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Par : le Il y a 5 heure(s)
   Comme à son habitude, Octavia Miller arrivait en retard à la conférence de rédaction du journal qui l’employait, le San Francisco Chronicle. Elle descendit en hâte du taxi, faillit se prendre les jambes dans le marche-pied du véhicule. Elle tendit un billet de cinq dollars au conducteur, prit la monnaie, jeta un bref coup d’œil sur la pente vertigineuse de l’avenue qui semblait s’engouffrer dans l’océan Pacifique et poussa avec force la porte battante en-dessous de la tour blanche de la vénérable institution et de son horloge.      Elle courut ensuite vers la salle de réunion où se tenaient tous les matins les conférences de rédaction qui décidaient de la répartition des tâches entre les journalistes qui se partageaient la couverture de l’actualité de la métropole. La coiffure désordonnée, en sueur, la jeune journaliste stagiaire arriva dans la salle et prit une chaise au fond tandis que le rédacteur en chef discourait : « Merde ! Ça a déjà commencé ! », pensa-t-elle avec une pointe de dépit mêlé de culpabilité.     Elle n’arrivait pas trop à suivre le propos où il s’agissait de faire la promotion du maire républicain Elmer Robinson comme candidat à la présidence de la Conférence des Maires des États-Unis d’Amérique. Elle sortit une cigarette toute froissée de son paquet en l’allumant avec nonchalance avec son briquet à essence à l’effigie du président FDR, que lui avait offert un admirateur plus leste de la main au cul que du compliment bien tourné, qu’elle avait néanmoins réussi à éconduire avec tact et un petit chantage anodin mais non sans difficultés. Elle tira quelques bouffées de sa clope puis quelques instants plus tard crut entendre la vois suraiguë de castrat de mister Hawthorne, le rédacteur en chef, qui clamait son nom : « Miss Miller ! Miss Miller ! », glapissait-il avec une vivacité surprenante chez un homme de sa corpulence.   - Oui, mister Hawthorne ? répondit Octavia Miller d’une voix douce mais suffisamment ferme pour couvrir le brouhaha de la salle de réunion bondée.   - Vous accompagnerez monsieur Arthur Reilly pour couvrir la conférence de presse de mister Robinson qui se tient à 11 heures au San Francisco City Hall, répondit mister Hawthorne.   - Je crains que cela ne soit possible, mister Hawthorne, fit miss Miller d’une voix placide, comme Mrs. Hairybush est souffrante, j’ai promis de la remplacer pour l’interview du docteur Vassilis Zlotov, de l’université de Berkeley.   - J’en ai rien à foutre de ces connards de gauchistes de Berkeley ! répliqua mister Hawthorne d’un ton rogue, vous irez là où je vous dis d’aller et puis c’est tout, miss Miller ! C’est quand même pas une petite sufragette de mes deux d’origine française qui va venir me casser les couilles !     Après ce trait d’esprit sans égal, mister Hawthorne donna la conférence de rédaction pour conclue et chacun s’en alla vaquer à ses occupations. Octavia adorait cette fébrilité où l’ambiance des salles de rédaction bruissait de cette tension qui convergeait vers un seul but : préparer l’édition du lendemain. Elle détestait néanmoins l’autoritarisme et l’arbitraire qui y régnaient, où la testostérone et les préjugés imbéciles l’emportaient sur la libre réflexion : « Quel connard de merde ! », songea-t-elle avec amertume, « je vais devoir aller à une conférence de presse pour faire mousser une sous-merde de maire républicain bien réac, y passer la matinée pour qu’on me cède au maximum 1000 signes sur une colonne pour un sujet annexe à la con alors que Reilly va faire toute la page. Leur papier de merde, ils peuvent se le foutre au cul ! Je vais pas poser un lapin à Zlotov ! ».     