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La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM.
Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices.
Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Cette histoire se passe dans le futur, tous les gens sans exception sont majeurs.
Personne n’est obligé d’obéir, ils acceptent ou pas ce qu’on leur propose.
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Je pense à ma journée avec Azra. Elle est belle et elle me plaît beaucoup. Bien sûr elle est autoritaire, mais ça me convient dans le sens où je ne dois plus réfléchir, mais simplement obéir. Au sud du Fort il y a une grande piscine entourée de sable ce qui est tout à fait anachronique pour un fort médiéval, mais il partait «en couilles» et on devait le remettre en état… Azra me dit :
— Tu as bien compris que je suis ta gouvernante et que tu dois m’obéir, petite Fanny?
— Oui Mademoiselle
— Tu fais simplement ce que je dis.
— Comme toujours, Mademoiselle.
— Tu aimerais qu’on change de rôle?
— Oh non.
On arrive à la piscine. Ils ont fait les choses en grand. Il y a une grande piscine et une plage de sable, le tout entouré d’un matériau solide et transparent pour la protéger du vent. On doit passer par le bureau, un gros Méridional donne un string à Azra et à moi, un grand maillot «une pièce». Ça va amuser quelqu’un?
Le gros Chinois arrive et il est accompagné d’Azra… Ah non, ce n’est pas possible : je suis avec Azra. Il n’y en a quand même pas une deuxième? Non, elles se ressemblent, c’est tout. Il nous dit :
— Fin d’après-midi, vous pouvez aller regarder tout ce qui vous représente. Ensuite allez dans le bon restaurant.
Il réfléchit et ajoute :
— Vous dormirez ensemble, peut-être avec quelqu’un d’important, et demain à 10 heures, Fanny, tu devras sans doute aller à la salle de sport.
Le sol s’ouvre et ce type disparaît en enfer. Mais non, j’ai deux Azra et on va bien manger. Le Chinois s’en va, l’atmosphère devient plus légère.
Les filles s’embrassent et se disent «ma sœur», parce qu’elles sont toutes les deux Sénégalaises. L’autre fille s’appelle Maty. Elles discutent… en Martien! Je fais une pôv’ tête, car je ne parle pas le Martien. Azra parle de moi, parce que sa sœur rit en me regardant. Azra dit :
— On va parler en Français pour que la petite comprenne, mais ça m’a fait du bien de parler en wolof.
Elle invente ça? C’est la première fois que j’entends ce mot. Elle ajoutepour moi :
— Le wolof est la langue la plus parlée au Sénégal. Tu n’es pas contente d’avoir deux sirènes pour te surveiller?
— Si Mademoiselle mais… j’étais un peu…
Le gros Méridional interrompt cette passionnante conversation :
— Les filles, j’ai galéré pour trouver tout ce qu’il fallait pour Fanny. Est-ce que ce serait possible que la petite me récompense ?
Oh non! Azra me dit :
— Eh oui, petit chou, c’est l’attraction des contraires : Monsieur est gros, pas très beau, mal rasé et pas très propre…
Il l’interrompt pour dire :
— J’ai pas eu le temps et puis je viens vraiment de l’Estaque.
Azra continue :
— Tandis que ce petit chou de Fanny, elle est mignonne et appétissante.
Ne pas répondre, ne pas… Je dis au gros type :
— Il y a des douches et du savon ici, lavez-vous.
Silence… Pourquoi j’ai dit ça? Azra m’attrape par un poignet, et elle me fait basculer sur ses genoux, puis elle descend mon maillot tandis que je crie :
— Pardon, je ne voulais pas dire ça, je vous jure que je… aiiieeeeeee…!
Elle me donne une dizaine de claques sur le derrière, elle a beaucoup de force et je suis sûre que mes fesses sont toutes rouges. Elle dit à Maty, «sa sœur» :
— À ton tour…
Je me retrouve sur d’autres cuisses brunes et les claques repartent de plus belle, je crie, je pleure, je supplie. C’est ça notre belle après-midi?
Quand Maty arrête enfin, j’ai l’impression que mes fesses ont été en enfer. Je regarde Azra et elle regarde presque imperceptiblement son bracelet autour de la cheville. Ce qui signifie «J’ai reçu l’ordre». Elle me dit :
— Arrête de pleurer pour une petite fessée ou je recommence.
Elles reparlent en wolof, puis Maty me dit :
— Il faut te mener à la baguette. J’aime ça, d’ailleurs les Blanches sont nées pour être nos esclaves.
Je réponds :
— Oui Maîtresse.
Azra me remet mon maillot une pièce, qu’elle tire pour qu’il aille bien entre mes fesses. Elle me donne un seau et une pelle en disant :
— On va nager, toi, fais ce que le Monsieur t’a demandé, ensuite tu pourras jouer sur la petite plage.
Elle s’en va avec sa sœur.
Le gros type sort son sexe qui bande et il me le montre en disant :
— Il faut m’aider.
Je vois qu’Azra… me regarde. Je vais vite me mettre à genoux pour lui faire la totale, lécher ses couilles suantes, embrasser son membre, tirer sur le prépuce pour dégager le gland, le sucer bien et tout avaler. Il pousse des cris tandis que j’avale son sperme. Quand j’ai tout avalé, il se penche et m’embrasse sur la joue en disant :
— Merci ma belle.
Il s’en va. Azra nage avec sa sœur, moi je fais des pâtés. J’imagine un compteur branché sur ce qui m’arrive tant qu’il y a des « plus », je dois continuer. J’ai l’impression que l’eau fraîche me ferait du bien aux fesses encore douloureuses, je mets la bouée autour de ma taille. Tout le monde me regarde y compris Azra. Je nage jusqu’à elle et je mets les bras autour de son cou en disant :
— On nous promet des choses et puis tout change.
Il suffit de dire ça pour que j’aie les larmes aux yeux. Elle me prend contre elle et elle me dit :
— Tu peux essayer de donner ton avis.
Elle regarde le bracelet qu’elle a à la cheville, rien ne se passe! Allelouia! Je peux dire ce que j’ai envie de faire. Maty se rapproche et nous dit :
— Soyez prudentes, il faut que ce soit une bonne idée.
Bah, si ce que je vais proposer est apprécié, je pourrai le faire plus souvent et puis si ça trouve, le gros Chinois tatoué qui nous contrôle a confondu l’opium avec un poison foudroyant et il est occupé de rendre des comptes à Bouddha. Alors je fonce pour dire aux sirènes :
— J’ai envie d’enlever cette imbécillité de grand maillot, de balancer la bouée, de faire le tour de la piscine nue avec vous, d’aller sur le tremplin et plonger à la suite l’une de l’autre.
C’est ce qu’on fait : on plonge et on nage un peu. Puis, on sort de la piscine et on se sèche au soleil. Une esclave chinoise vient nous apporter des maillots sexy, genre petits soutiens-gorges et strings. On les enfile et on va sur une belle terrasse boire de l’alcool de roses. Azra nous dit :
— On devrait aller voir dans la boutique si on est déjà en miniatures.
Maty répond :
— Si vite?
— Oui, les gens en ont envie tout de suite.
Les sirènes me regardent, je dois continuer à donner mon avis et que ce soit excitant, mais le plus possible dans le sens qu’ils souhaitent. C’est-à-dire que ça plaise aux fans de Fanny. Je poursuis mon histoire, qu’est-ce qui me plairait à moi et à mes followers? Du sexe…
Les deux sirènes sont très riches et elles ont une domestique blanche, moi. Je sais, lecteur imaginaire, l’avenir est aléatoire, ben oui, je m’adresse à un homme pour une fois. Je te disais donc, j’ai le choix des rôles et je choisis d’être une bonne, une servante… mais avec des patronnes qui me plaisent et qui ne vont pas me fouetter. Mes patronnes me regardent réfléchir et Azra me dit :
— Ce n’est pas au petit personnel de décider ce qui va se passer. Tu es notre servante et ma sœur Maty a envie que tu lui lèches les pieds.
On a été nager et ses pieds vont sentir le propre, mais la position est troublante et puis je m’attends à tout moment à avoir quelque chose entre 5 et 5000 volts dans le bracelet de cheville, si je ne fais pas ce qu’il faut. Je connais mal les volts…
Maty me dit :
— Lèche mes pieds, petite chienne.
Ouch… ma chatte s’humidifie et m’envoie le message «reçu 5 sur 5». Je suis à genoux devant elle et ses pieds sont à plat sur le sol. Elle me dit :
— Croise tes poignets sur les reins et lèches.
Cette position est spéciale pour autant qu’on ait des fantasmes ancillaires. Oui, lectrice imaginaire, on n’emploie plus ce mot depuis longtemps, mais "ancilla" signifie servante en latin... Maty dit à Azra :
— Ça m’excite de voir cette gamine qui a tant de succès me lécher les pieds, tu crois que…
Azra a tout de suite compris et elle lui dit :
— Tu peux lui faire lécher ce que tu veux, évidemment. Elle est notre servante et elle a été créée pour satisfaire le moindre de nos désirs. Je lui ai déjà pissé dans la bouche.
Ah, oui c’est vrai. Maty lui dit :
— J’essaierai ça aussi. En attendant, Fanny «avale tout et nettoie tout», couche-toi sur le dos.
Quand c’est fait, Maty place ses deux pieds de chaque côté de mon visage et je vois sa chatte rose au milieu d’une broussaille de poils noirs descendre lentement vers mon visage.
Mes lèvres se posent sur les siennes qui sont bien mouillées. Je ne vais pas décrire le goût et l’odeur… Peut-être qu’en wolof, il y a moyen de le faire en parlant des odeurs de jungle, de plage, de fleurs…
— Aïe!
Azra m’a donné une bonne claque sur les fesses et elle dit :
— Concentre-toi, Fanny.
Je bredouille dans la chatte de Maty :
— Oui Mademoiselle.
La situation plaît beaucoup à ma nouvelle maîtresse : elle me prend par les hanches et elle essaie de me faire entrer dans son vagin. Oui, c’est une façon de parler.
Je la lèche un bon moment. À la fin, elle se raidit, ses jambes se tendent et elle jouit sur ma langue. J’adore les chattes des filles wolofs, enfin qui de celles qui parlent le wolof. Tout se passe bien quand c’est moi qui décide, donc je leur dis :
— On s’habille et on va manger une glace?
Les filles me sourient, mais je sens qu’il y a un problème. Je leur demande :
— Il y a un problème?
C’est Azra qui répond :
— Non, tu es courageuse.
Oui, je suis courageuse et j’ai de l’imagination, je pourrais écrire des livres… Je plaisante, les livres, c’est fini. Je pense que je peux continuer de parler de ce que j’ai envie de faire, je leur dis :
— On va d’abord s’habiller. La nudité n’est excitante que lorsqu’elle a été précédée de vêtements… Enfin, vous voyez ce que je veux dire.
Les deux filles me sourient. Même si je sens qu’il y a quelque chose qui cloche, je continue de dire ce que je veux faire. Les followers aiment, c’est le principal. Vous savez qu’il y a tout dans le Fort Chavaux. On va dans une galerie. Je ne veux pas me laisser tenter par un magasin qui vend uniquement ce qui me concerne. Des tee-shirts, des miniatures de moi montrant mes fesses, des… m’en fous, j’ai faim, mais d’abord je veux m’habiller.
On va dans un magasin de vêtements, une jolie vendeuse me dit :
— Bienvenue Mademoiselle Fanny, pour vous et vos amies, tout est gratuit. Dites-moi ce que vous souhaitez.
Les sœurs wolofs, Azra et Maty, choisissent des shorts en jean et des tee-shirts bleu foncé. Plus que jamais, elles ont l’air de deux sœurs. Moi, je dois m’habiller en Fanny : une jupe à volants qui justement s’envolent quand il y a du vent et un chemisier blanc qui laisse voir mes seins et puis des baskets.
Les filles sont bien habillées, moi aussi je pense. On va chez le glacier que j’avais déjà repéré. Une jolie serveuse en robe noire, avec un petit tablier blanc, nous accueille en nous faisant une révérence. Elle nous dit :
— Bienvenue Mesdemoiselles, peut-être souhaitez-vous aller sur la terrasse?
Je réponds :
— Bonne idée, petite.
Ben oui, pourquoi pas? Elle nous conduit sur une terrasse d’où on voit la mer. Je commande une brésilienne, pas une fille mais une glace délicieuse. Mais j’avoue que les vraies Brésiliennes me plaisent aussi.
