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La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM.
Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices.
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Se livrer lui paraissait inconvenant et désuet et pourtant comme une contradiction absurde, force est de reconnaître que l'expression n'était pas contradictoire. Je ne savais pas encore ce jour-là que j'allais l'aimer. Roméo, dans la tragédie de Shakespeare, est très amoureux de Rosaline lorsqu'il rencontre Juliette. Ce sont souvent des cœurs déjà occupés d'un autre être que l'amour frappe le plus fort. Les ciels du Berry servaient de paysage à une campagne sauvage. Le relief des nuages dessinait des vallées bleues et les soirs d'été teintaient l'horizon de toutes les couleurs qui manquaient à la plaine couverte de chaumes gris, brûlés par le soleil. Elles descendirent le long du lac. Quelques fiancés se promenaient sur le sentier qui le longeait. Elles les croisaient et s'embrassaient quand elles étaient seules. Une fine brume froide et blanche les enveloppait. Partout, le calme et l'absence, un paysage lunaire, une vie désertique, des branches mortes, des lumières glacées dans la nuit qui commençait à venir. Juliette tournait son visage vers le sien. D'elle, elle voulait savoir quelque chose et n'apprenait rien. Charlotte demeurait silencieuse. Quelle peur des êtres ou quel ennui l'enfermait à l'intérieur de cette armure. Qu'avait-elle fait ? Elle serra les lèvres, demeura une seconde immobile. Elle ne voyait rien, mais elle souriait. Quand elle avait le courage, ou plutôt le cœur, d'accepter cette insensibilité, elle lui parlait tendrement, comme on parle à un fantôme. Elle avait toujours envie de lui demander: "Pourquoi acceptes-tu de souffrir ? Pourquoi aimes-tu être fouettée ?" Elle disait seulement: "Cela n'a pas d'importance, je t'aime." Charlotte avouait son amour dans la soumission et la douleur. Juliette la croyait. La brume l'aidait alors à supporter cette idée. Dans la brume, parfois tout parait étonnament vrai. Il y avait des reflets brouillés sur le lac. Le plus frappant était l'air de bonheur qui illuminait leur visage. Elles regardaient tout autour d'elles, très loin, comme si elles eussent douté d'être bien rentrées dans leur terroir. Il n'y avait plus de trace en elles des tumultes que produisent les désirs inassouvis ou les ambitions perdues. Un privilège qui n'était assurément pas donné à tout le monde.
De toutes les choses au monde qui sont admirables et belles, ces premières rencontres sont les plus belles. L'instant où s'établissent entre deux corps et deux âmes, par des signaux dérisoires de détresse et d'espoir, le langage, le regard, un sourire, les liens fragiles et précieux qui deviendront si solides, éveille toujours toute la douleur, toute l'admiration du monde. On sentait que la plénitude de leurs vie, y compris la chute qu'elles avaient subie, libérait l'instant présent de toute inquiétude et de toute frustration. Les yeux extasiés de Charlotte, sa voix douce, chavirée, son air de marcher sur les nuages, en apesanteur, son succès, tout montrait la vérité. Comme les traces nettes que laissait le fouet sur son corps de bronze. Elle n'avait pas le droit de se plaindre, elle avait parfois l'autorisation de jouir. Sur un lit blanc, elle avait alors rencontré sa maîtresse. Juliette avait pris ce visage entre les mains, elle l'avait regardé de toutes ses forces. Elle s'était allongée sur elle. Quel plaisir nouveau ce fut quand Charlotte la remercia de l'avoir fouettée. Sa bouche refermée sur son sexe, les pointes de ses seins constamment froissées, les cuisses écartelées sur le chemin de son ventre, labouré à plaisir quand à sa fantaisie, Juliette imitait l'homme, ceinte d'un olisbos, chaque jour, de plus en plus épais, la déchirait. Le spectacle constant de son corps toujours offert, mais aussi la conscience de son propre corps. Charlotte en était éclairée comme par le dedans, et l'on contemplait en sa démarche le calme, et sur son visage l'impalpable sourire intérieur que l'on devine dans les yeux des soumises. Tu as commencé à te taire. Tu as voulu m'aimer. Sans doute la vie n'est-elle pas faite pour les adolescentes. Elles lui demandent la lune, elle ne peut offrir que la juste densité de la terre. La vie, elle la supporte à peine. Les outrages et les châtiments corporels, aussi. Elle les aime tant, que parfois, elle ne se reconnaît plus, elle s'invente pour se rendre semblable à l'autre, mais l'illusion est brève. Charlotte rêvait. Des êtres juvéniles étaient partis et c'étaient des adolescentes qui revenaient. Quelque chose d'apaisé, de doux, d'accompli émanait d'elles. Pendant ces trois semaines, elles purent prendre conscience de cette transformation. Mais lorsque elle s'apercevra que sa vie rêvée est en rupture de réalité, pour la plupart des dons qu'elle réclame d'elle, elle sombrera dans la mélancolie. Il n'est ni plaisant de changer de peau, d'autant moins que la mue des femmes s'accomplit à contresens, du papillon à la chenille, et que la perspective de perdre ses ailes et d'apprendre à ramper sous le fouet n'est pas exaltante. Alors on refuse, on se cogne contre les barreaux de sa cellule.
Quand le désir vous prend, tout se qui se rattache à lui devient motif de rêverie et d'émotion. Le spectacle de ces solitudes se rompant tout à coup, se ruant dans l'espor, dans le bonheur fou, et souvent dans le malheur, semble plus beau que tout. Tu te heurtes depuis trop longtemps aux contours aigus de la réalité, il fallait qu'enfin, tu te résignes car rien n'est plus triste que le regard d'une recluse. Ah, comment l'aurait-elle oublié ? Elle était la main qui lui bandait les yeux, le cuir qui lui tannait la peau, la chaîne au-dessus de son lit, et parfois des inconnues qui lui mordaient les seins au sang, et toutes les voix qui lui donnaient des ordres étaient sa voix. Se lassa t-elle ? Non, à force d'être offensée, elle aurait dû s'accoutumer aux outrages, à force d'être caressée, aux caresses, sinon au martinet à force d'être flagellée. En même temps, il y avait en elle la passion pour Juliette, sa sauvage origine, la force et la gravité qu'elle mettait. Une ignoble satiété de la douleur et de la volupté dût la rejeter peu à peu dans un monde irréel. Mais au contraire, le harnais qui la tenait droite, les liens qui la gardaient soumise, le bijou anal qu'elle portait, le silence, son refuge y étaient peut-être pour quelque chose, comme le spectacle fréquent des très jeunes femmes livrées comme elle. S'y ajoutaient bien d'autres griefs liés à ses souvenirs d'enfance. Avec le temps, elle avait fini par la comprendre et lui pardonner. Elle avait été roulée par un destin terrible, comme un nageur dans une vague, et elle avait fait de son mieux pour ne pas couler, accomplir ce à quoi sa nature l'avait préparée, en épargnant ainsi ses proches. Je t'approuve d'avoir voulu rester de l'autre côté de cette muraille mais c'était une mauvaise idée de tenter de m'entraîner avec toi. cela s'appelle de la désobéissance. La soumission heureuse est une invention d'intellectuels. Aucune soumise adolescente n'a exprimé autre chose que l'incertitude, la difficulté d'être, le trouble et le désespoir et c'est seulement à partir d'un certain niveau d'abnégation, qu'elles se font les poétesses du fouet, comme du charme du blé en herbe. La même réflexion vaut pour les amours passées. C'est vrai qu'elle était si belle et sans doute bouleversante avec son corps inachevé et la simplicité peureuse qui donne tant de velouté aux âmes à fleur de peau des adolescentes. C'est vrai que le premier soupir arraché l'une à l'autre est inoubliable. La passion la plus absolue pour un être est toujours la passion d'autre chose. Tu l'as oubliée. Le lac, au loin, était comme un bouclier d'argent sur lequel le soleil plaquait le dessin des nuages et d'aveuglantes flaques de lumières. Et sur chaque ondulation de l'eau une lueur d'or reflétait le coucher du soleil.
C'est un grand charme ajouté à la vie de savoir s'abandonner sans retenue. On se délecte de douleur comme d'une fleur. Les maximes sur l'amour semblent souvent si justes et si profondes: tout est possible, tout est vrai dès que l'on parle de ces bouleversements qui illuminent les cœurs. Elle comprenait mieux qu'en en un tel endroit la joie la plus éclatante pouvait succéder à la mortelle nostalgie que provoquait la tempête. Derrière ses faiblesses perçait un respect un peu naïf et au-delà, une sensibilité extrême qu'elle cherchait à faire partager, sans avoir les moyens pour y parvenir. Alors, tu veux ça, tu veux vraiment ce que je t'ai promis ? Ton visage se retourne vers mon sourire. Te taire, tu dois te taire. Nous en avons convenu ainsi. Tu devras t'efforcer de ne pas crier quand je te fouetterai jusqu'au sang. C'est la règle du jeu. Si tu désobéis, ce sera l'arrêt irréversible du jeu. Tes longs cils recourbés de siamoise, la fente de tes pupilles. Tes yeux rieurs. Juliette sait ce qu'elle veut. La fouetter, oui mais plus pour son plaisir. Elle va y prendre goût. Comme la semence des hommes. Elle s'en délecte maintenant. Déjà par dessus la nuque glisse le harnais en cuir. Ton corps supplie. Toujours de dos, nue à mes genoux. Bientôt, mes doigts simultanément, à gauche, et à droite, ont glissé, les lanières de cuir sur tes épaules et dans la fente de ton sexe. Les épaules de papillon, tes omoplates, ont frissonné. Les reins soudain cambrés par un flux de désir. Mon souffle effleurant le profil de tes seins érigés avec cette envie de toi qui tangue, cette envie de tout arrêter, cette envie de suspendre les gestes. Je t'attrape par le cou. Je te renverse sur le grand lit. Je te mords. Tu te rebelles. Tu me supplies. Charlotte n'a pas de honte à exposer son corps asséché de plaisirs. Tout était évident. Tu es allongée. Au-dessus de toi, la caresse est légère presque rêvée, précisant l'ondoiement sur l'entrejambe à peine ouvert. Ton désir est envahissant. Tu écoutes les lèvres de ton sexe. Tu cèdes enfin, je ranime les flammes. Tes mains renversées, abandonnées, la paume en l'air, haletante de bonheur. Elle se rappelait que, dans le long calvaire que fut sa vie, elle n'avait jamais exprimé ni plaintes, ni désespoir. Au plus noir des jours, elle cueillait des fleurs pour en faire un bouquet et elle respirait son parfum, les yeux fermés. Il n'y avait plus ni cabales à affronter, ni critiques à redouter. L'écho de ce bonheur passé se répandait bientôt en elle. Le feu envahit tes reins. Tu es foudroyée. Tu me fuses au visage les vagues de ton plaisir. L'orgasme est à nouveau proche d'enfler ton ventre. Il te pénètre. Mes doigts profondément en toi pour t'avoir encore de plus près, pour te fouiller encore plus loin, pour t'empêcher de te dérober à l'extase qui nous unit. Nos cris meurent en un baiser sauvage et cannibale, brutal comme la secousse qui nous bascule. Un baiser fou qui exacerba chaque gouttelette de jouissance. Bienheureuse soirée pareille à nulle autre, jamais Charlotte ne l'accueillit avec autant de joie. Elle avait joui sans le fouet. Le temps cessa d'être immobile. Juliette lui défit les bracelets et le collier qui la tenaient captive. La nuit tomba sur elles. Charlotte craignit de subir une nouvelle colère. Mais Juliette reprit sa marche, les yeux fixés loin devant elle. Le plaisir se changea en chagrin.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Elle se rendait compte depuis, qu'en étant amoureuse de sa Maîtresse, qu'elle projetait seulement en elle un état de son âme et que par conséquent, ce qui était admirable n'était pas sa propre vaillance, mais bien la profondeur de son état. Si en ce goût de la soumission, Charlotte avait quelque chose de Juliette, c'est qu'une certaine ressemblance existait entre les deux femmes qui s'aimaient, ressemblance qui tenait à la fixité de leur tempérament parce que c'est lui qui les choisissait, c'est à dire propre à satisfaire leurs sens, à la fois opposés et contraires. Au fil des ans, la jeune femme s'était découvert une envie d'audace dans la façon d'être prise et fouettée, de rupture dans les rythmes de leur érotisme érodé, le besoin même d'être forcée et vaincue, emmenée très loin de ses balises ordinaires par la Maîtresse qu'elle aimait, conduite par elle seule jusqu'au cœur de ses peurs les plus tentantes. Elle lui en voulait qu'elle n'eût pas deviné qu'elle souhaitait désormais être sa chienne, et regardée comme telle. Charlotte passa enfin dans la salle de bain, se fit couler un bain, vérifia la température. Tout en traversant nue la chambre en direction de la coiffeuse, elle ôta ses boucles d'oreilles en or. Dans sa trousse à maquillage, elle prit un rasoir et une savonnette, puis se déshabilla devant la commode. Depuis qu'elle était jeune fille, on lui disait qu'elle était ravissante et qu'elle possédait un charme ravageur. Elle s'observa dans la glace: un corps ferme et bien proportionné, des seins hauts placés et doucement arrondis, le ventre plat et les jambes fines. De sa mère, elle avait hérité les pommettes saillantes, la peau toujours hâlée et les cheveux bruns. Mais ce qu'elle avait de mieux était bien à elle, ses yeux, des yeux comme les vagues de l'océan ou le ciel, d'un bleu azur, se plaisait à dire sa Maîtresse, Juliette. Dans la salle de bain, elle posa une serviette à portée de main et entra avec plaisir dans la baignoire. Prendre un bain la détentait. Elle se laissa glisser dans l'eau. Quelle agréable journée. Elle avait le dos crispé, mais elle était contente d'avoir enfin terminé ses courses. Elle se couvrit les jambes de mousse et entreprit de les raser, songeant à Juliette, à ce qu'elle penserait de son comportement. Elle le désapprouverait sans aucun doute. Elle resta encore un moment allongée dans le bain, avant d'en sortir. Elle se dirigea vers la penderie pour se chercher une robe. La noire avec un décolleté un peu plongeur ? Le genre de toilette qu'elle portait pour des soirées privées. Elle la passa et se regarda dans le miroir, se tournant d'un coté, puis de l'autre. Elle lui allait bien, la faisait paraître féminine. Mais non, elle ne la porterait pas. Elle se voulait rien que chienne.
