Lady Spencer
#0
LA PEUR
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Nous avons toutes et tous des peurs, des phobies parfois, et des limites. Nous les évoquons souvent pour les soumis-ses, ces limites à frôler voire à dépasser, un peu moins chez les Doms .
Raisonnées ou non, raisonnables ou non, les peurs servent parfois de leviers dans la relation, de moteur aussi : j'aime jouer sur la peur de mon complice. J'aime m'en faire une alliée, de cette peur, soit pour lui faire sentir qu'il ne risque rien, soit simplement, parce que j'aime pimenter le jeu à cet instant précis.
Un soumis terrifié par les lames (rasoir, couteaux...etc...) se tétanisait presque lorsque je passais la lame sur son visage, contournant les yeux, redescendant lentement sur sa gorge, la lame terminant sa course sur le gland et le frein ....
Un spectacle me procurant un infini plaisir !
Mais, lorsque la personne dominante a elle-même peur d'une situation précise, peut-elle s'en servir sur son ou sa soum, sans en être gênée ?
Un ex : j'invente une situation : j'ai peur des reptiles (ça, c'est vrai), mon soumis aussi, aurais-je le cran ou la perversité de lui ordonner de ne pas bouger en laissant passer un serpent sur le ventre ? (ok, rien que d'y penser, brrrr)
Vous est-il déjà arrivé de faire vivre à votre soum, quelque chose de redoutable pour vous Dom, et comment l'avez-vous vécu ensuite ?
De la fierté, en disant : "Punaise, elle/il est vraiment fort, je n'aurais jamais pu faire ça !" ?
Au contraire, la peur vous aura desservi, et ne vous permettra pas d'aller au bout de la pratique ?
Un ami dom m'avait expliqué refuser les contrôles de respiration lorsqu'il était soumis.
Depuis son passage à l'état de dom, il aimait voir sa soumise avec une cagoule sur le visage, le supplier de la lui retirer. Tout cela, en plein consentement bien-sûr.
Il tardait à la libérer, tout en disant : "sa confiance et sa dépendance me bouleversent"
Les hommes et les femmes sont d'étranges animaux parfois.
En BDSM, c'est pire encore !
Pièces jointes
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softail
#1
Oui il m'est arrivé d'admirer ma soumise. D'être fier d'elle, et lui disant. En sachant combien elle pris sur elle. Pour moi. Me prouvant par là même tellement de choses, en se dépassant ainsi. Sa capacité à surmonter ses peurs, son éducation, ses blocages; sa confiance en moi aussi. Comprenant que je la pousserais mais sans aller plus loin, que je serais là, protecteur et guide. Ce n'était pas physique, pas dur en soit. C'était même élémentaire pour moi. Mais si compliqué, inhabituel pour elle. Elle devait lutter contre l'envie de fuir, de dire non. Le safetyword devait lui brûler les lèvres. Et puis je l'ai vu se libérer, s'épanouir comme une fleur. Aujourd'hui ses limites de l'époque la font rire assurément. C'était le premier jour où l'on se voyait, notre première rencontre, improbable en tous points. Ce jour là a construit notre relation, tout le reste.
Le jour où elle m'a tout montré, tout son cheminement, je m'en souviens parfaitement. C'était plusieurs années après. Elle, si possessive, veillant jalousement sur son Maître, se faisant respecter des autres soumises sur notre forum de l'époque, a pris une initiative, me faisant une surprise, pour mon anniversaire. Derrière la porte de cette chambre, on frappa. Quand j'ai ouvert, son amie, une autre soumise, fort belle elle aussi, attendait à genoux de l'autre côté. Elle était mon cadeau pour jouer à trois ce jour là. Toute ma vie je reverrai cette scène, où elle si exclusive, prend mon sexe pour le mettre dans la bouche de cette autre, intermittente du spectacle. Ce jour là, elle m'a montré qu'elle avait compris que la vraie soumission, ce n'était pas suivre une directive. Que la vraie obéissance n'était pas d'exécuter un ordre. Ce jour là fût mon plus beau jour de maître. Ma soumise m'avait impressionné par son cheminement tant que par son courage ce jour là, car je savais combien c'était difficile pour elle, mais elle me faisait passer avant tout.
