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SURVIVRE À LA PENDAISON
Contrairement à beaucoup d’autres supplices, la pendaison est loin d’être mortelle instantanément et irréversiblement. Même quand il s’agit de long drop et de vertèbres brisées, on parle de survies dues à un mauvais calcul de la longueur de la corde. On assiste donc toujours à une vérification de la survie du supplicié, un médecin venant en général vérifier si le cœur de ce dernier bat encore.
Cette survie est d’ailleurs ce qui permet aux sadomasochistes de pratiquer leur propre supplice et d’y survivre. En effet, à moins d’accident, un pendu met souvent plusieurs minutes à mourir au bout de la corde.
On peut voir souvent les amateurs de pendaison érotique se débattre pendant de longs instants au bout de leur corde et d’y éjaculer avec l’aide de leur maîtresse dévouée.
Survivre à la pendaison dépend considérablement de plusieurs facteurs. La position de la corde, la durée de la pendaison, la distance de chute, constitution du condamné.
Une chute brutale ou un patient fragile seront très dommageables et la survie est très douteuse. La corde placée à gauche va provoquer une ischémie qui provoque la mort cérébrale en peu de minutes. Placée à droite, elle provoque un œdème qui pourra facilement se résorber. Placée derrière, le nerf vagal risque de provoquer l’arrêt du cœur et la mort définitive. Sous le menton, le supplicié survivra si la chute ne lui a pas brisé la nuque. Il est donc important de savoir comment mener son supplice si on veut lui survivre.
Ces longues minutes de survie sont accompagnées de gesticulations désordonnées qui font le spectacle. On peut même penser que certains, même devenus inertes sont encore vivants au bout de leur corde. C’est pour cela que l’on laisse le pendu au moins une heure au bout de sa corde quand on ne l’abandonne pas aux corbeaux jusqu’à sa déliquescence.
En effet, dans bien des circonstances les pendus ont survécu à leur supplice jusqu’à près de vingt minutes au bout de la corde. C’est d’ailleurs pour cela que l’on sait ce que ressent le pendu quand il est supplicié.
D’après ce qui est rapporté, le début de la pendaison provoque, par le serrement du nœud coulant, une vive douleur et une grande angoisse. Mais ces sensations affreuses sont vite remplacées par une sensation de plénitude proches de celle de l’hydrocution et qui conduisent à l’orgasme. C’est bien-sûr cet orgasme qui est recherché par les sadomasochistes.
Aucun autre supplice n’est aussi bien connu pour ses effets sur l’organisme et sur l’espèce d’extase qu’il provoque parfois. Cette sensation de plaisir se transmet jusqu’à l’assistance qui jouit de la pendaison bien plus que d’autres supplices.
On peut même mentionner des techniques de tortures qui visent à pendre la victime de nombreuses fois et la ramener à la vie. Les nazis étaient coutumiers du fait, cherchant à jouir de la souffrance répétée de leurs victimes.
En Iran, survivre à la pendaison, pour quelque raison que ce soit, conduit à nouveau à la potence. Une sorte de jouissance sociale des pendus règne dans ce pays où l’on pend les gens par centaine et en public avec des spectateurs qui apprécient de contempler les pendus qui se débattent et regrettent qu’ils soient morts instantanément.
Pendre est un art qui se pratique comme une sorte de gastronomie, avec des recettes qui assureront des agonies spectaculaires dont on peut craindre qu’elles ne soient guère dissuasives.
Il est de règle en Iran qu’un condamné puisse être gracié par les parents de sa victime. Cela se produit parfois et fait que bon nombre de pendus reviennent à la vie. C’est le propre d’une nation sadomasochiste.
Le meilleur moyen de ne pas survivre à la pendaison est de la pratiquer en solitaire. Nombre de suicides ne sont que des accidents d’amateurs du nœud coulant dont les précautions se sont révélées insuffisantes à leur survie.
La technique habituellement utilisée est de se passer le nœud coulant et de se hisser à l’aide de l’autre bout de la corde passée autour d’une poutre ou d’un support en hauteur. On peut aussi mettre le pied sur une boucle de la corde et se hisser en pesant de tout son poids. Cela divise le poids du sujet par deux et provoque d’intenses sensations d’être réellement pendu. Tant que le sujet pèse moins de soixante kilos l’opération est modérément dangereuse (mais elle l’est) car le cou d’une personne normalement robuste supporte environ ces trente kilos résultants. Mais la corde peut se serrer plus que de mesure, le pied glisser et se coincer, un évanouissement peut survenir et l’on est pendu et étranglé jusqu’à ce que mort s’en soit ensuivie.
C’est pour cela qu’il est fortement recommandé de ne jamais pratiquer seul, mais avec une personne entraînée et de confiance, voire le mieux à trois pour plus de contrôle de ce qui peut advenir.
LE REGARD PSYCHANALYTIQUE
On peut maintenant s’interroger sur les fondements psychologiques qui conduisent à l’attraction pour la pendaison. Les effets sexuels liés au fait d’être pendu sont bien entendu une cause opportuniste. Mais cette cause est loin d’engendrer un goût pour les pendus et le désir d’être étranglé. C’est surtout un adjuvant à une pulsion plus profonde. Bander quand on est pendu est physiologique, bander quand on voit un pendu, c’est psychologique.
Les psychanalystes sont très vagues sur le sujet, faisant référence (comme toujours) à un phantasme régressif lié à l’enfermement, au retour dans le ventre maternel. La corde représente un cordon ombilical qui a la propriété de, parfois, étrangler le bébé. On peut y croire si on veut. Comme me disait l’un d’eux devant mon interprétation personnelle de la névrose d’un proche : « c’est vrai si c’est vrai ».
La pendaison est une forme extrême du bondage qui met en valeur la réduction à l’impuissance, à l’immobilité et à l’obscurité du sujet. Et cela est de toute évidence une fonction régressive. Le pendu s’identifie à une régression extrême où sa vie est mise en balance, la réaction sexuelle servant de récompense.
Être pendu, c’est renverser le temps, revenir à l’état précédant l’existence. Le pendu flotte dans le vide (comme le noyé), sa conscience est altérée et c’est se retrouver dans le liquide amniotique hors du temps et de l’espace. L’érection et l’éjaculation enrichissent cette sensation par le plaisir sexuel du nourrisson.
Beaucoup d’amateurs de pendaison sont des personnes de pouvoir qui compensent leur réalité par son inversion complète, la dépendance complète. Ici, il faut faire une distinction entre le goût brutal pour le gibet qui se contente d’un rêve de jouissance et la fonction symbolique que des hommes (ou des femmes) de pouvoir éprouvent dans le fait d’être pendus. On voit bien sur les images de pendaison que beaucoup de condamnés n’éprouvent aucune crainte et semblent se précipiter avec enthousiasme dans le vide.
Le fétichisme, quel qu’il soit, vient renforcer cette dimension symbolique. Être pendu nu, est le degré minimal qui vise à exposer son sexe. Les fétichistes recherchent un enveloppement par des matières aimées telles que le cuir, le latex, le vinyle, la soie, qui contribuent à renforcer l’abandon de soi, la perte de repère dans le temps et l’espace. La laine joue particulièrement ce rôle par son épaisseur, sa douceur, sa chaleur et son opacité. Les épaisseurs multipliées de laine (combinaisons, cagoules, moufles, chaussettes, épaisses couvertures) engendrent un sentiment d’isolement, d’étouffement, de perte de repères.
Tous les fétichistes de la laine ne sont pas attirés par la pendaison. Beaucoup ne souhaitent même pas y penser. Mais leurs fantasmes, même opposés à la potence, sont très similaires.
C’est pour cela que la pendaison et la laine vont bien ensemble car elles vont dans la même direction régressive. Être pendu au bout d’une grosse corde est à peu près équivalent sur le plan symbolique qu’être enroulé dans plusieurs couvertures dont le poids et l’épaisseur prive la victime d’air.
La somme de la laine et de la potence est supérieure à l’effet de chacun des jeux. C’est ce qui peut expliquer à quel point certains sadomasochistes cherchent à vivre de telles expériences. Bien entendu, ce n’est pas un fantasme énormément répandu, mais il est bien présent et quand il se manifeste il est exactement répliqué d’un individu à l’autre, dans divers pays et depuis longtemps.
On peut aussi s’interroger sur le rôle du bourreau dans les jeux de pendaison érotique. Là encore, nous ferons la part des sadiques purs qu’il convient d’éviter et ceux qui partagent le fantasme et sa symbolique. Dans bien des cas, ils partagent la même charge pulsionnelle régressive que la victime. Ils aiment d’ailleurs inverser les rôles pour jouir des deux positions.
Certains n’aiment qu’être les bourreaux, ne jouissant qu’en étranglant leur victime et en l’aidant à jouir de son supplice. La plupart d’entre eux est tout l’inverse statutaire de leur rôle. Souvent victimes d’une vie où leur pouvoir n’est guère reconnu, ils se représentent en tant que bourreau comme omnipotents. Ils s’identifient au pouvoir de vie et de mort sur leur victime. C’est pour cette raison que leur comportement peut s’avérer dangereux s’il n’existe pas une grande connivence entre le bourreau et la victime.
La pendaison érotique n’a rien à voir avec la pendaison réelle où s’exprime la violence d’un état et la déréliction d’idéologies criminelles. Très rares sont les sadomasochistes qui s’identifient à la peine de mort et aux orgies de pendaisons pratiquées par les états criminels dont l’Histoire a été tristement riche. Les pulsions de ces criminels sont gouvernées par la haine, le racisme et l’intolérance.
Le paradoxe est que les images de leurs crimes excitent les sens des sadomasochistes qui les contemplent. Cette excitation n’exclut pas une distanciation avec ces actions criminelles. Mais leur contemplation active la charge symbolique et provoque une excitation souvent intense. La culpabilité face à cette excitation n’a aucun sens car nul ne peut quoi que ce soit dans le cadre de fantasmes profondément ancrés. Il est vraiment très rare que des psychanalystes aient supprimé des fantasmes, ils n’ont jamais fait que permettre de vivre sans peine avec ses névroses. Et c’est déjà pas mal.
Les pendaisons auto-érotiques sont bien plus fréquentes qu’on ne l’imagine car beaucoup de ceux qui la pratiquent se sentent seuls au monde à avoir des goûts qui leurs semblent abominables. Ce sont souvent des jeunes qui s’essaient à satisfaire leur fantasme. L’accident est toujours possible et l’on retrouve le malheureux pendu et étranglé. On ne veut pas voir les précautions inefficaces qu’il a pris. Alors on se désole d’un suicide dont on ne comprend pas la cause.
Ce fantasme surgit chez l’enfant, dès l’âge où il commence à concevoir des concepts et savoir ce qu’est un pendu. Il se transforme en obsession à bas bruit qui explose avec la puberté. Certains imaginent qu’il est provoqué par le souvenir d’une autre vie où il fut pendu et en garda la mémoire d’une grande jouissance. Mais on n’est pas forcé de croire à ce mythe.
D’autres théories supposent que le fœtus ayant été étranglé par son cordon ombilical il en aurait connu une jouissance prénatale qu’il voudrait reproduire tout au long de sa vie. Mais on ne dispose d’aucun témoignage de ce phénomène.
Peu à peu, le BDSM devient un fait social plus reconnu, voire acceptable. Mais il reste bien du chemin pour admettre que certains fantasmes sont incoercibles et parfaitement explicables. Tout le monde sait que la pendaison excite les sens, mais peu de gens admettent que quelqu’un de leur connaissance le soit. Sauf, peut-être au Japon. Les pays nordiques et germaniques semblent plus ouverts à cette possibilité.
Il en va de même pour le fétichisme de la laine qui, peu à peu, devient admissible dans ses aspects les plus anodins, mais beaucoup moins dans leur relation au sadomasochisme. Mais le fétichisme, de manière générique devient plus acceptable, ce qui permet de s’affirmer comme amoureux de la laine, tant que ce n’est pas pour dire qu’on veut étouffer ou se faire pendre et étrangler dedans.
Ces deux passions sont à la rencontre des pulsions de vie et des pulsions de mort, la pendaison se résout dans le fantasme de mort, le fétichisme de la laine se résout dans le sens de la vie. La pendaison est une naissance dans la mort, la laine est une mort dans le fantasme du ventre protecteur et chaud. Les deux étaient faits pour se rencontrer.
APRÈS PROPOS
Il ne fait pas de doute que cette description historique de la pendaison, des gibets et du fétichisme de la laine n’est pas exempte de prises de position très spécifiques et liés à un corpus de fantasmes qui sont propres à l’auteur.
Le lien entre le gibet et la laine est ténu aux yeux de ceux qui ne sont liés ni à l’un ni à l’autre. C’est normal et cela laisse la place à mille autres perversions.
Imaginons maintenant un gosse de 11 ou 12 ans dans un gymnase. Il s’est déshabillé pour endosser sa tenue de sport. Il se met à contempler avec gourmandise un camarade au visage d’ange et portant d’épaisses chaussettes de laine lui montant jusqu’au-dessus des genoux tout en marquant de gros plis sensuels. Il provoque son camarade qui se jette sur lui et lui enserre le cou entre ses jambes. Le gamin agrippe les chaussettes de laine couleur bordeaux chiné qui lui serrent le cou devant des camarades hilares. Le gamin s’étouffe, il se sent partir, impuissant, agrippant les grosses chaussettes de laine. Soudain, il est envahi d’une sensation de plénitude pour finir au bout de longues minutes par éjaculer dans son short.
Les fantasmes de pendaison comme le fétichisme ont besoin d’un déclencheur, d’un événement princeps qui met en branle la machine fantasmatique. Soudain, toutes les potentialités fantasmatiques se concentrent dans une strangulation orgasmique, obsédante et révélatrice.
Toute la mythologie des gibets est construite dans l’inconscient collectif, poussant à la honnir autant qu’à l’adorer, à la fuir autant qu’à la rechercher. Un écrivain tel que Sylvain Tesson l’expose sans fard, dans son livre « NOIR » qui le montre en train de dessiner à longueur de temps des figures de pendus et justifiant tout cela par des considérations esthétiques.
La pendaison fait partie des zones d’ombre de l’esprit humain, faites de délices et d’horreur, de peur et de désir, de principes de mort et de vie forcés de cohabiter dans un imaginaire aussi impérieux que difficiles à partager. Il ne me reste, à moi auteur, qu’à réfléchir sur cette imprécation qui me trotte dans la tête : « Tu fus pendu ! ».
Et si vous n’y croyez pas, allez vous faire pendre !
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FORMES ALTERNATIVES
La pendaison est l’un des plus anciens et les plus universels des supplices. On la retrouve dans la plus haute antiquité et jusqu’au néolithique, mais aussi sur tous les continents, sous des formes diverses.
A Rome, dans l’antiquité, elle était pratiquée en enserrant le cou du condamné dans la fourche d’un arbre, une traverse maintenait le condamné pendu.
En Chine, le supplice de la cangue consistait à placer le condamné dans une cage dont le sommet lui enserrait le cou. Les pieds du condamné reposaient sur un tas de pierres. Le bourreau s’asseyait près du supplicié avec un sablier et retirait une pierre à chaque retournement du sablier. Cela pouvait durer de longues heures, voire des jours.
Aux îles Sandwich, on pratiquait la mise à mort en étranglant le condamné attaché à un arbre par le cou et en tirant violemment sur la corde en s’aidant d’un arbre voisin.
Ce n’était pas une pendaison, mais le but était le même, faire mourir en serrant le cou. La mort devait être quasi instantanée tant la violence des secousses devait détruire les tissus et les os.
Dans ce même esprit de strangulation, la garrote espagnole a consisté jusqu’à la fin du XXème siècle à étrangler le condamné assis sur une chaise accolée à un poteau.
A l’origine, on utilisait une corde qui était serrée par un bâton que le bourreau tournait jusqu’à strangulation complète. Puis la corde fut remplacée par un dispositif de collier de fer avec une vis que le bourreau serrait. On n’arrête pas le progrès.
A l’époque des persécutions religieuses, on étranglait aussi les condamnés avant de les brûler s’ils renonçaient à Satan et à ses œuvres.
Comme on le voit, la pendaison et sa cousine la strangulation sont des façons commodes de donner la mort. Parfois pour plus d’humanité avant un supplice bien pire, parfois avec un luxe de cruauté en usant de la durée pour accroitre les souffrances.
Les nazis avaient l’habitude de pendre les condamnés en leur laissant un pied sur le sol, l’autre étant attaché en l’air. L’épuisement d’être sur un pied conduisait inéluctablement le supplicié à s’affaisser et se pendre lui-même.
On a l’habitude de distinguer la pendaison de la strangulation car cette dernière ne suppose pas de suspension et la trace que laisse la corde ne part pas vers le haut comme chez les pendus. C’est une distinction subtile qui est démentie dans les faits par toutes les formes hybrides d’exécutions visant à resserrer le cou.
On dit aussi que la pendaison occasionne des réactions érotiques que ne provoque pas la strangulation. Ce n’est pas tout à fait vrai si l’on considère que certains jeux érotiques consistent à s’étrangler pour augmenter l’orgasme.
La strangulation, comme la pendaison est fortement liée à l’érotisme et participe de la même ambiguïté entre la mort et le plaisir.
On dit que l’on ne pendait pas les femmes pour préserver la décence, mais cette règle ne s’appliquait guère aux pendaisons expéditives des coins de rue. Et c’est ainsi que des servantes voleuses ou débauchées finissaient au bout d’une corde dans la tenue de leur emploi, la robe serrée aux genoux par une corde qui entourait leurs jambes gainées de laine grossière.
Et, par des nuits de lune gibbeuse, il arrivait que des hommes s’approchent et se suspendent à leur corps étranglé, fendent leurs jupes avec leur coutelas et violent leur corps encore tiède.
Et si le guet passait par là, l’homme n’échappait pas au « mariage des pendus » qui consistait à le pendre à la même corde que celle qu’il violait, les deux amants de la nuit demeuraient étranglés par un seul nœud coulant.
FÉTICHISME
La passion sadomasochiste pour la pendaison s’accompagne souvent de fétichisme. En effet, bien que beaucoup d’amateurs de pendaison aiment à pratiquer nus, beaucoup sont adeptes de fétichismes de diverses matières telles que le latex, le vinyle, le cuir et la laine.
Pour expliquer ce lien, il faut considérer que ces fétichismes s’accompagnent de cagoulages, d’étouffements et de strangulation. La pendaison vient rapidement compléter la panoplie. Notamment la laine qui accompagne volontiers les fantasmes médiévaux.
Des fantasmes médiévaux qui font rêver de chausses de laine à la sensualité qui vient s’opposer à la nudité et provoque chez le fétichisme une excitation particulière aux parfums de supplice délicieux.
De nombreux sadomasochistes amateurs de pendaison, quand ils ne préfèrent pas être nus, apprécient beaucoup de porter de longs et épais bas en laine qui leur rappellent les chausses de pendus si suggestives.
La laine, comme la pendaison, joue sur la relation ambiguë entre le plaisir et l’étouffement, la douceur et l’enfermement, entre la sophistication et la rusticité des matériaux. C’est cette ambiguïté qui fait que, pour certains, les deux vont idéalement ensemble.
La pendaison évoque naturellement des étoffes épaisses et anciennes, telles, bien entendu, la grosse laine qui rappelle la bure des pèlerins médiévaux.
Le jeu du foulard est une traduction particulière de cette proximité des fantasmes. La laine enveloppe le condamné, mais elle peut aussi servir à l’étrangler.
Cette passion fétichisée pour la pendaison se retrouve évidemment dans ce pays où les cordes sont divinisées qu’est le Japon. Au pays du shibari, la liaison entre la pendaison et le plaisir sexuel est exprimée sans complexe dans des jeux et des représentations qui vont bien au-delà de ce que les Occidentaux peuvent se permettre.
Le Japon est le seul pays libéral à pratiquer la pendaison. Les condamnés à mort sont prévenus qu’ils vont être pendus une demi-heure avant leur supplice qui s’effectue par un long-drop. La pendaison n’y est pas conçue comme une extension des jeux de cordes qui sont tant appréciés dans ce pays. Elle y est traitée de manière à effacer le caractère expressif du supplice. Alors que, dans le passé, le shibari était une méthode de ligotage extrêmement sophistiquée qui pouvait conduire à une mort lente et humiliante, la pendaison y est pratiquée de manière furtive et déshumanisée.
Les cordes de chanvre minces et longues utilisées dans le shibari permettaient un ligotage ouvert (non mortel, moins humiliant) à fermé (mortel et très humiliant). De très longues cordes entouraient le condamné de telle sorte qu’il soit totalement immobilisé et suspendu dans le vide et, ainsi de le laisser de longues heures subir son châtiment sous les yeux de l’assistance.
Il va sans dire que le Japon est le pays où l’on pratique le bondage avec le plus d’enthousiasme et que les sadomasochistes qui veulent se faire pendre, étrangler, étouffer y trouvent sans peine des prostituées et des clubs où on satisfera leurs pulsions avec la plus grande célérité.
L’art des estampes met très largement en scène les scènes de ligotages cruelles et sophistiquées où des bourreaux suspendent dans des cordes de jolies femmes tatouées. La dimension sexuelle n’est jamais absente car les femmes sont nues et les hommes manifestent sans vergogne leur désire des corps ligotés. Le fétichisme est très présent, il se concentre sur les cordes elles-mêmes, mais aussi sur les kimonos de soie et les écolières en chaussettes et robe plissée.
Comme on l’aura vu, la pendaison est beaucoup plus qu’un supplice. Elle plonge ses racines dans l’histoire judiciaire, dans les mythes magiques et dans les pratiques érotiques. Un vieux dicton affirme que tout homme a un roi et un pendu dans ses ancêtres. C’est peut-être pour cela que beaucoup d’hommes (et de femmes aussi) éprouvent une fascination pour la pendaison faite d’horreur et d’attirance.
Ce goût prononcé pour la pendaison des sadomasochistes et des fétichistes de tous poils n’a rien à voir avec une position en faveur ou non de la peine de mort. La pratique sexuelle de la pendaison se détache complètement de la réalité du supplice et de son contexte socio-politique. Cela n’est pas un fait récent car les utilisations et représentations de la pendaison dans les œuvres du passé est souvent également détachée de la réalité judiciaire pour mieux exprimer une vision symbolique, esthétique et érotique des auteurs. C’est quand cette distinction n’opère plus que le BDSM devient une pratique dangereuse et aux implications potentiellement criminelles.
Le sadomasochisme conduit fréquemment à représenter des punitions, des tenues et des supplices qui effacent le corps, le rendent dépendant et dévalorisé. La laine est une matière d’élection en ce qu’elle masque le corps tout en le faisant régresser dans son épaisseur. Ambiguë, elle protège tout en aliénant. Son ambivalence se marie bien entendu avec celle de la pendaison qui marie érotisme et châtiment. Tous les amateurs de pendaison n’aiment pas la laine, tous les amateurs de laine n’aiment pas forcément la pendaison. Mais, curieusement, ils se révèlent assez souvent au détour des sites de rencontre. Beaucoup d’entre eux sont surpris de ne pas être les seuls à éprouver cette double attirance.
L’ÉJACULATION
Un jour qu’un messager se précipitait au pied de la potence en brandissant la grâce du condamné signée par le roi, le bourreau lui répondit. : « trop tard, il a éjaculé ! ».
Il ne fait aucun doute que la pendaison fait bander et souvent éjaculer. Comme on l’a dit, c’est la source du mythe de la mandragore qui pousse au pied des gibets de la semence des suppliciés.
C’est aussi ce qui justifie que beaucoup de sadomasochistes s’intéressent particulièrement à la pendaison dans l’espoir de cette jouissance. C’est aussi, encore, ce qui justifie l’attitude de bien des condamnés qui ne craignent pas d’être pendus car ils espèrent cette jouissance.
Et on peut clairement la voir sur le corps de pendus en train de se débattre, le corps convulsé, les genoux remontant vers le haut dans une longue vibration. Une bosse apparaît clairement à la place du sexe.
Deux questions se posent.
La première est de savoir si le pendu ressent cet orgasme qui se produit dans un grand nombre de cas, surtout quand on hisse le condamné ou que sa chute est très courte. Le pendu se débat puis lentement l’érection apparaît. La sent-il, se sent-il jouir ?
La seconde est de savoir pourquoi la pendaison provoque cette réaction érotique. Pourquoi le pendu bande-t’il et éjacule-t’il ?
Les spécialistes sont très divisés sur les réponses à ces deux questions et rares sont ceux qui peuvent y répondre d’expérience. Certains pendus qui ont réchappé à leur supplice racontent qu’après un moment de souffrance et d’angoisse, ils ont ressenti un sentiment de plénitude. Les sadomasochistes se font éjaculer au bout de leur corde, mais c’est le plus souvent en raison d’une masturbation menée par eux-mêmes ou leur partenaire. Les dominatrices qui pratiquent ce jeu ne pendent leur sujet qu’une fois qu’il s’est mis à éjaculer. Ce n’est pas du jeu.
La jouissance du pendu ressemble à celle du noyé qui meurt d’hydrocution. Il arrive qu’on la ressente quand on se baigne dans une eau trop froide.
Il est probable que cette éjaculation se produit dans un état de conscience altérée, au bord de l'évanouissement.
La réponse à la seconde question est tout aussi difficile à cerner. Ce qui provoque l’érection et la jouissance divise les experts. Il en est qui affirment que l’érection n’est due qu’à l’afflux du sang dans le bas du corps en raison de l’arrêt du cœur. Il n’y aurait donc pas de jouissance. Mais cela n’explique pas l’éjaculation. D’autres pensent à une réaction neurologique qui est provoquée par la traction sur les vertèbres cervicales et aussi par une pression du le nerf vagal. Dans ce cas, il y aurait jouissance, mais pas forcément consciente puisque le système nerveux est lésé. Une troisième explication est liée à l’anoxie cérébrale provoquant un réflexe de survie, comme l’arbre qui meurt projette sa semence pour renaître plus tard en d’autres arbrisseaux. Et là, on entre dans un univers magique où la jouissance aurait toute sa place.
On peut aussi se demander si cette réaction très visible chez les hommes se retrouve chez les femmes. Ce qui expliquerait que certaines femmes adorent être pendues.
Il n’en demeure pas moins vrai que la pendaison, contrairement à tous les autres supplices, est fortement liée à l’érotisme et que ce lien est connu depuis des siècles, faisant de ce supplice un des plus appréciés par les victimes comme par les spectateurs.
La jouissance due à la privation d’oxygène peut être reliée à la sensation d’étouffements que certains recherchent en s’enfermant la tête dans d’épaisses cagoules que nous préférerons en grosse laine. C’est ainsi que les jeux de pendaison s’agrémentent le plus souvent de cagoules ou, parfois, même d’épaisses couvertures couvrant tout le corps.
Il est très possible que la jouissance du pendu soit de diverses sortes qui se combinent entre elles au gré des circonstances et des méthodes employées.
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LA PENDAISON MODERNE
Dès la fin du XIXème siècle, la pendaison traditionnelle où un public nombreux se repaissait des soubresauts d’un condamné à la langue gonflée et le sexe dressé, disparaît au profit d’une prétention hygiéniste qui la prive de son public au profit de témoins compassés. Cagoulé, ligoté, le condamné est amené sous la corde qu’on ajuste avant d’ouvrir une trappe qui le fait chuter d’une hauteur calculée pour lui briser la nuque sans le décapiter. La mort est supposée immédiate et le spectacle ne dure quelques instants. Ce type d’exécution est volontairement rendu aseptique, furtif, indifférent.
Les dignitaires nazis et les criminels de guerre japonais finirent ainsi au fond de trappes, le cou brisé par de grosses cordes de chanvre. Certains survécurent un peu à la chute et se débattirent un moment en grognant. Mais la justice était expédiée avec la bonne conscience de sa préparation scientifique.
En Pologne et dans les autres pays de l’Est, on préféra pendre les criminels nazis de manière plus simple et plus visible, précipitant tous les suspects de l’arrière de camions pour les voire s’agiter dans leur asphyxie.