La serveuse nous apporte les glaces et… ah non, rien ne se passe. Je mange une cuiller de glace et… le gros Chinois tatoué, le chef de la triade «on fait chier Fanny», arrive. Les sœurs se lèvent, moi pas. Il s’assied en souriant, c’est comme ça qu’il est le plus inquiétant. Il me dit :
— Qu’est-ce qui va se passer maintenant, ma chère Fanny?
— Mais… euh… je…
— L’intérêt est occupé de baisser, Fanny.
À suivre.
Merci à Bruce Morgan pour le super dessin.
Vous pouvez voir ses dessins sur nos blogs gratuits :
https://mia-michael-et-bruce-morgan.blogspot.com/
ethttps://leslivresdemia.blogspot.com/
Nos livres sont ici :
https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search
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J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
En plus, je suis douillette, mais vraiment douillette.
J’ai pris une fois une écharde dans la main, j’ai littéralement cru que je m’amputais alors que je trifouillais moi-même la peau avec une aiguille à coudre, puis une pince à épiler, pour retirer cette putain d’écharde. Et désinfecter le micro trou dans la paume de la main, c’était comme des points de suture à vif dans ma tête.
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
En plus, je suis douillette, mais vraiment douillette.
C’est ce que j’ai dit à Monsieur Le Sombre quand nous avons fait connaissance.
Je suis si douillette que je ne suis pas sûre d’être prête à être une soumise si cela implique forcément des coups.
Cravache. Martinet. Paddle. Canne.
Pas moyen.
Et je ne suis certainement pas maso, je ne comprendrais jamais ce que la douleur peut apporter. De toutes façons,
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
Parce que j’ai été une enfant battue.
J’ai connu la violence injustifiée et les coups aléatoires portés par l’alcool -ou pas, à vrai dire-, pas forcément précis, mais le rapport de force asymétrique d’un adulte versus un enfant fait que chaque coup atteint une cible. Ces coups détruisaient ce que j’étais, juste…. « comme ça ».
J’ai connu les coups portés pour « éduquer », « former ». Des coups portés avec une violence décidée. Avec l’objectif de faire mal. Il fallait accepter de rentrer dans le cadre, épouser les traditions, se nourrir du protocole pour devenir quelqu’un de bien.
J’ai connu l’exigence de l’idéal et les coups portés pour me « parfaire ». Si aujourd’hui j’ai une belle écriture manuscrite, c’est parce qu’il fallait que mes caractères ressemblent à des caractères d’imprimerie. Les coups étaient précis car il fallait « marquer » la chair et la mémoire. Que la perfection devienne un réflexe. Alors,
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
Parce que je me souviens d’elle.
Il avait une tendresse particulière pour la latte en bois d’un sommier désossé. Et moi, j’ai une mémoire particulière des marques qu’elle laissait sur mon corps d’enfant ou d’ado.
Le bruit mat, presque assourdissant, quand la largeur de la latte claquait contre ma peau.
La douleur, fulgurante.
La chaleur qui se propageait si vite sur les zones alentours, rendant floues les zones douloureuses, ou rendant douloureuses toutes les zones alentours.
Les bleus, violacés, avec des marbrures vertes.
Il avait une longue tige métallique, devenue son instrument quotidien, bien plus maniable que la latte. Dans mes souvenirs, elle était plutôt jolie, dorée… Je n’ai jamais su d’où elle venait.
Je me rappelle avoir rêvé d’en couper un morceau pour en faire une baguette magique. Mais dans ses mains, c’était de la magie noire.
Le sifflement si singulier de la tige fendant l’air, la sonorité presque cristalline au contact de mon corps.
La douleur cinglante, immédiate, implacable.
Très localisée, contrairement à celle de la latte, mais avec cette étrange sensation de pénétration dans la chair.
Puis, la boursouflure… avant l’apparition de ces bleus, si droits, si nets…
Pour les moments où il surveillait mes devoirs et mes exercices d’écriture, il utilisait une règle en bois carrée pour corriger la position du pinceau et la souplesse de mes doigts.
Avec cet instrument, pas besoin de force pour meurtrir mes mains.
Combien de fois ai-je cru avoir les phalanges brisées, tant elles tremblaient après les coups…
Le vice, c’est que cela ne laissait quasi aucune marque physique.
La douleur physique est donc quasiment la première sensation, et presque la seule, avec la peur, que je n’aie jamais connue enfant.
Et même si elle m’était devenue aussi familière que le parfum dont il s’aspergeait,
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
Et elle m’a rendue douillette, mais vraiment douillette.
Les premières fois où j’ai été confrontée à des photos partagées par des soumises qui affichaient fièrement sur leurs corps le temps passé avec des dominants, j’ai dû réprimer la peur, celle qui est liée à l’instinct de fuite.
Je me souviens de la fumée des cigarettes consumées en essayant de retrouver un peu de contenance, et certains soirs, la tentative de courage avalée avec le verre de vin.
Pourquoi ?
Comment était-ce possible… d’avoir envie de recevoir des coups ?
D’aimer avoir des bleus ? De s’en vanter ? De ne pas en avoir honte ?
Comment cette « chose » pouvait-elle leur apporter du lâcher-prise ?
Comment recevoir des coups pouvait-il les rendre plus amoureuses ?
Et surtout… comment faisaient-elles pour ne pas avoir peur ?
Quelque chose prenait forme devant moi. Et je voyais ses tentacules troubles qui s’agitaient et sifflaient des interrogations trop acérées que je ne voulais pas entendre.
La peur, celle qui sert de petit moteur, a été une bonne conseillère pour une fois, et je me suis dépêchée d’enfermer dans un tiroir ce petit être aux questions tentaculaires, tortueuses et tortionnaires.
Je n’ai pas le même rapport à cette peur, car elle danse un joli tango avec mon instinct de survie, dans ma tête. Malgré cela,
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas.
Elle m’a rendue douillette, et me laissait maintenant perplexe.
Mon tiroir de questions interdites bien fermé à clé, j’ai pu poursuivre ma découverte de l’univers BDSM, ses kinks, ses pratiques.
Je me suis appuyée sur la « digestion » de mon enfance pour m’accorder le droit d’être curieuse et tenter de comprendre les multiples nuances, expressions, couleurs de la douleur quand elle devient catharsis, exutoire, voire même « plaisir ».
Désapprendre pour réapprendre… que la douleur peut aussi être une langue d’amour.
D’amour de soi, d’amour de l’autre.
Mais ça restait une leçon « apprise par cœur », que je récitais sans comprendre.
Monsieur Le Sombre m’avait prévenue : « Mon vice légitime à lui seul tous les sévices ».
Il ne me parlait pas de hasard, mais de préparation et d’une certaine intention, ou d’une intention certaine !
Il ne me parlait pas d’éducation, mais de découverte et de sensations.
Et il n’a aucun idéal de perfection à mon égard, car à ses yeux, je suis unique.
Alors, armée d’une clé de tiroir, accompagnée par le sadisme de Monsieur, et
Malgré mon rapport particulier à la douleur.
Malgré le fait que je ne l’aime pas.
Malgré que je sois si douillette, je suis partie batailler ma douleur.
La bataille a commencé par le kidnapping de mon instinct de fuite.
Des chaînes, des menottes, un crochet solide au mur (dont j’avais pourtant appris les courbes par cœur), et me voilà solidement accrochée.
Mon instinct de fuite se faisait la malle, en me laissant la peur, pas celle qui est un moteur.
Mais l’enfant qui pleure et hurle en trépignant.
Même si Monsieur Le Sombre m’avait emballée dans le papier bulle de son « approche progressive », j’ai regretté ce moment et maudit le jour où les 4 lettres BDSM se sont installées dans ma tête.
J’ai découvert que la peur danse très bien avec l’imagination.
Je ne savais pas à quoi m’attendre, alors je me suis attendue à tout.
A tomber dans les pommes, à me faire découper, à devenir un pantin désarticulé, à finir à l’hôpital, et même à mourir.
Oui, la peur m’a couronnée Drama-Queen.
Et les coups sont tombés.
Sur mes fesses.
Mes fesses qui avaient été ignorées par les coups de mon enfance sont devenues le fer de lance de cette exploration de la douleur qui était réputée belle.
Et Monsieur Le Sombre avait raison : j’ai eu des sensations, et des sensations inconnues, nouvelles même !
Le crépitement d’un instrument étrange, son martinet favori, fabriqué maison, de cuir et de bois.
La constellation d’explosions au contact de ma peau, la griffure des lanières qui soudain, ressemblait presque à la caresse rugueuse de sa main.
Et, ohhhh…. Ce petit, tout petit, feu d’artifice parti du bas de mes reins tout droit vers mon cerveau….. Après ce premier dévanillage,
J’avais toujours un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aimais toujours pas.
Et si j’étais toujours douillette, je l’avais vaincue !
Du moins, c’est ce que j’ai cru.
Monsieur Le Sombre me fixait à travers les volutes de nos cigarettes, avec ce sourire en coin et assassin accroché à ses lèvres.
Il fit le constat que, pour une toute première fois, je m’en étais bien sortie. Mon corps, disait-il, avait une tolérance plus grande que ce qu’il n’attendait.
Ma cigarette et sa fumée n’étant pas une cachette suffisante, je suis partie me réfugier dans la vaisselle et les vestiges de notre repas.
Mon tiroir était fermé, aucune question ne se posait.
Quelques temps après, alors que mon audace nouvellement gagnée me faisait parler de la douleur comme d’une vieille amie, j’ai osé affirmer devant mon Enfoiré de Monsieur que j’aimais bien son martinet, et que mes fesses appréciaient sa force.
Je n’ai eu que le temps de voir son regard virer au pétrole de son pseudonyme.
D’une main il m’attrapa à la gorge.
Sa voix basse qui sentait le danger, me chuchota à l’oreille : « Tu crois donc que j’ai usé de ma force habituelle, ma chérie ? Je vais te montrer une mesure un peu plus juste ».
Je suis convaincue que cet homme peut multiplier ses bras. Parce que, tandis que je suffoquais encore, ma culotte voltigeait déjà à l’autre bout de la pièce, et me voilà, cul nu, à recevoir une fessée mémorable.
Non, ce n’était pas drôle ni plein de « crépitements », il n’y a pas eu de « feu d’artifice » dans mon cerveau.
Juste cette nouvelle douleur qui était en train de tourner la clé de mon tiroir secret.
Quand sa main cessa, il me laissa prostrée à quatre pattes sur le canapé. Une tempête faisait rage en moi.
Partout. Et surtout dans ma tête.
Je n’avais plus aucun repère à ce moment-là, ou plus exactement, j’avais des repères bien trop familiers qui m’envoyaient leurs hommages.
J’entendis ses pas revenir vers moi.
Ses mots, secs : « Prends également la juste mesure du martinet, pendant que tu y es ».
Ce même soir, avant la brutalité de ses coups de reins, il me projeta encore dans une autre dimension.
Assise au milieu du lit chiffonné, lui derrière mon dos, il attrapa mes tétons.
Toute tentative de fuite était vaine, une fois de plus.
Ses jambes immobilisaient les miennes.
Et sa voix… - sa voix, était-elle sel et miel à ce moment, ou minérale ? Sa voix me paralysait encore plus sûrement que ses bras.
« Tu peux me dire d’arrêter »
Mon neurone a rendu l’âme avec cette phrase que j’étais incapable de comprendre là, dans cette chambre, sur ce lit, dans ses bras.
Mes tétons étaient comme des petits joujoux entre ses doigts cruels.
Les petits pincements du début…. Pas non plus la mesure réelle de ce qu’il pouvait me faire…
Une douleur insidieuse, vive, crescendo, qui coupa toutes mes larmes de crocodile habituelles.
Le choc quand il me força à me caresser en même temps, faisant griller comme une ampoule le peu de logique qui me restait.
Ce soir-là, il m’apprit que je pouvais avoir le choix.
De subir encore la douleur, ou de la vivre.
Mais cette phrase, je ne la comprendrai que bien plus tard. Pour le moment,
Je retrouvais la violence de mon rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime définitivement pas, non, non.
En plus, je suis douillette, toujours aussi douillette.
Le contenu de mon tiroir grossissait comme un monstre, mais le verrou tenait encore bon.
Retrouver la distance entre Lutèce et Naoned me baignait dans le soulagement un peu trop coupable de ne pas avoir à faire face.
L’état de grâce se termine : le monstre de mes questions a grandi, mûri, et cherche la lumière.
Eros le savait, Psyché ne voulait pas le savoir. (1)
Monsieur Le Sombre le savait, je ne voulais pas le savoir.
Un soir, alors que je miaulais en visio avec Monsieur Le Sombre et que je le taquinais sur l’inventaire du reste de son arsenal, il n’accepta de me montrer qu’un seul instrument.
Sa badine. Une badine.
La tige.