Dans l'eau chaude, elle était parvenue à se rejoindre, à faire de sa propre personne, sa plus attentive confidente. Elle considéra cette impression d'intimité avec elle comme une manière de tendresse, un réconfort offert. Elle en choisit une moins habillée, moins décolletée, bleu clair, boutonnée devant. Pas tout à fait aussi jolie que la première, mais mieux adaptée aux circonstances. Un peu de maquillage, maintenant un soupçon d'ombre à paupière et de mascara pour faire ressortir ses yeux. Une goutte de parfum, pas trop. Une paire de boucles d'oreilles, des petits anneaux. Elle chaussa des talons hauts que sa Maîtresse exigeait, comme elle exigeait qu'elle soit nue sous sa robe, d'autant plus nue qu'elle était toujours intégralement rasée, lisse, offerte, ouverte à ses désirs ou à ceux des inconnues auxquelles elle la destinait. Depuis son infibulation, elle ne portait plus aucun sous-vêtement, la culotte la plus légère irritait sa chair et lui faisait endurer de véritables tourments. Juliette l'obligeait à en porter lorsqu'elle n'avait pas été assez docile pour la punir. Elle portait deux anneaux d'or sur ses petites lèvres, signe de son appartenance à sa Maîtresse. Les marques imprimées sur son pubis, étaient creusées dans la chair. Rien que de les effleurer, on pouvait les percevoir sous le doigt. De ces marques et de ces fers, Charlotte éprouvait une fierté insensée presque irraisonnée. Elle subissait toujours les supplices jusqu'au bout, faisant preuve en toutes circonstances d'une abnégation totale. Qu'une femme fût aussi cruelle, et plus implacable qu'un homme, elle n'en avait jamais douté. Mais elle pensait que sa Maîtresse cherchait moins à manifester son pouvoir qu'à établir une tendre complicité, de l'amour avec les sensations vertigineuses en plus. Charlotte n'avait jamais compris, mais avait fini par admettre, pour une vérité indéniable, l'enchevêtrement contradictoire de ses sentiments. Toujours docile, elle aimait le supplice, allant jusqu'à regretter parfois qu'il ne soit pas plus long et plus féroce, voire inhumain. Mais sa nature masochiste ne suffisait pas à expliquer sa passion. Elle prenait tous les prétextes pour faire monter à sa conscience des parties intimes d'elle-même, plus essentielles, que le plaisir lui-même. Peut-être les deux sont-ils inséparables de l'amour réel, dès lors s'opéraient déjà en elle ces attirances qui se renouvellent au cours d'amours successives, pouvant du reste se reproduire, mais alors plus personnelles et plus lointaines, à travers les périodes périodiques de sa vie, de sorte à leur donner un caractère général. Ainsi, elle dut finir par obéir à ses instincts les plus vils, non pas qu'elle fut médiocre, bien au contraire.
Combien de fougues impatientes et non sereines, lui fallait-elle recueillir de ces mondes inconnus avant de pouvoir être certaine qu'elle ne se laissait pas abuser par des coïncidences, mais de dégager les lois, certes certaines acquises au prix d'expériences cruelles, de son âme asservie ? Elle aimait cette partie obscure qui faisait partie d'elle et que sa Maîtresse nourrissait. Juliette la hissait, la projetait en révélant les abysses de son âme, en les magnifiant, la sublimant en tant qu'esclave, en lui faisant accepter son rôle d'objet. Elle avait créer entre elles un lien indestructible. Elle ne pourrait jamais oublier le jour de ses vingt ans. Ce jour-là, Juliette quitta tôt les cours qu'elle donnait à la Sorbonne pour venir la chercher à la sortie de la faculté. La soirée s'annonçait douce et agréable. Charlotte écoutait le bruissement des feuilles, en songeant à la beauté naturelle du jour. La nature vous rend plus qu'elle ne vous prend et ses bruits obligent à penser à son destin. Le grand amour vous fait cet effet-là. Les nuages traversaient lentement le ciel du soir. Ils s'épaissirent un peu. Désormais, la réalité de la nuit et la réalité du jour seraient la même réalité. Chez elle, Juliette lui demanda de se mettre nue, la regarda sans un mot lui obéir. N'avait-elle pas l'habitude d'être nue sous son regard, comme elle avait l'habitude de ses silences. Elle l'attacha et lui demanda pour la première fois, son accord. Elle voulait la fouetter jusqu'au sang. Elle lui dit seulement qu'elle l'aimait. Alors elle la battit si fort qu'elle suffoqua. Au petit matin, Charlotte était allongée près d'elle et elle ne pouvait penser à meilleure occupation que de la dévorer des yeux. Le soleil du matin qui entrait par raies obliques entre les lamelles du store rehaussait le brun luisant de son corps. Elle était assoupie sur le ventre. Le haut de ses bras étirés au dessus de sa tête était bronzé et ses aisselles blanches. Juliette glissa un doigt sur la courbe sinueuse de son dos et sa peau satinée se couvrit d'un frisson. Elle était grande et très blonde. Une femme idéalement belle. Bientôt, son regard s'attarda sur ses cuisses écartées et une tension sourde s'empara d'elle. De ses lèvres, elle lècha sa peau tout en dessinant ses omoplates avant de laisser glisser le majeur jusqu'au creux de ses reins. Elle frôla l'œillet secret qui déjà cédait aux effleurements. Les chairs se distendirent, pour se raffermir aussitôt comme déjà brusquées. Ses doigts, objets de l'irréparable, contournaient les formes plissées qui sertissaient l'anus. Ils lissèrent bientôt les veinules, les unes après les autres, consciencieusement.
Elle la vit approuver d'un mouvement de reins, une cambrure pour l'instant étudiée, maîtrisée. Rien du domaine de l'abandon. Ils se confinaient encore dans la séduction. Ou en tout cas, le crut-elle. L'amante ne trichait pas. Elle était sexuelle. Mais Charlotte se l'imaginait t-elle, bien trop impatiente pour le savoir et cette caresse qu'elle n'acceptait jamais sans résister et sans être comblée de honte, elle sentit soudain qu'elle n'y échapperait pas. Bientôt l'anus ne se défendit plus. Il rougit en acceptant, s'humidifia, larmoya une liqueur d'acquiescement, frémit au moindre toucher et enfin sursauta. Elle ressentit la naissance d'une jouissance s'inscrire dans les va-et-vient de ce ce trou qui appelait. La sève s'écoula et lubrifia l'orifice pour permettre le passage. Voilà, elle ne joue plus, elle le sait; elle peut maintenant tout imposer, froidement, à ce corps qui ordonnait l'intromission. Elle supposa qu'elle aimerait être capable de hurler les mots et les actes qu'elle attendait. Elle se rembrunit, chercha à dégager son visage d'entre les draps. L'amante s'irritait parce qu'elle ne supportait pas l'affront d'un quelconque échec. Elle devait la soumettre. La douleur vive s'était évanouie alors Juliette la vit qui hésitait: devait-elle reprendre le fil de ses paroles susurrées ? Allait-t-elle l'accepter ? Elle désirait la faire oser pour elle, pour qu'elle puisse dérouler le fantasme d'une femme. Une femme objet. Bien sûr, il est à craindre que pour une autre, cela ne se passerait pas comme cela. Elle se tairait. Mais sa Maîtresse la voulait obscène, pour mieux la prêter. Elle la sentait brûlante, raidie sous ses doigts. Il courtisait ses hôtes, il les choyait, savoureusement. Le giclement séminal accompagna les mots venus se fracasser comme une éclaboussure. Le cœur s'était déplacé au fondement du corps. Il battit, se contracta et se rétracta comme l'aorte qui donne vie. Son âme n'était plus qu'un organe, une machine qui répondait à des mécanismes vitaux. Juliette sentait la jouissance envahir Charlotte peu à peu. Le désir brûlait, et retombait, suspendu à la prochaine salve en la dévorant. L'amante fut animale. Elle exigea tout, tout de suite. Elle écarta les doigts et en introduisit subrepticement un troisième. Là, la femme soumise s'attendit à ce qu'elle eut exigé un quatrième puis un cinquième. Mais elle se trompait.
Alanguie dans la douce conscience d'exister dans son abandon, elle s'écouta et entendit clairement son plaisir. Reconnaître ce doux sentiment ne l'en délivra certes pas mais cette disposition lui permit de ne plus se laisser dominer par son émotion qui, accueillie, ne cessa d'infecter tout son être. Charlotte songea que seule sa Maîtresse, pouvait abuser d'elle avec une telle luxure, forcer ses reins et pénétrer avec son poing, sans auncune hésitation, l'étroit pertuis. Mesurait-t-elle seulement combien, elle se trompait ? L'amante est toujours dans la force. La prouesse n'est bien souvent qu'un détail. Elle l'empala d'un mouvement violent pour se caler en terrain conquis, profondément. Le cri résonna en écho venant lécher les parois d'une chambre que l'on imaginait forcément sombre. Les murs étaient d'un blanc clinique; un matelas flanqué à même le sol pliait sous les corps nus, brunis par le soleil, soudés et parfaitement imberbes. Maintenant, Charlotte allait supplier. Il fallait qu'elle se livre totalement. Les chairs résistèrent, se plaignirent, s'insurgèrent puis craquèrent, obéissantes. Elle desserra les dents de son index meurtri, bleui par la morsure. La jouissance sourde venait de loin, d'un tréfonds dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Elle hurla. Qu'elle voulait le poignet. Qu'elle voulait plus encore. Qu'elle irait le chercher, elle même si sa Maîtresse ne cédait pas. Elle vit la fureur s'emparer du corps, et le vriller, l'hystérie libérer toute l'énergie de l'organisme. D'un mouvement brusque, le poignet venait d'écarteler ses reins, elle avait joui. La nuit tombée, jamais Charlotte fut alors plus heureuse d'être nue et enchaînée, après avoir été honorée par sa Maîtresse, songeant seulement que l'évasure de ses reins se devait d'être toujours accueillante, puisque Juliette daignait s'y enfoncer. Pas un instant, elle se sentit sale ou souillée car ce plaisir n'était pas un plaisir subjectif et que ce plaisir, Juliette ferait tout pour l'entretenir, sans ignorer qu'elle le souhaita.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Y a des jours où je tombe sur une vieille série de mon et, sans prévenir, le regard de la pratiquante que je suis devenue depuis en fait une gifle en pleine face. dernier exemple en date ? Legend of the Seeker ! Un programme gentiment ringard en deux saisons, diffusé à la fin des années 2000, qui passionnait mon fils et que que je regardais d’un œil distrait pour ses jolies forêts, ses ralentis grotesques et ses torses huilés. Sauf que maintenant, après avoir fait mon chemin dans le BDSM, en retombant sur un épisode sur je ne sais plus quelle chaine en zappant machinalement (Edit : en regardant la fiche Wikipedia, je découvre que ca devait etre sur TF6!), je ne vois plus que ça : du cuir, du contrôle, de la soumission consentie (ou pas), des femmes en dominatrices rouges, des hommes entravés... Bref, un délire BDSM qui ne dit pas son nom, mais qui transpire à chaque épisode. Alors, j'ai redemandé à mon fiston son coffret DVD (et j'ai ressorti le pc portable qui est le seul ordinateur ici à disposer encore d'un lecteur DVD !).
Et franchement, pour le coup, ce n’est pas juste un délire de spectatrice lubrique. C’est une structure narrative entière qui repose sur des dynamiques de pouvoir érotisées. Le tout sous prétexte de fantasy pseudo-morale. Un refoulé érotique d’autant plus saisissant qu’il vient d’un univers calibré pour les familles. Oui, oui.
Commençons par ce qui saute aux yeux. Les Mord-Sith. Ce nom seul sonne comme une promesse fétichiste. Guerrières d’élite vêtues de cuir rouge moulant, leur rôle est simple : briser la volonté des hommes. Littéralement. À coup de trucs qui font mal, de dressage, d’humiliation.