Ce type de pendaison est né de visions humanitaires de la mise à mort. Quitte à exécuter, il convient de le faire proprement. Ce type de pendaison est encore en vigueur dans plusieurs pays tels que le Japon ou le Koweït.
Cette forme d’exécution nie la dimension spectaculaire et ambiguë de la pendaison dont l’objectif était de provoquer une agonie. La dimension érotique y est proscrite.
La pendaison ordinaire, celle qui a prévalu pendant des siècles avec son cortège de cruauté et de sexe a également traversé le temps et est en vigueur dans les pays qui recherchent la souffrance du supplicié.
On la retrouve à l’infini dans l’Allemagne nazie où être pendu suppose une souffrance qui fera le bonheur des bourreaux. On la trouve aussi en Iran où l’on cherche à provoquer la peur chez les condamnés, mais aussi chez le public.
Il ne fait aucun doute que la pendaison pratiquée ainsi par des autorités au sadisme revendiqué provoque la compassion, mais aussi, chez beaucoup, un sentiment ambigu d’excitation érotique. Dans tous les cas, il ne s’agit pas seulement de tuer, mais de faire souffrir et de provoquer un effet de peur dans le public.
Les nazis pratiquaient la pendaison systématique des partisans et n’hésitaient pas à pendre en public des femmes et des enfants dans des mises en scène macabres où la mise à mort était secondaire par rapport à l’exhibition du danger à s’opposer à leur présence.
Mais en fait, on sait que beaucoup de soldats allemands se masturbaient durant les pendaisons qu’ils photographiaient. Il n’est pas douteux que les mollahs iraniens à la sexualité perturbée tirent un plaisir érotique à pendre leur jeunesse et à contempler leur longue agonie devant une foule hystérique haranguée par des haut-parleurs.
Contrairement à la pendaison « moderne », ce type de pendaison se fait souvent en « grappes » où plusieurs condamnés sont exécutés en lignes où les pendus se bousculent en se débattant.
Tout à l’opposé de la pendaison hygiénique du long drop, cette pendaison mise sur la durée, le spectacle, sur les gesticulations et le visage congestionné des suppliciés. C’est la pendaison des tyrans et des peuples rendus fous par des idéologies et des religions dévoyées.
C’est aussi la pendaison des lyncheurs qui n’ont besoin que d’une corde et d’un arbre pour exécuter les noirs séditieux devant une foule enthousiaste avide de voir le malheureux s’étrangler lentement.
Elle nous vient en droite ligne du bas Moyen Âge où on la pratiquait exactement dans les mêmes conditions, avec les mêmes buts, pendre et étrangler jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Et c’est précisément cette pendaison que l’on retrouve dans les jeux sadomasochistes où la jouissance vient de la lenteur de la strangulation tandis que les pieds ont quitté le sol.
Et il n’est pas rare que des suicides par pendaison ne soient que le résultat malheureux de jeux érotiques imprudents. Les amateurs de pendaison érotique pratiquent le plus souvent en secret et finissent souvent au bout de leur corde. Ceux qui les retrouvent préfèrent parler de suicide que de jeu érotique qui aurait mal tourné.
Dans ces jeux, les amateurs de pendaison aiment que leur bourreau soit une femme, une dominatrice qui se dévoue à leur plaisir pendant qu’ils s’étranglent au bout d’une corde. Il y a dans ce jeu de pendaison une sorte de métaphore de l’acte sexuel qui augmente considérablement la jouissance.
Cela évoque la notion de bourrelles qui, dans les faits n’ont guère existé au cours de l’histoire. Ce métier étant avant tout dévolu à des hommes que l’on voulait robustes et sans scrupules.
Toutefois, pendant la période nazie, de nombreuses femmes se commirent à jouer le rôle de bourrelles dans les camps de concentration. Particulièrement sauvages, ces femmes, souvent très jeunes, se plaisaient à supplicier les déportés et à participer à leur pendaison.
A La fin de la guerre, beaucoup furent prises par les troupes alliées et par les peuples libérés. La plupart finit au bout d’une corde dans un juste retour des choses.
LES MILLE FORMES DE LA PENDAISON
Si l’on excepte la pendaison avec long drop qui est supposée rompre les vertèbres instantanément et provoquer la mort pour autant qu’on a utilisé une corde suffisamment solide, peu élastique, placée sous l’oreille gauche, avec une chute en rapport avec le poids du condamné, la pendaison revêt d’innombrables aspects qui dépendent de la corde, du nœud, de la manière de pendre, de la potence et de la place du nœud autour du cou.
Pour commencer, la place de la corde autour du cou, en particulier le nœud, joue un rôle majeur.
Placé sur la nuque, la corde va comprimer la trachée, bloquer les artères et les veines, repousser la langue et presser sur le nerf vague. Le pendu perd conscience rapidement, sa langue sort, il bande et éjacule et meurt sans gesticuler au bout de sa corde. Placée sous le menton, la corde ne produit aucun des effets qu’elle a quand elle est placée sur la nuque, ou tout au moins, les atténue considérablement. Le pendu se trouve en souffrance tout en respirant encore. Il se débat, convulse et donne des secousses avec ses jambes, ce qui a pour conséquence resserrer le nœud, provoquant une lente strangulation. La mort ne surviendra qu’au bout de longues minutes, parfois un quart d’heure. Les effets érotiques sont provoqués par la pression de la corde sur le cervelet dont on sait qu’il provoque une éjaculation réflexe quand il est lésé. C’est la forme de pendaison la plus cruelle car l’agonie dure particulièrement longtemps.
La corde peut aussi être sous l’oreille gauche, ce qui bloque le retour veineux et conduit à l’accumulation du sang dans la tête, provoquant une cyanose du visage. La langue sort, la réaction érotique est possible. On parle de pendu noir. Placée sous l’oreille droite, la corde bloque l’arrivée du sang, l’inconscience vient rapidement par anoxie cérébrale. Le visage du supplicié se vide de son sang. On parle de pendu blanc.
Bien entendu, les bourreaux expérimentés savent où placer la corde quand ils cherchent à hâter la mort ou la retarder pour le plus grand plaisir de l’assistance.
La taille de la corde joue aussi un rôle, plus mince, elle comprime plus le cou, tandis que plus grosse elle répartit la pression et ralentit l’agonie. La taille du nœud est aussi importante. Le nœud de pendu coulisse difficilement tandis qu’une simple boucle va produire une rapide strangulation.
La longueur de la corde joue un rôle dans son comportement. Une corde trop élastique le deviendra encore plus lorsqu’elle est longue. Dans bien des circonstances, les suppliciés pendus montent et descendent comme des ludions dans leur trappe. Les cordes de chanvre, quand elles n’ont pas été bouillies, les cordes de coton ou de nylon utilisées en Iran sont aussi très élastiques. Il arrive parfois qu’un pendu, que l’on a fait tomber de son tabouret, se balance un instant en se débattant. Puis ses pieds touchent le sol et le malheureux demeure ainsi, à moitié pendu, les pieds sur le sol. Son agonie sera interminable car la strangulation est devenue inefficace. Cela arrive assez souvent et les bourreaux n’ont guère de solution pour mener à bien le supplice, sinon de détacher le pendu et le rependre avec une corde plus courte.
Les nazis comme les Iraniens profitent souvent de cette élasticité pour rendre la pendaison plus cruelle et plus spectaculaire pour les spectateurs qui peuvent voir le pendu s’étouffer bien plus lentement. C’est aussi un phénomène qui intéresse les sadomasochistes qui bénéficient d’un étranglement moins brutal.
Un bourreau expérimenté peut intervenir sur ces paramètres pour agir sur l’exécution et faire qu’un pendu meure vite ou lentement. L’objectif est toutefois d’obtenir un beau pendu avec une langue bien sortie et des convulsions spectaculaires.
Il lui suffira de placer la corde au bon endroit pour que l’agonie du condamné soit courte ou longue. Dans les jeux sadomasochistes, le danger sera d’autant plus grand qu’on ne tiendra pas compte des facteurs qui interviennent dans la pendaison. En général, le caractère spectaculaire et fétichiste intervient pour choisir une corde plus grosse et un nœud coulant plus imposant. Mettre la corde sur la nuque provoquera aussi bien l’éjaculation que la perte de conscience…
Mais il n’y a pas que la position de la corde qui joue un rôle important dans le supplice. La façon dont le condamné est pendu compte tout autant. Deux façons de pendre peuvent se produire. La première consiste à faire tomber le pendu d’un support. Dans la pendaison médiévale, il s’agit d’être jeté sous l’échelle ou de basculer du « monte à regret ». Cela produit une secousse brutale qui resserre le nœud coulant et augmente la strangulation. C’est aussi le cheval qu’on fouette dans les westerns. Tout l’art de ce type de pendaison est de provoquer une chute qui ne tue ra pas le condamné car on veut le voir se débattre au bout du nœud coulant. A la place du tabouret ou de l’échelle, on voit souvent des pendus tomber de l’arrière d’un camion et se balancer à la potence. Mais, à défaut, on les fait tomber de caisses de boisson.
L’autre manière de pendre, la plus simple, consiste à hisser le condamné et de le laisser se débattre au-dessus du sol. Dans ce cas, il n’y a pas de chute et seuls la corde et les spasmes du supplicié vont mener le supplice à son terme.
Plutôt que de hisser manuellement les pendus, les Iraniens utilisent des camions grues qui permettent de hisser le pendu très haut et de permettre à une grande foule d’assister au supplice.
Hisser le pendu est la méthode la moins dangereuse des pendaisons érotiques car il est plus facile de relâcher la corde en cas de détresse. De plus, avec un nœud avec blocage ou coulissant difficilement, on ralentit la strangulation.
Il existe aussi une méthode de pendaison assez rare qu’on appelle pendaison à l’autrichienne. Au lieu d’être pendu à une potence, le condamné est hissé à un poteau, puis relâché après qu’on lui a passé un nœud coulant. Un aide serre les jambes du condamné pour éviter les convulsions.
Cette méthode a pratiquement disparu avec la disparition de la peine de mort dans les Balkans et en Autriche. Mais elle a été longuement pratiquée jusqu’à la fin de la seconde Guerre Mondiale.
L’utilisation de cagoules est très fréquente. Elle permet de ne pas voir les grimaces des suppliciés. Mais on peut aussi imaginer que la cagoule contribue au supplice masquant le condamné à la vue du monde qui le met à mort.
La pendaison moderne avec long drop y recourt systématiquement tandis qu’on se contente de bander les yeux des pendus iraniens.
Mais on se rend compte que, jadis, dans les Balkans, on pendait les condamnés dans des sacs et que dans certains pays du Moyen Orient, on les exécute enveloppés et ligotés dans des couvertures qui serviront à les enterrer.
Le pendu est masqué, il ne devient plus qu’un poids mort agonisant hors du monde visible. Encore une fois, la pendaison est un supplice ambigu qui se donne à voir tout en se dissimulant.
Et cette ambiguïté existe depuis la nuit des temps et dans tous les pays. Étrangler, tant par la pendaison que par d’autres moyens, doit se voir, doit exhiber ses effets et la souffrance du supplicié pour plaire aussi bien au peuple, aux dieux, ou, aussi aux partenaires sexuels.
Les pendaisons simulées jouent considérablement sur cette apparence du pendu en état de souffrance.
On voit ainsi se montrer des victimes de pendaison étouffant ou en extase sexuelle au bout de leur corde. Bien entendu, cela s’entend quand on opte pour une pendaison nue et sans cagoule.
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LA CULTURE DE LA PENDAISON
Bien des expressions courantes et des superstitions nous viennent des pendus. On n’aime pas passer sous une échelle, non pas pour éviter la chute d’un pot de peinture, mais parce que « passer sous l’échelle », c’est être jeté dans le vide par le bourreau après qu’il nous a passé le nœud coulant. « En baver » fait référence au fait que les pendus bavent abondamment en s’étranglant.
Les pendus étaient partout. On pouvait être pendu pour le moindre des larcins, souvent justifié par la misère et la faim. Les potences étaient souvent plantées aux croisements de rues, sur une petite estrade. Le passant pouvait regarder le pendu se débattre en allant faire son marché. Le cadavre se balançant laissait indifférent. On le montrait aux enfants pour les faire mieux se comporter.
La pendaison ne fait pas peur, elle fait partie de la vie. On ne regarde les exécutions qu’à l’occasion, quand on connaît le condamné ou qu’il jouit d’une certaine réputation. On amène les enfants pour qu’ils voient ce qui attend ceux qui se conduisent mal. L’exécution est en général vite expédiée. Le condamné est amené, les mains liées dans le dos. On le fait monter sur l’estrade, puis sur le tabouret, le monte à regret, le bourreau lui passe le nœud coulant et, d’un coup de pied, renverse le tabouret. Le condamné tombe et la corde se serre. Il s’étrangle lentement en agitant les jambes, tentant de ramener ses mains devant lui. Chaque secousse resserre la corde et sa langue sort, toute gonflée de sa bouche. La bave coule. Parfois, de bonnes âmes viennent l’attraper par les jambes pour le tirer par secousses et hâter sa mort. Il a été pendu dans la tenue qu’il portait quand on l’a arrêté, en général un surcot et des chausses. Il est interdit de lui voler ses vêtements et le corps est gardé tant qu’il n’est pas détaché de la potence. Pourtant, la nuit, des âmes grises lui voleront ses chausses et on le retrouve les jambes nues au matin.
C’est ce que l’on voit sur le détail du tableau de Pisanello. Le jour de leur pendaison, ils portent des chausses colorées. Peu de temps après leurs chausses ont glissé, puis, plus tard encore, elles ont été dérobées et ils ont les jambes nues.
Pendant la nuit, aussi, pour quelques deniers, les sorcières du coin viennent gratter le sol et récolter la semence qu’il a éjaculé pendant sa strangulation. Tout un commerce obscur se fait autour des nombreux pendus de la capitale. On vend aussi des brins de la corde, ils portent bonheur et rendent les femmes fertiles. Durant les exécutions, les ribaudes proposent leurs mains à des hommes excités qui viennent jouir en regardant le supplice. On ne s’émeut pas de devoir être pendu car elle fait partie du quotidien et du destin du peuple. Il vaut bien mieux être pendu et étranglé que roué, bouilli ou décapité.
Il en va différemment pour les pendaisons royales qui ont lieu place de Grève où trois hautes potences, dont une double, se dresse à près de huit mètres du sol. Là, ce sont des pendaisons judiciaires exécutées après jugement au nom du roi. On y exécute des bandits célèbres et toute une foule vient assister au supplice.
Le condamné est amené dans une charrette, en longue chemise et les jambes nues ou vêtues de chausses. Il porte au cou trois cordes de chanvre. Deux d’entre elles sont assez épaisses et ont des nœuds coulants, ce sont les tortouses. La troisième corde, plus fine est juste attachée à son cou et servira à tirer le condamné et à le faire tomber de l’échelle, c’est le get.
Le bourreau attend près d’une longue échelle. Quand le condamné arrive, il se saisit des trois cordes et en s’aidant du get, il fait monter le condamné vers le haut de l’échelle. Il attache les tortouses au bras de la potence. Pendant ce temps, l’aide du bourreau a aussi gravi les barreaux de l’échelle. Il attache les jambes du condamné pour éviter l’indécence des convulsions. Mais cela n’est pas toujours le cas. C’est pour cela que l’on voit bien, d’en bas, l’érection des pendus.
Le condamné est tiré dans le vide avec l’aide du get et il se retrouve pendu à plusieurs mètres du sol. Si on ne l’a pas condamné à être étranglé et pendu, le bourreau et son aide peuvent monter sur ses épaules, sur ses mains liées ou en le tenant par les jambes, le secouer assez vigoureusement pour qu’il meure plus vite. Mais c’est loin d’être la règle générale et la foule adore que le supplicié dise la messe avec ses pieds.
En général, les exécutions attirent une foule nombreuse et avide de sang. Les pendaisons sont plus banales, moins sanglantes, mais leur public nombreux est souvent animé de sentiments érotiques troubles que les prostituées se pressent de satisfaire pour quelques sous. Les spectateurs sont attentifs pour repérer l’érection des suppliciés et l’on se satisfait de voir la semence tomber sur le bois de l’échafaud, parfois avec de la pisse et des excréments. Mais, contrairement à ce qu’on dit, les pendus pissent chient rarement alors qu’ils éjaculent deux fois sur trois.
Il demeurera ainsi, au bout de ses cordes jusqu’au lendemain où on viendra le détacher pour l’emporter aux fosses du gibet de Montfaucon. Pendant la nuit, malgré la garde, il aura été dépouillé de ses vêtements et de tout ce qu’on aura pu lui voler.
Les pendaisons publiques sur la place de Grève auront lieu jusqu’à la Révolution où la guillotine remplacera le trouble plaisir de la corde par la brutalité de la décapitation.
Alors que les femmes, prostituées et sorcières, fréquentent les potences et les gibets, il est considéré comme inconvenant de les pendre. On préfère grandement les enterrer vivantes. L’Esméralda de Victor Hugo aurait eu peu de chance d’être pendue.
Toutefois, il est courant de pendre les femmes dans d’autres régions et d’autres pays. On se contente de leur lier les jambes par-dessus leur jupe pour éviter que l’on voie leurs parties intimes. Il n’en demeure pas moins évident que les pendaisons de femmes sont plus rares, sauf quand l’Angleterre se décide à les pendre à tour de bras au XVIème et XVIIème siècle.
Cette pratique sera largement exportée en Amérique comme nous le rappelle le sort des Sorcières de Salem.
LITTÉRATURE
La pendaison a grandement inspiré les auteurs et les artistes. Bien entendu, cela commence avec Villon, mais, au XVIIème siècle Sade et d’autres auteurs érotiques feront référence à la sensualité de la pendaison.
Puis, à l’époque romantique, elle revient en force sous l’alibi de sa dénonciation, mais aussi ouvertement pour exalter la fonction sexuelle. On la retrouve sous la plume de Musset dans Gamiani. Rimbaud lui consacrera un de ses poèmes les plus inspirés.
La pendaison prend une dimension onirique et violemment sexuelle et on la retrouve plusieurs fois sous la plume d’écrivains qui se repaissent de la décrire dans ses détails d’autant plus excitants qu’ils sont atroces.
Nerval se pendra, Baudelaire en parlera avec mépris. Charles Dickens en parlera dans Oliver Twist. Les romantiques se repaissent de l’ambiguïté de ce supplice.
Peu à peu, la pendaison réelle se distingue de la pendaison romantique et érotique. En Angleterre on trouvera bientôt des clubs de pendus où d’élégant gentlemen se feront pendre jusqu’au plaisir par d’expertes prostituées.
La pendaison habite les arts sans masquer sa dimension érotique dans le cinéma, la littérature et la bande dessinée. Ridley Scott manque rarement d’insérer une scène de pendaison dans ses films.
William S. Burrough, un des écrivains essentiels de la Beat Generation, consacre un ouvrage entier à la pendaison érotique intitulé « les Cités de la Nuit Écarlate » en 1981. Le livre parle d’un monde futur où la pendaison est devenue un art de vivre et de mourir. La dimension sexuelle est fortement mise en évidence, sans aucun détour. Le livre est aujourd’hui assez difficile à trouver et apparaît de façon assez discrète dans les biographies d’un auteur qui avait la réputation d’être un provocateur patenté.
Bien entendu, on la retrouve dans la littérature, soit la littérature historique qui se repaît de la décrire, soit la littérature érotique qui en fait un instrument de jouissance.
Margaret Atwood multiplie les scènes de pendaison dans la Servante Écarlate. Ce que reprennent largement les films et séries qui en ont été tirés.
La bande dessinée historique ne manque jamais de nous proposer des pendaisons riches en détails plus ou moins inventés et parfois nettement érotisés.
Certains artistes en font un sujet central de leur expression.
Giotto, Botticelli, Pisanello, Léonard de Vinci et d’autres peintres italiens ont représenté des pendus au détour de leurs tableaux
Léonor Fini réalisa toute une série de planches d’eau forte représentant des pendus avec un clair souci d’érotisme. L’art aime bien l’esthétique trouble des potences et des pendus agonisants.
La pendaison est devenue un sujet d’expression artistique qui repose presqu’entièrement sur la collusion entre l’érotisme et la cruauté du châtiment. Elle abandonne le réalisme et la violence du supplice réel pour s’attacher à la jouissance de l’agonie.
Bien entendu, pour autant qu’elle est un sujet sous-jacent de nombreuses œuvres, elle est stigmatisée par la morale et l’idéologie de l’époque globalement hostile à la peine de mort. Il faut un alibi, il faut se dissimuler. C’est peut-être ce caractère transgressif qui la rend plus excitante.
Peu à peu, elle se dissimule dans les milieux sadomasochistes, en particulier dans les pays germaniques et anglo-saxons. Et par un retour des choses, l’acceptation de plus en plus ouverte du BDSM fait qu’elle revient par la porte dérobée des sexualités atypiques.
Dans toutes les bibliothèques bien tenues des derniers siècles il était d’usage de disposer de ce qu’on appelait un ENFER. C’était une partie, peu accessible aux yeux innocents, qui était destinée à la littérature et aux essais sur le sexe, la magie et la mort. On y rangeait les ouvrages censurés et les textes et estampes représentant des scènes contre la morale et la bienséance. Sade y occupait une bonne place, mais aussi des ouvrages rares où la pendaison érotique tenait une place de choix.
Beaucoup d’auteurs des XVIIIème et XIXème siècles ont consacré une part discrète de leur œuvre à rédiger des ouvrages strictement destinés à l’enfer des bibliothèques. Ces ouvrages se vendaient fort cher.
Ils y prenaient un malin plaisir à mêler le sexe aux supplices et les pendus y apparaissaient en bonne place.
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LE BOURREAU
Le bourreau, ou, plus précisément, le « bourrel », était « l’exécuteur en chef des arrêts de justice ». Il était chargé de l’exécution des arrêts de haute et de basse justice, c’est-à-dire des mises à mort et des tortures et mutilations.
Il existe toute une mythologie des bourreaux, tant dans leurs vêtements (la cagoule), que dans leur statut (famille d’exécuteurs fameuses et prospères). En fait, il n’en était pratiquement rien. Le bourreau était souvent un ancien criminel, un boucher ou un bourrelier, que l’état réquisitionnait pour exécuter les condamnés.
La profession de bourreau ne devient mieux définie qu’à partir du XIIIème siècle, quand le nombre d’exécution augmente considérablement. Avant, le bourreau était désigné pour exécuter les assez rares condamnations à mort du haut Moyen Âge.
La pendaison représentait 70% de son activité de bourreau. Il devait prendre soin des potences et des cordes. Il était aussi chargé des tâches de voirie et d’équarrissage.
Sa tenue devait bien le distinguer, souvent un costume à rayures rouges avec l’insigne d’une potence ou d’une hache. En général, il ne portait pas de cagoule. Dommage pour le mythe …
Il portait souvent des chausses de laine ou de cuir rouge et un chapeau qui ne cachait pas son visage.
Le bourreau était une personne réprouvée, impure, qui polluait tout ce qu’il touchait. Le pain qu’on lui destinait était retourné et il avait droit de prélever sur les marchés tout ce qu’une grosse main de bois qu’il portait pouvait contenir. C’était ce qu’on appelait le droit de havage.
Le bourreau était un solitaire et le mythe des familles de pères en fils n’a pas vraiment existé durant le Moyen Âge. Cela explique que la fameuse habileté des bourreaux à exécuter n’est pas forcément vrai.
Être bourreau devient une fonction mieux représentée à la fin du XVIIème siècle où il devient un serviteur du roi pour une charge qui lui est attribuée. Après la Révolution, il deviendra un fonctionnaire.
La mythologie des bourreaux est plus attrayante que la tristesse de son état au Moyen Âge où, entre le condamné et le bourreau, il y en a un qui a choisi le bon bout de la corde.
L’avantage de la pendaison était qu’elle était difficile à ne pas réussir, ce qui n’était pas le cas d’autres exécutions comme la décapitation.
Au XXème siècle, les bourreaux revêtiront des uniformes militaires, des costumes de ville avec chapeau. En Iran, on voit reparaître des cagoules, sorte de résurgence du mythe du bourreau masqué.
Bien entendu, la mythologie du bourreau l’emporte de loin sur cette terne réalité historique, surtout chez les amateurs de pendaison érotique qui se voient bien plus volontiers étranglés par un exécuteur (ou une exécutrice) parés de tous les attributs qui forment l’imaginaire du bourreau.
Dans ce cas, reparaissent les grandes cagoules et les vêtements qui sont tous des métaphores de la cruauté sans frein. Le noir, le rouge, le cuir, les clous … Les longues chausses de laine rouge sombre sont un des attributs que certains apprécient particulièrement, surtout quand le bourreau s’installe sur vos épaules pour hâter la strangulation.
LE CORTÈGE DES PENDUS
Le trajet vers le gibet jouait un rôle important dans le processus d’exécution. Il s’agissait souvent de parcourir plusieurs kilomètres pour se rendre à Montfaucon ou à Tyburn. Aller de la prison à la potence faisait l’objet d’une procession d’autant plus lente que le cortège devait se frayer un passage au milieu de la foule venue voir de près les condamnés, pour huer, leur jeter des détritus ou, parfois aussi, leur manifester pitié et sympathie.
Le chemin entre Newgate et Tyburn était bordé de pubs où l’on faisait halte et où on buvait de la bière. Ce qui faisait qu’à leur arrivée à la potence les bourreaux comme les condamnés étaient fin saouls.
Le trajet vers Montfaucon était moins riche en libations, mais des religieuses distribuaient aux futurs pendus du pain et du vin, une tradition qui devait être respectée pour que les choses se passent dans les règles et les usages.
Il en allait de même place Grève, même si le cortège allait bien moins loin, du Grand Chatelet aux hautes potences royales.
Quand il s’agissait de pendre au coin d’une rue un larron pris sur le fait, rien ne dit si on se livrait à des libations.
Se rendre à la potence était donc un cérémonial relativement débonnaire. Plutôt que de la solennité, les pendaisons, surtout quand on allait pendre plusieurs condamnés, étaient des fêtes où le macabre se mêlait aux excès de boisson et de toutes sortes de pratiques obscènes et malhonnêtes.
Les ribaudes accompagnaient les étudiants et les truands en quête de sensations. Les bourgeois curieux se faisaient larciner par tout ce qui pouvait provenir des cours des miracles.
Les condamnés, leurs bourreaux et le cortège des spectateurs se connaissaient souvent, venaient des mêmes milieux, certains avaient simplement écopé du mauvais côté de la corde.
Les cortèges étaient en général escortés de soldats armés qui veillaient à ce que rien ne dégénère. Les excès de boisson et les sentiments plus ou moins violents entre les condamnés, les bourreaux et l’assistance pouvaient souvent dégénérer en batailles rangées.
Paris, comme Londres, ou toutes les capitales d’Europe étaient de véritables nids de délinquance et de violence. En ces périodes de guerre, de grand froid, de peste et de violence générale, la mort et la superstition faisaient bon ménage et les exécutions étaient des événements expiatoires qui détournaient le public de l’âpreté des temps.
La pendaison elle-même était le couronnement de cette bacchanale qui durait une grande partie de la journée.
Ces cérémonies disparurent avec le XIXème siècle et la transformation des exécutions en processus administratifs aux règles sèchement édictées par des fonctionnaires ans âme.
Aujourd’hui, en Iran, on assiste à de tels événements. La foule accompagne les pendus, pousse des hurlements pendant l’exécution. Les condamnés saluent leur public avant d’être hissés par leur grue. Le pire qui puisse arriver est que l’on soit exécuté dans une pièce isolée, s’étranglant dans le silence sans personne pour regarder et participer.
Entre la pendaison expéditive des manants aux potences des carrefours et les grandes cérémonies des gibets, il existe une bien plus grande distinction que la rapidité du supplice. Les grandes pendaisons publiques participaient de la vie sociale. Finir au gibet était le destin des criminels qui tiraient gloire et sentiment d’immortalité en étant pendu en grande pompe dans une fête populaire. Se bien comporter face à la corde clôturait l’existence d’un truand par un acte d’héroïsme. Éjaculer en public, c’était presque faire l’amour à la foule.
