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La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM.
Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices.
Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Châpitre 2: "Dissection du contrôle"
Elle comprit très vite que ce qui se jouait ici n’avait rien d’improvisé.
Ce n’était pas une scène.
C’était une mécanique.
À genoux, elle attendait.
Non pas un ordre.
Une lecture.
Il ne la regardait pas comme un corps.
Il la décomposait.
La ligne de ses épaules.
Encore légèrement tendues.
Sa respiration.
Trop présente.
Ses mains.
Posées…
mais pas abandonnées.
Il ne disait rien.
Et ce silence, une fois encore, faisait son œuvre.
— Tu crois être descendue.
Une pause...
— Tu n’as fait que plier les genoux.
La phrase tomba sans élever la voix.
Mais elle atteignit juste.
Elle le sentit immédiatement.
Elle était encore là.
Encore en train de se tenir.
Encore en train de contrôler la manière dont elle lâchait.
— Redresse-toi.
Elle ajusta sa posture.
Légèrement.
Trop légèrement.
— Regarde-moi.
Une pause...
— Et ne joue pas.
Elle leva les yeux.
Cette fois, sans chercher à corriger ce qu’elle donnait à voir.
Il l'observa.
Longuement...
— Voilà.
Un seul mot.
Mais elle sentit la différence.
Infime.
Réelle.
Il se déplaça autour d’elle.
Lentement.
Sans bruit.
— Ce que tu prends pour de l’abandon…
Une pause...
— Ce n'est qu’une manière plus acceptable de continuer à te retenir.
Chaque mot trouvait sa place.
Sans force.
Sans détour.
— Tu choisis encore quand tu lâches.
— Combien.
— Et comment.
Il s'arrêta encore derrière elle.
— Ici, ce n’est pas toi qui décides du rythme.
Sa main se posa sur sa nuque.
Ferme.
Stable.
— Respire.
Elle inspira.
— Non.
La pression se précisa à peine.
— Pas comme ça.
Un silence...
— Respire sans retenir.
Elle comprit.
Même là…
Elle contrôlait encore.
Alors elle lâcha.
Un peu.
Pas parfaitement.
Mais différemment.
— Mieux.
Toujours cette économie.
Toujours cette précision.
Sa main glissa lentement le long de sa colonne.
— Ton corps ment moins que toi.
Un silence...
— Et il commence à parler.
Quelque chose changea.
Pas visible.
Mais irréversible.
— Tes mains.
Elle les regarda.
Comme si elles n’étaient plus tout à fait à elle.
— Change-les.
Aucune indication.
Elle hésita.
À peine.
Sa main revint à sa nuque.
Plus présente.
— Tu vois ?
Sa voix, proche.
— Tu attends encore d’être sûre.
Elle sentit le point exact.
Là où elle retenait.
Encore.
Alors elle bougea.
Sans chercher juste.
Sans chercher bien.
Simplement…
sans se retenir.
Un silence.
Puis :
— Voilà où ça commence.
Il se recula.
Mais ce recul n’était pas une distance.
C’était une observation.
— Reste.
Le mot tomba.
Simple.
Sans appel.
Le temps passa.
Elle ne chercha plus à le mesurer.
Ses pensées tentaient encore de revenir.
D’analyser.
De comprendre.
Mais quelque chose avait changé.
Elle n’était plus en train de jouer une posture.
Elle était en train d’apprendre...
à ne plus intervenir.
Quand il revint face à elle, son regard avait changé.
Moins d’évaluation.
Plus de décision.
— Maintenant…
Une pause
— on va pouvoir aller plus loin.
Elle ne répondit pas.
Elle n’en ressentait plus le besoin.
Et pour la première fois,
ce n’était pas un effort.
C’était déjà…
un début d’abandon.
À suivre…
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Octavia Miller et le docteur Zlotov quittèrent le bar sous le soleil de midi. Octavia demanda s’il ne fallait pas héler un taxi mais le professeur avait garé sa voiture quelques rues plus loin. Ils arrivèrent devant une décapotable rouge à deux places dont la calandre avant évoquait pour Octavia la dentition d’une baleine.
- Mercury 8 ? demanda-t-elle avec un léger sourire. Pas mal.