Elles utilisent une arme appelée Agiel, qui inflige une douleur extrême par simple contact. Une extension de leur pouvoir, mais aussi une métaphore limpide : ce n’est pas une bagarre, c’est un rite initiatique. Richard, le héros, passe d’ailleurs tout un arc narratif sous la coupe de Denna, une Mord-Sith qui le ligote, le soumet, le torture... jusqu’à le transformer en compagnon docile et soumis, et sans doute un brin amoureux.
Et soyons honnêtes : à l’écran, ça ne ressemble pas à une scène de guerre. Ça ressemble à une séance de domination bien rodée, en latex et high fantasy.
Mais ce n’est pas tout. L’autre héroïne, Kahlan Amnell, est une Inquisitrice. Une sorte de prêtresse-magicienne capable de forcer quiconque elle touche à dire la vérité… puis à lui obéir. Avouez que, présenté comme ça, on est à mi-chemin entre le mind control kink et l’hypnose érotique.
Ce pouvoir, dans l’univers de la série, est à la fois sacré et dangereux. Kahlan pleure chaque fois qu’elle l’utilise… mais l’utilise quand même. C’est tragique, bien sûr, mais surtout très fetish-coded. Cette image d’une femme toute-puissante, dont le contact réduit les hommes à l’état de pantins dévoués, ça ne vous rappelle rien ? Le lasso de Wonder Woman, par exemple ? (Spoiler : son créateur était un grand amateur de bondage. Oui oui, vraiment.).
Ce qui me frappe dans ce Legend of the Seeker, c’est ce double discours constant entre l’esthétique et le récit. Ces deux degrés de lectures. Les combats chorégraphiés sont presque sensuels, les plans insistants sur les abdos de Richard frôlent l’indécence, les costumes féminins sont taillés comme pour une soirée Démonia: robes fendues, bustiers serrés, capes dramatiques.
Et le méchant ? Darken Rahl. Mi-sorcier, mi-stripper. Il passe de longues scènes à chuchoter des menaces en regardant la caméra, vêtu de gilets ouverts sur un torse lustré comme pour une pub Axe édition Donjon. Son charisme repose sur une sensualité trouble, dangereuse, dominatrice.
Mais alors, pourquoi ces sous entendus riches ne deviennet-ils jamais explicites ? Pourquoi ne pas assumer ce fantasme cuir-latex au grand jour ?
Parce que Legend of the Seeker, comme beaucoup d’œuvres américaines calibrées pour le prime time, a peur de son propre désir. On y frôle l’interdit sans jamais l’embrasser. On filme des scènes de torture mais sentimentale, de domination mais symbolique, de consentement arraché… sans jamais nommer ces pratiques. Parce que le mot "BDSM" ferait peur aux sponsors, aux parents (tu m'etonnes !), aux chaînes du cable.
Et pourtant, tout est là. Sous vos yeux décillés. Et ça n’est pas un accident.
Ce qui me fascine, ce n’est pas juste le fétichisme involontaire d’une série fantasy oubliée. C’est ce que ça révèle d’une époque, d’une culture. Legend of the Seeker a tenté de gommer les aspérités sexuelles des romans de Goodkind (lui-même ultra controversé à ce que j'en ai lu). Mais elle n’a pas pu effacer ce qui, dans le fond, structure tout : une obsession pour la douleur comme rite de passage, la vérité comme domination, l’amour comme soumission.
Des dynamiques puissantes, ambivalentes, profondément BDSM mais honteuses. Camouflées. Travesties en combat du Bien contre le Mal.
Mais c’est surtout une belle excuse pour attacher un garçon torse nu à une pierre et le faire supplier une dominatrice en cuir. Et vous savez quoi ? Ça fonctionne.
Je ne dis pas qu’il faut ériger Legend of the Seeker en chef-d’œuvre BDSM. Mais peut-être qu’on peut le regarder avec d’autres lunettes. Pas celles de la nostalgie naïve (si vous avez l'âge, moi j'avais suivi ca de loin, par procuration à l'époque), mais de l’analyse perverse et curieuse. Peut-être qu’on peut s’amuser de ce refoulé collectif, de ces récits qui hurlent leur désir tout en jouant les vierges effarouchées.
Et surtout, peut-être qu’on peut arrêter de croire que le BDSM n’a sa place qu’en huis clos ou dans des œuvres "adulte". Parce que, franchement, il est déjà partout.
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- Monsieur, s'il vous plaît... J'aimerais les aiguilles.
Samedi soir.
Elle est allongée sur la table de massage. Nue. Attachée. Offerte. Ses jambes sont écartées. La corde est serrée. Elle encercle ses chevilles, s'enroule plusieurs fois autour de ses mollets, remonte sur les cuisses, enlace son bas ventre, glisse sous les seins, passe autour des poignets, caresse son cou et disparaît sous la table. Elle ne peut pas bouger. Simplement être.
La psychologue qu'elle a vu deux fois avant de comprendre que ce n'était pas d'analyse qu'elle avait besoin mais de ce vertige là, avait osé dire: ce n' est que de la mise en scène.
Si elle savait! Si elle savait que derrière la mise en scène il y a l'abandon, la vérité nue, le silence absolu qui s'ouvre quand on se laisse tomber.
Sous le masque, impossible de voir. Elle ne distingue pas la lumière tamisée, ni les flammes des bougies. Mais, ses sens en éveil, elle est aux aguets. Elle entend tout: le froissement du papier stérile, le cliquetis des pinces, l'ouverture d'un flacon, le crissement du plastique des gants, le claquement léger de ses pas. Elle devine ses gestes. Il est tout près. Le silence pèse.
La chaleur de ses mains caresse sa poitrine. Une pince serre doucement son mamelon. La sensation est vive, puis supportable. Une deuxième pince se pose sur l'autre mamelon. Il fait de même sur les lèvres génitales. Puis, ajuste la pression. Plus. Il resserre les pinces des seins. Celles des lèvres. Elle perçoit la tension progressive qui augmente, et s'arrête, juste avant la limite. Le calme la recouvre entière. Elle sait qu'il est attentif, qu'il ressent sa peur, sa sensibilité exacerbée. La crainte de la suite, du moment où elles seront retirées.
Plus tard, il lui montrera. Il a réalisé comme un dessin avec une chaînette qui relie de part et d'autre les deux pinces, en haut et en bas.
- tu es belle.
Elle laisse parler sa peur. Il comprend. Avec douceur, il enlève les pinces. Lentement, en tenant les extrémités avec ses doigts. Chaque geste comme un chuchotement délicat.
Soudain, au dessus d'elle, la grande lumière du plafond s'allume.
- j'ai besoin de bien voir. Tu sais ce qui t'attend ?
- oui Monsieur
- est-ce-que tu es prête ?
- j'ai peur
- oui...mais tu en as envie
- oui mais j'ai quand même peur
- tu te rappelles du mot de sécurité ?
- rouge
- bien. Ne t'inquiète pas. Fais moi confiance. Laisse toi aller.
Un liquide froid coule sur sa poitrine. Une compresse l'essuie. Une odeur d'hôpital. Puis à nouveau le désinfectant. Sa main chaude se pose sur son ventre. Une pointe. Elle effleure sa poitrine. Se fixe. S'enfonce. A peine. Elle se prépare à la douleur. Elle l'attend. Puis, quasiment rien. Juste une piqûre légère, à peine réelle. Ni douleur, ni sang. Elle est surprise, presque déçue mais rassurée. Alors ses muscles se détendent. Sa respiration s'apaise, et elle accueille les aiguilles suivantes. Deuxième. Troisième. Encore. A mesure qu'il les plantes, elle sent le lien qui se creuse, plus intime, plus profond.
Un autre jour.
- Ma soumise, dis moi encore un de tes fantasmes.
- Monsieur...s'il vous plaît, j'aimerais le couteau.
Et elle éclate de rire , un rire franc et léger, en imaginant ce qu'il doit penser: on pourrait pas faire quelque chose de soft pour une fois?
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Cette histoire se situe dans un futur proche, où un scientifique pervers et voyeur a mis au point l’antigravité. Laura, belle journaliste en recherche de scoop, devient la première personne à « jouir de cette expérience », en compagnie de Paul, bras droit du Pr. Milton. Au moment où la jouissance la traverse, elle perd soudain connaissance, et tombe dans un coma étrange de près de trente heures.
Ce résumé rapide n’est qu’un bref rappel de l’histoire. Je vous encourage vivement à découvrir ce récit depuis son premier épisode : https://www.bdsm.fr/blog/11321/Antigravit%C3%A9---1/
Les 4 premiers épisodes ont été écrit il y a assez longtemps. À partir de celui-ci, l’histoire originale suit une branche parallèle, plus BDSM, spécialement rédigée pour ce site…
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Laura observe la pièce où elle a repris connaissance. Hormis le lit, il n’y a pas grand-chose qui rappelle une chambre d’hôpital. Elle ne perçoit aucun bruit autour d’elle, donc elle n’est pas dans un service d’urgence. Détail troublant, la pièce ne possède ni fenêtres, ni meubles de rangement, pas même un vulgaire placard.
— Vous ne m’avez pas répondu, Paul. Où est-ce qu’on est, exactement ? lui demande-t-elle en plantant son regard dans le sien.
— Non… Nous sommes toujours dans le centre de recherche, au bloc santé. C’est là que vous avez été prise en charge, lui avoue-t’il, un brin de nervosité dans la voix.
Sonnée par sa réponse, Laura reste silencieuse quelques secondes avant d’exploser.
— Mais vous êtes tous complètement malades, ici ! Et en cas d’hémorragie cérébrale, c’est votre bande de boy-scouts qui m’aurait tiré d’affaire ? À moins que vous n’ayez déjà eu d’autres « cobayes », qui ont subi la même chose que moi… et que vous sachiez déjà à quoi vous en tenir ! lui lance-t-elle, avec un regard mauvais.
— Calmez-vous, Laura ! C’est la première fois qu’un incident pareil se produit ! Et je vous assure, vous allez parfaitement bien, lui répond-il d’un ton qui se voudrait apaisant.
— Ça n’excuse absolument pas que…
— On ne pouvait pas courir le risque de vous placer dans un hôpital, la coupe Paul. Si on nous avait questionnés sur les circonstances de votre… mésaventure, nous aurions été dans l’obligation de dévoiler des secrets industriels. Une possibilité tout simplement inenvisageable pour la firme.
Ce contraste entre le calme de Paul Tournier et l’énormité de ce qu’il vient de lui asséner, c’est presque comique. Laura reste sans voix, outrée par l’attitude de ces soi-disant scientifiques, faisant passer leurs petits secrets avant tout le reste ! L’assistant de Milton profite de son silence choqué pour entamer un repli stratégique.
— Je vais vous laisser vous reposer un peu. Quand vous aurez récupéré, vous n’aurez qu’à faire signe à la caméra. Les vigiles me préviendront et je vous ramènerai chez vous, lui dit-il en s’éclipsant.
Elle se retrouve seule dans la petite pièce rectangulaire, l’œil de la vidéosurveillance braquée sur son lit. Elle repense à son réveil dans cette pièce inconnue, et cette sensation d’être « différente » - de façon à la fois subtile et radicale. Au moins ce sentiment d’étrangeté s’est-il un peu atténué. Elle met cette impression déstabilisante sur le compte des saloperies qu’ils ont dû lui administrer pendant son espèce de coma.
Dans son esprit, des interrogations angoissantes sur ce qui lui est vraiment arrivé continuent de virevolter. Après quelques instants à retourner sans succès les données du problème, Laura, prête à quitter le centre au plus tôt, tente de se lever — sans tenir compte de la perfusion à son poignet, ni des cuisantes morsures qu’elle lui inflige à chaque mouvement. Mais à peine a-t-elle pivoté sur le lit pour se redresser que des vertiges violents l’assaillent. Elle doit s’allonger à nouveau, secouée par la nausée.
Les minutes passent, la houle démente qui ballotte son corps se calme peu à peu. Retrouvant une respiration normale, elle finit par se laisser gagner par une certaine somnolence, qui, lentement, se transforme en profond sommeil.
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Laura est à bord d’un paquebot de luxe, en partance pour la croisière de ses rêves. Elle a pris ses quartiers dans une suite spacieuse, où chaque détail de la décoration respire l'opulence. Tandis que le navire s'éloigne du port, un léger tangage se fait sentir, provoquant chez elle une pointe de mal de mer. À travers l'immense baie vitrée, la côte s'estompe peu à peu, disparaissant au loin…
Interrompant sa contemplation oisive, elle s’approche de la petite coiffeuse en teck rehaussée de verroteries pour rafraîchir son maquillage ; elle est sur le point de sortir pour participer à une soirée animée prévue sur le pont supérieur, soirée qui doit débuter dans quelques instants. Une pensée alarmée s’immisce en elle : « Ça va pas du tout… qu’est ce que je fous ici ? »
Son reflet dans la psyché ovale lui renvoie l’image d’une belle jeune femme, une blonde aux traits réguliers, rendus un peu trop durs par son expression tendue et angoissée. Elle se regarde avec plus d’intensité. « Y’a vraiment quelque chose qui cloche… »
Elle sent une présence dans son dos, un souffle sur sa nuque ! Figée par la peur, Laura scrute le miroir sans oser se retourner. Juste derrière elle se tient un homme élégant, penché sur son épaule, qui la fixe droit dans les yeux avec un sourire amical. Poussant un cri de surprise, elle se retourne pour lui faire face.
