
On l'adore autant qu'on la déteste. Elle attire dans ses filets les personnages les plus illustres, dont Bismarck et Adolphe
Thiers. La Castiglione enchante cette cour de parvenus qui voudraient revivre à tout prix les fastes de l'ancien régime.
Elle fait sensation à chaque fois et voudrait prolonger cette impression d'être exceptionnelle aux yeux des autres. Elle
trouve rapidement le moyen d'y parvenir. Pour immortaliser ses tenues et satisfaire son narcissisme, Virginia décide,
comme beaucoup de personnes aisées à l'époque, de se faire tirer le portrait. En effet, ce n’est pas que pour sa relation
adultère et ses frasques de jeune fille capricieuse que Virginia de Castiglione mérite d’être connue. En effet, la comtesse
a été pionnière dans le domaine de la photo. Elle fait une obsession de sa beauté, poussant sa fatuité jusqu’à devenir
la femme de son époque à s’être fait tirer le plus de portraits. On estime sa collection à environ quatre cents clichés, un
nombre incroyable pour l’époque, où la photographie n’est qu’un moyen de se présenter à la société. Mayer et Pierson,
photographes très appréciés de la noblesse parisienne du dix-neuvième siècle sont notamment à l’origine de bien de ces
portraits que Virginia conserve pour son plaisir personnel. Dans ses plus belles années, la comtesse se pare de robes de
bal ou de jour somptueuses, de bijoux, de postiches et de perruques poudrées, elle utilise également des accessoires
pour recréer un personnage, une scène, un sentiment. Elle pose également non sans plaisir des costumes style Louis XV.
Pendant quarante ans, la comtesse de Castiglione s’est ainsi faite photographier sous toutes les coutures, brisant les
codes du portrait de l’époque dans une démarche originale, d’une modernité étonnante. Elle pose, les jambes dénudés,
dans des mises en scène qui demeurent encore aujourd’hui mystérieuses. Avec la complicité de Pierson, qui devient un
simple opérateur, elle décide des décors, des mises en scène, des attitudes, donne ses instructions pour les retouches
sur négatifs puis à la gouache sur les épreuves. Elle donne chair aux émotions qu'elle n'exprime jamais, ni en public, ni
en privé. Elle est à la fois l'artiste et son propre modèle. Sa passion pour son apparence devient obsessionnelle. Ainsi,
elle façonne sa biographie fictive, une version romancée et subsersive de sa vie, faisant fi des tabous de l'époque, en
posant en fille de café, en reine étrusque, dénudant ses jambes et photographiant ses pieds. Ses clichés sont souvent
érotiques, toujours troublants, parfois avant-gardistes. La comtesse en offre parfois à ses amis ou à ses admirateurs.
Quand elle ne pose pas, la comtesse ne cesse de harceler l'empereur sexuellement et politiquement. Elle envoie des
messages codés à Victor-Emmanuel II et à Cavour pour les tenir au courant des progrès de sa mission. Mais sans doute
ses efforts sont-ils trop soutenus. À quarante-neuf ans, l'empereur tient difficilement le rythme. Commençant à souffrir de
rhumatismes et de la goutte, il s'avère moins assidu auprès de Virginia. En avril 1857, alors qu'il sort de chez elle en
pleine nuit avenue Montaigne, Napoléon III se fait agresser par trois malfrats. Cette tentative d'attentat, une de plus, car
il en subira de multiples pendant son règne, offre un prétexte parfait aux ennemis de la Castiglione. On l'accuse sans
aucune preuve d'avoir conspiré avec les présumés coupables qui seraient des révolutionnaires italiens. La comtesse est
expulsée de France par décret du ministre de l'intérieur, Adolphe Billault. Son mari exaspéré, et au bord de la ruine à
cause de ses frasques, divorce. Elle boucle ses valises et emporte ses précieuses photographies, visions fantasmées
d'une époque qui est en train de disparaître. La Castiglione est désormais plus que jamais une lionne solitaire. Pendant
près de quatre ans, elle fait le tour des cours d'Europe. À force d'intrigues, elle est enfin autorisée à revenir en juin 1861.
Le couple impérial lui accorde le droit de se présenter de nouveau à la cour en 1863. Plus éblouissante que jamais, elle
apparaît aux Tuileries costumée en reine d'Etrurie, indécente et incandescente. Pourtant, elle ne cristallise plus l'intérêt
comme autrefois. Napoléon III, de plus en plus malade, lui accorde à peine un regard. La splendeur passée ne reviendra
plus. La chute du second Empire, comme pour beaucoup d'autres, est un drame passionnel. Son amour de l'art, seul, la
sauvera de l'oubli. Elle en a l'intuition en 1867. Pour la première fois, elle se rend seule en tant qu'artiste à l'Exposition
universelle et y présente plusieurs clichés. Entre 1870 et 1872, fuyant la chute de l'Empire et de la Commune, elle se
réfugie dans son pays natal. Mais elle sent la mort se rapprocher. Elle supporte difficilement de vieillir. En 1880, elle arrête
la photographie et vit dans un appartement de la place Vendôme, aux volets toujours clos. Elle fait voiler ses miroirs pour
ne pas voir sa beauté se faner. Virginia ne sort plus que la nuit, pour promener ses chiens. Hypocondriaque, et sujette à
des crises d'angoisse, elle perd ses cheveux par poignées, sa bouche est étendée. Pour elle hélas, la fin s'approche.
Le vingt-huit novembre 1899, Virginia de Castiglione meurt seule, à soixante-deux ans, dans son appartement parisien du
quatorze, rue Cambon, parmi ses chiens empaillés. Un diplomate italien viendra fouiller chez elle en quête d'éventuels
documents ou de lettres d'amants compromettantes, qu'il aurait eu pour mission de brûler. La comtesse est enterrée au
cimetière du Père-Lachaise, où ses dernières volontés ne sont pas respectées. Elle avait demandé à être inhumée vêtue
du négligé qu'elle portait lors d'une nuit d'amour avec l'empereur et avec ses chiens empaillés. Ses photographies, ses
vêtements sont vendus aux enchères. La quasi-totalité des objets, parmi lesquels un moulage de ses jambes, est acquise
par son plus grand admirateur, Robert de Montesquiou, ami de Marcel Proust. En 1913, il publie une biographie sous le
nom de "La divine Comtesse." Grâce à lui, la Castiglione accède à la reconnaissance en tant qu'artiste. Son art précurseur
a inauguré la photographie de mode et préfiguré le courant surréaliste. En 2000, ses clichés sont exposés au Metropolitan
Museum de New York et au musée d'Orsay à Paris. Un siècle après sa mort, le charme de la Castiglione opère toujours.
Bibliographie et références:
- Nicole G. Albert, "La Castiglione"
- Marianne Nahon, "La Comtesse de Castiglione"
- Nathalie Léger, "La Castiglione"
- Isaure de Saint-Pierre, "La Dame de Cœur"
- Xavier Demange, "La Castiglione par elle-même"
- Jean Tulard, "Dictionnaire du Second Empire"
- Frédéric Loliée, "Les Femmes du Second Empire"
- Alain Decaux, "La Castiglione, Dame de Cœur"
- Federica Muzarelli, "Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione"
- David Lodge, "La Comtesse de Castiglione"
- Josée Dayan, "La comtesse de Castiglione"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
572 vues
14 aime
Patricia regagna sa chambre d'hôtel et s'octroya le luxe rare de faire une sieste. Étendue nue sur le
lit, elle avait seulement oublié d'ôter ses lunettes après la lecture de son roman. Ce fut un coup frappé
à la porte qui la réveilla, deux bonnes heures plus tard. Reposée, elle bondit hors du lit et alla jeter un
coup d'œil par le judas. Un livreur attendait, tenant une corbeille de fleurs dans les bras. Lorsqu'elle
ouvrit la porte, elle découvrit un superbe bouquet de lys, une bouteille de champagne et un cadeau très
soigneusement enrubanné. C'était agréable et inattendu et elle ne put s'empêcher d'être émue par ce
geste si romantique de la part sans doute de l'inconnu, celui qui l'avait soumise la veille, lors de cette
soirée mémorable. Elle donna un pourboire au livreur, referma la porte et ouvrit avec joie le paquet.
Patricia ne fut pas étonnée de découvrir son contenu, un déshabillé en soie noire, un loup en velours
de la même couleur et une paire de menottes. Elle saisit la petite carte dont elle lut le message à voix
haute: "Cette soirée vous appartient. Portez le bandeau pour moi. Je passerai vous prendre à dix-neuf
heures". Un peu anxieuse, elle aima pourtant sa persévérance et sa fidélité dans le lien qui les unissait.
