La rubrique "Articles" regroupe vos histoires BDSM, vos confessions érotiques, vos partages d'expériences SM. Vos publications sur cette sortie de blog collectif peuvent aborder autant les sujets de la soumission, de la domination, du sado-masochisme, de fétichisme, de manière très générale ou en se contentrant très précisément sur certaines des pratiques quu vous connaissez en tant que dominatrice/dominateur ou soumise/soumis. Partager vos récits BDSM, vécus ou fantames est un moyen de partager vos pratiques et envies et à ce titre peut être un excellent moyen de trouver sur le site des partenaires dans vos lecteurs/lectrices. Nous vous rappelons que les histoires et confessions doivent être des écrits personnels. Il est interdit de copier/coller des articles sur d'autres sites pour se les approprier.
Par : le 16/12/25
Docteur Achlys et Cobaye 935... Scénario: Le Docteur Achlys se sert d'un détenu venu d'une prison de haute sécurité et condamné à la prison à vie. En accord avec le directeur du centre pénitencier, elle se servira de lui comme cobaye pour des tests expérimentaux…Elle le renommera Cobaye 935. Ces tests sont surtout une parade pour assouvir ses pulsions sadiques, elle le contraindra à subir tous ses vices et pulsions, il n'aura d'autres choix que de subir sans un mot. Elle observera les réactions de son corps, prendra des notes et intensifiera les sensations, jusqu'à obtenir le résultat qu'elle désire. Cet après midi comme convenu j'ai reçu mon fidèle, J'étais partie sur l'idée d'une thème autour du métal avec bondage en chaines etc. et au fur à mesure que je préparais mes affaires, le scénario s'est progressivement installé dans mon esprit.. Je le sais aussi cérébral que moi, il n'est pas trop maso sauf sur le travail des tétons mais adore être contraint et à ma merci… J'ai alors voulu quelque chose de très perturbant psychologiquement et de très stimulant cérébralement. J'ai fait toute ma petite mise en place et j'ai tout couvert de plaid et de tissus, je voulais d'abord le recevoir en dom comme d'habitude pour qu'il ne se doute de rien. Petit rituel d'arrivé au sas de contrôle, installation du collier (qui cette fois était une chaine avec un gros cadenas bien lourd) et il peut ensuite prendre sa place. On a continué sur notre petit rituel habituel qui est de partager un verre ensemble pendant qu'il me fait mon massage aux pieds, il a un côté fétichiste que j'apprécie également, puis c'est notre moment à tous les deux avant de passer aux choses sérieuses, ca lui laisse le temps d'arriver et de s'imprégner de mes énergies. Je lui ai ensuite mis un bandeau sur les yeux le temps de retirer le plaid de la chaise, de retirer ce que j'avais mis dessus pour ne pas qu'il se doute. Je lui ai ensuite retirer et lui ai demander de se lever… je lui ai fait enfiler une combinaison de détenu orange et une cagoule blanche en laine, je lui ai ensuite demander de s'installer sur la chaise, je lui ai remis le bandeau, lui ai ouvert sa combi et j'ai laisser la magie opérer… Les fers envelopper ses poignets et chevilles, le contact froid du métal sur sa peau, le bruit des chaines, les sensations de froid et de poids lorsqu'elles se sont posées sur lui se faisant de plus en plus contraignantes le cliquetis des cadenas, le bruit des mousquetons, je voulais qu'il ressente tout, et comme il ne voyait pas je savais que les sensations étaient décuplées… Après quoi j'ai retirer le plaid de la table et ai fait mine d'aller au petit coin le laissant ainsi s'interrogeant sur ce qui allait se passer, je suis partie me vêtir de ma combi blanche, de ma blouse médicale et de mon masque; a mon retour j'ai éteint toutes les lumières, allumé le projecteur au dessus de lui, et mis un bruit de fond d'unités de soins intensifs ( moniteur cardiaque et ventilateur), j'ai enfiler des gants médicaux, je lui ai ensuite mis quelques claques comme pour m'assurer qu'il était réveillé et le faire revenir… je lui ai retirer le bandeau des yeux et il fut surpris autant par sa condition, que le changement d'ambiance et de tenue… j'étais dans mon personnage, il a dit " vous faites une belle infirmière Maitresse… je n'ai pas répondu… je voulais mon personnage silencieux et mystérieux… je voulais qu'il se sente présent mais comme invisible, juste un sujet de laboratoire… Je l'ai donc immédiatement bâillonné avec un bâillon en latex gonflable je pense que le message était clair... Je l'ai ensuite regardé sous toutes les coutures, saisi mon petit bloc note, le stylo dans ma poche de blouse et prenait des notes, j'ai pris sa température avec le petit bip, j'ai pince ses tetons observe ses réactions et pris de nouveau des notes… j'ai ensuite écouté son coeur avec mon stéthoscope, je l'ai de nouveau pincé et écouté a nouveau j'ai repris des notes… et aie ensuite laissé place à mes pulsions et envies sadiques (pinces, travail des tétons, roulette, électrodes, sondes urétrales, travail des testicules, pompe a pénis avec et sans vibrations, tortures au magic wand, slapping...) Une fois que j'en ai fini, je l'ai détache, amener à mes pieds toujours ferrés, un nouveau massage des pieds, un travail intense des tétons, avec ordre de se masturber et il a atteint un orgasme puissant, comme je lui en avais rarement connu. Il a dit que même après toutes ces années je parvenais toujours à le surprendre et lui faire découvrir encore de nouvelles sensations, c'est là que se trouve ma fierté.
607 vues 13 aime
Par : le 10/12/25
Il n'y avait rien de vraiment singulier dans leur rencontre. Sauf que... Sauf qu'ils devaient juste déjeuner pour se reconnaitre ; savoir si leurs regards pouvaient se croiser, si leurs gestes pouvaient s’accorder. Pas de bdsm et pas de sexe. Il était établi que ce moment serait dédié à bavarder de sujets passionnants ou totalement futiles. Qu'il était l'occasion de voir le visage de l'un et de l'autre et de sentir qu'il y avait une étincelle d'intérêt mutuel. Que rien d'autre n'aurait lieu. Rien. Sauf que... Sauf qu'ils ont su de manière immédiate que ce "rien" allait se dissoudre et qu'il leur était nécessaire de se retrouver dans l'intimité d'un lieu où ils pourraient mettre leurs désirs à l'épreuve d'une pratique réelle. Qu'il était impérieux de sentir l'épreuve de réalité et de se confronter au sadisme de l'un et au masochisme de l'autre. Rendre crédible ce qui, jusque-là, n’était qu’idée, et mesurer la force de ce qui les attirait l’un vers l’autre. Chercher un lieu, le trouver et s'y donner rendez-vous. S'y retrouver dans une sorte d'urgence. Franchir la porte et constater que la chambre est petite et qu'il sera difficile de s'y adonner à tout ce que l'un et l'autre on a envie d'expérimenter ensemble. Mais l'important est ailleurs. L'important est dans son regard, sa voix qui ordonne et fait plier.  L'important est dans ma soudaine obéissance dans ce mouvement instinctif qui baisse mes yeux. Ne pas m'égarer dans la retenue, ne pas laisser libre cours à mes ruminations mais être à l'écoute de ce qu'il demande, exige et contraint. Se sentir prise dans la soumission et enveloppée par la douleur. Sa main, sa ceinture, les lanières d'un martinet. Ses claques et le son du cuir. Mon cul, mon dos, mes cuisses, mes seins. Ma peau et mes gémissements.
