Pour répondre à la question "De quelles manières répondez-vous à ce genre de sollicitation ?": je suis extrêmement prudente avec tout ce qui concerne l'octroi de conseils car j'ai très peur d'induire la personne en erreur. Nous sommes tous très différents dans notre psychologie, nos motivations, notre vision de la vie, et ce qui est parfait pour moi peut conduire à de grosses déceptions, voire de graves erreurs, pour une autre personne.
Étonnamment, bien que je ne sois pas présente sur le mur général, je reçois régulièrement des demandes "d'amitié" pour des conseils personnalisés voire du mentorat, ce que je refuse systématiquement. Au delà de la raison de fond que je viens d'évoquer, je ne me sens pas du tout légitime pour cela, donc j'évite. Par contre cela m'arrive, ponctuellement, de donner mon avis sur telle ou telle question de choix personnel, au détour d'une discussion privée quand on me le demande - mais en général seulement à des personnes que je sais avoir suffisamment de recul pour traiter cet avis avec discernement.
En découvrant ce sujet (avec beaucoup de retard), je me suis souvenue d'un sujet de Lady Spencer sur le mentorat (https://www.bdsm.fr/forum/thread/5084/MENTORAT/), qui peut apporter un éclairage complémentaire à ceux que ça intéresse.
C'est en se cassant la figure que l'on apprend à marcher...
Surprotéger une personne peut être contre-productif à long terme.
Je suis convaincue que l'on peut apprendre beaucoup des mauvaises expériences. Tout est question de degré, et il vaut quand même mieux éviter les expériences catastrophiques dont on peut avoir du mal à se relever. Car inévitablement l'estime de soi en prend un coup, et si ça va trop loin il n'est pas dit que l'on ait les ressources pour se relever. Le seuil à partir duquel une mauvaise expérience devient réellement dangereuse dépend beaucoup de la personne.
J'ai la chance d'avoir un esprit analytique, donc bien qu'étant émotive et assez facilement affectée, j'arrive toujours à prendre du recul et à retomber sur mes pattes en m'efforçant d'analyser froidement la situation et de tirer des leçons des expériences négatives. Pour l'instant en tout cas... Mais je sens bien qu'il y a un seuil au delà duquel une expérience vraiment catastrophique, ou un malheureux concours de circonstances (accumulation d'échecs), pourrait mettre à mal cette capacité.
Même si le sujet de Lady Spencer sur le mentorat m'a amenée à revoir partiellement mon point de vue, je reste méfiante et je me dis qu'en protégeant trop une personne, en la conseillant de manière trop rapprochée, on risque finalement de ne pas lui rendre du tout service sur le long terme. Il y a aussi le risque de la déresponsabiliser, car de ce que j'ai constaté, certaines personnes recherchent des conseils personnalisés pour apparemment ne pas avoir à assumer les conséquences des décisions (si les choses ne tournent pas comme espéré, c'est toujours plus facile de reporter la responsabilité sur la personne qui a conseillé).
Cependant, des avis différents peuvent faire prendre conscience de certaines dérives, qui adviennent malheureusement trop souvent.
Il y a donc là une différence entre donner un avis et conseiller.
...Et il reste toujours à la personne recevant ce conseil de le suivre ou pas,...
Mais chaque cas est différent. Ce qui peut très bien fonctionner pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre.
Tout dépend aussi ce que la personne demandant conseil est en mesure d'entendre, de comprendre.
Alors je conseillerai vivement à sylvie35 de continuer à jouer son role d'archéologue du site afin de nous exhumer de l'oublie des sujets intéressants... :smile:
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