La persévérance signifiait qu'il prenait très au sérieux les sentiments qu'il éprouvait pour elle. Mais en même
temps, toutes les attentions qu'il lui prodiguait la déstabilisaient. Elles ne lui laissaient pas le temps de souffler
et rendaient plus difficile encore la possibilité de lui résister. Patricia songea à s'enivrer avec le champagne.
Ainsi elle n'aurait pas à réfléchir ni à prendre de décision. Elle porterait le bandeau. Tout ne lui serait pas infligé
à la fois, elle aurait le loisir de crier, de se débattre, mais de jouir aussi, tant il prenait plaisir à lui arracher ces
indubitables témoignages de son pouvoir. Il n'était pas dans ses habitudes de fuir les responsabilités.
Elle avait découvert la subtilité et la délicatesse du jeu des relations entre le maître et son esclave. Elle devait
savoir indiquer à l'inconnu les limites à ne pas franchir. L'autorité absolue est un savant jeu d'équilibre, le moindre
faux pas romperait l'harmonie et au-delà briserait la considération qu'ils se porteraient l'un à l'autre. Toute femme
a ses limites, elle a les siennes. Il ne pourrait aller au delà des limites acceptées, moralement ou physiquement.
Toute dérogation à cette règle serait dangereuse. En cela, elle s'accorderait du plaisir et une nuit d'amour car il
avait la générosité de ne pas la priver d'orgasme. Patricia devrait lui accorder les privilèges de sa fonction. Lui
procurer le bonheur grisant de la dominer tout en se préservant quelque indépendance, car alors la punition qui
s'ensuivrait serait source de plaisir pour l'un et l'autre. Se soumettre, endurer, désobéir et jouir dans la contrainte.
Elle avait pris conscience de son pouvoir sur l'homme. Car c'est une évidence qu'ignorent les non-initiés à cet
univers qu'elle pénétrait, marginal et si envoûtant. Il ne serait jamais celui que l'on croit. En réalité il serait en état
de dépendance totale vis à vis d'elle. Il existerait et ne trouverait sa place ou sa justification que par rapport à elle.
Par ce jeu subtil de rapports de force, elle serait certainement celle qui exercerait le véritable pouvoir dans leur
relation. Même s'il la pousserait certainement au paroxysme de l'épuisement et de la souffrance physiques lors
de séances très éprouvantes. Elle l'accepterait tout de lui pour autant qu'il n'abuse pas trop de la situation de
dépendance engendrée par l'amour qu'elle lui portait en la forçant à accepter des épreuves trop humiliantes.
Elle se pencha au-dessus des lys, huma leur parfum. Elle aimait les fleurs fraîches, le champagne, le déshabillé
et le symbole des menottes. Mais qui ne les aimerait pas ? Cela ne signifiait pas qu'elle était prête à succomber
à la requette de l'inconnu. Et toutes ces attentions. Elle ne savait pas ce qu'il pensait vraiment d'elle. Elle avait
voulu le séduire, mais en réalité, il l'avait soumise. Sur la terrasse de la suite, elle avait désiré être sodomisée et
elle avait joui mais ensuite dans le reflet de la lumière de la chambre, attachée, l'homme l'avait fouettée avec sa
ceinture. Les traces sur son corps la rendaient fière. Elle souhaita seulement qu'il fut également heureux, si le
le supplice était le prix à payer pour que son amant continuât à l'aimer. Pour s'engager plus avant, elle aurait
besoin de savoir qu'il l'aimait. Mais comment pouvait-il le lui prouver ? Lui avait-elle, à dessein, assigné une
tâche impossible ? Avait-elle aussi peur qu'il le pensait ? Patricia portait un collier de soumission mais elle
n'avait pas les clefs, encore moins celles des chaînes de leur relation amoureuse. Les règles de leur jeu.
Elle se sentait incapable de répondre à toutes ces questions. Elle prit la paire de menottes et le bandeau. Elle fit
glisser ce dernier entre ses doigts. Devait-elle poursuivre leur relation et offrir une chance à ce lien si fort qui les
unissait ? Elle n'aurait su le dire mais secrètement elle l'espèrait. Son corps l'exigeait. Alors que dix-neuf heures
approchait, elle se doucha, et s'habilla. Une simple robe légère, et en dessous une paire de bas tenue par un
porte-jarretelle; porter des sous-vêtements aurait été maladroit. Elle noua le bandeau sur ses yeux. Les cinq
minutes passèrent trop vite et lorsqu'on frappa à la porte, elle se sentit la gorge sèche. Elle l'entendit rentrer.
Sa voix profonde, sensuelle, fit courir un frisson le long de son dos et naître aussitôt le désir au creux de ses reins,
de son ventre. Déjà, ses seins se dressaient, pressant la soie de son décolleté. Très vite, elle compris qu'elle
avait pris la bonne décision. Et qu'importe ce qu'il adviendrait ensuite, elle était prête à vivre tous ses fantasmes.
- Il y a une chose qu'il faut que vous sachiez si vous me prenez en charge ce soir.
- De quoi s'agit-il ?
- Je ne porte pas de lingerie. Par conséquent, je suis nue sous ma robe.
- J'aimerais beaucoup voir.
Les doigts tremblants, elle saisit l'ourlet et fit remonter le tissu le long de sa cuisse. Jamais elle ne s'était sentie aussi
indécente et elle adorait cela. Elle écarta légèrement les cuisses. Elle se sentait déjà humide, prête pour lui. S'il ne la
touchait pas très vite, elle allait s'évanouir. Il laissa un doigt glisser vers l'intérieur de son entrecuisse, puis il effleura
son clitoris. Patricia frissonna, le corps parcouru de sensations délicieuses.
- Nous n'allons pas faire l'amour ?
- D'abord, nous allons poursuivre votre apprentissage. Avez-vous aimé la séance d'hier ?
- Oui, je vous aime quand vous me dominez.
Elle se sentait rassurée. Il lui ordonna de se déshabiller totalement et de se débarrasser de ses talons hauts. Il glissa
quelque chose de doux et de soyeux autour de ses poignets et l'attacha. Elle testa ses liens. Elle pouvait bouger de
quelques centimètres. Ce qu'elle fit, et dans la position où elle se trouvait, le désir crût soudain dans ses reins. Alors
il décida de la contraindre, les bras maintenus dans le dos à l'aide de la paire de menottes métalliques.
- Je voudrais vous fouetter, et cette fois, je vous le demande. Acceptez-vous ?
- Vous connaissez la réponse, je vous aime.
Il lui enchaîna les mains au dessus de sa tête, à l'anneau fixé au plafond qui soutenait le lustre de la chambre. Quand
elle fut ainsi liée, il l'embrassa. Lorsqu'elle reçut le premier coup de fouet, elle comprit qu'il s'agissait d'un martinet souple
utilisé de façon à lui chauffer le corps avant d'autres coups plus violents. Puis, du martinet, l'homme passa à la cravache.
Elle en devina la morsure particulière au creux de ses reins. Cela devait être une cravache longue et fine, d'une souplesse
trompeuse et d'un aspect presque rassurant. Maniée avec précision et nuance, chaque coup reçu lui semblait différent,
selon que la mèche de cuir la frappait à plat, ou au contraire sur toute la longueur de la tige. Patricia oublia toutes ses
résolutions pour se mettre à crier sous la morsure intolérable des coups. Le tout avait duré une dizaine de minutes. Il
s'arrêta. Elle ressentit un apaisement. L'inconnu lui ôta le bandeau qui la rendait aveugle. Un sourire sur son visage.
Quand il la prit dans ses bras, le coton de sa chemise lui agaça la pointe des seins. Il l'embrassa, l'étendit sur le lit, se
coucha contre elle, et lentement et tendrement, il la prit, allant et venant dans les deux voies qui lui étaient offertes, pour
finalement se répandre dans sa bouche, qu'ensuite il embrassa encore. Elle trouva la force de lui répeter qu'elle l'aimait.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
1.2000 vues
23 aime
Ayana est une jeune et fort jolie japonaise, venue faire ses études en France. Elle est passionnée d'art , de littérature et elle aime Paris. Son père est un très riche industriel de Yokohama qui adore sa fille et veut le meilleur pour elle. Pourtant Ayana s'ennuie dans son univers hyper protégé. Son garde du corps, Naoto, est un expert en arts martiaux. Un très beau jeune homme qui en pince pour Ayana, sauf que cette dernière l'ignore complètement. Elle est même presque insupportable et souvent très désagréable avec lui. C'est son toutou, son jouet. sauf qu'il n'a pas le droit de toucher Ayana, sans quoi son père qui fait partie des Yakusas a promis de le castrer.