Voilà elle sait. Et oui Lady Spencer, les hommes et les femmes sont définitivement d'étranges animaux.
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#2
Alors, à la question de base consistant a savoir si j'imposerais a ma soumise une chose que me terrifie....
Je devrais d'abord dépasser ma peur pour cela, car je ne voudrais pas que cette peur me fasse perdre mes moyens et commettre une bourde. Mais si la pratique la tente, ma foi, je dirais presque que ce n'est là qu'un juste retour des choses.
Mais sinon, fondamentalement, sans parler de terreur, ou même de peur... Mon caractère fait que je n'accepterais jamais le quart de la moitié du tiers de ce que ma soumise fait pour moi, et ce dans n'importe quel domaine ou presque. Impact? Non merci.
Cire? Bof bof...
Cordes? Je laisse déjà Fay s'entraîner, et ca me suffit largement
Etc, etc, etc...
Donc je passe mon temps a être bluffé par ce qu'elle est capable de m'offrir, même dans les jeux les plus sorts, même dans les choses les plus banales.
Sinon, je peux comprendre cet effet pervers et quelques peu étrange qu'à le fait s'imposer a l'autre ce qu'on ne pourrait pas subir... Mais en un sens, n'est-ce pas là le principe même de l'exercice du pouvoir? Fais a l'autre ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse? 😇😇😂🤣
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Lilisweet70
#3
De nature assez angoissée et ayant développé plusieurs phobies durant ma toute jeunesse, lors de ma période de soumission, j ai été amené à me confronter à mes peurs. Le fait d être touchée, jouir par le biais de quelqu un d autre, l asphyxie, la peur du noir etc. La liste est longue, rires ! J ai appris peu à peu à gérer mes angoisses, en tout cas à ne plus me retrouver dans des postures pouvant les déclencher sans que je puisse les contrôler. Mon dom n avait par contre pas de peurs spécifiques pouvant interférer dans nos jeux.
De ce fait, je suis souvent admirative devant un soumis, ce qui m a demandé tant d efforts tandis qu il l endure avec plaisir, wahou !
Et ce qui me surprend de moi même , c est de prendre beaucoup de plaisir à jouer avec les peurs de l autre... La satisfaction de voir son partenaire se dépasser, voir l évolution, voir qu il se repose sur moi, voir dans son regard la peur et parvenir à la contrôler, c est très excitant.
Et valorisant aussi.
Désormais, mon conjoint peut aller faire une prise de sang sans tourner de l œil, et me regarder couper une pièce de viande sans paniquer. Pratique aussi !
Quant à mes peurs restantes... Je les redecouvre différemment, j accepte désormais de m y confronter, dans une position plus dominante... Pour mon bien, le sien, et celui de notre relation... Le partenaire y fait pour beaucoup.
Simplement, grandir ensemble...
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Lady Spencer
#4
@Lillisweet..........ça ne déclencherait pas des envies, son absence de peur ? :smiling_imp::smiling_imp::smiling_imp::smiling_imp:
Il peut y avoir plusieurs raisons sur ton absence de peur : on les cherche ?
1° : Tu as confiance en la domina face à toi (ou au-dessus, ou sur le coté, bref on s'en fiche.....), tu sais qu'elle ne te fera pas de "mal" au sens propre comme au sens figuré. Et tu es bourré de désirs pour ce que tu vas vivre, donc pas de place pour la peur.
2° : Nouvelle domina dont tu ne connais pas les pratiques, tu te donnes mais en restant clos de l'intérieur, et tu contrôles la situation pour que ça ne dérape pas : et ça, tu sais très bien faire, n'est-ce-pas ?