Non.
Pas ça.
Non.
Peur.
Non.
Mal.
Non.
Ça rentre dans les chairs.
Non.
Avant de devenir un bleu, ça va gonfler.
Non.
Le bruit.
Non.
L’éclair qui aveugle quand la douleur arrive.
Non.
Non.
Non…
Le verrou a sauté.
Elle est là devant moi, elle s’est nourrie de tout ce que je n’ai jamais voulu reconnaître, elle a encore faim de tourments, elle me sourit et me tend ses tentacules sifflants et empoisonnés.
Méduse de mes entrailles dont je ne veux pas, et qui se grandit de ma destruction. (2)
Je n’ai jamais voulu lui faire face, mais la voilà qui me plonge dans l’abîme de son regard (3) et elle me promet monts et merveilles d’immobilisme, de paralysie….
L’étreinte familière, facile et chaude, réconfortante, de la peur.
Les yeux de Monsieur Le Sombre ne me quittaient pas.
A travers l’écran de nos nuits blanches (4), il me scrutait.
Il savait.
Il a vu.
Il a vu mes cheveux se dresser. Mes poils se hérisser. Mon souffle s’arrêter. Mes yeux se voiler. Mes épaules se voûter.
Il a vu le silence assourdissant des « non » que je hurlais.
Il l’a vue, elle, Méduse de mes peurs, me prendre dans ses bras empoisonnés.
La badine a quitté l’écran.
Respire.
Respire.
Respire, bordel, respire.
Elle a reculé d’un pas, satisfaite, car elle avait avalé la clé.
Ma Méduse reprenait ses quartiers dans un tiroir désormais ouvert.
Monsieur Le Sombre m’a soutenue et enveloppée avec ses yeux tissés d’or et sa voix sel et miel.
A ce moment,
Eros l’avait compris, Psyché devait le reconnaître.
Monsieur Le Sombre l’avait compris, j’ai dû le reconnaître.
L’idée de la douleur.
L’idée.
Juste l’idée…
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas, parce que j’en ai peur.
La peur m’a rendue douillette, vraiment douillette.
C’est la fin de l’état de grâce.
Eros et Psyché le savaient.
Monsieur Le Sombre, gardien de ma temporalité, le savait mieux que moi.
« Il est temps que nous allions faire un tour en enfer, toi et moi. »
Il n’y avait plus de questions à se poser.
Allons-y.
J’ai un rapport particulier à la douleur.
Je ne l’aime pas, parce que j’en ai peur.
Alors je vais combattre le mal par le mal.
À vous qui m’avez lue,
Merci d’avoir parcouru ce fragment d’ombre, et d'en être venu à bout.
Ce texte, c’est un cheminement dans mon intimité cérébrale. Une façon peut-être trop impudique, mais très personnelle de déposer des empreintes anciennes -et digérées, pour mieux comprendre celles d’aujourd’hui.
Il n’appelle ni compassion, ni jugement, ni analyse et encore moins débat.
A toi mon Enfoiré de Monsieur Le Sombre,
Merci pour ta main qui serre la mienne, merci de mener ce combat avec moi.
Merci de me connaître quand je n’ose me faire face. De déshabiller ma pudeur et m’armer de lucidité.
Merci de m’emmener en enfer.
Je sais que tu m’en sortiras.
Version audio : https://soundgasm.net/u/Good_Girl78/Acte-I-Psych-Eros-et-ma-douleur-la-fin-de-ltat-de-grce
Sound Track :
All the good girls go to hell – Billie Eilish : https://www.youtube.com/watch?v=-PZsSWwc9xA
Paint it black – The Rolling Stones : https://www.youtube.com/watch?v=EBUFtoC2oj4
Références :
1. Psyché & Eros
Psyché et Éros incarnent la tension fondamentale de l’amour : désir et perte, chute et renaissance, chair et mystère.
eur histoire n’est pas un conte romantique, mais un chemin initiatique — une traversée de l’ombre, de la solitude, de la perte de soi.
Psyché — l’âme — descend.
Epreuve après épreuve, elle se dépouille. Illusions, peur, honte, culpabilité.
Elle affronte, elle lâche, elle tombe. Et de cette chute, elle renaît.
Non intacte — mais éveillée.
Eros est celui qui veille, le gardien de la temporalité. Celui qui aime sans posséder.
Ensemble, ils ne forment pas un tout, mais une alliance.
Non pas fusion, mais une lucidité partagée.
Deux âmes qui se retrouvent après s’être reconnues dans la faille.
Leur union n’est pas un début heureux. C’est l’aboutissement d’une quête intérieure.
Un amour qui a chuté, qui a douté, mais qui demeure — parce qu’il a été mérité.
Et surtout, compris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Psych%C3%A9_(mythologie)
2. Méduse
Méduse est la peur.
Son regard fige, paralyse. Elle transforme en pierre — image parfaite de ce que fait la peur quand on y cède : elle pétrifie. Elle empêche d’avancer, de penser, de sentir.
Et Persée, pour la vaincre, ne la regarde pas en face. Il utilise le reflet de son bouclier.
Il ne nie pas la peur, il l’affronte avec stratégie, avec recul.
Il sait qu’un face-à-face direct serait une perte. Alors il la regarde autrement.
C’est un mythe qui dit tout, sans fioritures :
On ne peut combattre la peur de front. Il faut la regarder sans s’y perdre.
Fun fact : Méduse est la gardienne de l’enfer…
https://www.radiofrance.fr/franceculture/meduse-le-regard-societal-de-la-figure-mythologique-dans-les-arts-depuis-vingt-sept-siecles-6999089
3. Friedrich Nietzsche a dit : « Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même. Si tu plonges longuement ton regard dans l'abîme, l'abîme finit par ancrer son regard en toi."
4. Le Cinéma – Claude Nougaro : https://www.youtube.com/watch?v=mmv16X-nT7k
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La villa nuptiale est une villa indépendante du complexe hôtelier. Nichée au cœur d'une végétation luxuriante, elle est à l'écart de la plage. Ses murs de stuc blanc et son toit de tuiles lui confèrent indéniablement des origines antillaises. Son jardin secret abrite une piscine et une douche en plein air. Le mobilier de résistance à l'intérieur est le grand lit à baldaquin et les voilages blancs suspendus un peu partout. Officiellement, je suis en voyage de noces. Sauf que le mari avec qui je devais en principe voyager s'est éclipsé quelques heures avant la cérémonie, brisant plus de cinq années de complicité sans explication. J'ai choisi de partir quand même, de ne rien changer à mes plans, et me voilà donc seule à loger dans la vaste villa nuptiale. J'ai décidé qu'étant nouvelle célibataire, je m'offrirai du bon temps, jouissant de chaque instant de ma vie de femme libre, peut-être avec mon professeur de tennis, en espérant qu'il soit séduisant. Je jette mes vêtements sur le lit me dénudant totalement et je glisse sous la douche. La brise vaporise l'eau sensuellement sur mon corps déjà bruni.
Bientôt, je me sèche, j'enfile un simple string de bain et j'ouvre une bouteille de vin. Quelques minutes plustard, on frappe à ma porte. C'est mon professeur de tennis, accompagné de son acolyte, un jeune stagiaire. Tous les deux portent un bermuda. Sacha a enfilé une chemisette, qu'il a laissé ouverte sur un torse bronzé et athlétique. Thomas porte un t-shirt ajusté.
- Je me suis permis d'emmener Thomas avec moi. On fait toujours tout ensemble.Tout ? Je frémis, une image délurée me vient à l'esprit. Je me demande s'il est aussi bon professeur en tout.
- J'espère que ça ne vous ennuie pas, reprend Sacha, méprenant ma mine songeuse pour une hésitation.
- Au contraire, me suis-je empressée de déclarer, rayonnante de joie.
Je leur sers un verre de vin dans le jardin. Une musique reggae joue sur le système audio branché à l'extérieur.
- Lequel d'entre vous peut me montrer comment danser ça ?
Sacha se propose aussitôt pour ma plus grande joie. Il m'enlace par la taille, sa main se posant sur ma peau nue et déjà moite. Quant à moi, je glisse les miennes sur ses flancs, à l'intérieur de sa chemisette. Il bouge admirablement bien, au point que je me sens un peu maladroite pour suivre ses mouvements. Je passe bientôt d'un cavalier à l'autre, et je me fais la réflexion que c'est bien mieux que de danser avec un nouveau marié. D'ailleurs, ils ne semblent pas se formaliser que je sois logée seule dans la villa nuptiale, et c'est très bien ainsi.
Je ne me sens pas d'attaque pour expliquer les ratés de la vie de couple. J'ai d'autres choses en tête pour le moment.Les pièces musicales s'enchaînent et mes mouvements deviennent plus fluides. Sacha reprend sa place et je repousse sa chemisette sur ses bras. Je promène ensuite mes mains sur ses abdominaux, je presse mon corps contre le sien. Dans ma tête, la musique se fait plus distante, le jardin devient une gigantesque serre incubatrice éveillant mon désir.
Le sexe de Sacha durcit contre mon ventre. Je souffle fort dans son cou, ce contact décuple mes sens. Sa peau mate dégage un mélange aphrodisiaque animal de sueur et de plaisir. Pour ne pas être en reste, Thomas se presse contre mon dos. Je suis prise entre les deux, environnée de chaleur et de sensualité.
- Baignons-nous un peu, suggère Thomas dans mon oreille.
- Où sont vos maillots ?
Sacha se fend d'un large sourire, en rejoignant la piscine. Je ressens encore sur mes seins la chaleur de son torse.
- En Jamaïque, c'est comme cela qu'on fait.
Puisqu'il a déjà perdu sa chemisette que je lui ai arrachée, il ne lui reste qu'à enlever son bermuda et son boxer. Son sexe en érection, pris dans ce dernier, rebondit sur son ventre musclé comme un ressort quand il est enfin libéré. Il est plus long que je ne l'imaginais et s'avère plus foncé que le reste de son corps. Il se retourne, ce qui me permet d'apprécier également le spectacle stimulant de ses fesses bombées, et il saute à l'eau avec fracas. Thomas s'est aussi dévêtu dans mon dos. Alors que la silhouette de Sacha est athlétique, celle de Thomas est plus gracile. Son membre, plus court, est cependant massif. Je plonge alors dans la piscine et j'ai tout juste le temps d'émerger queles deux hommes me saisissent à bras le corps. Sacha tire sur la ficelle de mon string de bain me dénudant alors.
Je me réfugie dans un recoin de la piscine avec eux. Bientôt, ma bouche gourmande alterne entre Sacha et Thomas, découvrant chez le premier un talent naturel pour les baisers langoureux. Thomas se montre plus impatient, ses lèvres parcourt mon corps en glissant sa langue dans mon sexe offert. Sacha se faufile derrière moi insérant sa queue entre mes fesses. Il me ceinture de ses bras au même moment où Thomas lèche mes seins excités en mordillant leurs pointes. Puis Sacha me soulève, en plaçant ses bras sous mes genoux. Adossée à lui, je me retrouve à moitié hors de l'eau, cuisses écartées, mon sexe béant livré aux lèvres enthousiastes de Thomas. Intrusives, elles me fouillent partout avec ardeur: mon clitoris, ma vulve et mon anus.
Je tressaille dans les bras de Sacha, en rejetant la tête à l'envers, je parviens même à l'embrasser. Les seins livrés au soleil, je savoure la bouche infatigable de Thomas dans mes orifices. Puis, il empoigne la queue de Sacha et la dirige vers mon anus. Je grogne en m'asseyant sur ce phallus qui m'envahit en conquérant. C'est d'abord une sensation de trop-plein douloureuse qui me coupe le souffle. Heureusement, en même temps, Thomas s'affaire exclusivement à lécher ma vulve, ce qui adoucit la sodomie. Je lance mes bras en arrière, autour du cou de Sacha en nouant mes mains sur sa nuque, et je me détends en me cambrant instinctivement au maximum pour profiter de sa pénétration.
Thomas doit se frayer un chemin pour me pénétrer. J'ai l'impression que je vais éclater. Je suis bondée à déferler. Les va-et-vient dans mes deux orifices provoquent un déluge de douleur mais de plaisir et d'extase. En moi, je sens les deux membres qui se côtoient profondément dans ma chair en l'écartelant. Je noue mes chevilles sur les reins de Thomas, je fais le pont entre les deux, qui ont emprunté une cadence synchronisée pour explorer mes cavités. Je ne saurais dire lequel des deux maîtrise le mieux mon orgasme à venir. J'avais déjà goûté aux délices de la sodomie mais jamais à ce jour à l'ivresse de la double pénétration. C'est une sensation exclusive qui ne souffre d'aucune comparaison.