- Vous connaissez ? répondit Zlotov avec le sourire niais d’un enfant dont on vante le jouet.
- J’ai droit à toutes les foires automobiles depuis que je bosse dans le canard, répondit Octavia avec un plus grand sourire cette fois. Allez ! Faites-moi découvrir votre bolide, docteur Zlotov.
Avec sa courtoisie de gentleman d’Europe orientale, Zlotov ouvrit la portière droite de la voiture et invita miss Miller à prendre place sur le siège du passager. Puis il s’installa au volant et démarra la voiture. Octavia constatait qu’il s’insérait avec prudence dans la circulation : « Ça va ! Il est tranquille ! Il ne cherche pas à m’impressionner », pensa-t-elle tout en enfonçant ses épaules dans le cuir doux du siège et en se relaxant.
Octavia nota qu’ils se dirigeaient vers le Golden Gate Park et le quartier de Ashbury Street, en déclin depuis la Grande Dépression : « Où va-t-il m’emmener ? », songea Octavia avec une boule de peur au ventre, « et surtout, vers qui ? » Elle commençait déjà à se dire qu’elle aurait dû fermer sa gueule et s’estimer heureuse que mister Hawthorne l’envoie côtoyer le maire de San Francisco en personne, mais au lieu de ça, elle avait voulu jouer dans la cour des grands et se retrouvait dans une aventure étrange qui la dépassait dans les lieux les plus mal famés de la ville.
C’est au sommet d’une petite colline qu’ils arrivèrent devant une petite maison de style victorien, qui devait autrefois être magnifique et opulente mais dont la peinture bleue pâlie par les ans s’écaillait par plaques. Des morceaux de palettes posés de guinguois et des branches installées au petit bonheur la chance remplaçaient par maints endroits une clôture qui tombait littéralement en ruines : « Une maison bleue accrochée à la colline », pensa fugitivement Octavia en se disant que ce lieu dégageait une forme de majesté malgré sa décrépitude apparente.
- Ici habitent deux personnes qui me tiennent particulièrement à coeur, miss Miller, fit Zlotov en jetant un regard inquisiteur à Octavia, qui ne put s’empêcher de frissonner malgré la douceur printanière, aussi m’est-il indispensable de savoir si vous êtes digne de confiance par les temps qui courent.
- Monsieur Zlotov, répondit la journaliste d’un ton acerbe, il me semble avoir déjà répondu à cette question. Si vous ne m’estimez pas digne de votre confiance, vous pouvez toujours reprendre le volant de votre somptueuse Mercury et me déposer devant le siège du journal dans les plus brefs délais. À vous de voir.
- Très bien, fit-il sobrement, allons-y.
Et ils remontèrent la courte allée qui conduisait au perron de la maison. Zlotov agita le heurtoir en bronze qui venait frapper une représentation du dieu grec du vin Dionysos, surmontée par cette citation en français qui amusa Octavia : « Versez-leur du bon vin, ils vous feront de bonnes lois. Michel de Montaigne ». Le son, lourd et puissant, se réverbéra à l’intérieur de la demeure, amplifié par la structure en chêne massif de la porte.
Un son de serrures archaïques qu’on agitait dans tous les sens et soudain, la porte s’ouvrit sur une magnifique trentenaire à la peau mate, au teint mat et au nez aquilin, vêtue d’un huipil mexicain aux broderies complexes et colorées, magnifique dans sa féminité amérindienne dont la beauté s’ornait de tatouages complexes en formes de crânes mortuaires qui s’entremêlaient à des formes abstraites qui évoquaient subrepticement des formes féminines, tantôt la rondeur d’une hanche ou d’une fesse, tantôt le galbe à peine esquissé d’une poitrine, sans qu’on pût toutefois identifier une forme, tant le motif bougeait et semblait changer sous le jeu du mouvement des muscles. En ouvrant la porte, elle esquissa un large sourire, dévoilant une personnalité exubérante typique des Latino-Américains.
- Ay ! Virgen santa ! Si es el buen señor Eslotoff en persona ! , s’exclama-t-elle avec un grand rire. Pero qué te trae por aquí, mi amor ? Y encima con una gringa, carajo ! Et, repassant à un anglais correct avec cependant un fort accent hispanique : Entrez, entrez ! Moi, c’est Rosita Menéndez. Enchantée, miss… miss… ?