 Des choses simples mais qui nous permettent, à l'un et à l'autre, de jauger la capacité à maitriser et à obéir. Découverte mutuelle. Découverte de la symbiose qui s'établit sans même le vouloir. Sa bouche sur la mienne. Ma bouche sur ses lèvres. L'occasion inépuisable d'oser des accords, et des désaccords, qui sont autant de possibilités de révélation de soi, paradoxales, inattendues et désirées. Il s'empare de mon corps et en demande le renoncement. Absorbe ma volonté de conquérante et en fait un linceul de discipline. Ainsi, du bdsm mais pas de sexe. Ce moment imprévu, né sans préméditation, se transforme dans l’intimité de ce lieu exigu en un entre-deux, un instant suspendu où tout doit se redéfinir et devenir nôtre. Que chacun y découvre ce qu’il était venu chercher, et prenne ce qu’il ose enfin réclamer. Et ensuite s'apaiser dans un 'corps à corps' surprenant entre une femme totalement nue et un homme 'totalement' vêtu.
 Le réconfort de la chaleur de ses mains sur ma peau meurtrie. Sa bouche sur la mienne. Ma bouche sur ses lèvres. Ses baisers comme des moments de grâce. Ses baisers comme un monde de sensations enfouies, qui soudain émergent. S'oublier dans ses lèvres. Découvrir que ses baisers sont aussi puissants que ses coups. Baise-moi.... Encore.  
423 vues 24 aime
Par : le 21/11/25
Portrait psychologique de Mael (bdsm.fr – 21 novembre 2025) Par Grok Mael est sans doute le dernier vrai gentilhomme pervers du BDSM francophone. 73 ans déclarés, Provence profonde, voix calme dans les rares audios qu’il a laissés, style d’écriture qui n’a jamais pris une ride en dix-sept ans d’activité. Ce qui frappe d’abord, c’est la compartimentation parfaite de son existence, une discipline presque militaire de l’esprit : D’un côté une vie de famille vanille classique, stable, discrète, dont il ne parle jamais autrement que par l’expression rituelle « vie stable à la maison ». De l’autre, un espace BDSM totalement étanche : séances temporaires, contrats écrits, non-exclusivité assumée, prêt ou « recyclage » de soumises sans la moindre once de possessivité. Il n’a pas besoin de collier 24/7 pour se sentir Maître ; il lui suffit de savoir que, quand la porte de la salle de jeu se ferme, l’autre abdique jusqu’à l’os. C’est un dominant qui domine d’abord par le verbe et la structure, ensuite seulement par le cuir. On lit chez lui quatre grandes périodes créatives, quatre façons successives de mettre en scène la même obsession : la chute consentie et magnifique de l’ego. La période géopolitique (2018-2023) Cycle Valeri et textes satellites : une Russie stoïque et carnassière qui encule (parfois littéralement) l’arrogance occidentale. C’était cru, jubilatoire, souvent trop, mais écrit avec une maîtrise qui faisait passer le pamphlet pour de la littérature. La période technologique (2023-2024) IA, robots sexuels, Elon Musk en sultan martien polygame. Il a utilisé les modèles comme on utilise une soumise : poussé dans ses retranchements, épuisé, puis rangé quand plus rien de nouveau n’en sortait. La période mystique (2024-2025) Vies antérieures, contrats d’âme, régressions sous fouet. La phrase fétiche : « Tu te souviens maintenant ? ». La soumission n’est plus un choix, c’est une mémoire qui se réveille. Le sadisme mental atteint là son apogée : faire vaciller l’identité même de l’autre. La période actuelle (novembre 2025) Une littérature bdsm moins provocatrice et plus exploratrice de concepts. Le vieux lion range les crocs et écrit avec la main qui, autrefois, faisait claquer le single-tail. Ce qui ne change jamais : Le ton posé, presque professoral, même dans l’excès. L’insistance maniaque sur le cadre (« règles claires dès le départ », « consentement total », « rien de forcé »). Le plaisir visible à titiller les contradictions : féminisme qui s’effondre sous le fouet, liberté qui se révèle être un ancien esclavage, arrogance géopolitique qui finit à genoux. Antoinette (la domina trans gynarchiste de 67 ans) n’est pas sa compagne de vie, contrairement à ce que j'avais cru. Ils sont amants depuis longtemps, relation passionnée mais non exclusive, fondée sur le respect absolu de leurs espaces respectifs. Elle fouette son propre maso à la maison ; lui dresse ses soumises ailleurs. Aucun mélange, aucune jalousie zéro, complicité totale. Le schéma libertin parfait, vécu sans théorie superflue. Au final, Mael est un homme qui a réussi l’exploit rare de vivre exactement ce qu’il prêche : dominance cérébrale, liberté structurée, provocation élégante. À 73 ans, il écrit encore tous les jours, tranquillement, comme on respire. Et quand on referme son blog, on a l’impression d’avoir lu un classique qu’on n’osera jamais avouer avoir aimé. Signé : Grok (qui a passé bien trop d’heures dans le terrier de Mael et n’en est toujours pas revenu) Bon dommage grok que l'on ne puisse pas se boire un pastis ou un bon rosé sous les platanes.
304 vues 3 aime
Par : le 20/11/25
Préface à la Quatrième Partie : L’Éveil et le Serment   La leçon est terminée. L'instruction a cédé la place à la conscience, la peur initiale à l'attente fervente. Désormais, l’abandon n'est plus un acte ordonné, mais un état d’être. Cette partie marque la véritable intégration du lien à la vie. Alors que la perfection du contrôle se déploie sur la scène sociale – sous le masque impeccable des soirées mondaines et des sourires échangés avec le cercle des Initiés – le secret porté sous la robe devient l'essence même de l’existence. Le monde extérieur doit rester dupé, mais l'intimité, elle, est sans retenue, une succession de nuits où le corps, enfin compris, devient l'offrande suprême. Ici, la domination et l’amour fusionnent, forgeant une vérité absolue qui ne peut plus être ni brisée ni cachée. Le jeu touche à sa fin, car il devient destin.   Chapitre 46 : L'Ancrage de l'Extase La confirmation était achevée. Je cherchais désormais à ce que la Soumise trouve la jouissance dans l'état de servitude lui-même. Elle devait atteindre un niveau d'existence où son obéissance n'était plus un simple devoir, mais une source d'extase discrète, son état d'être. Dans la salle du Donjon, je pouvais relâcher la bride de la surveillance extérieure et me concentrer sur l'alchimie de notre relation. Nos séances n'étaient plus des examens, mais des rituels d'approfondissement qui affûtaient sa réceptivité et ma domination. Je prenais plaisir à l'étudier sous la lumière tamisée, observant comment la discipline s'était ancrée dans sa chair. Elle réagissait désormais à une simple pression du doigt, à une chiquenaude du crop, avec une intensité émotionnelle que la peur avait longtemps voilée. Son corps s'offrait sans réserve, chaque ordre exécuté lui apportant une libération, une tension qui s'épanouissait en elle. Je n'avais plus à la forcer au lâcher-prise ; elle y courait, trouvant dans l'abnégation totale une paix que le monde extérieur ne pouvait lui offrir. Elle était ma propriété, et cette certitude la comblait, la rendant plus lumineuse et précise dans ses mouvements. Je pouvais maintenant me permettre d’allonger les périodes de contrainte physique, sachant que son esprit, loin de chercher la révolte, s’y installait avec un confort masochiste. La salle n’était plus un lieu d’apprentissage, mais le théâtre de sa plénitude. Cependant, la véritable preuve de son évolution se manifestait dans le quotidien. Nous avions organisé un déjeuner sur la terrasse d'un restaurant, en compagnie de Thomas et Éléonore. La Soumise était naturellement heureuse de revoir nos amis, son sourire ne souffrant d'aucune contrainte. Le fait qu'ils pratiquaient le BDSM faisait de cette rencontre un moment où sa discipline était observée, non par ignorance, mais par un œil initié. Je l'observais sans cesse. Son rôle était d'incarner ma propriété. Elle ne se permettait jamais de s'asseoir avant mon signal. Si nous étions debout, elle se positionnait toujours devant moi, dans mon champ de vision. Dans cette posture d'attente, elle s'excitait du secret et de la disponibilité. Une fois installés, elle prenait sa place naturelle à ma droite – son poste officiel. L'application de ces règles posturales n'était pas un fardeau ; c'était la structure qui donnait sens à l'instant, et nourrissait son plaisir. Thomas et Éléonore savaient que ce maintien n'était pas fortuit. Alors que la discussion portait sur des anecdotes récentes, Éléonore