3° : Tu es en lien, un lien fort, tu t'ouvres, tu te donnes mais en ayant toujours un coup d'avance, tu prévois, tu anticipes, encore une forme de préservation pour toi, pour elle aussi (tu la préserves d'un éventuel échec sur une pratique précise, par exemple), tu veux qu'elle soit heureuse avant tout, tu restes encore dans la maîtrise, même en t'offrant à ses lanières, à ses godes.....etc....
Tu évites donc la peur en contrôlant
4° : Tu offres ton corps "seulement" mais pas ton "âme" : tu subis physiquement mais sans t'investir émotionnellement ou alors, avec des barrières et un cadre .
Ta phrase "ce n'est qu'un corps" est révélatrice.
Aucun reproche dans tout ça, tu le sais et Lillisweet aussi, tu le sais.
Intéressant de lire qu'il n'a pas peur, parce que cela veut dire qu'il y a encore, plein de plages à explorer, plein de failles bien calfeutrées, plein de blocages non levés .
N'oublie pas un p'tit truc, Jokjc, on va bientôt se retrouver en terrasse, Elle, toi et moi ......:smiling_imp::alien::heart:
Et nous rediscuterons des peurs ......
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Lilisweet70
#5
Merci pour ce grand sourire Lady Spencer !
Évidemment, qu il contrôle tout Jokjc... Évidemment que c est terriblement excitant pour moi...
Évidemment que des peurs il en a, et que je vais prendre grand plaisir à les explorer...
Je le sais, il le sait (sans toutefois l admettre)... Il a vu mon lâcher prise...
Je n ai vu le sien que brièvement, à un instant... Un joli souvenir pour moi...
Ça viendra... Il nous faut du temps ensemble !
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Lady Spencer
#6
Exactement !
Même lorsque le temps est haché par le quotidien, le temps reste un précieux allié.
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#7
J'avoue être un peu perplexe.. bon, pour en avoir discuté avec Fay, elle aime aussi la peur du soumis, mais personnellement, la peur d'une soumise n'est qu'une étape un peu ennuyeuse, le temps de l'aider a dépasser un problème, pour pouvoir ensuite s'amuser.
Bien sûr, il y a une grande fierté a la voir dépasser une peur, une angoisse voire une phobie, mais ça reste quelque chose de fonctionnel, et je n'éprouve aucun plaisir a voir la peur dans un regard...
D'ailleurs, comment faire peur a quelqu'un après avoir passé des jours, des semaines, des mois a obtenir de cette personne une confiance si pleine qu'elle est prête a dépasser ses peurs ?
Pour une fois, je n'ai pas de réponse et m'interroge....
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Lilisweet70
#8
@Oneiros : Je crois qu il s agit là des goûts propres à chacun simplement. Fort heureusement, nous n avons pas tous les mêmes plaisirs et ce qui te fait vibrer dans tes pratiques ne seront peut être pas les miennes... Ou peut être que si, rires !
Quant au fait de réussir à faire peur à une personne qui nous fait et en qui on a confiance... Il faut, je pense, différencier la peur d un objet et la peur d une personne.
Une confiance s établit quand les réactions de l autre seront, même si pas prévisibles, acceptées, puisque basées sur une bienveillance mutuelle.
Pour la peur d un objet, prenons l exemple d aiguilles, que ce soit un parfait inconnu ou une personne de confiance, la peur sera présente puisque elle est matérialisé par un objet. Peut être même davantage venant d une personne informée qui choisira la confrontation avec l aiguille malgré les réticences de son partenaire de jeu.
Le consentement revient donc en avant... Mais n empêche en rien l appréhension...
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#9
J'ai lu ce sujet il y a quelques jours et je suis resté assez dubitatif mais il m'a contraint à replonger dans des documents de mon tout début de carrière. Et j'ai finalement trouvé un certain nombre de réponses aux zones d'incertitudes que la lecture de cet article avait créé en moi.