[Ay ! Sainte Vierge ! Mais c’est le bon monsieur "Eslotoff" en personne ! Que viens-tu faire ici, mon amour ? Et en plus avec une yankee, bordel ! ]
- Octavia Miller, répondit Octavia du tac au tac bien que légèrement intimidée, reporter au San Francisco Chronicle.
- Nous venons pour le reportage dont je t’avais parlé, fit Zlotov un peu incertain, je pense qu’il y a moyen de faire bouger les choses si…
- Toi, j’espère que t’es pas en train de nous faire un plan foireux en nous ramenant la gringa ici, carajo ! coupa Rosita sèchement. J’ai pas envie qu’une indic de la flicaille nous balance et me retrouver expulsée à la frontière mexicaine. Mais bon ! Entrez ! On va boire un café.
Ils passèrent par le vestibule, emboîtant le pas à la maîtresse de maison et entrèrent dans un salon où régnait un capharnaüm assez incroyable mais largement indescriptible, avec des disques qui jonchaient le sol autour d’un grammophone des années 30 posé sur un guéridon Second empire français couvert de poussière, deux canapés éventrés, une cheminée surmontée d’un vieux trophée de chasse datant sans doute des anciens propriétaires, quelques tableaux représentant des scènes champêtres du Middle West de la fin du XIXe siècle et enfin, une poutre apparente qui traversait le plafond de la pièce en diagonale et sur laquelle trônait assis, tel un sphynx urbain, un chat noir qui observait la comédie humaine de ses yeux verdâtres et chatoyants, ainsi qu’avec la hauteur que lui conféraient et sa position élevée et la condescendance naturelle aux animaux de son espèce ; Octavia pensa avec une sorte de malaise fugace que les yeux du félin se braquaient spécialement sur elle.
Rosita invita Zlotov et Octavia à prendre place sur un des canapés. Il s’installèrent et Rosita mit une cafetière italienne sur une cuisinière à gaz qui se trouvait dans un angle de la pièce.
- Alyssa ! cria-t-elle, bájate ! que ha venido Vassilis con una gringuita muy linda que me voy a poner celosa !
[Alyssa ! Descends ! Vassilis est arrivé avec une petite yankee si mignonne que je vais en devenir jalouse!]
Et, voyant qu’Octavia était fascinée par sa présence et le jeu des tatouages sur ses bras et ses épaules, s’approcha d’Octavia, se pencha à son oreille et lui souffla, dans un murmure qui évoquait le grondement lointain et menaçant du tonnerre un soir d’été : « Niñita, yo soy la diosa de las calaveras, me has visto y no me ves. Esta casa es mi templo, eres mi invitada ; así que ten cuidado con lo que haces y con las decisiones que tomas. Yo no me ando con jueguecitos : jugar es peligroso. Siempre ! »
[Petite fille ! Je suis la déesse des têtes de mort, tu m’as vue et tu ne me vois pas. Cette maison est mon temple , tu es mon invitée ; fais donc attention à ce que tu fais et aux décisions que tu prends. Moi, je ne joue pas à des petits jeux : jouer est dangereux. Toujours ! ]
Octavia déglutit avec difficulté et se tint immobile, les mains sur ses genoux et les fesses au bord du canapé, n’osant pas se détendre, à moitié terrorisée et totalement subjuguée par la puissante personnalité de cette Mexicaine qui avait deviné qui sait comment qu’Octavia comprenait parfaitement l’espagnol : « Et Zlotov qui observe la scène de façon totalement impassible », songea-t-elle avec un brin d’agacement, « il n’aurait pas pu dire quelque chose, intervenir en ma faveur ? Mais tout le monde se méfie de moi, ici ! Pourquoi Mrs. Hairybush m’a-t-elle embarquée dans cette galère ? »
Octavia entendit des pas dans l’escalier et une jeune femme blonde aux cheveux courts, vêtue d’un short en jean délavé qui moulait étroitement ses hanches et un fessier petit mais hautain, d’une sorte d’écharpe de coton qui lui ceignait la poitrine, fit son apparition dans le salon. Devant le regard interloqué d’Octavia, Rosita enlaça les hanches de la jeune femme et dpéosa un baiser sur ses lèvre. Puis elle présenta Octavia :
- Voici miss Octavia Miller, du San Francisco Chronicle, fit-elle avec un geste vague de la main. Nous allons peut-être lui accorder une interview concernant le problème qui nous occupe.