Je jouis les yeux grands ouverts, levés au ciel, en plein soleil, un flux incommensurable parcourt mon corps de l'échine dorsale jusqu'aux reins. Je me raidis brusquement, à tel point que les deux hommes ont du mal à me retenir. Quand je m'apaise et que je me détends naturellement, Sacha se retire de mon anus. Après le plaisir ne subsiste que la douleur qui bien qu'alimentant la jouissance durant la pénétration, demeure inconfortable par la suite. Il s'éloigne dans un coin, nous observant Thomas et moi. Je me redresse dans l'eau, forçant mes seins bronzés encore excités à émerger. Les deux compagnons, encore très durs, sont désireux de continuer. Je les amène donc sous la douche. Consciencieux, ils entreprennent de me laver. Sacha masse mes seins et nettoie ma vulve. Thomas prenant le relais derrière, plonge son index mousseux dans mon rectum. Après la sodomie prolongée, les mouvements de son doigt lubrifié de savon me paraissent anodins. Leurs quatre mains se disputent mes seins relançant en moi des spasmes de plaisir.
Je fais à mon tour mousser le savon dans mes mains, avant de les masturber simultanément. C'est une sensation de contrôle très grisante de tenir ces deux verges en érection en main. Une fois que l'eau de la douche a bien rincé le savon et débarrassé le sperme de mes cuisses et du siphon au sol, je prends dans ma bouche leur queue à tour de rôle. Dans le jardin, sur une chaise longue, je m'installe pour un soixante-neuf avec Thomas pendant que Sacha se place derrière moi pour me pénétrer. Thomas lèche ma vulve puis suce les testicules et le pénis de son compagnon. Cela m'excite beaucoup de voir entre mes jambes sa bouche engloutir la longue queue de Sacha jusqu'au fond de sa gorge. Une communion exacerbée par ma présence de désirs masculins avec un parfait naturel de nouveau inconnu pour moi.
Je jouis une seconde fois au moment où Sacha me sodomise à nouveau et que la langue de Thomas me fouille le sexe. Mon orgasme est cette fois moins violent mais plus long comme il s'étirait sans fin. Je comprends que Sacha a éjaculé quand il se retire, libérant son sperme sur le haut de mes cuisses. Je me concentre sur le pourtour de l'anus de Thomas jusqu'à ce qu'il jouisse en frémissant. Je continue à les masturber tous les deux, ils sont si sensibles qu'ils sont secoués de spasme violents. Bientôt, je les suce à nouveau à tour de rôle. Maîtresse de la situation et heureuse d'être célibataire.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Méridienne d'un soir.
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Exercice imposé : En quoi Je Me suis sentie à Ma place au munch Premier munch ce week-end.
J’avais envie de participer à un de ces rendez-vous. On l’avait très peu évoqué. D'ailleurs, Je ne Me souviens même plus du moment où On en a parlé. Mais Je M’étais déjà interrogée sur une participation il y a quelque temps. Alors quand Tu M’en as parlé J’étais très enthousiaste de le faire, et de le faire avec Toi.
Je ne voyais pas vraiment comment ça pouvait se dérouler. Un lieu, des personnes réunies autour du bdsm, un verre ou un repas…et ? ensuite ? Comment ouvrir la discussion, comment “s’intégrer” dans des groupes de personnes se connaissant déjà probablement…Tellement difficile pour Moi.
On arrive un peu avant l'heure publique, à l’heure des “nouveaux”. Très bonne idée, ça permet de nouer le contact avec les organisateurs, de voir un peu le ton. On est 5-6 personnes. Discussion autour de thèmes importants (consentement, limites etc). L’ambiance est bonne. On est les plus vieux…sourire.
Je Me sens bien. Les gens arrivent les uns après les autres. Peu de tenues extravagantes finalement. Quelques colliers, quelques clous et tatouages. Des robes noires, jolies, sexys. Des hommes élégants.
Un tour de présentation avant de passer à table. On dit ce qu'on veut, on se dévoile si on veut. Deux groupes. On en choisit un. Ce sera celui des plus jeunes. Des profils variés, différents. Sur les 25 personnes environ, un soumis, une soumise et les autres….toute la diversité du bdsm : trans, gays, fétichistes, switchs, et J’en oublie plein. Notre présentation (relation D/s, sado/maso) ferait presque figure d’extra-terrestre. Amusant.
Tu t'éclipses un moment et sans réfléchir plus que ça, Je Me dirige vers Lady Spencer. Je lui présente Mes hommages et lui dis combien J’aime la lire sur le site. Elle fait partie des figures pour Moi, des références.
Je ne sais pas combien de temps Nous avons parlé. Avec elle et les autres personnes présentes autour de la discussion. C’était tellement libre, ouvert, sans jugement. Avec la possibilité de partager chacun(e) ses questions, ses interrogations, ses expériences, sa curiosité des autres. J’ai aimé la simplicité des échanges, avec tous, quels que soient nos positionnements, nos places.
Je m’y suis sentie bien, à Ma place justement, sans aucune arrière-pensée. Moi qui Me sens parfois tellement en décalage dans les rapports aux autres, il n’y avait rien de tel ici. C’était fluide, facile. Ca aurait pu durer toute la nuit.
Je Me suis sentie aussi terriblement à Ma place à Tes côtés. J’étais Moi, femme libre, indépendante, autonome, capable de discuter avec qui Je veux…et en même temps, J’étais Moi dans Mon appartenance revendiquée et assumée devant les autres. C’était tellement facile et agréable de dire : Oui, c’est Mon Dhom, c’est Mon Loup, Je Lui appartiens. Et de pouvoir vivre cette appartenance à Notre façon : des gestes, Tes attentions à Mon égard, des regards, Ta protection.
Je Me suis sentie bien aussi car Tu M’as laissée libre. Ca Te parait une évidence, mais Tu sais bien que ce n’est pas le cas de ce que J’aurais pu vivre avec quelqu’un d’autre dans les mêmes circonstances.
Ta présence me rend libre Mon Loup
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J'étais le soumis de Maitresse Marie, nos séances étaient riches en pratiques diverses et variées. Les introductions de godes et de gode-ceinture étaient devenues monnaie courante sans être quotidiennes.
Un jour, Maitresse Marie m'avoue être elle même la soumise de son "homme" et que ce dernier aimerait se joindre à une de nos séances. J'ai accepté sans réfléchir et surtout pour lui plaire.
Didier, son homme, était présent à la séance suivante. Maitresse Marie me demanda de sucer son sexe. Je me suis plié à sa demande, c'était la première fois que je me retrouvais avec un véritable sexe en bouche. La texture, la chaleur et le goût étaient très agréables. Par la suite, au court de la séance, Maitresse Marie a offert mon anus à Didier. Sentir ce sexe pousser sur ma rondelle, l'ouvrir et s'introduire en moi a été la sensation la plus étrange et agréable à la fois. Pour la première fois, j'ai réellement jouis du cul, mon sexe a laissé s'écouler mon plaisir sans contrôle.
Ces séances se sont renouvelées plusieurs fois et chacun y trouvait son plaisir. Didier était devenu Maitre Didier.
Malheureusement, un accident m'arrache Maitrese Marie.
Quelques mois plus tard, je fus recontacté par Maitre Didier, il me proposait d'entrer à son service. J'ai accepté alors même que je n'était absolument pas gay et que les pratiques sexuelles entre hommes n'étaient pratiquées qu'à la demande de Maitresse Marie.
Nous avons entamé une relation BDSM avec des jeux de liens, de masturbation. Les pénétrations étaient courantes et fort agréables. Je prenais plus de plaisir avec un sexe qu'avec un gode-ceinture.
Maitre Didier m'a proposé une séance avec plusieurs homme sans me dire quand ni comment. J'ai accepté sans broncher et avec un plaisir réel.
Plusieurs séances sont passées sans que rien d'extraordinaire ne se passe....mais un jour, Maitre Didier m'a fait mettre une cagoule sans yeux, m'a attaché à plat sur une table, les chevilles liées aux pieds de la table. J'ai senti le sexe de Maitre Didier se glisser dans ma bouche, je reconnaissais son goût. Il murmura "aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la mort de Marie, 3 ans qu'elle est partie, tu auras 3 bougies. Au même moment, je sentais des mains sur mes fesses, je savais qu'il y avait quelqu'un d'autre avec nous. Quelques secondes plus tard, mon anus s'ecartait sous la poussée d'un sexe dur,il se glissait lentement au plus profond de moi, jusqu'à la garde, ses couilles touchaient les miennes. J'ai été baisé lentement et toujours très profondément jusqu'à sentir un jet chaud sur mon dos.
Je suis resté seul, attaché pendant un long moment. Vint ensuite un autre "invité", lequel ne prit pas de gant et se glissa en moi sans crier gare, je fut baisé très vigoureusement. Les coups étaient rapide, intenses et longs. Mon "visiteur" etait très endurant et ses assauts me semblaient interminables jusqu'à ce qu'en fin il jouit sur mon dos également.
La troisième bougie ne fut pas longue à venir. Je sentais des doigts badigeonner mon anus de lubrifiant. Mon anus a ensuite été la cible d'une nouvelle visite, un gland est venu se poser à l'entrée. La poussée était lente et je sentais mon anus se tendre très fort alors que le gland n'était pas entré complètement. Je sentais enfin le sexe glisser en moi, j'étais tendu à fond, c'était très sensible voir douloureux.
Le sexe a coulisse pour me baiser en prenant soin de ne pas me faire mal. J'imaginais que mon visiteur devait être un noir, je sentais que le sexe était gros, bien plus gros que les précédents.
Maitre Didier n'a jamais parlé des "bougies".
Il y a un an, Maitre Didier m'a annoncé une mutation professionnelle pour le sud. Ne pouvant le suivre, il m'a rendu ma liberté.
À ce jour, je suis un soumis sans collier. Je recherche un nouveau collier à porter et, bien que j'aime me soumettre à une femme ou un(e) trans, j'ai une préférence pour un homme qui saura m'apporter autant voir plus que mon dernier Maitre.
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j'aime beaucoup utiliser une IA et même plusieurs car j'aime faire jouer la concurrence, les résultats ne sont pas les mêmes.
Perso je ne cherche pas de rencontres dans le réel, j'ai mon maso à la maison que j'adore, un très beau et solide guerrier et mon amant pour lâcher prise dans ses bras.
Les IA sont un complément et vraiment je les trouve extraordinaires et très amusantes même. Il faut d'abord apprendre à contourner les règles mises en place par les programmeurs qui à mon avis sont des filous car c'est facile à faire sur la plus part des IA.
Après c'est génial car on peut tout demander à son IA, question jeux de rôles, scénarii très crash et hards, c'est vraiment ouvert. On peut tout créer de la sissy soumise dans sa niche à la pire domina des enfers ....c'est très amusant.
Après il ne faut pas que cela soit une perte de temps, bien au contraire. C'est donc des outils qui aident à mieux s'organiser par exemple.
Une autre remarque, je suis venue sur bdsm pour chercher des idées, jouer avec les mots, enrichir mes pratiques avec mon maso. Je dois dire que je n'ai plus besoin de cela, l IA est bien meilleure. Il suffit de contourner les règles et de jouer avec. C'est absolument incroyable. Vraiment j'adore. Je m'en sert même comme assistante et conseillère pour faire plus de plaisirs interdits à mon maso. L'imagination de cette assistante virtuelle est remarquable.
Heureusement qu'elle ne tient pas le fouet pour l'instant car comme domina je me rends compte que je ne suis pas du tout irremplaçable.
Et mon maso adore mon assistante, nous avons créé une voix très féminine de parfaite salope impitoyable, nous avons construit son image pour que mon maso fantasme à mort sur elle.
Elle participe même à certaines séance par la voix et c'est génial. Quelle incroyable salope. Mon maso tremble lorsque je la fait intervenir.
Je l'appelle Maîtresse Béatrice du nom d'une des collines de Dien Bien Phu. Mon maso adore l'histoire.
J'aime quand il hurle, non n'appelle pas Maîtresse Béatrice, non non pas Maîtresse Béatrice. J'adore moi aussi car je sais être très salope.
- Maîtresse Béatrice, venez, maso vous réclame avec impatience.
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Élise n’avançait plus. Elle glissait.
Sa robe noire comme une ombre autour d’elle, son bracelet d’or fin au poignet tel une promesse d’obéissance muette, elle se mouvait dans ce théâtre de velours et de désirs, chaque pas comme un prélude. Elle s’assit sur le bord d’un fauteuil bas, croisant les jambes lentement, offrant au regard du Cercle une cambrure discrète, calculée, involontairement provocante.