Mrs. Hairybush était une journaliste chevronnée du San Francisco Chronicle ; elle avait notamment été reporter de guerre en Angleterre et lors du débarquement de Normandie et avait suivi les prouesses du 6888e bataillon postal, essentiellement composé de jeunes femmes afro-américaines. Cela lui avait valu notamment la sulfureuse réputation, au sein de la rédaction, d’une défenseure acerbe des droits civils des Noirs américains, ce dont elle ne s’était jamais défendue, ni d’ailleurs de son surnom autrement problématique de BPL, pour « black pussy licker », dont elle n’avait cure, ni d’ailleurs des quolibets que le caractère incongru de son patronyme suscitait.      Toujours est-il que lorsqu’Octavia Miller fut recrutée comme reporter stagiaire au sein de la rédaction de ce journal avec l’encre encore toute fraîche sur son diplôme d’histoire de la faculté de Berkeley, Mrs. Hairybush la prit sous son aile protectrice sans bien entendu que miss Miller ne se doutât le moins du monde que l’intérêt que la vénérable dragonne lui portait était tout autre que maternel.      Et c’est ainsi qu’au fil des jours et des semaines, alors même que les coqs de la rédaction ne voyaient rien d’autre en Octavia Miller que la mignonne petite stagiaire à la chevelure d’or qui servait le café lors des conférences de rédaction mais dont la prestance et le maintien suggéraient que sa jupe était une frontière aussi infranchissable que les rivages de l’île d’Alcatraz, ce malgré une indéfinissable aura de sensualité contenue, Mrs. Hairybush la guidait de façon discrète mais sûre vers des reportages intéressants grâce auxquels la petite stagiaire avait pu imposer, du moins de façon partielle, la sagacité d’une plume qui ne demandait qu’à pouvoir s’épanouir.      Il advint donc qu’en ce printemps de l’année 1953, après l’élection du président Eisenhower, les activités de la sous-commission d’enquête du Sénat fédéral présidée par le sénateur Joe MacCarthy commençait à peser sérieusement sur la vie quotidienne des citoyens de cette grande nation démocratique que sont de façon incontestable les États-Unis. Mrs. Hairybush avait pris rendez-vous dans un bar de San Francisco avec un éminent professeur de physique de l’université de Berkeley, le docteur Vassilis Zlotov, qui avait contribué auprès de l’Italien Enrico Fermi à certains développements théoriques de la physique quantique après la seconde guerre mondiale : ce dernier avait même été le directeur de sa thèse de doctorat. Cet enseignant universitaire avait pris parti en faveur de nombre de ses collègues et étudiants de Berkeley exclus de la faculté suite à des accusations calomniatrices de prétendues sympathies ou activités communistes : « Je suis vieille et fatiguée », avait dit Mrs. Hairybush à Octavia Miller, « je vais donc prétendre être malade et tu iras à cet entretien à ma place : ça va propulser ta carrière comme si t’avais une putain de fusée V2 des Boches accrochée à ton mignon petit cul ! ».     Octavia entra non sans appréhension dans cet antre à l’atmosphère alourdie par la fumée du tabac que les gros ventilateurs accrochés au plafond, dont la lampe centrale diffusait une lueur blafarde, n’arrivaient pas à dissiper. Malgré le fait que mademoiselle Miller luttait de façon opiniâtre contre les préjugés raciaux qu’on lui avait inculqués depuis sa plus tendre enfance, elle ne put s’empêcher de remarquer le contraste saisissant entre l’élégance des lieux, très City Beautiful art déco américain, et une clientèle majoritairement composée d’Afro-Américains qui la regardaient d’une façon qu’elle jugeait peut-être à tort hostile. Son regard glissa sur la serveuse derrière le bar, dont la beauté la fascina. Cette dernière avait ce visage fin qui faisait la beauté des jeunes femmes noires américaines et ce regard franc qui les rendait si intimidantes aux yeux des blancs. Elle était vêtue d’un débardeur blanc qui mettait sa poitrine en valeur de façon explicite mais élégante et d’une jupe en cuir noir, ainsi que de bas résilles qui lui arrivaient juste au-dessus des genoux : « Cesse de regarder les femmes ! », se morigéna Octavia Miller en son for intérieur, « ces désirs sont malsains et tu le sais ! ».      