Octavia ne put s’empêcher de remarquer l’insistance lourde sur le "peut-être" et de faire le lien avec les menaces à peine voilées proférées par Rosita quelques minutes plus tôt.
- Enchantée, miss Miller, fit la jeune femme blonde avec un grand sourire en lui tendant la main. Je suis Alyssa Shepherd, la compagne de Rosita et militante de la section de San Francisco de la Mattachine Society.
Octavia se demanda que diable pouvait bien être cette machin truc chose Society et ce que faisait cette jeune femme à l’accent distingué de la côté est (« Probablement d’une vieille famille de Boston », pensa-t-elle distraitement) dans un manoir déglingué de San Francisco avec une Mexicaine à moitié folle. Et sa « compagne » ? Que cela pouvait-il bien signifier ?
Rosita demanda à Alyssa de préparer les tasses et les gâteaux et de servir le café sur un ton qu’Octavia jugea légèrement autoritaire mais elle n’y prêta pas plus grande attention. Quand Alyssa passa devant Rosita, celle-ci lui fit une réflexion en espagnol. Rosita lui répondit dans un murmure et sur un ton enjôleur. Octavia crut comprendre « Me darás besitos en los pies cuando estemos a solas, mi amor » mais ne put en croire ses oreilles tant l’image qu’évoquaient ces mots lui paraissait totalement incongrue. [Tu me feras des petits bisous sur les pieds quand nous serons toutes seules, mon amour]
Alyssa Shepherd commença à expliquer à Octavia ce qu’était la Mattachine Society, une association regroupant des personnes homosexuelles dans le but de lutter contre les discriminations dont elles et ils étaient frappés et d’obtenir leur reconnaissance et l’égalité civique. Alyssa ajoutait que l’organisation avait ses défauts puisque par exemple elle n’avait pas une position claire sur les droits civiqus des citoyens afro-américains et qu’elle considérait pour sa part que c’était une grave lacune. Octavia prenait des notes dans on carnet tout en observant Rosita du coin de l’oeil, qui semblait surveiller de près ce que disait Alyssa Shepherd : « On dirait qu’elle ne peut pas s’exprimer librement », pensa-t-elle.
C’est à ce moment-là qu’Octavia entendit un bruit sourd qui la fit sursauter. C’était le chat qui était descendu de son perchoir au-dessus de la poutre et avait atterri au milieu de la pièce. « El puto gato de los cojones ! », s’exclama Rosita. Le félin noir marcha lentement et se dirigea vers Octavia. Il grimpa sur les genoux de la jeune journaliste et se mit à ronronner. Cette dernière, étonnée, lui caressa machinalement la tête puis le gratta derrière l’oreille droite, ce qui sembla ravir l’animal. Toute l’assistance avait les yeux braqués sur Octavia et le chat.
- Octavia, je te présente Béhémoth, fit Alyssa avec un sourire chaleureux. C’est le gardien du temple et le gardien de la porte. S’il t’a adoptée, c’est que tu as franchi le seuil de cette maison avec un coeur pur et des intentions honorables.
Octavia, alors que le chat reposait tranquillement sur ses genoux et s’était couché en boule les pattes couvrant ses oreilles, remarqua le changement d’atmosphère dans la pièce. La circonspection, la suspicion à son égard qu’elle avait remarquées depuis le début, y compris de la part de Zlotov, s’étaient évanouies comme par magie. Elle ne s’expliquait pas ce changement d’atmosphère.
- Alyssa, tu peux maintenant tout dire de notre projet à Octavia, fit Rosita avec un sourire enjôleur, mais nous avons toute la journée devant nous. Tu vas bien entendu rester à dîner, Octavia.
Octavia fut interloquée par le ton délibérément affirmatif de la dernière phrase de Rosita, comme s’il était acquis qu’elle restât à dîner chez elles.
- Mais… Mais ! C’est impossible ! répliqua-t-elle en panique. Je dois rentrer à la rédaction. Je dois au moins présenter le projet d’un article.