Ayana se désespère. 26 ans et toujours vierge à cause de la jalousie maladive de son père. Contrainte à se caresser sous la douche ou sous la couette pour se détendre et se faire du bien. Elle a refusé tous les prétendants au mariage présentés par son père. A chaque fois elle a hurlé:
-Occupe toi de ton entreprise mais laisse moi choisir moi même mon époux !
Un bon tempérament de fille de Yakusa, ???. Résultat, elle est célibataire et toujours vierge et toujours sous la surveillance de Naoto qui renifle en douce ses petites culottes qu'elle laisse exprès trainer pour le faire souffrir.
Ayana rêve d'un male puissant qui la domine et l'embroche profond. Elle n'aime pas les petits sexes asiatiques, non, elle rêve d'un beau sexe d'homme, comme ceux qu'elle admire dans certains musées ou sur des sites pornos.
Comme toutes les japonaises, elle surfe et fait dans le virtuel. Elle a beaucoup d'amants sur le net mais aucun amant concret, un de ceux qui posent les mains sur elle. Elle verrouille parfois la porte de sa chambre, avec Naoto qui se désespère derrière la porte, et s'amuse avec sa webcam à montrer sa chatte à ses amants virtuels et à jouir devant eux. Les autres sont trop content de se branler devant leurs écrans et d'écrire des cochonneries qui font rires Ayana. Il en faudrait bien plus pour déranger une fille de Yakusa, avec un père au petit doigt gauche tranché net dans la tradition du yubitsume (doigt coupé) et de l'irezumi (tatouage japonais).
Seulement voilà, à force de trainer sur des sites peu sûrs, un jour Ayana a eu un choc en regardant sa souris se déplacer seule sur son écran. Elle n'avait plus le contrôle de son ordinateur. Un autre l'utilisait à sa place. Mais qui et où? Pas ce crétin de Naoto. A part faire des katas, il n'a pas les couilles pour cela. Non, un parfait inconnu !
Ayana aurait pu tout débrancher et faire désinfecter son ordi, pourtant cela l'amuse. Elle laisse faire cette souris baladeuse. Des fichiers s'ouvrent, se referment. La souris cherche ses photos intimes. C'est vrai qu'Ayuna est très belle et qu'elle aime se mettre en scène sur des photos. La souris ne s'intéresse qu'à celles ou elle est nue. C'est un peu comme un viol. La souris se ballade partout, explore son disque dur, enclenche la caméra, les micros et installe ce qu'elle veut comme programmes. Ayana laisse faire. Son ordinateur n'est plus à elle mais a un ou une inconnue...
La voix a claqué. Une voix française de mâle.
-Allez debout salope, fous toi à poil et magne ton cul !
Ayana a obéi. Elle a senti sa chatte s'ouvrir, son clitoris se dresser et un peu de cyprine couler le long de ses cuisses. Elle a chaud. Les pointes de ses seins se dressent.
-Mais c'est vrai que tu es une salope, a dit la voix sèche et rauque ! Cela fait des semaines que je t'observe, pétasse. Allez, montre ta chatte et ton cul. Ouvre. Mieux que cela !
Ayana a obéi et elle a jouit très fort. L'inconnu a installé un programme d'hypnose. Il a forcé Ayana a regarder l'écran et ses spirales mouvantes et à écouter sa voix. Elle a fini par s'endormir. L'inconnu a prit le contrôle de son cerveau. Il s'est installé dans la vie d'Ayana en la suivant partout via son ordinateur ou son téléphone portable. Le pire, c'est qu'elle sent qu'il est aussi "en elle". Pourtant elle n'a pas peur. Elle aime sentir être devenue l'entière propriété de cet inconnu. Elle garde ses caméras ouvertes, elle en porte une en permanence à sa boutonnière, avec des écouteurs à ses oreilles. Son inconnu peut voir ce qu'elle voit et elle peut l'entendre, mais elle n'a pas le droit de lui parler. Elle doit obéir et se taire. En bonne japonaise, cela, elle sait faire.
Un jour, elle reçoit l'ordre d'aller aux toilettes d'un restaurant, qui sont mixtes avec une vaste pièce, avec un lavabo, qui ferme à clé. Naoto reste à la porte. L'inconnu est là ! Ayana n'a pas le droit de lever la tête et de le regarder. L'inconnu la trousse, la retourne et l'encule d'un coup sec. Elle éprouve une douleur terrible. L'inconnu l'empêche de crier en lui fermant la bouche d'une poigne de fer. Il reste fiché en elle sans bouger. La douleur passe. Il commence les va et vient. Ayana se cambre. Enfin un homme qui la baise en vrai pour de bon. L'inconnu lâche son sperme dans ses reins. Ayana ne sait toujours pas qui il est.
Naoto qui a entendu sa Maitresse gémir frappe à la porte.
-Tout va bien, Maitresse ?
-Oui, reste à la porte et me casse plus les couilles, a répondu Ayuna !
L'inconnu a demandé à sa soumise de lui laver le sexe. Puis il l'a regardé dans les yeux. Un fort beau jeune homme, très viril et imposant. Ayana a baissé la tête et joué à la soumise. Il l'a dépucelée et prise par sa chatte poilue de japonaise. Il a joui en elle.
- A présent, nous sommes Mari et Femme, a dit Ayana en remettant sa petite culotte et en rajustant sa jupe plissée. Viens, allons boire un verre pour fêter cela.
Ils sont sortis main dans la main sous le regard médusé de Naoto. Ayana lui a fait signe de se taire et de rester tranquille. Il a obéi en faisant une courbette de profond respect. Cette fois, ce n'est plus l'inconnu qui a la main, mais Ayana. Cette dernière a senti son clito se dresser. L'inconnu, bientôt son époux, va devoir filer droit et bien lui faire l'amour pour le reste de ses jours....Et pas d'incartades, sans quoi elle le castre elle même avec son kaiken ?? .
982 vues
8 aime
On dit que les femmes sont compliquées.
Pourtant, j'ai souvent le sentiment que vous l'êtes bien davantage, Messieurs.
Je ne parle pas évidemment de ceux que je qualifie de "machos imbéciles", qui croient que le fait d'avoir une bite leur donne tous les droits.
Non, je parle des hommes, de ceux qui s'assument pour ce qu'ils sont, cet étrange mélange de force et de faiblesses.
De ceux qui pensent que rien n'est jamais acquis, qui souvent doutent d'eux-mêmes, mais sans jamais oser le reconnaître.
Parce qu'un homme, ça ne doit montrer de faiblesses.
_______________
Il est vrai que nous ne vous facilitons pas toujours les choses,
avec nos exigences parfois contradictoires.
Quand nous vous demandons à la fois d'être le Mâle protecteur, dans les bras duquel nous aimons à nous réfugier,
mais en même temps de respecter notre liberté,
de nous considérer comme vos égales
quand bien même parfois nous vous voulons aussi violents, pervers, dominateurs.
_______________
Le monde d'avant était plus simple, lorsque chacun s'en tenait au rôle qui lui était dévolu par la société et les "gens bien".
Lorsque c'était l’homme qui assumait l'entretien du foyer, la femme qui s'occupait des gosses et de le servir.
Lorsque le sexe, le plaisir, la jouissance étaient votre privilège.
Que nous n'avions pas notre mot à dire.
Lorsque celles qui se voulaient libres d'assumer leurs désirs étaient considérées comme des salopes, des filles faciles, de mauvaise vie, aux services desquelles vous n'hésitiez pas à recourir cependant.
Puisque vous considériez que c'était votre droit.
Mais ce monde-là n'existe plus.
Et, s'il était plus simple et confortable, en particulier pour vous, je ne suis pas sûre qu'il doive être regretté.
Y compris par vous.
Parce que cette liberté, qui est la nôtre désormais, à nous les femmes,
qui exigeons de vous d'être traitées comme vos égales,
quand bien même nous voulons aussi parfois nous soumettre à vous,
en vous reconnaissant et en vous appelant nos "Maîtres"
c'est aussi le prix à payer pour votre liberté à vous.
Celle de vous assumer, d'assumer vos désirs, quels qu'ils soient, pour les partager avec nous.
_______________
Le BDSM n'est paraît-t-il plus pour les psy made in USA (DSM5) une perversion mais une "paraphilie", terme générique regroupant l’ensemble des sexualités dites déviantes quant à leur objet de fantasmes et/ou leur objectif (exemple : faire ou aime souffrir)".
Youpi.
Cela étant, je m'en fous.
Parce que je n'aime pas les cases et que peu me chaut dans lesquelles on me range.
Parce que ma relation avec mon Maitre ne rentre dans aucune de ces cases.