— Ne t’inquiète pas, Laura, tout va bien.
Il est grand, brun, avec un bouc bien taillé et un air de supériorité calme. Sa voix est douce, caressante, presque envoutante. Rien qu’à l’entendre susurrer à son oreille, elle se détend. Sentant qu’elle commence aussitôt à mouiller, elle frémit. C’est comme si ce type parlait directement à son sexe. Et que celui-ci réagissait en entendant la voix… de son Maître ? Pourquoi utilise-t-elle ce mot-là ? Et pourquoi le visage de ce parfait inconnu lui semble aussi familier ?
— Je… je vous connais. Mais je n’arrive pas à me rappeler qui vous êtes.
Ses cuisses se contractent involontairement, une pulsation chaude et humide s’éveillant au creux de son ventre, comme si son corps répondait à un appel primal qu’elle ne peut ignorer.
— Je m’appelle Xôolh. Nous sommes intimement liés, tous les deux.
À ces mots, une onde de chaleur se propage de sa poitrine à ses reins, comme si une main invisible pressait doucement contre son bas-ventre, attisant un feu latent.
— Comment ça ? s’étonne Laura.
— Je sais, tu as beaucoup de questions. Mais rassure-toi, la mémoire va te revenir…
Cet homme lui tend une main gantée de cuir. Un anachronisme qui va parfaitement bien avec le look daté de sa robe de bal en crinoline. Lui porte un costume trois-pièces sur mesure, en velours noir profond, avec une cravate fine comme une lanière de fouet, nouée avec une précision chirurgicale. Laura dépose une paume moite et un peu tremblante sur son bras, comme si elle prenait appui sur sa force tranquille pour trouver le courage de quitter sa cabine et le suivre, où qu’il décide de l’emmener.
Ils déambulent au milieu des fêtards et des rires, mais personne ne semble les remarquer, comme s’ils n’étaient tout simplement pas là, comme effacés du monde. La corne du paquebot hurle soudain, la faisant tressaillir. Elle crispe ses doigts dans la main gantée de son mentor, se presse contre lui, sentant la chaleur de ses muscles saillant pulser sous la manche impeccable du costume.
Un long couloir impersonnel à présent, le bruit de la fête s’amenuise. Laura pensait qu’ils rejoignaient le pont supérieur pour profiter du feu d’artifice, mais non, ils s’en éloignent. Xôolh stoppe soudain son avancée, serrant impérieusement le poing sur son poignet. Sans prêter attention à son petit cri étranglé, il désigne alors à Laura la porte d’une cabine, d’apparence semblable à toutes les autres.
— C’est ici.
— Quoi donc ? interroge Laura, sans oser lever les yeux sur lui.
— Que tout commence pour toi. Entre…
Interdite, Laura pose la main sur la lourde poignée en métal.
— Dépêche‑toi ! s’impatiente Xôolh devant son indécision.
Elle entrouvre la porte, puis la pousse jusqu’à ce que son regard embrasse une pièce bien plus grande que ne pourrait jamais l’être une cabine de paquebot. Même une suite présidentielle. Et dans cette immense salle… une vision qui la fait soudain frémir.
Des hommes tirés à quatre épingles. Mais aussi des femmes, dévêtues, pour certaines à quatre pattes et tenues en laisse. D’autres sont agenouillées, cuisses largement écartées, intimité révélée, les mains croisées dans le dos ou sur la tête. Qui sont-elles ? Pourquoi acceptent‑elles de s’humilier en s’exhibant ainsi ? Et pourquoi ce spectacle dégradant lui fait-il à ce point de l’effet ?
— Allez ! Fais pas ta timide, tu sais très bien que tu en meurs d’envie, lui lance son compagnon.
Secouant cette langueur étrange qui s’est emparée d’elle, Laura fait un pas en avant, puis un autre. Xôolh lui colle au train, avec un sourire sardonique tandis qu’il détaille sa gêne et les couleurs qui empourprent son visage. Laura, elle, n’ose rien regarder d’autre que ses pieds.
Elle ne sait même pas mettre des mots sur ce qu’elle voit. Mais aucun doute possible : ce qui se passe ici se rapproche de façon troublante de ce livre interdit, tombé sous ses yeux d’ado par hasard – des photos gravées dans son cerveau, après les centaines de masturbations fiévreuses où elle s’imaginait à la place de ces femmes, ses cuisses tremblantes, son sexe pulsant d'un désir coupable, humide et insatisfait. Oui, ce qui se passe ici la ramène bien à cette faim de soumission qu'elle a toujours enterrée sous ses principes.
« Détends-toi et profite. Tu es en train de rêver, ça pourrait être agréable de te laisser faire, non ? De ne pas toujours être cette femme forte et indépendante, qui trace sa route en se foutant de tout et de tout le monde… »
On dirait que ce sont ses pensées les plus intimes, murmurées à son oreille par une voix intangible. Pourtant, personne au monde ne la connaît assez bien pour lui tenir un tel discours. Serait-ce son subconscient, qui s'adresse ainsi à elle ? Un frisson durcit ses tétons contre le tissu, une chaleur sournoise monte dans son ventre tandis qu’une humidité traîtresse sourd entre ses cuisses. Ce rêve d’orgie et de soumission, c’est une façon de la ramener à ce qu'elle est vraiment, au fond ? Juste une…
— … salope ?
— Pardon, s’excuse Laura. Je crois que j’étais perdue dans mes pensées. Qu’avez-vous dit ?
— Je te demandais : « Tu apprécies la vue, salope ? » Ça te fait quoi, d’être ici ?
En temps normal, Laura aurait bondi toutes griffes dehors. Mais dans cet endroit étrange, c’est comme si son sens moral devenait élastique, et le temps une guimauve qui amortirait tout, un cocon où ses envies, enfin libres, pulsent sans déni, où chaque insulte semble faire vibrer son corps d'un désir cru, ancré dans sa chair qui s'éveille. Et c’est avec ce même désir qu’elle observe un des hommes présenter sa verge en érection à une soumise, qui se met à le sucer séance tenante, sans aucune hésitation.
— Est-ce que vous m’avez droguée ? murmure Laura, incapable de lâcher du regard la scène hallucinante.
— Au contraire. Tu n’as jamais été aussi lucide sur qui tu es vraiment, au fond de toi. Sur ce que tu rêves depuis toujours de pouvoir assumer pleinement…
Xôolh la prend par la main et la conduit vers un large fauteuil en osier de style Peacock, dans un recoin plus sombre de la pièce. Un trône en vannerie qui lui rappelle l’affiche d’un vieux film érotique Français, dans lequel la jeune épouse désœuvrée d’un diplomate se laisse aller à toute sorte de débauches.
Si elle le voulait vraiment, Laura pourrait bander sa volonté pour sortir de ce songe. Mais pour quoi faire ? Se réveiller dans cette lugubre chambre médicalisée, où repose son corps ? Cette réalité-là peut attendre… Elle se laisse donc guider par cet étranger si familier, qui, finalement, lui intime de s’assoir sur ce siège en rotin taillé pour la luxure.
— Retire ton string, lui glisse-t-il à l’oreille, d’une voix suave qui la fait couler de plus belle.
L’envie de protester ne lui vient même pas à l’esprit. Comme un automate fragile mais obéissant, Laura glisse ses mains sous sa robe de bal remontée sur ses cuisses et, le plus discrètement possible, entreprend d’ôter le sous-vêtement déjà moite. Xôolh lui tend une main impérieuse. Rougissante, Laura y glisse sa dentelle odorante. Sans un mot, son mentor porte à ses narines le tissu noir et chiffonné pour le humer longuement.
— C’est bien ce que je pensais… Une vraie salope.
L’injure lui fouette le sang comme une lanière perfide, la faisant se cabrer physiquement et mentalement, le rouge aux joues.
— Vous êtes content, non ? C’est ce que vous vouliez…
— Oh non, Laura ! Je veux bien plus que ça… et toi aussi.
Xôolh se penche sur elle pour lui glisser à l’oreille quelques phrases sèches et impérieuses. Un vertige la prend, à l’idée de mettre à exécution ce qu’il lui ordonne. Elle devrait se lever à l’instant et le gifler, puis quitter sans regrets cette pièce infernale. Alors, pourquoi diable son bas-ventre crie soudain famine ? Pourquoi sent-elle une mouille que plus rien n’arrête suinter de sa moule entrouverte par l’excitation ?
Laura ferme les yeux. Elle n’arrive pas à le croire, mais elle s’apprête bel et bien à faire ce qu’il lui demande, là, dans cette pièce pleine de monde où, même dans ce coin sombre, elle va être totalement exposée.
Elle se déchausse lentement et remonte ses pieds nus sur les larges accoudoirs du siège, ce qui la place dans une position si ouverte que même un gynéco pervers n’oserait la suggérer à une patiente. Puis, dans une reptation d’étoffes qui caressent sa peau mise à nu, elle remonte sa robe sur son ventre, se dévoilant peu à peu aux regards de tous. Tête rejetée en arrière, le souffle court et le con à l’air, Laura crispe les paupières, perdue dans son monde de vices, n’osant pas affronter les yeux qui fouillent sa vulve en éruption continue.
Une honte carabinée la submerge et attise le plaisir de cette transgression inédite, qui à son tour aiguillonne son embarras… Un cercle vicieux alimentant tout à la fois la source dégoulinante qui perle à la jonction de ses cuisses et son sentiment de délicieuse déchéance. Il lui a suffi de quelques instructions simples soufflées à l’oreille pour qu’elle s’autorise à faire ce qu’elle a si longtemps fantasmé sans jamais oser le tenter. S’exhiber avec une impudeur totale, exposer à tous son abricot largement fendu, gonflé par l’excitation et dégorgeant de sucs, au vu et au su de toute l’assemblée.
— Est-ce que tu as envie de te branler ? questionne Xôolh dans un souffle.
— Ouh… oui…
— Oui, quoi ? Explique-toi mieux ! la presse son mentor, inflexible.
— Oui… j’ai envie… de me branler. Devant tout le monde…
— Pourquoi ?
— Parce que… je suis une… une salope. Et que ça m’excite…
Une pulsation irrépressible émane de son clitoris bandé, scruté par les faisceaux lasers de tous ces regards inconnus, concentrés sur son intimité offerte et impudique. C’est comme une démangeaison géante qui ferait se tordre son sexe trempé, une démangeaison qui se mue en brûlure incandescente à l’idée de se masturber en public.
Depuis la lointaine découverte de ce plaisir ineffable, Laura a toujours été une branleuse compulsive. Et ce soir plus que jamais, elle sait qu’elle ne pourra pas résister longtemps au plaisir que vont lui procurer ses doigts. Un plaisir si intense qu’il pourrait même se mettre – horreur suprême ! - à gicler de son con, en longs jets translucides et odorants ! Ce serait si humiliant, tous ces gens bien habillés pensant qu’elle se vide devant eux comme une gamine, incapable de retenir son urine…
Pendant que ces pensées boueuses envahissent son esprit enfiévré, la main droite de Laura a rampé de son propre chef vers la source de tous ses tourments. Comme des lianes envahissantes qui savent exactement où s’immiscer, ses doigts rassemblés en cône ont pénétré son sexe dans un élan puissant, maltraitant ses nymphes sous leur pression tandis que son pouce s’agite désespérément sur son clito. Laura sent – de première main – à quel point ses intérieurs sont bouillants. La lave ne va pas tarder à jaillir !
— Retiens-toi ! aboie Xôolh, comme s’il lisait dans son esprit.
— Pourquoi ? proteste Laura, qui accélère le rythme, au contraire, électrisée par son exhibition.
Elle n’est plus très loin ; en fait, elle entame même le galop final vers la jouissance libératrice… quand son mentor, se saisissant à pleine main des frisottis trempés couvrant son mont de Vénus, tire sur ses poils de façon sadique.
Laura hurle de douleur, les larmes aux yeux, choquée par la violence de Xôolh… et en même temps, comme amollie de l’intérieur, éprouvant une soudaine lascivité à l’idée que la volonté de cet homme étrange puisse s’imposer à la sienne. La souffrance qui pulse dans son con le dispute à l’envie de jouir — tenue fermement en laisse, canalisée par la maitrise dont fait preuve son mentor. Laura halète, cherchant à tenir à distance la sensation désagréable, se concentrant sur le plaisir qui pulse juste en dessous. Et pendant qu’elle lutte pour ne pas laisser couler ses larmes, elle pense à tous ces gens qui l’observent, en train de se faire durement empoigner par la chatte… Flambée d’humiliation et de désir.
— Parce que ma chienne ne peut jouir que lorsque je l’y autorise ! répond froidement Xôolh, relâchant enfin sa motte martyrisée.
Pour la première fois, la belle journaliste fait l’expérience de cette relation intime entre plaisir et douleur, que son cerveau mélange en un cocktail détonnant. Une véritable découverte... et le premier shoot d’une drogue dure, offerte sur un plateau.