- Tssst ! Tssst ! répondit Rosita avec nonchalance. On s’en branle. Alyssa, tu bouges ton petit cul de gringa, tu décroches le téléphone, t’appelles le canard, tu prends ton accent de bourgeoise bostonienne le plus arrogant possible en demandant de parler à ce trou du cul de Hawthorne et lui dire que mademoiselle Miller est sur une grand reportage très sérieux qui requiert toute son attention et qu’elle sera dans l’impossibilité de se rendre au journal jusqu’au lendemain mais qu’il ne regrettera nullement sa compréhension.
Octavia n’en croyait pas ses oreilles. Comment cette Rosita pouvait-elle disposer d’elle à sa guise ? C’était juste impossible. Elle jeta un regard implorant à Zlotov mais l’idée même de demander de l’aide à un homme pour la sortir d’un situation difficile la rendait malade.
Rosita s’adressa au docteur Zlotov : « Bon toi, pendejo ! Je peux compter sur toi pour passer le bonjour à Jeannette Rastignac ? »
- Bien sûr !, répondit le docteur Zlotov d’un ton mal assuré.
- Bon, maintenant, tu pars, fit Rosita, Alyssa et moi avons du travail.
Zlotov prit congé des trois jeunes femmes et s’en fut. Octavia restait donc seule dans cette étrange maison, toujours avec le chat endormi et ronronnant sur ses genoux. À l’expectative de ces deux jeunes femmes et de leurs modes de vie étranges.
- Tu veux que je te débarrasse du chat ? demanda Alyssa.
- Non, ça va, je l’aime bien, il est doux, répondit Octavia.
- Tu m’étonnes qu’il est doux ! rigola Alyssa, c’est pas Eisenhower. Béhémoth, c’est notre thermomètre pour savoir s’il fait chaud ou froid. Si on peut faire confiance aux gens ou non. Mais quand t’en as marre de l’avoir sur tes genoux, tu me le dis.
- Oui, mais je voudrais savoir quand je vais pouvoir rentrer au jornal, répondit Octavia d’un ton plaintif.
- Tu n’as pas envie de retourner au journal, sinon tu serais partie avec Vassilis, non ? Non. Tu as choisi de rester. C’est tout.
Alyssa regardait Octavia avec ses grands yeux bruns faussement innocents. Son accent de Boston qui prouvait sa supériorité sociale avec chaque syllabe l’exaspérait au plus haut point. En même temps, elle était torturée par la présence si proche de ce corps féminin si désirable à quelques centimètres d’elle, sans compter qu’elle sentait sur sa joue le souffle de son haleine quad elle parlait, dans le cadre particulier de cette étrange maison.
Alyssa se releva du canapé d’un geste félin, laissant Octavia béate d’admiration : un simple appui du doigt sur l’accoudoir et elle se tenait debout, regardant Octavia avec un certain dédain aristocratique : « Je ne pourrai jamais faire la concurrence avec ce genre de filles », pensa-t-elle avec résignation.
- Béhémoth. Va-t’en. Poutre, fit Alyssa d’un ton olympien.
Le chat se réveilla soudain, se dressa sur ses pattes, tourna la tête vers Alyssa, puis déguerpit sans demander son reste. Alyssa prit un disque parmi ceux éparpillés sur le sol aux alentours de l’antique grammophone, le posa sur la platine et enclencha le mécanisme. Aussitôt s’élevèrent dans l’air les accents envoûtants d’une chanson qu’Octavia adorait, interprétée par Ella Fitzgerald et Louis Armstrong, entre la voix douce d’Ella et les accents rauques de la voix cassée de Louis Armstrong :
- Tu veux venir danser avec moi, Octavia ? fit Alyssa d’un ton mutin en lui tendant la main. Venons toutes les deux rêver d’un petit rêve à nous.
Octavia, non sans un regain de culpabilité pour se laisser entraîner dans les bras d’une femme, se blottit contre la poitrine d’Alyssa, envoûtée par la sensualité de la musique et des paroles
« Dream a little dream of me
Stars shining bright above you,
Night breezes seem to whisper I love you
Birds singing’ in the sycamore trees,
Dream a little dream of me
Say nighty-night and kiss me
Just hold me tight and tell me you'll miss me ».