Et que si je devais la qualifier aujourd'hui, je dirais qu'il s'agit avant tout de notre façon à nous de vivre différemment les rapports hommes-femmes, dans le respect, la complicité, la confiance en l'autre et la violence de nos plaisirs partagés.
En assumant d’être chacun nous-mêmes.
_______________
Merci, Maxime, merci Maitre, d'être ce que tu es, d'être ce que vous êtes.
En me permettant de contribuer à construire ensemble ce que nous sommes.
417 vues
15 aime
Le tableau de François Boucher représente Marie-Louise O’Murphy à l’âge de quatorze ans. Née à Rouen le vingt-et-un
octobre 1737, elle devient par un enchaînement de circonstances la petite maîtresse du roi Louis XV (1710-1774). La
famille de Marie-Louise est d’origine irlandaise. Son grand-père, Daniel Morfil était un soldat du roi d’Angleterre Jacques II
(1633-1701), roi catholique battu par le roi protestant Guillaume III d’Orange (1650-1702) à la bataille de la Boyne, le dix
juillet 1690. Jacques II et son armée s’exilent alors en France. Daniel Morfil deviendra plus tard maître cordonnier. Son fils,
également prénommé Daniel, épouse en 1714, à Rouen, Marguerite Iquy. Douze enfants naîtront de cette union, dont sept
survivront. Marie-Louise est la dernière. L’orthographe du nom de famille varie selon des documents d’archive: Morfil, Morfi
ou Morphy. Quant à O’Murphy, appellation la plus courante aujourd’hui, elle correspond au nom irlandais d’origine de la
famille. Murphy est l’un des patronymes les plus fréquents en Irlande. Les parents de Marie-Louise étaient bien connus
des services de police. Son père fut embastillé le 23 février 1735 pour une affaire de chantage à l’encontre de Jacques III
Stuart, fils de Jacques II et prétendant au trône d’Angleterre, qu’il n’obtiendra jamais. Sa mère est connue pour se livrer
à la prostitution. Les sœurs aînées de Marie-Louise suivent le même chemin. Giacomo Casanova est à Paris vers 1750-51.
Il revendique dans ses mémoires la découverte de Marie-Louise O’Murphy. Subjugué par la beauté de la jeune fille, il aurait
demandé à un peintre de faire son portrait et d’écrire en-dessous O-Morphi qui, selon lui, "veut dire belle" en grec. Mais
les "Mémoires" de Casanova ne constituent pas un document historique fiable. En réalité, Madame de Pompadour qui
n’avait plus de relations intimes avec le roi, mais entendait rester la favorite, organisait avec son entourage les plaisirs de
Louis XV. Son frère, le duc de Marigny, eut une part importante dans l’ascension de la petite Louison, diminutif familial
utilisé pour Marie-Louise O’Murphy. Marigny est en effet le commanditaire du tableau et ce sont probablement les sœurs
de Marie-Louise qui ont présenté le modèle à François Boucher. C’est la seconde version du tableau, exécutée en 1752,
qui est montrée au roi. Louis XV est saisi par la beauté de la jeune fille mais pense que le peintre a flatté son modèle et
demande donc à voir la "petite Morfi". Dominique-Guillaume Lebel, son premier valet de chambre, est chargé de la lui
ramener. Il procèdera par l’intermédiaire d’une "couturière-maquerelle", La Fleuret, liée à la mère de la petite Louison.
La petite Louison ayant réussi son examen de passage dans l’entresol de la Fleuret, peut désormais aller "servir" le roi.
Les premières rencontres entre Marie-Louise et Louis XV sont situées dans les derniers mois de l’année 1752 dans les
jardins du château de Choisy, où Louis XV reçoit normalement ses favorites. On montre la "petite Morfi" au roi sur son
passage pour s’assurer qu’elle lui plait. Le roi fait donner deux cents louis aux parents de la petite fille et cent louis à
l’entremetteuse et se fait maître de la jouvencelle. Ainsi il aura les prémices de la virginité de Marie-Louise. Les premiers
mois de la passion amoureuse entre Louis XV et Marie-Louise se passent dans le plus grand secret hormis quelques
mémorialistes tels que le duc de Cröy qui sont au courant. Les autres courtisans ne mettront au jour cette idylle qu’au
printemps 1753. Elle devient alors une "petite maîtresse", ne bénéficiant pas du privilège d'être présentée à la cour.
Ensuite, le roi installe sa maîtresse dans une maison bourgeoise à Versailles avec une gouvernante. Cette demeure
est située dans le quartier dit du Parc-aux-Cerfs dans l'actuel quartier Saint-Louis. Outre sa beauté, Marie-Louise séduit
également Louis XV par sa gaîté, sa naïveté, ses grâces enfantines, sa douce timidité ainsi que son innocence. Aussitôt
la "petite Morfi" connue, elle suscite la curiosité chez certains y compris la Reine. Elle gagne aussi dans les maisons
closes parisiennes, le surnom de "Sirette", le féminin de Sire. Le roi devient de plus en plus épris de sa "petite maîtresse"
au point d’imiter ses mots parfois "vulgaires." Pour rejoindre le roi au moment où il la réclame, Marie-Louise a à sa
disposition deux chevaux et une voiture. Lorsqu’il est question des voyages de la cour, la petite Murphy fait partie des
"bagages" suivant le roi dans tous ses déplacements. Pour elle, le roi déplace plusieurs voyages quotidiens de la cour.
Celle qui est surnommée "Morphise" par les courtisans cause bien des inquiétudes chez la marquise de Pompadour.
Maîitresse en titre de Louis XV, même si elle ne partage plus son lit depuis 1750, la marquise de Pompadour est celle qui
veille sur la sexualité du roi. Elle lui pourvoie quelques belles et neuves filles sans danger puisque sans éducation. Mais
cette fois, le roi a pris une nouvelle maîtresse sans la consulter. Les courtisans de leur côté, en bons serviteurs de sa
Majesté présentent leurs hommages à la "Morphise". D’autres comme le marquis d’Argenson, ennemis jurés de la
Marquise voient en elle la disgrâce prochaine de la favorite royale. Outre son père qui meurt de "joie" le 18 Juin 1753
à Paris, sa mère et ses sœurs peuvent vivre de façon bourgeoise à Paris. Ainsi la mère de Morphise est-elle installée
confortablement rue Sainte-Apolline où elle occupe un appartement composé de six pièces, chose rare pour l’époque.
Dans le mois de Décembre 1753, "Morphise" se retrouve enceinte du roi et les premiers symptômes apparaissent.
"Morphise" se voit privée du voyage de la cour à Fontainebleau. Durant sa grossesse, elle reçoit des visites du roi,
venant prendre des nouvelles de l’état de santé de la jeune fille. Quelques jours avant l’accouchement, "Morphise"
quitte Versailles pour Paris et accouche finalement le 30 Juin 1754 d’une fille baptisée le même jour par le curé de la
Paroisse de Saint-Paul et ayant pour parents Louis Saint-Antoine, ancien officier d’infanterie, et Louise-Marie de
Berhini, personnages imaginaires, et prénommée Agathe-Louise de Saint-Antoine de Saint-André en raison de la rue
où demeurent ses prétendus parents. Lorsque le roi répudie ses petites maîtresses, il les marie moyennant finances.
Peu après son accouchement, la belle "Morphise" revient à la cour mais sans sa fille, qui a été mise en nourrice dès la
naissance. Alors que le roi semble de plus en plus épris d’elle, en novembre 1755, Marie-Louise reçoit l’ordre de quitter
sa demeure du Parc-aux-Cerfs pour Paris et de s’y marier selon les vœux de Louis XV. Cette soudaine disgrâce peut être
due à une récente requête de la petite maîtresse. Manipulée par la maréchale d’Estrées, "Morphise" aurait fini par exiger
de son royal amant qu’il l’installe à Versailles et renvoie la marquise de Pompadour qu’elle surnomme "la vieille." Cela
aurait déplu au monarque, qui n’a jamais envisagé de faire de Marie-Louise sa favorite officielle, ni de se séparer de la
marquise de Pompadour. Le roi aurait alors décidé de mettre un terme à la relation qu’il entretenait avec Marie-Louise.
En réalité, la mise à l’écart de "Morphise" est probablement due au contexte politique et religieux. En effet, la marquise
de Pompadour se montre de plus en plus pieuse, suite à la mort de sa fille en 1754, et Louis XV tient à se rapprocher
du clergé. Son sacrifice est donc lié aux états d'âme spirituels du monarque. Il semblerait qu'elle n’ait jamais pu faire
partie de la vie de sa fille naturelle, placée au couvent avant d’être mariée par le roi, décédée prématurément en 1774.