A suivre…
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Chapitre 1 - Séduction
A l’âge de 16 ans, je suis tombée raide amoureuse d’un homme plus âgé. Philippe avait alors 42 ans. Il m’a fait comprendre que j’étais encore trop jeune pour vivre une aventure avec un adulte. C’était sans compter sur la détermination de l’ado que j’étais qui ne doutait de rien à cette époque et n’avait pas l’intention de renoncer. Mon premier, ce serait lui et pas un autre. Alors, je n’ai pas ménagé ma peine pour le pister, m’approcher de lui le plus souvent possible, devenir familière de son quotidien, me maquiller, m’habiller sexy pour lui plaire, le dévorer des yeux lorsque nous nous croisions.
Je le sentais intrigué et certainement flatté que son charme opère sur une lycéenne. Un jour d’avril, il me prit par le bras et me conduisit chez lui. Sur le chemin de son domicile, mon cœur battait la chamade. Allait-il enfin cédé à mes avances ? Est-ce que j’allais découvrir le goût de ses baisers, fondre de plaisir dans ses bras musclés ?
Il m’a fait asseoir à sa table de cuisine, lui est resté debout. Il m’a demandé de le laisser tranquille. Qu’allez penser mes parents en voyant leur fille au bras d’un homme qui pourrait être son père ? Pourquoi, je ne m’intéressais pas aux garçons de mon âge ? Je lui ai répondu que c’est lui que j’avais choisi, que j’étais amoureuse de lui et pas d’un autre, que les garçons de mon âge ne m’intéressaient pas, qu’ils ne cherchaient qu’à se vanter auprès de leurs copains d’avoir couché avec une fille. Je voulais me donner à un homme expérimenté, je voulais vivre une véritable histoire d’amour, pas une bleuette qui tournerait court.
Ce jour-là j’avais mis une jupe courte et un chemisier qui laissait voir mon soutien-gorge. Je voyais bien qu’il n’était pas indifférent à mon physique. J’ai écarté les cuisses pour montrer que je n’étais pas farouche et prête à tout. Il a profité du spectacle, puis il m’a demandé si je voulais boire quelque chose. Il est allé me chercher un Orangina dans le réfrigérateur. Le silence s’est installé, mais il ne me semblait pas pesant, mesurant la chance qui m’était offerte de me trouver seule à seule avec lui. Il a attrapé un verre dans son buffet, m’a servi et est venu s’‘asseoir près de moi. Il m’a laissé me servir. J’avais le sentiment qu’il pesait le pour et le contre tout en me détaillant de la tête au pied pendant que je sirotais mon verre. Je ne cherchais pas à interrompre ce silence qui m’arrangeait craignant de dire quelque chose qu’il jugerait puéril, annihilant définitivement mes chances. Après un long moment, alors qu’il me détaillait de la tête aux pieds et que je me sentais rougir jusqu’aux oreilles, il m’adressa à nouveau la parole :
Quel âge as-tu exactement ?
J’ai 16 ans.
Tu les as eues ou tu vas les avoir.
Je les ai eu, il y a deux mois.
Si j’accepte tes avances, personne ne doit savoir, pas même ta meilleure copine. Avoir une relation avec une mineure peut me créer beaucoup d’ennuis. Tu le sais. Tu viendras certains jours de la semaine en fonction de mon emploi du temps passer une heure ou deux. Tu devras être très discrète, je te confierai une clé. Si des voisins t’interrogent tu diras que tu viens faire le ménage pour te faire de l’argent de poche. Pour le reste tu conserveras tes habitudes pour ne pas éveiller les soupçons de tes parents et de tes amis. Je veux que tu me promettes de respecter scrupuleusement ce que je viens de dire.
Promis, juré. Je serais très prudente et ferais tout ce que vous exigerez de moi.
Mes yeux brillaient, mon vœu se réalisait enfin. J’avais tellement espéré ce moment.
Tu ne crois pas si bien dire. J’attends beaucoup de toi. Je veux une obéissance totale. Je ferais ton initiation. Est-ce que tu te sens prête ?
Oui, je veux devenir femme avec vous.
Réfléchis bien, pas question de reculer ensuite.
C’est tout réfléchi.
Il me prit alors par le bras et m’attira sur ses genoux. Je me laissais faire, excitée comme jamais. Il posa sa main entre mes cuisses et déposa un baiser dans mon cou. J’étais tellement heureuse après des tous ces mois d’espérances, je vivais enfin mon rêve. Sa main remonta lentement jusqu’à ma culotte qui commençait à être humide. Il passa son index sur ma fente à travers le tissu, puis il me fit mettre debout, en lui tournant le dos. Il me plaqua les bras le long du corps.
Maintenant, je vais soulever ta jupe et baisser ta culotte pour voir tes fesses. Es-tu d’accord ?
Faites ce que vous voulez de moi.
Très bien, c’est la réponse que j’attendais.
Il s’exécuta en prenant son temps. Je sentis ma jupe se relever et ma culotte glisser le long de mes jambes jusqu’à mes chevilles. Malgré tout, je n’étais pas rassurée. Allait-il me prendre comme ça, à la hussarde, sur la table de la cuisine alors que j’étais vierge ? Me prenait-il pour une putain ? Il me caressa les fesses, puis me fit retourner pour découvrir mon pubis, caressa ma toison et m’attira vers lui en m’entourant de ses bras. J’étais liquéfiée.
Très bien, tu es docile. C’est ce que j’attendais. Si ce n’est pas le cas je te prendrai sur mes genoux pour te donner la fessée. Tu peux te rhabiller maintenant. Tu viendras mercredi prochain à 17H00 précises.
Bien Monsieur !
Une fois dehors, je me trouvais idiote de l’avoir appelé Monsieur. Je repartis complétement abasourdie par ce qu’il venait de se passer. Je lui avais livré mon intimité sans l’ombre d’une hésitation. Il avait parlé, j’avais obéi, sans broncher. Qu’allait-il me demander la semaine prochaine et qu’est-ce qu’il pouvait bien entendre par initiation ? Me dépuceler ou autre chose ? Je suis rentré à la maison et je suis monté directement dans ma chambre en prétextant que j’avais des devoirs à faire. Je me suis allongé sur le lit et j’ai pensé à lui en me remémorant tout ce qui s’était passé. J’essayais d’imaginer comment ça pourrait se passer dans sa chambre, sous les draps. Je me caressais en imaginant ses baisers, ses caresses éludant avec la douleur que mon dépucelage allait me provoquer. J’étais impatiente et anxieuse de cette étape qui s’annonçait la semaine suivante. Puis des pensées plus futiles m’assaillirent. Comment allais-je m’habiller pour lui plaire et l’exciter ?
Chapitre 2 - Pierrot Gourmand (à suivre)
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Non, les kinksters ne sont pas des paumés en mal d’amour ou des âmes torturées. Au contraire. Ce que l’étude de Psychology & Sexuality confirme, c’est ce que beaucoup de membres du microcosme ressentent, incarnent, pratiquent au quotidien : un rapport à soi et aux autres profondément conscient, lucide, ajusté. Bref, sécurisé !!!
Le mythe du BDSM comme symptôme psy
Je suis fatiguée d’entendre que le BDSM serait une forme de déviance, une conséquence d’un passé traumatique non résolu, ou pire : un échapatoire. Comme si l’intensité du plaisir ou de la douleur dans nos pratiques ne pouvait venir que d’une carrence, d’un vide, d’un dysfonctionnement.
Et pourtant. Les kinksters ne vont pas plus mal que les autres. L’étude dit même qu’ils vont mieux. Moins d’anxiété d’attachement, moins d’évitement relationnel. Traduction : une meilleure capacité à être en lien, à faire confiance, à poser des limites claires. Une meilleure tolérance à la proximité. Une moindre peur du rejet.
On est loin du cliché du Dom tyrannique et de la soumise brisée.
BDSM et attachement : un binôme évident
Ce qui me fascine dans cette étude, c’est ce qu’elle laisse entrevoir : pour s’adonner au BDSM de manière consciente et épanouie, il faut une forme de stabilité intérieure. C’est presque une condition de possibilité. Et ceux qui la possèdent sont plus à même de passer à l’acte.
Ça paraît logique, non ? Pour dire à quelqu’un : "je veux que tu m’attaches, que tu me fasses mal, que tu me fasses jouir en me privant", il faut une sacrée confiance. En l’autre, bien sûr. Mais aussi en soi. Il faut savoir ce qu’on veut, savoir l’exprimer, oser le formuler, négocier, ajuster, arrêter si besoin.
Cest tout sauf la peur du lien. C’est sa maîtrise !
Le paradoxe : pour jouer avec la perte de contrôle, il faut... du contrôle
J’adore ce paradoxe. Et c’est probablement ce qui distingue les praticiens sincères du BDSM des touristes ou des abuseurs : cette capacité à se mettre en danger (symboliquement, corporellement), sans mettre en péril le lien.
Un(e) Dom(me) solide, c’est pas quelqu’un qui veut tout contrôler. C’est quelqu’un qui sait comment tenir l’espace. Qui sait quand guider, quand écouter, quand faire baisser la pression. Ce n’est pas une figure toute-puissante, c’est une figure fiable.
Et un(e) soumis(e) sécure ? Ce n’est pas quelqu'un(e) qui s’abandonne parce qu’elle n’a pas d’autre choix. C’est un homme ou une femme qui choisit. Qui connaît sa valeur. Qui sait ce que vaut sa confiance ... et qui la donne, en conscience.
Le BDSM n’est pas le terrain des personnalités dysfonctionnelles. C’est le terrain de celles et ceux qui savent qu’elles ont le droit d’avoir des désirs puissants. Et de les vivre.
Mais alors… pourquoi ce mythe de fragilité ?
Pourquoi cette idée persiste, encore et toujours, que les soumis(es) seraient forcément cabossé(e)s, abîmé(e)s, « à soigner » ? Je crois que ça arrange tout le monde. Ça évite de voir le BDSM pour ce qu’il est : une sexualité complexe, adulte, exigeante.
C’est plus rassurant de croire que ceux qui pratiquent le BDSM sont des gens « à part ». Que ce n’est pas pour vous, pour nous, pour les gens « normaux ». Sauf que… c’est faux. Et tant mieux.
Ce que cette étude révèle, au fond
À mes yeux, elle ne dit pas seulement : les kinksters sont plus sécures. Elle dit quelque chose de plus profond, presque subversif : que la sexualité peut renforcer la sécurité affective. Que jouer avec les rôles, les cordes, les ordres ou les douleurs peut (s’il est fait dans un cadre consenti) être un moteur de stabilité, pas une menace.
Et là, je dis oui. Mille fois oui.
Parce qu’à force de nommer ses besoins, de poser des limites, de traverser ses peurs dans un jeu érotique maîtrisé... on apprend à se connaître. À se faire confiance. À se donner de la valeur. À devenir plus sécure.
Pas besoin d’être parfait(e) pour entrer dans le BDSM. Mais ce que je vois, c’est que le BDSM peut rendre plusus serein(e), plus lucide....
Alors, le kink comme école de l’attachement sécure ?
Et si on regardait les choses dans l’autre sens ? Si, au lieu de penser qu’il faut être sécure pour pratiquer le BDSM, on envisageait que le BDSM est un chemin vers cette sécurité ?
Ce serait quoi, alors, une relation D/s bien menée ?
Un espace de confiance absolue, où l’on peut être nu(e), vulnérable, entier(e).
Un contrat explicite, où chacun(e) connaît les règles du jeu.
Une écoute fine, un ajustement constant, une conscience aiguë du consentement et des affects.
Franchement… quel couple vanille propose tout ça, dès le début ?
Bref ...
Le BDSM n’est pas en marge de la sexualité. C’est peut-être son cœur, le plus sincère, le plus lucide, le plus adulte.
Et si vous doutez encore… posez-vous cette question : est-ce que vous avez déjà eu, dans vos relations "classiques", un espace aussi clair, aussi libre, aussi sécure que dans une bonne scène D/s ?
Moi, j'ai ma réponse.
C'est aussi un peu de ça que l'on parle dans notre bouquin avec Pierre (voir Livre "BDSM: Guide pratique de l'homme soumis").
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1er observation : les personnes que nous recevons en séance aiment rentrer dans les bulles que nous créons pour eux.
2eme observations : la bulle sm est fine et délicate
3eme observations : on peut manipuler n'importe qui du moment qu'on arrive à trouver les bons ressorts.
De ce petit cherry picking personnel nous sommes arrivés à la conclusion que nous pourrions déstructurer une séance, ou encore mieux faire une séance qui ne soit que destructuration.
Nous avons donc décidé de monter une séance qui sera à la fois une sorte de best of de certains de nos personnages préférés, comme kewin et Vanessa, le capitaine Kirk et le lieutenant salope, les deux fous échappés de l'asile ; le tout déstructuré par de courtes scènes complètement absurdes.
Le but étant au début de mettre en confiance notre petit maso pour qu'il pense que nous sommes en train de lui jouer la suite de châteauvallon, qu'il se crée sa petite bulle et que nous puissions l'éclater au bout de 10 minutes maximum. Après châteauvallon nous avons prévu de faire une petite scène très dérangeante où nous mettrons des extraits du discours annonciateur du pape entrecoupé de discours du chancelier du Reich en 1936.