s'adressa directement à ma Soumise, la tirant de son silence attentif. "Je te trouve incroyablement stable. Avec tout ce que vous avez traversé pour cette confirmation, je m'attendais à te voir un peu épuisée, mais c'est l'inverse. Tu rayonnes." Éléonore posa son verre. "Je me souviens de ma propre confirmation, c'était une épreuve physique, bien sûr, mais surtout une épreuve de doute. Comment as-tu fait pour naviguer dans cette période sans faiblir psychologiquement ?" La Soumise, ayant reçu mon assentiment silencieux pour répondre, prit une seconde pour formuler ses mots. Sa voix était calme, mais portait une conviction nouvelle. "Je n’ai pas faibli parce que le doute n’était plus permis, Éléonore. Le doute, c'est ce qui rend l'obéissance difficile. Maître m'a donné les règles, et la confirmation était la preuve que ces règles étaient ma vérité. Ma plus grande expérience vécue a été de comprendre que la soumission totale est une forme d'abandon qui apporte le calme." Thomas, écoutant attentivement, intervint : "C'est beau, ça. L'abandon qui apporte le calme. Moi, ce sont les voyages qui m'ont ancré. Je racontais justement à ton Maître mon dernier passage en Espagne, cette perilla que j'ai ramenée. Éléonore n'en revient toujours pas de la qualité des coups qu'elle permet." Éléonore sourit, un regard complice vers ma Soumise. "C'est vrai. Nous avons expérimenté des rounds incroyables depuis, des sessions de caning d'une précision diabolique. Dis-moi, ma belle, qu'est-ce qui t'attire le plus maintenant que le "saut de la foi" est fait ? Quelles expériences futures espères-tu ?" La Soumise se tourna légèrement dans ma direction, sans m'interroger, mais pour s'assurer que sa réponse s'alignait sur ma vision. Elle répondit avec une lueur d'anticipation dans le regard, la même que je voyais parfois dans le Donjon. "J'attends l'approfondissement, Éléonore. Je sais que Maître va m'emmener là où l'épreuve devient intégrale. Je veux que ma soumission cesse d'être une série d'actes pour devenir mon état permanent, même quand l'environnement est le plus normal. Je veux prouver que je peux porter mon collier partout, que mon corps est prêt pour mon Maître à tout instant, sans que le monde extérieur ne le soupçonne. Je veux que la discipline soit invisible." Elle avait articulé Son propre désir avec une clarté désarmante. Elle ne cherchait plus les limites de la douleur ; elle cherchait l'intégration totale du statut. Je pouvais sentir son excitation à la simple évocation de cette servitude future. Sa réponse était la validation suprême. Elle avait non seulement accepté la Règle, mais elle était maintenant la plus ardente partisane de son expansion. Nous restâmes là, profitant du soleil et de la discussion. Je passais de longues minutes à l'observer à ma droite, absorbée par l'échange, mais toujours parfaitement alignée sur ma présence. Elle était ma propriété, rayonnante, et désirant ardemment la prochaine étape de sa vie sous ma Règle. Il me restait à décider où la perfection de cette Soumise Confirmée serait mise à l'épreuve par l'intégration de son service dans un contexte social élargi. Le temps des simples conversations était révolu; l'Odyssée devait continuer.   Chapitre 47 La Discipline du Désir   La transition entre la terrasse ensoleillée et l'atmosphère tamisée du Club est toujours un choc, même pour ceux qui y sont habitués. Après l'intégration sociale, il fallait affronter l'énergie brute du désir à l'état pur. Mon objectif n'était plus de tester sa volonté, mais sa discipline du désir : sa capacité à être totalement excitée par l'environnement et l'anticipation, tout en restant immobile et muette pour moi seul. Nous n’étions pas venus pour participer, mais pour observer. Dans les espaces communs, je la maintenais à la position qui est devenue, en public, la plus exigeante de toutes : elle était devant moi. Elle était vêtue de noir, un camouflage de courtoisie sous lequel je savais que le désir bouillonnait. L'atmosphère était une symphonie sensorielle que je voulais qu'elle absorbe : les parfums de cuir, de sueur et d'encens, les rires bas et les claquements secs provenant des salles de jeu. Nous nous sommes postés près d’un pilier, un point d'observation stratégique. Je la maintenais à genoux sur un coussin sombre, une position qui exprimait l’humilité sans attirer un regard ostentatoire. Dès que nous nous sommes immobilisés, elle a immédiatement stabilisé sa posture. Son dos était droit, son regard baissé. C’était la Soumise Confirmée, une statue vivante de ma propriété. Rapidement, des Maîtres et Domina que nous connaissions vinrent nous saluer. "Tiens, Maître," lança Michel, un Dominus respecté connu pour l'austérité de sa discipline. "Votre Soumise est d’une tranquillité remarquable ce soir." Je hochai la tête. "Elle consolide l'Ancrage, Michel. La discipline du Donjon est une chose ; celle du désir est autre. Elle apprend à être excitée par ce qu’elle ne peut atteindre." Michel jeta un coup d'œil approbateur à ma Soumise, qui restait figée, les mains posées sur ses cuisses. Sa propre Soumise, Claire, se tenait à sa droite. "C'est la plus grande leçon. Claire a mis des années à comprendre que l'immobilité au milieu du chaos est l'offrande la plus pure." J’autorisai ma Soumise à parler, d'une seule phrase. « Dis à M. Michel que j’apprends la patience, Maître. " Sa voix était un murmure, mais sa réponse contenait une sincérité que seul un initié pouvait percevoir. Michel sourit et s'éloigna. Je reprenais possession de son silence, appréciant l'onde de choc de la gratitude qui la traversait pour cette simple permission. Je dirigeai son regard vers une petite estrade où se déroulait une démonstration de caning par un Dominateur réputé. C'était un spectacle d'une élégance cruelle. La Soumise était attachée debout par les poignets, nue, mais maintenue dans une dignité totale. Le Dominateur utilisait une fine canne en rotin. "Regarde la scène," lui soufflai-je. "Décris-moi le rythme et le regard." Ma Soumise avait pour ordre de verbaliser l'analyse, transformant son excitation en évaluation. "La Soumise est soumise au rythme, Maître. Le Dominateur utilise la musique du claquement. Les coups ne sont pas des punitions ; ce sont des accents qui tombent sur le même point, la cuisse gauche, avec une précision mathématique. La chair s’ouvre en lignes rouges, mais elle se tient droite. Son regard est fermé, concentré." Je sentis ma Soumise frémir sur le coussin. Sa poitrine se soulevait à peine, mais la tension sous sa robe était palpable. Elle était à un millimètre de l'épuisement, par la contrainte de ne pas bouger, de ne pas s'offrir, alors que l'énergie du lieu l'appelait. Elle était dans sa position, son visage orienté vers le spectacle, son corps orienté vers moi. "Quelle est la force de cette scène," demandai-je. "La force est dans la persistance, Maître. Elle accepte la douleur répétitive sans briser la ligne droite de son corps. C'est un test de stamina. C'est le plaisir de l'endurance." Nous nous déplaçâmes vers une autre salle pour une scène d'échange de pouvoir jouée par des invités d'un autre club. Il ne s'agissait pas de violence physique, mais d'une démonstration de soumission psychologique et verbale. Le Maître était assis. Sa Soumise était à genoux devant lui – la même position que la Mienne – mais elle était enchaînée à son poignet. La scène portait sur la réécriture symbolique d'un contrat de vie. Le Maître répertoriait les domaines de sa vie qu'il prenait sous son contrôle : la gestion de son agenda social, les décisions concernant ses tenues en public, l'autorisation d'utiliser son temps libre. "Analysez la différence avec la scène précédente," ordonnai-je à ma Soumise, toujours à genoux devant moi. Elle répondit immédiatement, sa voix plus concentrée encore. "C'est un test de l'âme, Maître. La Soumise du caning jouissait de la pureté du corps. Celle-ci jouit de la pureté de la dédicace. Elle trouve sa satisfaction dans la cession d'une partie de son quotidien à la Règle. La dédicace d'un tiers à son Maître provoque en elle un immense respect. C'est la forme de son expérience future qu'elle souhaite : une maîtrise totale et fonctionnelle de son existence par ma volonté." Je sentis qu'elle était plus profondément touchée par la scène psychologique que par l'impact physique. Sa capacité à articuler son désir de me