[https://youtu.be/OAVZuSoP8dk?si=dN-XZrqdryi7_c4U]
Malgré toute son éducation, Octavia avait toujours rêvé, bien qu’elle s’en défendît, de pouvoir danser sur cette chanson entre les bras d’une femme. Et voilà que cette aventure étrange et que cette journée ô combien surréaliste l’amenaient vers des désirs obscurs qu’elle avait profondément enfouis dans son inconscient.
Octavia se laissait entraîner par le rythme envoûtant de la musique alors qu’elle sentait les lèvres d’Alyssa au creux de son cou. Elle n’en pouvait plus, elle fondait de désir. Elle n’avait plus qu’un seul désir : se rendre. Elle ne put faire autre chose que le dire, l’exprimer. Tout le langage corporel d’Octavia disait à sa compagne de danse « Je suis tienne » mais ces mots avaient du mal à s’exprimer encore.
- Ouvre les yeux ! fit Alyssa d’un ton ferme.
Octavia ouvrit les yeux, comme réveillée d’un doux rêve. Elle regarda Alyssa, dont le visage n’était distant du sien que de quelques centimètres. Cette dernière l’embrassa sur la bouche avec violence. Jamais Octavia n’avait ressenti une telle sensantion, l’expression aussi brutale d’un tel désir animal. Elle en conçut de la peur mais ne put s’empêcher de répondre aux baisers d’Alyssa : « Mon Dieu ! », pensa-t-elle avec effarement, « ça y est enfin, je suis une fille dévergondée. J'ai honte ! ».
- Pas que ! fit Alyssa comme si elle lisait ses pensées. Tu es juste une femme qui aime les femmes.
Et Alyssa entreprit d’enlever la robe d’Octavia, ses bas, son soutien-gorge, puis sa petite culotte. Elle la déshabilla complètement et se déshabilla elle-même :
- Nous sommes maintenant prêtes pour rejoindre notre prêtresse. Humbles et nues. Viens.
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Châpitre 1: "Sous le silence de sa voix"
Elle savait déjà.
Avant même que la porte ne se referme derrière elle, avant que le bruit du monde extérieur ne disparaisse, elle savait qu’ici, elle n’était plus tout à fait elle-même.
Sa tenue était simple.
Choisie avec soin.
Rien d'ostentatoire.
Rien de laissé au hasard.
Une robe noire simple, choisie pour ne rien imposer.
Comme si elle avait voulu disparaître...
Sans tout à fait renoncer à être vue.
La pièce était sobre.
Presque nue.
Plongée dans la pénombre.
Sous la seule lueur de quelques bougies savamment disposées.
L'ambiance n'était pas froide.
Elle était maîtrisée.
Chaque objet semblait avoir une place choisie, décidée, imposée.
Comme sa place à elle.
Elle resta debout, immobile, là où il lui avait dit de s’arrêter.
Ses mains le long du corps.
Le regard bas.
Le souffle légèrement retenu.
Le silence s’étirait, dense, chargé...
Il ne parlait pas.
Et c’était déjà une prise.
Il n’avait pas besoin de gestes brusques ni de voix forte.
Son autorité ne se proclamait pas...
elle s’imposait.
Quand il fit enfin un pas vers elle, elle le sentit avant de le voir.
Son corps réagit, imperceptiblement. Une tension dans les épaules. Une chaleur diffuse dans le ventre.
— Regarde-moi.
Sa voix était calme. Grave. Posée.
Elle obéit.
Pas immédiatement.
Pas trop vite.
Juste ce qu’il fallait pour montrer qu’elle "choisissait" d’obéir.
Et c’est ce qui fit naître, dans ses yeux à lui, cette lueur précise.
Celle qui ne pardonne pas les illusions.
Il s’approcha encore.
Pas pour la toucher.
Pas encore.
— Tu sais pourquoi tu es là.
Ce n’était pas une question.
Elle hocha légèrement la tête.
— Dis-le.
Sa gorge se serra.
Pas de peur.
De conscience.
— Pour… me donner, m'offrir.
Un silence...
Puis, très doucement :
— Non.
Il se pencha légèrement vers elle.
Assez pour qu’elle sente sa présence, sans pouvoir s’y accrocher.
— Tu es là pour apprendre à ne plus te retenir.