Ça c'est pour permettre de commencer à ramollir la cervelle de notre sujet, ensuite la scène suivante c'est un tirage de carte exécuté par ma soumise avec un jeu de 7 familles, pendant que moi je joue de l'ocarina derrière.
La scène 4 était un remix de nos personnages du capitaine Kirk et du lieutenant salope, cela dura 10 minutes pendant lesquelles nous lui avons fait des choses très douces, de la roulette en plastique qui ne fait pas mal, des plumes, des vibrations sur le corps, lui passer une éponge moussante sur le torse. Cette partie là l'a complètement terrorisé car il était dans l'attente de quelque chose d'affreux.
Pour la scène 5, nous lui avons mis devant les yeux une image de spirale sur de la musique type Goa, ma soumise dansait en arrière-plan, vêtu d'une couche et d'un masque de clown effrayant en latex. Je tenais la tête de notre soumis ainsi que le téléphone sur lequel nous avions mis la spirale et ce fut très dur pour moi de rester sérieux devant le spectacle.
La scène 6, nous avons retourné notre petit soumis, nous lui avons mis le cul en l'air et au son d'une musique militaire de John Philippe soussa, nous lui avons gonflé le cul avec une pompe un cul pendant 2 minutes.
Pour la scène 7, nous avons relevé notre soumis et nous lui avons fait notre petit numéro des deux fous du village qui semblaient avoir un âge mental d'environ 4 ans. C'était un moment terrifiant pour lui et nous avons pris beaucoup de plaisir à faire les enfants odieux ; la majorité de la scène a été composé de torture à coup de doigts et du fait que nous l'avons fait tourner comme une toupie en nous comportant comme des enfants insupportables.
L'effet de terreur fut largement atteint lors de cette scène.
Pour la dernière scène, nous l'avons allongé sur le ventre et sur une marche militaire, je lui ai fait des baguettes de batterie sur les fesses et les cuisses, sans aucune compassion, juste préoccupé par le sens du rythme.
Conclusion :
Le but de cette séance était la déstabilisation et après discussion post séance, il est clair que la déstabilisation a bien marché et que le ratio voulu entre la terreur psychologique et la déstabilisation a été atteint dans ses grandes lignes. Nous en retenons que l'angoisse, la terreur, la déstabilisation dans le BDSM ne sont pas incompatible avec l'humour et la dérision.
De plus la constatation de base qui concernait la bulle SM a été atteinte puisque nous avons réussi à créer plusieurs bulles et à les fracturer. Il est donc intéressant de noter que lorsque l'on connaît la personne et que l'on s'intéresse vraiment à la chose, on peut assez facilement faire rentrer quelqu'un dans une bulle.
Les petites scennettes incohérentes qui nous ont servi à déstructurer la chose, à savoir le tirage de carte, les discours, le pompage de cul et la spirale n'avaient pas pour but d'être des bulles et ne l'ont pas été. Les effets de bulle sm étaient principalement recherché lors des scènes 1 et 4. Nous pensions également qu'au bout d'un moment de manipulation, sa capacité à rentrer dans les bulles serait alternée et qu'il était probable que les 2 dernières scènes malgré un certain potentiel, ne donneraient pas lieu à la même introspection que les premières. Cela fut confirmé même si en pratique, la dernière scène avec les baguettes sur les jambes fut tellement intense d'un point de vue de douleur pour lui qu'il est rentré dans une bulle de souffrance ( quand même).
Ossature de scéance :
Scène 1 : Châteauvallon suite
Scène 2 : extrait disc annonciateur pape coupé avec extrait de discours en allemand
Scène 3 : tirage de carte avec un jeu de 7 familles. karl joue de l'ocarina
Scène 4 : le capitaine et la lieutenant
Scène 5 : exposition de 2min à une fractal avec Clara en train de danser avec couche et masque de clown
Scène 6: gonflage et dégonflage de cul, musique martial de j Philip Sousa
Scene 7: les deux fous du village cercle et coup de pouce, pression psychologique
Scène 8: baguette de batterie au rythme d'une pompeuse marche militaire.
Je tiens à préciser que ce sont des pratiques consenties, et notre maso est quelqu'un avec lequel nous jouons depuis 5 ans. Tout ceci n'est pas le genre de pratique pour débutant.
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Nous entrons. Il règne une atmosphère douce et conviviale. Des visages qui se connaissent, des regards qui s'attardent. Je tiens la main de mon Maître. Elle me suffit pour me sentir à ma place.
Je me change dans le vestiaire. Mes talons, ma tenue rouge et noire. Elle me transforme, m'entraîne dans un autre monde. Quand il ferme le collier autour de mon cou, je ressens ce frisson si particulier, comme un fil invisible qui nous relie. Il accroche la laisse qui retombe doucement. Je suis à lui.
Le soumis S, celui du mail, vient à nous. Son sourire est franc et accueillant. Sur le bar sont disposés des pains surprises, des brochettes de fruits, des boissons. Cet univers qui ressemble à un monde d'ombres et de chair est en réalité une fête.
Une quarantaine de personnes. Chacun se présente : soumis, soumise, dominant, dominante. Certains se disent " masochistes", d'autres " sadiques".
Peu de couples. Beaucoup d'âmes solitaires venues chercher un écho à leur pratique, la partager et se retrouver en amitié. Il y a dans leurs mots une quête, un besoin d'être reconnu autrement et d'exister dans ce qu'ils portent de plus secret.
La couleur du lieu est celle de la nuit, tamisée de rouge, en transparence, presque liquide. Le sous-sol respire comme un ventre avec ses alcôves, ses instruments qui patientent : une croix Saint André, un banc à fessée, un fauteuil fait de cordes avec des attaches pour écarter les jambes. Plus loin, un placard avec une chaise au milieu et des trous dans les murs. Ici tout parle d'abandon et de maîtrise.
Les regards se croisent, se retiennent, s'échangent. Des sourires au fond des yeux où on devine peut-être une histoire, des blessures anciennes, un désir apprivoisé, une autre façon d'être au monde, de dire : "j'existe", "je suis là".
Chacun est venu avec son BDSM, sa manière de le comprendre, inscrit dans son cœur, gravé sur sa peau. Ce n'est pas un caprice, mais un besoin vital. Suffisamment fort pour se déplacer, venir parfois de loin, oser franchir la porte, traverser le seuil, se livrer au partage.
Le monde extérieur s'efface. Il ne reste que cet univers décalé, hors de la réalité. Des gémissements s'élèvent, des cris discrets se mêlent à des rires étouffés. Des corps déjà nus offrent leur fragilité. Moi aussi, presque dévêtue, je me sens à la lisière de moi-même.
Mon Maître est assis.
- Mets toi à genoux.
Je m'exécute. Ma tête repose contre ses jambes. Sa main caresse mes cheveux. Je sens la chaleur, la sécurité. Tout autour, des voix, des conversations, des claquements de fouet. Mais, entre lui et moi, le bruit disparaît. Il ne reste que le silence épais, vibrant, comme une prière.
- Relève-toi.
Une domina s'avance. Nous partageons des paroles, des sympathies. Il est question de pratique, mais aussi d'écriture. Un livre circule. Je le prends. Déja je sais que je le lirai seule, plus tard, dans mon cocon, pour prolonger la trace de cette nuit, ancrer mon désir, et faire un compte rendu à mon Maître.
Tout près, dominants et soumis sont à l'œuvre dans leur art. Ils jouent leur partition intime dans un jeu qui n'en est pas un. Nous sommes bien réels. Cette facette de nous existe.
Avec un petit groupe, nous parlons d'aiguilles. Je sens une excitation monter en moi. A la fois peur et envie. Comme si la douleur pouvait dessiner une beauté, se transformer.
Mon Maître me demande plusieurs fois comment je me sens dans cet endroit. Je suis bien. Il m'apporte une coupe, quelques douceurs. Je suis touchée par cette attention. Dans ce monde de codes, de marques et de contraintes, son geste me rappelle que mon abandon repose aussi sur sa tendresse. Puis, il m'entraîne plus bas, dans les profondeurs du sous-sol...
Lorsque nous repartons, l'air de la nuit semble différent. Comme si nous étions sortis d'un rêve. Et pourtant, la réalité nous surprend encore : un prêtre en soutane blanche, en train de fouiller dans les poubelles. Nous nous arrêterons net, incrédules, pour être sûr de ne pas halluciner. Je regrette de ne pas avoir eu le réflexe d'une photo. Personne ne nous croira.
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Dans une brume intemporelle, où les âmes errantes des philosophes antiques se mêlent aux ombres des vivants – et où, apparemment, même les sages grecs ont besoin d'un safe word –, Socrate apparut soudain dans une chambre obscure aux murs tapissés de cuir et de chaînes. L'air était chargé d'une tension palpable, rythmée par le claquement d'un fouet et les gémissements étouffés d'un homme attaché à une croix de Saint-André. Antoinette, une dominatrice aux cheveux noirs comme la nuit, vêtue d'une robe de latex moulante qui crissait comme un argument philosophique mal huilé, tenait fermement le manche d'un martinet. À ses pieds, Maso, son soumis, nu et entravé, tremblait d'anticipation et de douleur, son corps marqué de stries rouges qui ressemblaient vaguement à une carte routière athénienne.
Socrate, avec sa tunique usée et sa barbe grise – probablement pas lavée depuis l'Académie –, observa la scène sans jugement apparent, ses yeux pétillants de curiosité. Il s'assit sur un tabouret de fer, comme s'il était dans l'Agora d'Athènes, et commença à questionner, d'une voix calme et insistante.
Socrate : Ô noble Antoinette, toi qui commandes aux corps et aux âmes dans cet art que tu nommes BDSM, permets-moi de m'interroger avec toi. Je vois ici un homme, Maso, que tu soumets à la morsure du fouet. Dis-moi, où réside le Beau dans cette pratique ? Est-ce dans la symétrie des marques sur sa peau, ou dans l'harmonie de la souffrance consentie ?
Antoinette, sans interrompre son geste – elle abattit le martinet sur les cuisses de Maso, provoquant un cri rauque qui fit sursauter même le philosophe –, répondit avec un sourire énigmatique, ses yeux verts fixés sur Socrate. Elle ajouta une pointe d'humour fin, comme un fouet qui chatouille l'esprit.
Antoinette : Socrate, le sage qui n'a rien écrit mais qui a laissé Platon faire tout le boulot, bienvenue dans mon royaume de velours et de fer. Le Beau, dans le BDSM, n'est pas dans tes statues grecques idéalisées – celles qui ont l'air d'avoir abusé des stéroïdes divins. Il naît de l'équilibre entre domination et soumission, entre le contrôle et l'abandon. Regarde Maso : ses marques ne sont pas des blessures, mais des poèmes tracés sur la toile de sa chair, un peu comme tes dialogues, mais avec moins de pages et plus de piquant. Et toi, Maso, qu'en dis-tu ? Parle, même si ta voix tremble – ou chante, si tu préfères l'opéra tragicomique.
Maso, haletant, les poignets attachés haut au-dessus de sa tête, leva les yeux vers Socrate. Son corps ruisselait de sueur, mais son regard portait une lueur de clarté inattendue, comme s'il avait trouvé l'illumination au bout d'un martinet.
Maso : Maître Socrate... la douleur... elle est belle parce qu'elle me dépouille. Sans elle, je suis prisonnier de mes masques quotidiens. Ici, sous le fouet d'Antoinette, je me sens nu, vrai. Le Beau est dans cette nudité de l'âme – et franchement, c'est plus excitant qu'une toge mal ajustée.
Socrate hocha la tête, pensif, tandis qu'Antoinette ajustait une pince sur le torse de Maso, lui arrachant un gémissement profond. Elle ne put s'empêcher d'ajouter, avec un clin d'œil malicieux :
Antoinette : Attention, Socrate, ne te pince pas les doigts en philosophant. Ces pinces sont pour les âmes aventureuses, pas pour les barbes pensives.
Socrate : Intéressant. Mais dis-moi, Antoinette, où se trouve le Bien dans tout cela ? Le Bien, selon moi, est ce qui élève l'âme vers la vertu. Or, la souffrance n'est-elle pas un mal, un obstacle à la sagesse ? Comment le Bien peut-il naître de la chaîne et du cri ?
Antoinette, avec une grâce féline, s'approcha de Maso et caressa doucement sa joue rougie, contrastant avec la sévérité de ses actes. Elle répondit en fouettant à nouveau, précisément, comme un sculpteur taillant le marbre – ou un philosophe taillant dans le vif du sujet.
Antoinette : Le Bien, Socrate, n'est pas dans l'absence de douleur, mais dans le consentement et la confiance. Dans le BDSM, le Bien réside dans le contrat invisible entre nous : je domine, il se soumet, et ensemble nous explorons les limites de l'humain. Ce n'est pas une tyrannie, mais une dialectique, comme tes dialogues – sauf que les miens finissent souvent par un "merci, Maîtresse" au lieu d'un hemlock. Maso, n'est-ce pas le Bien que tu ressens quand je te pousse au bord du vide ? Ou préfères-tu que je te pousse littéralement ?