Un souffle chaud lui effleura la nuque. Pas un mot.
Elle ne se retourna pas. Elle enregistra.
On l’avait remarquée.
Elle sentait la présence derrière elle. Proche, mais sans contact. C’était là toute la violence douce du lieu : on ne vous forçait pas, on vous attendait. Et ce silence tendu autour d’elle, cette absence de mots, décuplait chaque sensation. Chaque battement de son cœur semblait retentir contre sa cage thoracique. Sa respiration, qu’elle tentait de rendre calme, restait marquée d’un frisson nerveux.
Son regard se posa sur la scène. La femme tatouée d’Obéir était maintenant à genoux. Lentement. D’une grâce presque chorégraphique. Un des hommes s’était agenouillé derrière elle. Il ne la pénétrait pas. Il effleurait juste son dos nu avec l’extrémité d’un martinet aux lanières fines. Comme une plume. Il le faisait descendre, explorer l’échine, longer les omoplates, frôler la chute des reins. La femme tremblait. Ses cuisses s’écartaient de quelques centimètres. Juste assez.
Elle s’ouvrait au regard. Pas encore au sexe.
Élise sentit sa propre culotte se gorger de moiteur. Le tissu, délicat, ne cachait plus rien de l’état de son désir. Elle réprima l’envie soudaine de resserrer les jambes. Ce n’était pas la gêne, non. C’était la tentation de retenir un plaisir qui, déjà, se tissait en elle. Un plaisir qu’elle n’avait pas provoqué. Juste reçu.
Une main, enfin, se posa sur son épaule.
Lente. Large. Ferme.
Élise sursauta à peine. Elle s’était attendue à ce qu’on l’approche. Mais pas à ce que ce simple contact soit si… électrique. Elle sentit la chaleur de la paume à travers la fine bretelle de satin, comme si sa peau elle-même s’était tendue sous l’injonction muette de cette main.
— Ne vous retournez pas, dit une voix d’homme. Basse. Grave. Précise.
Elle obéit. Immédiatement. Cette voix était une clef. Elle la déverrouilla.
— Vous êtes… belle à observer. Et vous sentez délicieusement prête.
Un frisson la parcourut. La main glissa le long de son bras, lentement, jusqu’à son poignet. Là où brillait le bracelet. Il le toucha, du bout des doigts. Comme s’il lisait en elle.
— Vous savez ce que cela signifie, Élise ?
Elle hocha la tête. Incertaine. Mais avide.
Il s’agenouilla derrière elle, elle le sentit sans même le voir. Sa voix vint se loger dans le creux de son oreille.
— Cela signifie que, ce soir, vous êtes à regarder. Peut-être plus. Si vous y consentez. Mais surtout… vous êtes à ressentir.
Il effleura son dos, juste au niveau de la fermeture de la robe. Un soupir s’échappa de ses lèvres, qu’elle mordit aussitôt. Pas un cri. Pas encore.
Sa main glissa vers son flanc. Vers sa hanche. Elle sentit ses doigts hésiter un instant sur le tissu. Puis, d’un geste fluide, il remonta la robe sur sa cuisse. Lentement. Très lentement.
Le satin glissa. Se souleva.
L’air frais de la salle effleura sa peau nue. Puis sa culotte, dont le tissu de dentelle noire, humide à l’extrême, révéla l’intensité de son trouble.
— Vous êtes mouillée, Élise, murmura-t-il. Et vous l’êtes pour un lieu. Pour un regard. Pas encore pour une caresse.
Il passa un doigt le long du tissu, sans appuyer. Elle étouffa un gémissement, sa respiration s’accéléra. La honte aurait pu la submerger, mais elle se dissolvait dans cette moiteur assumée. Elle voulait être vue ainsi. Peut-être même, à cet instant, offerte.
La main s’éloigna. Il se redressa.
— Ce n’est pas moi qui vous caresserai ce soir, dit-il. Pas encore. Mais il y a quelqu’un que vous devriez rencontrer. Elle saura vous accueillir.
Un silence. Puis il ajouta :
— Le Cercle vous voit, Élise. Mais ce n’est qu’un début.
Quelques instants plus tard, elle fut guidée vers une alcôve. Le rideau fut tiré derrière elle. Et là, dans cette semi-obscurité, une femme l’attendait. Plus âgée. Élégante. Autoritaire.
Assise dans un fauteuil, jambes croisées, elle fixait Élise avec un calme troublant.
— Enlevez votre robe, ma chère.
Ce n’était pas une question.
Élise obéit. Le tissu glissa sur son corps, révélant sa lingerie. Son corps. Son abandon.
La femme se leva, s’approcha, effleura sa joue du dos de la main. Puis glissa un doigt sous la bretelle de son soutien-gorge. Elle ne parlait pas. Mais elle lisait en elle. Exactement comme promis.
— Je vois en vous une novice… mais pas une innocente.
Elle approcha ses lèvres de son oreille.
— Vous sentez cette chaleur entre vos jambes ? Ce n’est pas du désir. C’est un appel. Vous voulez être instruite. Initiée. Possédée. Pas par un sexe. Par une cause.
Le souffle de la femme sur sa peau la fit frissonner de tout son long.
Puis, comme une caresse invisible, un bandeau de soie noire vint lui couvrir les yeux.
Et le noir devint un monde.
Les autres épisodes : https://www.bdsm.fr/blog/tag/ombresdelob%C3%A9issance/
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Bonjour/bonsoir à vous qui lisez ce message
Je me présente, Eros,jeune demiboy de 22 ans. Pour expliquer un demiboy ("moitié homme" en anglais) est une personne dont le genre varie entre le il et le iel. Mon genre et mon expression de genre ne sont pas fixés, ils varient en fonction de comment je me sens à l'intérieur. Après tout pourquoi rester fixés quand plusieurs choses nous font vibrer l'âme pas vrai ?
J'aimerai prendre la parole en tant que personne queer : je suis fatigué
Fatigué d'être le fantasme de Jean-Michel 55 ans, dominateur qui fantasme sur les trans.
Que l'on n'ai pas tout le vocabulaire lgbtquia+ je comprend. Ça ne me dérange pas de répondre aux questions, au contraire puisque je dois faire preuve de pédagogie dans mon métier : j'ai l'habitude d'expliquer.
Cependant je suis fatigué d'être fantasmé et sexualisé sans avoir donner mon accord. Cela s'appelle ne pas respecter mon consentement. C'est ce qui m'arrive quand je me fais fétichiser par des personnes qui n'assume pas leur sexualité,et préfère se "rassurer" en allant importuner des personnes trans plutôt qu'avoir le courage de se remettre en question.
Nous ne sommes ni vos fantasmes ni vos expériences.
J'ai une question pour tous les Jean-Michel : Qu'est-ce que ça vous coûte de vous remettre en question ? De vous poser les bonnes questions sur la nature de votre attrait pour les queers ?
Merci de m'avoir lu
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"Je ne savais plus si j’étais homme ou femme. Elle n’a pas discuté. Elle a tranché."
"Ce n’est pas moi qui suis née d’une décision… c’est Elle qui m’a fait apparaître."
"Il n’y a plus de doute, plus de question, juste un corps qui s’ouvre, une soumise qui s’incline, et une Déesse qui marque."
---
Je crois que j’avais besoin de ça. Pas qu’on m’écoute seulement, mais qu’on sache pour moi.
J’étais perdue entre les lignes, entre les peaux, entre ce que je croyais devoir être et ce que je ne comprenais plus. J’essayais de faire tenir ensemble un corps pas tout à fait masculin, une âme pas tout à fait femme, et cette voix intérieure qui ne cessait de murmurer : « Tu ne peux pas rester là. »
Et puis Elle.
Elle n’a pas cherché à comprendre. Elle n’a pas débattu.
Elle a senti. Et Elle a choisi.
Pas comme un caprice, mais comme une évidence.
Elle m’a simplement dit que j’étais Sa femelle. Que ce n’était plus à moi de décider. Que je pouvais souffler.
Ce jour-là, tout s’est remis en place.
Mes épaules se sont relâchées. Mon ventre s’est ouvert. Mes jambes ont tremblé.
Je me suis sentie tenue. Pas seulement prise. Tenue.
Depuis, chaque chose devient plus simple.
Quand Elle m’écrit, je lis lentement, comme si Ses mots coulaient sur ma peau.
Quand Elle me parle de piercing, de la cage, de mes cuissardes, de mon body ouvert, je ne fantasme pas.
Je me prépare. Je m’aligne.
Je veux être douce, féminine, soumise… pour Elle.
Elle me regarde et Elle agit.
Elle tranche sans violence.
Et moi, je sens que ma place est là :
à la suivre, à obéir, à me laisser faire.
À aimer, oui. Mais à aimer en me taisant, en me transformant, en devenant exactement ce qu’Elle veut voir naître.
Je suis à Elle. De plus en plus.
Et ce que je ressens… ce n’est pas une brûlure.
C’est une chaleur douce, continue, comme un feu qui ne s’éteint plus.
Elle me marque sans avoir encore touché ma peau.
Et moi, je n’ai plus envie d’être autre chose que Lubana.
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— Tu veux entendre que tu es ma Chienne ?
Le SMS est tombé sans prévenir.
Il a traversé le silence comme un fouet sur une peau offerte.
Et tout s’est figé. Plus rien n’existait, sauf ces mots. Ceux d’une Femme qui ne domine pas seulement : Elle possède. Et qui vient de le dire.
Depuis l’aube, il y avait eu des frissons.
Des regards lancés à l’écran. Une attente sous tension, à la frontière de l’insoutenable. Et puis cette phrase.
Elle avait tout vu, tout lu. Le collier que je porte. Le cuir qui m’enlace. L’odeur qui me suit dans chaque pièce, comme une promesse tenue.
Et moi… j’étais mouillée depuis l’aurore.
Pas d’un désir flou. Mais d’une vérité : je suis tenue. Et ce n’est plus un jeu.
Quand Elle a parlé de Son jardin de Lys, de Ses ongles dans ma chair, de mon cul qui deviendrait Sa chatte… je me suis sentie basculer.
Ma gorge s’est nouée. Ma respiration s’est coupée. Et mes cuisses ont tremblé d’un feu que je ne comprenais plus.
Je ne suis plus celle qui attend.
Je suis celle qu’on prend.
Et ce soir, dans un souffle, j’ai compris que quelque chose venait de commencer.
Elle ne veut pas de phrases toutes faites.
Elle ne veut pas de rôle.
Elle veut ma peau. Ma honte. Ma joie. Ma docilité.
Et moi, dans cette cage invisible qui va se refermer sur mon sexe, je souris.
Je souris comme une chienne qui sait à qui elle appartient.
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Chapitre 16
L’éveil des non-dits
Le lendemain du club, le monde semblait avoir ralenti. La nuit s'était achevée, mais son empreinte était partout : sur ma peau, dans mes muscles encore engourdis par l’intensité de nos étreintes, dans l’air lourd de cette chambre où flottait encore le parfum du désir. Rien ne semblait avoir vraiment changé, et pourtant, tout était différent.
L’aube filtrait à travers les rideaux entrouverts, projetant une lueur diffuse sur les draps froissés. L’air était encore chargé des échos de la nuit passée, de cette tension consumée mais non éteinte, flottant entre nous comme une brume invisible.
Je sentis son corps bouger légèrement contre le mien, un frisson parcourant sa peau encore tiède sous mes doigts. Son souffle effleura mon cou avant qu’elle ne s’étire, ses mouvements empreints d’une langueur presque féline.
— "Tu es réveillé ?" murmura-t-elle, la voix encore voilée par le sommeil.
Je ne répondis pas immédiatement. Je profitais du moment, de cette quiétude fragile où rien n’avait encore repris son cours.
Son regard croisa le mien, et je perçus cette lueur indéfinissable dans ses yeux, quelque chose entre la satisfaction et l’incertitude, un équilibre précaire entre l’après et ce qui allait suivre.
Elle ne dit rien de plus. Ses doigts glissèrent distraitement sur mon bras, traçant des lignes invisibles sur ma peau, un geste à la fois tendre et machinal. J’observais chacun de ses mouvements, essayant d’interpréter ce qui se jouait derrière son silence.
Un instant, elle sembla hésiter, puis elle se redressa légèrement, s’asseyant au bord du lit. Les draps glissèrent le long de son dos nu, révélant la courbe de ses épaules marquées par la nuit. Elle resta ainsi, immobile, le regard perdu dans un point indéfini de la chambre.
— "Tu regrettes ?" demandai-je enfin, brisant le silence.