Le phrase vibra en elle.
Pas se donner.
Pas s'offrir.
Renoncer à ce qu’elle contrôlait encore.
Ses doigts tremblèrent légèrement.
Il le vit.
Évidemment.
— Bien.
Un seul mot.
Et pourtant, elle sentit quelque chose céder en elle.
Comme si ce simple constat validait son abandon naissant.
Il fit quelques pas autour d’elle, lentement, comme on observe une œuvre qu’on s’apprête à façonner.
— Chaque geste que tu feras ici aura un sens.
— Chaque hésitation… une conséquence.
— Et chaque progrès… sera mérité.
Elle ferma les yeux un instant.
Pas pour fuir.
Pour s’ancrer.
Lorsqu’elle les rouvrit, elle n’était déjà plus tout à fait la même.
— À genoux.
Cette fois, elle n’hésita pas.
Le mouvement fut fluide.
Naturel.
Comme si son corps avait compris avant son esprit.
Il s’arrêta face à elle.
Longtemps...
Puis, enfin,
Sa main se posa sous son menton.
Un geste simple.
Mais précis.
Maîtrisé.
Il releva légèrement son visage.
Pas pour la posséder.
Pour qu’elle ne garde plus rien en retrait.
Et dans ce regard suspendu, dans cet instant où plus rien n’existait que cette connexion brute entre deux regards...
Elle comprit.
Ce n’était pas une domination imposée.
C’était une structure.
Un cadre.
Une exigence.
Et au cœur de cette exigence,
Une liberté nouvelle allait émerger...
A suivre...
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Me voilà arrivée à ce rendez-vous.
Il est 21h05, j'ai le ventre qui se serre. Je suis devant la porte habillée d'une petite jupe plissée, basket blanche et un petit haut blanc. J'ai mis quelques affaires dans un sac à dos comme demandé dans les consignes.
Bon faut que je sonne à cette porte. Une angoissse m'envahit. En plus je suis en retard. Mais je l'avais prévenu je suis tout le temps en retard.Il ne m'engueulera pas pour cette unique fois. Et puis ce ne sont que quelques petites minutes.
21h06 je sonne. J'attends pas de réponse. Je reçois un message: "Tu es en retard! Retire ta culotte immédiatement et garde là en main!"
Un frisson parcours mon corps, le long de mes fesses, quoi? là? sur le trottoir au bord de cette route? Mais il est malade! Je ne vais pas rechigner, de toute façon je ne connais personne. je m'accroupis et tente de le faire de façon discrète.
21h10 : "Je vous présente mes excuses, ma culotte est dans ma main"
La porte s'ouvre. Mes jambes tremblent. J'entre. La porte claque. J'ai un petit sursaut.
"Je suis...." "Baff", oh putain je ne l'ai pas vu venir. "Tu as vu l'heure? " Il prend ma culotte dans ma main et me la mets en bouche "Ca t'evitera de parler inutilement, Tu m'obliges à te punir dés le franchissement de la porte, tu es vraiment insupportable! Je m'attendais à plus d'obéissance de ta part! Suis moi.
Les larmes coulent. Je l'ai déçu dés les premières secondes? J'espère qu'il ne sera pas trop sévère. Je le regarde sortir tout un tas d'objet dont une cravache et une badine.
"Je te punis avec laquelle, tu connais ton safeword, (je hoche la tête), mets toi à 4 pattes ?"
Il commence par effleurer mon cul avec la badine, mes larmes coulent de plus belle, je sais que je vais ramasser, je lui ai dis que j'en avais peur. Le premier coup tombe, me voilà rassurée, c'est la cravache. Un sourire aparait sur mon visage, heureusement qu'il ne me voit pas.
9 coups de cravaches, je sens mon cul rougir, une caresse serait la bienvenue, oh l'enfoiré, il a terminé avec un léger coup de badine. Ca pique ..... mais c'est moins douloureux que le souvenir que j'en avais.
Il retire la culotte de ma bouche. "Relève toi et mets ta jupe correctement, ce n'est pas une tenue pour une jeune fille!, suis moi tu vas pouvoir poser tes affaires." J'essuie mes larmes tout en le suivant, il semble détacher, j'espère pouvoir me rattraper et lui montrer à quel point je suis désolée.
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