La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM. Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices. Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Par : le Il y a 10 heure(s)
Je reviens en tenant à 2 mains un bol en inox qui ressemble à ceux destinés à la nourriture des animaux mais portant la mention CHIENNE en lettres capitales. Il est rempli de ce faux sperme (maïzena, sucre concentré, eau) dont j'aime te recouvrir et que j'aime te voir lécher. Je pose le bol devant toi mais hors de portée. - Je vous remercie par avance Maître ! Je m'avance devant la cage. - Baise mes pieds ! Ce n'est pas quelque chose auquel je t'ai habitué et, devant ton hésitation, même si elle ne dure que quelques secondes, je perds mon sang-froid et hurle - Baise mes pieds sale chienne ! Et ta tête se baisse, tu te soumets et je te vois baiser mes chaussures. Après quelques instants, je vois ta tête bouger de haut en bas et je sais que tu es en train de les lécher. Je sais que tu commences à avoir envie de manger mais je sais que c'est la soumission qui parle, ton dressage bien plus que la faim. Je profite un peu plus de la vue de mon esclave le cul remonté, la tête sur mes chaussures et je me dis qu'il est temps de passer au modèle supérieur de plug. Je ne peux pas m'empêcher de fesser ton joli cul avant et après avoir enlevé le plug. Je te fais lécher et sucer le modèle plus gros et je l'enfile dans ton cul ce à quoi répond un léger râle qui me ravit. J'enlève chaussures et chaussettes et je reviens devant toi. Tu commences à baiser mes pieds, l'un après l'autre. Ta tête passe à travers l'ouverture à l'avant de la cage. Puis je sens ta langue qui commence à les lécher doucement. Puis de plus en plus goulûment jusqu'à ce que tu lèves la tête pour me regarder - Puis-je les mettre dans ma bouche Maître ? - Tu peux mais tu n'auras rien à y gagner - J'aurai à y gagner le plaisir de mon Maître ! Tu passes tes bras entre les barreaux de la cage pour saisir mon premier pied et tu commences à le prendre dans ta bouche. D'abord en le prenant en biais puis en le prenant en entier, la bouche grande ouverte. Tu le fais rentrer et sortir. La largeur te force à faire des allers et retours lents. Tu commences à baver. Et cette simple vue de ta salive qui rejoint le sol déclenche, comme à chaque fois, l'envie de toujours plus. Je pousse mon pied un peu plus au fond et je le maintiens plus longuement. Je le fais une dizaine de fois et je te vois, à chaque fois, récupérer ton souffle en laissant s'échapper toujours plus de salive. - Qu'est-ce que tu as fait à mon sol ? Lèche-moi ce que tu as fait ! - Oui Maître. Pardon Maître. Tu te penches et commence à lécher le sol. Je suis complètement raide en imaginant que c'est mon sperme que tu lèches comme une chienne en chaleur. - Ça suffit. Et je te tends le bol en m'accroupissant à côté. - Tu as fin, mange ! Tu tends la tête, tu ouvres la bouche et la langue pour tenter de laper le mélange. - Pas facile, hein, même pour une chienne comme toi. Je regarde, à 20 centimètres tes efforts pour essayer de manger et je prends un réel plaisir à me moquer. - Tu vas avoir très faim ce week-end si tu n'arrives même pas à manger correctement. Tu commences à plonger la tête dans la gamelle et tu ressors avec du faux sperme sur le menton et le nez. Je me relève et je presse ta tête dans la gamelle. - Mange salope ! Quand je te laisse relever la tête, ta gamelle est presque vide et ton visage est recouvert de blanc. Ça te va si bien que je ne peux m'empêcher de sourire. - Allonge-toi dans ta cage, sur le dos, les coudes au sol pour surélever ton buste. Je récupère une grande bouteille et je vide lentement un litre de cette substance blanche, très ressemblante. Je vise à travers la grille ton visage, d'abord, puis ton cou, tes seins et ton ventre. Jusqu'à ton sexe. Et je regarde le blanc couler partout. Et, en même temps que tu me remercies avec gratitude, tu commences à en récupérer sur ton corps pour lécher tes doigts. - Lèche aussi la grille du haut. C'est ta cage, je veux qu'elle soit propre. Je te regarde de longs moments. J'adore quand tu me regardes en léchant tes doigts. Je reviendrai dans une demi-heure. Je veux que tout soit nickel ou tu auras des gros ennuis. Et je sais que tu as envie, autant que moi, d'avoir de gros ennuis ... Si vous n'avez pas détesté ou baillé, je suis vraiment preneur d'un like. C'est bon pour ma motivation et mon ego (est-ce que mon ego en a besoin, c'est une autre question mais je pense que oui) ! Cette série concerne à la fois le dressage de mon esclave et l'aménagement, en parallèle, d'une pièce spéciale (vous pourriez l'appeler un donjon, mais je n'aime pas trop ce terme). Il faut imaginer une pièce complètement vide, et, chaque récit verra apparaître un nouvel objet. Partie 1: Un sofa Partie 2: Grande table en bois Partie 3: Liens d'attache Partie 4 : Un set de godes Partie 5 : une cage Partie 6: Un set de plugs
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Par : le Il y a 13 heure(s)
"Comme il disait, le Messager aux rayons clairs se hâta d'obéir: il noua sous ses pieds ses divines sandales, qui, brodées de bel or, le portent sur les ondes et la terre sans bornes, vite comme le vent. Il saisit la baguette dont tout à tour il charme le regard des humains ou les tire à son gré du plus profond sommeil et, sa baguette en main, l'alerte dieu aux rayons clairs prenait son vol, et, plongeant de l'azur, à travers la Périe, il tomba sur la mer, puis courut sur les flots, pareil au goéland qui chasse les poissons dans les terribles creux de la mer inféconde et va mouillant dans les embruns son lourd plumage". Fille de Saturne et de Rhéa, Cérès, en latin Ceres, est une très ancienne divinité italique qui fut complètement identifiée à la Déméter grecque. Dans le mythe, Perséphone prend le nom de Prerephata ou Proserpine, fruit des amours de Cérès et de Jupiter. Pluton l'emporte dans son royaume souterrain. Aux plaintes de la mère, les dieux de l'Olympe, peu compatissants,lui prescrivirent des infusions de pavot pour l'aider à retrouver le sommeil. Mais inspirée par l'amour pour sa fille, Cérès attelle des dragons ailés, s'empare d'une torche qu'elle enflamme en passant au-dessus de l'Etna et court les airs en appelant Proserpine à grands cris. Son culte fut introduit à Rome en 496 avant J.C en même temps que celui de Perséphone ou Coré et de Dionysos (Bacchus ou Liber). Lors d'une disette, suite à la consultation des trois livres sibyllins, on construisit un temple commun à ces trois divinités grecques qui se confondirent avec Cérès, Libera et Liber. Jusqu'au temps de Cicéron, les prêtresses étaient choisies parmi les femmes grecques de Naples ou d'Elée et la légende de Cérès, qui conserva toutes les caractéristiques grecques, rassemblait toutes les traditions d'Eleusis ou d'Enna. Chaque année, les Romains célébraient trois fêtes en l'honneur de la déesse de l'agriculture et des moissons: les "ludi cerealia" qui duraient huit jours. Ces célébrations perpétuaient, par des rites imitatifs, le mythe grec: le quinze des ides apriliennes, à la tombée de la nuit, des femmes vêtues de blanc, portant des torches allumées, couraient autour du temple, suivies par la foule qui poussait des clameurs. Le "sacrum anniversarium Ceresis", célébré par des femmes, avait lieu en août. Le "jejunium Ceresis", célébré en Octobre, était basé sur le jeûne. Ces fêtes présidées par deux magistrats institués en l'an quarante-quatre par César s'appelaient les "aediles cereales". Cérès, chez les Grecs, Déméter est la fille de Saturne et de Rhée. Elle est également la sœur de Vesta, de Junon, de Pluton, de Neptune et de Jupiter. Dévorée comme ses frères et ses sœurs par son père, il la rendit à la suite du vomitif que Métis, fille de l'Océan, lui fit prendre. Elle eut de Jupiter une fille, Proserpine, et, suivant Diodore, un fils, Bacchus. Selon quelques-uns, elle rendit Neptune père de Despoina et du cheval Arion. Le dieu des mers ne la posséda qu'après une apte résistance. Métamorphosée et cachée dans un troupeau de juments arcadiennes, elle ne put cependant échapper à Neptune, qui avait pris la forme d'un cheval. Furieuse de sa défaite, elle reçut le surnom d'Érinnys (furie), ou elle se métamorphosa en furie, suivant Apollodore. Puis, s'étant apaisée et baignée dans le fleuve Ladon, fut appelée Lousia, la baigneuse. D'autres mythologues disent qu'elle quitta l'Olympe et alla cacher sa honte dans une grotte, d'où elle ne sortit que sur les instances de Jupiter, auquel Pan avait révélé la retraite de la déesse. Selon Hésiode, le premier qui ait rapporté ce mythe, important dans l'histoire fabuleuse de l'antiquité, car Homère ne mentionne pas le rapt. Jupiter, à l'insu de Cérès, avait promis à Pluton qu'il posséderait Proserpine; la légende s'accomplit par la volonté divine. Ovide a brodé la tradition antique: il suppose que Vénus, irritée contre Pluton, qui méprise son pouvoir, donne ordre à l'Amour de percer d'une flèche le cœur du dieu souterrain. Claudien réunit les deux fables: dans son poème, Vénus n'agit qu'après la permission formelle de Jupiter. Enflammé d'amour pour Proserpine, Pluton l'enleva en Sicile, suivant la tradition la plus commune, mais non pas la plus ancienne, car ce pays ne fut pas la patrie originaire du culte de Cérès, qui y parvint par les colonies grecques de Corinthe et de Mégare. Les lieux que les poètes désignent comme ayant été le théâtre de sa fin, sont du reste aussi multiples que les contrées qui s'attribuaient l'honneur d'avoir, les premières, cultivé les arts agricoles.   "Dis-moi, Muse, cet homme subtil qui erra si longtemps, après qu'il eut renversé la citadelle sacrée de Troie. Et il vit les cités de peuples nombreux, et il connut leur esprit et, dans son âme, il endura beaucoup de maux, sur la mer, pour sa propre vie et le retour de ses compagnons. Mais il ne les sauva point, contre son désir et ils périrent par leur impiété, les insensés ! ayant mangé les boeufs de Hèlios Hypérionade. Et ce dernier leur ravit l'heure du retour. Dis-moi une partie de ces choses, Déesse, fille de Zeus. Tous ceux qui avaient évité la noire mort, échappés de la guerre et de la mer, étaient rentrés dans leurs demeures". On voit tour à tour figurer parmi eux le pays d'Enna (Diodore), l'Etna (Hygin), Érinée sur le Céphise (Pausanias), Hermione dans le Péloponnèse( Apollodore), Colone en Attique, une île près de la côte occidentale de l'Espagne, les sources de Cyané et d'Aréthuse, etc. C'était à ces sources, dit Ovide, qu'habitait la nymphe Cyané, qui, à l'approche de Pluton et de Proserpine, s'opposa à leur descente dans la terre. Mais le dieu fendit le sol de son sceptre et entra dans son empire. Hécate et le Soleil furent seuls témoins de la disparition de Proserpine, dont les cris d'angoisses parvinrent jusqu'auxoreilles de sa mère. Ainsi le raconte l'hymne homérique. Suivant d'autres, Cérès apprit cette triste nouvelle des Phénéates ou des Hermioniens ou de Chrysanthis d'Argos, ou d'Eubulus et de Triptolème, ou d'Hélice, ou d'Aréthuse, qui, allant d'Élis en Sicile à travers les profondeurs de la terre, put voir Proserpine, reine des enfers, révéler ceci à la déesse. Une dernière tradition dit qu'elle apprit sa perte en trouvant la ceinture de sa fille auprès de la source Cyané. Égarée par le désespoir, elle parcourut la terre pendant neuf jours à la lueur des torches, ou, suivant Ovide, de deux sapins qu'elle avait allumés sur l'Etna, aux sons des cymbales et des tambours, sans prendre d'ambroisie ou de nectar, et sans se baigner. Le dixième jour, elle rencontra Hécate, qui lui apprit qu'elle avait entendu les cris de désespoir de sa fille, sans avoir reconnu le ravisseur. Les déesses se rendirent alors chez Hélios, qui, cédant aux prières de la malheureuse mère, lui découvrit que Platon, favorisé de Jupiter, était le ravisseur de sa fille. La déesse, irritée, s'enfuit de l'Olympe et se mêla parmi les hommes.Arrivée à Éleusis, elle prit la forme d'une vieille femme, et s'assit près d'une source à l'ombre d'un olivier, ou, suivant Apollodore, sur le rocher Agelastos, où elle rencontra les filles de Céléos. Cérès n'accepta cependant le fauteuil que Mantanire lui offrit que de la main de Jambé, et après que celle-ci l'eut couvert d'une toison. Jambé, voyant la déesse plongée dans une tristesse profonde, réussit à l'égayer par ses rires et ses jeux folâtres. Ce fut là que Cérès but le cycéon, breuvage mystérieux, qui figura plus tard dans les Eleusinies. Métanire lui confia son fils cadet, le jeune Démophon, ou, suivant d'autres, Céléos, ou bien Triptolème, qu'elle nourrit de son lait et d'ambroisie. Suivant Apollodore, l'enfant fut dévoré par le feu. Mais Cérès, pour réparer cette perte, donna à Triptolème le fils aîné, un char attelé de deux dragons allés, des grains de blé, et lui enseigna l'agriculture. Le récit d'Hygin diffère de celui d'Ovide en ce que Cérès fut reçue par Éleusinos, dont l'épouse était Cothonée et dont le fils Triptolème fut nourri par la déesse. Suivant d'autres, Cérès, pendant son séjour parmi les hommes, s'arrêta chez Pélasgos à Argos, chez Phylatos sur les bords du Céphissos, auquel elle donna l'olivier, et elle fut également reçue par Trisaulès et Damithalès, qui lui bâtirent un temple à Phénée et y instituèrent ses mystères. La divine Cérès devint alors une Grâce.   "Prompte Iris, en marche, va ! Fais-les retourner. Ne les laisse pas venir en face de moi ! Si nous nous rencontrons pour nous battre, ce ne sera pas beau ! Car je vais te révéler ici ce qui précisement va devenir une réalité: je briserai les membres à leurs prompts chevaux, sous le joug du char. Quant à elles, je les jetterai hors de leur siège et mettrai le char en morceaux ! Les cycles des années se feront bien dix fois que leurs plaies à toutes deux ne se cicatriseront pas, celles que la foudre fera en s'acharnant sur elles !". La fable de Cérès et de sa fille se rapporte à ce qu'en hiver la puissance fécondante et protectrice de la nature disparaîtou plutôt reste cachée dans le sol, où elle domine encore, quoique plongée dans la tristesse et regrettant les rayons du soleil dont elle ne jouit plus. Proserpine, mangeant les fruits du grenadier, est le symbole de la floraison. Comme elle, Proserpine revient au printemps pour vivre pendant deux tiers de l'année dans les régions de la lumière, et pour nourrir de ses fruits toute la création.La croyance populaire et les poètes ont beaucoup ajouté au mythe originaire, soit pour expliquer certaines idées de la philosophie des mystères, soit pour donner une origine mythologique à certains usages mystérieux du culte de cette déesse. Cèrès était adorée en Crète, à Délos, dans l'Argolide, en Arcadie, en Attique, sur la côte occidentale de l'Asie, en Sicile et en Italie. Son culte était mystérieux et accompagné d'orgies. Ses temples, appelés Mégara, se trouvaient souvent dans des forêts et près des fontaines.Le culte de Cérès était généralement répandu chez les Étrusques, qui la rangeaient parmi leurs pénates, à côté de Vertumnus, dieu de l'année. Les Latins ont souvent confondu Cérès avec la "Bona Dea", à cause des rapports qui existaiententre le culte de celle-ci et celui de Cérès. On le célébrait par les mêmes solennités nocturnes et mystérieuses, auxquelles les femmes seules pouvaient assister, et les sacrifices étaient les mêmes. L'art plastique a donné à Cérès le même caractère maternel qu'à Junon. Mais ses traits sont plus doux, les yeux moins ouverts. Elle est représentée assise ou marchant, entièrement vêtue. Parfois même la partie postérieure de la tête est couverte. L'idéal de Cérès est dû à Praxitèle. Des statues de cette déesse furent exécutées par divers sculpteurs célèbres, tels que Déraophon, Onatas, Sthénis. Mais la plupart de celles qui nous restent sont incomplètes ou restaurées. Elle y est presque toujours représentée comme en courroux, et cherchant avec précipitation le ravisseur de sa fille. Les Anciens ne s’accordent ni sur le nom, ni sur le nombre, ni sur la fonction des Charites, mais dans la tradition la plus communément suivie, ce sont trois sœurs nommées Aglaé, Euphrosyne et Thalie. À l’origine divinités chthoniennes, elles répandent la fécondité et la grâce sur les êtres et les choses, étant par là-même dispensatrices de joie. On saisit alors le rapport étroit qui existe entre leur nom et la famille de "charis": les "Charites" sont tout ce qui embellit et favorise la vie. Toujours vêtues sur les monuments figurés de l’époque archaïque et classique, et souvent encore à l’âge hellénistique, elles sont ensuite représentées nues ou couvertes d’un voile transparent, l’une montrant son dos au spectateur. Pausanias (IX, 35, 6) déclare ignorer le nom de l’artiste qui eut le premier l’idée de dévoiler les charmes des "Charites". Les modernes ne sont pas plus renseignés que lui, mais supposent que c’est à l’imitation d’Aphrodite qu’elles furent à partir d’un certain moment représentées nues. Parmi les anciennes œuvres d’art figurant les "Charites", l’une nous retiendra particulièrement en ce qu’elle met en scène Socrate. On sait que le père du philosophe, Sophroniscos, un artisan, était tailleur de pierre ou sculpteur, et c’est par allusion à cette activité que Socrate dit en badinant dans le "Premier Alcibiade" descendre de Dédale.   "De même qu’un lion facilement met en pièces les jeunes faons d’une biche rapide, lorsqu’il les a saisis avec ses fortes dents après avoir pénétré dans leur gite, et leur enlève leur délicate vie; la biche alors, si proche qu’elle soit, ne peut les secourir, car une frayeur terrible l’envahit, et elle s’élance éperdument à travers les fourrés des forêts et des bois, halète et ruisselle, pressée par l’élan du fauve redoutable ; de même, aucun Troyen ne put préserver du désastre les deux fils de Priam, car tous s’enfuyaient devant les Argiens". Considérées habituellement, donc, comme personnifiant le charme uni à la beauté, et répandant une joie féconde dans la nature et dans le cœur des hommes, les "Charites" ont été l’objet d’une interprétation symbolique en relation avec le sens de "bienfait, reconnaissance" qu’a le grec "charis". Sénèque, tout en recommandant d’abandonner aux poètes de telles inepties, la rapporte en détail dans le "De beneficiis", en l’empruntant à Hécaton qui la tenait lui-même du stoïcien Chrysippe: "Pourquoi y a-t-il trois Grâces et pourquoi sont-elles sœurs ? Pourquoi se tiennent-elles par la main ? Pourquoi ont-elles le sourire, la jeunesse, la virginité, une robe sans ceinture et transparente ? Les uns veulent faire croire qu’il y en a une pour adresser le bienfait, une autre pour le recevoir, une troisième pour le rendre. Selon d’autres, il y aurait trois sortes de bienfaisance qui consistent respectivement à obliger, à rendre, à recevoir et à rendre tout à la fois. Parce que le bienfait forme chaîne et, tout en passant de main en main, ne laisse pas de revenir à son auteur, et que l’effet d’ensemble est détruit s’il y a quelque part solution de continuité, tandis que la chaîne est fort belle si elle n’est pas interrompue entre temps et si elle perpétue la succession des rôles. Dans ce groupe, toutefois, l’aînée a une situation privilégiée comme, en bienfaits, celui qui commence. Elles ont un air joyeux, comme ordinairement celui qui donne ou celui qui reçoit ; elles sont jeunes parce que le souvenir des bienfaits ne doit pas vieillir; vierges, parce qu’ils sont sans tache, sans mélange, vénérables pour tout le monde. Ils ne sont à aucun degré un lien, une gêne; aussi les robes qu’elles portent n’ont-elles pas de ceinture ; et elles sont transparentes parce que les bienfaits ne craignent pas les regards". Cette interprétation allégorique, apparemment d’origine stoïcienne, selon laquelle les Grâces représentent le triple mouvement de la générosité (donner, recevoir, rendre, avec retour du bienfait à son premier auteur), Sénèque pour sa part la récuse, moins peut-être dans son fonds que parce qu’il juge la mythologie sans profit pour la morale. Comme Socrate rencontrait un homme qui prodiguait ses libéralités à tout venant, il lui dit: "Que les dieux te confondent ! Les Grâces sont vierges et tu en fais des courtisanes." Il pourrait évidemment s’agir d’un pur jeu de mots sur les deux sens de "charis", comme on en trouve un plus tard chez Dion de Pruse: "Qu’y a-t-il de plus saint que l’honneur et la gratitude ? Ne savez-vous pas que la plupart des hommes considèrent les Grâces comme des déesses ? Ou encore chez Plutarque: Rien en effet n’engendre autant l’allégresse que de répandre des grâces. Il était bien avisé, celui qui a donné aux Grâces les noms d’Aglaé, d’Euphrosyne et de Thalie. Car c’est celui qui départ la grâce qui éprouve la fierté et la joie les plus vives et les plus pures. C’est pourquoi on a souvent honte de recevoir un bienfait, alors qu’on est fier d’en accorder. De même, selon Strabon, si Étéocle fonda à Orchomène un sanctuaire dédié aux "Charites", c’est en raison de services rendus ou reçus qui avaient favorisé sa réussite.    "Vous avez vu l'Euros, à la fonte des neiges, fondre sur les grands monts qu'à monceaux, le Zéphyr a chargés de frimas, et la fonte gonfler le courant des rivières; telles ses belles joues paraissaient fondre en larmes. Elle pleurait l'époux qu'elle avait auprès d'elle ! Le coeur plein de pitié, Ulysse contemplait la douleur de sa femme". Diodore, enfin, juxtapose à la fonction traditionnelle des Grâces celle dont nous parlons. Il écrit en effet dans sa Bibliothèque historique: "Aux Grâces fut donné d’orner l’aspect des personnes et de façonner chaque partie de leur corps pour rendre celui-ci meilleur et plus agréable à voir; il leur fut donné en outre de prendre l’initiative des bienfaits, et d’accorder aux auteurs de bienfaits les faveurs appropriées". De ces divers textes il ressort que, parallèlement à une interprétation allégorique attestée par des auteurs latins, il existe une conception grecque des Grâces, qui fait d’elles de véritables divinités de la réciprocité des bienfaits. Aristote, plus largement, suggère qu’elles fondent par cette fonction la concorde et l’harmonie sociale ; sans doute fait-il allusion au culte de Démos et des Charites, à Athènes. Dans l’iconographie médiévale et renaissante, la représentation avec les figures vêtues n’a pas disparu, mais elle n’a jamais connu la popularité de la triade nue selon la version de Servius, où l’attrait esthétique pour un corps nu de dos est évident. Cependant, si la tradition antique plaçait la Grâce au dos tourné entre ses deux compagnes, c’était pour des raisons d’alternance et d’équilibre. Au Moyen Âge, la forme du groupe s’altère fréquemment, parce qu’on y voit essentiellement l’illustration de la vérité qu’un bienfait accordé est deux fois rendu. Dès lors, il suffit que l’une des Grâces se présente de dos, ou même se tienne à l’écart : sa place par rapport aux deux autres est sans intérêt, n’affectant pas le sens. La pensée mythologique de la Renaissance prolonge la tradition médiévale autant ou plus qu’elle ne la renouvelle. Boccace leur consacre un chapitre (V, 35). La description qu’il donne de leur apparence est conforme au texte de Servius: "Elles vont nues et se tiennent enlacées. Deux d’entre elles ont le visage tourné vers nous, tandis que la troisième tourne le dos". On voit que les mythographes de la Renaissance hésitent entre une interprétation allégorique héritée de Sénèque et Servius, et une vision plus large, qui fait des Grâces des figures de la concorde ou des liens unissant les hommes. La place qu’occupe cette interprétation allégorique dans les textes fait penser qu’elle ne doit pas être moins représentée dans les arts figurés. Pourtant, dans l’art, il est moins facile de savoir quel sens le peintre ou le sculpteur donne à son œuvre, quand il ne s’est pas expliqué clairement là-dessus. Autrement dit, si la représentation des Grâces à la Renaissance est évidemment inspirée de l’Antiquité, en revanche on se demande parfois comment l’artiste interprète celles-ci. Il en irait de même pour la suite fameuse des quatre allégories que le Tintoret achève en 1577 au palais ducal de Venise: Ariane et Bacchus, Minerve et Mars, la forge de Vulcain, Mercure et les trois Grâces. Les Grâces représentent les récompenses promises aux bons citoyens. On voit ainsi que l’interprétation allégorique de la figure des Grâces, qui était marginale dans la pensée antique, a connu (élargie parfois à une conception grecque des Grâces comme déesses de la concorde) un riche développement dans la littérature et dans l’art du Moyen Âge et de la Renaissance, parce qu’elle correspondait au goût des hommes de ce temps pour l’allégorie. Il est impossible de négliger le rôle de l’allégorie dans l’histoire de l’art. "Zeus nous a fait un dur destin afin que nous soyons plus tard chantés par les hommes à venir".    Bibliographie et références:   - Apollodore, "Bibliothèque" - Aristote, "Éthique à Nicomaque" - Cicéron, "De la nature des dieux" - Diodore, "Bibliothèque historique" - Hérodote, "Histoires" - Hésiode, "Théogonie" - Ovide, "Fastes" - Ovide, "Métamorphoses" - Pausanias, "Description de la Grèce" - Pindare, "Pythiques" - Pindare, "Odes et Fragments" - Théophraste, "Histoire" - Georges Dumézil, "La religion romaine archaïque" - Joël Schmidt, "Dictionnaire de la mythologie"   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le Il y a 18 heure(s)
"Si tu veux être à moi, je te ferai plus heureux que Dieu lui-même dans son paradis. Les anges te jalouseront. Déchire ce funèbre linceul où tu vas t'envelopper. Je suis la beauté, je suis la jeunesse, je suis la vie, viens à moi, nous serons l'amour. Ne regardez jamais une femme, et marchez toujours les yeux fixés en terre, car, si chaste et si calme que vous soyez, il suffit d'une minute pour vous faire perdre l'éternité". Fille d'Iardanès, mère de Tantale et reine de Lydie, qui reçut comme esclave du dieu Hermès, le héros Héraklès, coupable d'avoir tué son ami Iphotos dans un accès de fureur. La reine s'éprit de son esclave qui devint le père de ses trois fils: Laomédon, Lamos et Agalaos, ancêtre du roi Crésus. Selon une tradition, ils n'auraient eu qu'un fils, Agésilas. Certains racontent qu'une des suivantes d'Omphale, appelée Malis, eut une aventure avec le héros auquel elle donna Alcée, le fondateur de la dynastie lydienne supplantée sur le trône de Sardes par Crésus et Clelaos. On a longtemps admis que les divinités bisexuées ne sont pas une création du génie hellénique. Et l’on a voulu reconnaître une influence orientale dans les croyances qui, plus ou moins sporadiquement, prêtent les deux pouvoirs à certaines figures du panthéon classique, celles que nous allons évoquer à présent. Et cependant, les plus anciennes théogonies, les plus authentiquement grecques, connaissent des êtres féminins qui engendrent sans époux. Comme ce le fut à l'origine de la création, selon la mythologie. Dans ce cas, l’androgynie reste purement implicite. Rien n’indique même que les imaginations aient jamais songéà la préciser. Mais voici qui est plus net: Tout d’abord, dit Hésiode, apparut Chaos, puis Terre aux larges flancs, puis Amour, Chaos, le Vide. l’Espace béant est un mot neutre. Platon entend le passage dans le Banquet comme si Terre et Éros naissaient de Chaos, c’est-à-dire qu’il voit les deux genres sortir d’un élément cosmique primitif. Quant à Éros, dont le nom est masculin, les artistes et les poètes, d’un bout à l’autre de la tradition, l’ont toujours conçu et représenté comme androgyne, et les cosmogonies orphiques insistèrent sur ce caractère. Amour va-t-il unir des êtres aux puissances différentes et complémentaires ? Pas tout de suite. De Chaos naquirent Érèbe et Nuit noire.Terre, Gaïa, enfanta un être égal à elle-même, capable de la couvrir toute entière, Ciel étoilé. Elle mit au monde les Montagnes et les Nymphes. Elle enfanta aussi, sans l’aide du tendre amour, Flot aux furieux gonflements. Mais ensuite,des embrassements du Ciel, elle enfanta Océan aux tourbillons profonds. Dans la mythologie grecque, Omphale, du grec ancien, Ὀμϕάλη, est une reine de Lydie, fille du roi Iardanos. Elle était la veuve du roi Tmolos et régnait sur Lydie. Mais il semble que le mythe se déroulait à l'origine en Epire. Tmolos était fils d'Arès et de la nymphe Théogène. Un jour qu'il était à la chasse, il viola la nymphe Arrhipé devant l'autel du temple d'Artémis. La déesse lança contre le roi un taureau furieux pour venger sa prêtresse qui s'était percée le sein. Pour éviter l'animal, Tmolos tomba sur des pieux acérés. Il fut enterré sur place et son nom fut donné à la montagne par ses fils. Héraklès fut emmené en Asie, à la demande de Xénoclée, proposé comme esclave par Hermès, patron de toutes les transactions financières importantes. Ce dernier, remit par la suite l'argent de la vente, trois talents d'argent, aux enfants d'Iphitos. Mais Eurytos s'entêta à interdire à ses petits-enfants d'accepter aucune compensation sous forme pécuniaire, en disant que seul le sang rachèterait le sang. Hermès seul sait ce qui advint de l'argent en définitive. Comme l'avait prédit la Pythie, Héraklès fut acheté par Omphale, une femme qui s'y entendait sans doute en affaires mais plus encore en homme. Il lui rendit de loyaux services pendant un an, en débarrassant l'Asie Mineure des brigands qui l'infestaient. Parmi les nombreux travaux secondaires qu'accomplit Héraklès, pendant cette période de servitude, on trouve la capture des deux Cercopes d'Ephèse. Enfin, près du fleuve Sagaris, Héraklès tua un serpent gigantesque qui massacrait les femmes et les hommes et détruisait les récoltes. Héraklès, le héros aux douze travaux.   "Ce sont des événements si étranges, que je ne puis croire qu'ils me soient arrivés. J'ai été pendant plus de trois ans le jouet d'une illusion singulière et diabolique. Répands le vin de ce calice, et tu es libre. Je t’emmènerai vers les îles inconnues. Tu dormiras sur mon sein, dans un lit d’or massif et sous un pavillon d’argent car je t’aime et je veux te prendre à ton Dieu, devant qui tant de nobles cœurs répandent des flots d’amour qui n’arrivent pas jusqu’à lui". Pendant ce temps, en Grèce, on racontait que le héros portait des vêtements féminins et filait de la laine entre deux exploits, assis aux pieds de la reine qui s'amusait avec sa massue et la peau du lion de Némée. C'est dans ce curieux accoutrement qu'un jour Pan, en compagnie d'Omphale, s'était endormi dans une grotte. Le dieu lubrique souhaita s'unir à celle qui croyait être la reine et tenta de lui faire violence. Il se fit expulser brutalement d'un vigoureux coup de pied. On dit qu'à la suite de cette mésaventure, Pan exigea que ses disciples soient nus lors de la célébration des rites. Omphale avait acheté Héraklès comme amant, plutôt que comme un simple serviteur. Il devint le père de ses trois enfants Lamos, Agélaos, l'ancêtre du célèbre roi Crésus qui tenta de s'immoler lui même sur un bûcher lorsque les Perses s'emparèrent de Sardes et Laomédon. Certains en ajoutent un quatrième, Tyrrhénos qui inventa la trompette et qui prit la tête des Lydiens émigrants en Etrurie, où ils prirent le nom de Tyrrhéniens, mais il est plus probable que Tyrrhénos fut le fils du roi Atys, et un descendant assez éloigné d'Héraklès et d'Omphale. Des nouvelles circulèrent en Grèce annonçant qu'Héraklès avait quitté sa peau de lion et sa couronne de tremble et portait maintenant des colliers de pierreries, des bracelets d'or, un turban de femme, un châle pourpre et une ceinture maeonienne. Il passait son temps, disait-on, entouré de jeunes filles lascives et débauchées filant et tissant la laine et qu'il tremblait lorsque sa maîtresse le grondait quand il s'y prenait mal. Elle le frappait de sa pantoufle d'or quand ses doigts malhabiles écrasaient le fuseau, et lui faisait raconter, pour la distraire, ses exploits passés. Mais il n'en éprouvait aucune honte.C'est pourquoi certains peintres montrent Héraklès habillé d'une robe rose et se faisant coiffer et faire les mains par les femmes de chambre d'Omphale, tandis qu'elle, revêtue de sa peau de lion, tient sa massue et son arc. Mais ce qui s'est passé en réalité, est tout simplement cela: un jour qu'Héraclès et Omphale visitaient les vignes de Tmolos, elle vêtue d'une robe rouge brodée d'or, les cheveux ondulés et parfumés, lui, portant également un parasol d'or au-dessus de sa tête, Pan les aperçut du haut d'une colline. Il tomba amoureux d'Omphale et dit adieu aux divinités de la montagne en jurant qu'il allait la conquérir au plus vite.Omphale et Héraklès arrivèrent à la grotte retirée où ils se proposaient de se rendre et où ils eurent la fantaisie de faire l'échange de leurs vêtements. Elle l'habilla d'une ceinture en filet transparente, ridiculement étroite pour lui, et lui passa sa robe rouge. Bien qu'elle ait déboutonné celle-ci le plus possible, il fit craquer les manches; quant aux cordons de ses sandales, ils étaient trop courts et n'arrivaient pas à croiser sur son pied. Après avoir dîné, ils allèrent se coucher dans des lits séparés car ils avaient décidé de faire hommage à Dionysos dès l'aube, rite exigeant qu'ils soient abstinents. Vers minuit, Pan se glissa dans la grotte, et en tâtonnant dans l'obscurité, il atteignit ce qu'il prit pour le lit d'Omphale car la personne qui l'occupait avait des vêtements de soie. En tremblant, il releva les couvertures dans le bas du lit et se faufila à l'intérieur, mais Héraklès s'étant réveillé, le dieu le projeta alors tout au fond de la grotte d'un violent coup de pied.   "Moi, pauvre prêtre de campagne, j’ai mené en rêve toutes les nuits (Dieu veuille que ce soit un rêve !) une vie de damné, une vie de mondain et de Sardanapale. Un seul regard trop plein de complaisance jeté sur une femme pensa causer la perte de mon âme, mais enfin, avec l’aide de Dieu et de mon saint patron, je suis parvenu à chasser l’esprit malin qui s’était emparé de moi". Omphale, qui avait entendu un bruit de chute et un grand cri, se jeta hors de son lit et demanda des torches. Quand les lumières arrivèrent, Héraklès se mit à rire aux larmes à la vue de Pan recroquevillé tout endolori, dans un coin en trainde se frotter le dos. Depuis lors, Pan voua une haine farouche à tout vêtement et demanda à ses adeptes de venir nus célébrer ses rites. C'est lui qui, pour se venger, fit courir le bruit que cet échange bizarre de vêtements avec Omphale était un vice et qu'ils en étaient l'un et l'autre coutumiers. Finalement Omphale reconnaissante de tous les services qu'Héraklès lui avait rendus et ayant enfin découvert sa véritable identité et sa naissance divine, lui rendit sa liberté et le renvoya à Tirynthe, chargé de présents. Le mythe d'Omphale est une allégorie utilisée par les auteurs classiques pour montrer combien il est facile pour un homme fort d'être rendu à l'esclavage par une femme ambitieuse et sensuelle et le fait qu'ils considéraient le nombril comme le siège de la passion chez la femme, expliquant le nom d'Omphale, d'"omphalos", centre de la terre. En littérature, Théophile Gautier édita en 1834, une nouvelle fantastique, intitulée Omphale. Guillaume Apollinaire y fit référence dans son roman "Les Onze Mille Verges" publié en 1907. Au XVIIIème siècle, François Boucher peignit un tableau érotique montrant Hercule et Omphale nus. Au cinéma, le mythe d'Hercule et d'Omphale inspira le genre du péplum. (film de Pietro Francisci 1959). Chez Diodore de Sicile, Omphale, reine de Lydie, achète comme esclave Héraclès qui doit expier le meurtre d’Iphitos. Elle lui confie la tâche de débarrasser son royaume de divers monstres et brigands. Séduite par ses exploits, Omphale découvre les origines du héros et lui rend sa liberté, elle l’épouse et lui donne même un fils, Lamos. Le motif de l’effémination d’Héraclès se développe à l’époque romaine. Les auteurs se plaisent à décrire comment, sous l’emprise de sa maîtresse, l’identité masculine du héros vacille. Les amants échangent leurs vêtements, leurs attributs et leurs rôles: amolli, parfumé et revêtu d’atours féminins, Héraclès "de sa robuste main file la douce laine", tandis qu’Omphale adopte sa massue et sa peau de lion". Dès la Renaissance, ce couple insolite a inspiré les artistes qui ont traité sur le mode burlesque l’épisode piquant des rôles inversés, dépeignant le héros soumis et féminisé, occupé à des travaux d’aiguille ou apprenant à manier la quenouille et le fuseau aux pieds d’Omphale.  Cet engouement contraste avec le désintérêt relatif des imagiers de l’Antiquité, en dépit de l’importance du thème dans la tradition littéraire. L’image de ce couple non conventionnel n’apparaît qu’à l’époque hellénistique. Dans l’art romain, peu de documents font allusion à la dimension négative de la servitude d’Héraclès, à la perte de son identité héroïque et sexuelle, hormis quelques représentations, peut-être influencées par la propagande d’Octave qui vise à dénoncer la corruption d’Antoine, dominé par une reine orientale. Le décor de demeures campaniennes met l’accent sur l’ivresse du héros dans un cadre propice au franchissement des limites, au délaissement des conduites.    "Mon existence s’était compliquée d’une existence nocturne entièrement différente. Le jour, j’étais un prêtre du Seigneur, chaste, occupé de la prière et des choses saintes. La nuit, dès que j’avais fermé les yeux, je devenais un jeune seigneur, fin connaisseur en femmes, en chiens et en chevaux, jouant aux dés, buvant et blasphémant et lorsqu’au lever de l’aube je me réveillais, il me semblait au contraire que je m’endormais et que je rêvais que j’étais prêtre". Dès la fin du Ier siècle apr. J.-C. le regain de faveur du thème s’explique diversement selon les contextes. À l’époque des Sévères, le personnage d’Hercule devient un modèle auquel l’art funéraire rend indirectement hommage en immortalisant les charmes d’une épouse défunte sous les traits de sa compagne d’une beauté légendaire. Sur les pierres gravées, le motif d’Omphale connaît également un intérêt particulier. De nombreuses gemmes montrent une Omphale d’un érotisme discret, parfois réduite à un buste coiffé de la "leontè", ou debout, nue, portant avec grâce les attributs d’Héraclès, sans perdre de sa féminité ni de sa pudeur, traduite par l’inclinaison de sa tête.  La faveur de ces pierres est d’ordinaire interprétée comme l’expression du désir de séduction, voire d’émancipation et de domination de la clientèle féminine. D’autres interprétations sont cependant possibles. Leur vogue ne pourrait-elle être due aux pouvoirs cachés d’Omphale, qui vont bien au-delà de la séduction érotique ? La position d’Omphale parfois varie. Sur le jaspe rouge de la collection Southesk, elle se tient debout, de face, la tête coiffée de la leontè. Sa posture, les jambes légèrement fléchies, évoque l’attitude caractéristique du dieu nain Bès aux jambes torses. La référence est peut-être volontairement appuyée et vise à renforcer les pouvoirs d’Omphale. En Égypte dynastique et romaine, Bès est l’un des gardiens familiers de la grossesse et de l’accouchement. Mi-homme, mi-lion, il est comme Héraclès vêtu d’une peau de félidé. Des milliers d’amulettes portent son effigie protectrice que l’on retrouve sur les gemmes utérines. L’Héraclès auquel Omphale se substitue détient des compétences particulières sur les gemmes magiques. Gravé d’ordinaire sur du jaspe de couleur rouge, le héros y lutte contre un lion. L’explication réside probablement dans sa réputation proverbiale de gros mangeur, voire de goinfre. La comédie en fait un glouton qui s’empiffre sans jamais tomber malade, un ventre auquel s’identifier afin de bénéficier de la même résistance. Le pouvoir protecteur d’Héraclès ne se limite toutefois pas à l’estomac. Dans le corps féminin, la région du ventre comprend aussi l’utérus et les problèmes qu’on lui associe, des déplacements incontrôlés (toute la gamme des fameuses maladies "hystériques") au déroulement de la grossesse et de l’accouchement. Dans le vocabulaire médical, les mêmes termes s’appliquent d’ailleurs aux deux organes, tel "stoma", la bouche, désignant l’orifice utérin et celui de l’estomac . Cette proximité particulière avec le monde féminin pourrait l’avoir qualifié comme le gardien du ventre des femmes. Les attributs adoptés par Omphale, la massue et la "leontè", possèdent une valeur supplémentaire dans le contexte de la magie médicale. La massue est l’arme qui définit Héraclès comme le champion des monstres et autres créatures dangereuses. L’image de la bête féroce est souvent utilisée dans la littérature grecque pour traduire métaphoriquement la violence de la maladie. Une lettre apocryphe n’hésite pas à comparer à Héraclès le médecin Hippocrate qui "purge la terre et la mer non pas des bêtes farouches, mais des maladies sauvages et malfaisantes", tandis que Pline l’Ancien raconte que la Grèce lui aurait conféré les mêmes honneurs qu’au héros pour avoir prédit et soigné une épidémie. La massue d’Héraclès donne ainsi à Omphale des compétences non seulement agonistiques mais guérisseuses. Omphale se différencie de son amant, qui étouffe le lion à mains nues sans employer son arme.   "De cette vie somnambulique il m’est resté des souvenirs d’objets et de mots dont je ne puis pas me défendre, et, quoique je ne sois jamais sorti des murs de mon presbytère, on dirait plutôt, à m’entendre, un homme ayant usé de tout et revenu du monde, qui est entré en religion et qui veut finir dans le sein de Dieu des jours trop agités, qu’un humble séminariste qui a vieilli dans une cure ignorée, au fond d’un bois et sans aucun rapport avec les choses du siècle". L’identité de son adversaire souligne le rapport d’Omphale à la sexualité et à la procréation: tandis qu’Héraclès combat toujours un lion, Omphale affronte toujours un âne. Au-delà de son lien avec le fantasme d’une sexualité débordante, mis en scène dans le célèbre roman d’Apulée, l’âne possède aussi une signification plus profonde qui éclaire la fonction de l’amulette. En milieu égyptien, l’âne personnifie les forces obscures responsables des accidents de la santé, qu’il s’agisse d’une fausse couche ou d’une autre maladie. L’action malfaisante d’un âne mâle est évoquée dans les textes de magie et de médecine égyptiennes qui contiennent de nombreuses allusions à des entités malignes qui agissent de nuit. Leur mode d’action évoque celui des incubes. Elles viennent inoculer à leur victime endormie une semence nocive, capable de provoquer toutes sortes de maladies, du simple cauchemar à une fièvre mortelle. À côté des âmes de morts dangereux, l’incube le plus redouté est le dieu Seth, associé au désordre et à la violence, dont la démonisation se développe à la Basse Époque (dès le VIIème siècle. av. J.-C.). Seth peut adopter l’apparence d’un canidé ou d’un quadrupède indéfinissable zoologiquement, mais à Basse Époque, et surtout à l’époque gréco-romaine, il prend celle d’un âne sauvage, un animal de mauvaise réputation. On le retrouve sur les gemmes utérines, mobilisé par le magicien pour contraindre l’utérus que l’on se représente comme un organe doué d’une vie propre, aux mouvements imprévisibles, capable de causer toutes sortes de maladies en se déplaçant dans le corps. La puissance séthienne possède aussi une dimension positive. Dans la pensée religieuse égyptienne, la violence de Seth n’est pas toujours destructrice. Elle peut même être jugée nécessaire à la dynamique cosmique, à la succession des cycles de la vie qui sont rythmés par des épisodes violents, comme celui de l’accouchement. Cette nature ambivalente de l’âne séthien explique que de nombreuses recettes gynécologiques médico-magiques utilisent des substances tirées de l’âne, cœur, poils, testicules, et d’animaux associés à Seth (tortue, porc), pour prévenir ou stopper des saignements et calmer divers maux de la matrice. La puissance de Seth est toutefois sous contrôle, comme le révèle non seulement le geste d’Omphale, mais le jeu de mots contenu dans l’image de la massue. Au deuxième degré, la femme et l’âne utilisent les mêmes armes, puisque le mot grec "skutalè", "la massue", signifie alors métaphoriquement le phallus.   "Oui, j’ai aimé comme personne au monde n’a aimé, d’un amour insensé et furieux, si violent que je suis étonné qu’il n’ait pas fait éclater mon cœur. Ah ! quelles nuits ! quelles nuits ! L’épreuve est nécessaire à la vertu et l’or sort plus fin de la coupelle. Ne vous effrayez ni ne vous découragez. Les âmes les mieux gardées et les plus affermies ont eu de ces moments". L’image d’une Omphale magique, repoussant les forces malfaisantes qui menacent sa santé et celle de l’enfant qu’elle porte, se retrouve-t-elle sur d’autres supports, comme les bronzes ou les terres cuites ? Plusieurs exemplaires, jusqu’ici alors non répertoriés, apparaissent dans la série bien connue des pseudo-Baubô d’Égypte romaine. Ce type de personnage représente une femme nue, corpulente, peut-être enceinte, accroupie, les jambes écartées et parfois relevées. Si la référence à la Baubô ou Iambé du mythe de Déméter est incorrecte, cette appellation moderne est restée dans le langage courant et n’a pas été remplacée . La pose impudique des figurines les fait entrer dans la catégorie des représentations auxquelles l’indécence confère une force apotropaïque et l’on s’accorde à voir dans ces objets des amulettes destinées à favoriser la sexualité et la fécondité féminine. Des exemplaires de très petite taille, provenant d’Égypte, mais aussi de Palestine et de Phénicie, sont d’ailleurs munis d’une bélière ou percés d’un trou qui permet de les porter en pendentif. À ce groupe appartiennent des figures d’Omphale identifiables au port de la "leontè" et de la massue, jusqu’ici interprétées comme des Baubô atypiques ou des "erotica". Dans des groupes plus complexes, il est tentant de reconnaître l’évocation du couple d’Héraclès et d’une Omphale partageant la nudité et la pose indécente des pseudo-Baubô. Une terre cuite de la collection Fouquet montre ainsi une femme aux seins volumineux assise sur les épaules d’un homme barbu aux traits marqués que l'on peut identifier, sans l’expliquer, à un "Héraclès portant sur ses épaules une vieille femme nue dans une pose obscène". Le secret de la figure d’Omphale se situe donc bien au-delà de son simple charme séducteur. Par un jeu de mots et d’images (Omphale avec les attributs d’Héraclès, mais aussi de Bès), surgit une figure féminine aux compétences nouvelles, absente des sources littéraires traditionnelles. L’Omphale des magiciens veille activement sur la santé, la sexualité et la fécondité des femmes. Elle offre un modèle féminin positif, celui d’un personnage qui maîtrise son corps et sait repousser les influences des entités malignes. Elle transpose sur le plan mythique la force cachée et la capacité de résilience des femmes d’autrefois, un vécu qui n’a guère laissé de trace écrite. La valeur prophylactique d’Omphale était peut-être implicite sur les gemmes d’apparence plus anodine. Des amulettes représentant Omphale et Hercule sont utilisées pour protéger femmes enceintes et enfants à naître dans le monde gréco-romain. "On aurait dit une reine avec son diadème ; son front, d’une blancheur bleuâtre et transparente, s'étendait large et serein sur les arcs de deux cils presque bruns, singularité qui ajoutait encore à l'effet de prunelles vert de mer d'une vivacité et d'un éclat insoutenables. Quels yeux ! avec un éclair ils décidaient de la destinée d'un homme. Ils avaient une vie, une limpidité, une ardeur, une humidité brillante que je n'ai jamais vues à un œil humain et il s'en échappait des rayons pareils à des flèches et que je voyais distinctement aboutir à mon cœur. Je ne sais si la flamme qui les illuminait venait du ciel ou de l'enfer, mais à coup sûr elle venait de l'un ou de l'autre. Cette femme était un ange ou un démon, et peut-être tous les deux. Si chaste et si calme que vous soyez, il suffit de peu pour vous faire perdre l’éternité".   Bibliographie et références:   - Apollodore, "Bibliothèque" - Aristophane, "Les Guêpes" - Callimaque, "Hymnes" - Déméter, "Les Hymnes homériques" - Diodore de Sicile: IV, 31 - Hésiode, "La Théogonie" - Hygin, "Fables": 32 - Ovide, "Héroïdes": IX, 55 - Pausanias, "Description de la Grèce" - Pausanias, "Périégèse" - Guillaume Apolliaire, "Les Onze Mille Verges" - Pierre Commelin, "Mythologie grecque et romaine" - Théophile Gauthier, "Omphale" - Victor Hugo, "Le Rouet d'Omphale"     Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 16/06/24
Bonjour  je suis de Rouen et je cherche  une domina   qui comprenne  mes throma  et m'aide à les éliminer  au fur et à mesure  
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Par : le 15/06/24
  Je pars en séminaire comme tous les ans, cette fois, à Marrakech, pour une semaine. J'ai hâte d'y retrouver Isabelle ma collègue peu farouche avec qui je flirtais de façon assez poussée à chaque rencontre : réunion, congrès, formation… refusant d'aller plus loin, elle semble néanmoins très intéressée par une autre forme de relation. C'est comme ça qu'au retour du précédent séminaire, nous avons, dans l'avion qui nous a ramené, parlé de BDSM, se promettant d'approfondir le sujet jusqu'à notre prochaine rencontre. Nous avons dialogué par mail sur les différentes pratiques et elle a accepté d'essayer la domination soft, faite de contraintes, de frustrations et d'une forme d'humiliation ainsi que de preuves d'appartenance. Pas de supplice trop douloureux à part la fessée, pas de marque ailleurs que sur les parties dites intimes. J’ai été d'accord pour la laisser mener les séances et devenir le temps du séminaire son soumis, esclave de ses moindres désirs que je lui ai promis de réaliser sans contester quelque en soit la teneur.  On se retrouve à l’aéroport, on échange quelques banalités. Les autres collègues sont là aussi. Ce n’est qu’une fois dans l’avion que l’on peut échanger sur le secret qui nous lie désormais. — Tu as apporté ce que je t’ai demandé ? — Oui, ma belle, tout est dans la soute. J’ai eu très peur que le douanier ne bloque mon bagage. Mais non c’est passé. — Les clés de la cage ? — Les voilà. — Les quatre, s’il te plait. — Voilà, voilà. Et je lui donne les 4 clés qui servent à condamner la cage de chasteté que j’ai apportée avec le gode ceinture, la règle, le martinet, les menottes et 2 plugs un petit et un plus gros. — Dès que l’on a pris possession des chambres, on se retrouve dans la mienne avant que tu n’ailles dans la tienne, m’intime-t-elle. — Bien madame. Me voilà dans sa chambre avec mes bagages —  Donne-moi la cage. Je fouille dans ma valise et en sors les différents objets de nos séances futures. S’emparant de la cage et du minuscule cadenas, elle dit : — Baisse ton froc — Mais on n’a pas le temps maintenant. Je dois aller poser ma valise dans ma chambre et on a rendez-vous en salle plénière dans moins de trente minutes. —  Baisse ton froc et mets la cage vite sinon pas la peine de compter sur moi dans la semaine. Je ne me fais pas plus prier et j’exécute, non sans mal ce qu’elle demande. La cage est très courte, munie d’un plug d’urètre. Je force un peu, me fait mal au passage du plug et me pince la peau plusieurs fois en essayant de faire passer l’embout à cadenasser avec l’anneau qui enserre mes couilles. — Ça y est ! fais vite ! Elle passe le cadenas et clic le referme, me voilà encagé. — Dégage maintenant, on se retrouve dans le hall pour tes premières instructions Je file à ma chambre, jette ma valise sur le lit et me précipite au lieu de rendez-vous. J’arrive un peu essoufflé mais comme d’habitude il y a bcp de retardataire et mon arrivée passe inaperçue. Je rejoins Isabelle qui m’a gardé une place à côté d’elle. — Tiens dit-elle, en me donnant un petit sachet en papier sensé contenir une brioche. Je regarde, à l’intérieur le petit plug me fait refermer précipitamment  le paquet de peur que quelqu’un en voit le contenu. — A la première occasion tu demandes à aller aux toilettes et tu t’enfiles le plug. — Ok, tu ne perds pas de temps. — On dit : « Bien madame » tu as oublié ? Cinquante coups de martinets pour ton impertinence. Oups, elle prend son rôle très au sérieux j’ai intérêt à filer droit. La journée se poursuit avec les répartitions de salles et l’emploi du temps de la semaine…. J’ai bien sûr obéi et je me déplace avec un peu de difficulté. Le rendez-vous est pris dans sa chambre avant le repas du soir pour y subir ma punition. La journée terminée, me voila donc dans sa chambre. — Mets-toi à poil et penche-toi sur le lit jambes bien écartées Les 1ers coups de martinets tombent sur mes fesses me faisant pousser de petits cris. Elle frappe de plus en plus fort. Elle s’excite toute seule. Je l’entends respirer de plus en plus fort. Manifestement, elle prend du plaisir à me châtier de la sorte. Je n’ose pas crier plus fort de peur que l’on nous entende à l’extérieur ou dans la chambre d’à côté. À peine le dernier coup asséné, elle m’ordonne d’une voix grave presque enrouée, preuve de son émoi. — Lèche-moi ! Sa chatte est trempée, je m’agenouille pour la lécher. Je bande comme un fou mais la cage comprime ma bite m’ôtant toute possibilité de soulagement. — Suce mon cul aussi !  Elle se retourne, écarte ses fesses de ses  mains, offrant son cul à ma langue que j’emploie à lui lécher consciencieusement, l’enfonçant même au plus profond possible. — Suce ! je veux que tu suces, pas que tu lèches. Je me mets donc à sucer, un liquide âpre emplit ma bouche mais je n’ose pas me reculer et continue à aspirer son petit trou. — Bien ça suffit ! Va te changer ! Je dois moi aussi m’habiller pour le diner. Le premier à table garde une place pour l’autre. À tout à l’heure. — Mais je garde la cage ? et le plug ? je peux l’enlever ? — Non, non, tu vas garder la cage. Et si tu te montres docile et obéissant, je te rendrais la clé avant de partir. Pour le plug, tu peux le garder aussi. Il faut que tu t’habitues à avoir un truc dans le cul. Je te prendrai au gode ceinture tous les soirs, alors reste bien ouvert c’est mieux. — Mais si je dois aller aux toilettes ? — Tu t’arranges comme tu veux du moment que lorsque je vérifie tu le portes ça me va. Sinon, c’est, punition ! Le repas se déroule comme prévu à ses côtés. Elle s’ingénie à faire des allusions au sexe. Elle parle de soumission avec les collègues, me caresse sous la table pour me faire bien sentir la cage. Ma bite me démange. La cage est de plus en plus difficile à supporter. Je me tortille sur mon siège. Je vais plusieurs fois aux toilettes pour essayer de me soulager… Mais rien n’y fait. J’ai beau mettre du froid en mouillant des serviettes en papier, j’ai tjrs envie de bander en partie à cause du plug et ça fait mal. Je décide d’enlever le plug. Je le remettrais avant qu’Isabelle s’en aperçoive. Cette salope continue, pendant toute la soirée qui s’éternise au bar, à me peloter, me glisse des trucs salaces à l’oreille, me fait regarder des gifs explicites de sodomie, de fellation, de fessées… et j’en passe dans le seul but de me maintenir en érection. J’ai eu le tort de lui expliquer que l’étroitesse de la cage me fait vraiment très mal quand je bande. Enfin la soirée se termine elle me chuchote à l’oreille : — On va dans ma chambre. — Je passe dans la mienne deux minutes et je te rejoins. — Ok ! je viens avec toi. Arrivés dans ma chambre, je prétexte une envie pressante d’uriner pour m’isoler dans les WC. — Laisse la porte ouverte ! Je veux te voir pisser. Je suis pris au piège je n’ai pas remis le plug et je m’en explique. — Ça me gêne vraiment beaucoup, tu comprends ? » — Oui, oui… j’ai compris que tu mérites une bonne punition pour avoir enfreint les règles. Que penses-tu de cinquante coups de règle sur tes jolies couilles et cinquante de martinet sur tes belles fesses. Je ne peux qu’acquiescer en pensant que la prochaine fois, je ferais plus attention. — Je dois quand même pisser, tu permets ? — Je permets mais pisse là-dedans, dit-elle en me tendant le vase posé sur un petit guéridon. Ça t’apprendra à vouloir te foutre de moi. Et tu as oublié le « Bien madame » pour la peine, tu me feras cinquante empalements sur le gros plug. Allez, on y va. Prends le vase avec toi. Tu vas avoir très soif. Je l’ai presque entièrement rempli de ma pisse. La soirée que je pense terminée ne fait que commencer pour moi. Une fois arrivés dans sa chambre, elle me fait mettre nu, me menotte les mains dans le dos, me fait mettre en position jambes écartées buste posé sur le lit, afin d’offrir mon cul au martinet. Après avoir reçu les 50 coups promis, elle m’a demandé de me retourner de rester bien droit toujours jambes écartées. Et j’ai reçu mes 50 coups de règle sur les couilles. Et je peux vous assurer qu’elle n’a pas fait semblant. Pour étouffer mes cris, elle m’a enfourné sa petite culotte dans la bouche. Entre les coups de martinets et de règle, j’ai dû boire plus de la moitié du vase. Ensuite, elle me remet dans la position du début m’écartant encore plus les jambes pour que ma rondelle soit à la hauteur du gode ceinture. Elle me besogne le cul pendant près de 45 minutes, entrant et sortant presque complétement à chaque saillie. J’ai dû boire le reste du contenu du vase tout en m’acquittant des 50 empalements sur mon plus gros plug. — Ça ira pour aujourd’hui, dit-elle avec un grand sourire. Tu vas retourner dans ta chambre, avec le plug dans ton cul. Laisse-moi le vase. Je vais refaire le plein pour demain matin. Elle m’enlève les menottes. Alors que je fais mine de me rhabiller, elle m’interrompt. — Non, non ! Tu retournes à poil. À toi de faire en sorte que l’on ne te voie pas. Allez ouste ! Dehors ! Elle me pousse dans le couloir. Je regagne ma chambre la peur au ventre de rencontrer quelqu’un. Heureusement, je ne rencontre qu’un couple qui rentrait mais pas de ma société. Une fois rentré, je m’écroule sur le lit, épuisé par le traitement subi. Le lendemain vers 8h00, on frappe à ma porte. C’est Isabelle toute fraiche et pomponnée de prêt, minijupe noire, chemisier blanc très cintré qui met sa poitrine bien en valeur. Moi, je ne suis pas encore prêt. Je finis de me préparer mais je suis encore en slip. Elle m’a rapporté mes habits et le vase de nouveau plein, cette fois de sa propre urine. — Bois ! Je porte la coupe à ma bouche et avale une gorgée timidement. — Tout ! allez bois tout d’un trait, sinon… Je bois de longues rasades de ce liquide encore tiède avec quelques haut-le-cœur, boire de la pisse si tôt le matin n’est pas ragoûtant. Elle s’en aperçoit, le verdict tombe. — Cent coups de règle et cent de martinets pour t’apprendre à apprécier mon nectar. Toute la semaine s’est déroulée ainsi : le rituel des enculades, des fessées, des coups de règle, le port du plug tous les jours et même le gros que j’ai du garder les 2 derniers jours. Quelques variantes comme lui lécher le cul encore souillé dans les toilettes, madame ne voulant plus utiliser le papier, les excitations pour me faire bander dans ma cage. Enfin nous voilà à l’aéroport. Je l’ai supplié toute la journée de me libérer mais elle attend le dernier moment pour le faire, me faisant flipper jusqu’au bout, c’est-à-dire juste avant de passer le contrôle des douanes avant l’embarquement. Je n’ai que le temps de foncer aux toilettes pour me libérer de la cage, ôter le gros plug de mon cul et cacher le tout dans ma valise. Ma queue se détend enfin et je bande tout le temps du voyage sans pouvoir me soulager. Je ne pourrais le faire que devant elle, dans les toilettes pour handicapés de l’aéroport, une fois arrivés en France. — Allez, vas-y ! Sors ta queue. Donne-moi la règle. Ecarte bien les jambes. Remets le gros plug. Branle-toi, doucement. C’est moi qui commande la manœuvre. Tous les 10 ou 15 va-et-vient au rythme qu’elle a décidé, c’est-à-dire très lentement, elle me frappe les couilles avec la règle. J’éjacule enfin au bout de 20 minutes. Elle sort des toilettes et me laisse continuer seul. Je me fais reluire une fois encore. Et je rentre jurant que plus jamais je ne me laisserais dominer comme ça.  