Le vingt-sept novembre 1755, Marie-Louise épouse, selon les vœux de Louis XV, un officier du régiment de Beauvais
et major général d’infanterie, Jacques de Beaufranchet d’Ayat. Par cette union, Morphise acquiert une certaine position
sociale. Quant au seigneur d’Ayat, ce mariage lui apporte une rentrée d’argent car sa famille, bien que de vieille noblesse,
manque d'aisance. Louis XV a fait doter Marie-Louise de 200.000 livres et son ancienne maîtresse conserve 1.000 livres
de bijoux. Mais hélas, Jacques de Beaufranchet est tué à la bataille de Rossbach à l’âge de vingt-huit ans. En février 1759,
Marie-Louise se remarie avec François Nicolas Le Normand, comte de Flaghac et recommence à fréquenter Paris. Le
cinq janvier 1768, la jeune femme met au monde une fille, Marguerite-Victoire. Cette naissance, survenue après neuf
années de mariage, tient au miracle. Néanmoins, il semblerait que Marguerite-Victoire ait pour père Louis XV. Celui-ci
aurait rappelé Marie-Louise auprès de lui, avant d’officialiser finalement sa liaison avec la comtesse Du Barry en 1768.
Entre 1765 et 1768, on ne connaît pas de "petite maîtresse" à Louis XV qui se tourne de plus en plus vers la religion.
Nostalgique, le monarque a très bien pu rappeler auprès de lui "Morphise", qui est encore jeune. Argument en faveur
d’un second enfant illégitime donné au roi par Marie-Louise, les dons du souverain à son ancienne maîtresse. Entre
1771 et 1772, la comtesse de Flaghac reçoit du roi 350.000 livres. Quant à Marguerite-Victoire Le Normand, lorsqu’elle
se marie en 1786, toute la famille royale est présente lors du contrat de mariage. Enfin, sous la Restauration, Charles X
lui fera verser une indemnité annuelle sur sa propre cassette. La destinée fabuleuse de la belle Marie-Louise perdurera.
Vers 1772, Marie-Louise voit entrer dans sa vie Joseph-Marie Terray, ministre, contrôleur général des Finances et abbé.
Ce dernier vient en effet de marier son neveu à la fille issue du premier mariage de François Le Normand. Marie-Louise
devint sans doute la maîtresse de l’Abbé Terray. Les fortes sommes dont Joseph-Marie Terray fait don à Marie-Louise,
jusqu’à sa mort en 1778, attestent de leur liaison discrète mais connue, puisque la police révolutionnaire en fera mention
plus tard, accusant le ministre des Finances d’avoir accordé trop de faveurs à Marie-Louise. De plus, dans son testament
rédigé en 1776, Joseph-Marie Terray lègue à la jeune femme “sa maison de la rue Notre-Dame-des-Champs” et lui octroie
6000 livres “de rente viagère à prendre sur la succession”. En 1783, Marie-Louise est de nouveau veuve. Le fils unique
du défunt, Jean-Jacques Le Normant, tente de s’approprier les biens laissés par son père, au détriment de Marie-Louise.
Celle-ci obtient finalement gain de cause. C’est à cette période qu’elle rencontre Antoine-Claude de Valdec de Lessart,
contrôleur général, puis ministre des Finances. Marie-Louise et lui deviennent amants et ne cachent plus leur liaison. En
1792, Valdec de Lessart est arrêté et Marie-Louise fuit la capitale avec sa fille et ses petits-enfants pour se réfugier au
Havre et attendre que le calme revienne à Paris. Cependant, en 1793, elle apprend la mort de son amant, gravement
blessé lors des massacres de septembre 1792 et décédé quelques mois plus tard d’une fièvre maligne. En janvier 1794,
Marie-Louise rentre à Paris, afin de prouver qu’elle ne cherche pas à quitter la France. Elle est arrêtée en février. La
comtesse de Flaghac ne sera pas condamnée à l’échafaud en grande partie grâce à son fils, Louis de Beaufranchet,
qui a adhéré très tôt aux idées révolutionnaires. Au bout de cinq mois de prison, Marie-Louise est heureusement libérée.
Elle contracte alors un mariage, en juin 1795, avec Louis-Philippe Dumont, "représentant à la Convention nationale”,
qui a près de trente ans de moins qu’elle. Marie-Louise devait sans doute voir dans ce mariage, avec un député de la
nation, une protection face à la Terreur. Quant au jeune Dumont, il se trouvait marié à une femme possédant une
immense fortune. Les troubles révolutionnaires calmés, le couple divorce en mars 1798. Marie-Louise s’éteint chez sa
fille, à Paris, le onze décembre 1814, âgée de soixante-dix-sept ans. Celle qui avait commencé sa vie comme "petite
maîtresse" et qui inspira François Boucher mourut en femme respectable. La messe d’enterrement eut lieu à Saint-Roch.
La cérémonie fut digne et sans faste particulier, elle n’en coûta que 1 200 francs avec la livrée de deuil des domestiques.
Bibliographie et références:
- Duc d'Albert de Luynes, "Mémoires sur la cour de Louis XV"
- Camille Pascal, "Le goût du roi"
- Alexander Schulz, "Marie-Louise O'Murphy"
- Jacques-Antoine Zeller, "Les maîtresses de Louis XV"
- Joseph Valynseele, "Les enfants naturels de Louis XV"
- Jean Hervez, "Le parc-aux-cerfs et les petites maisons galantes"
- Bernard Hours, "Louis XV et sa cour"
- Jacques Dumaine, "Louis XV et le Parc-aux-cerfs"
- Patrick Wald Lasowski, "L'Amour au temps des libertins"
- Sylvia Saudan-Skira, "De folie en folie"
- Alastair Laing, "Madame de Pompadour et les enfants de Boucher"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
894 vues
10 aime
Kikou est comptable dans une grande société du quartier d'affaire. Il vit seul depuis qu'il a rencontré Maitresse Anaïs, une dominatrice de grande beauté qui l'a réduit en esclavage, marqué au fer rouge et obligé à ne vivre que pour elle. Maitresse Anaïs décide de tout, pense pour lui. Il n'a qu'une chose à faire, c'est obéir et faire diligence pour servir.
Avec le confinement, Kikou a été contraint au télétravail. Maitresse Anaïs lui a imposé de venir se confiner dans son luxueux pavillon dans le quartier résidentiel chic. Elle a les moyens, ceux de ses esclaves. Kikou a le numéro 36 marqué sur sa fesse droite. Il obtempère. Etre reçu par Maitresse Anaïs est un signe de grande faveur.
Arrivé chez sa Maitresse , il doit se doucher, se mettre nu, passer son collier d'esclave. Il est déjà sous cage de chasteté et pluggé. Il prend son service et ses ordres d'une assistante de Maitresse Anaïs. Une lesbienne fort jolie, nue et toute dévouée comme lui. Tout se passe dans un grand silence et une propreté de clinique. Tout est impeccable.
Kikou est en stage de recyclage. Il sait qu'il va souffrir. C'est une autre assistante lesbienne qui lui impose le programme défini par Maitresse Anaïs. Cela a commencé par de dures séances de fouet. Kikou est lacéré. Son dos le brûle. A présent il doit nettoyer le parquet à quatre pattes, nu. Tout le monde l'ignore. Il n'a pas le droit de regarder plus haut que son éponge et son seau.
Maitresse Anaïs le reçoit. Il lui baise les pieds. Il n'a pas le droit de regarder plus haut que son superbe mollet. Elle n'est pas contente de son esclave et donc lui impose des punitions. Son assistante note et ne manquera pas de les lui administrer. Kikou remercie et se retire comme un chien, avec son plug bien visible dans les fesses et sa cage de chasteté qui pend. Il n'est plus que le numéro 36... plus un humain...même plus un esclave...Numéro 36 dans le cheptel de Maitresse Anaïs. Il est définitivement castré. Il n'a plus droit aux orgasmes. Son moi a disparu dans un grand calme intérieur. Il est dans la paix du non désir.
1000 vues
12 aime
L’impératrice Sissi, ou de son vrai nom Élisabeth de Wittelsbach, duchesse de Bavière, est l’épouse de
l’empereur autrichien Francesco Giuseppe de Habsbourg. Elle est restée dans l’imaginaire collectif une
femme belle et fascinante. Sa légende s’est surtout propagée grâce aux adaptations cinématographiques
de sa vie à la télévision. En fait, les événements de la vie de la belle impératrice n’étaient pas aussi heureux
et romantiques que racontaient les films d'Ernst Marischka révèlant la comédienne Romy Schneider dans le
rôle. Au milieu des années 1950, le cinéma présentait l’impératrice Élisabeth d’Autriche comme l’icône d’une
Vienne vibrant au rythme de la valse. Mais la personnalité de "Sissi" était très controversée à son époque,
et les sphères les plus conservatrices des cours européennes la jugeaient extravagante et irresponsable.