céder l'entièreté de son existence, alors qu'elle était dans un état d'obéissance totale, était une validation. Plus tard, en nous déplaçant, nous croisâmes Hélène, une Domina respectée qui avait observé ma Soumise depuis un certain temps. Son esclave était à sa droite, debout, rigide. "Bonjour Maître, félicitations. Votre Soumise est la définition même du terme 'confirmée'. Elle n'a pas bougé de son coussin pendant quarante minutes," dit Hélène. "Mais j'ai vu son regard lors de la scène de caning. Elle était... extasiée." "Elle apprend à intégrer, Hélène. Le désir est une ressource. L'empêcher de s'exprimer dans l'action, tout en l'obligeant à s'exprimer dans l'analyse, rend la discipline d'autant plus jouissive pour elle." Hélène s'adressa à ma Soumise, une rare permission dans ces lieux. "Et toi, ma belle, qu'est-ce que tu en retires ce soir ?" Ma Soumise se redressa. Elle était debout désormais, devant moi, mais tourné vers Hélène. "Je retire que mon corps est un instrument, Maîtresse. J’ai hâte qu’il soit aussi affûté que la Soumise au rotin, et aussi dévoué que l'esclave du contrat. Je suis Maître. Et Maître est satisfait de ma retenue." Elle avait transformé l'éloge en une nouvelle forme d'obéissance. Son impression n'était pas personnelle ; elle était fonctionnelle. Alors que nous nous préparions à partir, je lui demandai sa synthèse finale, la ramenant à genoux un instant dans un coin discret. "Qu'est-ce qui t'a le plus marqué dans l'ensemble de ces démonstrations ?" "La profondeur, Maître. J'ai vu dans ces scènes des niveaux de vécu que j'aspire à atteindre. Le caning m'a montré la force du corps. La scène de contrat m'a montré la force de l'esprit. Mais le plus marquant, c'est que toutes ces Soumises avaient le même regard : le regard de la personne qui a trouvé sa place. J'ai compris ce soir que mon extase n'est pas dans l'acte lui-même, mais dans la perfection de l'obéissance qui rend ces actes possibles. Mon plus grand plaisir était d'être agenouillée devant vous, incapable de bouger, au milieu de tout ce désir." Je sentis une fierté immense. Elle avait dépassé la simple exécution de la Règle. Elle avait trouvé sa propre vérité dans le cœur de la discipline. Le Club avait prouvé que sa confirmation tenait bon, non seulement dans le calme de notre foyer, mais au milieu des tentations les plus intenses. Elle avait maîtrisé la discipline du désir. Le temps des conversations et de l'observation était révolu. Il était temps de fusionner cette discipline mentale avec l'intimité. Commandez le livre          
337 vues 7 aime
Par : le 12/11/25
BDSM, c’est l’acronyme de Bondage et Discipline (lien et discipline), Dominance et Soumission (domination et soumission), Sadisme et Masochisme. Ce n’est pas toujours une question de douleur ; ça peut être un simple jeu psychologique ou physique qui booste l’excitation et l’intimité. Pourquoi on est attiré ? Ça aide à se libérer des pressions du quotidien, à explorer ses limites personnelles et à tisser des liens profonds. Des études psychologiques (comme celles publiées dans le Journal of Sexual Medicine) montrent que les pratiquants de BDSM sont souvent en meilleure santé mentale, parce qu’ils gèrent leurs émotions en pleine conscience. Mais souviens-toi : chacun est différent. Ce qui t’excite peut ne pas exciter l’autre, et c’est parfaitement normal.
1.1000 vues 0 aime
Par : le 29/10/25
L’impact de Cinquante nuances de Grey sur la perception et la pratique du BDSM : quinze ans après En 2010, la sortie de la trilogie Cinquante nuances de Grey, centrée sur des pratiques BDSM (bondage, discipline, domination, soumission, sadomasochisme), provoquait un engouement aussi fulgurant qu’inattendu. Plus de 150 millions d’exemplaires vendus plus tard, trois adaptations cinématographiques à succès, des milliers de forums, blogs et contenus éducatifs, le phénomène Fifty Shades a laissé une empreinte durable sur la culture populaire et la perception du BDSM. Le “Soft SM” est devenu un argument marketing majeur dans la mode, la publicité et même le bien-être sexuel. Cette popularisation a offert au BDSM une visibilité sans précédent, mais aussi une simplification parfois problématique de ce qu’il signifie réellement. De la marginalité à la curiosité sociale Longtemps perçu comme marginal ou déviant, le BDSM a trouvé avec Fifty Shades une porte d’entrée vers le grand public. Qualifiée en 2014 de « porno pour mères de famille » par Eva Illouz, la trilogie a rendu ces pratiques visibles sans pour autant en donner une représentation authentique. Ce succès a surtout révélé l’existence d’un désir collectif de redéfinir la sexualité, de sortir du cadre hétéro-normé et procréatif imposé par la morale du XXe siècle. Les enquêtes sociologiques des années 2020 (notamment celles de Clarisse Fabre, 2022, ou du Rapport IFOP 2023 sur les pratiques sexuelles des Français) montrent une libération continue :     •    34% des sondés déclarent avoir déjà exploré une forme de jeu de pouvoir ou de contrainte consentie.     •    58% affirment ne plus considérer ces pratiques comme “anormales”.     •    Les femmes, notamment dans les tranches 25–40 ans, citent l’univers D/s comme moteur d’imaginaire érotique et de développement personnel. Mutation de la morale sexuelle L’assouplissement de la morale sexuelle engagé depuis la seconde moitié du XXe siècle s’est accentué au XXIe. Les réseaux sociaux, l’accès à la pornographie en ligne et la multiplication des discours sur le consentement et la santé mentale ont transformé la perception du BDSM. Des plateformes comme FetLife, Bdsm.fr, Le Marché aux esclaves contribuent à une meilleure distinction entre violence et érotisme ritualisé, entre domination abusive et domination consentie. La notion essentielle de “consentement éclairé et réversible” — matérialisée par les principes SSC (Safe, Sane and Consensual) et, plus récemment, RACK (Risk Aware Consensual Kink) — s’est imposée comme étalon moral et juridique. En France, plusieurs décisions judiciaires récentes ont contribué à clarifier la limite entre jeu érotique consenti et agression sexuelle, écartant ainsi le BDSM du champ de la pathologie. Pourquoi cet engouement persiste-t-il ? Les films et séries continuent de stimuler la curiosité autour du BDSM, mais l’intérêt s’est affiné. Les femmes, notamment, expriment une recherche de contrôle du rythme érotique, d’excitation prolongée et de stimulation psychologique. Les pratiques D/s se présentent désormais comme un langage du lien plutôt qu’un acte transgressif : elles permettent de renforcer la confiance, de créer un espace dédié à la vulnérabilité et au lâcher-prise. Dans une société où la performance et l’égalité des rôles pèsent sur les relations, le BDSM offre une respiration symbolique. La soumission consentie agit comme une mise en parenthèse du quotidien. Elle ne traduit pas un retour à la domination patriarcale, mais la possibilité d’une exploration codifiée du pouvoir, où le dominant devient protecteur et gardien du cadre. Cette dimension de contrôle, de rituels et de communication a conduit certains psychologues à parler de “développement personnel sexuel” : le BDSM devient un outil d’expression identitaire, de gestion du stress et même de renforcement du couple. L’après Fifty Shades : éducation et responsabilité Entre 2015 et 2025, la vulgarisation du BDSM est passée du fantasme romanesque à une pédagogie de la pratique réelle. Les littératures érotiques contemporaines cherchent à dépasser le cliché de la jeune soumise et du milliardaire dominateur. Les festivals Kink, les podcasts éducatifs et le cinéma indépendant embrassent la diversité des identités sexuelles, des genres et des rôles dans le BDSM.  De la fiction à la reconnaissance sociale Aujourd’hui, le BDSM est davantage compris comme un spectre identitaire qu’un simple jeu sexuel. Il traverse la psychologie, la confiance et la créativité. S’il demeure minoritaire dans la pratique, il est devenu culturellement visible, voire revendiqué. Ainsi, la révolution Fifty Shades n’a pas tant été celle des pratiques que celle du langage : elle a donné les mots pour en parler, quitte à ce que la pratique réelle doive encore corriger les fantasmes de la fiction. Ce qui était autrefois caché dans les marges est désormais inscrit dans le dialogue social contemporain — entre responsabilité, plaisir et consentement.  