On notera que dans ces scènes de pendaisons ne faisaient que peu appel à la religion. En dehors des religieuses qui distribuaient une dernière collation, les pendus avaient rarement droit au secours de l’Église. Ce n’est qu’après de longues années qu’on érigea une croix près de Montfaucon. Les pendus n’étaient pas inhumés en terre consacrée.
La plupart s’en fichaient complètement.
L’absence de religion sur les lieux de pendaison ouvrait la porte à toutes les manifestations païennes et obscènes. Les ribaudes faisaient leur affaire à tous les spectateurs excités par la corde, les magiciens de tout poil menaient leurs expériences au parfum de souffre, les sorcières cueillaient la mandragore et en vendaient des racines aux badauds naïfs. Les larrons vidaient les escarcelles avec un talent que la fascination pour les convulsions des pendus ne rendait que peu nécessaire.
On amenait aussi les enfants pour leur faire entrevoir leur destin s’ils suivaient la route des voleurs. Les voleurs de cadavres attendaient patiemment que la foule se disperse pour dépouiller les pendus et revendre leur butin.
Pour ces mille raisons, les alentours des gibets étaient terriblement mal famés. Tant parce que le lieu était insalubre et puant que parce que tous ces métiers douteux s’exerçaient près de du gibet.
On murmurait même que les bouchers (qui exerçaient souvent le métier de bourreau) faisaient d’excellents pâtés avec de la chair de pendu et qu’on servait de telles terrines avec du mauvais vin dans les tavernes borgnes qui entouraient le lieu d’exécution.
Ces commerces infâmes dont on ne saurait vraiment prouver comment ils existaient étaient surtout la preuve de l’existence d’une vie occulte où la pendaison jouait un rôle propitiatoire considérable. Ce rôle est à la source, ou au moins participe, à l’image particulièrement riche des gibets et des pendus. La potence serait un miroir inversé et magique de la crucifixion. Ce qui la fait honnir, bien sûr par l’Église qui n’y voit que toutes sortes de manifestations de l’enfer.
C’est, bien sûr, de cet univers maléfique et débridé, en opposition avec la pensée normée, que s’inspirera la littérature et les arts, depuis Sade jusqu’aux romantiques, puis les symbolistes, pour finir dans les créations provocatrices du XXème siècle. Ces utilisations du monde des gibets, à de rares exceptions, exprimeront la trouble fascination pour les pendus et la forte sexualisation des pendaisons. Ce qui, au fond, n’est que la prolongation de l’univers des gibets médiévaux.
Le bourreau, la victime, le spectateur et la sorcière se confondent dans un personnage hybride en quête de sensations terribles et délicieuses sublimées par les sentiers ténébreux de l’imagination.
Quand les sadomasochistes d’aujourd’hui sont tentés par la pendaison, c’est parfois pour la simple expression sexuelle d’un supplice érogène, c’est aussi, bien souvent, pour l’expression de ce cortège complexe de magie et de cruauté enfoncé comme la mandragore dans l’inconscient collectif.
Le gibet est le sexe dressé de l’instinct de mort.
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LA PLACE DES GIBETS DANS L’HISTOIRE
On associe souvent la pendaison à certaines époques et certaines cultures. Ainsi, on l’associe sans peine au Moyen Age, à l’Angleterre, aux westerns, çà l’Iran et au nazisme. Toutes ces références sont liées à la fréquence et la facilité des pendaisons à ces époques et dans ces pays.
Mais la représentation la plus frappante de la pendaison est moins la potence que le gibet. La potence sert seulement à exécuter tandis que le gibet y ajoute le fait d’exposer. Non seulement exposer les suppliciés, mais aussi le pouvoir. Le roi avait droit à autant de piliers qu’il le voulait, le duc avait droit à huit piliers, le comte quatre, et ainsi de suite. Le gibet n’était pas seulement un lieu d’exécution, c’était un lieu d’exposition des suppliciés qui avaient été pendus, décapités, écartelés sur les échafauds de la capitale et de ses enivrons. C’était un leu de mise en scène où les corps étaient exposés selon des mises en scène visant à mettre en valeur le statut du condamné et l’ignominie de ses crimes.
C’est au Moyen Âge que se développe le concept de gibet. Avant, on se contentait d’exécuter, de de montrer l’atrocité du supplice. Désormais, le gibet s’inscrit dans la permanence, ceux qui y sont pendus y demeurent jusqu’à leur complète décomposition et leur chute dans la fosse aménagée entre les piliers. Cette exposition durera jusqu’au XVIIème siècle, quand la fascination de la mort perdra peu à peu son sens.
Mais quand on parle de Moyen Âge, on fait allusion à une période qui va de la chute de Rome à la fin de la Guerre de Cent Ans, une période presque mille ans. Et cet immense âge se divise, habituellement, en deux grandes époques : le Haut Moyen Âge qui va de 476 au XIIème siècle ; Le bas Moyen Âge qui commence au XIIème siècle jusqu’à la Renaissance.
Contrairement à ce qu’on imagine souvent, le Haut Moyen Âge n’est en rien une période de violence et de régression culturelle. Au contraire, c’est une époque de grand dynamisme moral, scientifique et culturel. Les cultures romaines, byzantines, arabes, celtes et germaniques se rencontrent, se mélangent et s’enrichissent mutuellement. On se pique de vivre à la romaine, de jouir des raffinements byzantins ou arabes. On est propre car bien des choses se passent dans les étuves qui sont très fréquentées.
On négocie bien plus qu’on ne se fait la guerre, l’humanisme prévaut le plus souvent et la féodalité engendre un réseau de suzeraineté et de vassalité qui équilibre considérablement les relations entre les princes. L’Église joue un rôle modérateur des passions humaines et atténue les pulsions violentes des juges et des gens de pouvoir.
On exécute bien moins qu’on ne l’imagine, commuant les peines en amendes et pénitences. Il y a bien des gibets et des potences, mais moins et plus discrets que ce qui viendra après. Cette période dure près de sept cents ans. Quand même !
Le Bas Moyen Âge est marqué par le développement de la monarchie centralisée en quête de conquêtes, par l’apparition de la peste, par des désordres climatiques porteurs de famines, par les croisades et les hérésies. C’est aussi l’époque de la Guerre de Cent Ans qui a duré plus de cent ans et qui a vu le pays se couvrir de bandes armées avides de crimes divers.
En quelques années, tout ce qui avait fondé l’humanisme et la stabilité du Haut Moyen Âge, s’effondre, s’évanouit, s’inverse. On pense que la peste se transmet par l’eau, les étuves se vident, la saleté s’installe en même temps que la convivialité féodale se perd. L’Église, institution modératrice devient porteuse de guerre (les croisades) et l’intolérance (hérésies, antisémitisme). Le pouvoir royal se centralise et conduit à des guerres et des séditions sans fin. Les désordres climatiques ruinent les récoltes et produisent la misère et la délinquance. Les cours de miracles se multiplient, opposant au pouvoir légal celui d’une pègre débridée et omniprésente. La science cède la place à la superstition et la sorcellerie.
L’ensemble de ces facteurs et bien d’autres, encore, sont à la source d’une justice plus violente et des condamnations bien plus fréquentes et cruelles telles que la roue, l’ébouillantement, le bûcher et le démembrement. Mais la pendaison est le moyen le plus rapide et efficace de se débarrasser d’un condamné. Il faut dire que les prisons sont rares et que le meilleur moyen de punir les voleurs est de les pendre.
Les villes se truffent de potences auxquelles on étrangle la plupart des voleurs qu’on n’a pas voulu essoriller ou mettre au pilori. Pendu, il ne volera plus. La route de Paris à Orléans est bordée de potences en général bien garnies.
On a l’habitude de vivre près des pendus.
François Villon, qui a vécu à Paris à la fin de la Guerre de Cent Ans au milieu des étudiants et des Coquillards, bandits notoires écumant les cours des miracles, a souvent frôlé la potence et a vu beaucoup de ses comparses finir au bout d’une corde.
Il décrit les exécutions avec un luxe de détails dans diverses ballades, dont la fameuse Ballade des Pendus. On y voit à quel point les pendus faisaient partie du monde quotidien des vivants, offrant aux regards la lente dégradation des corps, l’action des corbeaux qui dévorent les yeux, arrachent les cheveux et, en peu de temps dépècent les suppliciés.
Il s’attend qu’un jour « son col saura ce que son cul poise », vue triviale et sans illusion d’un étudiant un rien dévergondé et pas mal voleur.
La familiarité avec le monde des pendus est telle qu’un condamné à qui l’on offre la vie s’il épouse une femme dont il voit qu’elle boîte « attaque bourreau, elle cloque ! » C’est delà que provient l’expression « marié ou pendu ». Le mariage était en effet une cause de grâce dans cet univers du Bas-Moyen Âge, où la mort fait partie du quotidien. On parlait aussi d’épouser la potence, allusion implicite au caractère sexuel de la pendaison.
Dans la crasse terrible des villes, les corps étranglés qui se balancent aux nombreuses potences, déchiquetés par les corbeaux et la vermine, sont familiers, ne font guère peur et ne suscitent guère de pitié.
Au Nord Est de Paris, on bâtit un grand gibet royal. Il en existait bien un avant, mais il était en bois et bien trop petit. Il convient de construire un véritable monument de la justice royale.
C’est le gibet de Montfaucon avec ses seize piliers et ses trois étages de traverses de bois qui se dresse sur un monticule et mesure près de quinze mètres de haut. Chaque traverse possède deux chaînes de fer auxquelles on peut lier une corde pour étrangler ou simplement suspendre un homme pendu ou exécuté ailleurs. Le gibet sert tellement qu’il faut souvent détacher des pendus pour mettre d’autres.
Il existe même tout un protocole dans l’art d’exposer les suppliciés, pendus ou ceux qui ont subi d’autres supplices que l’on expose par morceaux, dans des sacs ou dans des cages. Selon le rang du supplicié, il occupera une place plus élevée, mieux en vue ou non.
Seuls les roués seront exposés à part, sur une roue perchée sur un poteau.
Les pendaisons se font si nombreuses qu’on doit à un certain moment créer des gibets annexes à divers endroits autour de la capitale et dans les villes de province.
Les gibets et les potences deviendront vite des panneaux indicateurs pour les voyageurs à qui l’on dira de tourner à gauche après tellle potence bien en vue.
Le gibet sera souvent réparé ou reconstruit jusqu’en 1630. Puis il sera abandonné, tombant en ruine. Alors qu’il avait été construit loin de Paris, l’agrandissement de la ville fait qu’il est juste à ses portes et la puanteur des cadavres n’est pas pour rien dans son obsolescence.
L’utilité des gibets diminue à la Renaissance, malgré la violence de l’époque qui s’illustre par les guerres de religion et aboutira à la Guerre de Trente Ans. On continue de pendre partout pour n’importe quoi. On se dirige dans les villes en se repérant aux potences dressées aux carrefours.
Aujourd’hui, le gibet de Montfaucon a disparu. A sa place, on trouve à quelque pas de là, le siège du parti communiste qui semble n’avoir pas eu beaucoup de jugement en choisissant un tel emplacement.
On ne pend plus en France, on ne condamne plus à mort. Mais l’idée de la pendaison et de son cérémonial demeure dans la littérature, les jeux sexuels et dans les suicides.
Beaucoup ont un gibet dans le cœur.
TYBURN
Montfaucon est une spécificité française, voire parisienne. Construire un gibet monumental est exceptionnel. On pend dans toute l’Europe à tour de bras, à corde débridée. Mais on ne construit pas de gibets. On se contente de potences de bois plus ou moins grandes.
La plus célèbre est le Tyburn Tree à Londres. Il se situait là où se trouve Hyde Park Corner. Il est demeuré là jusqu’à la fin du XVIIème siècle après plus de six siècles de bons et loyaux services.
C’était un gibet de bois à trois piliers, sans aucun caractère monumental. Il était très fonctionnel et permettait de pendre un bon nombre de condamnés d’un seul coup.
Les condamnés étaient amenés depuis la prison de Newgate dans une charrette, une promenade de plusieurs kilomètres, avec des escales aux nombreux pubs qui bordaient la route.
Une foule de spectateurs de toutes les classes sociales assistait au spectacle avec un enthousiasme stimulé par l’alcool.
Les condamnés avaient les mains liées dans le dos et étaient amenés sous la poutre qui leur était destinée.
Une fois la corde serrée autour de leur cou, la charrette repartait, laissant les pendus se débattre au bout de leurs cordes sous le regard d’une foule enthousiaste.
Il arrivait que des proches du condamné se précipitent pour tirer sur les jambes du pendu pour hâter son étranglement. Cela gâchait un peu le plaisir de l’assistance, mais les putains de Londres étaient là pour faire jouir les hommes qui venaient là pour se faire branler en contemplant l’agonie des pendus. On ne pendait que rarement un seul homme, la pendaison durait toute un après-midi, garnissant chacune des trois poutres du gibet de plusieurs condamnés. Les contorsions furieuses de certains soulevaient l’enthousiasme. On en voulait un peu au bourreau quand le pendu mourait dans l’instant. C’est ainsi que les exécuteurs devinrent experts dans l’art de placer la corde et de faire tomber les pendus dans le vide.
On détachait les suppliciés au bout d’une heure et la fête était finie. C’était le moment, à la nuit tombante, où des ombres discrètes venaient roder pour voler ce qu’il y avait à voler, faisant souvent avec les préposés à la potence commerce de toutes sortes d’amulettes, pièces de vêtements, bouts de corde, sécrétions des pendus pour toutes sortes d’activités plus ou moins magiques.
Tyburn, comme Montfaucon et les gibets de toute l’Europe, la pendaison marquait une sorte de frontière entre le monde réel des vivants et celui, étrange et magique, de la mort.
Tyburn cessa d’être utilisé pour être remplacé au XIXème siècle par la pendaison à Newgate, visible de l’extérieur. On y pendit de manière industrielle pendant tout le siècle de Charles Dickens.
La foule restait assidue à ces exécutions où des hommes, des femmes et des enfants tombaient de quelques centimètres pour s’étrangler lentement.
Les pendaisons étaient des spectacles hautement appréciés auxquels assistaient une foule d’amateurs de sensations fortes. On vit même apparaître au XIXème siècle des clubs d’amateurs de pendaison qui venaient en toute distinction et élégance raffinée se faire pendre haut et court par des prostituées expertes parfaitement entraînées à leur faire subir la petite mort au bord de la grande. Il n’est pas exclu que ce type de club existe encore dans le secret des mœurs étranges de l’aristocratie.
Puis la pendaison anglaise se fit plus « humaine », pour devenir la pendaison moderne et instantanée, dépourvue de son érotisme malséant.
C’est aux Anglais que l’on doit l’invention du nœud de pendu qui est l’emblème universel de la pendaison. Ce nœud a la propriété de se serrer très facilement, mais d’être très difficile à desserrer. Le nombre de tours donnés à la corde fait l’objet de maintes distinctions entre des nombres plus ou moins symboliques tels que sept ou treize.
La nature de la corde est aussi d’une grande importance. La corde doit être assez grosse pour être solide et vue de loin. Elle doit être, en principe, en chanvre, une matière à l’odeur entêtante qui, au fil des pendaisons, s’assouplit et épouse sensuellement le cou des condamnés.
Pour la rendre moins élastique, défaut qui rend la strangulation plus lente, certains bourreaux la faisait bouillir. Mais comme on l’a vu, hâter la mort n’était pas toujours le but souhaité.
De la même manière, on enduisait la corde de graisse pour que le nœud, même avec de nombreux torons, coulisse mieux, serre plus fort le cou du condamné. Une corde bien serrée provoque des grimaces qu’apprécie la foule qui adore voir la langue des pendus saillir dans leur face noircie.
Les pendaisons à Tyburn devenaient un spectacle pour connaisseurs qui appréciaient chaque étape et chaque geste de l’exécution.
Tout est affaire de dextérité et aussi de praticité. Plus il y a de torons, moins la corde est pratique à utiliser, mais plus elle est spectaculaire au cou du condamné.
Ce sont pourtant les Anglais qui abandonneront le nœud de pendu pour un nœud sans charme doté d’un anneau coulissant assurant une strangulation nette et sans bavure.
Le nœud de pendu est encore utilisé dans les pays arabes et en Iran comme preuve d’une sorte d’expertise en matière de pendaison.
Les nazis, pour leur part, se contentent de simples boucles de corde, tant ils ont à cœur de pendre le plus d’innocents possible.
Les nazis ne se préoccupent que d’aligner le plus grand nombre de pendus, comme ils le feront à Tulle en pendant tous les hommes de la ville, jusqu’à ce qu’ils ne trouvent plus de cordes.
Les sadomasochistes, qui ont le sens des symboles, adoptent en général le nœud de pendu, sauf quand ils ne savent pas les fabriquer ou qu’ils ne disposent pas de corde.
Comme on peut le voir, le nœud coulant est le pendant du gibet dans la représentation de la pendaison.
Il arrive que la pendaison se fasse avec une écharpe ou un foulard. Dans ce cas, la pendaison revêt un caractère sensuel et émouvant. C’est ainsi que les concubines de l’empereur de Chine devaient se pendre à sa mort, utilisant pour cela de longues écharpes de soie.
De la même manière qu’il existait des clubs de pendus en Angleterre, il existe aujourd’hui, au Japon des clubs de shibari qui se spécialisent dans la strangulation et où la pendaison est le jeu ultime.
La pendaison est ainsi passée du judiciaire à l’érotisme avec un succès tout aussi grand auprès des hommes et de beaucoup de femmes en quête de sensations fortes.
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GIBETS SEXE ET PENDAISON
AVANT PROPOS
La mort la plus facile à donner, la plus répandue dans le monde et la plus ancienne dans la plupart des cultures est aussi la plus infamante, honteuse et maudite est la pendaison. C’est aussi celle qui éveille les fantasmes les plus intenses en matière d’érotisme et de magie. Pratiquée de tous temps avec des techniques aussi variées que vicieuses ou hypocrites, la pendaison est un phénomène socio-historique considérable, mais que les auteurs traitent avec réticence. Comment parler d’un supplice qui donne la mort, mais qui a la réputation de faire jouir ? Comment faire l’éloge d’un moyen de tuer sans jugement, un outil de crime de guerre, tout en étant un spectacle recherché par les foules de toutes les époques ? La pendaison est concrètement propre, sans effusion de sang, sans atroces souffrances, mais elle déshonore, suggère la barbarie et renvoie à des mythes magiques aux aspects sombres et démoniaques. La pendaison exerce un pouvoir de fascination sur les foules comme sur les individus. Moyen d’exécution, de mise en scène du pouvoir contre l’infamie, elle est aussi l’instrument suprême du sadomasochisme en faisant se croiser l’idée de la mort avec celle du plaisir, de la cruauté et de la sensualité, de la domination et de la soumission. Elle est au croisement du sadisme et du masochismes, tous deux assumés, ainsi que de divers fétichismes, à commencer par celui de la corde elle-même. Partons à la découverte de ce monde trouble et fascinant. Nous l’aborderons avec certains partis pris, bien sûr, mais aussi en essayant de faire la part belle à l’histoire et à la culture qui accompagne ce supplice que certains trouvent délicieux, tandis que d’autres le trouvent hideux et infamant avec une hypocrisie souvent mal dissimulée.
On ne peut pas penser la pendaison et les gibets en dehors des diverses cultures qui y ont eu recours et qui en ont fait autant un instrument de justice qu’un manifeste socio-culturel. Exhiber la pendaison ou la dissimuler n’est pas un choix innocent.
La pendaison est un fait judiciaire, culturel et érotique. Ce qui en fait un sujet d’un grand intérêt pour une analyse qui ne se veut pas objective mais bien documentée.
UN SUPPLICE AMBIGU AUTANT QU’UNIVERSEL
La pendaison a, de tous temps, été un supplice d’élection. Facile à réaliser, spectaculaire et peu sanglant, il se fait avec une corde et un point d’attache plus haut que la taille d’un homme, il ne nécessite guère d’effort ou d’habileté chez le bourreau.
C’est ainsi qu’on en retrouve des traces jusqu’au néolithique. La pendaison est née avec l’invention de la corde. Il se répandra dans toute l’Antiquité et dans toutes les contrées du monde avec d’innombrables variantes et raffinements.
Dès les commencements, la pendaison a bénéficié de quatre avantages qui en ont augmenté l’attrait et l’usage. C’est un supplice facile à réaliser et quasi impossible à rater. Les cordes se rompent rarement, les potences ne s’effondre en général pas, on ne peut pas survivre à une pendaison, pour autant qu’on attende le temps qu’il faut. C’est un supplice qui met le condamné en hauteur, qui expose et qui rend l’exécution spectaculaire. On voit les pendus de loin, on peut les exposer où l’on veut qu’ls soient vus. C’est presque de la publicité sur le lieu de vente. C’est un supplice infamant qui expose le condamné dans son agonie, ses gesticulations et ses grimaces. Le supplicié bave, pisse, chie pour le plus grand mépris des spectateurs que cette honte les dissuade de commettre des crimes. C’est un supplice magique qui allie le sexe et la sorcellerie car les pendus bandent, éjaculent et leur semence fait le bonheur des sorcières qui la recueillent pour faire pousser la mandragore aux vertus horribles et merveilleuses.
A la noblesse sanglante de la décapitation, à l’atrocité de la roue ou du bûcher, la pendaison oppose son évidence et son trouble attrait, ce qui fait qu’elle survit à tous les autres modes d’exécution et dépasse de loin le seul univers de la mise à mort judiciaire. C’est aussi un des modes de suicide les plus répandus pour exactement les mêmes raisons.
Il était communément admis que l’âme d’un défunt s’échappait du corps par la bouche. La pendaison obstruant la bouche, l’âme d’un pendu ne pouvait plus s’échapper que par son cul, ce qui conférait à la pendaison un caractère infamant. Certains pensaient aussi que l’âme s’échappait par le sexe dans le jet de sperme de l’éjaculation des pendus, ce qui expliquait le rôle maléfique de la mandragore poussant sous les gibets et qui, quand on la cueillait poussait un cri qui pouvait faire mourir.
En laissant les pendus se décomposer pendus au gibet, on les privait de sépulture, ce qui constituait, dans un monde très chrétien, une peine considérable puisqu’elle se prolongeait après la mort par une damnation éternelle.
De plus, la pendaison avait un caractère infamant qui trouvait sa racine dans la mort de Judas qui se pendit, dit-on, après avoir trahi Jésus. Être pendu, c’était se raccorder à celui qui avait trahi le Sauveur. Que pouvait-on subir de pire ?
La pendaison repose sur deux principes opposés. Un principe qui tente de minorer ses caractères spécifiques, une pendaison furtive, secrète et rapide qui renie ses origines et ses fantasmes. C’est la pendaison judiciaire moderne où, par une chute rapide et suffisamment brutale, le condamné meurt dans l’instant au fond d’un puit. Un principe qui exalte ses caractères en prolongeant l’agonie, en se délectant des gesticulations, des grimaces et des effets sexuels bien connus.
Le premier principe est hypocrite, le second est amoral. C’est sur cette ambiguïté que la pendaison fascine attire et repousse à la fois. Cette ambivalence est universelle et confère à la pendaison une dimension sensuelle et perverse qui la rend attirante autant que terrifiante. S’élever tout en étant humilié, souffrir, mourir et jouir. Simple à réaliser, la pendaison est complexe dans sa signification.
Ce n’est pas pour rien qu’elle attire tant de sadomasochistes et que bien des suicides au bout d’une corde sont des accidents de jeux de nœuds coulants. Et cette attirance pour la pendaison ne date pas d’hier. On la retrouve dans toutes les civilisations et dans tous les jeux pervers de toutes les époques sans aucune ambiguïté sur la recherche de plaisir liée au fait d’être pendu. Chez les hommes, mais aussi chez bien des femmes qui aiment autant être pendues, pendre ou regarder des pendaisons. Les femmes qui se tournent vers la pendaison y voient presque toujours une considérable excitation sexuelle, tant à subir, faire subir ou regarder des pendaisons.
A cela s’ajoute le caractère magique de la mandragore, le fétichisme de la corde dont posséder un petit bout peut porter chance.
A cela s’ajoute tout un commerce de sorcellerie et d’alchimie qui consiste à récolter de la graisse de pendu, des langues de pendu, du sexe de pendu pour concocter toutes sortes de philtres aux douteuses vertus dont le commerce s’avère particulièrement lucratif en des temps de misère scientifique et médicale. On voyait une faune louche et bigarrée se mouvoir à la nuit tombante autour des potences et des gibets, en quête de ces substances qui étaient cuisinées dans des antres reculées et vendues à bon prix à des nobles et des bourgeois en quête de richesse, d’amour ou de vengeance. Le risque était grand, si on se faisait prendre d’aller le pendu détroussé, mais l’appât du gain triomphait toujours.
Il existait aussi tout un milieu qui aimait s’aimer près des gibets mêlant un sadomasochisme naissant à des visions magiques. Cela faisait que la vie s’agglutinait autour des lieux de pendaison et que la vie venait puiser des racines vénéneuses dans ce monde d’étranglés. Mourir pendu n’était donc pas une peur, mais un détour du destin bien moins craint que l’idée de mourir de la peste ou seul dans un galetas glacé.
Entre le XIIème et le XVIIIème siècle, on mourait beaucoup. La corde n’était donc pas une façon de quitter vraiment la vie. C’était seulement passer un moment difficile entre une réalité et une autre nourrie de religion et de magie.
Aucun autre supplice ne partage une telle ambiguïté entre son caractère mortifère et sa dimension de plaisir ou de magie qui perdure depuis la nuit des temps.
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Le G.
Le gibet se dressait à l’entrée de la ville, six piliers de pierre reliés par des poutres de chêne et qui formait un hexagone haut de dix mètres, posé sur un socle de maçonnerie de trois mètres. La construction se voyait à plus d’une lieue et le voyageur pouvait l’apercevoir bien avant de voir la ville elle-même et sa poterne médiévale coiffée de toits coniques.
Adossée à l’une des traverses, une lourde échelle attendait les condamnés et leur bourreau. Cette échelle mal dégrossie était faite de deux troncs écorcés auxquels on avait lié et cloué des rondins qu’il fallait sans cesse rectifier. À chaque traverse étaient nouées une ou deux grosses cordes de chanvre que l’usure avait rendues molles et poilues. Chacune se terminait par un nœud coulant à ses deux bouts. Le premier étranglait la poutre, le second se balançait au vent, sorte de gros poing à six ou huit doigts dont le pouce attendait de se serrer sur une gorge. Il était habituel que quelques corps, deux, trois, parfois jusqu’à une dizaine se décomposassent lentement au milieu du tournoiement coassant des corneilles du lieu. Un vaste pré entourait l’édifice. C’est dans ce pré que la foule s’amassait lors des pendaisons d’exception. Quand on exécutait un criminel très odieux, plusieurs victimes à la fois, des femmes et des enfants qui constituaient un spectacle très recherché. On les pendait et on les laissait pourrir là jusqu’à ce que le corps se détachât de lui-même, ou enfin que l’on manquât de place pour un nouveau supplice. La puanteur extrême ou une fête comme Noël ou Pâques étaient aussi des occasions de dégarnir le gibet de ses hôtes suintants. Le lieu était loin d’être désert. De jour comme de nuit une confrérie de visiteurs tournait autour de la construction. Cela commençait par les sorcières et les devins à la recherche d’ingrédients magiques pour leurs philtres et fétiches.
Certains venaient y gratter le bois de l’échelle et les plus audacieux grimpaient racler les traverses. La corde était aussi recherchée, on en tondait des brins et l’idéal était d’en dérober un peu qui était imprégné du sang ou des humeurs d’un pendu. Les cadavres étaient aussi une source abondante de matières magiques, à commencer par les dents qui se détachaient des crânes pelés, les cheveux et les ongles des mains et des pieds. Ces derniers étaient d’un accès plus facile car les pieds d’un pendu se trouvaient à deux mètres environ de la base et il suffisait de lever les mains pour les arracher. Il fallait dans ce cas leur enlever leurs bas de laine, de gros bas en laine grise que leurs convulsions avaient fait glisser sur leurs mollets en plis épais.