À mon sens et ça n'engage que moi, la PEUR n'est pas le sujet. Pour 2 raisons, d'abord parce que la peur est subjective, on peut même aller jusqu'à dire qu'elle n'existe pas et ensuite parce que la peur n'est que la conséquence du phénomène de stress. Le stress est cette condition qui perturbe l'homéostasie sur le plan physiologique et psychologique. Une double atteinte des zones du cerveau liées à la "coordination", la cognition et les émotions...3 zones, hippocampe, cortex et amygdales.
Le vrai sujet c'est le stress car tout part de là, c'est lui qui au travers de la représentation mental que chacun va avoir, va générer ou non de la peur.
Certaines sont hyper entraînées au phénomène du stress, je voudrais citer en premier des cas que j'ai observé chez les soldat du feu. La différence entre une situation d'exercice et une situation réelle fait qu'un pompier, pourtant rompu au stress dû aux risques, va perdre plus de 40% de ses facultés réactives sur une situation réelle par rapport à la même situation en exercice. La différence c'est tout simplement la représentation mentale que le pompier se fait de l'environnement dans lequel il se trouve
Autre exemple frappant, les hommes du GIGN à l'épreuve du "Tir de confiance". C'est l'épreuve qui vient couronner 10 mois de formation physique, psychique et mentale pour devenir membre de cette unité d'élite. Il s'agit d'un tir à balle réelle à 50m sur un collègue de promotion qui tient sur son abdomen un disque rond de 15cm de diamètre en terre cuite. Il est prouvé que le matériaux stoppe la balle. Lors de cet exercice on a observé la production massive dune sécrétion qui "bloque" le fonctionnement de la zone du cerveau ou se gèrent les émotions.
Enfin, pour avoir eu des légionnaires à encadrer, je confirme que certaines personnes parviennent à tellement maîtriser le stress que la peur n'existe pas. Lorsque vous êtes en OPEX et que les balles sifflent autour de vous vous n'avez pas le droit d'avoir peur.
Vouloir créer de la peur est à mon sens très dangereux car plus de 80% vont "se coucher", 15 à 20% des personnes vont avoir une réaction terriblement et redoutablement agressive parce que pour ces personnes le stress génère exactement la même réaction physiologique qu'une personne atteinte d'épilepsie : forces décuplées, blocage du système émotionnel et blocage neurologique musculaire par surproduction d'acide lactique.
Donc il est à mon sens possible de "jouer" avec la frontière du stress, encore faut il la connaître de façon précise afin d'éviter de générer une peu qui renvoie directement à une atteinte psychologique.
Le deuxième sujet qui m'a interpellé dans ce bel article c'est la confusion entre peur et phobie. En fait il s'agit de deux phénomènes bien différents qui sont "gérés / produits" par des zones différentes du cerveau.
L'élévation du niveau de stress donne lieu à une interprétation qui génère un niveau de peur
Les phobies sont le niveau le plus élevé dune crainte, qui va évoluer en angoisse qui va se muer en phobie. Les mécanismes sont totalement différents car la crainte est déjà à la base une représentation mentale d'un événement qui crée une émotion. Et là effectivement on peut parler de limite. Jouer avec les phobies à relativement peu d'intérêt à mon sens car on touche très rapidement au "NON ABSOLU" qui comme l'excès de peur va engendrer une atteinte psychologique.
Il faut donc un très long entraînement et une connaissance très approfondie de la personne et des mécanismes physiologiques et psychologiques pour pouvoir surfer sur la limite...
Je comprends parfaitement la réponse de Jokjc qui pour moi est transparente et correspond à du "vécu" (blocage et verrouillage émotionnel et fermeture des neurotransmetteurs), ainsi que le questionnement de Oneiros qui "ne saisi pas l'intérêt de générer un phénomène extrême" alors la relation BDSM se nourrit déjà naturellement de ces excipients.