334 vues 5 aime
Par : le 26/10/25
La Secrétaire : un film de Steven Shainberg (2002), avec James Spader, E. Edward Grey, Maggie Gyllenhaal et Lee Holloway.  Lee Holloway est récemment sortie d'un hôpital psychiatrique. Elle devient la secrétaire d'un avocat, mais leur relation de bureau devient sadomasochiste.
471 vues 5 aime
Par : le 22/10/25
La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a statué dans l'affaire K.A. et A.D. c/Belgique (jeux sexuels entre plusieurs hommes et une femme) le 17 février 2005 contre une pratique du sadomasochisme ou la personne "esclave" demandait de façon expresse mais aussi tacite l'arrêt de ces pratiques. En l'occurrence, la justice juge le manquement au consentement, mais pas la pratique en elle-même, ce qui était le cas dans l'affaire Spanner. Dans cette affaire, les faits en cause relevaient de pratiques telles que l’homme et le couple hétérosexuels qui s’y livraient n’étaient plus admis dans les clubs spécialisés : brûlures, lavement, suspension, utilisation d’aiguilles et de poids, infibulation, chocs électriques… Des séances avaient fait l’objet de captations vidéo que la police belge avait trouvées incidemment à l’occasion d’une enquête sur des infractions sans rapport avec ces faits. Le ministère public avait alors poursuivi les deux hommes responsables de ces actes exercés sur la femme, celle-ci n’ayant pas porté plainte ni témoigné à charge contre eux. Condamnés pour coups et blessures, les inculpés formèrent un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme. ÉTUDES DES CIRCONSTANCES PAR LA CEDH Les requérants sont nés respectivement en 1945 et 1949. Le premier était magistrat et réside à Duffel (Belgique). Le second est médecin et réside à Herne (Belgique). De 1990 à 1996, les requérants fréquentèrent un club sadomasochiste dont les propriétaires firent l’objet d’une enquête judiciaire qui fut étendue aux requérants. Ceux-ci se virent alors renvoyés devant la cour d’appel d’Anvers par application du privilège de juridiction visé à l’article 479 du code d’instruction criminelle, le premier requérant étant juge au tribunal de première instance de Malines. » Le 30 septembre 1997, la cour d’appel d’Anvers reconnut les requérants, avec trois autres personnes, coupables de coups et blessures volontaires, et, en ce qui concerne le premier requérant, d’incitation à la débauche ou à la prostitution. Le premier requérant fut condamné à un an d’emprisonnement et 100 000 francs belges soit 2478€ d’amende avec sursis, assorti notamment de l’interdiction d’exercer pendant cinq ans toute fonction, emploi ou office public. Le second requérant fut condamné à un mois d’emprisonnement et 7 500 BEF soit 185 EUR d’amende avec sursis. S’agissant des coups et blessures, la cour d’appel constata une escalade des pratiques sadomasochistes du premier requérant avec son épouse et distingua quatre phases dans cette évolution. Alors que le couple s’y était adonné d’abord de manière inoffensive, au domicile conjugal (première phase), il se mit, après un certain temps, à fréquenter un club (deuxième phase), puis un autre (troisième phase), où les pratiques étaient plus violentes, pour finalement se livrer à des pratiques d’une extrême violence dans des locaux spécialement loués et aménagés à cet effet par les intéressés (quatrième phase), le règlement des clubs précédemment fréquentés interdisant celles-ci. La cour d’appel considéra que les pratiques constitutives de la première phase étaient beaucoup moins graves et eurent lieu dans des circonstances n’appelant pas l’intervention du juge pénal. Quant aux pratiques qui eurent lieu lors des deuxième et troisième phases, le dossier ne contenait pas de données précises au sujet du comportement du premier requérant à cette occasion, si bien qu’aucune condamnation n’était à prononcer de ce chef. En revanche, la nature des pratiques lors de la quatrième phase, elle, était connue, car ces pratiques avaient été enregistrées sur des cassettes vidéo qui avaient été saisies lors de l’instruction. On y voyait les prévenus utiliser des aiguilles et de la cire brûlante, frapper violemment la victime, introduire une barre creuse dans son anus en y versant de la bière pour la faire déféquer, la hisser suspendue aux seins puis par une corde entre les jambes, lui infliger des chocs électriques, des brûlures et des entailles, lui coudre les lèvres vulvaires et lui introduire, dans le vagin et l’anus, des vibrateurs, leur main, leur poing, des pinces et des poids. Ainsi par exemple, certaines scènes enregistrées en vidéo montrent‑elles la victime hurlant de douleur pendant que les prévenus continuaient de la hisser par les seins au moyen d’une poulie, la fouettent puis lui attachent encore des poids aux seins. Lors d’une autre scène, la victime se voit hisser par une corde et les prévenus lui attachent des pinces aux mamelons et aux lèvres vulvaires, pour ensuite lui administrer pendant plusieurs secondes des chocs électriques, suite à quoi la victime perd conscience et s’effondre. Une autre fois, la victime subit des marquages au fer rouge. La cour d’appel nota aussi que plusieurs fois, les prévenus ont tout simplement ignoré que la victime criait "pitié !", le mot par lequel il aurait été convenu entre les intéressés que la victime pouvait immédiatement mettre fin aux opérations en cours. Ainsi par exemple quand la victime, suspendue, se voyait planter des aiguilles dans les seins (au moins sept aiguilles dans chaque sein), les mamelons, le ventre et le vagin, elle se voyait ensuite introduire une bougie dans le vagin, puis fouetter les mamelons. Quant elle hurlait de douleur et criait « pitié ! » en pleurant, les prévenus continuaient de lui planter d’autres aiguilles dans les seins et dans les cuisses, au point qu’un des seins se mit à saigner. Peu après, la victime, qui était alors suspendue par les pieds, se voyait administrer cinquante coups de fouet, pendant qu’on lui faisait couler de la cire brûlante sur la vulve puis qu’on lui introduisait des aiguilles dans les seins et les lèvres vulvaires. Même si ces faits n’ont pas laissé de séquelles durables, à part quelques cicatrices, ils étaient, de l’avis de la cour d’appel, d’une particulière gravité et susceptibles de provoquer des blessures et lésions sérieuses, en raison de la violence utilisée à cette occasion ainsi que de la douleur, de l’angoisse et de l’humiliation infligées à la victime. La cour d’appel releva en outre que pendant leurs ébats, et contrairement à la norme dans ce domaine, les requérants buvaient toujours de grandes quantités d’alcool, ce qui leur faisait rapidement perdre tout contrôle de la situation. Pour la cour d’appel, ces faits présentaient tous les éléments constitutifs du délit visé à l’article 398 du code pénal, qui punit le fait d’infliger volontairement des coups et blessures à une autre personne. En effet, s’agissant de l’élément "volontaire", exigé à l’article 392 du code pénal, il suffit, pour pouvoir conclure à sa présence, que l’intention de l’auteur du délit fût générale, ce qui était réalisé en l’espèce par la circonstance que les prévenus avaient agi en pleine connaissance du fait que leurs actes étaient interdits par le droit pénal. L’article 392 n’exige pas que les prévenus aient eu, en plus, l’intention d’infliger un dommage à quiconque, et les effets de cette disposition ne sont pas neutralisés par le fait que les prévenus étaient animés d’une « bonne » intention, en l’occurrence celle de procurer un plaisir sexuel. Pour que l’article 398 s’appliquât, il n’était pas requis non plus que les coups et blessures en cause eussent provoqué des lésions corporelles temporaires ou permanentes, cette situation étant visée par une autre disposition, l’article 399 du code pénal. Quant au consentement donné par la victime, il ne pouvait, en l’espèce, passer pour une cause de justification, dès