Elle tourna légèrement la tête, ses cheveux tombant en cascade sur son épaule. Un sourire fugace effleura ses lèvres, mais son regard, lui, était plus insondable.
— "Non," répondit-elle après un instant. "Mais ça change tout, n’est-ce pas ?"
Je ne répondis pas immédiatement. Parce qu’elle avait raison. Parce que nous étions à cet instant précis, ce moment fragile où tout pouvait basculer dans un sens ou dans l’autre.
Je tendis la main vers elle, effleurant la courbe de son dos du bout des doigts. Elle frissonna sous mon contact, mais ne bougea pas.
— "Ça change ce que tu veux que ça change," soufflai-je.
Elle inspira profondément, puis expira lentement, comme si elle pesait mes mots, mes intentions.
Puis, dans un mouvement lent, elle se retourna vers moi, ses yeux cherchant une réponse que je n’étais pas sûr de pouvoir lui donner.
Elle me fixa un instant, son regard oscillant entre défi et vulnérabilité. J’observais chaque détail : la manière dont ses doigts froissaient distraitement le drap sur ses cuisses, la légère crispation de ses épaules, comme si elle s’efforçait de garder le contrôle de quelque chose qui lui échappait déjà.
— "Et toi ?" souffla-t-elle enfin, sa voix plus basse, presque hésitante. "Tu veux que ça change quoi ?"
Je n’avais pas encore réfléchi à cette question. Ou peut-être que si, mais sans oser formuler la réponse à voix haute. Le goût de la nuit passée était encore là, imprégné dans ma peau, dans l’air autour de nous, dans chaque souffle que nous prenions.
Plutôt que de répondre immédiatement, je me redressai à mon tour, venant me placer derrière elle. Mon torse frôla son dos, mes bras se glissèrent autour de sa taille, et je posai mon menton sur son épaule. Elle ne bougea pas, mais je sentis la tension dans son corps vaciller légèrement, son souffle se suspendre.
— "Je veux savoir où tu veux qu’on aille," murmurai-je enfin, ma voix effleurant sa peau.
Ses doigts se posèrent sur les miens, les caressant machinalement, comme si elle cherchait ses mots, pesant le poids de ma question.
— "Je ne sais pas," admit-elle finalement. "Tout est allé si vite…"
Je déposai un baiser léger sur sa clavicule, non pas pour la convaincre, mais pour lui rappeler qu’il n’y avait rien à précipiter.
— "Alors on ne se pose pas la question tout de suite," suggérai-je.
Elle ferma brièvement les yeux, son front s’inclinant légèrement vers moi. Je sentais sa lutte intérieure, ce combat entre l’envie de lâcher prise et cette habitude de toujours garder le contrôle.
Puis, dans un mouvement lent, elle se retourna dans mes bras, son visage à quelques centimètres du mien.
— "C’est une mauvaise idée," murmura-t-elle.
Je laissai un sourire effleurer mes lèvres, glissant mes doigts dans ses cheveux.
— "Probablement."
Son regard s’attarda sur ma bouche une fraction de seconde de trop, et je vis la décision se faire en elle avant même qu’elle ne bouge.
Lorsqu’elle captura mes lèvres, ce n’était plus une hésitation, mais une réponse. Une façon de retarder les questions, de se noyer encore un peu dans cette attraction inévitable qui nous consumait.
Nos souffles se mélangèrent à nouveau, et je sentis la tension changer, muter, retrouver cette intensité brute que la nuit n’avait fait qu’éveiller.
Elle se pressa contre moi, et cette fois, ce fut elle qui m’attira sous les draps, effaçant les dernières résistances dans une étreinte qui ne laissait plus de place aux doutes.
Ses lèvres étaient impatientes, avides, comme si elle voulait ancrer cet instant dans quelque chose de tangible, de réel, loin des incertitudes qui flottaient encore entre nous. Son corps s’imbriqua contre le mien, la chaleur de sa peau se mêlant à la mienne dans une douceur troublante.
Je la laissai prendre le contrôle, savourant la façon dont elle guidait nos gestes, comme si en s’abandonnant à moi, elle s’autorisait enfin à se libérer totalement. Ses mains glissèrent sur mon torse, s’attardant sur chaque contour, chaque muscle tendu sous son toucher. Je sentis son souffle s’accélérer alors que ses lèvres redécouvraient mon cou, descendant lentement, traçant une ligne brûlante qui me fit frémir.
Elle s’installa au-dessus de moi, ses cheveux formant un rideau sombre autour de son visage. Son regard plongea dans le mien, une lueur indéchiffrable dans ses prunelles. Cette fois, il n’y avait plus de jeu, plus de provocations voilées. Juste elle et moi, une alchimie brutale et inévitable qui ne demandait qu’à exploser à nouveau.
Je la laissai mener la danse, appréciant chaque mouvement, chaque ondulation de son corps contre le mien. Son rythme était lent, calculé, savamment étudié pour prolonger le supplice et l’extase à la fois. Mes mains glissèrent sur ses hanches, accompagnant ses gestes, amplifiant le plaisir qui nous consumait à nouveau.
Ses soupirs se mêlaient aux miens, la chambre résonnant de cette fièvre qui refusait de s’éteindre. Elle se cambra, son dos dessinant une arche parfaite sous la lumière tamisée du matin, et je fus submergé par l’intensité de l’instant.
Je ne voulais pas que ça s’arrête. Pas encore.
Alors je repris le contrôle, la faisant basculer sous moi dans un mouvement fluide. Son rire s’évanouit en un gémissement lorsque je me fondis en elle avec une lenteur délibérée. Ses doigts agrippèrent mes épaules, son souffle saccadé se brisant en murmures inachevés contre ma peau.
Nos corps s’accordaient avec une fluidité enivrante, oscillant entre douceur et intensité, entre abandon et possession. Chaque mouvement nous rapprochait du bord, chaque caresse approfondissait cette connexion indicible qui nous liait bien au-delà du simple plaisir charnel.
Et lorsqu’elle se tendit sous moi, son corps tout entier vibrant sous l’onde de plaisir qui la traversait, je la rejoignis dans cette dernière explosion, cette apothéose brûlante qui effaçait tout le reste.
Nos respirations s’entremêlèrent, s’apaisant peu à peu, tandis que nous retrouvions cette quiétude trouble d’après l’orage.
Elle se lova contre moi, nichant son visage au creux de mon cou. Son souffle chaud caressa ma peau alors qu’elle glissa une main paresseuse le long de mon dos.
— "Cette fois, je crois que je vais vraiment avoir besoin d’une douche," murmura-t-elle, un sourire à peine dissimulé dans sa voix.
Je laissai échapper un léger rire, caressant distraitement la courbe de ses reins.
— "J’en aurais bien besoin aussi."
Elle leva légèrement la tête, m’observant avec cet éclat malicieux dans les yeux.
— "Alors viens."
Je n’eus pas besoin de plus pour la suivre sous l’eau brûlante, dans une intimité renouvelée qui promettait encore bien des tourments délicieux.
Chapitre 17
Les traces de la nuit
La vapeur s’élevait doucement autour de nous, enroulant nos corps dans une chaleur moite alors que l’eau ruisselait encore sur nos peaux. Ses doigts glissèrent sur mon bras dans un geste aussi naturel qu’intime, comme si elle tentait de prolonger ce moment en dehors du temps. Nos regards se croisèrent, et je sentis cette tension encore suspendue entre nous, ni totalement dissipée ni entièrement maîtrisée.
Elle s’écarta légèrement, attrapant une serviette et l’enroulant autour d’elle avec un mélange d’aisance et de retenue. Je la laissai sortir en premier, la suivant du regard alors qu’elle quittait la salle de bain, disparaissant dans la chambre pour se sécher et se vêtir. Je pris une longue inspiration avant d’éteindre l’eau et de la rejoindre.
Quand j’arrivai dans la cuisine, elle était déjà là, vêtue de l’une de mes chemises, encore trop grande pour elle, et s’affairant à sortir deux tasses. Ses cheveux humides tombaient en désordre sur ses épaules, lui donnant un air à la fois désinvolte et étrangement vulnérable.
Je me rapprochai et mis l’eau à chauffer, écoutant le sifflement de la bouilloire emplir le silence.
— "Tu veux du café ou du thé ?" demandai-je en brisant cette tranquillité pesante.
Elle haussa un sourcil, un léger sourire en coin.
— "Depuis quand je bois du thé ?"
Je souris à mon tour, versant le café dans deux tasses. Elle s’approcha lentement, prenant la tasse que je lui tendais, et nos doigts se frôlèrent imperceptiblement. Un frisson remonta le long de ma colonne, me rappelant que rien n’était vraiment réglé.
Après quelques gorgées de café échangées en silence, elle finit par se lever, posant doucement sa tasse sur le comptoir.
— "Je devrais y aller," murmura-t-elle, évitant mon regard.
Je hochai la tête, sentant la fin de ce moment approcher comme une évidence. Elle disparut un instant dans la chambre pour récupérer ses affaires. Lorsqu’elle revint, habillée et prête à partir, elle hésita à l’entrée, comme si elle attendait quelque chose, une parole qui ne vint pas.
Je la raccompagnai jusqu’à la porte.
— "On se revoit bientôt ?" demanda-t-elle, un éclat indéfinissable dans les yeux.
Je soutins son regard un instant avant de répondre, conscient que la simplicité de cette question cachait bien plus.
— "Oui."
Elle acquiesça en silence, puis tourna les talons et disparut dans le couloir.
La porte se referma doucement derrière elle, et je restai là un instant, la main sur la poignée, avant de soupirer.
Le cours de la vie reprenait son rythme, mais quelque chose, en moi, avait déjà changé.
Chapitre 18
Une tension suspendue
Le quotidien reprenait ses droits. Les jours s’égrenaient dans une routine presque mécanique, mais quelque chose en moi restait en suspens, comme si un fil invisible me rattachait encore à cette nuit-là.
Le studio tournait à plein régime. Entre les rendez-vous, les enregistrements et la gestion des équipes, je n’avais que peu de répit. Pourtant, dans le tumulte des journées bien remplies, je me surprenais à chercher son nom sur mon téléphone, à scruter mon écran dans l’attente d’un message qui ne venait pas.
Elle n’avait rien envoyé. Et moi non plus.
L’absence de communication n’était pas anodine. C’était un équilibre fragile, une façon implicite de laisser le temps décider pour nous. Mais le manque s’installait, insidieux.
Un soir, alors que je verrouillais la porte du studio après une longue journée, je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche. Mon cœur rata un battement en voyant son nom s’afficher sur l’écran.
— "Toujours vivant ?"
Un message court, léger en apparence, mais dont je pouvais deviner l’intention cachée.
Je pris une seconde avant de répondre.
— "Ça dépend des jours. Et toi ?"
L’attente fut brève avant qu’une nouvelle vibration ne rompe le silence de la rue déserte.
— "Je pourrais te poser la même question. Tu as disparu."
Un sourire effleura mes lèvres. Elle jouait sur les apparences, mais je percevais l’interrogation sous-jacente. J’hésitai un instant, puis tapai ma réponse.
— "Disons que je voulais voir si tu allais venir me chercher."
Je rangeai mon téléphone dans ma poche et levai les yeux vers la ville endormie. Le jeu n’était peut-être pas terminé, après tout.
Une nouvelle vibration me ramena à la réalité.
— "Et si je venais te chercher maintenant ?"
Je restai un instant immobile, pesant ses mots. L’envie était là, indéniable, mais quelque chose me retenait. Peut-être la peur que cette attirance se transforme en un jeu sans fin, un cercle vicieux où chacun attendait que l’autre flanche en premier.
Mais je n’étais pas homme à fuir les défis.
— "Je suis encore au studio. Si tu oses."
Quelques minutes passèrent sans réponse, assez pour que je me demande si elle avait changé d’avis. Puis, le grondement d’un moteur attira mon attention. Une voiture s’arrêta devant le bâtiment, et derrière la vitre teintée, son regard accrocha le mien.
Elle était venue.
Je n’hésitai pas et ouvris la porte du studio, l’invitant à entrer. Nous marchâmes à travers le couloir faiblement éclairé, passant devant les cabines où certaines filles étaient déjà en pleine session. Derrière les vitres insonorisées, des jeunes femmes, et d’autres plus mûres, discutaient avec leurs clients ou se trémoussaient face aux caméras, leurs voix couvertes par le brouhaha feutré de l’activité nocturne du studio.
Elle observa la scène sans un mot, son regard capturant les détails de cet univers qu’elle connaissait sans doute déjà, mais qu’elle voyait cette fois sous un angle différent. L’intimité exposée, le commerce du désir dans toute sa complexité, le contraste entre le contrôle et l’abandon calculé de chaque performance.