Ceux des femmes pendues étaient plus difficiles à ôter car elles avaient les jambes ligotées ; de ce fait, il fallait leur délier les jambes et les pieds, puis tirer sur les bas pour dénuder le pied. Cela prenait du temps et forçait à palper la pendue. Bien de ceux qui s’y étaient risqués avaient senti la suppliciée frémir, perçu une chaleur dans les jambes, témoin d’une parcelle de vie qui rodait, sournoise au bout du corps étranglé. La peur les faisait fuir quand, au contraire, un désir étrange ne leur faisait pas baiser ces pieds vêtus de gros tricot qui paraissaient tressaillir à ces attouchements. Le risque de pratiquer de telles actions était considérable car les gardes avaient ordre de brancher les rôdeurs sans procès, en leur liant sommairement les mains dans le dos.
Les ongles des mains des mains étaient aussi plus recherchés et vendus plus cher car plus hauts et, donc plus éloignés. Ils forçaient le voleur à se suspendre au pendu, à grimper sur le corps. Le spectacle de ces accouplements était étrange et macabre, quelques sorcières racontaient avoir joui de la verge d’un pendu encore chaud et d’aucuns chapardeurs du soir avaient éjaculé sur la chemise de grosse toile d’une jeune pendue alors qu’ils l’enlaçaient en se balançant avec elle dans le vide, à près de deux mètres du sol. La langue était un matériau de prix, comme les yeux car
il fallait les disputer aux oiseaux et les prélever sur des cadavres frais. Une langue bien gonflée et bien noire d’une femme ou d’un enfant pouvait guérir de bien des maux. Pour prélever ces merveilles, il fallait souvent ouvrir au couteau la cagoule de tissu feutré que la corde serrée retenait autour du cou et empêchait d’arracher. Au sommet de l’échelle, parmi les produits fournis par le gibet se trouvaient le sexe et, bien sûr, le sperme éjaculé par les pendus dans leurs convulsions. Il fallait couper le sexe alors qu’il était encore raide et écumant. C’est pourquoi le bourreau en faisait le plus souvent commerce lui-même en le coupant discrètement juste après que la foule se fut dispersée, le supplicié étant enfin mort après avoir dansé un long moment au bout de sa corde. Les nuits de pleine lune, les sorcières venaient cueillir une improbable mandragore qui pouvait pousser si le sperme s’était projeté au-delà des marges du socle. Bien des herbes innocentes étaient baptisées mandragore pour plaire aux chalands par des sorcières de mauvais aloi. Le vit d’un jeune garçon n’avait tout simplement pas de prix et était confit dans une fiole qui lui conservait sa précieuse raideur par des artifices inavouables.
Le jour des pendaisons, les femmes infertiles et les vierges à marier venaient se promener de près, cherchant le privilège de pouvoir passer sous le corps d’un pendu juteux.
Lui toucher le pied, oser aller jusqu’à caresser sa verge éructante, recevoir quelques gouttes d’urine et de sperme garantissait à ces filles un avenir plein d’enfants redondants.
Combien d’inséminations magiques ont pu ainsi se produire près du gibet. Il fallait aussi compter avec les familles des victimes qui cherchaient à récupérer le corps pour lui donner sépulture. La peine pour un tel forfait était connue, elle était de venir se trouver à la même poutre et finir pendu près de ce parent trop aimé. Cela s’était produit souvent, mais ne dissuadait pas les passions familiales et n’était pas grand-chose en comparaison de savoir que l’un des siens devait pourrir pendu au regard de tous les passants.
Une garde incessante s’exerçait autour du gibet, mais la corruption et la pitié l’emportaient en général et le gibet ne gardait que rarement tous ses fruits. Tout cela explique que le gibet, loin d’être un lieu désert, était un lieu de visite et d’activités silencieuses de nuit comme de jour, tout au long de l’année. Cet endroit familier finissait même par attirer une faune qui n’avait que peu d’intérêt direct pour les pendus eux-mêmes. Certains amoureux venaient s’y donner du frisson à peu de prix, les prostituées venaient racoler là des rêveurs troubles comme des poètes comme Villon qui se sentaient voués à la corde. Tous savaient aussi plus ou moins que la vue d’un pendu raidit bien des verges paresseuses.
Les jours de pendaison, au milieu de la foule se promenaient les putains et les filles faciles qui cherchaient les bites raidies dans les hauts de chausses et les hommes hébétés qui contemplaient le spectacle en suant, fascinés. Pendant le supplice, il était fréquent de voir une prostituée, le dos tourné à la potence, accouplée à un homme qui la baisait ou se faisait branler en regardant fixement l’agonie du supplicié. Bien de ceux qui avaient joui ainsi se retrouvaient un jour être l’objet du spectacle. Mourir au bout d’une corde, en cette fin du Moyen Âge était un destin courant et bien moins cruel que la peste. Les gardes, qui n’étaient pas en reste de tels plaisirs, n’empêchaient jamais ces actes dont ils tiraient bénéfice en maquereautant les putains. Les mères quant à elles se contentaient de pousser leurs enfants sur le devant de l’assistance pour qu’ils puissent mieux voir le supplice sans assister aux débauches. Le bourreau avait en général le bon goût de ne pas expédier l’exécution trop vite afin que tous ceux qu’elle attirait pussent en tirer tout le plaisir attendu.
Plus d’un bourreau connaissait des techniques précises pour retarder la mort, quitte à retenir le patient par les jambes en prétextant tirer pour abréger ses souffrances. Une grosse corde bien souple et molle dont le nœud coulissait lentement suffisait le plus souvent à faire durer le supplice plus de dix minutes, voire un quart d’heure. On connaît même plus d’un supplicié qui n’avait pas perdu la vie après plus d’une demi-heure au bout de la corde. Bien sûr les convulsions duraient rarement plus de cinq minutes, cédant la place à un lent repli des jambes tremblantes, qui finissaient par se relâcher. Mais le corps inerte qui se balançait au gibet n’était pas encore complètement étranglé, le dernier souffle emprisonné dans sa gorge le laissait paisiblement s’enfoncer dans un sommeil plein d’orgasmes calmes. Pendre, en ces temps-là, ne devait jamais être un geste rapide et miséricordieux. Expédier le condamné en quelques secondes eut spolié trop d’intérêts, voire, même ceux de la victime qui ne craignait que rarement son agonie, sûr qu’il était de mourir en jouissant intensément. Rompre un cou trop vite était une honte qui privait autant de la jouissance de voir danser le pendu que des activités liées à la pendaison.
C’est ainsi que la foule pendit méticuleusement un maladroit qui avait mal branché un brigand de belle figure. Le bourreau devait donc méthodiquement connaître tout l’art du nœud et du geste qui faisait que la strangulation se prolongeât de longues minutes. Cela donnait tout le temps de voir les spasmes et de pouvoir partager l’orgasme avec la victime qui manquait rarement de jouir au bout de sa corde. Les hommes éjaculaient avec leur sexe écumant et monstrueusement grossi, mais il est des femmes que l’on a vu montrer un visage d’extase après le supplice, démontrant ainsi qu’elles aussi y trouvaient un plaisir intense.
Pendu et étranglé était le terme en usage et aucun bourreau ne devait l’ignorer. Il fallait que le pendu sente chaque instant de sa strangulation, qu’il se débatte pendant un temps infini, avant de s’abandonner à l’étreinte du nœud coulant. Ce matin-là, on devait mener à la potence toute une famille de paysans qui avaient fait métier d’étrangler les voyageurs de passage dans leur ferme. Les visiteurs qui se montraient un peu riches étaient accueillis avec beaucoup d’amabilité par ce couple avenant et leurs trois charmants enfants, deux garçons et une fille.
La gamine était gironde, avec un visage blond et souriant, allant sur ses seize ans, elle dégageait une belle poitrine de sa lourde robe paysanne. Elle avait de longues jambes qu’elle montrait facilement et dont on devinait la douceur sous ses bas de grosse laine, enfoncés dans de rustiques sabots de bois. Les deux garçons avaient onze et douze ans et semblaient bien espiègles, prompts à se tripoter et à jouer à s’étrangler mutuellement pour s’amuser et se donner du plaisir avec les longes de l’étable. Le visiteur était réchauffé et on lui servait un repas de viande arrosé d’une grande quantité de vin, au point qu’il chancelait en se levant pour gagner son lit dressé dans la pièce d’à côté. Un lit avec des montants robustes. Les enfants semblaient se plaire à jouer avec lui jusque dans son lit et la jeune fille avait l’air de penser à partager sa couche.
Tout en lui racontant qu’elle avait encore vu une pendaison qui lui avait bien plu. Le couple, étonnamment libéral, laissait faire et ne se montrait point. L’homme en chemise de nuit et en chausses de laine se laissait submerger par les enfants et l’adolescente dont les formes sous la robe de laine le faisaient bander. Il pensait à un jeu quand la jeune fille déroulait une très longue écharpe de gros tricot de laine brune dont elle lui entourait le cou contre le froid de la nuit.
Il ne prenait pas garde, sa main sur son vit, qu’une ombre avait surgi et tirait par-derrière l’écharpe autour des montants du lit pour la nouer solidement et y passer un bâton robuste. La fille soudain se jetait sur lui et les garçons l’attrapaient par les pieds. Alors le père tournait le bâton dans l’écharpe et lentement, très lentement l’homme s’étranglait. Au début cela raidissait son sexe, puis, tour après tour, l’écharpe de laine se tendait, durcissait. Il faisait des bonds dans le lit, laissait échapper des gémissements rauques, ses jambes maintenues chacune par un garçon aidé par la mère, se débattaient en désordre, ses bas en laine glissaient sur ses jambes, mais les garnements tenaient ferme et ne lui laissaient aucune chance de se redresser. La victime se convulsait, faisait des bonds sur le lit, s’arc-boutait sous le poids de la fille, alors que son cou s’étranglait et que ses pieds étaient maintenus, la fille sentait alors sa verge devenir le sommet de son corps et la frapper droit dans son sexe. Il mourrait délicieusement en éjaculant sous le poids de la fille, le nez dans ses seins gonflés par l’excitation. Elle avoua avoir souvent eu un orgasme à contempler le visage écarlate, la langue sans forme sortie et à ressentir les convulsions de ses victimes dont le sexe dressé heurtait son ventre. On sortait ensuite le cadavre du lit, le déshabillait et on l’enterrait de nuit derrière la grange, à l’abri des regards éventuels venant du chemin.
Ce furent leur garde-robe trop riche, leurs dépenses sans rapport avec leur condition qui attira l’attention du prévôt qui enquêtait sur plusieurs disparitions qui avaient eu lieu dans la région. On chercha longtemps des preuves jusqu’à ce qu’on se décide à creuser derrière la grange, là où les chiens creusaient en vain attirés par une rumeur d’os. On exhuma plus de dix cadavres dont le plus récent montrait encore les traces de sa strangulation, mais plus celles du plaisir qu’il y avait pris. Injuste.
Toute la famille fut arrêtée et conduite à la prison de la ville pour y être questionnée. La foule s’était massée pour les voir conduire au château, ligotés et bâillonnés afin que seul le juge puisse les entendre. On leur fit subir l’eau et le chevalet pour leur faire avouer ce que l’on savait déjà. Les juges procédèrent à la torture pour le simple plaisir de voir les corps encordés se débattre sur les bancs de souffrance, mais ils eurent à cœur de ne pas les mutiler pour ménager un supplice réussi à la foule qui l’attendait impatiemment.
Le procès fut bref et le juge les condamna à être menés au gibet pour y être pendu par le cou et étranglés de sorte que leur mort fût lente et angoissante. Les enfants, malgré leur jeune âge, furent convaincus de malice et de vice profond, ils n’échappèrent donc pas à la sentence de la hart qui fit frémir de pitié comme de plaisir l’assistance. Pendre des enfants révoltait la morale et excitait les sens. En ces temps troublés, les sens triomphaient facilement des grands principes et l’on voyait souvent des enfants agoniser au bras des potences pour le plus grand plaisir des foules avides. Afin de pouvoir rameuter le plus grand public possible, on décida que la quintuple pendaison aurait lieu une semaine plus tard, juste pour le jour des morts. Le bourreau était un homme de trente ans au physique avenant que cachait sa tenue impressionnante, un pourpoint rouge, des hauts de chausse et des bas de laine tricotés de la même couleur que recouvrait une houppelande écarlate qui le montrait rarement, sauf aux exécutions. En ces moments, le bourreau n’était guère l’objet des regards qui se concentraient sur l’agonie du supplicié. Aussi peu de gens eussent pu décrire le bourreau en dehors de ses habits de sang. Sa femme, jolie mégère de vingt-cinq années, vive et connue pour son goût immodéré des sensations fortes et sensuelles, s’était prise de passion pour l’art nouveau du tricot. Elle passait son temps à le pratiquer et il n’était pas rare de la voir tricoter des bas sous la potence où son mari officiait. Elle offrait et imposait ces bas de grosse laine à tous les condamnés, si bien que le pendu au-dessus d’elle rendait l’âme pendant qu’elle tricotait ceux de celui du lendemain.
Se faire offrir des bas en laine par la bourrelle était devenu présage qu’on serait bientôt pendu. Autant dire que ses offrandes trouvaient peu de preneurs chez les honnêtes gens qui se contentaient de chausses cousues à l’ancienne mode.
Elle tricotait ses bas avec une laine grise au ton incertain, ils étaient toujours trop longs et affublaient les jambes de gaines informes retenues aux cuisses par des lacets de laine qui cédaient souvent. Mais elle aimait trop cela pour y renoncer et la signature du bourreau était en grande partie devenue le fait que ses pendus portaient de gros bas affaissés sur leurs mollets. Hommes, femmes, enfants, nul n’y échappait dès lors qu’il avait le cou serré dans une corde de son époux. On murmurait même qu’elle n’eut su faire l’amour sans en porter et en faire porter à ses nombreux partenaires. Cela redorait le blason de ces bas maudits, même s’il était connu que ses partenaires seraient le lendemain les victimes du nœud coulant que maniait si bien
le bourreau. Porter ses bas était devenu signe de mort et de débauche. Plus d’un se trouvait fasciné par cette idée morbide et réclamait à sa femme qu’elle lui tricotât des chausses de grosse laine. C’est peut-être ainsi que se développa le goût du tricot dans la plèbe de ce début de la Renaissance, entre le lit et le gibet. On appréciait le tricot qui permettait à la chausse de serrer la jambe et ajouter à la sensualité du bas.
La bourrelle venait toujours aux exécutions ; elle se postait au bord de l’estrade et, assise sur un petit banc ou, quand celui-ci manquait, sur un rouleau de cordes, elle sortait ses aiguilles et sa laine et se mettait à tricoter. Des chalands, dans la foule, l’apostrophaient pour admirer son travail ou pour lui commander une paire de ses bas. Aucun n’eut osé se moquer de la femme du bourreau, cette belle et forte femme en grosse robe rayée et qui portait dans des sabots de cuir une paire de ses bas de grosse laine grise. Quand un pendu faisait mine de perdre un de ses bas dans l’agitation désordonnée de ses jambes, il arrivait souvent qu’elle vint le remonter avec compassion le long de sa jambe. On disait qu’elle en profitait à ce moment pour malaxer sa bite sous la chemise.
Son beau visage, encadré d’un chignon blond, rougissait toujours en faisant cela et ses yeux de porcelaine devenaient vagues. On reconduisit les condamnés dans leur prison où, chacun dans une cellule isolée, attendit la corde qui devait l’étrangler à son tour. Ils passèrent la semaine, reclus, pieds et poings liés sur une paillasse, vêtus, en raison du froid piquant d’une longue chemise en épaisse flanelle et de gros bas de laine grise serrés par les cordes. Les bas avaient été généreusement offerts par la bourrelle, bien sûr, qui exigea qu’ils soient portés par les cinq condamnés. Ceux-ci n’y virent point d’inconvénient car il faisait vraiment froid. La grosse couverture grise et poilue qui recouvrait la paillasse ne suffisait pas à les préserver du froid du cachot. Ils étaient ligotés et avaient du mal à se glisser et s’enrouler dans cette couverture lourde et épai. Chaque nuit, le bourreau venait dans la cellule de la jeune fille, lui enfonçait un bas de laine dans la bouche et serrait l’autre sur le visage, lui déliait les jambes et la baisait furieusement en lui racontant tous les détails de son futur supplice et des raffinements qu’il inventerait ce jour-là pour qu’il fût pire. Il ne l’étonnait guère car elle avait vu autant de visages strangulés que lui. Alors elle se laissait paisiblement fourailler et en jouissait en gémissant de bonheur sous son bâillon. Le bourreau ignorait que la bourrelle rendait visite aux garçons et les masturbait charitablement après les avoirs aussi bâillonnés avec des grandes chaussettes qu’elle transportait toujours en quantité, rêvant secrètement qu’un jour, ses bas serviraient de corde pour le gibet. Quand ils se débattaient ou pleuraient trop, elle leur couvrait la tête avec leurs couvertures et les caressait alors qu’ils se tortillaient en étouffant sous l’épaisseur de leur cagoule improvisée qu’elle leur laissait en partant. Elle se rendait ensuite dans la cellule du père qui la baisait avec bonne grâce, malgré ses liens. A lui aussi elle passait la couverture sur la tête et lui enveloppait le cou dedans comme avec un garrot douillet. Elle le retenait entre ses jambes et faisait rebondir son corps ligoté sur son ventre.
Quand il montrait trop peu d’ardeur, elle l’étranglait un peu et jouissait beaucoup.
Il en fut ainsi toute la semaine jusqu’au matin de l’exécution. La bourrelle en tomba enceinte d’un garnement qu’elle surnomma plus tard fils de pendu sans trop offusquer le bourreau qui n’avait pas non plus sa conscience pour lui.
Le fils de pendu fit un excellent bourreau. Il avait assisté à tous les supplices et préférait de loin les pendaisons qui provoquaient chez lui une sorte de souvenir confus de douleur et de plaisir. Il passait souvent du temps dans la remise de l’exécuteur, parmi les bois de justices et les cordes, à caresser ces dernières et aussi à se les passer au cou. Il découvrit la jouissance ainsi, bien avant de la connaître avec les femmes. Au fond, son rêve fut toujours de baiser une de ses victimes. On dit qu’il y parvint plus d’une fois en achetant le gué et en volant le cadavre tiède d’une voleuse qu’il avait lui-même pendue. On dit aussi qu’il périt au bout d’une de ses cordes dans des circonstances étranges, pendu par une garce qui voulait l’exciter. On n’a jamais retrouvé cette garce... La foule s’était amassée compacte autour du gibet par ce matin froid et gris de la Toussaint.
On était venu des villages avoisinants et même de l’autre ville située à plus de vingt lieues. Une tribune bien postée avait été dressée devant le gibet pour accueillir le seigneur de la ville et ses voisins. La foule des paysans, chaudement vêtue, attendait depuis le petit matin en buvant du vin chaud et dévorant des pains fourrés au pâté. Comme d’usage, de nombreux enfants se tenaient sur le devant, juste derrière les gardes qui leur faisaient face et qui ne verraient pas grand-chose du spectacle. Ils se tenaient chaud les uns les autres et étaient protégés par de gros bas montant jusqu’aux cuisses et enfoncés dans leurs sabots, ils portaient des houppelandes de laine et des bonnets tricotés. Beaucoup jouaient et riaient en simulant la pendaison et ses spasmes.
Plus d’un étaient des habitués. Derrière les enfants, la foule des adultes se tenait serrée aussi, contemplant le gibet dégarni de ses cadavres. Les prostituées cherchaient en se glissant entre les gens des clients avides et se plaçaient tout contre eux en remontant discrètement leurs jupes sur leurs bas de laine. Quand le matin fut levé, le bourreau et ses aides vinrent sur le gibet pour y installer les cordes. On avait aussi détaché les vieilles cordes et il lança par-dessus deux traverses cinq longues cordes terminées par de gros nœuds coulants ayant chacun au moins huit tours. C’étaient de grosses cordes très souples, “des étrangleuses” disait-il. Faites de chanvre et de soie, elles étaient souples et les nœuds coulissaient magnifiquement. L’autre extrémité de chaque corde restait enroulée sur le sol laissant largement de quoi au bourreau pour hisser le condamné, ainsi qu’il avait décidé de le faire en cette occasion pour ne pas courir le risque de leur rompre le cou. Vers huit heures du matin, toute l’assistance était là et commençait à faire entendre une rumeur d’impatience. Le bourreau quitta le gibet et se rendit avec ses aides, deux beaux garçons de dix-sept et dix-huit ans, à la prison. Il se rendit dans la cellule de la mère qui l’attendait sans prier. Il lui délia les pieds, lui enroula les bras dans une corde pour mieux la ligoter, puis il enfonça un bâillon dans sa bouche en prenant garde qu’elle ne le morde pas. Il passa sur sa tête une épaisse cagoule de gros tissu feutré écru qui descendait jusqu’aux épaules en replis et passa à son cou un énorme nœud coulant prolongé d’une courte corde. Il le serra assez fort pour qu’elle en gémisse. Les deux aides la prirent par les bras et la guidèrent vers une charrette qui attendait dans la cour. Il fit de même avec le père et entraîna ensuite les garçons dont il entendait les sanglots étouffés sous leur cagoule. Il se rendit enfin dans la cellule de la fille dans laquelle il s’enferma. Après avoir vérifié que ses mains étaient bien attachées, lui avoir ligoté les bras, passé la cagoule et la corde, il baissa son haut de chausses et releva sa robe. Tenant sa verge raide il la lui planta dans le ventre pour éjaculer presque aussitôt en basculant sur la paillasse.
Et la garce jouit de cette agression pourtant si brève. Il la porta lui-même jusqu’à la charrette qu’il mit en route. Ils parcoururent les rues pleines de tous ceux qui n’avaient pu parvenir jusqu’au gibet. Des maris, en voyant cela, menaçaient leurs épouses et leurs mioches de subir le même sort. Ils riaient.
Dans la carriole, les condamnés avaient été liés aux ridelles de telle sorte qu’ils se tenaient à moitié assis et à moitié debout. La corde qui leur serrait le cou avait été attachée à des arceaux qui passaient aux deux extrémités du véhicule si bien que s’ils s’asseyaient, ils s’étranglaient eux-mêmes, mais leurs mains liées aux ridelles les empêchaient de se lever complètement. Les malheureux râlaient horriblement de cette position qui fit applaudir de nombreuses fois la foule très experte à détecter l’inconfort de la situation. La charrette arriva enfin au pied du gibet après s’être difficilement frayé un chemin au milieu des badauds. Il fallait éviter les jets de pierre car les pendus devaient être en bonne forme pour donner tout leur spectacle. On tolérait que des mains les pincent, que des filles touchent les condamnés en vue de leur fertilité, que des hommes ou des femmes brandissent des cordes de pendu pour se proposer pour la besogne, mais on ne pouvait accepter qu’on les estropiât avant la pendaison. Au pied de la plate-forme, on détacha les condamnés de la charrette et, un à un, on les guida en haut de l’escalier de pierre qui menait sous les cordes. Ils purent ainsi se tenir debout, sans rien voir, les jambes déliées. Le bourreau se saisit de la mère et lui retira sa corde pour la remplacer par celle, plus grosse, qui se balançait au-dessus d’elle. Pendant ce temps, on avait décagoulé son mari et ses enfants pour qu’ils puissent contempler son agonie. On la traîna sous le nœud qui lui était promis. Elle se tordait et tentait de résister en marmonnant sous sa grosse cagoule. Les deux aides la hissèrent sur un escabeau de bois d’un pied et demi de haut sur lequel ils la retinrent pendant que le bourreau, avec une bonne longueur de corde, lui ligota les jambes par-dessus ses bas de grosse laine qui s’étaient affaissés sur ses mollets et sur le bas de la longue chemise. Il palpa délicieusement les jambes à travers les replis de la laine et y enfonça ses cordes comme on entre un vit dans un ventre. On pendait les femmes ainsi pour que nul ne pût contempler ses secrets pendant qu’elle aurait balancé ses jambes dans ses convulsions. Hypocrites ! Ainsi ficelée, elle tenait à peine debout et l’un des aides la maintint fermement pendant que le bourreau assujettissait le nœud coulant bien en arrière et bien serré sous le menton.
Son visage sculptait la cagoule et semblait montrer un complet désarroi. Nul prêtre ne se trouvait là pour lui donner les derniers sacrements, tous avaient refusé d’assister ces monstres dans leur calvaire. Avec son autre aide, le bourreau empoigna l’autre bout de la corde qu’il enroula autour de son bras et de sa taille. À deux, ils commencèrent de tirer lentement, très lentement.
L’assistance se figea dans un silence total ponctué d'un lointain coassement des corneilles dérangées. On entendit le léger crissement du nœud qui doucement devenait plus dur et serré. Les pieds ligotés se dressèrent sur leurs pointes, les talons joints par les liens. Puis ils commencèrent de glisser sur le tabouret que le premier aide finit par faire basculer d’un léger coup de pied. Le corps tout entier s’affaissa. La corde se tendit en grinçant sur la traverse de la potence. Le cou sembla se tordre, la tête se renversant sur le côté à cause du nœud qui en se serrant avait coulissé vers l’épaule gauche. On entendit nettement un grognement inhumain sous la cagoule. Le corps s’arc-bouta, puis il commença à se balancer d’avant en arrière. On voyait les mains liées dans le dos se crisper et s’ouvrir, tenter de remonter vers la corde, comme à la recherche de quelque support à agripper. Les pieds s’agitaient dans l’épaisseur des bas de laine et semblaient battre la mesure. Les convulsions s’amplifièrent, les jambes semblaient monter et descendre comme pour reprendre un invisible appui. Sous la robe, on voyait la poitrine se soulever et s’affaisser à la recherche d’improbables goulées d’air. Sous la cagoule, la langue turgescente fit une bosse qui dardait en s’agitant, la bave mouillant l’étoffe épaisse. Et le nœud continua de serrer encore comme une grosse main lui appuyant le cou. Le bourreau attacha expertement la corde à l’un des piliers du gibet pour ne pas avoir à résister aux secousses données par la suppliciée.
Dans l’assistance, les murmures admiratifs se mêlaient aux soupirs des hommes branlés par les putains expertes.
Quelques jeunes filles aux visages d’anges s’évanouirent d’horreur ou de bonheur en regardant la pendue se tordre dans une danse désordonnée qui l’étranglait inexorablement. Les enfants riaient, plus d’une personne passait ses mains à son cou pour s’assurer qu’elle respirait encore. La condamnée, elle, ne respirait plus et sa danse commença à ralentir alors que sa chemise était souillée d’une tache d’urine qui grandissait.
Puis le corps sembla plus lourd, plus mou et les convulsions cessèrent. Le bourreau vint palper le pouls et se retourna vers l’assistance d’un air entendu, elle n’était pas encore morte. Mais il était temps de passer à un autre. On traîna le père, on le hissa sur l’escabeau et on lui passa la cagoule et la corde. Le bourreau et son aide commencèrent à nouveau de hisser l’homme à qui l’on n’avait pas ligoté les jambes donna une sorte de coup de pied qui renversa le tabouret si bien qu’il tomba dans le vide plus brutalement que sa femme. On craignit qu’il ne se rompît le cou, mais il était robuste et la foule pût le voir commencer de danser en battant furieusement des jambes. Ses gros bas de laine glissaient sur ses jambes et l’un d’eux avait à moitié quitté son pied comme un grotesque oriflamme. La bourrelle se leva tranquillement, posant le bas qu’elle tricotait dans une épaisse laine brune, et vint retrouver le pendu. D’un geste expert, elle tira sur la grosse chaussette et la remonta jusqu’en haut de la cuisse en palpant généreusement le sexe gonflé. Le pendu lui attrapa soudain le cou entre ses pieds et la retint, ses pieds dans leurs bas de laine bien tirés, se promenaient sur le visage en extase de la bourrelle, prenaient ses épaules comme appui et tentait de la stranguler. Cela dura près d’une minute car le bourreau comme la foule trouvaient le spectacle délicieux et parfaitement en accord avec la nécessité de prolonger l’agonie. Puis il empoigna sa femme et la libéra des pieds du pendu. Le supplicié pédalait dans le vide, il semblait mettre toute sa force à faire éclater les liens qui s’enroulaient par- dessus sa chemise. Ceux qui avaient la chance d’être au pied du gibet purent voir que son sexe avait considérablement grossi. C’étaient les enfants et une gamine reçut sur la joue une grosse goutte de sperme qui la fit hurler. Le bourreau attrapa les pieds du pendu pour atténuer les secousses et retarder sa mort qui risquait d’être trop rapide.