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Par : le 15/06/24
Fille de Cadmos et d'Harmonie, qui séduite par Athamas, roi de Béotie, Ino en grec ancien, Ἰνώ / Inố, de ἴς, ῑ̓νός / ís, ínós, "force", lui donna deux fils, Léarchos et Mélicerte. Mais Athamasavait eu de sa femme Néphélé, fantôme qu'il avait façonné à l'image d'Héra, deux fils, Phrixox et Leucon, et une fille, Hellé. La nymphe Ino obtint que Phrixos soit immolé à Zeus afin de mettre fin à une famine qui ravageait le pays. Héraklès survint à temps pour arrêter le sacrifice, un bélier d'or descendit de l'Olympe, et emporta Phrixos et Hellé vers la Colchide. Mais en traversant le détroit séparant l'Europe de l'Asie, la jeune fille, prise de vertige, tomba à la mer. Depuis lors, le détroit s'appelle l'Hellespont. Ino s'enfuit avec Mélicerte, pour tenter d'échapper à la vengeance d'Athamas et se jeta à la mer du haut des roches Scironiennes et se noya. Zeus la divinisa, ensouvenir de sa bonté envers Dionysos. Elle devint alors la déesse marine Leucothéa. Ino était l'une des filles de Cadmos, fondateur de Thèbes. Elle épousa le roi de Béotie Athamas. Celui-ci, de sa première femme, Néphélé, la Nuée qu'il avait répudiée, avait eu deux enfants, Phrixos et Hellé. Ino eut à son tour deux fils, Léarque et Mélicerte. Mais, jalouse des enfants de la première épouse, elle résolut de les faire disparaître. Ino persuada les paysannes de faire griller secrètement les grains de blé qui devaient servir de semence. Les semailles se révélèrent catastrophiques, Athamas fit consulter l'oracle de Delphes. Mais Ino suborna le messager, et celui-ci rapporta que la disette ne cesserait que si le roi sacrifiait les enfants de son premier lit. Athamas se disposait à exécuter la sentence lorsqu'un bélier ailé à la toison d'or, envoyé par Zeus chargea les deux jeunes gens sur son dos et les emporta dans les airs. Mais voici que la sœur d'Ino, Sémélé, que Zeus avait aimée, succomba, à l'instigation d'Héra, avant de mettre au monde le fils du dieu, Dionysos. Ino recueillit l'enfant, à la grande fureur d'Héra, qui frappa le couple royal de démence: Athamas égorgea son fils Léarque et Ino se précipita dans la mer, tenant contre elle Mélicerte. Les Néréides eurent pitié de la reine. Elles la prirent dans leur demeure et, sous le nom de Leucothée, la Blanche, Ino devint une divinité bienfaisante de la mer. Les Romains l'honorèrent sous le vocable de Mater Matuta et son temple fut édifié sur le Forum boarium. Ino est une déesse marginale dans la mythologie grecque. Elle intervient dans des cultes à Poséidon, vénérée par les marins grecs comme une mère protectrice. Son culte se poursuit plus tard chez les romains. Son rôle auprès d'Ulysse est un peu celui-ci. Elle lui apparaît sous la forme d'une mouette sortant de l'océan. Elle le rassure et lui conseille de quitter son radeau que Poséidon va détruire. Elle lui donne un voile à nouer autour de sa poitrine comme une bouée. Il devra le jeter à la mer une fois sur le rivage. Ino repart comme elle est venue et Ulysse suit exactement ses conseils afin d'arriver en Phéacie. Le mythe d'Ino ressemble à d'autres mythes de mortelles ou de nymphes déifiées pour leur piété. À leur mort, elles changent de noms. Ino est devenue Leucothée. Sa légende est admirable. Ino est la fille de Cadmos, roi de Thèbes, et d'Harmonie, la sœur de Sémélé et la nourrice de Dionysos, fils de Sémélé et de Zeus. Elle épouse le roi Athamas, qui a déjà deux enfants. Elle a deux fils avec Athamas et cherche à nuire au premier fils d'Athamas en brûlant toutes les semences de blé. Elle soudoie le serviteur chargé de consulter l'oracle de Delphes, à propos de ce désastre. Il faut sacrifier l'enfant pour lutter contre la famine. Juste avant le sacrifice, apparaît un bélier à toison d'or. Il enlève le jeune garçon et sa sœur et les amène en Colchide. Ino s'enfuit avec ses enfants pour échapper à la colère d'Athamas. La colère d'Héra aveugla Ino et Athamas qui tua l'un de ses fils en le prenant pour un cerf. Ino ébouillanta son fils Mélicerte et se jeta à la mer avec son cadavre pour échapper à Athamas. A la demande de Dionysos, Ino et son fils devinrent immortels sous les noms de Leucothée et de Palémon. Ino apparaît comme une pièce rapportée à la suite du rituel d'intronisation que constitue la boucle solaire effectuée par Ulysse. Elle fait charnière avec les Phéaciens. Elle apparaît comme l'antidote à la colère de Poséidon. Elle apparaît quand Poséidon apparaît, c'est à dire lorsque Ulysse s'est suffisamment éloigné d'Ogygie et du soleil.   "Comme il disait, le Messager aux rayons clairs se hâta d'obéir: il noua sous ses pieds ses divines sandales, qui, brodées de bel or, le portent sur les ondes et la terre sans bornes, vite comme le vent; il saisit la baguette dont tout à tour il charme le regard des humains ou les tire à son gré du plus profond sommeil et, sa baguette en main, l'alerte dieu aux rayons clairs prenait son vol, et, plongeant de l'azur, à travers la Périe, il tomba sur la mer, puis courut sur les flots, pareil au goéland qui chasse les poissons dans les terribles creux de la mer inféconde et va mouillant dans les embruns son lourd plumage". Elle marque avec Poséidon le retour d'Ulysse dans le panthéon traditionnel grec et, plus particulièrement, dans le panthéon des marins grecs. En effet, tous les temples où apparaît Ino-Leucothée sont côtiers et d'abord dédiés à Poséidon. Ils sont fréquentés par les marins et sont entièrement tournés vers la mer. S'il fallait un contre-poids à la colère de Poséidon, Ino est présente ainsi qu'Athéna. S'il fallait de la douceur et de la compassion, Athéna n'est pas bien placée pour en donner, seule Ino est capable de d'humanité. Comme l'apparition du cerf marquait l'entrée dans un panthéon différent du panthéon grec, archaïque, confectionné par Homère à partir de légendes étrangères, de religion crétoise ou hittite, de symboles glanés ici et là, l'apparition d'Ino-Leucothée, comme une mouette sortant de la mer, marque le retour d'Ulysse dans son univers. Quel meilleur accueil pour lui que cette déesse protectrice des marins ? Elle va l'aider contre Poséidon et lui permettre d'effectuer son retour. Pour un marin grec, Ino est la déesse à prier en cas de malheur. Elle est à sa place. Quelle curieuse construction que cette boucle solaire voulue par Homère. Les divinités semblent encore une fois attachées à leur territoire géographique selon la conception hittite. Ils n'ont rien d'universel. Incidemment, les rituels comme la morale en vigueur sont différents. Cette boucle est une incursion dans l'altérité, poussée au-delà d'une excursion lointaine puisqu'elle remonte aussi le temps vers des pratiques ignorées des grecs, probablement faites de légendes et de racontars de marin. Enfin, il y a le voile donné à Ulysse.Ce voile remplace les vêtements merveilleux donnés par Calypso. Ils appartiennent à un autre monde et gardaient Ulysse enveloppé dans une chrysalide insupportable. Les conserver aurait provoquer sa noyade. Les quitter lui donne une chance de renaître à son monde. C'est effectivement l'impression ressentie quand il atteindra la terre et jettera le voile à la mer: celle d'une renaissance précédée d'un séjour dans un liquide amniotique protégé par le voile comme un placenta reliant Ulysse à Ino-Leucothée. Telle est la légende admirable de la déesse Ino devenue Leucothée. Les femmes antiques que nous appelons "héroïnes" aujourd’hui n’étaient pas nécessairement qualifiées de la même façon par les Anciens. Le terme désigne en français une femme remarquable par son courage exceptionnel, mais aussi le personnage principal féminin dans une action réelle ou fictive. Étudier la figure de l’héroïne dans l’Antiquité place la question de la définition au centre des investigations. Andromaque est une "héroïne" dans le sens moderne du terme. Est-elle qualifiée comme "héroïne" dans la littérature et les inscriptions ? Fait-elle l’objet d’un culte ? Pour le savoir, il faut analyser la façon dont elle est nommée et sa caractérisation dans les mythes où elle intervient. Seules ces étapes permettraient de conclure. Ino secourt Ulysse, au moment où il quitte l'île de Calypso, alors que Poséidon se déchaîne sur le héros, elle lui donne un voile qui le protège de la mort et lui permet de rejoindre le rivage. "La prudence, jointe à la valeur, triomphe toujours des plus grands obstacles".   "Nous avons, mes amis, connu bien d'autres risques ! peut-il nous advenir quelque danger plus grand qu'au jour où le Cyclope, au fond de sa caverne, nous tenait enfermés sous sa prise invincible ? Pourtant, même de là, n'est ce pas ma valeur, mes conseils, mon esprit qui nous ont délivrés ? La reine descendit. Quel trouble dans son cœur ! Elle se demandait si, de loin, elle allait interroger l'époux ou s'approcher de lui et, lui prenant la tête et les mains, les baiser". Dans les sources écrites, le féminin de "hêrôs" apparaît tardivement, au début de l’époque classique. Est-ce à dire que les Grecs ne connaissaient pas d’héroïnes avant le Vème siècle ? Certes non, et plus particulièrement chez Homère. Homère est le premier à évoquer des "hêrôes". Le lien entre les cultes héroïques, leur développement et la poésie épique homérique, a fait l’objet de discussions serrées. Jusqu’ici les archéologues et historiens ont cherché dans les textes d’Homère des preuves de l’existence des cultes héroïques, afin d’évaluer le rôle de ces textes dans le développement des cultes. Leur essor correspond en effet à l’époque où la tradition épique s’est fixée. Il s’agissait de déterminer si Homère connaissait ces pratiques ou si la diffusion de l’épopée avait contribué activement au développement des cultes héroïques. L’historien peut être surpris du relatif silence d’Homère sur ces pratiques qui connurent au VIIIème siècle un développement exceptionnel. Mais ce phénomène est lié à la nature même de l’épopée. La poésie épique constitue une forme de "mnêma". Elle contribue à cultiver le souvenir du héros par les improvisations et récitations. En mettant en scène les héros du passé, elle exclut toute allusion directe aux cultes héroïques, car elle fait un choix parmi les meilleurs des héros et les fait vivre. La place des femmes dans les pratiques cultuelles héroïques de la période géométrique n’a pas fait l’objet d’une analyse d’ensemble, et ce probablement pour plusieurs raisons. La première, et peut-être la principale explication tient au caractère proprement anonyme d’un certain nombre de ces cultes. Comment distinguer une héroïne d’un héros quand l’identité des bénéficiaires des cultes est impossible à préciser ? Cette identité genrée avait-elle une quelconque importance ? L’anonymat de certains cultes de héros se maintient à l’époque classique comme en témoignent les calendriers attiques, mais désormais le héros est distingué de l’héroïne. Il est aussi possible que "hêrôs" ait suffi à définir un personnage de héros, sans distinction de genre. On sait notamment qu’en grec "déesse" se dit "theos" précédée de l’article féminin ou "thea". Comment y démêler la place des femmes et peser l’importance en termes de genre ? Enfin, dans bien des cas et tout particulièrement pour les sépultures mycéniennes auxquelles un culte est rendu à l’âge du Fer, il est bien souvent impossible de déterminer le sexe du ou des occupants. Mais les Anciens le pouvaient-ils eux-mêmes ? La distinction de genre dans les pratiques funéraires est rare ou difficile à établir.  Les fouilles archéologiques ne permettent pas toujours de préciser la part qu’occupent les femmes dans les tombes auxquelles un culte était rendu et l’archéologie du genre n’en est qu’à ses débuts. La particularité de certains de ces cultes héroïques repose cependant sur la primauté de la figure féminine, déesse locale avant de devenir, dans un second temps, héroïne: pour Hélène, cette distinction est rendue visible par l’existence de deux lieux de culte près de Sparte. La déesse est honorée à Therapnè, et la femme du héros Ménélas à Platanistas. La déesse précède le héros dans les cultes et l’héroïne n’apparaît que dans un second temps. "Dis-moi une partie de ces choses, Déesse, fille de Zeus. Ino est silencieuse".   "De même qu’un lion facilement met en pièces les jeunes faons d’une biche rapide, lorsqu’il les a saisis avec ses fortes dents après avoir pénétré dans leur gite, et leur enlève leur délicate vie. La biche alors, si proche qu’elle soit, ne peut les secourir, car une frayeur terrible l’envahit, et elle s’élance éperdument à travers les fourrés des forêts et des bois, halète et ruisselle, pressée par l’élan du fauve redoutable". Dans l’Iliade et l’Odyssée trois objets d’analyse sont à notre disposition. Il y a l’épithète "aristos", associé à "hêrôs", qui sert à caractériser le héros homérique et plus généralement à distinguer des guerriers. Si "hêrôs" n’est jamais employé pour une femme, certaines sont dites "les meilleures". Dans le registre de l’héroïsme homérique s’établit donc une équivalence marquée entre les exploits masculins et les qualités physiques féminines. L’association de l’épithète et de la formulation "dia gynaikôn" va dans le même sens. "Aristê" qualifie toujours une ou plusieurs jeunes filles dans un contexte de mariage. Ces femmes dites les plus belles peuvent être considérées comme des héros au féminin, plutôt que proprement des héroïnes. Comme elles ne sont pas désignées par un terme générique, l’appellation "héros au féminin" est plus neutre et permet de souligner qu’une catégorie propre n’est pas encore en place, même si ces femmes remarquables sont qualifiées comme des héros. Laodice, Cassandre ou Alceste sont filles de héros et de roi et leur perfection physique leur permet d’acquérir un statut social spécifique qui confirme et renforce le prestige de leur origine (ce dont témoigne le mariage mis en valeur). Péribée est dans une situation légèrement différente: elle est fille de héros mais fut surtout la maîtresse de Poséidon. Son fils Nausithoos est un héros au sens de demi-dieu. Autre élément d’analyse, femmes et filles d’"aristoi" sont considérées comme une catégorie particulière de femmes exemplaires et elles sont énumérées comme telles dans la "nekuya". Au cours de cet épisode, Ulysse entre en contact avec l’au-delà et rencontre un certain nombre de personnages défunts, dont des femmes, dans le passage qu’on appelle traditionnellement et de manière abusive le catalogue des héroïnes. Elles représentent un second aspect de l’héroïsme au féminin chez Homère. En effet, elles sont mortes et sont singularisées par leur appartenance à la lignée des héros. Le passage homérique est encadré par deux formules qui précisent le statut des femmes évoquées: au vers 227, "les femmes et filles des meilleurs", et au vers 329, "les femmes et filles de héros". L’Odyssée propose donc ce qui a été interprété comme une première liste d’héroïnes présentées d’emblée selon les critères familiaux. L’épisode occupe une place réelle dans l’économie de l’action et du chant XI. En XI, 328, en clôture, Ulysse explique: "Je ne pourrai toutes les raconter ni les nommer". Sans prétention à l’exhaustivité, il présente les femmes et filles qu’il a le plus facilement identifiées et auxquelles il parle. La rencontre avec les morts est motivée par les prédictions de Tirésias qui révèlent à Ulysse la conduite à tenir et une partie de l’avenir (de façon tout à fait illusoire, puisque les compagnons d’Ulysse mangeront les troupeaux du soleil malgré l’interdiction du devin). Les personnages rencontrés au cours de l’épisode sont des morts en relation avec Ulysse. Elpénor est un compagnon mort par accident et sans sépulture. Les quatorze femmes nommées dans la suite jouent un rôle dans l’équilibre de la "nekuya". Leur apparition se place entre le dialogue avec Anticlée, femme d’Autolycos et mère d’Ulysse.    "Il touchait au cadavre quand le brillant Hector le frappa d'une pierre à la tête. Toute la tête se fendit en deux sous le casque pesant. Face en avant, sur le cadavre, il tomba, et la mort briseuse d'âmes se répandit autour de lui. La perte de son ami fut à Patrocle une rude douleur. Ce fut lui qui vint ici jadis chercher les chevaux de Laomédon et, avec six nefs seulement et un petit nombre d’hommes, sut ravager la ville d’Ilion et vider d’hommes ses rues. Mais toi, ton cœur est lâche et ton monde périt. J’imagine que tu ne seras pas venu de Lycie pour être d’un secours quelconque aux Troyens, si fort que tu sois, et qu’au contraire tu vas, dompté par moi, passer les portes d’Hadès". L’épisode donne une sorte de concentré de l’image de la femme dans l’épopée. Dans cette brève énumération, la structure repose sur un jeu d’opposition et de complémentarité: la jeunesse/la vieillesse, les hommes/les femmes, les jeunes mariés et les jeunes vierges, les jeunes vierges et les guerriers tombés au combat. Deux hypothèses permettent d’expliquer la présence des femmes : dans un premier temps, elles nourrissent la parole d’Ulysse. Quand Ulysse accepte d’évoquer les héros, il s’appuie sur le rôle des femmes dans le destin de ses compagnons de la guerre de Troie: "C’est en plein retour que, par la volonté d’une femme maudite, ils allaient succomber" (Od. xi, 384) dit-il à Alkinoos, puis il enchaîne en reprenant son récit là où il l’avait laissé: "Donc les femmes s’étaient dispersées çà et là" (385). Les femmes constituent un élément de cohérence narrative supplémentaire. Elles rendent possible l’étape suivante que constitue la rencontre avec les héros troyens, puis ceux du passé. Le récit de la vie de certaines femmes, quand il est développé, permet aussi d’amorcer la suite du passage et la rencontre avec certains héros. Il y a aussi les femmes remarquables des épopées car elles jouent un rôle dans le "drama", mais ne sont pas à proprement parler singularisées comme héros au féminin. S’agit-il d’une troisième catégorie d’héroïnes homériques ? D’une certaine manière, des paires peuvent se retrouver qui les associent à un héros et c’est en ce sens qu’elles peuvent rejoindre "les femmes et filles de héros". Si Achille est bien le meilleur des Achéens, Hélène est, de part la tradition, la plus belle des femmes. Comme les héros, les femmes des épopées n’ont reçu des cultes que de façon très marginale et dans un contexte davantage lié aux cultes locaux qu’à une influence directe des épopées. Ino était une princesse de Thèbes et l'épouse du roi Athamas de Béotie dans la mythologie grecque. Elle aida à élever Dionysos, le dieu du vin, mais le mythe le plus célèbre qui lui est associé est sa descente dans la folie et le destin tragique de sa famille. Après avoir perdu la raison et sauté d'une falaise avec son fils Melicerte, Ino et son fils furent sauvés par sa grand-mère Aphrodite, et le dieu de la mer, Poséidon, qui les transforma en la déesse de la mer Leucothée et le dieu de la mer Palémon. Dans l'Odyssée d'Homère, (vers 750 av. J.-C.), Leucothée sauva le héros grec Ulysse après que Poséidon eut déclenché une violente tempête. Selon Apollodore (vers 180 av. J.-C.), le dieu Hermès amena un nouveau-né, Dionysos, à Ino et Athamas pour qu'ils s'occupent de lui. Hermès les persuada de l'élever en tant que femme. Héra, furieuse qu'Ino s'occupe de Dionysos, envoya Tisiphone, l'une des Furies, pour faire sombrer Ino et Athamas dans la folie. Une fois Ino et Athamas rendus fous, Zeus emmena Dionysos chez les nymphes nysiennes. D'autres versions du mythe affirment que ce furent les nymphes nysiennes qui élevèrent Dionysos dans un premier temps avant de le laisser aux bons soins d'Ino et Athamas. Lorsque parut la fille du matin, l'aube aux doigts roses.   "Ce fut lui qui vint ici jadis chercher les chevaux de Laomédon et, avec six nefs seulement et un petit nombre d’hommes, sut ravager la ville d’Ilion et vider d’hommes ses rues. Mais toi, ton cœur est lâche et ton monde périt. J’imagine que tu ne seras pas venu de Lycie pour être d’un secours quelconque aux Troyens, si fort que tu sois, et qu’au contraire tu vas, dompté par moi, passer les portes d’Hadès". Une autre tradition veut que Sémélé et le bébé Dionysos aient été placés dans un coffre par son père Cadmos et aient été envoyés en mer. Le coffre s'échoua à Prasiae (Brysées), où l'on découvrit que Sémélé était morte. Ino passa devant le coffre au cours de ses voyages, trouva son neveu vivant et en bonne santé, et le prit en charge pour l'élever dans une grotte voisine. Penthée était le fils d'Agavé et le neveu d'Ino, qui connut une fin horrible aux mains de sa propre mère et de ses tantes Ino et Autonoé, qui l'assassinèrent dans une frénésie dionysiaque après que Penthée eut refusé d'adorer Dionysos. "Aie pitié de moi, mère; oui, c'est moi qui suis coupable, mais ne tue pas ton fils." Elle, l'écume à la bouche et roulant des yeux hagards, n'a pas les sentiments qu'elle doit. Elle est possédée du dieu, elle n'écoute pas son enfant. Elle prend son bras gauche dans ses mains et, un pied sur le flanc de l'infortuné, elle le lui arrache de l'épaule, non par sa propre force, mais le dieu lui donnait l'aide de sa toute-puissance. Inô, de l'autre côté, fait de même, lui déchire les chairs. Autonoé et toute la foule des Bacchantes s'acharnent sur lui. (Euripide, "Les Bacchantes"). L'histoire de la descente d'Ino et d'Athamas dans la folie diffère selon l'auteur et la source. Selon Ovide (43 av. J.