Tout en observant son environnement, Octavia se demanda pour quelle raison le docteur Zlotov, éminent professeur de physique, avait donné un rendez-vous de presse dans un lieu visiblement mal famé, mais les instructions de Mrs. Hairybush ne souffraient pas de la moindre ambiguïté. Elle avisa enfin, assis seul à une table devant une chope de bière, le regard bleu et mélancolique, un homme d’une trentaine d’années, le visage brun et hâlé mais des yeux azur et des pommettes hautes, un je ne sais quoi distingué et aristocratique qui pouvait dénoter des origines slaves. Malgré son caractère européen marqué, il semblait néanmoins parfaitement à son aise parmi la foule des clients Afro-Américains du bar. Elle décida d’aller à sa rencontre.     Octavia Miller se dirigea vers la table de cet étarnge inconnu et s’adressa directement à lui :   - Veuillez m’excuser, fit-elle, vous ne seriez pas le docteur Zlotov, par hasard ?   - Euh… oui oui… c’est bien moi, bafouilla-t-il lamentablement, mais… ?   - Je suis Octavia Miller, reporter au San Francisco Chronicle, répondit Octavia d’un air assuré afin de ne pas laisser ce brave universitaire se vautrer dans ses balbutiements incohérents. Nous avions rendez-vous.   - Mais mais… j’avais rendez-vous avec Mrs. Hairybush, pas avec… avec…   - … une jeune femme inexpérimentée ! conclut Octavia d’un ton tranchant. Cependant, Mrs. Hairybush est souffrante, il va donc vous falloir vous accommoder de ma présence.      À ces mots, l’attitude du docteur Zlotov changea brusquement. Il se leva et Octavia Miller fut étonnée de sa taille presque gigantesque pour un jeune homme certes distingué mais qu’on devinait timide et emprunté avec les femmes.   - Oh ! Je vous prie de m’excuser de ma discourtoisie, mademoiselle, fit-il d’un ton plus affermi et avec un accent irréprochable sur le "mademoiselle" dit en français au milieu d’une phrase en anglais avec une indéfinissable tonalité slave, permettez-moi de me présenter : docteur Vassilis Maximovitch Zlotov, titulaire d’une chaire en astrophysique en notre vénérable université californienne de Berkeley. Pour vous servir !      Et le docteur Zlotov prit la main droite d’Octavia, se pencha vers cette dernière, la toucha presque des lèvres avec cette courtoisie typiquement européenne qui semblait déjà tomber en désuétude, puis relâcha la main de la jeune femme et l’invita à s’asseoir. Octavia remarquait en cet étrange jeune homme une fébrilité, une passion dans le regard qu’elle n’avait jamais rencontrées auparavant dans le regard d’aucun homme, une sorte de faim insatiable mais contenue qui la mit légèrement mal à l’aise sans qu’elle pût en définir la cause. Mais l’affabilité du personnage et son excentricité toute européenne la firent sourire en son for intérieur : « Les slaves sont encore plus cons que les Anglais ! », pensa-t-elle avec amusement.      Octavia s’assit sur le fauteuil de la stalle qu’occupait le docteur Zlotov, en face de ce dernier et dit :   - Enchantée de faire votre connaissance, docteur Zlotov, fit Octavia en adoptant d’instinct un ton professionnel. Je sais que la raison de notre rendez-vous est la récente expulsion de l’université d’étudiants et d’nseignants en raison de leurs activités jugées communistes mais je n’en sais pas beaucoup plus.   - Vous ne voulez pas boire un verre avant d’entamer le sujet ? demanda Zlotov en levant un bras afin d’attirer l’attention de la serveuse, j’ai horreur de parler la bouche sèche et je dois vous confesser que les Russes ne sont pas réputés pour leur sobriété et c’est pour un fois un préjugé qui a de solides fondements.      Il ricana après avoir prononcé ces mots sans qu’Octavia puisse déterminer si ses propos étaient à vocation humoristique ou si le brave docteur parlait sérieusement. Elle avait l’impression de s’adresser à un homme désenchanté qui semblait s’exprimer constamment dans le clair-obscur d’un second degré désabusé et cynique. Mais pourquoi faudrait-il qu’elle porte ce jugement hâtif sur des propos concernant la proverbiale ivrognerie des peuples slaves et qui n’étaient probablement qu’une anodine autodérision ? Mais il était vrai que ces derniers temps, de nombreux intellectuels américains se cachaient derrière le paravent d’un cynisme de façade afin de pouvoir exprimer de façon larvée leur mécontentement face à la chasse aux sorcières dont ils étaient l’objet.      