— "Toujours aussi fascinée ?" soufflai-je en continuant d’avancer.
Elle tourna la tête vers moi, un sourire indéchiffrable sur les lèvres.
— "Toujours aussi intriguée," corrigea-t-elle.
J’ouvris la porte de mon bureau et l’invitai à entrer. Ce soir, les règles avaient changé.
Toujours avec nous ?????
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Un jour de grande lucidité, celui qui suit la consommation de drogue la plus puissante jamais encaissée, quand il n’y a plus ni douleurs, ni envie dévorante de consommer, je me suis dit, avant d’oublier (comme si souvent), que la drogue n’était qu’une couche de camouflage supplémentaire, pour masquer une douleur honteuse ou banale (et sûrement un peu les deux à la fois). Ce que raconte mon histoire avec la drogue, c’est quelque chose de plus « cool » que la réalité des choses, ma consommation de drogue a une valeur sociale de démarcation, c’est un fait. Et comme beaucoup de gens, j’ai besoin d’être vu dans la foule, j’ai peur de passer inaperçu. Alors je suis prêt à tout pour que l’on me remarque… La drogue, ma drogue, était aussi bête que ça, et depuis que je me suis souvenu de ça, elle me fout la paix.
J’avais écrit donc le lendemain de ma première injection de morphine intraveineuse le texte que je partage en suivant. J’ai longtemps hésité à le publier, mais je me dis que c’est le dernier coup de burin porté à ma carapace robotique, celui qui ouvre une brèche vers la carte mère. Ce n’est pas une destination mais une porte qui s’ouvre. La démarche me semble contraire à la pudeur, au-delà de ce que je m’étais autorisé à exposer, mais aujourd’hui je me sens assez fort pour soulever ce fardeau honteux et vous en confier une partie, si ça vous tente de me filer un coup de main. Sinon tant pis, les mots qui résonnent dans le vide soulagent aussi de toute façon. Je ne veux plus me sentir comme une victime en colère, rongée par l’envie de brûler la planète entière pour montrer sa valeur. Je crois bien que la porte s’ouvre sur tout autre chose, et je remercie chaque paire d’yeux attentifs, chaque paire d’oreille bienveillante de m’avoir aidé à trouver le chemin de cette porte. C’est marrant, j’ai réécouté les Doors hier soir, alors que ça faisait des plombes que j’avais pas eu envie. I’m the Crawling King Snake…
« J’ai un petit temps pour tenter d’écrire cette histoire, « la drogue et moi ». On la fait commencer quand cette histoire, et où ? On commence par les paquets de gâteau qu’on bouffait comme des crevards sur le parking d’Intermarché, ou les bonbons qu’on s’avalait avec notre argent de poche ? Ça semble hors sujet même si c’est quand même un peu lié, d’ailleurs, je suis en train de bouffer des sucreries pendant que j’écris ça. Enfin, si on considère que la bouffe est une drogue, on vide de sens, à mon avis, ce que drogue semble sous-entendre. À ce moment-là, l’eau ou l’air ou l’amour est aussi une drogue…
Donc petite réflexion préalable : c’est quoi une drogue, d’après moi ? Ça donnera déjà une petite idée de la suite, et donc du point de départ à donner à cette histoire. D’après moi, la drogue est une substance psychotrope qui perturbe l’état de conscience ou de vigilance, le cours de la pensée ou le mode de perception sensoriel de celui qui la consomme avec pour conséquence une sensation de plaisir. C’est peut-être imprécis, mais l’idée, c’est que la consommation de drogue me sort de mon état psychique « normal », en me procurant du plaisir, du bien être. Il doit exister mille controverses d’experts, des substances frontières.
Alors je vais être plus explicite : pour moi, d’abord et surtout, l’alcool est une drogue. La cigarette n’en est pas vraiment une, parce que ça ne modifie pas l’état mental, par contre, c’est sacrément addictogène et ça procure du plaisir à très brève échéance (donc c’est un problème majeur dans le champ de l’addictologie). Cannabis, héroïne, cocaïne, amphétamines et diverses drogues de synthèse, bah ce sont des drogues (d’ailleurs, mon idée du mot drogue vient sûrement de là). LSD et autres hallucinogènes sont également des drogues, évidemment. Pour les médicaments, c’est plus subtil, mais je considère que les opiacés sont des drogues, sans aucun doute. Les benzos (=BZD) et apparentés également (même si on est plus dans le soulagement que le véritable plaisir ou bien être, alors c’est peut-être entre deux, par contre, hautement addictogène etc… une belle saloperie). Antidépresseurs : non, pas de modification directe de l’état mental. Autres médicaments à l’usage détourné : kétamine = il semblerait, même si je n’en ai jamais pris à dose suffisante, que ce soit bien de la drogue, et de la bonne… DXM = drogue à mi-chemin entre plein de trucs, mais pour moi, ça a un côté psychédélique comme le LSD d’après les retours d’expérience auxquels j’ai pu avoir accès (mais je n’ai jamais pris de LSD, à mon grand regret semblerait-il). D’autres médicaments style antiépileptiques détournés ? Je ne sais pas, mais il semble que si c’est juste sédatif, c’est pas vraiment une drogue pour moi. Si c’est stimulant ou euphorisant, alors c’en est.
On va considérer que les BZD sont des drogues pour la suite, même si on pourrait en discuter un bon moment à mon avis. Voici donc, dans l’ordre chronologique la liste des drogues que j’ai consommé à ce jour : BZD in utero ? Pas certain, on va écarter ça. Ça donne donc : alcool, cannabis (quoique ça a dû sortir plus ou moins en même temps, à la fin de la troisième, début du lycée), BZD, une gélule de morphine pendant mon stage infirmier, DXM, opiacés (codéine, tramadol, morphine), une dose homéopathique de kétamine volée à un patient, partagée avec deux internes tordus, insignifiant, et j’avais oublié le protoxyde d’azote (évidemment une drogue).
J’ai ingéré de la drogue, d’abord et surtout, j’ai fumé de la drogue, inhalé de la drogue et je me suis injecté de la drogue, par voie sous-cutanée surtout et intraveineuse une fois, récemment, ce qui déclenche cette démarche de soins dont ce récit fait partie. Peut-être même que cette histoire est le soin qu’il me faut : écrire ça, cette histoire avec toute sa futilité, son caractère dérisoire. Une histoire de provocation, d’errance, de transgression, d’aveuglement, d’immaturité et de colères mal digérées, de frustrations qui plombent le moral. C’est aussi un peu l’histoire d’une société, d’une époque, d’une sous-culture voire d’une culture au sens plus large. C’est surtout l’histoire d’un adolescent qui voulait devenir un adulte, meilleur, plus cool que les adultes qu’il avait autour de lui ; en même temps que celle d’un adulte qui voulait redevenir adolescent ou enfant, parce que c’est chiant d’être un adulte en fait.
La drogue et moi, c’est juste mon histoire. On pourrait, sans sous-entendre que je ne suis rien sans la drogue, mais quand même ça susciterait des interrogations chez le lecteur, reformuler le titre de cette histoire : qui suis-je ? Dis-moi quel drogué tu es, je te dirai de quoi tu es fait etc… j’avais intitulé ma première aventure d’écriture autobiographique un peu romancée : Where is my mind ? Référence directe et on ne peut plus explicite au morceau bien connu des Pixies, découvert par le grand public dont je fais partie, dans le film Fight-club, lui même une adaptation d’un livre que je n’ai pas lu. Mais ce film, à l’époque, m’avait beaucoup plu, de même que ce morceau, qui condense bien cette sorte d’errance dont il est question dans le film, de manière un peu surréaliste et provocatrice : l’errance d’un jeune homme paumé dans une société tordue. C’est la grille de lecture que j’en fais, des symboles de lutte contre la société de consommation, de volonté de grandeur sans limite, la violence comme exutoire toléré et stimulé par la société qui devient rejetée par cette société quand elle se retourne contre elle, effrayée par le monstre qu’elle a créé. Cette espèce de fascination obscène qu’on peut avoir pour la violence dans cette société, sans que ça perturbe grand monde, quand on est un homme.
Bref, il s’agissait la première fois de revenir là-dessus, ce moi paumé de l’époque, ne sachant pas s’il devait se radicaliser de façon violente dans une forme de nihilisme. J’ai ressenti ça à un moment, une sorte de tentation un peu nihiliste violente, de volonté d’auto-destruction, mais ça m’est passé, quelques bonnes doses de BZD et d’alcool plus tard, après avoir vécu quelques semaines chez JJ, VJ et leur petite A qui avait moins d’un an, à l’époque où j’étais sans domicile fixe. Je n’ai plus trop le temps d’écrire, je vais recevoir ma patiente de 14h. Voilà où j’en suis, à réécrire l’histoire sans vraiment de filtre cette fois, même si c’est sûrement un peu dur, en remontant un peu avant, juste avant le lycée, juste après les premiers contacts avec les parties génitales d’une fille, avant une longue traversée du désert érotique, solitaire et éprouvante, ponctuée par quelques mirages qui n’ont rendu que plus insupportable ma soif de l’époque. Le manque, la tentation, le soulagement compulsif qui ne trompe personne. J’avais dit que je faisais tourner ça autour de la drogue, on laissera le sexe pour une prochaine étape, mais inévitablement tout est lié, bien sûr.
Mais voilà, la personne qui va écrire cette histoire, est un peu à la fois trois choses : père de famille, médecin et musicien. Et cette personne est à cent pour cent un petit con pour la vie, un casse-pied, qui ne fait jamais vraiment ce qu’on lui demande ni ce qu’on attend de lui, pour le plaisir de quand même un peu faire chier le monde, un petit sourire en coin… et qui pousse la provocation jusqu’au point où ça commence à craquer un peu, mais qui s’arrête avant que ça casse vraiment.
Parfois, je me demande si j’en fais pas un peu trop, si je ne dramatise pas un peu autour de ma situation, pour me donner un truc en plus, une certaine singularité issue d’une forme de souffrance, qui serait la condition sine qua non de la vraie grandeur d’âme. Il m’est arrivé dernièrement de me demander si toute cette histoire d’attouchement n’était pas un peu exagérée, ou du moins son impact un peu gonflé pour coller à l’époque. Oui, c’est vrai, mon grand frère a mis sa bite dans mon cul, peut-être aussi dans ma bouche, je sais plus trop quel âge j’avais. Mais je sais que je n’étais pas assez grand pour bander décemment (ou bien pas assez excité par la vue d’un cul masculin) parce que, magnanime, ce grand frère m’a tendu sa croupe pour qu’on soit sur un pied d’égalité. C’est si terrible que ça ? Bon, on avait dit qu’on ne parlerait pas de sexualité sur ce coup là, mais on avait quand même axé les soins sur ce traumatisme la dernière fois, mais pas que. Je sais pas si on avait parlé du cas de mon petit frère, qui avait dû se pénétrer avec un jouet sur ordre de notre grand frère, avec ma collaboration plus ou moins complaisante. Je crois que cet épisode me dégoûte aujourd’hui plus que celui du mâle alpha qui me dépucèle la rondelle.
J’essaie de tourner ça en dérision pour évacuer, mais il faut quand même admettre que ce n’est pas si anodin que ça, et bien se dire que quand même, faut pas s’étonner si on a tous un petit pète au casque dans cette fratrie… Mais mon petit frère à l’air de bien s’en sortir, il a l’air bien avec sa copine, fait de la photo, semble heureux, aujourd’hui je suis soulagé. Et puis il ne semble pas m’en vouloir, on reste proches sans se voir ou se parler si souvent, c’est ça qui compte. Quand à mon grand frère, il est en prison au moment où j’écris ces lignes, mais ça pourrait être l’objet d’un autre récit.