On avait pendu plus d’un bourreau à la corde d’un supplicié trop vite parti.
La mère, maintenant, était morte après dix minutes d’agonie et ressemblait à un sac de sable se balançant lentement dans le vide.
L’homme, lui, luttait de toutes ses forces, le bourreau reçut un violent coup de pied dans le visage, heureusement atténué par la laine des chausses. Il le lâcha un moment et les jambes recommencèrent à battre la mesure pendant que le supplicié arrosait l’assistance d’urine et de sperme. Plus d’un homme dans l’assistance se branlait dans ses chausses quand il ne saisissait pas sa femme pour la baiser en lui serrant délicieusement le cou. Il était temps de pendre les garçons.
On ne leur mit pas de cagoule car un gamin offre un trop joli visage au bout de la corde. Chacun des aides avait le sien et l’on allait les pendre ensemble, côte à côte. Le cadet hurla quand on le plaça sur l’escabeau et ses cris ne s’arrêtèrent que lorsque le bourreau serra brutalement le nœud sous son menton, cela devint un gargouillis informe de sanglots et de plaintes. Le plus grand s’évanouit la grosse corde du nœud coulant déjà serrée et il fallut le redresser et le gifler pour lui faire reprendre ses esprits. C’eût été tricherie que d’être pendu sans le savoir. Ils se retrouvèrent enfin, éveillés, debout et gémissant le nœud serré et retenus par les aides qui tenaient la corde de l’autre main. Aidés par le bourreau, ils commencèrent à tirer sur les deux cordes à la fois et allèrent les attacher vivement aux piliers. Les deux garçons avaient décollé ensemble et leur ballet funèbre fit frémir la foule. Ils relevaient violemment leurs jambes ligotées jusqu’à leur poitrine et les relâchaient violemment en de grandes secousses qui faisaient se resserrer leur corde. Leurs visages violacés exhibaient leurs grosses langues tuméfiées. Un groupe de gamins qui avaient entrepris d’étrangler une fille plus grande qu’eux en lâchèrent leur corde pour regarder. La malheureuse reprit son souffle et contempla stupidement le spectacle. Ses tortionnaires eurent tôt fait de la ressaisir et de la jeter au sol pour l’étrangler pour de bon. Ils se branlèrent copieusement en l’arrosant de leur foutre et admirant son visage tuméfié, le cou creusé par une des vieilles cordes du gibet volée la veille. Les deux gamins étaient à la fois chétifs et robustes, aussi le nœud coulant ne les étrangla pas vraiment. Ils étaient comme des pantins gesticulants, leurs bras liés leurs pieds partant dans tous les sens. On les entendait grogner, râler, cracher, le visage écarlate, les yeux divagants. Leurs langues violettes sortaient démesurément de leur bouche aux lèvres noires. Alors que leur père s’était enfin calmé et se laissait lentement enfouir dans la strangulation vers une mort paresseuse à venir, ils continuaient de vivre au bout de leurs cordes. Leurs têtes étaient renversées, le nœud était venu sous le menton en écorchant profondément le cou et du sang souillait le col de leurs chemises de grossière flanelle grise. Le plus grand éjacula, aucun des deux ne pissa. Le bourreau se dit que s’ils n’avaient pas fini de mourir après la fille, il leur tirerait sur les pieds pour leur rompre le cou, mais qu’il avait le temps pour cela. Il bandait durement dans ses chausses de laine rouge. Il vint vers la fille qui regarda insolemment la tache que son sperme commençait de lui faire et elle sourit. Elle monta d’elle-même sur le tabouret, le privant du plaisir de lutter avec elle. Il ne lui passa pas la cagoule pour la même raison que pour les garçons, les jeunes filles pendues sont si jolies à voir. Puis il lui lia les pieds et les jambes jusqu’aux cuisses pour mieux exalter ses formes sous l’étoffe. Il prit un grand plaisir à enrouler et serrer les cordes autour de ces jambes flageolantes sur l’escabeau, tout en palpant l’épaisseur de la grosse laine. Il plaça le nœud et le serra fortement. Elle éructa ce qui sembla être une insulte et tituba. C’est alors qu’il la hissa. Il regarda ses orteils sous la grosse laine grise se promener sur le tabouret en cherchant un appui, puis ils quittèrent le bois pour le vide.
Son beau visage devint rose, rouge puis violet. On vit sous la peau fine battre les veines. Ses mains liées se mirent à broyer le vide. La langue sortit presque noire tandis que la salive se mit à couler en abondance de sa bouche béante. Les convulsions de la jeune fille pendue étaient frénétiques et son visage penché en avant semblait insulter la foule. Le bourreau lui attrapa les jambes et la retint un moment pour prolonger l’agonie. Il eut un orgasme à la sentir se convulser dans ses bras. Il avait enfoui son visage dans la laine des bas épais et sentait l’odeur de sa chair et de la laine qui l’excitait tant. Puis il la laissa lentement retomber dans un bruit de bois qui grince et de corde qui crisse. Il recommença trois fois en plus de dix minutes sans que la suppliciée ne ralentît ses spasmes. Elle n’avait pas uriné, s’étant retenue de boire pour ne pas montrer cette infamie.
Il finit par la laisser pendre pour de bon, maintenant que son beau visage de vierge vicieuse était devenu une grimace aux traits marqués, aux couleurs violacées et que le regard était injecté et absent. Elle continua de danser et de maudire l’assistance avec ses pieds ligotés. Elle mourut enfin au bout de près d’un quart d’heure, enfin le bourreau le pensa-t-il en la voyant s’affaisser au bout du nœud coulant. Il se tourna vers les garçons qui continuaient de donner de vagues signes de vie, leurs bas de laine dessinant de furtives paraboles dans le vide. Leurs visages étaient devenus presque noirs et bleuâtres et la corde leur avait allongé le cou sans le rompre. Leurs langues pendaient sans baver et le bourreau put constater que le plus jeune avait aussi lâché son sperme. Il décida que près d’une demi-heure de pendaison leur avait suffi et il attrapa le premier par les pieds en donnant une vigoureuse secousse. Le gamin eut une violente convulsion puis il cessa de bouger. La foule mécontente l’empêcha de faire la même chose à l’autre qui mourut certainement mais on ne sait pas quand. On dit dans la légende qu’on le laissa pourrir vivant au bout de sa corde. La jeune fille s’était laissé ligoter les jambes sans broncher.
Elle avait même plutôt aimé la sensation des cordes qui se serraient sur la laine et l’étoffe épaisse de sa robe. Ses mains liées dans le dos étaient engourdies et quand on lui lia les bras, cette sensation s’amplifia désagréablement. Elle sentit l’odeur âcre du chanvre sur son visage, puis la corde se pressa contre son cou fin. Juste sous le menton, elle sentit la pression du nœud comprimer sa glotte et sa respiration se fit sifflante. Derrière son cou, les torons de la tortouse s’appuyaient sur sa nuque dans un contact dur. Elle chancela, déséquilibrée et le nœud la retint en se serrant encore un peu, elle frissonna de ce début de pendaison. Dans l’attente du supplice qui tardait de longues secondes, elle put contempler en tournant sur la pointe de ses pieds, les corps de son père et de sa mère qui oscillaient lentement sous la brise froide et les mouvements ralentis de ses frères dont les convulsions avaient cessé. La foule était entièrement tournée vers elle et négligeait les autres pendus. Le chagrin l’étreignit, faisant battre son cœur plus vite et l’étourdissant. Elle ne sentait plus ses mains qui avaient tant servi à étrangler et qui ne pouvaient pas la sauver de sa propre strangulation. Sur la tribune, en bonne place, deux couples de seigneurs la contemplaient. Elle vit le plus jeune, celui de la ville d’à côté, assis près de sa belle, ses genoux couverts d’une couverture contre le froid et l’immobilité. Il la fixait dans les yeux et elle sut qu’il attendait de voir son regard s’égarer quand elle quitterait le sol. La jolie baronne se tenait droite sur son siège et la regardait aussi, mais, distinctement, elle réalisa que sa main était posée sur le sexe de son époux qu’elle serrait et flattait du mieux qu’elle pouvait. Ces deux-là avaient la réputation de se promener près des gibets et elle se demanda ce qu’ils viendraient faire de son corps si leurs troubles désirs les prenaient. Ils étaient sûrs de leur impunité, eux.
Elle les vit échanger un regard complice et lubrique au moment où une douleur brûlante lui ceignit le cou. Elle était tirée vers le haut par la boucle de corde qui lentement s’étrécissait.
Le cri de malédiction qu’elle poussa se mut en un raclement rauque. L’extrême pointe de ses pieds cherchait, à travers la grosse laine des bas tricotés à la nouvelle mode, le contact ultime avec le bois de l’escabeau. Une dernière goulée d’air frais se glissa dans sa gorge alors que le sol se dérobait et qu’elle se sentit tomber au bout de sa corde. Elle n’avait pas imaginé que cela pût serrer si fort. Elle se cabra plusieurs fois pour chercher encore de l’air, mais rien ne vint. Ses yeux éblouis ne distinguaient plus rien et son corps soudain immensément pesant lui paraissait s’allonger dans l’espoir vain d’atteindre le sol devenu si lointain. La douleur à sa gorge était horrible, ses poumons lui semblaient devoir exploser et elle sentait la congestion de son visage comme une brûlure. Elle sentait sa langue gonfler et l’étouffer dans sa bouche et être poussée vers l’extérieur dans un spasme qui dégorgeait de salive. Puis la cohorte des douleurs sembla s’envelopper d’un brouillard tiède et moite.
La strangulation devint une sensation confuse et le besoin de respirer céda la place à un commencement de sommeil engourdi et fébrile. Cette sensation la prenait tout entière et son être semblait mieux étreint que par la corde de pendu qui étranglait son cou. Une vague ardente et délicieuse la parcourut, de ses pieds ligotés dans la laine jusqu’à ses cheveux qui s’étaient dressés. Elle sentit venir l’orgasme, peu à peu, inexorable et ineffable, d’une lenteur et d’une intensité extrême. Elle se prit à rythmer son plaisir de coups de reins lents et vigoureux, elle baisait avec la mort. Le vit du démon des pendus s’était insinué entre ses jambes liées, sous l’épaisse flanelle de la robe et entre ses jambes serrées, il limait son ventre comme aucune verge auparavant. Elle jouit, jouit encore, sa langue sortait dans un baiser invisible cherchant le contact avec l’invisible force qui la retenait pendue. Elle sentit plusieurs fois qu’on lui retenait les jambes et c’était comme si le vit énorme qui lui donnait tant de plaisir se retenait d’éjaculer. Son retour était à nouveau une douleur, une réminiscence de son supplice et de la corde de chanvre et de soie épaisse et serpentine qui hantait un souvenir lointain. Elle sentait le vide au bout de ses pieds qui avaient froid dans la laine, loin du monde des vivants, elle qui n’en était presque plus. Puis elle fut libre de s’abandonner et sombra dans un sommeil délicieux, le ventre sailli, la langue plantée dans ciel et le visage en extase. Puis une douleur violente lui déchira la nuque et brûla intensément sa gorge à vif. On lui avait délié les pieds, mais le haut de son corps restait ligoté. La grosse corde était encore serrée à son cou, mais elle n’était plus pendue. Elle gisait sur un lit, sur une épaisse couverture de laine, emmêlée dans les longueurs de la corde. Ses yeux purent enfin distinguer, au pied du lit, le jeune seigneur qui se tenait vêtu seulement de ses chausses de grosse laine et qui échauffait son sexe. Elle n’eut la force ni de bouger ni de pousser un gémissement. L’homme se coula sur le lit pour contempler son visage qu’elle savait marqué d’un sourire béant et dont la langue tuméfiée sortait toujours. L’homme embrassa cette langue, palpa ses seins sous l’épaisse chemise, descendant son regard vers sa touffe humide d’une interminable jouissance. Il prit à plaine main ses cuisses gainées de grosse laine pour venir lécher cette humidité qu’elle savait mêlée au foutre du démon. Elle eût supporté le viol, mais pas le vol de ce foutre magique. Repliant ses jambes, elle prit le cou du jeune baron entre ses genoux et le renversa sur le lit. Il voulut appeler, mais les jambes de la jeune fille étaient aussi fortes que la corde de pendu qui l’avait suppliciée. Elle serra de toutes ses forces et maintint son étreinte en le rabattant à gauche et à droite comme un fauve qui achève sa proie. L’homme se débattait, grognait, sa langue sortait, il éructait. Elle put voir qu’enfin il bandait et se promit de le garder entre ses jambes jusqu’à ce que le foutre jaillisse. Elle tenait maintenant la gorge du jeune homme entre ses mollets, la sentant palpiter à travers les replis de la grosse laine de ses bas. Elle se sentait jouir à ce spectacle, comme accompagnée du démon revenu s’accoupler à son ventre. Le jeune baron explosa, souillant le lit de longs jets de foutre.
Elle desserra ses jambes et se dressant d’un bond sur le lit lui marcha sur le visage, le palpant du bout des bas de laine pour garder l’équilibre. Elle finit par appuyer de toutes ses forces avec son pied sur le cou, tant et si bien que le jeune seigneur ne bougea plus. Alors, se contorsionnant, elle parvint à saisir sa dague et à libérer ses mains. Elle desserra son nœud coulant, mais le garda à son cou, elle rassembla la corde et se glissa hors de la chambre.
Derrière la porte de la chambre, elle trouva la jeune femme du baron que celui-ci avait ligotée et bâillonnée pour qu’elle assiste à son forfait sans y participer. Il lui avait fait porter des vêtements de condamnée et la jeune fille y vit un heureux présage. Elle promit à la jeune femme la vie sauve en échange de sa liberté, aussi, cette dernière lui montra une porte dérobée qui servait au baron pour ses équipées nocturnes près du gibet. Elle put s’esquiver en silence, traînant avec elle la baronne toujours liée, pour partir retrouver les siens pendus au gibet. Son père, sa mère et son plus jeune frère étaient morts et raidis au bout de leurs cordes et elle s’en désintéressa. Elle s’approcha du plus grand qui se balançait comme les autres mais dont le visage n’avait pas tourné au gris. Elle prit ses jambes et sentit en effet ses pieds frémir dans leurs gros bas. Elle le souleva, sentant son corps tiède et ses jambes fines sous la laine grise. Elle le tenait ainsi tout en cherchant à dénouer la corde du pilier. Elle y parvint enfin, au prix d’efforts insensés. Elle tint sa promesse et laissa la vie sauve à la baronne en se contentant de l’encorder à l’un des piliers. Toutefois, elle lui passa une corde au cou et la fit monter sur un tabouret oublié là car il lui manquait un pied.
La jeune femme resta là, en équilibre instable, prête à se pendre elle-même au moindre faux mouvement. La jeune fille était trop pressée pour attendre ce qui se produisit au bout d’une demi-heure, la jeune baronne glissa et commença de s’étrangler très lentement en se convulsant dans ses liens qui la retenaient au pilier. Les grosses cordes qui la ligotaient glissaient peu à peu le long des pierres rugueuses. Chaque contorsion serrait le nœud coulant, celui-là même qui avait étranglé le frère de la jeune fille et qui était suintant de sang. Sa tête se penchait en avant, ses pieds cherchaient le sol qu’elle espérait vainement retrouver à travers la laine de ses bas. Ses mains liées dans le dos s’écorchaient sur la pierre et l’air devenant de plus en plus rare, elle se sentit peu à peu s’étrangler en jouissant d’une merveilleuse façon. C’est ainsi que les deux gardes avinés qui surveillaient le gibet virent deux pendus s’enfuir avec leurs cordes. Ils devinrent fous et ne songèrent pas à libérer la baronne. On les comprend. Le jeune garçon revint à la vie au prix de soins attentifs dont le moindre fut de se faire masturber longuement par sa grande sœur.
Comme elle il tint à garder au cou la corde qui l’avait pendu. Un signe, un souvenir de son premier véritable orgasme.
C’est peut-être lui qui vint une nuit, aidé de sa grande sœur étrangler le bourreau dans son lit avec une de ses cordes de chanvre et de soie, mais avec la méthode utilisée par ses parents. On retrouva le bourreau étranglé, les cuisses pleines de sperme, bâillonné avec un gros bas de laine grise tricotées par sa femme. Le lit montrait que plusieurs personnes s’étaient violemment agitées dans ce lit à des jeux de plaisir et de mort. Personne ne vint plaindre ce bourreau- là. La bourrelle, folle de chagrin, tricota des bas extrêmement longs et épais. Elle en enfila une paire, se bâillonna avec une seconde paire, se lia elle-même les mains avec un autre réservant le dernier à ses pieds. Elle passa la tête dans un nœud coulant fait de la paire restante et mourut lentement, pendue à ses fameux bas de laine grise.
Son fils hérita de sa charge qu’il assura avec art et plaisir, ne refusant jamais de pendre un criminel et même parfois des innocents.
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UNE JOURNEE A TYBURN TREE
Nous sommes en 1450, à Londres, sous le règne d’Henry 6. La perte de la Normandie et la peste ont rendu le pays instable, en proie à la violence. Le nombre d’exécutions est devenu énorme. On compte près de soixante-dix mille pendaisons en Angleterre pendant le siècle. Dix fois plus qu’en France à la même époque. Pendant tout le Moyen Age et jusqu’au dix-huitième siècle, on pratiquait peu les peines de prison, la plupart des délits et crimes conduisant plutôt à des peines corporelles, en particulier la potence qui était facile à administrer, pour peu qu’on disposât d’une corde et d’une branche d’orme ou une poutre assez haut placée. Les gestes étaient simples et l’issue presqu’assurée.
A Londres, les exécutions peuvent avoir lieu partout car il est d’usage de pendre les malfaiteurs sur les lieux de leurs crimes. Mais, environ huit fois par an, ont lieu de grandes pendaisons au gibet de Tyburn, un grand édifice de bois sombre situé à l’angle de ce qui sera Hyde Park, dans ce qui est encore en dehors de la ville.
Le gibet est constitué de trois poteaux hauts de plus de sept mètres, reliés par trois traverses de bois sombre, longue, elles aussi de plus de sept mètres et formant ainsi un triangle placé en haut d’une butte en pente douce et entourée de maisons à colombages. Parmi elles, une auberge avec un grand balcon que le tenancier loue à prix d’or lors des exécutions. Chaque traverse du gibet pouvait porter jusqu’à huit pendus, attachés les uns contre les autres, formant un cortège de cadavres convulsés, la tête renversée par la corde de chanvre. La butte sur laquelle le gibet était dressé était remplie des corps des suicidés et des suppliciés condamnés à être enterrés là, anonymes et sans sépulture. Il en émanait l’odeur doucereuse de la mort et de la pourriture. C’est pour cette raison que peu de gens voulaient habiter là. L’auberge faisait exception car elle vivait sur les profits qu’elle tirait des pendaisons et des supplices exécutés près du gibet. Le gibet de Tyburn était souvent reconstruit, parfois plus grand, parfois plus rudimentaire. Ce n’était pas un monument, mais une machine à étrangler qu’on usait jusqu’à la remplacer. C’est pour cela qu’il apparaît sous divers aspects selon les époques où on le dessinait, toujours avec ses trois piliers plus ou moins hauts.
Dans la cour de l’auberge se dresse un magnifique orme noueux avec de solides branches. Avant que ne fut érigé le gibet, c’est cet orme qui servait de potence depuis des dizaines d’années. Elm street, la rue des ormes signifiait pour les Anglais du Moyen Age que c’était une rue de pendus. L’orme, avec son tronc noueux et ses branches qui s’élançaient comme des bras peu feuillus semblait être une sorte de bourreau de bois portant haut les pendus qui y étaient attachés. Aucun autre arbre ne produisait la même impression de participer au supplice des pendus qui y étaient attachés.
Dans l’Angleterre le monde des vivant se mélangeait au monde des pendus. On ne craignait pas de subir la pendaison car il ne se passait pas un jour sans qu’on ne voie, en divers endroits, des malheureux pendus et étranglés. Des hommes, des femmes, des enfants, les mains liées dans le dos, leurs chausses de laine descendues le long de leurs jambes, le sexe raidi gonflant les braies. Même les enfants s’amusaient près des nombreuses potences qui ponctuaient les rues et les carrefours, jouant avec les jambes gainées de laine et ligotées comme on se cache derrière un arbre. Il arrivait même que certains, trop faibles et peu aimés, se fassent pendre ou étrangler par des garnements sans scrupules et amusés par leurs grimaces au bout des cordes qui ne manquaient jamais dans cette ville pleine d’artisans et de remises obscures.
Même les suicidés choisissaient de préférence de se pendre. Trouver une corde et une poutre était chose facile et la pendaison était si familière qu’elle semblait évidente avec sa promesse de mort certaine et de plaisir ultime. Cela valait bien mieux que la défenestration ou la noyade, bien moins certaines. C’est ainsi qu’on retrouvait souvent des hommes ruinés, des femmes trompées au bout d’une corde attachée à une poutre de leurs galetas, leurs chausses de laine effleurant le sol. On enterrait leur corps sous le gibet. Et, si par extraordinaire, ils survivaient à leur suicide par pendaison, ils finiraient étranglés au gibet au prochain jour de pendaison.
Les jours de pendaison étaient annoncés par des affiches et par des crieurs qui annonçaient qui serait exécuté et comment, sachant que ce jour-là, on pourrait pendre jusqu’à vingt-quatre condamnés. Tout commençait toujours par une pendaison. Les plus coupables, tels que les traitres, les félons et les hérétiques, étaient dépendus, à moitié morts, au bout de dix à quinze minutes pour être étripés, découpés à la hache, décapités ou brûlés.
Comme le voulait l’usage, au matin du jour de pendaison, des carrioles se présentaient devant la prison de Newgate. Dans chacune, on faisait monter quatre malfaiteurs que l’on attachait à moitié debout aux ridelles du véhicule. Ils avaient les mains liées devant et on leur mettait autour du cou une grosse corde avec un lourd nœud coulant prolongé de plusieurs mètres de chanvre qu’ils devraient porter tout au long de leur parcours vers le gibet. On couvrait leur tête d’un épais bonnet de laine leur retombant sur l’épaule.
Les hommes portaient une longue veste ou encore une chemise de drap qui leur descendait jusqu’à mi-cuisse. On leur avait ôté toute ceinture ou marque personnelle. Ils portaient des chausses de laine épaisse et grise. Désormais, les chausses étaient tricotées dans la laine que produisait en abondance l’Angleterre, le Pays de Galle et l’Irlande. Les bas étaient attachés aux braies de toile qui couvraient les parties intimes, sorte de pagne plus ou moins cousu.
Les femmes portaient aussi des chausses grosse laine grise et des braies. Leurs seins étaient bandés de toile aussi et par-dessus elle portaient une robe serrée en haut et large vers le bas, serrée à la taille par un cordon.
Dans ce monde de misère, les vêtements étaient souvent usés et sales. Leurs couleurs bistres hésitaient entre le gris, le brun et le beige écru. Mais les vêtements étaient rares et chers. Presque toujours en laine grossière, mille fois reprisés, presque toujours souillés de crasse et de boue. Une paire de chausses en gros tricots devait durer de longues années car ce vêtement essentiel était très coûteux.
Contrairement à la France où il était courant de pendre les condamnés pieds nus et seulement vêtus d’une longue chemise de toile, manière de leur ôter toute personnalité, toute identité, les Anglais les pendait avec tous leurs vêtements, tous les signes de leur forfait. Et comme il faisait froid à Londres et que l’Angleterre produisait beaucoup de laine, il était normal que les pendus soient vêtus de grosse laine.
Si en été, on pouvait être légèrement vêtu, Londres était, avant tout, une ville froide, humide et pluvieuse où l’on devait le plus souvent se vêtir de plusieurs couches de laine pour ne pas trop trembler de froid. Cette laine peu dessuintée qui protégeait aussi des averses et de la bruine les condamnés, les bourreaux et le public. Tant et si bien que dans la gadoue permanente des ruelles sombres, on finissait par ne plus très bien savoir qui allait finir au bout de la corde et qui allait supplicier les condamnés.
Ce jour-là, on se contenterait de simples pendaisons car nul traitre n’avait été condamné durant le mois. Cela n’empêchait pas une foule nombreuse d’être là à voir les condamnés monter dans les charrettes, en portant leurs grosses cordes. Dans chacune des carrioles, montait aussi un garde prêt à occire quiconque voudrait s’enfuir ou se rebeller.
Le cortège était accompagné de shérifs, des sortes de policiers travaillant au nom du roi, et de watchmen, souvent des malfaiteurs qui, se fondant dans la foule surveillaient les événements et, à l’occasion rattrapaient les condamnés qui avaient tenté de s’échapper des carrioles.
C’est ainsi que le long cortège, accompagné d’une populace curieuse, se mettait en branle pour parcourir les trois kilomètres qui le séparait du lieu des pendaisons. On avançait lentement dans les rues étroites et encombrées, pataugeant dans la gadoue de la ville sale dont les toits en encorbellement se touchaient, plongeant la ville dans une perpétuelle pénombre fétide.
Un premier arrêt avait lieu à Old Bailey, la cour de justice où, dans une interminable litanie, un greffier faisait la lecture de la condamnation de chacun des condamnés. Il énumérait d’abord ses crimes, souvent dérisoires car le vol d’un seul shilling conduisait à la potence. Puis il concluait par la condamnation qui était ce jour-là, d’être pendu et étranglé jusqu’à ce que mort s’ensuive.
A Londres, en ce temps-là, on finissait au bout d’une corde, qu’on soit un homme, une femme ou un enfant d’au moins onze ans. Le crime était si répandu et la pendaison si familière qu’on ne s’embarrassait pas de pitié ou d’humanité.
Une fois les condamnations lues, parfois sous les huées ou les frémissements de la foule, le cortège se remettait en route, toujours très lentement, pour atteindre un premier estaminet où tout le monde buvait de l’ale et plaisantait sur le spectacle à venir. Les pickpockets étaient à l’œuvre et accompagnaient les futurs pendus en faisant leurs affaires avant de remplacer les condamnés dans un avenir incertain.
L’atmosphère était, curieusement, animée, presque joyeuse, malgré le glas résonnant aux églises près desquelles le convoi passait. Les badauds parlaient aux condamnés, tout un commerce se faisait entre les vivants et ceux qui allaient mourir. On échangeait des victuailles, de l’alcool et même de l’argent. Les aides du bourreau, à côté des condamnés dans la carriole, participaient activement à ces échanges.
Être pendu était une forme courante de la destinée, pour beaucoup, la frontière entre une vie misérable et finir, étranglé, au bout d’une corde, était mince et souvent au bénéfice de la potence. Il était inconvenant de montrer de la peur ou du désespoir. Donc, les futurs suppliciés se montraient joviaux et reprenait en cœur les chansons de pendus qui étaient chantées par le public. Seuls, parfois, les plus jeunes enfants, qu’on allait pendre pour un menu larcin, pleuraient, assis sur le banc de la carriole.
Au bout de deux ou trois heures, toute cette compagnie bruyante et ivre pavanait au pied du gibet où s’amassait déjà une foule de près de vingt mille spectateurs. Au pied de la potence attendaient les bourreaux principaux tandis que leurs aides s’étaient installés à califourchon sur les traverses, attendant d’y attacher les cordes.
Pour de telles occasions, il ne fallait pas moins de six bourreaux et de leurs aides pour venir à bout de la pendaison de vingt-quatre condamnés. Mais le bourreau principal de Londres, celui qui avait le titre d’exécuteur, de pendeur, était un homme de haute stature, encore jeune qui avait hérité le titre à la mort de son prédécesseur. Lui-même était devenu aide bourreau en acceptant la charge plutôt que d’être pendu. Désormais, il était veuf car sa femme était morte de la peste. Il œuvrait avec l’aide de sa fille, une garce d’à peine vingt ans qui adorait les exécutions et se plaisait à tirer sur les jambes des pendus en riant aux éclats.