La fascinante serveuse noire vint passer commande de leurs boissons. Octavia demanda une bière et Zlotov un verre de vin blanc californien. C’est alors que, fugacement, Octavia remarqua dans le regard que lançait Zlotov à la serveuse non pas l’admiration ordinaire que peut éprouver un homme pour une jolie femme mais une forme d’adoration, de vénération quasiment mystique, comme s’il ne s’agissait pas d’une simple femme mais d’une sorte de déesse antique, une divinité de l’amour dont le culte païen se serait perdu dans le limon des siècles. Elle en fut perturbée et chassa rapidement cette pensée fugace de son esprit, surtout parce qu’elle voulait elle-même échapper à l’attraction que produisait sur ses sens la beauté féminine.   La serveuse, sans un mot, vint leur apporter leurs boissons. De nouveau, Octavia remarqua dans le regard du docteur Zlotov cette lueur violente de vénération béate. Ce dernier leva son verre et dit :   - Aux libertés du peuple américain. Je vais être bref. Il n’y a pas que des libertés intellectuelles et universitaires que je veux défendre. Il y a aussi d’autres droits. J’ai deux questions à vous poser. Êtes-vous une personne digne de confiance et acceptez-vous de m’accompagner voir des gens obligés de vivre dans la plus grande discrétion ?   - À la première question, oui sans hésitation, répondit Octavia d’un ton égal et avec un petit sourire, à la deuxième, oui, si j’ai la garantie de pouvoir écrire un bon papier avant la clôture de l’édition.   - Alors finissons nos verres et suivez-moi.    
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Par : le Il y a 12 heure(s)
(Illustration d'Octavia ) Max resta figé un long moment après le départ de la gérante, le papier froissé dans sa main, l'adresse gravée dans sa mémoire. Son cœur battait à tout rompre, un mélange de peur et d'excitation qui lui nouait l'estomac. Il rentra chez lui en marchant lentement, les mains dans les poches, la nuit déjà tombée sur la petite ville tropicale. Il s'assit sur son lit, relut l'adresse une dizaine de fois, la mémorisa, puis déchira le papier en petits morceaux et les jeta aux toilettes. Il hésita. Longtemps. Une partie de lui voulait fuir, faire semblant de rien, ne jamais remettre les pieds au cyber. Mais une autre partie, plus profonde, plus viscérale, savait qu'il irait. Qu'il avait besoin d'aller. Que c'était une chance, une occasion, une porte qui s'ouvrait. "Si je n'y vais pas, je ne saurai jamais ce que ça fait d'obéir à une vraie maîtresse." Il se leva, prit une profonde inspiration. Il irait. La préparation commença. Il entra dans la salle de bains, se déshabilla, se regarda dans le miroir. Il était grand, mince, la peau café au lait. Il se sentit vulnérable, exposé. Il aimait ça. Il commença par le rasage. Intégral. Partout. Il prit son temps, appliquant la mousse, passant le rasoir avec précaution, laissant sa peau devenir lisse, douce, offerte. Il s'agenouilla pour atteindre les endroits les plus intimes, les plus difficiles, les plus humiliants. Quand il eut terminé, il se passa la main sur la peau. Parfait. Pas un seul poil. Puis le lavement. Il sortit la petite poire de sa cachette, la remplit d'eau tiède. Il s'allongea sur le côté, les genoux relevés, et s'offrit à lui-même le rituel qu'il connaissait si bien. L'eau coula, tiède, douce, emplissant son ventre jusqu’à ce qu'il se sente plein. Il compta jusqu'à soixante, imagina ce qu'elle allait lui faire, les ordres, les humiliations, les sensations. Il se sentit dur, excité, mais il se concentra sur le geste, sur la préparation. Il recommença une deuxième fois, puis une troisième, jusqu'à ce que l'eau soit parfaitement claire. Il se sentit vide, propre, prêt. Il s'allongea sur son lit, une serviette sous lui, laissant son corps se reposer. Il ferma les yeux, imagina la gérante, ses vêtements de cuir, ses talons aiguilles. Il