-C. à 17 ap. J.-C.), dans ses "Métamorphoses", Tisiphone, l'une des Furies, aurait, sur ordre d'Héra, jeté deux serpents et une potion venimeuse sur Ino et Athamas, ce qui les aurait rendus fous. Ino se jeta du haut d'une falaise dans la mer avec son fils Melicerte dans les bras, tandis qu'Athamas frappa leur autre fils, Léarque, contre un mur jusqu'à ce qu'il meure. Aphrodite, la grand-mère d'Ino, demanda à Poséidon de sauver sa petite-fille et de transformer Ino et son fils en créatures marines. Apollodore donne plus de détails dans sa version du mythe. Il écrit qu'avant son mariage avec Ino, le roi Athamas avait eu deux enfants avec la déesse des nuages Néphélé. Ino détestait ses beaux-enfants et conçut un plan pour s'en débarrasser. Elle s'arrangea pour que les récoltes soient mauvaises, obligeant Athamas à consulter l'oracle de Delphes. Ino intercepta son messager et le soudoya pour qu'il dise que le seul moyen d'assurer la reprise des récoltes était de sacrifier le fils d'Athamas, Phrixos. Athamas se prépara à sacrifier son fils, mais Néphélé descendit en piqué et les sauva, lui et sa sœur Hellé. Apollodore écrit également qu'après avoir été rendue folle par Héra, Ino jeta Melicerte dans un chaudron bouillant avant de sauter dans la mer avec lui. Tandis qu'Athamas, en proie au délire, chassait Léarque, croyant qu'il s'agissait d'un cerf. Selon une autre version, le roi Athamas fut exilé de Béotie et fonda une communauté en Thessalie. Il épousa la princesse thessalienne Thémisto, et ensemble ils eurent Érythrios, Leucon, Schénéus et Ptoos. Thémisto voulait se débarrasser des enfants d'Athamas et d'Ino, mais elle finit par tuer accidentellement ses propres enfants. Athamas devint fou et tua le fils d'Ino et le sien, Léarque, ce qui poussa Ino à se jeter dans la mer. Après qu'Ino soit devenue folle et ait sauté d'une falaise avec son plus jeune fils Melicerte dans les bras, Aphrodite eut pitié de sa petite-fille et supplia alors Poséidon de les sauver.    "La divine Calypso m'a retenu près d'elle, dans ces grottes profondes, pour que je devienne son époux. L'artificiel Circé ma elle aussi retenu dans son palais afin que je devienne son époux. Mais jamais, au fond de moi, mon coeur il n'y a consenti. Car il n'est rien de plus doux pour un homme que sa patrie et sa famille, quand même quand il habite une riche demeure située loin de chez lui, en terre étrangère". Poséidon transforma Ino en déesse de la mer, connue sous le nom de Leucothée ("la déesse blanche"), et Melicerte en dieu de la mer, connu sous le nom de Palémon. Les fidèles d'Ino avaient suivi ses traces de pas jusqu'au bord de la falaise. Sachant qu'elle était probablement morte, ils crièrent leur chagrin pour la funeste maison de Cadmos. Ils maudirent également Héra pour sa cruauté et plusieurs d'entre eux menacèrent de suivre Ino dans la mer. La réponse d'Héra fut de transformer ce groupe de pleureuses en mouettes qui volent encore aujourd'hui au-dessus de la mer Ionienne. Le mythe le plus célèbre associé à Leucothée est son sauvetage du héros grec Ulysse. Poséidon avait déclenché une énorme tempête qui s'était abattue sur Ulysse, accroché au radeau qu'il avait fabriqué. Leucothée émergea des vagues et ordonna à Ulysse d'abandonner son radeau et de nager. Mais Ulysse est aperçu par la fille de Cadmus, la belle Ino, qui, mortelle autrefois, parla le langage des hommes, et qui maintenant, sous le nom de Leucothée, partage sous les flots les honneurs dus aux dieux. Cette déesse prend pitié du héros errant sur la mer et souffrant mille douleurs, semblable à un oiseau plongeur, elle s'élance du gouffre des eaux, elle se place sur le radeau d'Ulysse et lui adresse ces paroles: " Malheureux ! pourquoi Neptune est-il si violemment irrité contre toi ? Pourquoi te prépare-t-il des maux si grands et si terribles ? Non, malgré son désir, il ne te perdra pas ! Fais ce que je vais te dire. Quitte tes habits, abandonne aux vents ton radeau, et, gagne, en nageant avec force, le pays des Phéaciens où le destin veut que tu sois sauvé. Puis entoure ta poitrine de ce voile sacré, et désormais tu n'auras à craindre ni les souffrances, ni la mort. Lorsque tes mains auront touché la plage, détache ce voile, et jette-le loin des rives, dans la mer ténébreuse, en détournant le visage"(Homère, Odyssée). Leucothée tendit à Ulysse son écharpe et lui dit qu'elle était immortelle, et l'avertit de la rejeter à la mer une fois qu'il aurait atteint la terre ferme. Il nagea avec acharnement et finit par atteindre la terre des Phéaciens avec l'aide d'Athéna. Ino et Leucothée faisaient l'objet d'un grand culte dans toute la Grèce. Dans sa "Description de la Grèce", Pausanias (115 à v. 180 de notre ère) écrit qu'en Attique, sur la route du Prytanée (lieu de réunion du gouvernement), un monticule était dédié à Ino, sur lequel poussaient des oliviers. Il affirme que les habitants de Mégare étaient les seuls en Grèce à croire qu'Ino avait échoué sur leurs côtes et qu'ils furent les premiers à l'appeler Leucothée et à lui offrir des sacrifices. Les habitants de l'Attique croyaient également que la Roche molourienne était sacrée pour Leucothée et son fils Palémon. À Corinthe, une statue de Leucothée se trouve dans le temple de Palémon, ainsi qu'une statue de Poséidon. Sur la route de Léchaion à Corinthe se trouvaient des sculptures d'Hermès, de Leucothée, de Poséidon et de Palémon sur un dauphin. En Laconie, un petit lac était appelé l'Eau d'Ino par les habitants, qui y jetaient des pains d'orge lors de la fête d'Ino. Un hymne orphique est également consacré à Leucothée, où elle est encore considérée comme une déesse vénérée et comme la plus grande sauveuse des mortels.   Bibliographie et références:   - Apollodore, "Bibliothèque" - Apollodore, "Épitome" - Eschyle, "L'Orestie" - Eschyle, "Les Suppliantes" - Euripide, "Danaïdes" - Hésiode, "Théogonie" - Hésiode, "Travaux" - Homère, "Odyssée" - Nonnos de Panopolis, "Dionysiaques" - Ovide, "Héroïdes" - Pausanias, "Description de la Grèce" - Pindare, "Odes" - Pindare, "Pythiques"   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 14/06/24
Son récit (mardi 18 décembre 2018 14:30) : RETROUVAILLES D'AUTOMNE écrit par ma douce S...... Nos retrouvailles !  Nous nous embrassons fougueusement, heureux d’être dans les bras l’un de l’autre. Nos mains caressent nos corps.  Mon maître me propose un thé que j’accepte volontiers. Pendant l’infusion de ce thé, nos caresses reprennent en finissant à ses genoux, son gland dans ma bouche. Une fois le thé terminé, le maître me demande de poser un pied sur la chaise qui est prêt de moi. Son sexe s’enfonce délicieusement à l’entrée de mon vagin. Il me demande ensuite de me pencher sur le fauteuil pour s’enfoncer dans mon petit trou et en me donnant des fessées qui augmente mon plaisir.  Arrivée dans la chambre, je m’allonge sur lit, le visage au bord. Le maître attache mes poignets par une corde ainsi que mes chevilles par une autre et bande mes yeux. Me voici attachée, écartelée, prête à recevoir mon maître.  Je sens une chose très douce caresser mon visage, mes seins puis des petits pics sur mes seins. Une chose arrive près de ma bouche, je l’ouvre, cette chose entre dans ma bouche. Je reconnais de suite ce que c’est, le bout en cuir de sa ceinture. Je comprends alors ce qu’il m’attend. Les coups de ceinture se font ressentir sur mes seins puis contre mes petites lèvres, mon clito. Mon corps se tend mais il est bloqué par les cordes qui me tiennent en otage.  Le maître me demande d’ouvrir ma bouche, son gland entre, glisse sur ma langue, s’enfonce encore et encore jusqu’à atteindre ma gorge. Le maître caresse mon clito, le lèche pendant que son sexe est au fond de ma gorge. Les sensations que je ressens à ce moment sont incroyable, indescriptible mais tellement bon. Le maître se retire, me laisse reprendre mon souffle puis recommence encore et encore. Par moment, je suis prête à jouir tant ses caresses sont agréable et de lui apporté un tel plaisir, LE PLAISIR.  Le maître libère mes poignets et chevilles, s’enfonce en moi, au fond de mon vagin pour me faire jouir encore et encore.  Après un moment de repos dans les bras de mon maître, je caresse son sexe, le suce puis viens sur lui pour m’enfoncer sur son sexe. Je suis prête à jouir lorsque le maître reprend le contrôle en changeant de position, je me retrouve sous lui. Il me fait jouir à plusieurs reprises puis décide de s’enfoncer à nouveau dans ma gorge. Je me positionne, son gland s’enfonce pendant qu’il me caresse. Il reste ainsi un petit moment, je me surprends moi-même à ne pas me débattre, la sensation est agréable. Il se retire puis s’enfonce direct au fond de mon vagin, ma jouissance est immédiate et grandiose. Le maître répète cette scène plusieurs fois. A ma fin je n’en peux plus mais impossible de dire le mot d’alerte, la jouissance est trop intense.  Le maître éjacule dans ma bouche. Je déguste son nectar jusqu’à la dernière goute.  Nous nous retrouvons dans les bras l’un de l’autre, je me sens vidé et heureuse.
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Par : le 14/06/24
Dans la mythologie grecque, Harmonie du grec ancien," Ἁρμονία" , est la fille d'Arès et d'Aphrodite que Zeus donna en mariage au fondateur de Thèbes, Cadmos. Les douze dieux de l'Olympe assistèrent à ses noces, et lui firent de somptueux présents. Hermès lui fit don d'une lyre. Déméter lui promit une extraordinaire récolte d'orge en s'unissant, durant la cérémonie, avec Iason dans un champ labouré trois fois. Electre lui enseigna les rites secrets de la Grande Déesse. Athéna lui offrit un péplos, tunique brodée d'or, tissé par elle et une paire de flûtes, et d'Aphrodite, elle reçut le collier d'or magique ciselé avec art par Héphaïtos, offert autrefois à Europe par Zeus, qui conférait à celle qui le portait une beauté irrésistible. Ce furent des noces magnifiques: les Muses chantèrent et dansèrent au son de la flûte jouée par Apollon. Le couple vécut heureux pendant quelques années et donna naissance à Sémélé, Ino, Autonoé, Agavé et Polydoros. Harmonie demeura aux côtés de son mari lorsque des évènements tragiques mirent alors fin à leur félicité, provoqués par le collier d'Aphrodite et le péplos d'Athéna, objets maléfiques qui firent le malheur de leurs descendants. Le péplos fut remis à Eriphyles puis à son fils Alcméon, qui périt à la guerre de Troie, après avoir tué de sa main Laodamas, le fils d'Etéocle, puis sa mère, parce qu'elle l'avait incité ainsi que son père, le devin Amphiaros, à participer à des combats avec l'espoir qu'ils n'en reviendraient pas. Le collier et le péplos échurent ensuite à Arsinoé, fille de Phégée, qui avait purifié Alcméon du meutre de sa mère. Puis ils furent repris par Alcméon qui les offrit à sa seconde épouse, Callirhoé, fille du dieu fleuve Achéloos. Furieux, Phégée fit tuer Alcméon par ses fils Agénor et Pronoos. Tous trois, maudits par Arsinoé, furent exterminés par les deux fils de Callirhoé, Amphotros et Arcanan. On connait le sort tragique d'Œdipe, petit-fils d'Harmonie, et celui de Sémélé, amante de Zeus. Ino, frappée de folie, se précipita d'une falaise. Agavé épousa le roi d'Illyrie, Lycothersès. Un jour, elle dénonça la liaison de  Zeus et de Sémélé et, frappée de démence par Zeus, démembra son fils Penthée qui avait succédé à son père sur le trône de Thèbes. Plus tard, lorsqu'elle apprit que ses parents régnaient sur les Enchéléens, elle tua son mari avec l'aide de sa sœur Autonoé et remis son royaume à son père Cadmos. La malédiction se poursuivait. En effet, selon la prédiction de Dionysos, Cadmos et sa fidèle épouse émigrèrent chez les Enchéléens qui les choisirent pour souverains. Ces peuplades barbares pillèrent de nombreuses villes grecques et le temple d'Apollon qui voulu les punir sévèrement. Mais Arès vint à leur secours, et les transforma en serpents tachetés de bleu et ils furent envoyés par Zeus dans l'île des Bienheureux. Harmonie est aussi le nom d'une nymphe qui fut la mère par Arès des Amazones d'après Apollonius de Rhodes (II,986). Le mythe du mariage de Cadmos et d'Harmonie présidé par douze dieux olympiens relate la reconnaissancepar les Hellènes des conquérants cadmiens de Thèbes, après la garantie des Athéniens et après qu'ils eurent été sérieusement initiés aux Mystères de Samothrace. Les Européens sont fils d'une femme arrivée d'Asie et L'harmonie naît de la rencontre de la guerre avec l'amour. Finalement, les bijoux furent donnés en offrande à Athéna et placés dans son temple de Delphes. Mais la malédiction ne s'arrêta pas pour autant. Le tyran Phayllosvola le collier pour en faire cadeau à sa maîtresse, la femme d'Ariston. Elle le porta quelque temps jusqu'à ce que son jeune fils fut saisi de folie et mit le feu à la maison, où elle périt.    "Les dieux ne dispensent point également leurs dons à tous les hommes, la beauté, la prudence ou l'éloquence. Souvent un homme n'a point de beauté, mais un dieu l'orne par la parole, et tous sont charmés devant lui, car il parle avec assurance et une douce modestie, et il domine l'agora, et, quand il marche par la ville, on le regarde comme un dieu. Un autre est alors semblable aux dieux par sa beauté, mais il ne lui a pas été accordé de bien parler". Harmonie est la conséquence de flagrantes délices où Arès et Aphrodite, piégés dans le filet magique d’Héphaïstos furent soumis dans une involontaire phanérogamie aux sarcasmes des dieux. Harmonie est donc ainsi née d’une scandaleuse union entre l’agressivité d’Arès et le désir d’Aphrodite, divinité plus primordiale que Zeus. Tandis que la Grèce appelait harmonies les divers agencements, affinités et hiérarchies des intervalles successifs dans les gammes, les notes se heurtèrent comme les armes d’Arès, ou s’attirèrent comme sous le charme d’Aphrodite. C’est sans doute cette déesse si sensible qui entraîna toutes les cadences vers la tonique. Son amant, lui, ne se plaîsait qu’aux bruits. Europe, fille ainée du roi de Phénicie, et petite-fille de l’Afrique, a été enlevée par Zeus déguisé en taureau, et ses trois frères ont pour mission de la retrouver. L’un d’eux, Cadmos, n’y étant pas parvenu, ne retournera pas alors en Phénicie, inaugurant néanmoins la civilisation européenne en alphabétisant les Béotiens. Mais pour fonder sa ville de Thèbes, dont le site lui a été indiqué par une vache, il a dû tuer le dragon d’Arès, donnant naissance à une population belliqueuse. Zeus a accordé à Cadmos la main d’Harmonie, et le trousseau de noces contient comme pièces principales une robe tissée par Athéna et un merveilleux collier forgé par Héphaïstos lui-même. Athéna et Héphaïstos ne supportent pas Harmonie, scandaleuse bâtarde parmi les Olympiens, et du collier va émaner une longue série de catastrophes. La malédiction est dans le trousseau; le scénario se répète d’une génération à l'autre. La beauté divine du collier suscite de telles convoitises qu’il entraîne dissensions, calomnies, meurtres et trahisons.C'est à cause de lui qu’échoue la première expédition des Sept contre Thèbes, ou que les fils d’Œdipe s’entretuent. On crut en avoir fini avec la malédiction lorsque les enfants d’Alcméon allèrent déposer le trousseau dans le sanctuaire de Delphes, où on put l’admirer pendant des siècles. Mais en 352, sous le règne de Philippe de Macédoine, les troubles de la"guerre sacrée" ont conduit Phayllos, un des chefs phocidiens, à commettre un imprudent sacrilège: il s’est emparé ducollier pour l’offrir à sa maîtresse. Celle-ci en a orné son enfant, qui est devenu fou, a mis le feu à la maison, et a causé la mort de l'imprudente dans l'incendie. La trace du collier a depuis lors été perdue, mais nous sommes peut-être en mesure de faire quelques hypothèses. L’irrésistible attrait de ce bijou qui ornait Europe, puis Harmonie, estlié à la violence initiale qui l’a fait créer. Tout se passe comme si, se substituant à l’image d’une Europe introuvable depuis son rapt par l’Esprit en personne, la postérité de l’asiatique Cadmos devait répéter à l’infini une erreur féconde mais fatale. Arès et Aphrodite ont choqué l’ordre divin en enfantant Harmonie. La vie du couple inspira la première tragédie lyrique de Jean-Baptiste Lully. Les récits fondateurs de Thèbes offrent un terrain de réflexion privilégié sur le rapport entre mythe et histoire. Comment ce produit de la pensée et de la culture grecques, le mythe, peut-il donc mettre en forme le passé historique de la cité et comment recrée-t-il ce passé ? Quelles déductions pouvons-nous faire sur la nature de l’histoire contenue dans les récits fondateurs ? Tels sont les centres d’intérêt de cette réflexion axée sur l’approche de l’histoire par les Thébains de l’époque archaïque, une communauté humaine et politique qui a créé du mythe en vue de s’approprier son passé. Une particularité frappante des mythes fondateurs thébains réside dans le fait qu’ils semblent bien avoir retenu des faits historiques. La façon dont ils sont susceptibles de l’avoir fait permet de les considérer ainsi comme un “genre” historique tout à fait novateur.   "L'Aurore aux doigts de roses les eût trouvés pleurant, sans l'idée qu'Athéna, la déesse aux yeux pers, eut d'allonger la nuit qui recouvrait le monde. Elle retint l'Aurore aux bords de l'Océan, près de son trône d'or, en lui faisant défense de mettre sous le joug pour éclairer les hommes, ses rapides chevaux Lampos et Phaéton, les poulains de l'Aurore. Car le divin Ulysse en cette terre n'est pas mort, il est encore vivant, mais captif de la vaste mer, dans une île des eaux, des brutes l'ont entre leurs mains,des sauvages contre son gré qui le retiennent". L’analyse doit s’appuyer sur deux mythes qui, de toute évidence, présentent chacun une forme de langage traditionnel des Thébains sur leur passé. Celui d’Amphion et Zéthos d’abord, un récit bien connu: ces jumeaux édifièrent ensemble les célèbres murailles de Thèbes, Amphion en commandant ainsi magiquement aux pierres grâce aux sons de sa lyre, Zéthos en les transportant grâce à sa force surhumaine. Ainsi les Thébains avaient-ils édifié une histoire des origines pour expliquer l’existence de remparts connus de nous pour leurs origines mycéniennes. Ce premier mythe a donc ceci d’intéressant qu’il intègre de quelque façon une réalité historique objective. Les modernes sont allés jusqu’à conclure à l’origine mycénienne du mythe et des héros et donc à un mode de mémoration de l’histoire soucieux de retenir avec fidélité ce passé mycénien. Mais il est un second cycle fondateur encore plus saisissant en raison de son aspect historique pour le moins énigmatique : celui de Kadmos. D’après le mythe, le héros vint fonder Thèbes après un long voyage depuis la Phénicie, à la recherche de sa sœur Europe. Parti de Tyr ou de Sidon, Kadmos arriva, au terme de ses errances, sur le site de la future Thèbes où il s’installa, fondant la cité avec les Spartes, guerriers nés du sol et ancêtres des Thébains. Pourquoi parler d’un aspect historique énigmatique ? Parce que ce récit frappe d’emblée pour sa vraisemblance historique lorsqu’on connaît les contacts qui ont réellement existé entre la Béotie et l’Orient. L’histoire de Kadmos a ainsi été considérée comme un événement historique véridique: elle est censée être le reflet de l’installation, durant l’époque mycénienne, d’immigrés orientaux à Thèbe où ont été retrouvés les fameux sceaux-cylindres babyloniens longtemps attribués à la venue de Kadmos. Considérer le mythe comme un récit historique fidèle revient à appliquer au mode de pensée grec une conception de l’histoire qui nous est propre : celui d’une conservation sourcilleuse des faits du passé. Le mythe de Kadmos ainsi a tout particulièrement été considéré comme un genre d’annale, ni plus ni moins.Par ailleurs, il faut davantage tenir compte de la forme de rationalité bien à part que représente un mythe, susceptible d’opérer une distorsion des faits et de l’histoire. Quand il est en outre fondateur, tel mode culturel d’expression du passé évolue dans un contexte dont les contours doivent être cernés plus méthodiquement. "Écoute donc la prédiction".     "Nous vivons à l'écart et les derniers des peuples, en cette mer des houles, si loin que nul mortel n'a commerce avec nous. Vous êtes injustes, ô dieux, et les plus jaloux des autres dieux, et vous enviez les déesses qui dorment ouvertement avec les hommes qu'elles choisissent pour leurs maris". Or, le mythe fondateur fonctionne dans un espace de pensée. Il est articulé dans une vision originale du monde faite de croyances en dieux et en héros, tous porteurs d’une approche spécifique de l’espace et du temps. Il est, de même, contextualisé dans un espace de vie: la Cité, laquelle produit du mythe suivant une orientation originale. À la Cité correspondent des besoins communautaires qui, me semble-t-il, concernent directement notre problème de mise en forme de l’histoire, car ces besoins sont susceptibles d’opérer une approche de l’histoire sous l’angle d’un vécu communautaire. Si aujourd’hui les chercheurs n’ont plus guère tendance à reconnaître une littéralité historique dans ces mythes, il reste toutefois à déployer une argumentation montrant dans quelle mesure la mémoire historique thébaine réinterprète le passé et le réinvente selon un processus culturel et historique nécessitant d’être analysé de près, d’autant que celui-ci est ainsi observable depuis l’époque archaïque jusqu’aux époques classique et hellénistique. La clé de ce processus se trouve dans les figures de héros fondateurs dont la formation historique est synonyme des mises en formes successives de leur passé par les Thébains. Le mythe d’Amphion et Zéthos semble apparu tout d’abord, celui de Kadmos ensuite. Voyons les sources homériques. Amphion et Zéthos apparaissent dans le Catalogue des Dames de l’"Odyssée" où leur primauté en tant que fondateurs est explicitement soulignée: Ulysse, venu au royaume des morts, affirme au chant XI.260-265: "Puis je vis Antiope, la fille d’Asopos, qui se vantait d’avoir dormi aux bras de Zeus. Elle en conçut deux fils, Amphion et Zéthos, les premiers fondateurs de la Thèbes aux sept portes qu’ils munirent de tours, car, malgré leur vaillance, ils ne pouvaient sans tours habiter cette plaine". La primauté homérique donnée à Amphion et Zéthos a servi d’argument pour dire que Kadmos, en tant que fondateur, fut marginalisé en raison de son origine orientale. Ce genre d’hypothèse qui rythme les débats consiste à expliquer la formation des traditions thébaines par le phénomène de propagande politique menée au moyen du mythe. Or, il semble qu’il faille attribuer la formation de ces mythes à une conception plus large du politique, celle qui est centrée sur les représentations culturelles de la Cité, créatrices de figures héroïques aux contours bien particuliers. En effet, le mythe d’Amphion et de Zéthos paraît tout droit issu d’un ensemble de conceptions homériques relatives à l’idée embryonnaire de "polis". Les murailles de Thèbes construites par les jumeaux ne se distinguent en rien d’autres "poleis" homériques, également définies comme telles à partir de leurs remparts, comme Schérie par exemple, qu’Homère distingue pour ses fortifications et ses maisons bien élevées. L’importance de telle architecture dans la littérature homérique peut se justifier par rapport aux violences contemporaines, omniprésentes à l’arrière-plan des remparts. Sur ce point, le mythe d’Amphion et Zéthos intègre un type de réalité historique propre au mode de vie des communautés du début de l’époque archaïque. Par ailleurs, la formation de tel mythe s’éclaire à la lumière des attributions que la poésie épique confère ainsi, suivant ce même contexte historique, à l’héroïsme homérique.    "Allons Achille, dompte ton cœur superbe. Non, ce n'est pas à toi d'avoir une âme impitoyable, alors que les dieux mêmes se laissent toucher. N'ont-ils pas plus que toi mérite, gloire et force ? Les hommes pourtant les fléchissent avec des offrandes, de douces prières, des libations et la fumée des sacrifices, quand ils les viennent implorer après quelque faute ou erreur. C'est qu'il y a les Prières, les filles du grand Zeus". Les héros constructeurs de murailles deviennent ainsi des fondateurs d’un genre particulier: ils prennent valeur historique aux yeux d’une communauté qui leur confère l’origine d’un espace de vie simultanément érigé en un type d’espace sacré. Tel point de vue ressort encore dans Pindare quand il fait allusion, pour désigner le lieu du mariage divin de Kadmos et d’Harmonie, non pas à l’acropole de la Kadmée mais plus globalement à "Thèbes, signe que les murs enserrent un ensemble qu’ils définissent comme sacré et comme un tout. L’action de délimiter un espace d’habitat indistinct de l’espace cultuel nous mène à une autre représentation bien connue, porteuse de la distinction d’ordre topographique et religieuse qui comptait le plus aux yeux des Grecs archaïques: celle de l’opposition existant entre la zone intérieure aux murailles et l’autre extérieure, synonyme d’une incompatibilité de nature entre deux espaces que tout sépare. Le premier, circonscrit dans les murailles, est fondamentalement apparenté à un espace d’ordre mis sous la protection des dieux, alors que le second, exposé à l’extérieur, permet le déploiement de forces effrayantes. Le chant XXI 522 sq. de l’Iliade met clairement en jeu ce genre de représentations. Achille massacre les Troyens aux pieds des remparts divins, menaçant, comme si jusqu’au vaste ciel, parvenait la fumée d’une ville en flamme. Homère dit ainsi comment le chaos lui-même menace aux portes de Troie et comment l’espace protégé des remparts est comparable à l’Olympe protégé des dieux. Ainsi, n’est-il en rien étonnant de voir que le Catalogue des Dames de l’Odyssée présente à son tour les remparts à la confluence de besoins matériels et religieux. Homère visualise la fondation-contruction des jumeaux comme une garantie contre l’anarchie, décrite dans une dimension à la fois matérielle et cosmique et implicitement révélatrice du contexte historique d’une structuration poétique, celle dont les fondateurs font l’objet. Comme création poétique, cette dernière ne se distingue guère d’une restructuration de l’histoire elle-même. En effet, ce tour d’horizon rapide permet d’entrevoir combien les figures héroïques d’Amphion et Zéthos ont été conçues suivant une logique historique et culturelle et un contexte producteur à la fois de son propre imaginaire et de sa propre histoire. On se trouve au cœur du processus culturel de mise en forme de l’histoire. Le contexte spécifique du haut-archaïsme donne consistance au passé historique au moyen de héros fondateurs qui, à partir d’une réalité historique objective, à savoir l’insécurité matérielle et politique, mettent aussitôt le passé en forme par le biais de représentations, voire de croyances religieuses.   "Boiteuses, ridées, louches des deux yeux, elles courent, empressées, sur les pas d'Erreur. Erreur est robuste, elle a bon pied. Elle prend sur toutes une large avance, et va, la première, par toute la terre, faire du mal aux humains. Les Prières, derrière elle, tâchent à guérir ce mal. À celui qui respecte les filles de Zeus, lorsqu'elles s'approchent de lui, elles prêtent un puissant secours, elles écoutent ses vœux. Celui qui leur dit non et brutalement les repousse, elles vont demander à Zeus, fils de Cronos, d'attacher Erreur à ses pas, afin qu'il souffre et paie sa peine". Parlant de discours identitaire, on notera combien l’identité thébaine, à l’époque de la popularité du récit d’Amphion et Zéthos, semble se définir de façon minimaliste: les deux héros, "malgré leur vaillance ne pouvaient sans tours habiter cette plaine" (v. 265). Dans le contexte politique extrêmement difficile palpable ici, l’identité thébaine s’avère être d’abord non-extinction. L’existence des deux figures héroïques paraît s’expliquer par une position identitaire en mal de survie, laquelle confère donc aux jumeaux un contour à la fois épique et magique. Amphion et Zéthos sont, sur le plan d’une mythologie qui façonne l’identité thébaine archaïque, les garants d’une protection de la collectivité qu’ils évoquent avec beaucoup de force, presque avec matérialité. En effet, les deux figures héroïques tendent à se confondre aux murailles elles-mêmes. Ne se comprennent-ils pas alors d’abord comme une personnification des remparts ? Cités dans une littérature plus tardive que l’Iliade, ils semblent développer avec beaucoup de maturité et dans un sens politico-religieux indéniable l’image du guerrier inébranlable diversement associé à l’efficacité des remparts. Les jumeaux donnent ainsi au passé thébain un sens attendu et culturellement normé, un sens épique: ils stabilisent l’identité thébaine, et du point de vue mythopoétique, et du point de vue philosophique, ancrant la communauté dans un espace territorial et dans un espace-temps. Ces héros, avant de retenir un passé que nous avons abusivement homogénéisé, qu’il s’agisse du référent mycénien ou de tout autre, ont d’abord pour rôle de situer dans l’espace et le temps la singularité d’une identité communautaire. Le plus curieux est qu’ils y parviennent en se faisant les porteurs d’une pensée historique effectivement structurée, mais cela ne signifie pas forcément que cette dernière le soit à partir du paramètre objectivement historique. C’est dire que le mythe, avant d’être construit à partir de réalités historiques qu’il ne retient que partiellement, est construit à partir de besoins communautaires lesquels agencent le mythe fondateur, et l’histoire avec lui, en un ensemble de représentations imaginaires cohérentes les unes par rapport aux autres. La seule cohérence d’ordre historique que l’on peut reconnaître au mythe est bien celle-là : dans l’agencement d’une structure narrative qui n’a d’adéquation avec l’histoire que dans son processus d’émergence, et non pas dans celle de coller fidèlement à des événements passés. Le rapport tangible entre histoire et mythe est uniquement valide au niveau du processus créatif de l’imaginaire qui, à un premier niveau de mise en forme de l’histoire, recourt à des catégories culturelles comme celle des héros, avant de recourir, à un second niveau de mise en forme, à une narration qui ne vaut que par la dynamisation de représentations et de croyances ou d'images au détriment des réalités totalement historiques et prouvées.   "Comme on voit un lion triompher au combat d'un sanglier puissant - sur la cime d'un mont, remplis d'un fier courage, ils ont tous les deux lutté pour une maigre source où chacun prétend boire; le lion sous sa force abat le sanglier qui péniblement souffle: ainsi le Priamide Hector, avec sa lance, de près ôte la vie au fils de Ménoetios, vaillant preux qui lui-même a fait périr tant d'hommes". Plus concrètement, le passé historique thébain est réinventé par rapport aux expériences d’une communauté confrontée aux guerres et à la peur d’un univers hors-les-murs, une vision du monde sans aucun doute proprement thébaine dont Homère se fait l’écho dans l’Odyssée. Les murailles interviennent dans ce cadre-là : non pas pour leurs valeurs objectivement historique et ancienne, mais en tant que donne appartenant au présent et susceptible d’être rattachée à des êtres dont l’action surnaturelle est forcément sacrée et sécurisante. La recréation du passé historique au moyen du mythe découle bien d’un vécu communautaire. Celui-ci différencie la mémoire thébaine archaïque de la nôtre, change fondamentalement le rapport des individus à l’histoire. Cette mémoire, et le mythe avec elle, est donc susceptible, comme genre, d’opérer une distorsion de l’histoire, retraduite selon des normes culturelles qui changent également la nature de l’histoire. Le mythe de Kadmos nous permet de préciser ces remarques. Dans le rapport certain qu’il établit avec l’histoire, il remet parallèlement en cause la valeur proprement historique du récit d’un Oriental venu s’installer à Thèbes. Cette structure narrative n’est qu’une mise en forme du passé historique thébain dont il faut comprendre la logique historique et culturelle et en cerner les enjeux. À ce titre, plusieurs traits du mythe de Kadmos appellent à commentaire. D’après le récit, le héros, une fois arrivé sur le site de la future Thèbes, commence par semer les dents du serpent d’Arès qu’il vient de tuer. De la terre surgissent donc les Spartes autochtones, tout en armes. Cette attribution guerrière paraît être ancienne car la plupart des sources insistent sur ce détail logiquement intrinsèque à des descendants d’Arès . Or, il n’est pas interdit de penser que leur parure guerrière correspond à celle des hoplites. En bref, ce genre de figure ne semble ni neutre ni étonnant dans le contexte politique archaïque. Faut-il en faire des figures contemporaines de la réforme hoplitique ? Tout porte à croire que les Spartes véhiculent un nouveau type d’héroïsme fondé sur une nouvelle pratique de la guerre et une nouvelle conscience de groupe marqué par la solidarité militaire. En d’autres mots, ils pourraient être issus d’un nouveau type d’identité communautaire émergeant à un certain moment à Thèbes. Comme pour Amphion et Zéthos, on se trouve en présence d’un récit qui rapporte, par le biais d’un certain agencement des représentations imaginaires, un passé historique. Celui-ci paraît mettre en forme des changements historiques cette fois plus strictement d’ordre sociopolitique, à l’époque du mûrissement de la "polis". Kadmos est autrement encore lié à cette évolution historique et culturelle. Comme l’indiquent la Théogonie et l’Odyssée, le héros appartient, via ses trois filles, au cycle dionysiaque. Il est également reconnu pour être l’époux d’Harmonie. Or, la déesse est une personnification bien intéressante dont la fonction politique. La déesse a-t-elle déjà un rapport avec le bon fonctionnement des institutions à l’époque archaïque ?  En tant que personnification, Harmonie rappelle également l’idéal politique vers lequel tendent les législateurs comme Philolaos. Ces hypothèses posent sans aucun doute de bonnes questions. Encore faut-il affiner la réflexion sur le plan du langage mythique qui ne saurait être vu ni comme le strict rapporteur de transformations rituelles, ni comme celui d’un simple avènement constitutionnel, car le rapport de ce langage à l’histoire ne se fait pas sans l’intermédiaire de la création poétique qui semble recomposer doublement le passé historique: sur le plan des figures comme sur celui de la structure synthétique du mythe.   "N'espère point connaître toutes mes pensées. Elles te seraient terribles, bien que tu sois mon épouse. Celle qu'il convient que tu saches, aucun des dieux et des hommes ne la connaîtra avant toi. Mais pour celle que je médite loin des dieux, ne la recherche ni ne l'examine". En effet, le mythe de Kadmos a ceci d’intéressant qu’il offre un panel variable d’expressions du langage imaginaire traditionnel qui va de l’épopée, à la personnification, celle d’Harmonie notamment. Le héros Kadmos évolue ainsi au sein d’une dimension sociale, palpable dans la connotation guerrière des Spartes, d’une dimension religieuse, lisible dans le cycle dionysiaque, et d’une dimension politique, palpable en la déesse Harmonie. Exposée ainsi, cette catégorisation, certes artificielle, renvoie pourtant à deux aspects fondamentaux de la vie communautaire grecque auxquels Kadmos se trouve être intimement li: la guerre, mise en avant par les Spartes autochtones, et le mariage dont celui avec Harmonie représente une expression idéalisée. Toutes ces représentations réunies forment donc une confluence de langages poétiques et religieux qui se trouvent bien être à la base même du récit kadméen. Autrement dit, le héros est connecté à des créations actives du langage traditionnel et semble correspondre, en somme, à une dynamisation historique du langage politique et à un changement profond de la culture politico-religieuse. Ainsi, le processus historique et culturel de mise en forme du passé se fait encore une fois par le biais d’un héros qui, à l’occasion d’une nouvelle réflexion d’ordre politico-religieuse, se complexifie, s’humanise, en même temps que se nivellent les représentations que les Thébains ont de la Cité : avec Kadmos, il semblerait que fonder Thèbes ne consiste plus tant à protéger la communauté par des murailles qu’à garantir un équilibre plus institutionnel qui est don des dieux. Ce don, qui ne dissocie pas le commandement politique et le mariage avec Harmonie est le plus explicitement rappelé par Phérécyde: "Après qu’Athéna lui eut donné comme récompense la royauté, Zeus crut sage de lui donner comme femme Harmonie". La mise en forme du passé dans de tels vers n’est pas comparable à celle de la mythographie plus tardive, car on sait les choix personnels de Pindare et la nécessité eulogistique qui est la sienne d’adapter les mythes aux destinataires de ses odes. À l’issue de siècles d’inventions et de réinventions orales, ces synthèses achèvent de recréer le passé thébain en rassemblant des représentations plus ou moins anciennes selon les cas, retenant de l’ancien ce qui sert le prestige d’une identité civique, les remparts notamment, et du moins ancien ce qui sert à répondre à de nouvelles attentes. La mise en forme narrative du mythe de Kadmos que les mythographes et les auteurs de théâtre classiques achèveront de développer n’est autre que le résultat d’une écriture politiquement orientée de l’histoire de la cité béotienne, le fruit d’une propagande athénienne. Cette dernière double l’évolution culturelle de l’idée de polis d’une hostilité de voisinage bien connue: celle d’une cité contre une autre susceptible de s’enorgueillir, comme sa rivale attique, d’une ancienneté immémoriale via le thème de l’autochtonie. Il y a dans le motif d’ancêtres thébains surgis de la terre un point d’achoppement idéologique avec le cycle d’Erichthonios à Athènes.    "Athéna d'autre part, fille de Zeus porte-égide, laissa couler sur le seuil de son père la belle robe brodée qu'elle-même avait faite et ouvrée de ses mains. Elle revêtit ensuite la cuirasse de Zeus assembleur de nuées, et s'arma pour la guerre aux larmes abondantes des armes de ce dieu. Sur ses épaules, elle jeta la terrible égide frangée, que la Terreur de toutes parts environne". En tant que fondateur politique, Kadmos pourrait jouer un rôle primordial dans tous les sens du terme, car le héros semble refléter les transformations de la perception de l’homme par lui-même, correspondre à une nouvelle définition de son humanité par l’homme, lequel envisage d’une nouvelle manière sa relation avec les dieux, avec l’héroïsme et avec les origines dans lesquelles l’histoire, finalement, s’ancre. Via le politique qui se trouve être au centre du mode de vie et de la question de la raison d’être de l’homme grec, les Thébains repensent la nature de l’homme en même temps qu’ils repensent la nature de l’histoire qui, avant d’être le temps qui passe, se singularise par son adaptabilité à un temps alors immobile. La Théogonie d’Hésiode l’exprime à sa manière quand elle introduit Kadmos, sans doute déjà doté d’un statut politique à ce moment-là, dans un logos généalogique. Le héros est cité avec toute sa famille y compris son fils Polydoros, sonnant comme une expression de légitimité du père au fils, ou de succession du fils au père. Cette généalogie, si elle apparaît à nos yeux comme une suite successive de générations et donc d’un espace temps chronologisé, n’est en fait qu’une conscience tronquée du temps qui passe. En tant que logos, son but est d’abord d’ordonner le monde et de définir la royauté, de décrire, en somme, la place de l’homme par rapport au divin. Avant de relier l’homme à l’histoire, le mythe fondateur, c’est bien connu, relie l’homme à l’origine et tisse au fond une réflexion sans alternative: il pense l’homme, ce qui passe par l’exclusion d’une pensée sur le temps et sur l’histoire laquelle se trouve vidée de tout contenu proprement historique, du sens même dont elle se dote à nos yeux. Les héros, en tant qu’intermédiaires entre les hommes et les dieux disent une limite entre deux natures et deux mondes et apparaissent comme les traits d’union entre un présent et un passé qui, au lieu d’être historique, est originel. Dans ce passé là tout reste héros et dieu. L’histoire, si elle existe, évolue dans une échelle humaine et locale et existe donc d’abord par ce que les hommes veulent y voir. Dans la Thèbes archaïque, l’histoire fonctionne dans une certaine mesure avec opportunisme. “Peithô est là” qui agit quand les besoins politiques se posent concrètement: ce sont ceux-là qui font exister le fait historique du moment où ce dernier satisfait des besoins communautaires et humains. L’histoire paraît donc d’abord devoir persuader l’homme grec de son existence même et quand elle y parvient, elle n’apparaît jamais que grâce à la poétique, triée et mise en forme. Dans la Thèbes archaïque, l’histoire s’avère donc être tout à fait congruente.   Bibliographie et références:   - Apollodore, "Bibliothèque" (III, 4, 2; III) - Apollonius de Rhodes (II,986) - P. Chantraine, "Dictionnaire de la langue grecque" - Euripide, "Le mythe de Kadmos" - Hésiode, "Théogonie" (993) - Homère, "Odyssée" - Nonnos, "Dionysiaques" (III, 375; IV, 61) - Ovide, "Métamorphoses" (III) - Pindare, "Hymne" - Platon, "République" - Platon, "Le Banquet" - Plutarque, "Vie de Lycurgue" - Roberto Calasso, "Les Noces de Cadmos et Harmonie"   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.