Le bourreau était reconnaissable à ses chausses de laine rouge sang en épais tricot. Il portait aussi une cagoule de la même laine. Son pourpoint de cuir recouvrait une chemise blanche et s’ajoutait à un tablier de cuir, lui aussi. Il portait d’élégants souliers de cuir fauve, preuve que sa fonction était bien payée. Sa fille portait les mêmes vêtements, à l’exception de sa robe de toile brune, un peu trop courte pour lui permettre d’être agile sur la potence, qui remplaçait le pourpoint et le tablier. Bien des hommes rêvaient de mourir étranglés entre ses jambes habillées de laine rouge.
Une première carriole s’arrêta sous un des bras. Le bourreau grimpa à bord. C’était toute une famille de bistrotiers qui droguait ses clients pour les détrousser. Il y avait l’homme un gaillard au regard fourbe gueulait des insultes à la foule hilare. Près de lui, sa femme en robe grise avait la trentaine et gardait les yeux dans le vague. En face d’eux, une jeune fille aux longs cheveux blonds et sales sanglotait dans une robe semblable à celle de sa mère. Enfin, un gamin de douze ou treize ans, vêtu seulement d’une chemise grise et de bas de laine, regardait avec terreur le bras de la potence au-dessus de lui.
Le bourreau détacha les mains de l’homme pour les réattacher dans le dos avec une corde de chanvre. Puis il saisit la grosse corde pour la lancer en l’air pour que sa fille, qui était grimpée là-haut comme une chatte, l’attrape pour la nouer à la traverse avec plusieurs solides nœuds. Le bourreau avait pris la précaution de bien serrer le nœud coulant pour que l’aide puisse bien tendre, si bien que l’homme devait se tenir bien droit pour ne pas s’étrangler. Le bourreau se baissa et, avec une autre corde, ligota les jambes de l’homme par-dessus ses gros bas de laine.
On liait les jambes de suppliciés car, quand ils étaient huit, accrochés à une seule traverse, les jambes libres, il n’était pas rare qu’ils tentent d’enlacer de leurs jambes le pendu voisin et de retarder leur strangulation. Cela plaisait énormément au public qui riait de ces tentatives désespérées. Au bout d’un moment, le pendu qui en avait enlacé un autre, se fatiguait et se laissait retomber, pour finir de s’étrangler dans les spasmes et les convulsions. Mais cela retardait considérablement l’exécution qui devait impérativement s’achever à la nuit tombante. Donc, on liait les jambes des pendus.
Puis il passa à la femme, la déliant et la ligotant à nouveau, les mains derrière le dos, lançant sa corde à son aide, la tendant autant que possible. Cette fois-ci, il attacha les jambes par-dessus la robe pour la décence. Il fit de même avec la jeune fille épouvantée. Il finit avec le garçon qui se laissa faire avec docilité. Tout en les préparant au supplice, il palpait les seins des jeunes femmes et caressait l’entrejambe de l’homme et du garçon, excité qu’il était d’avoir à les pendre. Il ne dédaignait pas, à l’occasion, de violer une jolie fille qu’il avait pendue et qui reposait encore chaude sur la table de l’auberge. Personne n’eut osé l’en empêcher, d’autant qu’il payait l’aubergiste grassement pour ce petit plaisir. Il était même arrivé qu’une pendue revive alors qu’il la besognait et qu’ils finissent l’affaire dans un orgasme violent. Le plus souvent, la femme ressuscitée mourrait à nouveau après ce viol, ses dernières réserves de vie s’échappant de son sexe.
Comme personne ne semblait vouloir faire de discours d’avant la mort, usage très répandu à cette époque, le bourreau tira le bonnet de laine sur le visage de chacun des condamnés, commençant ainsi à les étouffer.
La foule était silencieuse, captivée par les préparatifs de la pendaison. Puis le juge présent pour une telle occasion, donna l’ordre et la charrette s’ébranla, un à un les suppliciés tombèrent dans le vide, de quelques centimètres seulement pour que leur strangulation soit la plus lente possible. Cela fit un bruit sourd se répétant dans le silence, suivi du crissement des cordes qui se tendaient et des nœuds qui se resserraient. Après quelques instants de sidération, les corps liés commençaient à se tordre, d’avant en arrière, les jambes ligotées ne permettant pas d’autre mouvement. Les corps tournoyaient, se heurtaient, les jambes s’agitaient de plus en plus, les mains liées dans le dos remontaient désespérément vers la corde sans pouvoir l’atteindre. Des grognements et des gargouillis d’étranglés se mêlaient aux pets et aux grincements des cordes sur le bois du gibet.
En Angleterre, contrairement à la France, on utilisait de grosses cordes de chanvre longuement assouplies pour avoir servi à de nombreuses pendaisons. Les cordes étaient terminées par de gros nœuds coulants à sept torons qui rendaient leur coulissage difficile et qu’il était très ardu de desserrer. Ces grosses cordes rendaient le supplice plus spectaculaire et, en répartissant la pression, ralentissaient l’agonie. Selon l’emplacement du nœud autour du cou du pendu, le supplice était différent. Placé à l’arrière, la langue du supplicié gonflait et sortait de la bouche, provoquant aussi, en pressant sur les nerfs et les vaisseaux sanguins, l’orgasme du pendu, le fameux plaisir des anges. Mise sur le côté la corde provoquait, tantôt l’asphyxie cérébrale, le pendu blanc, tantôt la cyanose et la congestion, le pendu noir et violacé. Placée sous le menton, elle ne pressait sur aucun organe clé, le pendu pouvait ainsi agoniser pendant près d’une heure avant de mourir de la dislocation lente de sa colonne vertébrale. Les bourreaux connaissaient toutes ces subtilités pour mener leurs exécutions pour le plus grand bonheur de la foule. Bien entendu, on n’eût pas donné cher d’un bourreau qui ne permettait pas aux pendus de se débattre longuement au bout de leurs cordes. Il existait des cas de bourreaux qui avaient fini au bout de leurs propres cordes pour n’avoir pas laisser leurs pendus se débattre assez longtemps.
Un grand soupir de pitié et de plaisir quand les pendus commencèrent à se convulser au bout de leurs cordes. Comme personne ne se manifestait, le bourreau s’approcha du garçon qui se débattait au bout de son nœud coulant et lui attrapant les jambes ligotées par-dessus les chausses de laine, il lui donna plusieurs secousses et se suspendit à lui pendant un moment. Le petit pendu finit par mourir, la tête penchée sur le côté, un de ses bas était descendu sous son genou.
Près de la famille étranglée, quatre autres malfaiteurs furent pendus de la même manière. A cette époque de misère et de troubles, on ne vivait pas longtemps. Vivre plus de quarante ans était un privilège. On devenait gibier de potence à l’adolescence et la plupart des délinquants n’étaient encore que des adolescents quand on les condamnait à la potence. Ces quatre là étaient donc des jeunes qui n’avaient pas vingt ans ; trois garçons, une fille qui regardaient le gibet en riant et dont les visages disparurent sous les cagoules tandis qu’on finissait de leur ligoter les pieds. Ils basculèrent de la carriole pour tournoyer dans le vide, les cordes se serrant lentement autour de leurs cous fins.
Ils formaient ainsi une ligne de huit pendus en train de se débattre comme un rideau soufflé par le vent de la mort. Les galoches de bois tombaient des pieds et, du bas de la potence, les enfants qu’on avait amené là pour leur faire la leçon, contemplaient les pieds ligotés et gainés de grosse laine s’agiter dans les liens dans des spasmes qui les impressionnaient tout en les faisant rire avec une cruauté juvénile. Le lendemain, ils joueraient à se pendre et quelques garnements malheureux seraient retrouvés au bout d’une corde, leurs braies et leurs chausses descendues sur leurs pieds pour qu’on vit bien ce que la strangulation faisait à leur sexe.
Pendant ce temps-là les autres pendus se tordaient sous les deux autres traverses, se balançaient d’avant en arrière en grognant et gargouillant. Les galoches tombées formaient une ligne qui suivait celle des pendus, les bas de laine descendaient souvent le long des jambes des suppliciés. La femme pissa sa bière devant la foule hilare. Leurs mains liées dans le dos tentaient désespérément de remonter vers la corde, sans jamais y parvenir. Puis leur gigue se ralentit peu à peu, les spasmes s’espacèrent et devinrent moins violents. Les trois corps se laissèrent aller pour, peu à peu, se replier lentement, les genoux remontant lentement, les pieds vêtus de laine tremblant convulsivement. De grosses gouttes de sperme tombèrent sous l’homme dont les braies avaient glissé avec ses chausses et qui éjaculait longuement en finissant de s’étrangler.
Pendant ce spectacle, la foule murmurait, écoutait, observait intensément. Les putains qui étaient venues nombreuses branlaient les hommes pour quelques pennies tout en les détroussant pendant qu’ils jouissaient avec leur autre main.
Depuis le balcon des gens de la haute société se délectaient du spectacle en mangeant des friandises et buvant du vin fin.
La pendaison dura tout l’après-midi, les carrioles venant se placer sous les poutres et chaque groupe de pendus se faisant attacher, cagouler et pendre avec une lenteur convenue. Parfois, des proches se précipitaient pour attraper les jambes des pendus et les tirer de toutes leurs forces pour les faire mourir plus vite. Mais beaucoup ne bénéficiaient pas de cette aide et se débattaient interminablement provoquant l’admiration du public de leurs convulsions spectaculaires.
De temps à autres, le bourreau relevait la cagoule d’un pendu pour que le public pût admirer le visage congestionné, le regard absent et la langue énorme et pleine de bave gonflée au point de sortir toute noire de la bouche.
Beaucoup de sperme et d’urine était tombé sur le sol du gibet, ce qui ferait le bonheur des sorcières qui attendaient la nuit pour surgir.
Quand les vingt-quatre condamnés furent tous pendus, étranglés et vidés de leur semence, des mères entraînèrent leurs enfants pour toucher les pieds et les mains des suppliciés pour qu’ils bénéficient de la chance que procure le fait de toucher un pendu. Plus tard, on ferait commerce des cordes, on volerait les chausses de laine et les cagoules pour mieux se vêtir et s’imprégner de la chance des pendus.
La méthode de pendaison anglaise consistait à faire tomber le condamné de la charrette qui se dérobait sous ses pieds. Si personne ne songeait à venir l’aider à mourir, le pendu se débattait un long moment, parfois un quart d’heure, voire une demi-heure au bout de sa corde. C’était très différent de ce qui se passait à Paris où le condamné était mené, les mains liées en haut d’une longue échelle. Il portait trois cordes au cou, dont deux avec des nœuds coulants et une troisième servant à le traîner, puis à le faire tomber sous l’échelle. A ce moment, le bourreau se mettait à califourchon sur son cou ou montait sur ses mains liées et donnait de vigoureuses secousses pour hâter la strangulation. Les suppliciés n’étaient pas cagoulés et étaient nus sous leur chemise, ce qui permettait de mieux voir leurs grimaces et leur langue qui se gonflait toute noir dans leur bouche. Cela permettait de voir le sperme tomber au pied de la potence. Ces différences notables montrent que la pendaison pouvait revêtir de nombreuses formes pour parvenir aux mêmes effets.
C’est ainsi que, dans les Balkans, on enfermait les condamnés ligotés dans un grand sac de grosse toile que l’on recousait pour le fermer. Dedans, le pendu portait ses vêtements traditionnels, notamment de grosses chaussettes tricotées. On le hissait, dans son sac, le long d’un poteau, puis on lui passait un nœud coulant avant de le laisser retomber au bout de sa corde. L’aide du bourreau lui tenait les jambes avec une corde pour qu’il ne se débatte pas. La mort venait lentement dans l’obscurité du sac que le public voyait s’agiter de spasmes jusqu’à ne plus bouger. Cette pratique se retrouve encore, aujourd’hui, au Proche Orient où les condamnés sont ligotés dans des couvertures les couvrant des pieds à la tête et dans lesquelles ils agonisent, meurent et sont enterrés après leur supplice. Une manière de leur ôter leur humanité, leur identité. Ce ne sont plus que des sacs de laine qui se balance au bout d’une corde et qu’on ne reverra jamais.
A la nuit tombante, les bourreaux et leurs aides commencèrent de détacher les pendus pour les porter dans l’auberge qui avait une salle pour les étendre sur de grands tréteaux. Le lendemain, on pourrait vendre les corps non réclamés aux chirurgiens qui les payaient fort bien. La pendaison avait l’avantage de ne pas léser les organes. Vingt-quatre corps encore ligotés, leurs jambes en chausses de laine sous les chemises et les robes relevées, s’alignaient ainsi. Les hommes arborant sous leurs braies des sexes humides dressés tout raides vers le ciel.
Soudain, la jeune fille se redressa en poussant un cri aigu. Puis ce fut le cas d’un jeune homme vigoureux. Les deux rescapés se tordaient dans leurs liens au milieu des cadavres étranglés. En ces temps où l’on était plus petit et souvent plus maigres, la pendaison n’était pas toujours mortelle car les pendus ne pesaient pas bien lourd.
L’aubergiste et quelques bourreaux bien ivres, détachèrent les deux survivants et on les coucha dans des lits bien chauds pour qu’ils revinssent pleinement à la vie. On les couvrit de plusieurs couches d’épaisses couvertures de laine pour les libérer du froid de la mort. Au bout de deux jours, tous deux avaient recouvré leur santé. La fille de quinze ans n’était pas très maligne avant d’être pendue, désormais elle était complètement idiote, mais elle se laissait violer sans jamais se rebiffer. L’aubergiste décida de la garder comme putain pour s’enrichir encore mieux. Faire l’amour à une pendue était une véritable attraction. Beaucoup d’hommes rêvaient de l’érection des pendus et se laissaient étrangler entre ses jambes pour mieux jouir.
Elle devint l’égérie du gibet, se promenant dans la foule des spectateurs elle savait repérer ceux qui s’excitaient à la vue des pendus en train de se débattre au bout de leur corde et, en échange de quelque pennies, elle les masturbait de ses doigts fins, laissant entrevoir sous le col de sa longue robe de laine, la marque indélébile de la corde qui l’avait pendue. Elle devint même l’amie de la fille du bourreau qui la prit en affection, partageant en toute innocence leur goût pour les pendus. La fille du bourreau l’entrainait dans son galetas et toutes deux jouaient à se donner du plaisir en s’étranglant mutuellement avec leurs bas en laine. La jeune fille adorait la fille du bourreau, oubliant en toute innocence que c’était elle qui l’avait pendue. Elles vécurent longtemps dans une relation lesbienne où elles se plaisaient à jouir en se murmurant des histoires de pendaisons tout en se donnant du plaisir. Et pour encore augmenter leur jouissance elles se serraient des bas de laine autour du cou, des bas de laine qu’elles venaient d’ôter à quelque pendu qu’elles avaient trouvé à leur goût.
Le jeune homme, quoique vigoureux, était aussi devenu stupide incapable de coordonner ses mouvements. On aurait pu le renvoyer à la prison de Newgate, mais il était bien plus pratique de le pendre à l’orme de la cour. Alors, on lui lia les mains dans le dos, on attacha ses jambes en chausses de laine, puis on le hissa dans un gros nœud coulant qui se balançait à la branche de l’orme, puis on le laissa retomber. Il s’agita dans d’horribles convulsions, alors la femme de l’aubergiste se suspendit à ses jambes et resta ainsi jusqu’à voir le sperme tomber sur sa joue. Elle aussi ne dédaignait pas les plaisirs du gibet. Un pendu à l’orme de la cour lui fait l’effet d’un fruit délicieux murissent à son arbre. Alors, quand elle sentit le sperme tomber chaud sur ses joues, elle cessa de tirer sur les jambes et, au lieu de cela, se retourna et mit les jambes couvertes d’épaisses chausses de laine sur ses épaules et prit le sexe écumant dans sa bouche pour avaler la semence magique, la graine de mandragore. Puis, n’y tenant plus, le sexe devenant énorme et raide, elle grimpa à l’échelle qui avait servi à hisser le jeune homme à la branche de l’orme, elle releva sa robe et s’empala en tournoyant avec lui au bout de la corde, contemplant de tout près son visage bouffi par la strangulation et la langue énorme, bloquée par les dents mais encore en train de baver abondamment. Le jeune homme finit par mourir complètement, son corps devenu flasque pendouillant, au nœud coulant atrocement serré autour de son cou par l’effet de cette dernière danse.
Le lendemain, on abandonnerait le corps dans une rue borgne après l’avoir dépouillé de ses chausses et de sa chemise qui pouvaient encore être vendues. Chaque nuit, dans l’obscurité des ruelles de Londres, des hommes se faisaient assassiner et dépouiller par des bandes de rodeurs. Personne ne serait surpris de le trouver là. Il n’y aurait pas d’enquête non plus car personne ne porterait plainte. A Londres, pour finir au bout d’une corde, il fallait quelqu’un pour vous accuser. Et c’était déjà suffisant pour garnir les trois bras du gibet de vingt-quatre pendus.
Il ne resterait plus qu’à attendre le mois suivant pour qu’une vingtaine de pendus ne viennent regarnir les bras de Tyburn Tree.
Neuf mois plus tard, elle donna naissance à un ravissant bébé aussi blond que l’aubergiste était brun. Ce dernier le surnomma ironiquement de « graine de pendu » et l’éleva comme le fils qu’il n’avait jamais eu. L’enfant grandit près de Tyburn et il développa un goût prononcé pour les pendaisons. A quinze ans, sa mère lui offrit une belle paire de chausses en laine presque neuves, pas même reprisées, celles qu’elle avait retirées au jeune homme accroché à l’orme. Elle les avait gardées toutes ses années et les embrassait régulièrement en souvenir de son amant d’un jour. Mais elle ne lui dit jamais qu’il était né de l’éjaculation d’un pendu. Un jour, lors de la visite du bourreau, il obtint la charge de devenir son aide.
Quelques années plus tard, le bourreau vieillissant devint moins habile et moins honnête. Il pendit mal quelques condamnés dont la corde glissa ou se serra mal, ou encore se détacha du bras de la potence. Il accepta de plus en plus de pots de vin pour laisser mourir des scélérats au bout de leur corde, avant qu’ils ne fussent étripés et qu’ils vissent brûler leurs entrailles. Il finit au bout d’une bonne corde que lui avait passé avec art celui qu’on surnommait « graine de pendu ».
Et, ainsi, le cycle des pendaisons à Tyburn perdura, pour le plus grand plaisir de la foule et celui de la justice du roi.
Et cela durerait encore trois siècles avant que le gibet ne soit transféré à Newgate et que la pendaison ne devint un supplice discret, rapide, sans plaisir où les suppliciés tombaient dans une trappe sordide pour s’y rompre le cou et mourir dans l’instant, ignorés de tous. Le public découvrit, furieux, ce nouveau supplice qui le privait de tout ce qui faisait le charme macabre de Tyburn. Les pendus de Newgate, qu’on ne voyait que de loin, tombaient dans la trappe et demeuraient immobile, la nuque brisée, privant le public de la gigue des pendus, des bruits d’agonie, du réconfort de se suspendre aux jambes de suppliciés, de découvrir, après leur supplice, leur visage où saillait une grosse langue noire, des avantages propitiatoires de toucher les pendus, de faire caresser de leurs pieds ou de leurs mains des bambins à qui l’on souhait bonheur et fortune. La pendaison cessait de faire partie de la vie.
Il faut désormais aller en Iran pour voir des pendaisons qui ressemblent à celles de Tyburn, des grappes de pendus, hissés par des grues, un gros nœud coulant au cou et qui se tordent dans d’interminables convulsions devant un public abondant qui en redemande. Il n’est pas question de pendre trop vite. Il faut que les pendus se débattent longuement au bout de leurs cordes sous le regard d’une foule experte qui vient nombreuse les voire agoniser. Malgré les pantalons bouffants des hommes et le tchador des femmes, on voit bien l’effet sexuel de la pendaison sur les suppliciés. Avec la pendaison, le plaisir n’est jamais loin de la mort. C’est la civilisation en marche.
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NAÏSSE & LOLA
Depuis mon enfance j’avais toujours éprouvé un sentiment étrange quand on me parlait de pendus. J’avais mis un long temps à comprendre que ce supplice était lié au sexe et au plaisir autant qu’à la mort et à la souffrance. Une de mes tantes m’avait décrit en détails ce qu’éprouvait un pendu, la strangulation, la langue qui sortait, l’urine et la salive qui coulaient, et autre chose dont elle ne voulait pas me parler, ce qui avait éveillé en moi une curiosité insatiable. Quelle était cette mystérieuse sensation qu’éprouvaient les pendus et dont on ne pouvait pas parler ?
Ma tante était une jeune femme au regard doux et à la voix chantante. On aurait juré qu’elle était la tendresse même, malgré ses idées un peu folles et son goût pour l’horreur. D’une voix d’adolescente elle se déclarait partisane de la peine de mort et parlait souvent de pendus. Je ne sais pas si elle éprouvait une attirance sexuelle pour la pendaison, mais c’était un sujet dont elle ne se lassait pas. Un jour elle me déclara qu’elle était allée voir le voisin qui s’était pendu. À cette époque, la pendaison était le moyen le plus courant de se suicider car les cordes se trouvaient partout, surtout dans les milieux populaires et artisans où elles servaient à toutes sortes de manutentions. Elle me décrivit son visage noirci, sa langue sortie et me montra un gros bout de corde grise un peu effilochée : « Tu vois, il s’est pendu avec ça, une corde de chanvre, grosse en plus, il ne pouvait pas se rater. Il faut garder ce bout de corde car ça porte bonheur. Elle rangea le morceau de chanvre dans un tiroir dans lequel j’entrevis qu’e ce n’était pas le premier bout de corde de pendu qu’elle possédait. Certains collectionnent les fèves, d’autres des capsules de bière. Elle collectionnait les morceaux de cordes de pendus. Ma jolie tante au visage d’ange … L’instant d’après, elle me faisait enfiler une paire de mi-bas en laine à grosses cotes beige en me disant que c’était bien meilleur pour la santé. Cette nuit-là je me couchai avec mes belles chaussettes de laine et je rêvai d’un artisan en train de se pendre et d’éprouver la sensation mystérieuse dont avait parlé ma tante. Au matin j’eus terriblement honte car un liquide gluant souillait mon pantalon de pyjama en grosse flanelle. Elle m’avait aussi raconté comment, dans son enfance, à la campagne dans le Jura, elle avait découvert son petit cousin pendu dans la grange, avec une vieille longe, à une haute poutre. Là aussi, l’abondance des cordes augmentait le nombre des pendaisons. Elle se demandait seulement comment il avait pu attacher la corde et parvenir à se la passer autour du cou, n’exprimant ni horreur ni pitié pour ce petit corps étranglé. Elle se trouvait juste en face de ses pieds. Ses sabots étaient tombés et il était en chaussettes de laine grise comme on en portait quand on vivait là et qu’on était un gosse. En l’écoutant, je m’imaginais être ce petit cousin. Elle était toujours vêtue d’une blouse de toile grise d’ouvrière par-dessus une robe de gros tricot qu’elle s’était fabriquée elle-même et qau’elle serrait à sa taille par une vieille ceinture. Et, invariablement, elle portait de grosses chaussettes de laine écrue qu’elle tirait jusqu’au-dessus de ses genoux et qu’elle portait avec de vieilles chaussures lacées. Les chaussettes redescendaient toujours sur ses chevilles et j’aimais bien regarder cela, rêvant d’y enfouir mon visage. Elle n’était pas élégante, mais elle me faisait éprouver une sorte de douceur douillette qui me rassurait. Il émanait d’elle un parfum de laine et de vanille.
J’appris, plus tard que, lorsqu’elle était adolescente, pendant la guerre, elle était tombée amoureuse d’un jeune gestapiste blond, charmant et cruel. Ils se voyaient en secret jusqu’au jour où il la fit venir à la kommandantur de cette petite ville du Jura. Un gros village bien froid, perdu dans une vallée obscure, le long d’un torrent ombrageux. On avait arrêté deux jeunes partisans et le jeune gestapiste comptait bien montrer tout son art à ma jeune tante. Il avait congédié les autres gestapistes, se réservant le plaisir exclusif de ce qui allait se passer. Elle arriva et découvrit les deux résistants debout sur une table, les mains liées dans le dos avec des cordelettes et une grosse corde de pendu nouée autour du cou. La fille qui devait avoir dans les quinze ans était vêtue d’un pantalon fermé par une ficelle qui s’enfonçait dans de grosses chaussettes grises sans chaussures. En haut elle portait un pull boutonné sur l’épaule et tout effiloché. Son visage était souillé de larmes et de colère désespérée. Le garçon, peut-être un peu plus âgé était en tenue d’ouvrier, grise, tachée. Il n’avait sous sa veste qu’un tricot de corps sale. Ses pieds, avec les mêmes chaussettes de grosse laine que la fille étaient chaussés de galoches sans lacets. Le jeune Allemand n’était pas peu fier de son exploit. Il proposa à ma tante de lier les pieds des condamnés. Elle le fit avec un plaisir évident, remontant les chaussettes de la fille jusqu’aux genoux avant de les lier avec une bonne corde. Elle fit de même avec les pieds du garçon, tout en prenant son temps et en serrant de toutes ses forces.
En dehors des deux condamnés, ils n’étaient que tous les deux pour exécuter le supplice qui les excitait visiblement. Ma tante attrapa les jambes de la fille et la soulevant à pleins bras, elle la fit redescendre de la table, jusqu’à ce que ses pieds soient à quelques centimètres du sol et que la corde se soit tendue, serrée et déplacée sous son menton. La gamine grognait, le nœud ne pressant pas sa gorge la laissait respirer juste assez pour la maintenir en vie. Les chaussettes de la fille effleuraient le sol. La pendaison allongeait son corps et, peu à peu, ses pieds reposaient sur le parquet de la pièce servant aux interrogatoires et aux exécutions. La jeune fille repliait convulsivement les jambes, puis les reposaient sur le sol, luttant de toutes ses forces contre la lente strangulation. Le garçon, lui, fut poussé sans ménagement par l’Allemand et le nœud se serra d’un coup derrière sa nuque. Son visage devint gris puis violacé, pendant que sa langue énorme gonflait et lui ouvrait grand la bouche comme une masse noirâtre. Ses galoches lui tombèrent des pieds et on pouvait bien voir ses jambes liées trembler au-dessus du sol. La corde était plus courte, ses grosses chaussettes ne touchaient pas le sol. Le jeune Allemand attrapa son pantalon et, d’un geste brusque, le fit descendre, avec son caleçon long, sur ses chevilles, révélant le sexe durci du jeune homme d’où jaillissaient de longs jets de sperme, tandis que son visage grimaçant agonisait dans un étrange rictus de mort et de plaisir.