imagina ses mains sur lui, sa voix, ses ordres. Il se leva, s'habilla. La tenue scolaire du lycée : une chemise blanche, un pantalon sombre, et une cravate bleu marine, strictement nouée. Rien de trop voyant. Il prit une petite bouteille d'eau de toilette dans son sac, pour se rafraîchir après les cours. Il vérifia qu'il avait son collier de chien, celui qu'il avait acheté en ligne, qu'il cacha au fond de son sac. Il descendit, rejoignit ses parents dans la cuisine. "Je rentrerai tard ce soir", dit-il en évitant leurs regards. "On a des exercices de maths à finir en groupe avec des camarades. La journée de cours passa lentement, interminablement. Max n'arrivait pas à se concentrer. Il regardait le tableau sans voir, écoutait les explications sans entendre. Son esprit était ailleurs, à 20 heures, à l'adresse, à elle. À 17 heures, les cours s'achevèrent. Il prit son sac, sortit du lycée, marcha vers le centre-ville. Il entra dans un café, commanda un verre, attendit que l'heure avance. Il ne voulait pas arriver trop tôt, pas trop tard. Il voulait être parfait. À 19 heures, il se leva. Il alla dans les toilettes, se passa de l'eau de toilette sur le cou, sur les poignets, se rafraîchit le visage. Il se regarda dans le miroir, ajusta sa cravate. Il était prêt. L'adresse était dans un quartier résidentiel, dans un immeuble ancien aux façades crépies, aux balcons en fer forgé. Il monta les escaliers, son cœur battant à chaque marche. Il s'arrêta devant la porte, le numéro gravé sur une plaque de cuivre. Il frappa. La porte s'ouvrit. Elle était là, la gérante du cyber. Elle avait changé de tenue. Elle portait un corset en cuir noir qui moulait sa poitrine, laissant ses seins généreux presque entièrement dénudés. Une jupe courte, si courte qu'elle dévoilait ses cuisses, des bas résille qui montaient jusqu'à mi-cuisse, des talons aiguilles qui claquaient sur le sol. Ses cheveux étaient tirés en arrière, ses lèvres rouges sombres. Elle était magnifique, intimidante, irrésistible. Elle sourit, un sourire large, triomphant. "Tu es ponctuel. J'aime ça. Entre." Max entra. L'appartement était sobre mais spacieux. Des murs blancs, des meubles en bois clair, des plantes vertes. Une grande baie vitrée donnait sur la ville. Un canapé en cuir noir, une table basse, des étagères remplies de livres. Rien ne laissait présager ce qui allait se passer. Elle referma la porte derrière lui. Un bruit sec, définitif. "Enlève tes chaussures", ordonna-t-elle. Il obéit, se déchaussa, les posa près de la porte. Elle le regarda, le détailla de la tête aux pieds, s'attardant sur sa tenue scolaire, sur sa cravate. "J'aime les garçons en uniforme. Ça me rappelle ma jeunesse." Elle fit un pas vers lui. "Maintenant, mets-toi à poil." Max sentit le rouge lui monter aux joues. Il hésita, une seconde, deux secondes. Il n'avait jamais été nu devant une femme, pas comme ça, pas dans ce contexte. Elle le vit hésiter. Son sourire s'effaça, remplacé par une expression froide, dure. "Tu as entendu ce que j'ai dit ?" Elle leva la main, et avant qu'il ait pu réagir, elle le gifla. Une gifle sèche, sonore, qui claqua dans le silence de l'appartement. Max resta figé, la joue brûlante. Il ne s'y attendait pas. La douleur, la surprise, la honte. Mais aussi une excitation, une onde de chaleur qui lui parcourut le corps. Il était dur, soudainement, violemment dur. Elle le regarda, vit son érection et sourit. "Ah. Tu aimes ça. Je vois. Alors, tu vas obéir ?" Max hocha la tête, incapable de parler. Il se dépêcha d'enlever sa chemise, de défaire son pantalon, de le laisser tomber. Il se retrouva nu, offert, vulnérable. "Doucement", dit-elle, levant une main. "Doucement. Je n'ai pas dit que tu pouvais te dépêcher. Mets-toi contre le mur. Bras écartés. Jambes écartées. Je vais te fouiller." Il obéit, s'approcha du mur, écarta les bras, écarta les jambes. Il sentit le plâtre froid contre sa joue, contre ses paumes. Elle s'approcha, ses talons claquant sur le sol. Il sentit son parfum, ses mains qui se posèrent sur ses