Les films ne montrent pas certains aspects de ce personnage, que soulignent des biographies ultérieures
plus rigoureuses. Ses problèmes de santé, ses tourments, son intérêt pour la culture classique et la poésie.
Élisabeth d’Autriche était un esprit fin et lucide, qui avait compris bien avant son entourage qu’une époque
touchait à sa fin. C’était une femme profondément malheureuse, condamnée à vivre une vie qu’elle n’avait
pas désirée et à surmonter de nombreuses souffrances, la plus grande étant probablement la mort tragique
de son fils Rodolphe, héritier de la Couronne, dans le pavillon de chasse de Mayerling. Élisabeth, que la cour
de Vienne surnommait Sissi, est la quatrième des dix filles de Maximilien Joseph de Wittelsbach et de la
princesse Ludovica, fille du roi Maximilien Ier de Bavière. Elle naît à Munich le vingt-quatre décembre 1837,
mais grandit à Possenhofen, sur les rives du lac de Starnberg. Elle y est heureuse et mène une vie libre, au
contact de la nature qui conditionnera le tempérament de la future impératrice et de la plupart de ses frères
et sœurs. Hélène, l’aînée élégante, discrète, dévote et très disciplinée, semble la candidate idéale pour
prétendre au rang d’impératrice. C’est du moins ce qu’estiment sa mère et Sophie, sa tante et la mère du
futur époux, l’empereur d’Autriche François-Joseph. En 1853, une rencontre est organisée à Bad Ischl,
la résidence d’été de la famille impériale, afin d’entériner cette alliance. Initialement, la mère et la fille
doivent voyager seules, mais l’on décide au dernier moment qu’Élisabeth les accompagnera. Affectée
par un chagrin d’amour, Sissi souffre en effet de la première des dépressions qui l’accableront sa vie durant.
Son entourage pense que le voyage permettra de guérir ce jeune cœur meurtri éduqué dans le bonheur.
Personne, et encore moins la principale intéressée, n’imagine alors ce qui va bientôt se passer. Lorsque
Francois-Joseph revoit sa cousine Sissi, dont il avait gardé le souvenir d’une enfant, il découvre une svelte
et jolie jeune fille au visage ovale, dotée de splendides cheveux châtains, et il décide immédiatement d’en
faire son épouse. François-Joseph, qui vient d’avoir vingt-trois ans, est un homme droit et accompli. Sissi
est une adolescente qui, bien que flattée par son attention, est suffisamment lucide pour évaluer l’étendue
de la disparité d’intérêts et de tempéraments qui la sépare de son cousin. Mais elle est aussi consciente que
l’empereur d’Autriche n’acceptera jamais de réponse négative. Elle n’est pas la seule à pressentir que ce
mariage ne correspond pas aux normes de la cour. Tout le monde, à commencer par l’archiduchesse Sophie,
s’emploie à ce que l’empereur renonce à son projet. Il est évident que la jeune fille n’a pas l’étoffe d’une
impératrice. Elle n’a jamais été soumise au protocole strict de la cour, n’a jamais évolué dans les cercles
de la noblesse, et ses seize ans sont une garantie bien fragile pour ceindre une couronne et partager une
telle responsabilité. Rien n’y fait. L’empereur écrit à son cousin Albert de Teschen qu’il est "amoureux
comme un cadet". Le mariage est célébré à Vienne le vingt-quatre avril 1854, dans l’église des Augustins.
Il n'y aura eu, dans cette vie si tourmentée, qu'une seule année véritablement heureuse. Ce fut l'année des
fiançailles. On a souvent dit cette histoire, tellement jolie et si invraisemblable qu'on la croirait détachée, elle
aussi, d'un des contes de Perrault. Le prince charmant arrive à Ischl, un beau pays tout baigné de lumière,
tapissé de fleurs, comme un paradis. Il y vient pour se marier, comme on se marie quand on est prince, en
vertu de la raison d'État. On lui a déjà choisi la femme qu'il doit aimer, l'épouse qu'il doit ramener dans le
royaume de son père. Le prince charmant s'est laissé faire, et puisque la raison d'État le lui commande,
il s'en est allé en grande pompe, suivi de ses ambassadeurs, vers la fiancée qu'il ne connaît pas réellement.
Une fois installée au palais impérial, à la Hofburg, Élisabeth comprend que ses craintes étaient fondées.
Sa nouvelle vie n’a rien à voir avec le milieu dans lequel elle a grandi. À la cour, l’étiquette interdit toute
spontanéité et ne laisse aucune place à la timidité. La jeune impératrice se retrouve isolée dans un
environnement avec lequel elle n’a aucun lien, ni affectif, ni intellectuel. Ses dames de compagnie,
sélectionnées parmi la haute aristocratie, sont d’âge mûr et d’esprit affreusement conservateur. Quant à
l’archiduchesse Sophie, elle critique constamment ses mœurs, ses vêtements, ses goûts. Par ailleurs,
si François-Joseph est probablement très amoureux, ses obligations ne lui permettent pas de consacrer
beaucoup de temps à son épouse, et l’autoritarisme de sa mère devient un véritable cauchemar pour
Élisabeth dès les premières années de son mariage. Son emprise est telle que, lorsque Élisabeth donne
le jour à sa première fille, Sophie, après un an de mariage, l’archiduchesse prend en charge l’enfant,
car elle estime que la jeune femme est incapable de l’élever. Comble d'autoritarisme et de maladresse.
Le même scénario se répète l’année suivante à la naissance de Gisèle, la deuxième fille. Sophie organise
tout et s’occupe de tout. Mais Élisabeth réussit à s’imposer et, quinze jours après la naissance de l’enfant,
les fillettes sont transférées dans ses appartements de la Hofburg. La victoire est cependant éphémère.
Au printemps 1857, François-Joseph et Élisabeth partent en Hongrie. L’archiduchesse Sophie s’oppose
fermement à ce que les enfants les accompagnent, mais Élisabeth défend sa position avec une fermeté
inhabituelle et peut emmener ses filles. Malheureusement, c’est sans compter sur l’insalubrité de certaines
régions de Hongrie, qui aura des conséquences funestes puisque la petite Sophie contracte la dysenterie
et meurt à Budapest le vingt-neuf mai 1857. C'est le début d'une longue série de malheurs et de deuils.
L’impératrice sombre dans une profonde dépression, qu’elle n’a toujours pas surmontée à la naissance de
son fils Rodolphe, le vingt-et-un août 1858. Prétextant des raisons médicales, elle embarque pour Madère,
où elle donne l’impression de se rétablir. Elle revient à la cour quelques mois plus tard, mais le retour à la
réalité est brutal. Reprendre la vie de la cour et supporter de nouveau l’incompréhension de son entourage
l’anéantit, et l’on en vient à craindre sérieusement pour sa vie. On lui prescrit de nouveau de s’éloigner de
Vienne. Elle choisit cette fois Corfou pour destination. C’est ainsi que débute son idylle avec la culture
grecque classique et sa passion pour la Méditerranée. Parfaitement rétablie, elle retourne à Vienne au
mois d’août 1862. Élisabeth a mûri, sa beauté est à son apogée et devient légendaire. Elle convient avec
l’empereur de ne pas se soumettre à la discipline de la cour au-delà du strict nécessaire. Elle accomplira
ses devoirs d’impératrice, mais en se réservant un espace où elle pourra enfin développer sa personnalité.
Cela n’implique pas pour autant que Sissi reste à l’écart des affaires de l’État. La Hongrie, bien que faisant
partie de l’Empire, lutte alors pour retrouver ses privilèges ancestraux. Vienne avait supprimé toutes les
prérogatives constitutionnelles en réponse au soulèvement nationaliste et libéral de 1848. Élisabeth éprouve
de la sympathie pour les aristocrates hongrois, qui ne laissent pas une minute de répit aux mentalités
conservatrices de l’Empire. Sa soif de connaissance du pays et de sa culture l’incite à embaucher comme
lectrice une jeune Hongroise, Ida Ferenczy, qui deviendra sa meilleure amie. Grâce à elle, Sissi rencontre
le beau Gyula Andrássy, un colonel de l’armée magyare. Profondément libéral, il s’entend immédiatement
très bien avec Élisabeth, et une solide amitié naît entre eux. L’impératrice se fait l’avocate de la cause
hongroise, ce qui lui attire inévitablement l’inimitié implacable de la cour viennoise. À partir de 1874, Sissi,
qui a pris le nom de comtesse de Hohenembs pour préserver son anonymat, et sa fille séjournent en
Méditerranée, dans les îles britanniques et dans une partie de l’Europe centrale. C'est la période voyages.