Maso : Oui, Maîtresse... et Socrate, le Bien est dans la catharsis. Chaque coup me purge de mes peurs, de mes doutes. C'est comme si le fouet ouvrait des portes en moi, révélant une force que j'ignorais. Sans cela, je serais faible, enchaîné par la société. Ici, je suis libre dans mes chaînes – et au moins, ces chaînes-là ne me forcent pas à boire du poison pour mes idées.
Socrate se leva, marchant lentement autour de la croix, observant les tremblements de Maso comme s'il étudiait une énigme – ou un puzzle un peu trop serré.
Socrate : Ah, la liberté dans les chaînes ! Voilà un paradoxe digne d'Athènes. Mais approfondissons : la douleur peut-elle révéler ou accoucher une âme, comme la maïeutique accouche les idées ? Dans ma méthode, je questionne pour faire naître la vérité de l'interlocuteur. Toi, Antoinette, utilises-tu la souffrance comme une sage-femme de l'âme ? Maso, sens-tu ton esprit s'éveiller sous les coups ?
Antoinette posa le martinet et attacha un collier plus serré autour du cou de Maso, le forçant à lever la tête. Elle parla avec une intensité philosophique, mais glissa une touche d'ironie subtile, comme un fouet enveloppé de soie.
Antoinette : Exactement, Socrate. La douleur est ma maïeutique moderne – version 2.0, avec des accessoires en option. Dans le BDSM, elle n'accouche pas seulement des idées, mais de l'âme elle-même. Elle brise les illusions, force l'ego à capituler, et révèle l'essence pure. Regarde Maso : avant moi, il était perdu dans le bruit du monde, comme un philosophe sans auditoire. Maintenant, chaque séance l'accouche de lui-même, plus fort, plus conscient. La souffrance, consentie, n'est pas destruction, mais renaissance – et bien moins salissante qu'un accouchement traditionnel, je t'assure.
Maso : Socrate... oui, elle accouche mon âme. La douleur me vide, puis me remplit de lumière. C'est comme plonger dans le Styx pour en ressortir invulnérable – sans le talon d'Achille, espérons-le. Sans Antoinette, je serais une ombre ; avec elle, je suis vivant, éveillé. La souffrance révèle ce qui est enfoui : le courage, l'humilité, l'amour même – et parfois, un bleu inattendu.
Socrate sourit, ses yeux brillants d'une sagesse éternelle, amusé par ces joutes verbales pimentées.
Socrate : Fascinant. Dans cet art du BDSM, je vois un écho de mes propres quêtes : la recherche du Beau dans l'harmonie des opposés, du Bien dans la vertu consentie, et de la vérité par la confrontation. Peut-être, Antoinette et Maso, êtes-vous des philosophes du corps, des accoucheurs d'âmes par le feu de la sensation. Mais dites-moi, si la douleur accouche l'âme, quel est l'enfant qui naît de cette union ?
Antoinette, libérant légèrement les entraves de Maso pour qu'il puisse s'agenouiller, répondit en le caressant tendrement, avec une dernière pointe d'humour fin comme une lame bien aiguisée.
Antoinette : L'enfant, Socrate, est la plénitude. Une âme libérée des chaînes invisibles de la peur, prête à embrasser le monde avec authenticité. Dans le BDSM, le Beau, le Bien et la Vérité se fondent en une extase philosophique – et si Platon était jaloux, il pourrait toujours venir tester une séance. Après tout, qui sait, peut-être que la caverne allégorique avait besoin d'un peu plus de latex.
Maso : Et cet enfant, c'est moi... renaissant à chaque séance – et prêt pour la prochaine, Maîtresse.
Socrate, satisfait et un brin espiègle, s'effaça dans la brume, laissant derrière lui un écho : "Connais-toi toi-même, même dans la douleur – et n'oublie pas de rire un peu." La séance continua, plus profonde, imprégnée de sagesse antique et d'un humour qui chatouillait l'âme.
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Maitresse Kate me passe en revue........
Mes paupières toujours cachées sous le bandeau de satin noir, tendu juste assez pour m’isoler du reste monde.
Je les sens, ils m'observent . Leurs silences caressent ma peau, amignonnent mes fesses, becquettent mes mamelons.
Elle s’approche. Sa main touche ma nuque, effleure ma clavicule. Ses doigts précis défont le bandeau comme l'on retire une peau morte. La lumière me revient, douce mais aveuglante. Je cligne des yeux, instinctivement les baissent à la pointe de mes pieds. Telle une brise elle promène ses doigts dans mes cheveux , puis, calmement, interrogative, s’adresse à son époux....
— Regarde donc dans son sac, je suis curieuse de découvrir ce que la petite m'a apporté.
Elle est là, derrière moi, je ne sais que penser et faire. Posée là entre eux deux.
Sans mot dire, il se saisit des lanières, fait crisser le cuir. L’ouvre. Je le regarde fouiller, mon cœur s’accélère. Ses gestes sont lents, il sait ce qu'il va y trouver, fait durer chaque instant.
Sort un coffret d'inox poli, aux angles nets, sans l'ouvrir le pose sur la table. Ses yeux se fixent par dessus mon épaule pour enlacer les siens. Je me sens étrangère, presque de trop dans ce huis clos amoureux, pourrait disparaitre leur laissant juste l'enveloppe de mon corps.
Il poursuit ses investigations
Visage impassible. Je n’ose respirer.
Il sort mon cahier, le plus intime, celui où mes pensées n’ont ni filtre ni pudeur. Chaque page y porte la trace de mes failles, mes désirs tus, solitudes dépliées, chaque mot écrit est une lame tailladant mes abandons les plus fous. Un souffle d’âme couché, à l’abri, jusqu'à cet après midi encore, du regard des autres.
D’un pas lent, solennel, elle traverse l’atelier. Sa robe éthérée, irréelle laisse deviner les lignes somptueuses de son corps. La lumière tamisée s’y accroche comme à une seconde peau, révélant plus que l’œil ne devrait voir. Il y a dans sa démarche une volonté tranquille, une assurance féline qui défie le silence tendu de la pièce.
Elle ne demande rien.
Arrivée près de lui, sans un mot, sans même me regarder, elle tend une main autoritaire. Il hésite un instant, puis amusé lui cède le cahier , comme une offrande. Elle s’en empare avec une délicatesse feinte, une lenteur tiède.
Nonchalamment , s’installe dans le fauteuil en rotin au dossier haut et incurvé tel un trône païen.
S'y enroule, jambes croisées, paresseuses, le carnet ouvert dans ses mains. Sa robe glisse un peu sur sa cuisse, découvrant d'avantage la beauté satinée de sa peau. Silence lourd, ses yeux me déshabillent page après page.
Je reste debout. Immobile. Tendue comme une corde prête à rompre.
Lui ? Il est incrusté dans le décor. Présent, intensément, Maître de ce théâtre d’ombre et de lumière. Observe mon corps jeté au cœur de la reine.
Il ne parle pas, à peine bouge. La regarde glisser ses doigts sur la couverture, la caresser , soupeser le poids de mes confidences avant d’en feuilleter les premières pages. Silencieuse, son souffle parfois se glace, ses lèvres s’entrouvrent, mes secrets résonnent en elle.
Sans les froisser, elle tourne les feuillets.
Par moment, ses prunelles quittent les lignes tracées sur le papier pour revenir aux contours de mon corps dépouillé de pudeur, puis aussitôt replongent, fronçant les sourcils, sourire amusé à la commissure des lèvres.
Sans logique apparente, elle tourne les pages piochant ici une confidence, là une outrance plus juteuse que les autres, elle fait son marché, flânant à la criée.
Ses lèvres se pincent, un mot, une phrase lui aura sauté à la gorge, elle esquisse un rire muet et continue d'éplucher l'intime de ma vie pour en faire des lamelles, garnir ses pensées.
Elle est chez moi, totalement maintenant, au plus profond de mon être.
Puis, une moue de dégout, une langue pourléchant ses babines, je l'observe, lorsque soudain la grille de ses paupières se relève, laissant s'échapper deux fauves venus mordre mon visage.
Pris en flagrant délit de fascination, mes yeux vacillent, cherchent une échappatoire, le bord du fauteuil, la tache de lumière sur le carrelage, le rideau qui bouge mais rien ne me sauve, impossible d'échapper à son attention soutenue. Elle m'attend, veut croiser le fer.
Acculée, perdue, je rassemble le peu qu'il me reste de courage pour relever le défi.
Péniblement je hisse mes yeux, l'air est dense, irrespirable, mes paumes moites posées au sommet de mon crâne, m'écrasent au sol.
Je dégaine mes paupières face aux siennes, prête à en découdre mais tranchante comme le rasoir, en deux mouvements sec des cils, elle estafile ma chair, plonge dans la moelle de mes yeux.
Fulgurant, à peine débuté, sa victoire est brutale . Ma défaite cinglante. J'abdique, dépose à ses pieds mon insolente morgue.
Erodess en profite et poursuit la fouille de mon sac, sort une seconde boite, plus petite.
La plus précieuse des deux.
Il sait.... puisque les a lui même choisies.
Délicatement, il tend le bras pose le paquet sur la ta.....
Aussitôt d'un coup de griffe, la chatte s'empare du jouet.
Emporte avec elle, tirés par une invisible chaine , à sa traine, mes yeux.
Curieuse, elle soupèse le contenu, l'amène à ses narines, le hume. A ses oreilles ensuite, le secoue.
Elle pourrait l'ouvrir, du tranchant de l'ongle, déchirer l'emballage carminé, en connaitre le contenu mais préfère tout en me fixant attendre. Elle sait que mon temps à ses lèvres est désormais suspendu.
Au lieu de cela, elle s'amuse encore avec mon présent, le fait lentement glisser le long de sa cuisse nue, juste sous le tissu flottant de sa robe. D'un geste terriblement étudié. Elle caresse sa peau et le promène distraitement sur elle, comme si le contact du papier suffisait à éveiller quelque chose. une promesse, une provocation, un pouvoir.
Elle le fait passer de sa cuisse à son ventre, le presse un instant contre sa poitrine, puis lassée l’abandonne sur la table et replonge avide dans le brulot de mes confidences.
Sans heurt, sans hâte, son corps glisse hors du fauteuil. La robe suit le mouvement, fluide, paresseuse, ondulant autour de son évanescente silhouette. Ses pieds nus effleurent le sol. Elle s’approche, décrivant à chaque pas un large cercle autour de moi.
Je suis figée, sens le souffle de son corps alimenter mon brasier.
Lui, appareil photo à la main, d’un geste lent, cérémoniel, cadre, immortalise. Pas d'autre bruit que le doux cliquetis du déclencheur. Il change d’angle. Se déplace à peine, ombre qui glisse contre les murs, voyeur et artiste, prédateur tendre, presque bienveillant.
Il capture l’instant, saisit la danse de son aimée, femelle qui se révèle sous ses yeux. Elle si longtemps frustrée, peut se libérer.
Seuls mes globes oscillent à chacun de ses passages. J'attends l'instant où de nouveau se lèvera sa main sur moi. Serais je juste effleurée, tendrement caressée, pincée même, qui sait va t elle me broyer ?
A chaque cercle, elle m'enserre. Tisse son invisible toile silencieusement. Plus question de lui échapper. La prédatrice savoure le parfum de ma peur. Le froissement léger de ses vêtements, le crissement délicat des pages qu'elle tourne.
Les bras commencent à me brûler, une douleur sourde s'installe dans mes épaules, se répand dans mes coudes, les crampes menacent, mes muscles tremblent. J'aimerais pouvoir reposer mon corps. Je n'ose broncher, continue de contenir le flux de ma salive, attendre qu'enfin elle passe à l'action. Pourtant lui demander, la supplier même serait lui faire honneur. Confirmer sa supériorité, sa tacite victoire.
Elle ne semble guère se soucier de mon sort, poursuit sa danse, tresse ses mailles.
Et puis soudain, devant moi, arrête le métronome de ses pas. Ses yeux se figent sur une ligne.
Elle brandit mon cahier tel le procureur fustigeant l'accusée devant la cour. Je distingue une jouissance froide.
De Maitre je ne perçois que les déclics qui lèchent mon dos. Nous sommes toutes deux dans l'axe de son objectif, mes fesses et le visage outré de son épouse.
Elle éclate d'un rire bref, hystérique, porte sa main à la bouche pour tenter de masquer sa stupeur.
-Mon Dieu, Mon Dieu mais quelle horreur !!!!!!!!!
D'un léger mouvement du menton, dédaigneuse, brandissant la preuve du délit, me désigne à son époux.
— Regarde la.
Joignant le geste à la parole, d'un pas décidé elle se porte jusqu'à moi et telle une toupie sans ménagement me tourne. Face à lui, honteuse, aussitôt il emprisonne dans l'appareil ma mine déconfite et le regard d'acier de son aimée.
— Non mais regarde la ! Même à poil devant nous, on lui donnerait le bon dieu sans confession mais quand je lis toutes ces horreurs !!!!!!