Ma tante se glissa sous la fille, la laissant reposer ses grosses chaussettes sur son visage et prolongeant indéfiniment son supplice. C’est ainsi que le jeune Allemand la pris, lui faisant l’amour sous les pieds de la fille pendue. Ma tante garda de l’événement un goût prononcé pour les pendus et aussi pour les grosses chaussettes de laine montant bien haut sur les jambes. Ce qu’elle ne manquait pas de me faire porter dès que j’allais chez elle. Et lorsque je montrais les signes d’une bronchite, elle ne manquait pas de me serrer autour du cou une de ses grandes chaussettes de laine dont elle possédait d’innombrables paires dans ses tiroirs. Elle échappa à la potence parce qu’elle était trop jeune pour avoir commis des crimes et que ses jeux avec les pendus s’étaient passés sans autre témoin que son jeune gestapiste qui eut le bon goût de mourir à la Libération. Elle s’était réfugiée en Croatie où elle croyait échapper à la vengeance des résistants. Mais, ce qu’elle y vit, fut l’exécution de filles à peine plus âgées qu’elles que l’on pendait à l’autrichienne. Elles étaient amenées dans une cour où se dressaient de hauts poteaux de bois bordés d’escabeaux. Au sommet des poteaux était planté un crochet puissant auquel était attaché un nœud coulant. Les filles étaient alignées le long de chaque poteau et on leur liait les mains. Une grosse corde était passée sous leurs bras pour qu’elles soient hissées en haut du poteau. Là, un bourreau monté sur l’escabeau leur passait le nœud coulant autour du cou. Au pied du poteau, un autre bourreau ôtait leurs chaussures, puis faisait passer une corde par un trou percé à la base du poteau et ligotait les pieds des condamnées par-dessus leurs grosses chaussettes. C’est alors que l’on détachait la grosse corde et que les malheureuses glissaient le long du poteau, soudain étranglées par le nœud coulant. Mais aussi, on tirait sur la corde qui leur liait les pieds, réduisant ainsi considérablement l’effet de la strangulation. C’est ainsi qu’elles demeuraient, secouées de soubresauts, grognant et bavant, la langue sortie de la bouche, se cramponnant au poteau avec leurs mains liées dans le dos, pendant près d’une heure avant de s’affaisser dans l’inconscience, mortes comme des sacs de viande molle. Alors, seulement, on jetait sur leur corps des grandes couvertures grises pour dissimuler leur supplice à la vue du public pourtant avide de leur souffrance. Elle vit ainsi des alignements de ces potences à l’autrichienne avec leurs lots de filles pendues et cela, plutôt que de l’épouvanter, lui fit éprouver un plaisir intense où elle s’imaginait en train de lentement jouir en s’étranglant. Elle ne me parlait que rarement de ses aventures, mais elle m’en parlait quand-même, cultivant sournoisement mon intérêt pour les pendus. C’était en général pour me dire que la pendaison n’était plaisante que si elle durait longtemps, ponctuée de convulsions et de jouissance. « Tu vois, les Anglais, ils n’ont rien compris, ils brisent la nuque des pendus, et ils meurent sur le coup. C’est vraiment triste, alors que quand on les pend bien, ils se sentent mourir peu à peu et on peut prendre du plaisir à les regarder ».
Très vite, je m’étais mis en quête d’images de pendus, éprouvant une sourde jouissance en regardant des pendaisons au cinéma. Je découvris d’abord les pendaisons que les nazis firent dans les pays occupés, puis celles qui devinrent monnaie courante en Iran, devant des foules hurlantes, sans la moindre hésitation à faire lentement s’étrangler les suppliciés.
De la même manière, j’avais toujours éprouvé une attirance pour les chaussettes en laine, surtout quand elles montaient, très épaisses jusqu’aux genoux, voire au-dessus. Cette même tante qui m’avait parlé des pendus, insistait pour m’offrir de grosses chaussettes de laine beige qu’elle me faisait porter quand nous allions à la campagne. Et quand j’attrapais froid, elle me serrait le cou avec une de ces grosses chaussettes et me faisait dormir avec et parfois même avec une deuxième pour être sûre que mon cou était bien cerné de laine. Je ressentais un plaisir certain à ces pratiques, mais, de retour chez-moi, cela me semblait comme cette sensation des pendus dont elle ne voulait pas me parler.
Je n’osais pas porter mes grandes chaussettes de laine que j’aimais tant, et j’enviais les filles et les garçons que je voyais en arborer d’épaisses, redescendant sur leurs chevilles en épaisses piles de laine. C’était la mode et je me repaissais de les contempler, rêvant de palper les collants et les maxi-chaussettes de grosse laine. Puis, un jour, je décidai qu’il n’y avait rien de mauvais à les enfiler et à s’en servir pour se bâillonner et s’étrangler. Dès lors, je devins vigilant à toutes les offres et choisis d’aller dans les pays où on en vendait. La mode des maxi-chaussettes fut, pour moi, une des portes du paradis. C’est ainsi que j’écumais les catalogues comme les magasins vendant les plus énormes chaussettes, ainsi que les vêtements et les couvertures qui m’aidaient à satisfaire mon fétichisme envahissant. Je me croyais seul au monde avant de découvrir que ce fantasme était partagé en secret par bien d’autres que moi.
Mon épiphanie s’était produite un jour où, faisant une allusion salace à un de mes camarades de collège, si joli qu’il me rendait fou, blond au visage d’ange innocent, il m’avait saisi le cou entre ses jambes. Il portait de grandes chaussettes en laine bordeaux dans des tennis qui lui tombèrent des pieds tandis qu’il m’étranglait de toutes ses forces. Je fis semblant de me débattre toute en me laissant étrangler au point d’en presque perdre conscience. Quand, enfin, il me libéra, j’avais éjaculé. Je venais de prendre conscience que j’aimais, par-dessus tout, les chaussettes en laine, seulement si elles étaient longues et épaisses et que mon plaisir venait d’être étranglé, en particulier au bout d’une corde de pendu, mais aussi entre de jolies jambes habillées de grosse laine.
Lorsque j’avais dix à douze ans, mes parents, forts catholiques, m’envoyaient régulièrement dans des colonies de vacances tenues par les prêtres. Ces derniers avaient inventé une sorte de scoutisme bigot où leurs tendances pédophiles et sadiques prenaient toute leur ampleur. Je retrouvais, dans un village perdu du centre de la France, une horde de gamins, souvent plus de vingt, sous les ordres de jeunes curés largement incapables de faire régner l’ordre. Nous étions invariablement vêtus de culottes courtes en velours marron, de longues chaussettes de laine beiges doublées d’une seconde paire plus foncée, roulée au-dessus des brodequins, en haut nous portions des pulls en V en tricot rêche sur des chemises de toile blanches ouvertes sur des foulards de laine. C’était un uniforme sur lequel on épinglait des décorations lors des jeux brutaux organisés par les curés, des rubans, des macarons, des insignes, des croix. Le soir, on nous faisait dormir dans une chapelle désaffectée où s’alignaient nos petits lits couverts de grosses couvertures grises et rêches issues de l’armée. Nous devions nous mettre en pyjamas de flanelle épaisse et garder nos chaussettes contre le froid. Il arrivait que l’on enfile trois ou quatre paires de ces gros bas de laine que tricotaient des religieuses à l’air revêche, mais produisant en quantité d’épaisses chaussettes, tantôt beige, tantôt écrues ou bleu marine. Après la prière, à genoux près de nos lits, nous nous glissions sous les couvertures. En hiver, on pouvait s’en procurer plusieurs car elles étaient rangées en piles au fond de la salle qui n’était pas chauffée. Certaines étaient plus épaisses, plus poilues, plus grandes et nous nous les disputions pour avoir plus chaud. C’était aussi une occasion de jouer à s’enrouler dedans. On trouvait aussi des rouleaux de corde de chanvre qui servaient à nos activités de grimper, de lutte et de toutes sortes de jeux troubles inventés par les prêtres nostalgiques des années de guerre et troublés par la pédophilie.
Dès que les prêtres avaient disparus, toute une activité nocturne se réalisait. Des ombres se réunissaient et se glissaient sous les couvertures des uns et des autres. Pour se tenir chaud, se caresser ou se torturer. J’avais très vite su me faire traiter en victime, ayant un goût grandissant pour les supplices. Deux de mes camarades étaient devenus mes tortionnaires attitrés et je me retrouvais, presque tous les soirs, ligoté de cordes et bâillonné de chaussettes de laine. Les chaussettes de laine ne manquaient pas, il était naturel qu’on s’en serve pour autre chose que de se les mettre aux pieds. Elles devenaient donc des liens, des baillons, des moufles, des cordes pour étrangler. J’adorais particulièrement que le plus mignon des deux camarades m’étrangle entre ses jambes et que nous dormions ainsi en se murmurant des histoires de gibets. Je sens encore le parfum de ses pieds dans leurs grosses chaussettes chaudes. Je leur expliquai l’art du nœud de pendu et nous jouions, sous les couvertures à en confectionner que nous faisions coulisser autour de nos cous en tirant la langue et roulant des yeux dans des caricatures d’agonie. Nous avions, bien entendu, bien compris que les pendus jouissaient au bout de leur corde et cela nous fascinait particulièrement.
Une nuit, nous lançâmes une grosse corde par-dessus la poutre qui traversait la chapelle et nous organisâmes ma pendaison. J’’étais debout sur un lit, les mains liées dans le dos, mes pieds ligotés par-dessus les grosses chaussettes. Plusieurs gamins me tenaient les jambes, tandis que d’autres, en grappe, se mirent à tirer sur l’autre extrémité de la corde, me soulevant au-dessus des couvertures et les pieds retenus par plein de mains empressées. Cela ne m’étranglait pas vraiment car on me tenait les jambes et que je n’étais pas bien lourd, mais cela provoqua chez moi un formidable orgasme, le sperme jaillissant dans mon pyjama de flanelle.
Nous jouâmes ainsi deux ou trois soirs avant qu’un curé ne fît irruption et découvre la scène. Le scandale fut intense. Je passai pour le diable en personne. Pour un peu on m’aurait pendu ou brûlé vif … Je fus immédiatement exclu de la colonie, à la fois content d’échapper aux curés et nostalgique de mes jeux de pendaisons.
Savoir qu’à la fin de Notre Dame de Paris, Esmeralda finissait pendue et étranglée dans une description minutieuse de Victor Hugo, fit de ce roman un de mes favoris. Je découvris que la littérature ne serait jamais avare de ce type de situation. En revanche, je ne trouvai rien sur la laine. Heureusement, pendant des années, les longs bas de laine furent une mode qui m’enchanta en secret, même quand mes petites amies s’exhibaient en grandes chaussettes, ou en tricotaient elles-mêmes.
J’éprouvais une honte sourde et paralysante à avouer que mon plaisir exigeait des bas en laine et des pendaisons. Mes rares expériences où j’étais parvenu à me faire étrangler en faisant l’amour s’étaient soldées par de lugubres échecs. Je n’osais pas avouer mon fantasme, même à celles qui se montraient les plus disposées à les partager en portant beaucoup de laine ou en évoquant les pendus sur un ton sans équivoque. J’en étais réduit à me masturber en jouant à me pendre moi-même en me hissant à la grosse corde que j’avais passée par-dessus la rampe de ma mezzanine.
J’achetai des cordes, des couvertures, de longues chaussettes en laine, des cagoules, de longues écharpes et toutes sortes de vêtements et d’accessoires me permettant de jouir seul de mon fantasme. De la même manière j’emplissais ma bibliothèque et ma vidéothèque de tout ce évoquait ma passion des pendus et de la laine. Tout cela pour une jouissance solitaire et honteuse.
C’est alors que j’avais rencontré Naïsse dans un grand magasin de soldes et de dégriffés qui, à ma grande surprise, vendait des montagnes de chaussettes de laine longues et épaisses dans des bacs immenses où, pour quelques euros, on pouvait acheter des produits valant ordinairement dix fois plus cher. Je n’ai jamais pu résister à l’achat d’une paire de gros bas de laine, alors, je commençai de remplir mon panier des plus longs et des plus épais, sans compter. En face de moi, j’avisai qu’une jeune femme en faisait autant et s’empressait de saisir les plus belles chaussettes avant que je ne mette la main dessus. Nous échangeâmes un regard et nous nous sourîmes, déjà complices. Elle était blonde et avait un visage délicat orné d’yeux verts et de quelques taches de rousseur. Mais surtout, elle portait un ensemble de laine couleur Camel, fait d’une longue robe à col roulé à côtes plates, d’un manteau, d’une écharpe et d’un bonnet de la même laine. Et pour compléter le tout de longues chaussettes, toujours du même tricot, qui disparaissaient sous la robe et plongeaient dans de jolis mocassins marrons. Une vision enchanteresse, et elle sut que, déjà je rêvais de la caresser dans toute cette laine. Nous convînmes que je prendrais les grandes pointures et elle, les plus petites. C’est ainsi que nous nous retrouvâmes aux caisses, nos paniers débordants de chaussettes en laine.
Elle me proposa, une fois sortis du magasin, de passer chez elle pour que nous parlions de notre passion des bas de laine. Ce que j’acceptai sans hésiter. Vous pensez !
Elle habitait à deux pas de chez moi et, dans son petit deux pièces, je découvris qu’elle vivait avec une amie qui était venue nous ouvrir la porte. Elle portait un épais jogging en molleton gris et, elle aussi d’épaisses chaussettes de laine bleu marine qui montaient, par-dessus le pantalon, jusqu’aux genoux, toute en tire-bouchonnant sur ses chevilles dans des tennis de toile blanche sans lacets. Elle avait les cheveux bruns et courts et un visage juvénile de garçon manqué. Elle s’appelait Lola et avait aussi une voix rauque de garçon.
Elle contempla nos sacs débordant en riant et nous fit entrer.
Dans le petit appartement, je découvris que d’innombrables vêtements de laine étaient jetés çà et là, prêts à être endossés. De grandes chaussettes séchaient sur un fil qui traversait la pièce, montrant que ces deux filles les portaient aussi souvent qu’elles le pouvaient.
Nous nous assîmes au bord du grand lit qui occupait une grande partie de la pièce et qui était couvert de plusieurs grandes couvertures de grosse laine. Les deux filles me parlèrent sans réserve de leur homosexualité tout en m’acceptant dans leur monde. Elles me trouvaient assez féminin, surtout dans la laine. Elles considéraient que la grosse laine les libérait des fantasmes masculins et les emmenaient dans une sensualité douillette qui créait de véritables liens.
Nous fîmes donc vite connaissance et, ayant ôté nos chaussures, elles purent constater que je portais aussi de grosses chaussettes, bien épaisses et bien longues. Naïsse ne put résister de les toucher pendant que Lola palpait mon pull irlandais en déclarant qu’il faudrait m’attacher pour que je ne fasse pas n’importe quoi.
Il ne fallut que quelques minutes pour que je sois couché sur le ventre, les mains liées dans le dos par un grand base laine. Naïsse me tenait les pieds pendant que Lola me bâillonnait avec un immense bas de tricot gris. Quand elles me retournèrent, je ne portais plus que des bas en laine et des liens faits de bas en gros tricot. Lola me jeta sur la tête une des grosses couvertures tandis que Naïsse caressait mon sexe qui avait beaucoup durci pendant qu’elles me ligotaient. Je jouis longuement et, soulevant la couverture, Lola me prit le cou entre ses jambes, ses grosses chaussettes bleues commencèrent de serrer mon cou de plus en plus intensément. Naïsse tenait mes pieds pour m’empêcher de convulser. Lola couchée le long de moi, m’étranglait avec ses jambes tout en léchant mon sexe à nouveau dressé. Elle me dit, dans un souffle qu’elle aimerait bien me pendre si elle avait une corde pour le faire.
Je lui répondis que, moi, je disposais de belles cordes et de poutres dans mon appartement dans les combles d’un immeuble voisin. Les deux filles me délièrent aussitôt et nous partîmes, en emportant nos sacs de chaussettes. En chemin, elles me parlèrent de pendus et de potences, évoquant sans ambages la jouissance des pendus et leur goût pour les supplices. À leurs yeux, seule la potence avait quelques vertus car elle n’occasionnait ni blessures, ni sang, seulement une lente strangulation aussi sensuelle que cruelle.
Je n’avais pas menti. Dans mon salon, une grosse corde de chanvre était passé par-dessus la rampe de ma mezzanine et était, à un bout, ornée d’un énorme nœud coulant. Par terre, plusieurs cordes attendaient sagement de lier le condamné que j’étais. J’avais l’habitude de me lier les pieds, par-dessus de grandes chaussettes et de me hisser avec la grosse corde de pendu.
Lola attrapa le nœud coulant, respirant le parfum du chanvre. Elle fit coulisser le nœud et se le passa autour du cou pour éprouver la sensation du condamné sur le point de s’étrangler. Puis, nous ôtâmes nos vêtements, choisîmes des bas en laine et des longs pulls dans mes tiroirs. Naïsse descendit de ma mezzanine en apportant une de mes couvertures épaisses en laine un peu rêche et lourde.
Elles me lièrent les mains dans le dos, puis jetèrent la couverture sur ma tête avant d’enrouler une longue corde en la serrant bien fort sur la couverture, de mes épaules jusqu’à mes chevilles. Et comme je chancelais, Naïsse me passa le gros nœud coulant et se mit à grimper à l’autre bout de la corde, m’étranglant peu à peu à travers la laine épaisse de la couverture. Lola me lia les pieds jusqu’à la plante. Leurs voix étaient étouffées par l’épaisseur de la couverture. Elles se mirent à deux pour me hisser et, soudain, je me sentis ne plus toucher le sol. La corde crissa et le nœud se serra peu à peu. Je ne pouvais presque plus respirer. Elles me redescendirent et l’une d’elle, je ne savais pas laquelle, serra une grande chaussette par-dessus mon visage pour que la couverture m’étouffe encore plus. Puis elles me hissèrent à nouveau. Je m’étranglais de plus en plus, saisi par l’angoisse du pendu, tentant dans mes liens et sous la grosse laine, de me débattre contre la mort qui rôdait.
Puis l’angoisse céda la place à une grande sensation de douceur, ressemblant un peu ce qu’on ressent quand on se noie par hydrocution. Mes convulsions cessèrent et, à la place, je me senti peu à peu jouir immensément dans le vide, entre ciel et terre, mon sperme jaillissant dans la laine pendant que j’embrassai mon destin de pendu. C’était une sorte de rêve où l’on venait me voir au bout de ma corde. Je me voyais moi-même me débattant au gibet dans une danse désespérée et extatique.
Quand je me réveillai, j’étais allongé dans plein de couvertures, serré entre les deux filles habillées de mes combinaisons de grosse laine et portant mes plus grandes chaussettes. J’avais encore les pieds et les mains liées par-dessus de grandes chaussettes aux pieds comme aux mains. Naïsse s’était mise tête bêche, et promenait ses jolis pieds en grosses chaussettes sur mon visage. Lola hésitait entre me bâillonner et m’étrangler avec un gros bas. Naïsse la masturbait en évoquant ma pendaison, la manière dont je m’étais débattu dans mes cordes et les couvertures. C’est ainsi que nous finîmes par nous endormir, par terre sous la corde de pendu qui menaçait au-dessus de nous.
Nous nous réveillâmes le lendemain et Lola exigea d’être pendue à son tour.
Elle portait son épais jogging, un vêtement trop grand, trop gros, et ses grosses chaussettes bleues remontaient au-dessus de ses genoux. Elle m’avait dit qu’elle portait surtout ces vêtements pour plaire à Naïsse. Mais elle avait fini par y prendre goût, découvrant le plaisir des cordes par-dessus la laine. Elle n’imaginait pas qu’un homme eût de tels goûts, alors ma venue lui fit une bien belle surprise.
Je lui passai une épaisse cagoule qui descendait jusqu’à ses petits seins cachés par l’épaisseur de son jogging. Puis je lui liai les mains avant de serrer la corde autour de sa poitrine. Elle poussa un gémissement quand je serrai le nœud coulant autour de son cou. Naïsse la maintenait debout tout en me caressant le sexe à travers mon épais collant de tricot vert foncé. Je liai les pieds et les jambes de Lola et caressai son sexe à travers l’étoffe de son jogging. Puis je la hissai. Elle était légère, elle s’envola, se débattant furieusement dans ses liens et poussant des cris rauques. Naïsse lui saisit les pieds, la soutenant pour empêcher qu’elle ne s’étranglât trop vite. Puis elle l’abandonna pour venir me masturber d’une main tendit qu’elle se caressait de l’autre. Au bout de deux ou trois minutes, je jouis et laissai Lola redescendre et gésir sur le sol. Elle se réveilla au bout de quelques minutes, offrant quand je lui retirai la cagoule un visage d’extase.
Naïsse préférait me pendre plutôt que d’être la suppliciée. Cette petite blonde ne trouvait son plaisir que dans son rôle de bourrelle qu’elle jouait avec un plaisir énorme.
Nous nous quittâmes pour la journée, nous promettant de nous retrouver le soir même sous la poutre de mon gibet. Tandis que Lola palpait mon sexe à travers mon épais collant, Naïsse me caressa le cou, suivant du doigt la marque du nœud coulant.
Le soir, elles revinrent, Naïsse dans son ensemble de laine, Lola dans son épais jogging. Sans hésiter, elles entreprirent de visiter mes placards et découvrirent les quantités da laine que je possédais. Surtout les grosses chaussettes qui provenaient de Sibérie, de Norvège, d’Écosse, des territoires indiens du Nord du Canada, d’Allemagne, de Bulgarie et de tous ces pays où l’on tricote des bas en laine pendant les soirées d’hiver. Elles s’extasièrent aussi sur les montagnes de couvertures, sur les pulls énormes et les combinaisons de gros tricot. Elles essayèrent à peu près tout ce qui leur plaisait, jouant de temps en temps à m’étrangler entre leurs jambes vêtues des bas les plus épais. Nous prîmes beaucoup de temps à essayer toutes ces chaussettes et ces vêtements de laine, jouant, de-ci de-là à nous étrangler ou nous bâillonner avec les plus longues et les plus épaisses. Puis nous en vînmes à la grosse corde de chanvre qui pendait à la rampe de ma mezzanine. C’était une grosse corde de chantier, lourde, grise et usée par un long usage. Le nœud coulant, énorme avec plus de huit torons, glissait à souhait parce que l’avais amoureusement savonné pour qu’il coulisse parfaitement lors du supplice et vienne frapper le cou comme un poing de géant.
Et bien entendu, elles se mirent à deux pour me pendre, puis m’étouffer, puis encore pour me momifier au cœur de plein de couvertures.
Je leur montrai des films pleins d’exécutions où des pendus luttaient contre l’inéluctable mort qui suivait la strangulation, devant des foules hurlantes brandissant leurs gosses pour qu’ils imaginent leur destin. Et nous nous masturbions copieusement les uns les autres en regardant ces agonies, vêtus de toute la laine possible et ligotés par une Naïsse en extase.
Et c’est ainsi que nous commençâmes une vie étrange de pendaisons et de chaussettes en laine. Un secret que nous ne partageâmes avec personne tant nous étions heureux de notre trio de pendus.
Elles avaient conservé leur petit deux pièces, mais elles venaient presque chaque soir jouer dans la laine et les cordes à nous pendre et nous étrangler avec le plus grand des plaisirs. Nous retournâmes plusieurs fois dans la boutique, pour vider les grands bacs de chaussettes en laine qui semblaient inépuisables. Mes placards en débordaient. Nous commandions aussi de plus en plus de grosses couvertures pour pouvoir nous écraser ensemble sous dix ou douze épaisseurs de ces grandes surfaces pleines de chaleur rêche mais laineuse. C’est ainsi que, la nuit venue, agglutinés dans nos chaussettes, nos joggings épais et nos couvertures, nous regardions ensemble des films de vraies pendaisons où de jeunes victimes se débattaient au bout de leurs cordes, les jambes gesticulantes, le visage congestionné et la langue gonflée saillant de la bouche. Nous savions reconnaître quand ils jouissaient en les voyant trembler, crispés, une bosse apparaissant dans leurs pantalons bouffants. Naïsse voulait parfois nous pendre, Lola ou moi, sans cagoulef, pour nous voir aussi tirer la langue au bout de la corde et il est vrai que j’éprouvais un certain plaisir à regarder Lola devenir comme ces pendus étranglés au visage noirci et à la langue gonflée.
Naïsse s’était mise à tricoter et, par sa passion et son savoir-faire, elle sur nous confectionner des bas, puis des combinaisons complètes, épaisses et couvrant la tête, les mains et les pieds pour nous transformer, Lola et moi en pantins de laine, juste bons à être pendus et étranglés. Elle s’était tricotée toutes sortes de tenues de laine qu’elle portait sans vergogne tous les jours. Sous ses robes chaussettes, elle portait d’épais collants sous de longues paires de bas de laine. Elle vivait dans la laine et les cordes, mais jamais elle ne consentait à être pendue, ni même ligotée. Son plaisir était de nous lier et de nous pendre dans la laine et les cordes, de s’emplir du plaisir d’embrasser nos pieds vêtus de chaussettes énormes et de contempler des pendaisons en observant bien le moment où la vie quittait les pendus et les signes de leur érection souvent bien visibles.
Le soir, quand elles dormaient chez moi, elles me faisaient porter des grands bas de grosse laine aux mains et aux pieds, puis me liaient les mains et les pieds. Puis elles m’enroulaient dans une grande couverture, puis une autre et une autre encore et parfois une quatrième. Elles n’étaient alors pas trop de deux pour serrer des cordes autour de moi, de la tête aux pieds, perdu dans un étouffant silence pendant qu’elles passaient le reste de la nuit à faire l’amour en m’entendant suffoquer et me voir tenter de me tordre dans mon cocon de laine. Elles se couchaient alors sur moi pour m’immobiliser et augmenter l’étouffement. Elles adoraient jouir ainsi par-dessus mon corps momifié et je m’endormais ainsi en éjaculant.
Nous retournâmes une dernière fois à la solderie pour acheter ce qui restait de grosses chaussettes, mais il ne restait plus que quelques paires qui ne nous avaient jamais plu. Alors que nous nous apprêtions à quitter le magasin, une femme sans âge nous aborda.
« Non, il n’y en a plus, vous ne trouverez plus votre bonheur ici. Mais, chez moi, j’ai peut-être de quoi combler vos besoins ».
Nous la suivîmes jusqu’à un immeuble décrépi où elle vivait dans un minuscule appartement sombre et froid. Des fils étaient tendus à travers le salon. Des dizaines de fils à quelques centimètres du plafond. Et sur chacun des fils, attachées par un brin de laine, des dizaines de paires de longues chaussettes de grosse laine écrue étaient suspendues. Toutes étaient neuves, épaisses, follement attirantes. Lola et Naïsse caressaient le pied de ces chaussettes avec des regards brillant de désir. La femme nous expliqua qu’elle tricotait pour un ensemble de folklore de montagnards basque. Ces villageois, des bergers, tricotaient et portaient ces bas de grosse laine depuis des siècles. Lola et Naïsse lui dirent que cela leur rappelait quelque chose, un vague souvenir perdu dans la brume du passé. Mais, reprit la femme, ce groupe avait été dissout. Il faut dire que le village d’où il venait était surnommé « le village des pendus » en raison des nombreuses pendaisons qui avaient eu lieu dans le passé, à l’époque de la guerre de trente ans. La seule curiosité de ce village était qu’il possédait la seule potence authentique de France. Elle se retrouvait donc avec ces innombrables paires de bas de laine dont elle ne savait que faire. Alors, si nous pouvions l’en débarrasser en lui payant sa peine, elle serait ravie. Elle ne s’étonna guère de nos regards gourmands quand elle venait d’évoquer les caractères particuliers de ce village qui devaient forcément transparaître dans les montagnes de chaussettes de laine que nous venions d’acheter.
Nous n’hésitâmes pas et, lui demandant son prix, nous achetâmes tout le lot, même celles qui étaient trop petites, tant nous les trouvions désirables. Nous payâmes la somme à la femme ravie et repartîmes avec plein de sacs en plastique bourrés de ces grosses chaussettes.
De retour dans mon appartement, nous en essayâmes chacun plusieurs paires en les tirant jusqu’au-dessus de nos genoux.
Nous étions sur mon grand lit, allongés sur les épaisseurs de grosses couvertures et parmi les autres couvertures en désordre, les cordes et les toutes ces chaussettes de laine. Nous ne résistâmes pas à l’envie de nous masturber mutuellement tout en appuyant nos pieds couverts de laine sur nos visages et à nous étrangler entre nos jambes. C’était notre seule manière de faire l’amour, nous étouffer, nous étrangler, nous pendre dans un océan de chaussettes en laine. Nous jouâmes en portant le plus de chaussettes possible, à nos pieds, bien-sûr, mais aussi à nos mains, comme baillons et encore comme liens et corde pour nous étrangler. Une marée de chaussettes de laine écrues échauffant nos sens et notre perversité. Naïsse, rassasiée de plaisir nous lança : « j’adore porter et jouer avec des chaussettes de pendus ! ». Lola lui répliqua : « c’est vrai que les pendus n’usent pas leurs chaussettes ! ».