épaules, qui descendirent le long de son dos, de ses fesses, de ses cuisses. "Bien", dit-elle. "Tu es musclé, mais tu es souple. J'aime ça." Ses mains s'attardèrent sur ses fesses, les palpèrent, les écartèrent légèrement. "Tu t'es rasé. Parfait. Pas un seul poil. J'apprécie les soumis soignés." Ses doigts glissèrent entre ses fesses, effleurant son anus, le caressant doucement. "Tu es propre. Tu t'es préparé. J'aime ça aussi." Elle rit doucement, un rire salace, puis retira ses mains. "Tourne-toi. Lève les bras." Il obéit. Elle s'approcha, ses mains glissant sur sa poitrine, sur son ventre, sur son érection qu'elle caressa distraitement. "Tu es excité. On voit que tu as envie." Elle recula, le regarda, un sourire aux lèvres. "Maintenant, à quatre pattes." Il s'agenouilla, se mit à quatre pattes, la tête baissée, les fesses offertes. Elle s'approcha, et il sentit quelque chose autour de son cou. Sa cravate. Elle l'enroula autour de son cou, la serra légèrement, comme une laisse. "Parfait", dit-elle en tirant doucement. "Tu es mon chien, maintenant. Et tu vas me suivre." Elle le promena à travers l'appartement, le guidant par la cravate, le faisant passer d'une pièce à l'autre. Max rampait, docile, les mains et les genoux sur le sol, les yeux baissés. Il se sentait humilié, exposé, et pourtant, une partie de lui adorait ça. Elle le guida vers le canapé, s'assit, puis s'allongea, sa jupe courte remontant le long de ses cuisses. "Viens ici", dit-elle. "Tu vas me faire un cunnilingus." Max sentit son cœur s'emballer. Il n'avait jamais fait ça. Il ne savait pas comment faire. Il s'approcha, hésitant. "Je... je n'ai jamais fait ça", avoua-t-il. Elle sourit, un sourire à la fois doux et cruel. "Je sais. Mais je vais t'apprendre. Tu vas m'écouter, et tu vas faire ce que je dis. Si tu fais bien, tu auras une récompense. Si tu fais mal, tu auras une punition." Elle écarta les jambes, découvrant sa culotte en dentelle noire. "Commence par embrasser mes cuisses. Lentement. Avec ta langue." Max s'approcha, posa ses lèvres sur la cuisse de la gérante. Sa peau était douce, chaude, parfumée. Il laissa sa langue glisser le long de sa cuisse, remontant lentement. "Plus bas", ordonna-t-elle. Il descendit, léchant la peau, sentant l'odeur, la chaleur. Il arriva à la dentelle, hésita. "Continue. N'aie pas peur." Il posa ses lèvres sur la dentelle, la sentant humide, chaude. Il laissa sa langue glisser le long du tissu, découvrant les contours, les sensations. "Bien", dit-elle. "Maintenant, enlève-la." Il obéit, glissant la dentelle le long de ses jambes, la laissant tomber au sol. Il la regarda, offerte, exposée. Il n'avait jamais vu une femme comme ça, pas en vrai, pas à portée de ses lèvres. "Tu vas lécher, lentement, avec ta langue. Et tu vas écouter ma voix. Si je dis 'plus vite', tu accélères. Si je dis 'plus lent', tu ralentis. Si je dis 'arrête', tu t'arrêtes immédiatement." Elle caressa ses cheveux, doucement. "Et si tu fais bien, peut-être que je te récompenserai." Max s'approcha, sa langue rencontrant la peau chaude, humide, offerte. Il laissa sa langue glisser, découvrir, explorer. "Plus lent", dit-elle. "Plus doux. Fais comme si tu dégustais un fruit." Il ralentit, rendit ses mouvements plus doux, plus précis. Il sentit sa main dans ses cheveux, la guidant, la dirigeant. Ses hanches effectuaient une danse envoûtante à chaque coup de langue. "Plus vite. Là, oui, là. Bien." Elle gémit doucement, un son qui le fit vibrer. Il continuait, apprenant, s'adaptant, obéissant à sa voix. Soudain, elle se cambra, un cri étouffé lui échappa. Elle avait joui. Max releva la tête, un sourire naissant sur les lèvres. Il avait réussi. Il l'avait fait jouir. Mais elle le regarda, un sourire cruel aux lèvres. "Bien. Tu as été bon. Mais je vais quand même te punir. Parce que je le peux." Elle se leva, l'attrapa par la cravate, le guida vers le canapé. "Allonge-toi sur le dos." Il obéit. Elle s'agenouilla entre ses jambes, ses doigts glissant sur ses cuisses. "Tu mérites une punition", dit-elle en attrapant