Je serre les dents, résiste à l'envie de me disperser, liquéfier, couler sous le rai de la porte, m'enfuir, même nue, traverser la ville en courant à travers la foule.
Il est beaucoup trop tard maintenant, le ver est dans mon fruit.
Elle poursuit à quelques centimètres de mon oreille.
— On jurerait qu’elle n’a jamais rien fait de mal. Qu’elle ne pourrait pas. Et pourtant…pourtant.....
Pendant un instant, elle ne dit rien puis soudain explose, vocifère.
— Tu as vu !!!!!!!!!!!!!!! Mais c'est quoi ca ?!
Elle a osé coller ca !!!!! Elle voulait qu'on sache mais aussi qu'on la voit ! Mais c'est quoi toutes ces photos plus sales les unes que les autres ? Tout est donc vrai, rien ne la rebute pas même ..........ohhhhhh non pas ca aussi ?
— On ne distingue même plus son corps tellement ils sont nombreux et gras ! Oh la petite pouffiasse, c'est plus de l'appétit mais de la boulimie !
La revoilà qui tourne et Maitre d'ajouter à mon trouble en lui tend une cravache qu'elle saisit avec délice. Elle libère sa main, pose le cahier grand ouvert sur la double et indécente page .
La veille, j'y ai collé avec la minutie d'une écolière, ajustées avec soin mes plus intimes et dégradantes photos, exposant ma honte et mon irrévocable besoin d'abandon. Dégringoler l'escalier de son estime, m'étaler déconfite, cuisses ouvertes, à ses yeux.
Quand, enfin prendra t elle possession de son bien ?
Lui a t il dit depuis combien de jours, combien de nuit mon corps est sevré de plaisirs ?
Cruelle elle reprend sa danse, écume aux lèvres, chaloupe ses hanches mais cette fois, une badine à la main.
Fait glisser d'un mouvement souple l'instrument menaçant entre ses doigts.
Longue, fine, noire elle joue avec. S'approprie l'espace, la tend vers moi sans pour autant me toucher elle jauge la distance qu'il lui faudra pour atteindre mes chairs.
Les nuages s'amoncèlent au dessus de nos têtes, la tempête menace.
Quand portera t elle le coup, où s'abattra la foudre ?
Laquelle de nous deux est véritablement en cage ? Elle pourrait tout prendre, dominer et pourtant lorsqu'elle avance d'un pas, aussitôt semble reculer, quand elle me touche enfin, se brûle les doigts.
Elle à l'ascendant c'est certain, tout le crie mais quelque chose au fond semble dire le contraire. Elle sourit avec assurance tandis que ses yeux cherchent une issue. Ce n'est pas moi qu'elle craint mais ce que je réveille en elle. Peur soudain de lâcher prise, s'enfoncer dans ses abysses. Comment l'aider, pétrifiée devant elle, que je suis ?
Friable, poreuse, je suis aux portes de l'effondrement.
De ma tempe perle une goutte qui ruisselle doucement le long de ma joue. En dedans aussi je suinte. Il me tarde qu'elle endhuile un de ses doigts dans le craquant de mon feuilleté.
Au lieu de ca, la voleuse, feint, ignore son butin.
S'approcher d'avantage serait fatal, reculer lui coûterait plus encore.
Plutôt que s'emparer de mon corps, elle saisit au passage mon sac, le vide négligemment au sol. Répands le désordre à mes pieds pour faire ménage du sien.
Elle pose la badine avec détermination sur la table, la contourne, ouvre un tiroir, saisit une longue paire de ciseaux, qui coupe mon souffle. Je la regarde, déterminée, quelque chose est en train de lâcher en elle, pas dans un cri non mais un silence bien plus violent. Elle revient vers moi, me fait face, me fixe. Je vois le feu, le refus de continuer à fuir.
D'un geste elle saisit ma robe, les ciseaux suivent pénètrent glissent et tranchent le tissu.
Rien ne sera plus comme avant désormais.
Elle découpe ce qui la retenait, ce qui me protégeait, ce qui nous séparait.
Acte de rage, de désir, de libération.
Peut-être d’amour. De folie même.
Elle baisse les yeux, examine avec soin mes derniers présents, nul besoin d'explications.
Du bout de la badine, désigne les quatre bracelets de cuirs noirs.
— Hummmmm . Parfait, .....parfait.
Son attention se détourne, d'un coup sec et précis fait rouler le gros feutre noir qui vient mourir au bout de mes orteils.
— Ce marqueur, oh quelle bonne idée ma blondasse !
Elle s’arrête à quelques centimètres, frontière exacte entre distance et promesse.
Son regard est une caresse lente, méthodique. Il glisse sur ma peau, suit la ligne de mes épaules, descend le long de mon bras nu. Elle murmure alors, dans un souffle :
— Ce bras...là, dis moi, Il est à qui, ce bras ? À toi… ou celle qui te parle ?
Je reste figée, humide, n'osant la fixer de peur qu'elle perde le fil.
— A vous Maitresse.
— Tes poignets, tes chevilles...elle tourne son visage, du bout de la badine, effleure les bracelets de cuir noir tombés du sac...c'est pour eux que tu les as apporté petite salope ?
— Oui Maitresse.
Me toise.
— Qu'attends tu , tu ne vas pas rester à poil toute la soirée. Habille- toi, enfile tes accessoires, ton séjour ne fait que commencer..........
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La Double Vie d'Emma : Les Règles de Maîtresse Hyde
Après leur nuit d'extase partagée, Hyde ne laissa pas le répit s'éterniser. Le lendemain matin, alors que les rayons du soleil filtraient à travers les voilages de la chambre, elle réveilla Mon Petit d'une caresse légère sur l'épaule, son corps encore nu et enlacé au sien. Il ouvrit les yeux, le cœur battant déjà d'un amour fou, comme si chaque regard d'elle était une flèche enivrante qui le transperçait. Hyde, splendide dans sa nudité matinale, ses courbes sculpturales baignées d'une lumière dorée, s'assit au bord du lit, ses cheveux en cascade sauvage encadrant un visage aux lèvres pulpeuses et aux yeux verts perçants. Elle était une déesse descendue parmi les mortels, sa peau laiteuse invitant au toucher, ses seins fermes et ronds comme des fruits interdits, son ventre plat menant à des hanches généreuses qui ondulaient avec une grâce hypnotique. Mon Petit la dévorait des yeux, déjà captivé, son âme entière offerte en sacrifice.
"Écoute-moi bien, mon Petit," murmura-t-elle d'une voix suave, presque hypnotique, posant un doigt sous son menton pour le forcer à la regarder droit dans les yeux. Sa domination était psychologique, un filet de soie qui l'enserrait sans qu'il s'en rende compte, le rendant dépendant de son approbation. "À partir de maintenant, tu es à ma disposition totale. Tu ne me contactes jamais – pas un message, pas un appel. C'est moi qui décide quand j'ai besoin de ta présence, quand ton corps et ton esprit doivent me servir. Tu attends, tu anticipes, tu rêves de moi. Et quand je t'appelle, tu viens, prêt à obéir sans question. C'est clair ?" Il hocha la tête, les yeux brillants d'adoration, son cœur gonflé d'un amour qui le consumait. Pour lui, ces règles n'étaient pas des chaînes ; elles étaient un honneur, une preuve qu'il comptait pour cette femme divine.
Hyde sourit, un sourire carnassier mais tendre, et se leva avec une fluidité féline, son corps se mouvant comme une vague sensuelle. "Viens, mon amour. Il est temps que je t'enseigne comment me chérir comme il se doit." Elle le guida vers la salle de bain adjacente, une oasis de marbre blanc et de vapeur, où une baignoire profonde trônait comme un autel. L'eau chaude coulait déjà, parfumée d'huiles essentielles à la rose et au jasmin, emplissant l'air d'un voile érotique et enivrant. Hyde entra dans la baignoire la première, s'immergeant jusqu'à la taille, ses seins flottant légèrement à la surface, leurs pointes rosées durcissant sous l'effet de l'eau tiède. Elle était d'une beauté à couper le souffle : ses épaules rondes luisant d'humidité, l'eau cascadant le long de son décolleté en rigoles paresseuses, soulignant la perfection de sa poitrine généreuse, puis descendant vers son ventre, où une fine toison brune luisait comme un secret précieux.
"À genoux, Mon Petit," ordonna-t-elle doucement, sa voix un murmure dominant qui le fit frissonner. Il obéit, s'agenouillant au bord de la baignoire, ses mains tremblantes d'anticipation. "Maintenant, lave-moi. Commence par mes épaules, avec une éponge douce, comme si tu effleurais une œuvre d'art fragile." Il prit l'éponge, la trempant dans l'eau parfumée, et la glissa sur sa peau, sentant la chaleur de son corps à travers le tissu. Hyde ferma les yeux, un soupir de contentement s'échappant de ses lèvres, tandis qu'il descendait lentement, effleurant ses bras, puis ses seins. "Doucement... fais des cercles lents autour de mes tétons, mon Petit. Sens comme ils se dressent pour toi, mais souviens-toi : c'est pour mon plaisir." L'érotisme était palpable, l'air chargé d'une tension douce ; ses gémissements légers, comme des ronronnements, le rendaient fou d'amour, son désir grandissant malgré lui.
Elle le guida plus bas, le faisant laver son ventre, ses cuisses, puis l'inviter à écarter doucement ses jambes pour atteindre les replis intimes. "Nettoie-moi là, avec révérence," souffla-t-elle, sa voix chargée d'une autorité psychologique qui le faisait fondre. Ses doigts, via l'éponge, glissaient sur sa féminité veloutée, chaude et invitante, arrachant à Hyde des soupirs profonds qui résonnaient comme des récompenses. "Parfait... maintenant, rince-moi, et sèche-moi avec ta langue si tu es digne." Mais elle se contenta de le laisser l'essuyer avec une serviette moelleuse, prolongeant le rituel pour le détendre autant qu'elle-même, son corps se relâchant sous ses soins attentionnés.
Une fois sortie de l'eau, ruisselante et divine, Hyde s'allongea sur le lit, nue et offerte comme une sirène échouée. "Maintenant, masse-moi. Partout. Commence par mes pieds." Mon Petit, les mains huilées d'une lotion parfumée à la vanille, obéit, pétrissant ses orteils délicats, remontant le long de ses mollets galbés, puis ses cuisses fermes et soyeuses. Hyde gémissait doucement, ses hanches se cambrant légèrement sous le toucher, sa beauté rayonnante amplifiant chaque sensation. "Plus haut... masse mes fesses, sens leur rondeur sous tes paumes." Il explora son corps entier : dos arqué, épaules souples, puis ses seins, qu'il massa avec une tendresse presque douloureuse, sentant leurs poids lourds et parfaits se lover dans ses mains. "Et mon intimité... effleure-la sans pénétrer, juste pour me détendre." L'érotisme était doux, une danse de pouvoir où chaque caresse était une leçon d'adoration, Hyde dominant par sa simple présence, son corps un temple qu'il vénérait.
Mais alors qu'il la massait, Mon Petit sentit son excitation monter, son membre se raidissant malgré lui face à cette splendeur vivante. Hyde le remarqua immédiatement, ses yeux s'ouvrant comme des lames affûtées. "Qu'est-ce que c'est que cela ? Je t'interdis toute érection sans ma permission, mon Petit. Ton plaisir est mien, et seulement quand je le décide." Sa voix était un filet de miel empoisonné, psychologique et implacable. Il rougit, mortifié mais plus amoureux que jamais, balbutiant des excuses. "Viens ici," dit-elle, l'attirant sur ses genoux comme un enfant récalcitrant. Allongé en travers de ses cuisses nues, ses fesses exposées, elle lui administra une fessée douce mais ferme – des claques rythmées sur sa peau, qui rougissait légèrement sans douleur excessive. Chaque impact était accompagné d'un murmure : "Contrôle-toi pour moi... sens comme je te possède, corps et âme." Les fessées étaient érotiques dans leur tendresse, un rituel de correction qui le faisait gémir d'un mélange de honte et d'extase, son amour pour elle s'approfondissant à chaque coup.
Pourtant, voyant qu'il luttait encore, Hyde décida d'agir avec une dominance plus profonde. "Pour ton bien, mon amour fou, nous allons régler cela." Elle se leva, gracieuse et impérieuse, et sortit de son tiroir secret une cage de chasteté en acier finement ouvragé, élégante comme un bijou. "À genoux." Il obéit, le cœur battant d'adoration absolue. Avec des gestes précis et doux, elle l'ajusta autour de son membre, le verrouillant d'un clic discret. "Maintenant, plus d'érections sans ma clé. Ton désir est enfermé pour moi, libéré seulement quand je le jugerai bon. C'est mon cadeau, pour que tu te concentres sur mon plaisir." Mon Petit, les yeux embués de larmes d'émotion, l'embrassa sur les pieds. "Merci, Maîtresse. Je suis tien, pour toujours."
Hyde l'enlaça ensuite, son corps splendide contre le sien, murmurant des promesses de récompenses futures. Pour elle, cette domination psychologique était l'essence de leur lien – un amour où elle régnait en absolue, et lui, en soumis éperdu. Jekyll attendrait son tour ; pour l'instant, Hyde savourait son empire.
A suivre .../....
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