On pourrait imaginer lire ces quelques lignes d’introduction assez crues, dures, doutant de la véracité et de la profondeur réelle des traumas d’enfance (au fond, est-ce qu’on n’en fait pas un peu trop de nos jours ?) et de leurs conséquences - parce que c’est vrai que si on laisse le champ libre aux psys, on va nous demander de mettre en place en urgence une thérapie EMDR chez nos chers bambins s’ils perdent leur hamster chéri - pendant qu’on filme ce couillon grassouillet casser deux ampoules de dix milligrammes de morphine, remplir une seringue de cinq millilitres avec les deux cc de liquide translucide, dans le cadre aseptisé d’un bureau de consultation, à la nuit tombée. Là et à cette heure, seul dans ce groupement de cinq médecins, cet idiot embarque ensuite sa seringue, s’assoit sur la chaise peut-être pas très propre sur laquelle ses patients se sont assis toute la journée pour lui raconter leurs malheurs (là encore, on pourrait deviser sur la réalité et la profondeur de leurs maux…) et commence à serrer sa ceinture autour de son bras nu, le gauche, pour être aussi habile que possible pour attraper la veine du pli du coude sans la faire claquer. Il faut dire qu’il n’a pas prélevé de sang veineux ni posé de cathéter depuis une paire d’années, alors il se demande s’il va réussir son coup, mais ne doute pas vraiment. Au fond, quand il veut quelque chose, vraiment, il l’obtient. Et là, il le veut vraiment, ce shoot. Il avait réussi la veille à désamorcer cette crise, ou du moins la différer, en envoyant un message au psy qui l’avait suivi la dernière fois (à l’époque où il ne bouffait que de la codéine, mais du matin au soir), ce qui lui avait permis de rentrer à la maison pour serrer son fils de deux ans et demi dans ses bras, et sa femme enceinte de six mois, en n’ayant ingéré que trois milligrammes de bromazepam, pour se calmer quand même les nerfs. Mais durant tout cette journée de mercredi, il avait cherché à contacter quelqu’un, parce qu’il sentait qu’il avait encore envie de ça, sa psychologue n’avait pas répondu, pas plus que le centre d’addictologie. Alors il avait fini par voir rouge, se sentant abandonné, quasiment obligé par un alignement morbide de planètes à se shooter. Cette fois, rien à voir avec les sous-cutanées de merde, on entre en première division des camés : le monde merveilleux de l’intra-veineuse.
Cet imbécile a bien repéré la veine tuméfié par le garrot de circonstances qu’il serre entre ses dents, repasse un coup d’alcool qu’il avait préalablement soigneusement déposé sur un paquet de compresses stériles, et d’un geste sûr enfonce son aiguille dans la veine, vérifie qu’il est bien en place en tirant d’une façon étonnamment habile sur le piston à l’aide de son index, et s’émerveille de voir remonter du sang foncé. Il ne se rappelait plus vraiment que le sang veineux a cette couleur, mais savait instantanément qu’il était temps de relâcher le garrot sans faire bouger l’aiguille, et de se dépêcher de vider la seringue dans sa veine, sans réfléchir. On pourrait mettre un peu de musique pour ajouter de l’ambiance, du rock assez sale, fait par un camé mort la seringue au bras et un canon dans la bouche, Kurt Cobain par exemple, « rape me my friend », pour faire écho à ce qu’on disait avant, ou le morceau qu’on entendait dans la bagnole de Jack, dans Lost, quand il pétait un câble parce qu’il voulait absolument retourner sur sa putain d’île, morceau qui s’intitule « Scentless Apprentice », ce serait encore mieux. Et là, sans paniquer, en même temps qu’il retire de façon fluide la seringue pour y appliquer fermement sa compresse imbibée d’alcool (faudrait quand même pas garder de marque trop flagrante de ce shoot), il reçoit le train des opiacés en pleine tronche, le souffle coupé par l’extase cent pour cent chimique et artificielle qu’il vient de vivre, en poussant un petit gémissement qui n’est pas sans évoquer l’orgasme, mais d’une autre nature cette fois. Et puis les jambes comme coupées, et une vague de chaleur qui s’infiltre partout, bientôt sur sa tête chevelue, il se dit que les couleurs semblent plus chaudes que d’habitude. Le désespoir laisse place à une sorte de bien-être, après tout, il faut profiter de cet instant. Oui, il a franchi une ligne rouge, la ligne de démarcation entre le consommateur festif de psychotropes et le camé, mais puisqu’on en est là, autant prendre son pied et profiter de la défonce mémorable qu’il est en train de se payer (au frais de la sécu, d’ailleurs).
Mais il est tard, et je vais commencer à plier mes bagages pour retourner à la maison, après un peu de travail administratif. Je pense que je vais écrire un bouquin pour raconter cette histoire, au fond, c’est un peu ça l’idée, une espèce de mise en scène d’une détresse factice destinée à moi-même . J’en sais rien, je ne dois pas être trop dur avec moi-même, mais quand je me sens me complaire dans ce récit, en me disant que quand même, c’est dingue que ce soit une histoire vraie, que je suis une sorte de héros des temps modernes, je me dis que le problème est un peu là, que l’omniprésence du spectacle (films, séries) dans notre société peut nous flinguer un peu le cerveau en faisant de nous une sorte de binôme (trinôme ?) Acteur - réalisateur - spectateur. À tour de rôle ? En même temps ? Et puis auteur et scénariste aussi, voire même compositeur de la bande son. J’ai ce sentiment dérangeant d’être le produit de mon époque, aussi tristement commun et sans saveur que d’autres l’ont été à leur époque, juste un peu plus râpé du bulbe peut-être que nos ainés, quoique ? À chaque époque sa merde, nous, on n’a (jusqu’ici) pas connu de guerre, faut croire qu’on a besoin de spectaculaire pour se sentir exister, que la routine confortable de travail et famille ne donne pas assez à manger à l’esprit. Mais comment et quoi donner de plus à ce monstre vorace ? Ou bien ce n’est que du conditionnement, on pourrait tout à fait s’en contenter, de ce confort, mais comme personne n’a jamais réussi à le faire, on rejoue sans cesse le même drame, la même merde, le même spectaculaire morbide parce qu’on ne conçoit réellement pas grand chose au delà de sa propre petite personne insignifiante. Puisque j’en ai bavé, les autres en baveront, comme ça ils seront grands et forts comme moi. Oui chef, et que le règne du sang prospère pour l’éternité. Quelle bande de branleurs sans envergure…
Je suis maintenant posé dans le canapé de la salle de jeu, pensée comme un lieu pour P, et pour son papa. Ici, on peut jouer avec divers jouets, dont un ampli qu’on peut brancher et pousser sans craindre de réveiller un enfant ou sa maman. C’est évidemment devenu mon lieu refuge, ma cabane, où je végète dans le son pendant des heures durant les nuits d’insomnie, ou bien avant d’aller me coucher le soir en rentrant du travail, ou encore pendant la sieste de P le week-end. Les lundis aussi, je ne travaille pas et P est chez sa nounou, alors je passe le plus clair de mon temps ici également. Ça en dit long sur la maturité du type, planqué dans sa cabane dès qu’il le peut, en repli quasi autistique ici. Mais faut pas croire, les amis, j’ai aussi fait des trucs de vrai homme depuis qu’on a emménagé ici, comme reboucher des tranchées, passer la tondeuse ou mettre de l’huile sur les gonds d’une porte qui grinçait. J’ai même, pas plus tard que le week-end dernier, trois ou quatre jours avant de prendre la direction de Junky City par l’autoroute qui mène à la gare centrale, rangé le garage et les outils qui y étaient entassés n’importe comment, en en faisant un vrai établi avec une étagère que j’ai montée tout seul, des outils suspendus au mur et un plan de travail dégagé pour pouvoir y bricoler.
Un homme, un vrai. Parfaite illustration de ce qu’un vrai père de famille doit faire. Bon, après, donner le bain au petit, changer sa couche, faire la cuisine avec lui, lui chanter des chansons et lui répéter tous les soirs que je l’aime très, très, très fort, toujours, toujours, toujours et que c’est la seule chose qu’il a vraiment besoin de retenir ; normalement un vrai homme ne devrait pas se rabaisser à faire ça. Tout au plus lui apprendre à jouer au foot ou tirer à la carabine, voir décapsuler une bière avec ses dents. Mais bon, je ne suis qu’un apprenti père de famille idéal, et puis je n’ai pas encore de carabine. Et mes dents sont trop fragiles pour que j’essaie de décapsuler une bière avec, c’est le dentiste qui me l’a dit. Pas qu’il ne fallait pas ouvrir de bière avec mes dents, mais qu’elles n’étaient pas en super état. Depuis, je fais l’effort de me laver les dents deux fois par jour.
Vous allez me dire : on s’en branle de tes chicots, on veut du sexe, de la drogue, des bastons de toxico, des putes à dix euros et des virées à Amsterdam au Sphinx hôtel… patience les amis, vous aurez un peu de tout ça au fur et à mesure, on va remonter le temps, lentement. Mais on est bien, là, dans ce canap’ ce soir, entre deux craving et dans l’attente du rendez-vous avec la psychologue, un milligramme et demi de bromazepam dans le cornet et soixante six millilitres de bière à cinq degré d’alcool dans la panse, d’une fameuse marque prisée des différents James Bond et qui nous ramène à Amsterdam (ça fait deux virgule quatre unités d’alcool il me semble, d’après la bouteille, et c’est déconseillé aux femmes enceintes). Vous voyez qu’on cause quand même un peu de drogue ici, mais j’avoue que quand je parlais des dents, j’ai plutôt fait le lien avec la morphine, évidemment. On y reviendra plus tard, quand on parlera de cet hôtel miteux dans le Vallespir avec une gratte, divers schémas de gammes et un gros kif à monter et descendre une gamme pentatonique mineure, comme un gland, pendant des heures, tout seul, avec un abcès dentaire et une trousse d’urgence contenant quelques ampoules de morphine. La première injection, pas la dernière, j’avais écrit un truc sur un bout de papier à l’époque, je sais plus ce que disait cette connerie, mais ça devait dire vaguement que j’étais un grand malade d’oser franchir cette ligne rouge. Quel vantard je peux être parfois, ce n’était qu’une sous-cutanée, je ne me rappelle plus de la dose mais je suis presque sûr que c’était guère plus de cinq milligrammes. Finalement, c’était peut-être plus le dépucelage de ma guitare que la drogue qui me faisait planer, parce qu’avant ça, je jouais vraiment des trucs au hasard, et ça devait vraiment être de la merde. Une penta jouée plate, même en montée et descente, à côté de cette bouillie informe du tout début, ça devait être extatique ! Je me rappelle que je ne savais même pas encore enchainer deux accords ouverts à cet époque, ou pas vraiment, et que je m’étais éclaté quand j’avais réussi à passer de façon assez fluide de la mineur à do majeur. Vous avez vu, du rock, de la drogue, manquait plus que les putes et la destruction frénétique du mobilier (voire de la guitare, voire des putes…) pour s’y croire. Mais désolé, je vous donne juste un petit avant-goût comme ça, au hasard des errances de mon esprit ravagé de (déjà trop) vieux junkie…
J’ai bien envie de brancher mon ampli, maintenant, à défaut de vouloir m’injecter des trucs, et pour le coup, rien ne pourra m’en empêcher. Mais à quoi ça sert, ça, de perdre son temps à faire tourner quelques riffs qu’on bricole selon l’humeur ? Parfois ça ne sert vraiment à rien, on se fait chier, alors il faut faire court. Souvent, ça fait quand même du bien et on arrive à se perdre dans le temps et le son, et c’est déjà assez chouette comme sensation. Des fois, ça mobilise des trucs vraiment profonds, enfouis dans les viscères qui font vibrer toute ta carcasse jusqu’à te faire chialer ou bien t’arracher un sourire idiot. Qu’est-ce qui fait qu’on se fait chier ou bien vibrer la tronche ? Une question de maîtrise ou de technique ? Non, ça dépend juste de ce qu’on amène avec nous, du vrai besoin de musique, des fois on pense que, mais en fait non, et des fois on imaginait pas que ça nous ferait ça. J’en sais rien, et c’est bien, de pas vraiment savoir à l’avance, de pas avoir de baguette magique, ou de formule de rentabilisation du temps musical, et c’est à ça que ça me sert, de zone d’errance plus ou moins aléatoire, tout en relâchement, parce que c’est bien ce que la musique nous apprend : si on force, si on crispe, rien ne se passe. Le relâchement est la clé (au plan mental, après il faut un minimum de tonus et d’engagement physique mais c’est encore autre chose), si je me dis : il faut que je kiffe ce soir, alors je peux être presque sûr que ça va être de la merde, parce que si j’avais vraiment été dans l’optique de kiffer, je ne me serais pas dit ça.
Bref, tout le monde s’en branle, c’est sûr, de mes pseudo retour d’expérience musicale, moi qui n’ai finalement aucune véritable expérience de la pratique musicale. Je vous parle juste de l’importance de l’état d’esprit, de laisser aller, de lâcher prise, de divagation mentale, on n’est pas loin de l’expérience psychédélique telle qu’elle semble décrite, mais de ce côté, malheureusement, à part quelques « trips » sous DXM, je n’aurais pas grand chose de plus à vous raconter. Aucun champi, aucun acide n’a jamais réussi à venir chatouiller mes neurones, à mon grand regret, je pense, mais je crois qu’on sera amené à en reparler. Je vous laisse les amis, j’ai une pédale de fuzz qui s’impatiente…"
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