Merci chère Lady pour ce bel article qui donne à réfléchir sur notre rôle (indépendamment du statut)et sur nos actes...
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#10
A mais par contre, l'appréhension, je comprends et apprécie, je la distingue simplement de la peur.
Après, évidemment que nous n'avons pas tous les mêmes goûts, c'est bien pour ça que c'est agréable d'en discuter, de comprendre, de découvrir. Ma réflexion n'était pas dans le jugement, juste dans la curiosité. 😁
Aurel, question annexe, s'il y a un bouquin sympa sur le sujet, je suis preneur. 😁😁
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Lady Spencer
#11
A un pompier copain à qui je demandais s'il avait peur en intervention et si oui, sur quelles interventions ?
Sa réponse : "Toutes les inter !!!"
"Heureusement d'ailleurs, si un jour je n'ai plus peur, j'arrête le métier de pompier"
La peur reste une émotion d'un danger réel ou d'une situation dangereuse, permettant soit de fuir soit de lutter.
J'utilise cette émotion lorsque je sais pouvoir la contrôler déjà, même si un incident-accident est toujours possible, et même si je crée des situations avec le minimum de risques bien-sûr !
En situation de peur, je joue sur celle-ci quelques instants, je ne la laisse jamais s'installer sur un temps long, ce qui là, reviendrait à perturber la confiance du soumis-se a placé en moi. Ce n'est absolument pas ce que je recherche.
Je ne veux ni une fuite ni une résistance via un combat. Je veux "juste" provoquer ces tremblements, ces frissons plaisants ou déplaisants sur une situation précise que JE maitrise mais qui reste stressante pour la personne face à moi.
Je ne recherche pas non plus à installer une anxiété de situation, que le soumis vivrait comme actes menaçants incontrôlables et inévitables (cf Wiki)
Je "titille" là où je sais que les frissons vont éclater, là où je maitrise le ou les risques, et surtout surtout, là où je vais pouvoir (et devoir !) réconforter le soumis en question.
Parce que cette peur, je veux en faire quelques chose, je ne la laisse pas arriver sans motif et sans désir, je la pilote le temps et le moment choisi (par moi) et je la calme, je la dirige, je la tiens.
Et je la sors ensuite, je l'expulse loin.
Ce n'est en aucun cas, une espèce de trahison de la confiance du soumis car un soumis avec moi, sait une chose d'emblée : tout peut arriver à tout moment.
En plein consentement bien-sûr.
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#12
Oui cher Oneiros...il y a ça existe,
1. Ce sont pour partie des dossiers de doctorants en psychologie qui ont accompagné la formation des "militaires" (appelons un chat...) Pompiers de Paris et Marins Pompiers de Marseille, mais aussi des membres des unités du GIGN et des groupes d'intervention ainsi que des centaines d'agents de nos services de renseignement.
Ce n'est donc pas "à mettre entre toutes les mains" et je ne pense pas que ces ouvrages pratiques soient commercialisés.
Sinon il y a des articles universitaires sur le sujet, en fait il faut dans la recherche bien cibler, par exemple
"Trac, timidité et phobie sociale"
"Craintes angoisses et phobies"
"Stress, peur et mécanisme d'autodéfense"
"Stress au travail, un enjeu de société"
sont quelques uns des libellés de recherche qui permettent d'accéder aux articles universitaires intéressants.
Sinon il y a un sujet aussi sur "Dynamique sociale et formes de peur" écrit par Denise JODELET aux éditions Nouvelle Revue de Psychologie.
Si vous voulez creuser on peut échanger en MP
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Lady Spencer
#13
J'écrirais bien un bouquin genre : " Dynamique interne du mâle dominant face au stress de se laisser maîtriser : peurs, stress..."