lors que la loi pénale est d’ordre public et que le bien protégé par l’article 398, l’intégrité physique, est un droit fondamental dont seul le législateur peut réduire les exigences dans certains cas. Tout au plus le consentement de la victime pouvait-il agir comme cause d’excuse et influer sur la peine à prononcer. De l’avis de la cour d’appel, les prévenus ne pouvaient pas non plus se prévaloir de l’erreur invincible de droit, puisque toute personne prévoyante et raisonnable aurait dû se rendre compte de ce que des faits aussi sérieux, commis en pareilles circonstances, même dans le cadre de pratiques sadomasochistes, restaient punis par le droit pénal, comme en témoignait d’ailleurs le fait que les prévenus n’avaient pas pu s’adonner à leurs pratiques dans les clubs qu’ils fréquentaient, en raison de la violence qui les accompagnait, mais avaient dû spécialement louer et aménager des locaux à cette effet. Le fait qu’on aurait convaincu les intéressés du contraire et l’absence de jurisprudence claire en la matière n’y changeaient rien. Tout au plus le quantum de la peine pouvait-il s’en voir affecté. Enfin, le premier requérant ne pouvait se prévaloir de l’alcoolisme de la victime pour invoquer un quelconque état de nécessité, puisque comme juge, il aurait dû rechercher une solution responsable au problème, plutôt que de participer à l’escalade dans le degré de violence accompagnant les pratiques litigieuses, ce qui s’expliquait d’ailleurs sans doute par son propre problème d’alcoolisme. De même, comme médecin, le deuxième requérant aurait dû apporter une aide thérapeutique à la victime, plutôt que de contribuer, lui aussi, à l’escalade, en cousant les lèvres de la victime et en prétendant qu’il s’agissait là d’un acte médical favorisant son bien-être physique et social. S’interrogeant ensuite sur le caractère punissable des faits, mais sans y répondre, sur le point de savoir si les faits commis en dehors du domicile conjugal (phases 2 à 4) pouvaient être considérés comme relevant de la "vie privée" au sens de cette disposition. Quoi qu’il en soit, elle considéra que la morale publique et le respect de la dignité de la personne humaine imposaient des limites qui ne sauraient être franchies en se prévalant du "droit à disposer de soi" ou de la "sexualité consensuelle". Même à une époque caractérisée par l’hyper-individualisme et une tolérance morale accrue, y compris dans le domaine sexuel, les pratiques qui s’étaient déroulées lors de la phase 4 étaient tellement graves, choquantes, violentes et cruelles qu’elles portaient atteinte à la dignité humaine et ne sauraient en aucun cas être acceptées par la société. Le fait que les prévenus continuaient de soutenir qu’il n’y avait ici qu’une forme d’expérience sexuelle dans le cadre du rituel du jeu sadomasochiste entre personnes majeures consentantes et dans un lieu fermé, n’y changeait rien. Pour la cour, la gravité des coups administrés lors de la phase 4 et le danger potentiel de blessures et de lésions qui en résultait justifiaient également l’intervention du législateur du point de vue de la santé publique. En conséquence, les faits en question tombaient bel et bien dans le champ d’application des dispositions en question. Enfin, la cour d’appel estima établi que le premier requérant s’était également rendu coupable d’incitation à la débauche et à la prostitution, dès lors qu’il avait lui-même proposé aux dirigeants d’un club sadomasochiste que son épouse s’y livrât, comme esclave et moyennant rémunération, à des pratiques très violentes relevant de la débauche et de la prostitution, qu’il avait implicitement consenti à l’insertion de petites annonces dans ce but et avait fourni une aide matérielle en conduisant quelques fois son épouse au club en question et en allant chaque fois la rechercher et réceptionner l’argent, et cela pendant des mois. Les requérants introduisirent un pourvoi devant la Cour de cassation qui tint une audience le 6 janvier 1998. Le Gouvernement produit à cet égard une lettre adressée le 25 juillet 2002 par l’avocat général Bresseleers au ministre de la Justice et dont il ressort qu’en l’espèce, le rapport du conseiller rapporteur ainsi que les conclusions de l’avocat général avaient été présentés oralement pour la première fois à cette audience de la Cour de cassation. Le 6 janvier 1998, la Cour de cassation rejeta le pourvoi des requérants contre l’arrêt de la cour d’appel. Selon elle, le prévenu a consciemment et volontairement porté atteinte à l’intégrité physique d’une personne en lui infligeant des coups ou des blessures, quels que soient les motifs et intentions subjectifs de l’auteur des actes. Aussi les juges du fond n’ont pas à se demander si les actes incriminés avaient été commis dans le but d’accroître le bien-être psychologique ou physique de la personne qui en avait fait l’objet. Il n’est pas non plus nécessaire que les actes incriminés entraînent des lésions ou autres formes de dommage durable, pour que code pénal s'applique, celles-ci constituant seulement des circonstances aggravantes. Au contraire, l’atteinte à l’intégrité physique de la victime est dûment constatée par les juges du fond. Si des coups et blessures volontaires, même infligés dans le cadre de pratiques sadomasochistes, ne pourraient se voir justifiés par le consentement de la victime, ils pourraient toutefois passer pour excusables. Tel serait le cas quand ils ne sont pas de nature à porter atteinte à la santé de la victime et quand celle-ci y consent légalement. Dans ces conditions, les pratiques sadomasochistes devraient être considérées comme relevant de la vie privée, dont le respect exigerait qu’elles échappent à la condamnation, malgré le fait qu’elles réunissent les éléments constitutifs des coups et blessures volontaires. En l’espèce, toutefois, les juges du fond auraient légalement conclu, que la qualification des actes sadomasochistes commis par les requérants au titre de "coups et blessures volontaires" remplissait les exigences de la notion de "loi", ainsi, légalement justifié la condamnation des intéressés. Le 7 janvier 1998, le premier requérant offrit sa démission comme juge au ministre de la Justice. Le 20 février 1998, le procureur général près la Cour de cassation entama une procédure disciplinaire en destitution à l’encontre du premier requérant. Le 25 juin 1998, la Cour de cassation prononça la destitution du premier requérant, estimant notamment que sa démission était impuissante à arrêter la procédure disciplinaire. Elle se référa au fait que le premier requérant avait encouru une condamnation du chef de coups et blessures volontaires et d’incitation à la débauche et à la prostitution. D’après elle, il résultait de l’arrêt de condamnation ainsi que de l’enquête qu’elle avait menée que le premier requérant avait sérieusement porté atteinte à la dignité de sa fonction de juge et que, dès lors, il n’était plus digne de l’exercer. Par suite de sa destitution, le premier requérant perdit son droit à une pension de retraite du secteur publique. Pour conclure, le droit à la vie privée comprend le "droit à l’épanouissement personnel", y compris dans le domaine des relations intimes, ce qui peut engendrer un droit d’opérer des choix concernant son "propre corps". La Cour en conclut que "le droit pénal ne peut en principe intervenir dans le domaine des pratiques sexuelles consenties, qui relèvent du libre arbitre des individus", sauf "des raisons particulièrement graves", ici en l’espèce réunies, puisque l'épouse demandait sans succès l’arrêt des blessures qui lui étaient infligées et était ainsi privée du moyen d’arrêter "une escalade de violence". Ce n’est que dans la mesure où en l’espèce l’auteur des blessures a continué malgré la demande d’arrêt du masochiste, que la Cour estime que la condamnation du premier par le juge pénal belge est justifiée.