Mais l’impératrice assiste à la désagrégation progressive du mariage de l’héritier du trône, Rodolphe, avec
Stéphanie de Belgique, une jeune femme qu’Élisabeth juge arriviste et ambitieuse. Stéphanie est très
conservatrice et traditionaliste, l’exacte antithèse de son époux cultivé, libéral et anticonformiste. Les sombres
pressentiments d’Élisabeth se vérifient lorsque Rodolphe est retrouvé mort dans le pavillon de chasse de
Mayerling le trente janvier 1889, en compagnie de sa maîtresse, Marie Vetsera. Tout semble indiquer que le
prince a d’abord tiré sur Marie avant de se suicider. La version officielle parle d’une aliénation mentale de
l’héritier, mais l’ombre d’un crime d’État plane. Sissi est dévastée et se retire totalement de la vie publique.
Après le décès de Rodolphe, Élisabeth n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle accuse la cour de Vienne
d’être responsable de la mort de son fils et ne portera plus jamais de vêtements de couleur. Désormais drapée
de deuil, elle voyage sans relâche, se dissimulant toujours derrière un grand éventail ou un voile, ou sous
un pseudonyme qui lui permet de penser qu’elle passe inaperçue. Ce qui a toujours été considéré comme les
"extravagances" de l’impératrice prend des proportions extrêmes lorsque le destin se révèle d’une cruauté
implacable. Elle ne reviendra quasiment jamais à la Hofburg. Quand elle séjourne à Vienne, elle loge, seule,
dans la villa Hermès, un petit palais construit dans le parc de Lainz sur ordre de François-Joseph, qui voulait
disposer d’une résidence chaleureuse et intime, plus accueillante et plus commode pour la famille impériale.
Lors de l’un de ses nombreux voyages, le huit septembre 1898, Élisabeth réside à l’hôtel Beau-Rivage de
Genève. Deux jours plus tard, alors qu’elle s’apprête à monter sur le ferry qui doit l’amener à Montreux, elle
est heurtée par un autre passager. Elle ressent une forte douleur au côté et s’évanouit une fois montée à
bord. Elle meurt l’après-midi même. Le voyageur maladroit est en réalité un anarchiste italien, Luigi Lucheni,
qui lui a enfoncé une lime tout près du cœur. L'empereur refuse qu’Élisabeth repose là où elle le souhaitait,
sur les rives de la Méditerranée, à Corfou ou à Ithaque. Sa condition d’impératrice exige en effet qu’elle soit
inhumée dans la crypte de l’église des Capucins. C’est donc là qu’elle repose depuis, dans cette Vienne
qu’elle n’aimait pas et qui ne la comprit jamais. Quelle lugubre série. On pourrait énumérer la longue liste
funèbre. Maximilien, fusillé à Querétaro. L'archiduc Rodolphe, mort si mystérieusement à Mayerling. La
duchesse d'Alençon expirant dans les flammes du Bazar de la Charité, la folie du roi Louis de Bavière,
celle d'Othon, son successeur. Et maintenant, comme point d'orgue à toutes ces tragédies, cette mort brutale
sous le poignard d'un assassin, à un embarcadère de bateau à vapeur, au milieu d'une foule cosmopolite,
loin des siens, loin du pays natal, telle une héroïne de Shakespeare, l'amie d'Henri Heine, qui fut un seul
jour, la petite rose de Bavière, et qui n'était plus aujourd'hui qu'une âme en peine, une voyageuse toujours
seule et inquiète, qui n'a même pas pu partir en paix pour son ultime voyage dans sa soixantième année.
Bibliographie et références:
- Egon Caesar Corti, "Élisabeth d'Autriche"
- Henry Valloton, "Élisabeth d'Autriche l'impératrice assassinée"
- Brigitte Hamann, "Élisabeth d'Autriche"
- Jean des Cars, "Sissi ou la fatalité"
- Raymond Chevrier, "Sissi, vie et destin d'Élisabeth d'Autriche"
- Catherine Clément, "L'impératrice anarchiste"
- Marie-Thérèse Denet-Sinsirt, "Sissi, doublement assassinée"
- Danny Saunders, "Sissi impératrice, la solitude du trône"
- Jean des Cars, "François-Joseph et Sissi"
- Élisabeth Reynaud, "Le Roman de Sissi"
- Philippe Collas, "Louis II de Bavière et Élisabeth d'Autriche, âmes sœurs"
- André Besson, "Le roman de Sissi"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
523 vues
9 aime
Caro et Anna sont deux copines de fac, lesbiennes et fort jolies toutes les deux, au désespoir de tous les males qu'elles font craquer et qui ne pourront jamais les sauter. Elles ont sauté de joie, justement, à l'annonce du confinement. Les parents de Caro possèdent une petite maison en province, loin de tout et l'ont laissée à disposition pour leur fille et cette retraite imposée. Elles sont vite parties en train. Déjà elles avaient du mal à ne pas se rouler des pelles sur la banquette. Mais masque et covid oblige, elles sont restées sages. Puis il a fallu prendre un bus et au final continuer à pied. La maison n'est qu' à un kilomètre du dernier village, mais elles n'ont pas pu attendre jusque là. Caro a plaqué Anna contre un grand arbre et l'a embrassée goulument. Elle a baissé son jean et son mini slip et fourré sa langue dans les plis intimes de sa compagne tétanisée de plaisir. Anna a joui très fort et Caro a bu son plaisir avec délectation.
Le confinement est un plaisir. La petite maison est agréable, sans voisins autour. Elles peuvent se bronzer nues au soleil, faire l'amour devant la cheminée le soir et bosser tranquillement les cours via internet. Elles aiment étudier et aussi les longues promenades à vélo ou à pied dans la campagne drapée de superbes couleurs d'automne.
C'est Caro qui a eu envie de jouer au bdsm et qui s'est improvisée dominatrice. Anna a été un peu rétive au début et puis elle s'est révélée très douée. Une parfaite soumise. Caro a commencé par l'attacher, la fesser, puis la flageller. Anna a trouvé du plaisir à être sévèrement punie et à devoir dire merci. Maitresse Caro a pris de plus en plus d'assurance. C'est la soumise qui fait la maitresse.
Le joli petit cul d'Anna est vierge et Maitresse caro s'est fait un plaisir de le sodomiser avec un doigt, puis deux et enfin sans le moindre ménagement au god ceinture. Depuis c'est devenu une pratique quotidienne. Anna obéit bien mieux après avoir été sodomisée par sa Maitresse.
Les suspensions, la cire chaude et le fouet c'est pour bientôt. Pourvu que le confinement dure jusqu'à Pâques ou à la Trinité.
814 vues
8 aime
Fille de Philippe Égalité et de Louise-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, la princesse Adélaïde d'Orléans apparaît
aujourd'hui comme l'un des grands esprits politiques de son temps. Née en 1777 dans les ors du Palais-Royal,
élevée dans les idées nouvelles par Mme de Genlis, elle voit à l'âge de douze ans sa destinée bouleversée par
la Révolution. Jetée sur les routes de l'exil pendant un quart de siècle, elle doit affronter l'opprobre des émigrés,
qui ne lui pardonnent pas d'être la fille du régicide, et fuir constamment, de couvent en couvent, devant l'avancée
des armées françaises. Confrontée à une mère "éternelle pleureuse", qui voulait régenter sa vie, elle sut s'en
dégager et trouver l'âme sœur en son frère Louis-Philippe. Réunis en 1808, le duc d'Orléans et sa sœur ne se
quitteront plus et formeront avec Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, duchesse d'Orléans, un trio inséparable. Le
rôle de la princesse dans l'acceptation du trône en 1830 par Louis-Philippe sera primordial. Son journal intime
et son étroite correspondance avec son frère révèlent une tête politique et une conseillère privilégiée, mais aussi
une femme que la rudesse des épreuves, la piété et la force de caractère ont aidé à dominer sa grande sensibilité.