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Par : le 14/06/24
Sandy et moi   Lors d’une rencontre SM, mes maitres font la connaissance d’un couple qui possède une esclave d’une trentaine d’années. Une jolie fille pulpeuse. Qui se prénomme Sandy. Je n’avais pas réalisé, mais elle porte une perruque. Elle a le crâne rasé. Elle est sympa nous faisons vite connaissance, je constate qu’elle a beaucoup de marque de fouet et d’autres tortures sur son corps. Nos maîtres respectifs viennent nous attacher et les deux nous avons un masque, moi en cuir, elle en latex. On lui dilate sa chatte et son cul à l’extrême tandis que nous sommes côtes à côtes et mon cul lui est également dilaté et doublement fisté. Une fois que nous avons donné le meilleur de nous-même, les maîtres de Sandy examinent mon pubis, ma bouche édentée et leurs regards se porte ensuite sur Sandy avec une sorte de malice.   Nous nous quittons, durant le trajet du retour, je pense à Sandy et par réflexe je me mets à toucher ma bite insensible.  Arrivés à la maison, j’ai encore très mal au cul. Mes maitres m’installent sur le lit plastifié du donjon en lieux et place de ma chambre. Je suis attachée. Le maitre me met l’entonnoir dans la bouche et madame si vide la vessie. Je n’ai pas le droit de recracher, je dois tout avaler. Elle me met une couche propre et ils vont se coucher me laissant là pour la nuit.   Un mois plus tard mes maitres m’informent que nous aurons de la visite. Je les vois s’activer dans le donjon, un homme arrive, je le reconnais, c’est celui qui m’a retiré mon scrotum m’a coupé les nerfs de la bite. Tout d’un coup j’ai peur. On me met sur le lit du donjon, il me retire ma couche et regarde son travail tel un bon ouvrier content de lui. Teste les sensations de ma verge avec une aiguille, je ne réagis pas, il est très content. Il me demande si je veux un piercing, mes maîtres sont d’accord, je dis oui. Il désinfecte mon entre jambe et à la place du scrotum, m’insert un anneau. Ce n’est pas fini me dit t’il. Je suis docile et me laisse faire. Une fois terminé, je me retrouve avec un anneau de deux centimètres dans le nez. A ce moment la sonnette grésille, Sandy et ses maitres arrivent. Je vois qu’elle est nerveuse. Elle est tout de suite installée sur la « table d’opération ». Elle reçoit un Valium et des injections anesthésiantes locales.  Le toubib lui désinfecte l’entre jambe et se met au travail : il lui retire le clitoris, il tombe dans un bol, c’est au tour des petites lèvres, des grandes lèvres. Je suis subjuguée par le spectacle. Et pour terminer, il lui coupe le téton du sein gauche, elle hurle, car pas d’anesthésie à cet endroit. Mes Maitres me regardent et elle me dit : -« Comme toi, elle ne sentira plus la jouissance. » Du coup j’ai peur pour mes tétons… Mon piercing du nez me fait mal, mais Maîtresse y accroche une chainette avec un mousqueton. Le Maître de Sandy prit d’une subite idée, demande au toubib de mettre à Sandy le même piercing nasal. Elle se laisse faire, ça va vite et nous nous trouvons elle et moi accroché chacun à une extrémité de la chaîne par le nez. La suite à venir    
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Par : le 14/06/24
Pourvu que ça dure Le chat qui miaule sur la toiture Le rire des enfants derrière les barbelés Dans les prés et les blés Les pâquerettes trop mures Jusqu’à ton retour   Pourvu que ça dure Les oreillers froissés Les voyages qui déboulent E la vie qui s’écoule Quand l’évier est bouché Jusqu’à ton retour   Pourvu que ça dure Chanter faux dans la voiture L’envie qui remonte à mes seins Le miroir berçant au matin La tartine sur la confiture Jusqu’à ton retour   Pourvu que ça dure Les talons dérapés La tisane le soir Le gout de l’espoir Le flux des marées Jusqu’à ton retour   Pourvu que ça dure Le chant des oiseaux S’évader en littérature Être nue dans la nature Et le sel sur ma peau En attendant ton retour
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Par : le 11/06/24
"Athéna occupe une place singulière dans le panthéon et l'imaginaire des Grecs. La fonction guerrière, on l'a vu, la libère des rôles féminins traditionnels endossés par les autres déesses, Artémis la vierge farouche, Héra l'épouse très jalouse des maîtresses de son mari et Aphrodite, à la fois amante sensuelle et mère dévouée. La fille de Zeus présente un nouveau visage de la Femme dans la société patriarcale car elle développe avec les hommes une sorte de fraternité et instaure avec eux une égalité insolite. La bienveillance est le trait caractéristique d'Athéna. Dans les textes homériques déjà, elle semble toujours encline à délaisser les joyeux banquets de l'Olympe pour rejoindre la mêlée, afin de secourir les braves et leur apporter le réconfort de sa chaleureuse présence". Athéna ou Athéné, en grec ancien, Athéna (en attique Ἀθηνᾶ / Athēnâ), ou Athéné (en ionien Ἀθήνη / Athḗnē) est une déessede la mythologie grecque, identifiée à Minerve chez les Romains; associée à l'origine à l'éclair et à l'orage, née en Libye selon la tradition pélasge (premiers habitants de la Grèce), où trois nymphes vêtues de peau de chèvre la trouvèrent près du lac Tritonis et la nourrirent. Selon la légende primitive, devenue adulte, Athéna tua accidentellement une de ses compagnes de jeu, Pallas. Pour perpétuer sa mémoire, elle fit précéder son nom de celui de sa camarade de jeux et fit sculpter le "palladion", statue sans pieds, haute de trois coudées, la reproduisant la poitrine protégée par l'égide, un fuseau et une quenouille dans la main gauche et une lance dans la main droite. Cette effigie devint le talisman de la ville d'Athènes où résida Athéna lorqu'elle s'établit en Grèce. Selon une autre version, le "palladium" ou "palladion", statue en bois la représentait terminée en gaine, vénérée à Troie dont elle assurait le salut, était tombé du ciel près de la tente d'Illion, lorqu'il bâtissait la ville qui portait son nom. Il était conservé précieusement dans le sanctuaire d'Athéna, ce qui n'empêcha pas Odysseus, (Ulysse) e tDiomède de le dérober. D'autres affirment que le "palladium" est resté à Troie jusqu'à la prise de la ville par les Romains. Enée l'ayant retrouvé dans les débris du temple, le fit transporter en Italie. Un "palladium" en bois doré placé dans une niche à la proue des navires protégeait les navigateurs lors des traversées maritimes. Le récit du combat amical entre Athèna et Pallas fut repris par Apollodore qui en donna une version patriarcale: Pallas y apparaît comme la sœur de lait d'Athèna, fille de Zeus, élévée par le dieu-fleuve Triton. C'est Pallas qui frappe la déesse et Zeus détourne le coup fatal en interposant son égide, sac magique en peau de chèvre qui contenait un serpent et était protégé par un masque de Gorgone. Mais une version différente d'Athèna était fournie par les prêtres de son culte: Métis était sur le point d'accoucher lorsque Zeus, son époux, l'avala. Peu après, il fut pris d'une violente migraine et Hermès persuada Héphaïtos d'utiliser son maillet pour pratiquer dans son crâne une brèche d'où sortit Athèna casquée et armée. Toujours d'après les mythes primitifs, Athèna se fit violer par Poséidon et Borée et eut une liaison avec Héphaïtos dont les fruits furent Apollon, Oychnos et Erichthonios, le serpent, auquel Athèna conféra le pouvoir de ressusciter les morts à l'aide du sang de la Méduse: symbole de la régénération car ils changent de peau chaque année, ils faisaient partie du culte d'Athèna. Les Grecs refusèrent d'admettre cette version et firent de sa virginité le symbole sacré de l'inexpugnabilité de leurs villes et devint Athéna "Parthénos", la lumineuse déesse vierge de la lune, Athéna "Ergané", la patronne des arts de la forge et de tous les arts mécaniques. Ils racontèrent que, non contente d'éconduire ses prétendants, elle punissait sévèrement ceux qui osaient la défier: Tirésias perdit la vue et Héphaïtos fut banni. Les nombreux surnoms ou épithètes qui lui furent attribués sont liés aux fonctions qu'elle remplissait ou à son apparence: "Glaukopis" aux yeux verts; "Hippia", la protectrice des chevaux; "Pronoia", personnification de la sagesse, prérogative masculine, qui explique la légende de sa naissance, ruse désespérée de la théologie pour se soustraire aux lois matriarcales; "Agoraia" ou "Boulaia", la conseillère des dieux et la médiatrice dans les conflits; "Niképhora, ladéesse victorieuse de la guerre portant le casque, la lance, la cuirasse, l'égide, le bouclier orné de la Méduse, qui affronta les plus grands dieux et les héros, et, comme elle était la préférée de Zeus, l'emportait généralement. Poséidon lui disputa la possésion d'un puits dans l'Acropole et Trézène.   "Le conflit armé est parfois l'ultime recours des hommes dont les droits ont été bafoués et le seul moyen d'instaurer une paix durable. C'est pourquoi le feuillage emblématique de la Vierge guerrière, l'olivier, que Virgile désigne comme le "rameau de Pallas", finit par symboliser la paix. Dans certaines circonstances, la guerre est un mal nécessaire et légitime. Puissante par les armes, Minerve est donc la championne des causes justes. Je ne veux ni les tendres baisers ni les caresses ni les liens du mariage ni ceux du sang. Je ne suis la femme ou la mère de personne". Lorsque les Titans, obéissant à Héra, dévorèrent Zagréos, fils de Zeus et de Perséphone, transformé en taureau, Athéna sauva son cœur, l'enferma dans une statue en plâtre, lui insuffla la vie et Zagréos devint immortel. D'autres disent qu'elle le remit à Zeus qui l'avala, concevant ainsi Dioysos. Les Titans furent frappés par la foudre de Zeus. Pour punir Ajax le petit, fils d'Oïlée, qui avait profané son temple en poursuivant Cassandre, Athéna provoqua une terrible tempête qui décima sa flotte. Bien que participant aux combats, Athéna n'était pas considérée comme une déesse assoiffée de sang, comme Arès et Eris. Elle faisait preuve de clémence lors des procès et apporta son aide aux héros de l'Attique et aux chefs grecs pendant la guerre de Troie. Ainsi, elle aida et encouragea Héraklès dans certains de ses travaux, le conseilla aussi lors de la prise de la cité de Pylos, ainsi que les Argonautes et Odysseus. En dehors de ses fonctions masculines, Athéna, assura aussi la prospérité de la Grèce en protégeant l'agriculture, inventant le joug pour les animaux de trait, la charrue et le rateau. On lui doit aussi l'importation de l'olivier de Lybie.Elle était aussi la protectrice des familles, du mariage, et enseignait aux femmes l'art de la cuisine, du tisssage et de la poterie: les plus belles poteries crétoises ont été fabriquées par des femmes. Les Béotiens lui attribuaient également l'invention de la trompette et de la flûte. Fière de ses prérogatives, l'orgueilleuse déesse ne supportait aucune rivalité. Elle transforma Arachné, la trop habile flleuse, en araignée. Le maintien de la santé était également l'une de ses prérogatives. Représentée à l'origine par une météorite, elle fut ensuite symbolisée par une statue d'origine céleste, assise sur un trône, portant l'égide et un masque de Gorgone, ou un casque orné d'un sphinx et de deux griffons.Très populaire, Athéna était adorée dans toute la Grèce, et particulièrement à Athènes dont elle était la protectrice. En son honneur, on célébrait les "arrhérophories", les "skirophories", les "panathénés" au cours desquelles sa statue était portée en grande pompe par des prêtres ou des prêtresses assistés de magistrats, cavaliers et de jeunes filles portant des branches d'olivier, arbre emblème de la déesse. On offrait des gâteaux en forme de phallus et de serpent, symbole de fécondiité et de fertilité. Athéna fut identifiée par Platon à Neith, déesse lybienne remontant à une période archaïche où la paternité n'était pas reconnue, où il n'y avait ni dieux ni prêtres, mais seulement une déesse universelle et ses prêtresses, la femme alors dominait l'homme qui était sa victime apeurée. On n'honorait pas le père car on attribuait la conception au vent, ou alors à l'ingestion de haricots ou à un insecte avalé accidentellement. Pour devenir prêtresse de Neith, les jeunes filles s'affrontaient chaque année dans des combats armés. Il est possible que son culte ait émigré en Crète avec les Libyens adorateurs de Neith, quatre mille ans avant J.C, et en Grèce continentale environ trois mille ans avant notre ère. Selon certains mythographes, elle fut probablement une Walkyrie. Un mythe crétois la fait surgir d'un nuage fendu par Zeus,dans la région des eaux supérieures (nuées), autre explication du surnom de Tritogeneia, la fille des eaux. La déesse Athéna était multiple.   "Son bras blanc a frappé sa poitrine, frappé sa pauvre tête à coups retentissants. Elle a fui. Dans les sandales d'or, ses pieds couraient, couraient ! Mais dans ses bottes mycéniennes Oreste allait plus vite ! Ma pauvre sœur, tu n'as pu l'épouser, quand je te l'avais accordée pour consacrer notre amitié. Ce lien-là entre nous ne peut plus exister. Choisis une autre femme qui te donnera des enfants. Toi qui mérite le plus beau des noms, Fidélité, pars à présent, et sois heureux". Les Romains l'assimilèrent à Minerve qui adopta ses qualités de sagesse et de patronne des arts et de la musique. La déesse Athéna inspira nombre de peintres au cours des siècles dont Botticelli, Rubens, David et Klimt. Avant de devenir la Vierge aux yeux pers avec son casque et son bouclier, Athéna était une bûche, purement et simplement, une forme humaine au stade le plus élémentaire que quelqu’un songea à installer au sommet du rocher, au centre de la cuvette de l’Attique. Et même plus tard, quand sa forme divine fut revêtue de tous ses atours, de ses spécificités et de ses légendes, les Athéniens conservèrent la bûche à l’Erechtéion où elle cohabitait avec son concurrent Poséidon qui était son oncle du côté paternel. Les Athéniens, connus pour leur goût effréné du changement, n’abolirent jamais d’institutions ni de formes tombées en désuétude. Ils les maintenaient dans la marge où elles coexistaient avec les espèces les plus évoluées. Comme on le sait, Athéna jaillit tout armée de la tête de son père Zeus. Pour le maître foudroyant de l’Olympe, les douleurs de l’enfantement prirent l’aspect d’un violent mal de tête dont Héphaïstos le débarrassa en lui ouvrant la tête avec sa hache. La grossesse résultait de l’avalement par Zeus de la mère d’Athéna dont le nom était Mêtis. C’est elle qui légua à sa fille le gène de la sagesse auquel les Athéniens attribuaient des propriétés divines, soulageant ainsi les mortels qu’ils étaient eux-mêmes de la nécessité de la cultiver. Protectrice d’Athènes, après avoir été la rivale heureuse de Poséidon, elle offrit son olivier pour remplacer le cheval de son oncle. Ensuite, elle devint la protectrice d’Ulysse, le héros le plus mal compris de la mythologie grecque ancienne. Elle fut la première à réaliser que cet homme, bien que "polymêtis" (très avisé), n’était ni un aventurier ni un explorateur. C’était juste un roi malheureux qui dirigeait un royaume tout aussi malheureux que lui et que le destin l’avait forcé à quitter contre sa volonté. Contrairement à Magellan et à Christophe Colomb, Ulysse ne nourrissait pas la moindre curiosité pour l’inconnu ni le nouveau. Il n’avait qu’un désir, qu’on le laisse tranquille, et Athéna à l’assemblée des dieux intervint résolument pour qu’ils l’exaucent. Elle prend part à la danse des vierges dures et pures qui préfèrent tisser et tricoter plutôt que de se livrer à des excès vénériens. On va jusqu’à dire que le sperme la dégoûte. Quand Héphaïstos, un prolo mal foutu mais un coureur impénitent, la prit en chasse pour la sauter puis éjacula sur sa cuisse, elle prit un bout d’étoffe de laine et fit tomber le sperme sur le sol. Le fruit de son dégoût, ce fut Erichthonios, moitié homme et moitié serpent, l’un des principaux artisans de l’autochtonie athénienne. Si Phidias fut châtié, ce fut très vraisemblablement en raison de cette coquetterie, lui qui avait érigé la statue chryséléphantine que les Athéniens avaient installée au Parthénon. A en juger d’après la copie qui en a été conservée et qui se trouve aujourd’hui au musée archéologique d’Athènes, il s’agit d’une création plutôt figée et disgracieuse qui contredit l’admiration que notre époque nourrit pour l’art classique, dans la mesure où elle figure Athéna sous les traits d’une boulotte guindée, quelque chose comme la reine Victoria en plus souriant. Les Athéniens opposés à Périclès accusèrent Phidias d’avoir volé une partie de l’or et de l’ivoire utilisés pour son édification, et quand il eut réussi à prouver son innocence, ils l’accusèrent d’avoir osé se représenter lui-même sous les traits d’un vieil homme chauve sur la face interne du bouclier. Il mourut de maladie en prison car il vivait en un temps qui croyait si fort au pouvoir de la représentation qu’il considérait l’autoportrait comme une forme d’hybris. Rien n’est plus inconstant que l’apparence d’une déesse grecque.    "C'est dans la détresse que les amis doivent venir à la rescousse. À quoi nous servent-ils quand le ciel est pour nous ? Voici, Ménélas, la seule question que je te ferai : la femme qu'il épousera, qu'elle le tue, que son fils à son tour assassine sa mère, et qu'alors le fils de ce fils exige sang pour sang, où s'arrêtera la suite de crimes ? Nos pères autrefois en ont sagement décidé. L'homme souillé de sang, on lui interdisait de paraître aux regards, de rencontrer les autres hommes. On le purifiait par l'exil, sans exiger meurtre pour meurtre, ce qui chaque fois aurait exposé un homme à la mort". Ce fut misérablement, de la peste, que mourut à son tour Périclès, l’inspirateur du monument qui fut dès lors la demeure permanente d’Athéna. Mais d’après sa copie, l’Athéna du Barbakéion, la réputation posthume de Phidias doit en apparence beaucoup aux Galates qui ont détruit, à ce qu’on dit, l’original à l’époque où ils ont pillé Athènes. Arès ne fut pas plus heureux qu’Héphaïstos. Il tenta lui aussi de se livrer à des obscénités sur la virginité de la déesse. Le résultat, ce fut que son sperme, qui n’avait pu atteindre son but, fit pousser dans la terre un grand rocher, le célèbre "Areios Pagos" (l’Aréopage). C’est là qu’Athéna parvint, avec son vote, à innocenter le matricide Oreste pour le débarrasser des Erinyes et c’est là que, bien des siècles plus tard, un Juif cultivé du nom de Paul recommanda aux Athéniens son dieu inconnu. Arès était le dieu de la guerre chez Homère. Bruyant et anarchique, il escortait sur le champ de bataille les héros indifférents aux stratégies, aux alignements, aux formations et aux colonnes. Athéna était la déesse de la guerre organisée, celle qui estime les pertes, le coût en matériaux et en bêtes et qui est menée avec des objectifs concrets, quand il n’y a plus d’autre solution. C’est la raison pour laquelle elle préférait toujours exercer son influence par la voie diplomatique, épuisant toutes les possibilités de réconciliation entre les adversaires. Athéna, en remportant la compétition face à Poséidon, gagne donc le titre de Poliade, donne son nom à Athènes et devient la déesse tutélaire de la cité (polis). En tant que Poliade, Athéna va protéger et représenter son peuple citoyen car une cité, en Grèce, c’est avant tout une communauté politique qui partage un territoire, une identité citoyenne, une constitution, des règles, des lois et des valeurs communes. Cette déesse guerrière qui fait rempart de son bouclier va ainsi proposer une protection efficace aux Athéniens. Mais l’effigie d’Athéna, frappée au flanc des monnaies ou sculptée sur les décrets officiels de la cité, nous montre qu’elle va également incarner l’identité politique de la cité. Pour les Grecs, les dieux font partie du politique et garantissent le bon respect des lois. Un extrait de Platon exprime combien Zeus et Athéna apparaissent comme des puissances de régulation car ils 'participent ensemble au gouvernement de la cité (koinônous politeias)", même si cette réflexion sur la cité idéale n’est pas une description de l’Athènes historique. Dans le mythe du Critias, Platon réitère en écrivant qu’Héphaïstos et Athéna "organisent le gouvernement (politeias)" d’Athènes selon leur volonté. Au sein du mythe de fondation qui enracine les Athéniens sur leur territoire et affiche l’identité de la cité, l’olivier occupe une place centrale. Cet arbre mythique est le signe de la puissance d’Athéna, un témoignage de sa présence protectrice et un symbole du destin de la polis. Comme une manifestation polysémique de la déesse Poliade, on a vu qu’il affiche des qualités très politiques : la fertilité, la civilisation, l’ancrage, la force indomptable, la résistance et la renaissance. S’il est un signe d’Athéna, emblème et métaphore de la déesse, il devient un symbole politique, à la fois signe de la cité et signe d’un citoyen. Entre mythe et histoire, du sol de la cité aux portes des maisons, du bouclier des guerriers aux pièces de monnaie, l’olivier incarne l’identité mythique d’Athènes. "Voici, devant la maison, le serpent parricide, l’oeil luisant d’un morbide éclat, objet de mon horreur. L'un du moins nous sera acquis, ou mourir avec gloire, ou avec gloire nous sauver".   "Contrairement à une idée reçue, la mythologie ne se réduit pas à une succession de contes et légendes, de récits d'aventures plus ou moins fantastiques avant tout destinés aux enfants. Elle représente au contraire une tentative grandiose pour apporter des réponses à l'antique question du sens de la vie, de la vie bonne pour les mortels". Notre société perçoit le phénomène de la guerre avec une distance certaine, et, parfois même, comme un véritable spectacle télévisé, tel le recrutement des femmes pour la nouvelle armée professionnelle, qui est présenté dans les médias comme un signe de l’idéal moderne de l’égalité des droits entre les sexes. Cette pratique de notre temps nous conduit à évoquer les usages et les mentalités de la Grèce antique où l’affrontement belliqueux était un trait de la vie quotidienne, dans une société où tout homme politique participait activement à la défense de l’État, et où les femmes étaient tenues à l’écart du recrutement. Mais notre société, dotée de conceptions particulièrement complexes, annulant la stricte polarité sexuelle sur laquelle reposait autrefois son organisation quotidienne préfigure l’existence de ces femmes combattantes qui bouleversent totalement et dangereusement les fondements de la relation matrimoniale : les Amazones. Pourtant, si le mythe des Amazones exaltait Athéna comme paradigme du guerrier, cette dernière, tout en incarnant la femme comme sauveur de la cité, ou mieux comme sauveur des hommes, participait comme toute allégorie à l’invisibilité politique des femmes de chair et d’os. En effet, en Grèce ancienne, Athéna et les Amazones sont les deux représentations imaginaires de la quintessence de la féminité qui se protège derrière les armes dont elles usent comme font les hommes. En raison de leur ambivalence, aussi bien Athéna que les Amazones semblent faire figure de médiatrices entre les sexes, dont l’opposition fut exacerbée par les Grecs. Athènes est indéniablement la cité d’Athéna. Chantée par les poètes, mise en image par les peintres et les sculpteurs, célébrée dans les fêtes, priée dans les institutions, apposée sur les monnaies ou les décrets de la cité, la déesse est omniprésente en terre athénienne. Mais Athéna a dû gagner son titre de déesse "politique" face au dieu Poséidon qui, lui aussi, revendiquait l’honneur de protéger la cité. Les mythes vont les mettre face à face dans une querelle qui va déclencher compétition puis partage. Car, cette "éris" athénienne n’est pas un scénario qui raconte les origines sous le signe de la violence et de l’exclusion. Ou qui contribue à créer la dissension entre dieux. Ces récits mythologiques des origines politiques sont en réalité des mises en scène privilégiées pour hiérarchiser, structurer, partager. En un mot : façonner le panthéon politique et afficher le destin de la cité. Après les partages cosmogoniques du début du monde, les dieux vont entrer dans le territoire des hommes sous le signe d’une querelle qui va cette fois les ordonner autour de la cité. Nît, Ashrat, Tanit, Athéna, chacune de ces déesses présente avec les autres de telles analogies qu'il est difficile de préciser leurs relations exactes. Il reste acquis que dès le Vème siècle avant J.-C, une grande déesse vierge et guerrière était adorée par les Libyens et que son culte semble avoir été particulièrement important dans les Syrtes, entre les pays de culture grecque et ceux sous influence phénicienne. "La déesse Athéna entra dans la tunique de Zeus assembleur de nuages, se cuirassa d'armes pour la guerre qui fait pleurer. Autour des épaules elle jeta l'égide et ses franges, une terreur que de tous côtés. Déroute couronne. Là, il y a Querelle, il y a Force et la glaçante Poursuite. Là, surtout, il y a la tête gorgonéenne du monstre prodige de Zeus qui tient l'égide". Le sage est celui qui est capable d'habiter le présent comme s'il était alors l'éternité.   Bibliographie et références:   - Apollodore, "Bibliothèque" - Callimaque, "Hymnes" - Déméter, "Les Hymnes homériques" - Eschyle, "Euménides" - Hérodote, "Histoire" - Hésiode, "La Théogonie" - Homère, "Odyssée" - Homère, "L’Iliade" - Pausanias, "Description de la Grèce" - Pierre. Chantraine, "Dictionnaire de la langue grecque" - Pierre Grimal, "Dictionnaire de la langue grecque" - Platon, "République" - Platon, "Le Banquet" - Virgile, "Enéides" - Sergio Ribichini, "La déesse Athéna"   Bonne lecture à toutes et à tous. Méridienne d'un soir.  