son érection. Elle pencha la tête, ses lèvres l'enveloppant. Max sentit le plaisir monter, intense, brûlant. Il gémit, se cambra. Elle s'arrêta, juste avant qu'il n'atteigne l'orgasme. "Non", dit-elle. "Tu ne vas pas jouir. Pas encore. Pas ce soir." Elle se releva, le laissant tremblant, haletant. "Tu vas rester là, à te demander ce que ça fait de jouir. Et tu vas apprendre que c'est moi qui décide." Elle lui administra une fessée qu’il compta à haute voix. Elle s'éloigna, s'assit sur le canapé, un sourire satisfait aux lèvres. Max resta allongé, le souffle court, l'érection toujours présente, douloureuse. Il se sentait frustré, humilié, et pourtant, il adorait ça. Elle le regarda, ses yeux noirs brillants. "Tu as aimé ?" Il hocha la tête, incapable de parler. "Je suis contente. Mais je vais te laisser là, à reprendre tes esprits. Tu vas réfléchir à ce que tu veux vraiment." Elle se leva, s'assit à côté de lui, sa main caressant ses cheveux. "Je dois t'avouer quelque chose", dit-elle doucement. "J'ai aimé. Vraiment. Mais je ne suis pas une vraie Domina. Je ne sais pas quoi faire, après. Je ne suis qu'une fille qui aime jouer. Je ne sais pas comment être une vraie maîtresse." Max releva la tête, la regardant. Elle semblait soudainement vulnérable, presque fragile. "Tu es une excellente Domina", dit-il. "Tu as tout fait bien. Les ordres, la punition, le contrôle." Elle secoua la tête. "Non. Je ne sais pas ce que je fais. Je lis des choses, je regarde des vidéos, mais je n'ai jamais eu de formation, jamais eu de vrais soumis. Tu es mon premier." Max la regarda, un sourire naissant sur les lèvres. "Alors, laisse-moi te montrer." Elle le regarda, surprise. "Me montrer quoi ?" "Comment être une Domina. Ou plutôt, comment être un Dominateur." Il se leva, soudainement sûr de lui. Il l'attrapa par les poignets, la retourna, la poussant contre le canapé. "À mon tour." Il prit sa cravate, l'enroula autour de ses poignets, les attachant dans son dos. Elle ne résista pas, les yeux grands ouverts, un sourire incrédule sur les lèvres. Il sorti de son sac son collier et lui mit "Qu'est-ce que tu fais ?", demanda-t-elle. "Je te montre", répondit-il. Il la retourna, la mit à genoux, empoigna la laisse et leva la main. Il lui donna une fessée, claquante, sonore. Elle sursauta, puis gémit. "Encore", murmura-t-elle. Il obéit. Une, deux, trois fois. Elle se cambrait à chaque coup, gémissant doucement. "Encore", murmura-t-elle. Il prit sa ceinture et la flagella. Sa peau d’ébène marquait faiblement et elle en redemandait encore plus. Il la retourna, la regarda droit dans les yeux. Il pinça ses seins, doucement d'abord, puis plus fort. Il décida de lui procurer du plaisir et lui fit un cunni, plus expert cette fois-ci car il avait compris comment faire. Elle se cambrait sous ses coups de langue. Elle ferma les yeux, un frisson la parcourut. "Prends-moi", supplia-t-elle. "S'il te plaît." "Tu as des précautions ?", demanda-t-il. "Non prend moi comme la chienne que je suis et remplie-moi “ répondit elle. "Je prends la pilule." Il la regarda, comblée de plaisir, offerte, vulnérable. Il la prit, lentement, profondément, la menant vers un orgasme qu'elle ne contrôlait plus. Elle jouissait sous ses coups de rein. Il la retournait pour la mettre dans de multiples positions qu’il avait vues tout en tenant cette laisse. Soudain il se sentit envahi par une sensation. Ses mouvements devinrent plus violents, plus rapides. Il sentit une sensation qu’il n’avait encore jamais connue. Il envoya plusieurs flots en elles puis se retira. Un filet coulait d’elle sur le sol. Il lui ordonna de lécher et elle s’exécuta. Il finit par lui caresser les cheveux et elle était à ses pieds comme une chienne docile. Quand tout fut fini, il la regarda, allongée, épuisée, un sourire béat sur les lèvres. Il se sentit puissant, en contrôle, maître de la situation. Peut-être qu’après tout il était un dominateur ? Mais là ce n’était plus important. Il y pensera plus tard. 
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