Comme Louis-Philippe était un roi actif qui s’exposait personnellement beaucoup, il est toujours apparu comme
le personnage dominant de la Monarchie de Juillet. Très intelligent, d’une loquacité intarissable et doué d’une
constitution de fer, pendant tout le cours de son règne, il a exercé la prérogative royale dans toute son étendue,
et surtout dans les domaines les plus importants, choisir ses ministres et diriger la politique extérieure. Ainsi,
il n’est guère surprenant que Louis-Philippe ait toujours eu le rôle principal dans son propre règne. Ce portrait,
cependant, reste incomplet. Il omet le rôle politique essentiel joué par Adélaïde de 1830 jusqu’à sa mort. Née en
1777, de quatre ans plus jeune que Louis-Philippe, Adélaïde fut sa compagne pendant une grande partie de
l’émigration, et après 1808 ne le quitta quasiment jamais. Elle est presque totalement oubliée aujourd’hui. La
seule biographie d’elle, un travail de vulgarisation qui ne repose pas sur des sources manuscrites date de 1908.
Seul un ouvrage récent de Dominique Paoli, "Madame Adélaïde, sœur et égérie de Louis-Philippe" fait exception.
En effet, dans trois sphères, sa contribution à la Monarchie de Juillet fut essentielle. Ce fut elle qui, de la part de
Louis-Philippe, qui se cachait, accepta l’offre de la couronne faite par les représentants du Paris révolutionnaire
le trente juillet 1830. Cela fut un acte décisif qui fonda le régime orléaniste. Pendant le règne de son frère, elle
influença directement la politique par le moyen d’entretiens quotidiens de deux heures avec lui. Enfin, dans le
champ d’activité qu’il jalousait le plus, la politique étrangère, Louis-Philippe délégua à sa sœur la direction
journalière du ressort diplomatique qu’il prisait le plus, l’Angleterre. De 1830 jusqu’à 1840, Adélaïde s’occupa de
celui-ci à travers une correspondance presque quotidienne, que le ministre des affaires étrangères ne vit jamais,
avec deux ambassadeurs successifs de France à Londres, ses amis Talleyrand et le général Horace Sébastiani.
La vie d’Adélaïde fut déterminée par son père, son frère, son éducation et par la Révolution française. Son père
était Louis-Philippe-Joseph, duc d’Orléans, le futur Philippe-Égalité, qui l’aima beaucoup, et lui donna, ainsi qu’à
ses frères, une formation d’avant-garde dirigée par sa maîtresse, la pédagogue Mme de Genlis. Bien qu’Adélaïde
ne fît pas ses études au même niveau que ses frères, à la fin de son éducation, à dix-sept ans, elle était beaucoup
plus instruite que la majorité des femmes de son âge et de son rang. Mais la Révolution guillotina son père, et la
força à s’exiler. Plus cruellement encore, le régicide de Philippe-Égalité fit de sa fille un objet d’horreur pour les
autres émigrés et la priva de tout espoir de mariage convenable. La Révolution fit ainsi d’Adélaïde ce qu’elle resta
toujours, une vieille fille dont la vie émotionnelle se concentrait presque exclusivement sur Louis-Philippe, son seul
frère survivant après 1808 et son seul protecteur pendant ces années périlleuses. L’intimité étroite entre frère et
sœur ne fut guère diminuée par le mariage de Louis-Philippe en 1809 avec Marie-Amélie de Bourbon-Naples.
Louis-Philippe plaisantait même en écrivant à Adélaïde que c’était uniquement parce qu’il ne pouvait pas l’épouser
qu’il avait commencé à chercher une autre femme. Le lien fraternel intense qui les unissait était sincère et profond.
Unies par leur dévotion commune à Louis-Philippe, Adélaïde et Marie-Amélie devinrent bientôt proches, et se
consacrèrent à l’avancement de ses intérêts. Marie-Amélie organisa sa maison et fit souvent fonction de copiste,
tandis qu’Adélaïde fut sa principale confidente et conseillère politique. Un aspect essentiel, et trop souvent négligé,
des succès de Louis-Philippe avant et après 1830, fut le soutien sans faille de ces deux femmes remarquables.
N’oubliant jamais les humiliations qu’elle avait éprouvées de leur part pendant les années 1790, Adélaïde détestait
les émigrés et leurs héritiers politiques, les ultras de la Restauration. Elle ne portait aucune affection à ses cousins
de la branche aînée des Bourbons, surtout à Louis XVIII et à la duchesse d’Angoulême. Enfin, pour une femme
intelligente, célibataire de presque quarante ans, frustrée par les restrictions imposées à ses talents à cause de son
sexe, et sans doute aussi déçue par la fin de ses espoirs de mariage, la politique devint un champ d’action essentiel.
Après 1830, Adélaïde continua son rôle politique auprès de son frère comme sa plus proche conseillère, surtout
dans le domaine des affaires étrangères. Cette activité est racontée de façon détaillée par un des plus proches
hommes de confiance de Louis-Philippe, son intendant de la Liste civile, le comte de Montalivet, dans ses "Fragments
et Souvenirs." Dans une description minutieuse de la journée du roi, Montalivet montre clairement la part qu’y jouait
sa sœur. Bien que Louis-Philippe sût bien combien il était important de garder de bonnes relations avec les hommes
politiques qui n’étaient pas dans le gouvernement, les recevoir publiquement comportait le risque de lui aliéner les
ministres en fonction. Mais les conseils les plus importants d’Adélaïde furent donnés à un moment qui lui était
uniquement réservé: deux heures en tout chaque soir dans dans le cabinet de son frère, entre 10 heures et minuit.
Dans une époque où les femmes étaient exclues de la politique, le seul moyen qu’avait Adélaïde d’exercer toute son
influence était en privé, et à travers un homme, son frère. Il était hors de question pour elle d’assister au conseil des
ministres. Mais elle parvint à minimiser même cet obstacle. Louis-Philippe avait l’habitude de lui rendre visite après
les réunions pour lui raconter ce qui s’y était passé. Mais la chute de Molé entraîna aussi l’éclipse de la puissance
d’Adélaïde. La formation du second ministère Thiers provoqua le rappel de Londres de son ami Sébastiani et son
remplacement comme ambassadeur en Angleterre par l’autre chef de la coalition, Guizot. D’un coup, le plus grand
atout d’Adélaïde, sa part dans la diplomatie fut brisé, il est peu probable que cela soit une coïncidence. Une santé
de plus en plus mauvaise contribua aussi à l’effacement politique de Madame Adélaïde. Quand Montalivet, souffrant
de la goutte, envoyait sa femme vers la même époque pour l’exhorter à persuader Louis-Philippe de renvoyer Guizot,
elle répondait qu’elle était trop épuisée pour l’entreprendre. Atteinte depuis longtemps d’asthme, Madame Adélaïde
tomba dans le coma et mourut aux Tuileries, entourée de sa famille, le trente-et-un décembre 1847. Louis-Philippe
fut bouleversé par la mort de sa sœur, et son désarroi fut tel qu’on peut se demander si la mort de Mme Adélaïde
ne contribua pas à la chute définitive du régime juste six semaines plus tard lors de la révolution de février 1848.
Il est clair qu’Adélaïde d’Orléans joua un rôle politique capital pendant la Monarchie de Juillet, un rôle d’autant plus
remarquable vu sa qualité de femme. Ce rôle fut-il constructif, ou déstabilisateur ? D’une part, son interprétation de
la prérogative royale, comme celle de son frère, attribuait beaucoup plus de pouvoir à la couronne que la plupart des
hommes politiques de l’époque ne furent prêts à l’accepter. Sa présence énergique à côté du trône, sans qu’elle soit
en aucune façon responsable devant les Chambres, exacerba la profonde méfiance envers le pouvoir royal dans une
nation où le souvenir de Charles X était encore vivace. Il faut mettre au crédit de Madame Adélaïde le fait qu’elle
percevait beaucoup mieux que nombre d’hommes politiques de son époque que la France avait autant besoin de
réconciliation que d’ordre. Elle ne fut jamais le conservateur que Louis-Philippe devint et que Guizot fut toujours.
Adélaïde d’Orléans joua une part importante dans le développement de la monarchie constitutionnelle en France.
Elle mourut avant son échec final. Elle repose à la La chapelle royale de Dreux, la nécropole de la famille d'Orléans.
Bibliographie et références:
- Chantal de Badts, "Madame Adélaïde"
- Arnaud Teyssier, "Louis-Philippe, le dernier roi des Français"
- Dominique Paoli, "Madame Adélaïde, sœur et égérie de Louis-Philippe"
- Guy Antonetti, "Louis-Philippe"
- V. Bajou, "Louis-Philippe et Madame Adélaïde"
- Jules Bertaut, "Louis-Philippe intime"
- Marguerite Castillon du Perron, "Madame Adélaïde et Louis-Philippe"
- Laure Hillerin, "La duchesse de Berry"
- Daniel Manach, "Louis-Philippe et Madame Adélaïde"
- Munro Price, "Louis Philippe, le prince et le roi"
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
488 vues
13 aime
Top rédacteurs
Sujets tendances