Ou bien : "Stress, peurs et mécanismes d'auto-défense dessaisis"
"Once upon a time..........":wink::smiling_imp::smiley_cat::feet::scream_cat::flushed:
Dernière modification le 19/05/2021 00:33:03 par Lady Spencer.
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#14
Je crains vraimentde m'être très mal exprimé...je pense définitivement qu'il ne faut pas parler de PEUR...mais en premier lieu de STRESS. Car le stress n'a absolument RIEN à voir avec la peur.
Le stress est le mécanisme d'autoprotection qui n'a RIEN A VOIR avec une émotion.
Si on en est à créer de la peur pour obtenir une émotion on fait fausse route. Ce n'est absolument pas la bonne piste.
L'émotion ne pourra naître que si le niveau de stress débouche sur un sentiment de satisfaction et débloque la production d'endorphines. La peur c'est tout le contraire et ça peut créer des blocages terribles et faire des ravages psychologiques.
Mais très souvent on demande aux personnes "vous avez eu peur" et elles répondent OUI parcequ'elles ne dissocient pas le mécanisme d'autodéfense (celui dont parle le pompier qui est du STRESS) de la représentation mentale qu'ils ont eu de leur stress et qui se définit comme un TRAUMATISME. Voilà vraiment pourquoi je ne veux pas parler de peur ni la créer, car c'est au choix
La voie directe pour le traumatisme
Ou la porte ouverte à une réaction incontrôlable et dans les deux cas c'est vraiment dommage et nous ne sommes plus du tout dans une relation BDSM.
Par contre faire monter le niveau de stress et contrôler sa progression OUI, je suis beaucoup plus dans la logique de Oneiros... Générer une peur par accumulation de stress est inutile et contre productif. Par contre passer du stress à ce sentiment plénitude qui fait qu'on a l'impression d'avoir vaincu son stress c'est aussi l'occasion de découvrir sa propre "tolérance au stress"
Et là pour le coup il y a une sorte de magie qui s'opère entre les partenaires...en tant que fouetteur ça m'est arrivé d'en avoir les larmes aux yeux...et là l'émotion prend le pas sur le stress qui disparaît...
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#15
Je pense sincèrement que le mot "mâle" est vraiment en trop...😃
Soyez la première personne à aimer.
Lady Spencer
#16
Eh bien, cher Aurel, tu me laisseras la possibilité et la joie de parler de "peur" lorsque le désir me saisit de faire vivre cette émotion à un soumis, d'ac ?
Avec un autre élément intervenant dans mon plaisir immédiat de cette épreuve : l'effet rétrospectif de la peur
Lorsque le "danger" est passé, par exemple lorsque j'éloigne la lame de bistouri du visage du soumis, il imagine tout ce qui aurait pu lui arriver et il réalise les risques pris, et là, sa peur est intéressante.
Je ne me répèterai pas en disant pourquoi (cf au-dessus)
Cette peur rétrospective me plait bien.
Je ne pourrais pas avoir ce sentiment là sur du stress, qui est une réponse physique naturelle, mobilisant des forces pour lutter ou pour fuir, et encore une fois, je ne cherche pas à engendrer du stress chez un soumis.
Chez qui que ce soit d'autre non plus, d'ailleurs ! :smiley:
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#17
Désolé chère Lady, dans ton exemple présent tu ne parle pas de "peur" du soumis par rapport à la lame du bistouri mais il s'agit bien de stress, qui est une tension nerveuse profonde car elle fait partie de la conscience.
La différence avec la peur c'est la construction mentale que le soumis va se faire de l'utilisation possible du bistouri ou des suites possibles. L'utilisation du bistouri dans la construction mentale du soumis à cette seconde là fait partie de son inconscient.
Sauf que...dans cette construction mentale vient s'interposer la confiance qu'il a OU PAS dans ta capacité à aller sur un acte pouvant porter atteinte à son intégrité. Et que cet ait lieu ou non tu vas donner naissance à la conséquence de la peur que tu vas créer on parle ici de traumatisme....avec tous les niveaux possibles de graduation dans la gravité du traumatisme.