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Par : le 10/06/24
"De loin, on aurait dit une créature mi-femme, mi-poisson, mi-oiseau, ses grandes ailes rouges déployées sur la mer. Mais j'ai tout de suite compris que c'était un bateau et qu'il allait à jamais bouleverser ma vie. Les funérailles eurent lieu dès le lendemain. Le corps de Phrixos fut cousu dans un sac de cuir, puis pendu à un arbre du grand cimetière qui s'étend entre les bras du fleuve, aux abords des marais. C'est ainsi que l'on traite les morts en Colchide. On ne les brûle ni ne les enterre. On les livre à l'air qui les corrompt, au vent qui peu à peu leur reprend leur matière". Originaire de Thrace, fille d'Astéria et du Titan Persès, Hécate, en grec ancien Ἑκάτη / Hekátê, déesse de la Lune, apparaît comme une divinité polyvalente, une déesse tricéphale, une tête de lion, une tête de chien, une tête de jument; elle représente le symbole des trois phases de la lune, des trois niveaux de l'évolution vitale mais aussi un aspect négatif terrifiant de laTerre-Mère. Elle est parfois assimilée à la terrible Artémis, ou à Perséphone, divinité du monde souterrain et associée aux femmes et à la lune, considérée comme le séjour des morts. On lui élevait des statues ("hécatées") ou des autels aux carrefours, auprès des tombeaux ou sur deslieux de crimes, où la déesse magicienne se livrait à des opérations de magie et de divinition. Maîtresse de l'ombre, elle suscitait les cauchemars. On appelait hécatées, les fantômes qui se manifestaient pendant les fêtes de la déesse et terreurs nocturnes, symboles des désirs secretsou refoulés dans l'inconscient. Elle avait pour compagnes les Erinnyes, personnification desremords de la conscience. Les peupliers noirs lui étaient consacrés. À Athènes, elle était considérée comme la déesse lunaire liée aux cultes de la fertilité, le déesse des accouchements, la protectrice de la germination et des moissons qui accordait la richesse matérielle et spirituelle, les honneurs et la sagesse. Selon Hésiode, elle procurait l'inspiration, la victoire, la gloire, assurait bonne chasse, intervenait dans les courses de chevaux, assurait la prospérité des troupeaux selon son caprice. Elle était aussi la conductrice des âmes emportées par la tempête. Hécate était vénérée à Egine et à Samothrace. Lors des hécaties, en Asie Mineure, on lui immolait des chiens et des mystères étaient célébrés en son honneur.Dans la mythologie grecque, Hécate est une déesse ambiguë, car elle est associée à deux règnes: elle est à la foislunaire (céleste, ouranienne) et chtonienne (souterraine, infernale, mais aussi terrestre). En tant que divinité lunaire, elle représente un des trois visages de la Lune, les deux autres étant incarnés par Séléné et Artémis. Elle correspond dans cette triade à la nouvelle Lune, soit au moment où l’astre devient invisible mais prépare sa réapparition. Quant à Séléné et Artémis, elles représentent respectivement la pleine lune et la lune naissante. En résumé, Artémis symbolise la naissance et la jeunesse, Séléné la maturité, et Hécate la mort. Hécate a connu deux âges dans la mythologie, le premier positif, le second négatif. À l’époque pré-hellénistique, on la vénérait comme une divinité bienfaisante et bienveillante, du genre nourricier. Elle présidait aux germinations et aux accouchements. L’aspect négatif commença à prédominer pendant l’époque hellénistique. D’une divinité nourricière, Hécate devint une magicienne redoutable, au pouvoir destructeur. Perdant ses vertus fertilisantes, elle se stérilisa progressivement et finit par être associée à la mort. Une de ses représentations était la chienne blanche: l’animal queles anciens Grecs considéraient alors comme le plus éloigné de l’humain. Hécate fait partie des divinités relativement récentes puisqu'elle est inconnue des récits homériques. En général elle apparait comme une déesse vierge mais certains mythographes la font mère de Scylla qu'elle aurait eu avec Phorcys. Certains autres ont voulu donner plus de force aux enchantements de Circé et Médée et la font mère avec Æétès de ces deux magiciennes. Seule de toutes les divinités titaniques, elle conserva sa puissance sous le règne de Zeus, qu'elle défendit contre les géants et Clytios périt brûlé par ses torches enflammées. Par la suite, le triple pouvoir d'Hécate et ses attributions la firent confondre avec d'autres divinités. Cette confusion existedéjà dans les hymnes homériques. Considérée comme reine de la Nature, elle eut un culte mystique, et fut identifiée entout ou en partie avec les déesses en l'honneur desquelles on célébrait des mystères: Déméter, Rhéa, Cybèle qui sontqualifiées de "Brimo" (inexorables); comme chasseresse et protectrice de l'enfance, avec Artémis.   "Les funérailles eurent lieu dès le lendemain. Le corps de Phrixos fut cousu dans un sac de cuir, puis pendu à un arbre du grand cimetière qui s'étend entre les bras du fleuve, aux abords des marais. C'est ainsi que l'on traite les morts en Colchide: on ne les brûle ni ne les enterre... On les livre à l'air qui les corrompt, au vent qui peu à peu leur reprend leur matière". Comme déesse de la lune, avec la Perséphone mystique, dont les poètes tragiques la rapprochent fréquemment, elle figure aussi dans les mythes des Cabires et des Curètes, et dans le culte d'Apollon. Ainsi, l'on voit auprès de Délos unepetite île nommée île d'Hécate (Athénée). Dans l'hymne homérique dédié à Déméter, Hécate et le Soleil sont les seuls qui s'aperçoivent de l'enlèvement de Perséphone; la déesse saisit un flambeau, et aide Déméter à chercher sa fille, dont elle deviendra ensuite la fidèle compagne. Dans l’art, Hécate est représentée comme une déesse à triple face, avec une tête de cheval, une tête de chien, et une tête de lion. On lui donna plus tard trois têtes de vierge. Ses statues se composent ordinairement de trois corps. Elle est parfois aussi représentée par trois femmes adossées à une colonne.En littérature, elle inspira William Shakespeare dans "Hamlet" et "Macbeth", Pierre Jean Jouve et Paul Morand. Le nom d'Hécate prend racine dans la langue grecque à la croisée de deux étymons qui donnent "μηδομαι," celle qui invente, médite, pense" et μεδέω, "celle qui prend soin, protège". La renommée d'Hécate en tant que magicienne bienfaisante est donc attestée dès son apparition dans le mythe des Argonautes chez Hésiode, mais reste méconnue, si ce n’est refoulée, au profit d’un potentiel maléfique qui va noircir son personnage. Dans les plus anciennes versions du mythe, elle permet à Jason la traversée initiatique d’une expédition réussie qui consiste à restituer aux Grecs un talisman royal consigné en Colchide pour accéder au trône sans pour cela qu’il y ait de meurtre. Nous pouvons suivre le retournement en son contraire d’une figure première de protection en celle de destructivité et comment celle-ci est restée figée dans le pire en tant que mère infanticide, l’invention du crime étant due à Euripide en 431 avant notre ère. Depuis son nom métaphorise une certaine jouissance, celle de l’"hainamoration". Si une femme fait l’expérience de cette mise en abîme à l’infini d’avoir été engendrée par une femme qui a elle-même été engendrée par une femme et qui à son tour peut potentiellement engendrer une femme, elle le doit à son anatomie qui la fait détentrice d’un utérus, ce que l’homme ne possède pas. Le regret de Jason, dans la Médée d’Euripide, illustre sa blessure: "Ah ! il aurait fallu que les hommes puissent faire des enfants par un autre moyen, sans qu’il existât la race des femmes : ainsi les hommes ne connaîtraient plus le malheur !" Cette blessure qu’Antoinette Fouque appelle avec raison "vexation génésique". L'Hécate d’Euripide use de son pouvoir sur les enfants pour casser l’arrogance de Jason qui ne vise, lui, que le pouvoir royal en la répudiant. La fureur de Médée est à la hauteur de l’ingratitude de Jason qui, sans elle, ne serait rien ou ne serait plus. Le tragédien connaît ce que les études philologiques et iconographiques ont révélé au sujet de ses rites pratiqués, selon qu’ils se soient déroulés en Colchide ou à Iôlcos. Ainsi trouve-t-on une représentation de Jason régurgité par le dragon gardien de la Toison d’or. Sur une coupe datée des alentours de 480, le dragon est sur la partie gauche et Médée se tient à droite, alors que Jason, tel un nouveau-né se dégageant du sexe de la femme, plonge les bras en avant.   "Comme les vents sonores, soufflant en tempête, quand la poussière abonde sur les routes, la ramassent et en forment une énorme nue poudreuse, de même la bataille ne fait plus qu'un bloc des guerriers. Tous brûlent en leur cœur de se massacrer avec le bronze aigu au milieu de la presse. La bataille meurtrière se hérisse de longues piques, des piques tailleuses de chair qu'ils portent dans leurs mains. Les yeux sont éblouis des lueurs que jette le bronze des casques étincelants, des cuirasses fraîchement fourbies, des boucliers éclatants, tandis qu'ils avancent en masse". Plus répandue dans l’imagerie populaire est la représentation d'Hécate faisant bouillir son chaudron. Soit elle utilise ses mixtures en transfusions avant l’heure que reçoit Aeson, le père de Jason, soit elle y plonge l’intéressé toujours de sexe masculin à des fins de rajeunissement, pour remédier à sa vieillesse, Pélias ou Aeson, ou pour une simple régénération, Jason. Dans son chaudron est notamment aussi plongé le bélier qui en ressort transformé en agneau. Cette séquence, qui vient d’une version plus tardive, nous est connue pour avoir été pratiquée devant les Péliades, filles de Pélias, afin de les convaincre du bienfait si elles confient le sort de leur père à Médée, mais cela ne s’avérera n’être qu’une supercherie pour se débarrasser de lui . Pélias est un roi illégitime qui a usurpé le trône. Il est haineux à l’esprit vengeur et sans pitié. Il n’a pas craint d’offenser Héra en tuant dans son temple la femme qu’il poursuivait et qui venait s’y réfugier. Cette femme était la marâtre maltraitante de sa mère qui, violée par Poséidon, avait mis au monde Pélias et son frère jumeau. Elle avait été maintenue recluse et, avec eux, cachée subissant les mauvais traitements de la marâtre jusqu’au jour où le roi de Iôlcos l’épousera et adoptera ses enfants. Mais ceux-ci n’étaient pas destinés à régner car de cette union un héritier était né, Aeson. Quand viendra le temps de la succession, Pélias l’évincera ainsi que son jumeau. Aeson et sa femme Polymédée soustrairont leur enfant à la menace d’infanticide et partiront pour le mont Pélion confier le petit Jason au centaure Chiron précepteur sage et magicien. Adolescent, son ascendance royale révélée, Jason revient à Iôlcos réclamer à son oncle le trône dont il est l’héritier légitime. En route, il a aidé une vieille dame sans avoir su qu’il s’agissait de la déesse Héra. Celle-ci est venue à lui pour en faire son protégé et surtout son instrument pour le malheur de Pélias, l’assassin sacrilège de l’épouse d’un de ses adorateurs. Héra ne plaisante pas avec cela. L’aventure de Jason va se concevoir comme une perpétuelle exposition à la mort due à l’injonction perverse de son oncle cruel. Pour y parvenir, des transgressions seront commises qui feront côtoyer à l’équipage de l’Argo les forces obscures de la régression. Ils seront aidés par les divinités. Héra, instigatrice de l’entreprise, est la déesse tutélaire qui veut le mort de Pélias. Elle fait appel à Athéna, l’indispensable conseillère des héros qui possède le potentiel bien nécessaire à Jason, pour traverser les épreuves à venir. Déesse de la Guerre et de la Pensée, elle le protégera avec ses compagnons par sa Sagesse et les guidera en présidant à la construction de l’Argo, qu’elle équipe d’une proue parlante taillée dans une poutre venant d’un bois sacré d’oracle et en suivant sa navigation. Métis, première amante de Zeus, est à la fois Sagesse et Prudence ou bien son envers Ruse. Zeus avait avalé son amante alors qu’elle était enceinte d’une fille, craignant qu’après cette première naissance elle ne mette au monde un fils, qui le délogerait comme lui-même avait délogé son père, Cronos. L’enfant sortit armée du crâne de son père qu’Héphaïstos fendit. Ainsi le fils présumé fut sacrifié avant d’exister, en supprimant sa gestatrice potentielle. À la génération précédente, Cronos, menacé dans sa souveraineté par la génération nouvelle, avait dévoré tous ses enfants, sauf Zeus, que Rhéa avait sauvé par ruse en le substituant par une pierre.    "Mais voici qu'Achille s'approche, pareil à Enyale, guerrier au casque bondissant. Sa pique en frêne du Pélion est là, qui vibre à son épaule droite, effrayante, et, tout autour de lui, le bronze resplendit, pareil à l'éclat du feu qui flamboie ou du soleil qui se lève. Dès qu'il le voit, la terreur prend Hector. Il n'a plus le cœur de rester où il est". Tel un corps collectif, l’Argo franchira les épreuves en puisant dans l’ingéniosité que recèle l’intelligence consciente des individus la constituant, mais aussi inconsciente avec le pouvoir de leurs songes. Des invocations seront aussi faites aux déesses primitives. Apollonios ne se prive pas d’accentuer un retour vers l’originaire. Du début à la fin de son épopée, Apollonios place le périple de l’Argo sous la tutelle des divinités archaïques, rattachées au culte de la Grande Déesse. Il y aura le passage du stade occidental au stade oriental, à entendre comme passage d’un temps dit civilisé à un temps archaïque, où les forces premières et non domptées rencontrent les forces de vie, celles génésiques. Le récit nous porte vers le Pont-Euxin et le détroit de l’Hellespont, nous sommes alors conviés à suivre, avec suspens, une prouesse de l’Argo et une première transgression. Jusque-là, aucune embarcation ne s’était aventurée au-delà au risque d’être engloutie par les tumultueuses et fracassantes Symplégades, ces roches flottantes renommées comme infranchissables, car pouvant enserrer les navires dans ses récifs se rapprochant. Dès l’arrivée en Colchide, Héra et Athéna inopérantes auront recours à Aphrodite afin de déclencher l’état amoureux de Médée, la fille d’Aiétès qu’elles comptent utiliser. Aphrodite va convaincre son fils Éros d’atteindre la jeune femme de sa flèche. Elle deviendra cette force obscure, mais puissante, dont il sera dépendant en lui délivrant les drogues dont il aura besoin pour réussir sa mission. Magie et amour seront intriqués, comme le sont les destins des pulsions de vie et pulsions de mort jusqu’à la désintrication. Apollonios centre son récit sur les effets du coup de foudre nécessaire à l’intrigue, effets qui provoquent l’ébranlement affectif de la jeune femme. Le choc amoureux, loin de la rendre heureuse, provoque un cataclysme. Ce par quoi elle est pénétrée qui va la faire haïr Jason en même temps que sa force d’attraction s’exerce, la fait œuvrer vers un sacrifice d’elle-même, marque d’une jouissance bien au-delà du principe de plaisir. Le poète rend alors compte d’une bascule narcissique vers un narcissisme de mort, avant qu’elle ne mette ses pouvoirs au service de Jason. Désespérée, elle envisage même le suicide pour échapper à ce destin, sa boîte contient les ingrédients pour concocter une potion fatale. Mais la volonté d’Héra, qui tient les ficelles, la fait se ressaisir. Elle aidera Jason. C’est en précaire suppliant que Jason la retrouve dans le temple d’Hécate, pour obtenir d’elle les potions dont il a besoin. Il ne craint pas de la corrompre pour parvenir à ses fins. Mais cœur d’artichaut, il succombe lui-même au sentiment amoureux, alors qu’elle est ravagée par ses tourments. Aucun mortel ne peut accomplir les travaux auxquels Aïétès soumet Jason. Ils se dérouleront sur la plaine d’Arès et consisteront à dompter des taureaux d’une férocité sans nom pour en faire des bœufs de labour. Dans les sillons, des dents de dragon semées ont engendré des guerriers qu’il va combattre. Médée lui a préparé des drogues, dont un onguent, qui le métamorphosent en vaillant et invincible guerrier. Il accomplit le rite particulier destiné à Hécate que la magicienne lui a enseigné, afin que les puissances telluriques l’assurent d’une fureur sans limite pour un seul jour.    "Ah ! qu'il périsse donc, chez les dieux comme chez les hommes, cet esprit de querelle, ce courroux, qui induit l'homme en fureur, pour raisonnable qu'il puisse être, et qui semble plus doux que le miel sur la langue, quand, dans une poitrine humaine, il monte comme une fumée ! et c'est de la sorte qu'ici j'ai été mis en courroux par le protecteur de son peuple, Agamemnon. Mais laissons le passé être le passé, quoi qu'il en coûte, et maîtrisons, puisqu'il le faut, notre cœur en notre poitrine". Il sort vainqueur du combat, mais Aiétès, qui ne tient pas sa parole, ne lui rend pas la Toison d’or. Médée devra encore intervenir. La nuit venue, elle usera d’incantations et de potions pour décrocher secrètement le précieux talisman suspendu à l’arbre sacré et gardé par le dragon toujours éveillé qu’elle endort. Jason, couvert de la peau d’or qui va légitimer son pouvoir royal devant Pélias, embarquera sur l’Argo avec celle qui ne peut désormais que s’exiler et qui devient épouse aigrie aux pouvoirs maléfiques. Apollonios consacre plusieurs vers à l’onguent dont Jason a enduit son corps, ainsi que sa lance et son bouclier avec des précisions sur l’origine de sa substance et le lieu de la cueillette. Médée l’a cueillie au pied du Caucase qui surplombe la Colchide, où Prométhée est enchaîné. Le "prométhéion" a poussé, nourri du sang s’écoulant du foie meurtri du Titan perpétuellement dévoré par l’aigle, supplice que lui a infligé Zeus. Si la Médée d’Euripide représente ce pouvoir absolu d’une femme sur la vie et la mort de ses enfants, celle d’Apollonios en amène une préfiguration de l’"hainamoration" qui ira jusqu’au meurtre de ses enfants et qui se révélera chez elle par un narcissisme de mort, alors que les travaux accomplis par Jason régénéré lui donneront une unité existentielle qui lui fera quitter l’état l’"améchania". Les anciennes versions littéraires ainsi que les figures iconographiques racontent qu’à leur retour à Iôlcos, elle procède au rajeunissement de Pélias et d’Aeson. Par cette opération, Médée viendrait-elle remédier à la blessure que suscite la maturité d’un fils auquel il faut céder la place ? Apaiserait-elle les pulsions cruelles d’un père-chef destitué par sa descendance ? Le chaudron de Médée serait-il un retour à ce temps antérieur au refoulement du corps de la mère qui ramènerait vers ce lieu de transformation du vivant, en évitant autant l’écueil de l’infanticide que celui du parricide à l’instar de la légende d’Œdipe ? Permettrait-il de réactualiser la difficulté que représente ce temps de passage pour toute civilisation patriarcale que représente la génération nouvelle ? "La mer à la ronde roule son bruit de crânes sur les grèves. À la voir, on regarde la vie".    Bibliographie et références:   - Walter Burkert, "Le mythe d'Hécate" - Anne Collognat, "La divinité Hécate" - Apollodore, "Bibliothèque" - Apollonios de Rhodes, "Argonautiques" - Hésiode, "Théogonie" - Pierre-Jean Jouve, "Hécate" - Maurice Larès, "Dictionnaire de l'antiquité" - Paul Morand, "Hécate et ses chiens" - Pausanias, "Description de la Grèce" - Shakespeare, "Hamlet" - Shakespeare, "Macbeth" - Sandrine Agusta-Boularot, "Hécate, la divinité" - Franz Regnot, "La déesse Hécate"   Bonne lecture à toutes et à tous.  Méridienne d'un soir. 
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