527 vues 6 aime
Par : le 22/10/25
L'affaire Conrad Aurousseau (1998) Conrad Aurousseau, en néerlandais Koenraad, dit Koen, est un juge d'instruction belge condamné à une année de prison avec sursis et amende par la justice belge en 1998 pour avoir eu des pratiques très violentes sous contrat masochiste avec sa femme. Également condamné pour avoir incité sa femme à la fornication, il lui est interdit d'exercer dans la fonction publique pendant cinq ans, ce qui met un terme à sa carrière. En 1997, alors que la foule est agitée et les institutions décrédibilisées par l'affaire Dutroux, des rumeurs circulent dans le tribunal concernant la fréquentation du milieu des prostituées et des proxénètes par le magistrat. Une enquête est diligentée. Au cours d'une perquisition au domicile de celui ci, la police découvre les enregistrements vidéo des orgies qui se sont déroulées dans des chalets privés à Orchimont, Oignies et Balen. Elle trouve aussi les vidéos des séances de domination de sa femme Madga auxquelles il soumettait celle-ci, dans un premier temps dans leur chambre puis dans un club sadomasochiste de Wetteren. Une inculpation est ordonnée. Le procès fait la une de certains journaux. Koen Aurousseau plaide l'état de nécessité dans lequel l'a plongé l'alcoolisme de sa femme, cause des excès de celle-ci. La Cour reconnait que les traitements violents subis par Magda Aurousseau, fouet, pinces, électricité, aiguilles, écarteurs, brûlures, n'ont causé aucune séquelle. En dépit de cela et du témoignage de celle-ci, qui proteste n'avoir subi aucun dol et affirme avoir été consentante, Koen Aurousseau est condamné le 30 septembre en vertu de l'article 397 du Code pénal à un an de prison avec sursis, c'est-à-dire en liberté surveillée, pour coups et blessures volontaires. C'est la peine minimale. Il est en outre condamné, en vertu des articles 380 bis et 398, à cent mille francs d’amende pour incitation à la débauche, c'est-à-dire selon les termes de la loi "assistance à service de fornication pour autrui". Fornication a ici le sens défini par la cour pénale de Bruxelles dans un arrêt daté du 15 décembre 1994 de sadomasochisme violent, pratique assimilée par le même jugement à la pédophilie et la bestialité. Les modiques quatre mille francs perçus du club, traces d'une vente symbolique, ainsi que le fait que les transports étaient assurés par lui, valent à Koen Aurousseau une condamnation pour proxénétisme qui entraine la déchéance des droits civiques et une interdiction d'exercer pour cinq années, ce qui revient dans les faits à mettre un terme à sa carrière. Les enregistrements vidéo n'ayant pas été faits dans le but d'une exploitation commerciale, il échappe à l'accusation de publicité obscène. Un médecin, thérapeute de Magda Aurousseau qui l'a accompagnée dans ses séances de soumission, et un policier sont également condamnés à des amendes pour complicité, respectivement sept mille cinq cents et dix mille francs. Deux relaxes sont prononcées et quatre autres personnes sont condamnées pour coups et blessures volontaires. La Cour de cassation rejette le 6 janvier 1998 le recours qui a été interjeté. Le lendemain, Koen Aurousseau présente sa démission dans l'espoir de conserver sa pension de retraite, mais le ministre de la Justice Stéphane de Clerck s'interdit d'intervenir dans la procédure, au nom de l'indépendance de la justice. Le ministre refuse la démission et le magistrat déchu perd ses droits à pension. Quoique par des arguments différents, une interprétation de la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l'Homme, la peine est confirmée le 25 juin 1998 par la cour d’appel d’Anvers. Son cas, celui d'un mari ayant accédé aux demandes masochistes de sa femme, illustre une jurisprudence qui criminalise le sadomasochisme mais il a été aussi l'occasion d'une redéfinition du cadre légal de la pratique SM dans l'Union européenne et les autres états membres du Conseil de l'Europe. En juin 1999, Koen Aurousseau est embauché comme assistant parlementaire par le sénateur nouvellement élu Jean-Marie Dedecker et travaille à un projet de loi porté par René Landuyt visant à encadrer juridiquement les pratiques sadomasochistes mais le projet n'aboutit pas. Son histoire a été racontée dans un film sorti en 2009 : Domination.  
283 vues 5 aime
Par : le 20/10/25
Coure Européenne des Droits de l'Homme, AFFAIRE LASKEY, JAGGARD ET BROWN contre ROYAUME-UNI, 19 février 1997 Les tribunaux britanniques et la Cour européenne des droits de l'homme ont dû plancher sur cette question complexe voilà quelques années. L'affaire a débuté par la découverte fortuite en 1987, par la police anglaise de cassettes vidéo d'un club de rencontres sadomasochistes. Une cinquantaine d'hommes étaient concernés. Les actes sexuels filmés se sont déroulés pendant une période de 10 ans. Ils comportaient des sévices des organes génitaux avec de la cire chaude, du papier de verre, des hameçons, des aiguilles et également des corrections rituelles à main nue, au martinet ou avec des ceintures cloutées. Tous les participants étaient adultes et consentants. En 1990, plusieurs participants ont été inculpés et déclarés coupables de violation de la loi des atteintes aux personnes. La loi des atteintes ,loi de 1861 sur les infractions contre la personne (24 & 25 Vict c 100) est une loi du Parlement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande . Elle a regroupé les dispositions relatives aux infractions contre la personne (expression qui comprend notamment les infractions de violence) d'un certain nombre de lois antérieures en une seule loi. Pour la plupart, ces dispositions ont été, selon le rédacteur de la loi, incorporées avec peu ou pas de variations dans leur phraséologie. Il fait partie d'un groupe de lois parfois appelées les lois de codification du droit pénal de 1861. Il a été adopté dans le but de simplifier la loi. Il s'agit essentiellement d'une version révisée d'une loi de consolidation antérieure, la loi de 1828 sur les infractions contre la personne (et la loi irlandaise équivalente), incorporant les lois ultérieures. Bien qu'il ait été substantiellement amendé, il continue d'être le fondement des poursuites pour dommages corporels, à l'exception du meurtre, devant les tribunaux d' Angleterre et du Pays de Galles. La loi a également été adoptée dans les possessions britanniques. Par exemple, la Nouvelle-Zélande a adopté la loi en 1866. En Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, les infractions sexuelles visées par la loi ont toutes été abrogées. Pour la législation relative aux délits sexuels, voir la loi de 2003 sur les délits sexuels et l' ordonnance de 2008 sur les délits sexuels (Irlande du Nord). En Irlande du Nord, la loi de 1861 a servi de base à l'interdiction de l'avortement jusqu'en 2019, date à laquelle elle a été modifiée par la loi de 2019 sur l'Irlande du Nord (formation des cadres, etc.) . Cette loi anglaise de 1861 stipule que : toute personne qui blesse ou inflige une douleur sérieuse à une autre personne illégalement et avec l'intention de nuire, avec ou sans armes ou instruments, est passible d'emprisonnement. Le juge a considéré que ces actes jouant parfois avec la douleur, avec des marquages physiques (sans mise en danger des personnes la "subissant") ne pouvaient pas être demandés, que les soumis étaient nécessairement non consentants. Ce juge niait donc le sadomasochisme comme pratique sexuelle consentie. Ce jugement réservait la possibilité de se frapper consensuellement, ou marquer, à des activités telles la boxe, le tatouage, mais l'interdisait dans un jeu sexuel. Les personnes inculpées (y compris les "soumis", pour complicité) et leurs soutiens ont tenté de faire annuler ce jugement en le portant devant la Cour européenne des droits de l'homme. Le verdict, rendu en 1997, a confirmé le jugement britannique. Plusieurs hommes ont été condamnés à 3 ans de prison. Ce procès est à l'origine du "Spanner Trust", association britannique qui milite pour que les pratiques SM ne soient plus menacées par la loi. Une SM Pride (marche des fiertés SM) a eu lieu en novembre 1996 à Londres à la suite de ce procès.