Donc à mon sens, dans tes pratiques tu cherches à générer au moins un départ de traumatisme pour assurer la subordination physique et psychologique de ton soumis...
Ici c'est affaire de choix et d'orientation psychologique des pratiques de chacun.
Autant j'ai plaisir à jouer sur le niveau de stress de ma soumise, autant l'idée de pouvoir être à l'origine d'un traumatisme ne m'intéresse absolument pas et ne fait pas partie de mes pratiques car je la trouve inutile mutilante psychologiquement à minima et contre productive. CQFD...
Soyez la première personne à aimer.
Lady Spencer
#18
Le stress serait si grand chez toi pour ce sujet, que tu passes au tutoiement ?
Je ne me souviens pas l'avoir désiré mais tu es un dom, n'est-ce-pas ?
J'en resterai là sur les différences entre peur et stress car nous ne parlons pas de la même chose, et comme "chacun son bdsm" .....sourire, eh bien, je joue avec la peur sur un instant T et tu "joues" avec le stress de ta soumise : no problemo !
Ah si .....à ma connaissance, aucun soumis n'a conservé un trauma via mes pratiques .
Car jamais je ne m'amuserais à en frôler même l'approche d'un . Un trauma connu bien-sûr.
Et comme j'échange beaucoup en "after", je cherche toujours à savoir ce qui est resté dans les méandres du coeur, du corps et de l'esprit du soumis entre mes griffes.
Bonne journée Aurel.
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#19
En fait, j'ai surtout l'impression que c'est un problème de vocabulaire.
La peur au sens médical du terme n'étant, a priori, pas la même que dans son sens commun.
Je repense à une expérience extrêmement récente...
Je donne un ordre, et je sens l'hésitation, je vois l'appréhension, le doute, l'inquiétude...
Je vois que l'obéissance ne sera pas facile et va nécessiter que je serre la bride, je perçois ce moment d'abandon, non dans le lâcher prise/plaisir mais dans la notion "Je ne m'appartiens pas"...
Il y a eut ces mimiques d'angoisse, les gestes saccadés, une larme...
Je ne considère pas cela comme de la peur, mais bien de l'appréhension, de l'angoisse née du stress.
Mais je me demande si ce n'est pas ce même genre de réactions que Lady Spencer associent a de la peur. Et il fait avouer que cela y correspond assez bien dans le langage courant.
Ai-je tord?
Soyez la première personne à aimer.
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#20
A vrai dire Mankind, je n'envisage pas la chose comme un jeu du tout, même s'il y a une part de jeu dans les pratiques.
Par contre, votre ressenti et interprétation des sensations/sentiments sont très intéressants.
Soyez la première personne à aimer.
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#21
Désolé Exit Mankind pour l'ablation partielle de pseudo, innattention de la part. 😁
Soyez la première personne à aimer.
Lady Spencer
#22
En fait, si je reprends le questionnement du départ, je demandais si les doms pouvaient utiliser leurs propres peurs-angoisses-stres.....et les faire vivre à leur soum , pour dépasser ces peurs-angoisses-stress par exemple.
Une espèce de catalyseur d'émotions permettant de franchir certaines étapes : et là, je ne parle que de BDSM, que de pratiques BDSM .
Si je dis cela, c'est juste pour recentrer et mieux comprendre ce type de mécanisme que j'utilise .
Les peurs de la vie réelle, je ne les aborde pas ici : comme le dit Exit-Suzanne (je ne pouvais la rater celle là ! :wink:), des accidents, des sauts de carpe du 3ème (qu'est ce que tu fichais en sautant du 3ème ???) des agressions.....il y a plein d'évènements de peur dans la vie, et là, je ne joue plus du tout.
Merci à toutes et tous pour ces échanges intéressants, merci beaucoup
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