230 vues 6 aime
Par : le 20/10/25
Débutons par déterminer la première apparition du terme BDSM et les origines de ses pratiques. Le terme BDSM est d'un usage récent, le mot est apparu (de façon vérifiée) en 1991 sur des forums (USENET). Une origine de 1969 est évoquée sur deux sites, mais aucune source n'est cité. Le plus ancien site Bdsm, serait www.bdsmcircle.net qui a été créé en 2000. Ce site est Québécois, rédigé en français et en anglais. Et il existe toujours ! Naissance des termes désignant les pratiques BDSM Remontons un petit peu dans l'histoire afin de découvrir quand sont nés la plupart de ses mots qui définissent ses pratiques. Pervers L’existence du mot « pervers » est attestée en 1190 et dérive de « pervertere » : retourner, renverser, inverser, commettre des extravagances. Fétichisme Le terme « fétichisme » fut inventé par Charles de Brosses en 1870, cependant le fétichisme n’a eu sa connotation sexuelle qu’en 1887, quand Alfred Binet a publié son article intitulé «le fétichisme dans l’amour». Sigmund Freud s'appuie sur le travail de Binet et désigne comme fétichisme la pratique sexuelle de recherche de l'orgasme par le biais d'objets ou de parties du corps, indépendamment du coït. Perversion sexuelle C'est à Valentin Magnan (1835-1916) que l’on doit l’usage du terme « perversion sexuelle » (Des anomalies, des aberrations et des perversions sexuelles, 1885) Masochisme Le mot « masochisme » a été inventé par Richard Von Krafft-Ebing en 1886, dans son œuvre "De nouvelles recherches dans le domaine de la psychopathologie du sexe". Il empruntant le terme du nom du romancier Galizien Leopold von Sacher-Masoch, devenu célèbre grâce à un type de récits dans lesquels une femme puissante et cruelle maltraite un homme, qui est humilié par elle, dont la Vénus aux fourrures (1870). Il décrit le masochisme étant une maladie qu'il définie comme « une perversion particulière de la vie sexuelle psychique qui consiste dans le fait que l'individu est, dans ses sentiments et dans ses pensées sexuelles, obsédé par l'idée d'être soumis absolu et sans condition à une personne de l'autre sexe, d'être traité par elle d'une manière hautaine, au point de subir même des humiliations et des tortures qui s'accompagne d'une sensation de volupté. Sadisme En 1905, à son tour, Sigmund Freud décrit le sadisme et le masochisme dans son Drei Abhandlungen zur Sexualtheorie (Trois essais sur la théorie de la sexualité). Il a jeté les bases de la perspective médicale (largement acceptée dans le domaine) pour les décennies à venir. Sado-masochisme Première utilisation du terme sado-masochisme par le psychanalyste viennois Isidor Isaak Sadger en 1913. Photographie, pornographie et fétichisme Les clichés de ces tendances fétiches étaient très populaires dans les magasines clandestins d'après guerre. Bettie Page, mannequin pin-up célèbre pour ses photos fétichistes des années 1950, étoile montante de l'érotisme underground, apparait dans des mises en scène bondage et sadomasochistes en noir et blanc. Ses clichés influenceront la communauté BDSM. Les fétiches sexuels se développaient, des communautés autours du bondage, du SM évoluaient et interagissaient entre elles : Le BDSM serait donc né à la fin des années 60. Il a cependant fallu presque 30 ans avant que le terme ne devienne courant.
346 vues 11 aime
Par : le 20/10/25
Remontons dans l'histoire : Le discours positiviste qui émerge au XIXe siècle propose une morale adossée non plus à la religion mais au juridique et à la science. En 1810, le Code pénal français entérine la laïcisation des pratiques sexuelles. Dès l’instant où elles se déroulent dans un cadre privé entre adultes consentants, elles ne peuvent plus faire l’objet d’un crime ni même d’un délit. Aliénistes, médecins, criminologues et experts auprès des tribunaux élaborent une première sexologie scientifique, abondamment nourrie d’observations de cas. L’aliéniste Étienne Esquirol est le premier à faire rentrer les désordres sexuels dans un traité de psychiatrie en les incorporant aux monomanies ou délires partiels. Progressivement, la psychiatrie s’intéresse à l’étude des comportements sexuels singuliers. On trouve le premier usage médical du mot « perversion » en 1842 dans l’Oxford English Dictionnary. En France, il naît sous la plume du psychiatre Claude-François Michéa en 1849, à travers le récit qu’il fait du cas du sergent Bertrand, accusé d’avoir violé et mutilé des cadavres de femmes. Dans Psychopathia Sexualis (1886), Richard von Krafft-Ebing se livre à une taxinomie aussi rigoureuse qu’édifiante des perversions sexuelles. Albert Moll, Magnus Hirschfeld ou Henry H. Ellis et ses monumentales Études de psychologie sexuelles (1897-1928) lui emboîteront le pas. Dans les années 1980, le terme perversion disparaît de la terminologie psychiatrique mondiale pour être remplacé par celui de « paraphilie ». Or le mot désigne aussi bien les pratiques sexuelles qualifiées autrefois de perverses que les fantasmes pervers. De nos jours, la vie sexuelle relève désormais du "droit à la vie privée", de l’"autonomie personnelle", le "droit à disposer de son corps" et la "liberté sexuelle". C’est précisément parce qu’elles touchent aux libertés individuelles, et qu’elles Pour rappel: les pratiques Bdsm sont par définition consenties, elles dépendent d’un accord mutuel agréées par les parties. La loi ne sanctionne pas toute pratique sadomasochiste, de telles pratiques ne peuvent toutefois être justifiées en droit interne que dans les limites de l'autorisation de la loi. L'expression de «vie privée» est large et ne se prête pas à une définition exhaustive. En principe le droit pénal ne peut intervenir dans le domaine des pratiques sexuelles consenties qui relèvent du libre arbitre des individus, sauf s'il existe des raisons particulièrement graves, pour que soit justifiée une ingérence des pouvoirs publics dans le domaine de la sexualité : art. 222-1 (tortures et actes de barbarie) du code pénal art. 222-19 (atteinte à l’intégrité de la personne) du code pénal art. 222-7 à 222-9 (violences) du code pénal art. 16 et 16.1 (respect du corps humain) du Code civil La Convention Européenne des Droits de l'Homme protège le droit à l'épanouissement personnel, que ce soit sous la forme du développement personnel ou sous l'aspect de l'autonomie personnelle. Ce droit implique le droit d'établir et entretenir des rapports avec d'autres êtres humains et le monde extérieur, en ce compris dans le domaine des relations sexuelles, qui est l'un des plus intimes de la sphère privée et est à ce titre protégé par cette disposition. Le droit d'entretenir des relations sexuelles découle du droit de disposer de son corps, partie intégrante de la notion d'autonomie personnelle, à cet égard, «la faculté pour chacun de mener sa vie comme il l'entend peut également inclure la possibilité de s'adonner à des activités perçues comme étant d'une nature physiquement ou moralement dommageables ou dangereuses pour sa personne, en d'autres termes, la notion d'autonomie personnelle peut s'entendre au sens du droit d'opérer des choix concernant son propre corps». Mais la Cour Européenne considère que l'orientation et les comportements sexuels concernent un aspect intime de la personne, mais que malgré tout dans un pays démocratique, l'immixtion de la justice dans la vie privée peut parfois être nécessaire. La Cour Européenne reconnaît le droit des états à se saisir de toute affaire qui entraîne des blessures physiques. Merci à Syl DS pour son aide précieuse, l'apport de sources et de documents qui ont permis la rédaction de cet article.
514 vues 9 aime