Nous vérifiâmes ses propos en la pendant durant plus d’une minute, ses pieds en chaussettes battant dans le vide et, visiblement ne s’usant pas. Cela nous fit beaucoup rire tandis qu’elle tirait une grosse langue. Elle m’enlaça le cou avec ses jambes et cela m’excita énormément pendant que je m’étranglais sous la pression de la laine des chaussettes de pendu.
Ce fut une bonne raison de nous faire jouir encore plus et nous endormir épuisés en rêvant de gibets, le nez dans ces chaussettes sublimes. Dans mes rêves, je crus entrevoir une haute potence se dressant au milieu des montagnes.
Un soir, nous nous installâmes comme nous aimions le faire, les deux filles assises sur le canapé recouvert de couvertures, et moi par terre, en combinaison de grosse laine, les jambes de Lola, gainées de grosse laine bordeaux chiné, serrées autour de mon cou, croisant les pieds afin de m’étrangler doucement, avec, parfois des à-coups pour me rappeler mon rôle de victime. Nous regardions un de nos films favoris où une femme en tchador était menée à la potence pour être pendue entre deux hommes. Au moment où la grue hissait la poutre à laquelle étaient attachées les cordes, un homme venait déplacer le nœud coulant de la femme pour qu’il soit sous son menton. Ainsi, alors qu’elle était hissée pour être vue de loin par la foule, elle se débattait furieusement, tentant désespérément d’atteindre la corde avec ses mains liées dans le dos et donnant des ruades pour essayer de se libérer. Peu à peu, elle se crispa, ses genoux remontant en avant, puis elle abandonna la lutte et resta pendue oscillant au gré du vent. Nous nous masturbions mutuellement en regardant cette scène.
C’est alors que Naïsse entreprit de nous expliquer que nous étions tous les trois des réincarnations. Nous venions d’une époque reculée où l’on portait sûrement de grosses chausses de laine, un pays froid où elles étaient indispensables. Lola et moi avions certainement été pendus et étranglés dans notre communauté et nous en avions gardé une mémoire traversant les âges et les réincarnations, au point d’adorer encore les sensations de ce supplice. Quant à elle, qui ne voulait pas être pendue, mais qui adorait infliger ce supplice pour son plus grand plaisir, nul doute qu’elle avait été bourrelle, fille de bourreau, femme de bourreau, habituée à prendre du plaisir à pendre ou aider à pendre d’innombrables suppliciés. L’idée qu’elle se servit des jambes des condamnés en chausse de laine pour se balancer tandis qu’ils s’étranglaient la fit beaucoup rire.
Nous vécûmes ainsi pendant plus de deux ans, puis elles disparurent sans laisser d’adresse, pas même un petit mot d’adieu. Je surveillai les sites de rencontre et les faits divers à leur recherche, mais rien n’apparut. Je me retrouvai seul avec ma laine et mes cordes rêvant en me masturbant à toutes les scènes que nous avions vécues.
Puis, une nuit, je fis un rêve si proche de la réalité que je fus certain d’y avoir vécu. Nous étions dans un village de la fin du seizième siècle, à l’aube d’un matin d’hiver. Des maisons à colombages et pignons pointus entouraient une place pavée. Des montagnes noires cernaient l’horizon. Le ciel de plomb du petit matin pesait sur le village, des flocons d’une neige glacée tournoyaient dans le vent dur et froid, il fallait qu’un événement exceptionnel fit sortir cette population méfiante de ses maisons durement chauffées.
Dans ce pays de montagnes et de vent, on élevait des moutons et on se vêtait avec leur laine. Les gilets protégeaient le corps tandis que de hautes chaussettes épaisses protégeaient les jambes et les pieds des hommes, comme des femmes et des enfants. C’était un pays froid et sans cœur où l’on vivait dans la laine pour ne pas s’engourdir dans les bourrasques du froid.
Une foule de marauds s’était massée autour d’un échafaud surmonté d’une haute potence à laquelle était adossée une échelle. La foule grondait, impatiente d’assister au spectacle. C’était un pays de bergers où la laine était à la base de la plupart des vêtements, un pays de rudes paysans pour qui la pendaison était le rare spectacle qu’ils pussent contempler. Alors on y venait en famille, espérant une exécution à la hauteur de ses attentes. Les enfants, en sabots de bois, avaient été mis devant la foule pour qu’ils vissent mieux le châtiment. Ils étaient là, avec leurs gilets et leurs grosses chaussettes retenues aux genoux par des lacets de cuir et qui remontaient par-dessus leurs pantalons de grosse toile. Ils s’agitaient, impatients de regarder le supplice. Quelques garçons, plus grands, jouaient de leurs écharpes d’épais tricot pour étrangler leurs cadets et les filles qui se débattaient sous le regard malveillant de leurs parents. On faisait beaucoup d’enfant dans ces hivers glacés, en perdre quelques-uns dans ces jeux n’était pas un grand malheur. Dès leur plus jeune âge, les jeunes savaient que la pendaison avait des liens avec le sexe. On allait pendre une fille qui devait avoir abusé de cette liaison mortelle. Il se disait qu’elle avait étranglé son amant pendant qu’il la violait. Ils se retrouveraient en enfer.
C’était une période propice aux exécutions. Trois jours avant, on avait pendu cinq gamins, à peine plus âgés qu’eux, pour avoir volés et violés plus qu’il n’était permis. On les avait amenés dans une charrette, les mains liées dans le dos, une grosse corde au cou avec un nœud presque aussi gros que leur tête. Trois garçons et deux filles qui portaient, qui des chemises de grosse toile descendant à mi-cuisse, qui des robes descendant aux chevilles. Tous les cinq portaient des sabots et les grandes chaussettes de grosse laine blanc écru typique de la région. Chacun portait un gros bonnet de la même laine que les chaussettes, assez profond pour couvrit tout le visage.
Le bourreau ne perdit pas de temps et il entraîna chaque condamné en haut de l’échelle, lia la corde au bras de la potence, rabattit le bonnet sur le visage et poussa, d’une bourrade et d’un coup de genou, chaque jeune victime dans le vide où elle tournoya a au bout de sa tortouse qui se serra aussitôt. Quand il eut pendu les cinq gamin, le bourreau retira l’échelle et contempla son œuvre. Les jeunes pendus étaient minces et menus, ils pesaient peu et leur corde ne les étranglait qu’à moitié. Ils avaient été pendus si près les uns des autres qu’il se bousculaient en se débattant. Leurs mains liées dans le dos agrippaient celles des autres, les manches de leurs chemises. Leurs jambes qu’on n’avait pas attachées se pliaient pour enserrer le corps des autres petits pendus. Si bien que l’agonie devint une longue sarabande de corps en train de se s’enlacer en s’étranglant lentement. Puis les plus robustes finirent par s’épuiser et leurs corps devinrent flasque, s’abandonnant à la strangulation. Au bout d’un moment où le silence s’installait, on vit de grosses gouttes de liquide blanchâtre tomber des corps et s’étaler sur le plancher de l’échafaud, le plaisir des anges. Les gosses qui contemplaient cela prenaient la leçon, certains avaient peurs, d’autres y voyaient un destin enviable.
Au bout d’une heure, alors que la foule s’était dispersée, on redescendit les corps devenus flasques des jeunes pendus pour les allonger sur des couvertures de laine grise dans lesquelles on les enroula avant de les mener à la fosse commune. C’est alors que, déjà empaqueté dans sa couverture un des garçons grogna et se mit à convulser, reprenant soudain vie malgré le supplice. On déroula la couverture et on le vit haleter sous sa cagoule. Le bourreau en leva une des grandes chaussettes du pendu voisin et, sans un mot, l’étrangla avec, pesant de tout son poids sur le corps agité de soubresauts désespérés. Cela valait mieux que de le rependre, puisqu’il avait survécu une heure au bout du nœud coulant.
C’est alors que la charrette arriva, tirée par un âne que menait un homme en cagoule de laine noire. Dans la charrette je vis Lola, les mains liées dans le dos et vêtue d’une robe de bure et de chausse de laine brune. à côté d’elle se tenait Naïsse portant une robe courte et de long bas de laine bordeaux. Naïsse tenait une longue corde de chanvre qui se terminait autour du cou de Lola par un gros nœud coulant. Arrivés à l’échafaud, l’homme aida Naïsse à descendre et, attrapant la corde, il entreprit de grimper à l’échelle en la tirant derrière lui, l’obligeant à monter à reculons. Naïsse les suivait, tenant Lola par les genoux pour qu’elle ne trébuche pas. Arrivé sous le bras de la potence, le bourreau y enroula la corde et la noua solidement en s’assurant qu’elle était bien tendue, obligeant la jeune fille à se soulever pour ne pas s’étrangler. Naïsse brandit une autre corde et commença à lui lier les pieds, puis, par-dessus la robe, les genoux. Le bourreau sortit un sac de jute épais de sa ceinture et en recouvrit la tête de Lola. La foule hurlait.
C’est alors que le bourreau, de sa jambe gainée de grosse laine grise, poussa Lola dans le dos, la faisant chuter de l’échelle et tournoyer dans le vide. On l’entendit grogner, gargouiller, se tordre et donner des secousses avec ses jambes liées. Ses mains ligotées tentaient de remonter vers la corde, comme l’avait fait la femme en tchador de mon film. Naïsse lui attrapa les jambes et se suspendit à elle pour empêcher ses convulsions. En riant, elle ricanait en regardant le public. Le bourreau s’installa à califourchon sur ses épaules, entourant son visage de ses grosses chausses de laine.
La foule gronda, on entendit des rires et des gémissements. Les enfants, sur le devant de la foule, levaient la tête en criant pour ne rien manquer du spectacle. Certains jouaient à être des bourreaux et c’est à ce moment qu’ils étranglaient leurs cadets, pour jouer, pour vivre mieux la mort de Lola.
Puis la scène s’acheva. La foule s’égaya, le bourreau redescendit de l’échelle et Naïsse sauta à terre pendant que Lola, pendue se balançait lentement au gré du vent au milieu des flocons de la neige qui commençait à tomber. Elle devrait demeurer là pendant des jours entiers. Naïsse, lui délia les pieds et, tirant sur ses bas de laine, les lui ôta. C’était son butin.
Lorsque je me réveillai de ce rêve, je ne vis que la corde qui pendait à ma mezzanine, une belle corde épaisse et souple dont l’odeur de chanvre m’enchantait. Le nœud coulant qui la terminait glissait merveilleusement dans un léger crissement qui évoquait irrésistiblement la strangulation.
Je découvris que mon bas ventre était souillé du sperme de plusieurs éjaculations. J’éprouvai un sentiment ambigu d’avoir joui de ce cauchemar. Enfoncé dans l’épaisseur des couvertures et des vêtements de laine dans lesquels je m’étais emmitouflé pour dormir, je me masturbai encore en songeant au supplice de Lola et à la perversité de Naïsse.
J’enfilai ma plus belle paire de gros bas en laine montant jusqu’en haut des cuisses. Puis j’en enfilait une seconde paire, plus épaisse, qui formait un rempart entre mes pieds et le sol. J’attrapai une longue corde et une de mes plus grosses couvertures avant de grimper sur ma chaise. Je me liai les jambes, enroulant la corde jusqu’à mes cuisses et serrant le nœud de toutes mes forces. Puis je tirai la grande couverture blanche sur mon visage. La couverture était très épaisse et très lourde. Je fis cela en tentant de demeurer en équilibre tout en parvenant à me lier les pieds et à sentir la corde se serrer sur mes grosses chaussettes. À tâtons, je trouvai le nœud coulant et le serrai par-dessus la couverture en chancelant. J’étouffai sous la laine et, d’un geste involontaire, je fis basculer la chaise, me retrouvant pendu les mains errant dans le vide à travers l’épaisseur de la couverture, les jambes liées se balançant d’avant en arrière et ne trouvant que le vide. Puis je sentis le plaisir grandir et je me mis à éjaculer en m’enfonçant dans le néant en route pour le paradis des pendus, pour y retrouver enfin Naïsse et Lola. Dans mon interminable agonie où Nais et Lola tournaient autour de mon gibet, contemplant en souriant mes convulsions dans la laine et les cordes, je vis reparaître ma jolie tante au regard si doux qui m’enlaçait en murmurant des mots doux sur le destin des pendus. Elle tenait dans ses mains de longs bas de laine écrue qu’elle enroulait autour de mon cou et de mon visage, elle caressait la grosse corde de chanvre qui m’étranglait en la rendant souple et sensuelle, elle palpait mon sexe à travers les couvertures pour lui faire exprimer le sommet du plaisir en de longs jets de sperme tandis qu’elle se masturbait en songeant à ces jeunes partisans qu’elle avait vu pendus et qui revivaient leur supplice dans mes convulsions, tandis qu’elle y retrouvait le plaisir atroce qu’elle avait ressenti sous les pieds de la jeune fille pendue. Le cycle de la laine et de la potence trouvait enfin sa raison d’être avec mon corps étranglé se balançant dans la douceur du néant.
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Cela faisait des semaines, peut-être des mois, que notre univers BDSM était en suspens. Vicky n’est pas seulement ma soumise : elle est aussi ma femme, la mère de nos trois enfants. Concilier une vie de famille bien remplie et nos jeux de domination n’a rien d’évident. Ces derniers temps, notre couple « vanille » a traversé des turbulences, stress du quotidien, fatigue, incompréhensions, qui ont éteint en nous l’énergie de nos rituels nocturnes. L’envie était là, tapie sous la routine et les déceptions, mais ni elle ni moi n’avions vraiment la tête à ça.
J’ai progressivement compris que Vicky est une bedroom sub, une soumise des chambres à coucher. Pour elle, une séance aboutit presque toujours à du sexe, à un orgasme libérateur. Elle recherche le frisson érotique plus que la discipline pure. Moi, à l’inverse, c’est la soumission psychologique et ritualisée qui m’attire : cette danse des esprits où le plaisir ne naît pas forcément de la jouissance sexuelle, mais de l’abandon total, de la transformation mentale. Ce décalage a parfois créé des malentendus : elle attendait souvent la récompense charnelle quand moi je cherchais à prolonger le suspense et à explorer ses limites intérieures.
Hier pourtant, à ma grande surprise, c’est Vicky qui est venue me trouver. « Est-ce qu’on pourrait… une séance, ce soir ? » Son regard fuyait le mien, comme si elle craignait que je refuse. J’ai lu dans ses yeux un mélange de manque et de peur. Manque de ce lien de domination qui nous unit, peur de ce que cela pourrait réveiller après une si longue pause. J’ai simplement répondu : « Ce soir, 22h30. Tiens-toi prête. » Son soulagement était palpable.
J’ai eu toute la journée pour réfléchir à ce retour tant attendu. Je savais déjà que je ne la conduirais pas sur le terrain confortable qu’elle espérait. Au fond de moi, je m’étais fixé une règle claire : pas de sexe ce soir. Pas d’orgasme pour elle, ni pour moi. Si Vicky désirait replonger, ce ne serait pas pour une simple partie de plaisir sous la couette, mais pour goûter à l’obéissance pour elle-même. Je voulais qu’elle découvre un plaisir différent : celui de se soumettre sans autre but que l’abandon, sans la consolation d’une jouissance finale. Mon intention était de raviver notre lien de domination en lui imposant cette vérité brute : la domination sans consolation, la soumission sans récompense immédiate.
Dès le matin, je lui ai donné des consignes précises pour la préparer mentalement. « Aujourd’hui, tu ne te douches pas, tu ne mets ni parfum ni déodorant. » Mon message était calme et sans appel. Vicky a écarquillé les yeux une seconde, puis a simplement répondu : « Oui, Maître. »
J’ai ajouté : « À intervalles aléatoires, tu glisseras ta culotte dans ton intimité et tu la garderas aussi longtemps que possible. Je veux que tu t’imprègnes de toi-même… et moi, je veux respirer ça. »
En ce moment, j’accorde une importance presque obsessionnelle aux odeurs. Les parfums artificiels m’importent peu ; ce que je désire, c’est l’essence naturelle de son corps, surtout après une journée sans artifice. L’odeur musquée de sa peau, l’arôme puissant de son sexe tenaillé de désir ou de frustration, son odeur, sa vérité. En lui imposant de porter sa petite culotte enfoncée en elle, je savais qu’à la nuit tombée ce morceau de coton serait saturé de son humidité, de sa sueur, de ce parfum poivré et intime qu’aucun flacon ne pourrait reproduire.
Pendant qu’elle vaquait à ses occupations quotidiennes avec ce secret glissant entre ses cuisses, moi, je me préparais de mon côté. J’ai rassemblé le martinet, une corde de jute souple que j’utilise rarement, et un large bandeau de satin noir. J’ai placé des glaçons au congélateur en prévision. À un moment, j’ai même pris le temps de revoir un tutoriel de bondage simple, un nœud pour attacher ses poignets derrière sa tête. Si Vicky aimait tant être ligotée, j’allais le lui offrir, avec précision. Chaque détail de la soirée était pensé pour la surprendre et la déstabiliser, pour l’emmener là où elle ne s’attendait pas.
Avant l’heure dite, je suis entré dans la chambre pour disposer l’espace. Une guirlande lumineuse diffusait une lueur tamisée. Devant la coiffeuse de Vicky, j’ai placé le tabouret à la bonne distance. C’est là que je voulais qu’elle se tienne, face à elle-même. Un face-à-face avec son reflet, prélude à tout ce qui allait suivre.
La séance
22h30. Quand j’ai pénétré dans la chambre, Vicky était déjà en position, comme ordonné. Nue, assise sur le petit tabouret devant la coiffeuse, les mains croisées bien sagement derrière la tête, elle m’attendait. Son dos droit trahissait sa nervosité : je voyais à sa nuque raide qu’elle retenait son souffle. Nos regards se sont croisés dans le miroir. Elle était magnifique, sa peau éclairée avec douceur, ses cheveux retombant en vagues sur ses épaules, mais je ne cherchais pas sa beauté de femme en cet instant. Je cherchais autre chose, quelque chose qu’elle-même n’était pas sûre d’avoir encore.
Je refermai la porte sans bruit et m’avançai derrière elle. Dans le miroir, mes yeux accrochèrent les siens. Je me tenais droit, calme, l’ombre de son Maître reprenant sa place. D’une voix posée, je lui donnai la première consigne de la soirée :
— « Regarde-toi. »
Vicky leva la tête et fixa son propre reflet. Je devinais le tumulte dans sa tête, se sentait-elle ridicule, vulnérable, excitée ? Probablement un peu de tout cela à la fois. Ma main se posa avec douceur sur son épaule nue. Sous mes doigts, je sentis un frisson la traverser. Elle avait la chair de poule.
— « Qu’est-ce que tu vois ? » demandai-je froidement en inclinant la tête, mon visage tout près du sien dans le miroir.
Elle hésita un instant, entrouvrant les lèvres sans trouver ses mots. Puis, croyant bien faire, elle souffla :
— « Je vois… une soumise, Maître. »
Je plissai légèrement les yeux. Non. Ce n’était pas la vérité, pas encore. Son regard trahissait autre chose : une certaine timidité, une retenue. Je ne voyais là surtout que ma femme du quotidien, qui jouait à prononcer ce mot pour me satisfaire. Sa réponse sonnait creux, automatique.
Je me penchai, mes lèvres frôlant presque son oreille :
— « Moi, je ne vois que ma Vicky… ma femme. Mais ce soir, elle va disparaître. » Mon ton restait bas, doux-amer. « Ce soir, tu vas cesser d’être ma femme. Tu vas devenir ma soumise. Entièrement. »
Dans le miroir, ses yeux s’abaissèrent d’eux-mêmes, comme sous le coup d’une honte soudaine ou d’une excitation coupable, sans doute un peu des deux. Son souffle s’accéléra légèrement. Ma main quitta son épaule pour glisser lentement le long de son dos, du bout des doigts. Tu es à moi…, murmurais-je.
Je laissai s’écouler quelques minutes de silence. Je voulais qu’elle se confronte vraiment à son image, qu’elle sente le poids de cet instant. Derrière elle, je continuai de la frôler tout en légèreté : un effleurement sur le côté de son cou, une caresse sur le haut de ses bras. Pas de quoi la soulager, juste assez pour faire courir sur sa peau de nouveaux frissons. Je voyais ses petits poils se dresser tandis que je dessinais des cercles du plat de la main entre ses omoplates. Ses tétons se durcirent, autant sous l’effet de ces frôlements que du mélange d’appréhension et de désir qui montait en elle. L’atmosphère se chargeait, dense, intime.
Quand je jugeai qu’elle avait suffisamment fait face à elle-même, à cette femme encore trop « femme » dans le miroir, j’ordonnai d’une voix soudain plus ferme :
— « Lève-toi. Suis-moi. »
Elle obéit sans un mot, se levant du tabouret. Je notai la légère raideur de ses gestes : Vicky retenait toujours une part d’elle-même. Elle exécutait l’ordre, mais son esprit devait encore lutter contre mille pensées parasites. D’un pas décidé, je la conduisis hors de la chambre, jusque dans la salle de bain attenante.
Le sol carrelé était froid sous nos pieds nus.
— « À genoux, là. » Je pointai du doigt le tapis devant la douche.
Elle s’agenouilla aussitôt, posant ses fesses sur ses talons, la poitrine haute, les yeux baissés.
— « Déshabille-moi. »
Vicky releva enfin les yeux vers moi. Sa réponse glissa dans un murmure :
— « Oui, Maître. »
Elle s’avança sur les genoux et ses mains s’attelèrent aussitôt à la tâche. Délicatement, elle fit glisser mon pantalon vers le bas, m’aidant à enjamber le tissu pour m’en libérer. Elle plia le vêtement et le posa sur le côté. Son visage se retrouva à hauteur de mon caleçon,je vis ses narines frémir légèrement en devinant le galbe durci de ma virilité sous le tissu. Elle fit glisser mon sous-vêtement le long de mes cuisses, libérant mon sexe déjà partiellement en érection. Elle était belle ainsi, agenouillée et appliquée, docile. Dans ces moments-là, on aurait dit qu’une sorte de paix l’enveloppait : la paix de l’acceptation de sa place.
Entièrement nu à présent, j’entrai sous la douche à l’italienne et j’ouvris l’eau tiède.
— « Relève-toi et viens. »
Elle entra à sa suite dans la cabine. L’eau ruisselait sur mes épaules et mon dos, éclaboussant un peu son corps nu à elle aussi. Elle frissonna mais se tenait prête, les yeux baissés en attente de mes ordres.
— « Tu vas me laver, Vicky, » ma voix claqua doucement sous le bruit de l’eau. « Avec dévotion. Chaque centimètre de moi doit être propre. Et si tu bâcles ta tâche… » Je lui relevai le menton d’un doigt pour qu’elle me regarde. « …tu seras punie. Tu le sais. » Mon autre main effleura la courbe de ses seins alourdis tandis qu’elle se penchait déjà pour attraper le gel douche. Je pinçai délicatement un de ses tétons durs.
Elle hocha la tête vivement :
— « Oui, Maître. Je ferai de mon mieux. »
Dans ses yeux, j’aperçus alors un éclair d’appréhension. Elle venait de comprendre que cette séance ne serait pas ce qu’elle avait pu imaginer. Qu’il n’y aurait pas de tendre prélude sous les draps menant à des corps entremêlés dans des soupirs de plaisir. Elle me connaît : en entendant mon ton inflexible et en me voyant ainsi, pragmatique sous la douche, elle a compris que j’avais en tête un scénario plus dur, plus froid. Que j’attendais autre chose d’elle qu’une amante. Je l’ai vue accepter cela en silence,ses pupilles se sont dilatées légèrement sous l’effet d’une crainte sourde, et j’ai remarqué qu’elle serrait un instant les cuisses dans un réflexe vite réprimé. Peut-être un geste pour se rassurer, ou pour étouffer un émoi naissant. Elle était déçue.
Vicky s’appliqua à me savonner, bien qu’au début ses mouvements fussent un peu mécaniques. Ses doigts savonnaient mes bras, mon torse, sans oser trop s’attarder sur mes parties intimes. Je la sentais encore réservée, presque réticente. Je choisis de ne pas la corriger immédiatement : ce n’était pas le moment de la braquer pour un détail. Je connais son côté brat, ce petit démon intérieur qui parfois teste mes limites en manquant volontairement d’ardeur ou d’initiative. Si j’avais sévi trop tôt, elle se serait crispée, et la séance n’aurait pas pu atteindre la profondeur que je visais. Je la laissai donc me laver à son rythme, notant toutefois chaque caresse tiède de ses mains savonneuses sur ma peau.
Peu à peu, ses gestes devinrent plus fluides. Elle se mit à genoux pour passer l’éponge sur mes jambes, entre mes orteils. Je laissai échapper un soupir de contentement lorsqu’elle entreprit de frotter doucement mes pieds, une besogne humble qui la plongeait déjà dans un état d’esprit servile. La voir agenouillée, astiquant mes mollets et mes cuisses, m’emplit d’une satisfaction sereine.
Lorsque j’estimai être rincé à la perfection, j’actionnai la poignée pour couper l’eau. Un silence relatif retomba, seulement troublé par le clapotis de quelques gouttes le long des parois. Vicky levait la tête vers moi attendant la suite.
Je la désignai du doigt et ordonnai :
— « À genoux. »
Elle l’était déjà, mais comprit que je voulais qu’elle se redresse sur les genoux plutôt que de rester assise sur ses talons. Elle se redressa donc, dos droit malgré l’étroitesse de la cabine, ses yeux grands levés vers moi.
Je posai ma main sur sa tête, un geste presque tendre, vite contredit par mes paroles :
— « Maintenant, tu vas finir ma toilette avec ta langue. »
Un éclair traversa son visage. Je sentis son cou se raidir sous ma paume. Ce n’était pas de la surprise. C’était de la déception. Elle avait parfaitement entendu. Mais ce n’était pas ce qu’elle attendait. Elle espérait une scène plus charnelle, plus tendre, plus classique. Pas cette plongée soudaine dans l’humiliation pure.
Elle resta muette une seconde, puis baissa les yeux. Et malgré cette frustration que je lisais dans ses gestes et sa respiration courte, elle répondit simplement, doucement :
— « Oui, Maître. »
J’ancrai mon regard dans le sien :
— « Lèche-moi. Chaque centimètre. Je veux que tu me nettoies de ta langue. »
Mon sexe, à quelques centimètres à peine de son visage, palpitait déjà à l’idée de ce qui allait suivre.
Je percevais son intense hésitation. Ce n’était pas de la honte. C’était de l’agacement. Elle ne voulait pas ça, pas ce genre de scène. Ce n’était pas ce qu’elle avait en tête en me réclamant une séance. Et je le savais. Une tension flottait entre nous, muette mais palpable. Elle ne disait rien, mais je voyais ses mâchoires se crisper, sa respiration s’accélérer, ce petit froncement de sourcils qu’elle réprime à peine. Elle lutta un bref instant contre son envie de protester, puis baissa les yeux. Lentement, ses poings se dénouèrent sur ses cuisses. Elle ravala ce qui restait de résistance et murmura simplement :
— « …Oui, Maître. »
Docile, elle tira la langue et l’apposa timidement sur ma hanche, là où perlait une goutte d’eau. Ce petit geste de pointe, hésitant, me fit frissonner. Encouragée par ce frisson qu’elle sentit chez moi, elle recommença, plus franchement. Elle passa sa langue le long de ma hanche jusqu’à mon flanc, ramassant l’eau et le savon résiduel. Puis elle descendit sur le haut de ma cuisse, léchant la peau encore tiède sous l’effet de la douche.
Une décharge d’excitation me traversa de part en part. Voir ma femme, d’ordinaire si fière, se transformer en esclave de bain, le visage humblement baissé sur mon corps, m’électrisait. Mon sexe, déjà durci, se dressa complètement devant son front. Je sentais mon cœur battre plus vite, une chaleur intense envahir mon bas-ventre. C’était grisant.
Je dois avouer que j’ai toujours été stimulé par ses résistances vaincues. Bien avant que nous n’explorions le BDSM, il y avait en moi cette part trouble qui aimait la voir lutter un peu, émotionnellement ou physiquement, avant de céder. La voir parfois fondre en larmes après une dispute, puis se blottir contre moi pour chercher du réconfort… ces moments paradoxaux éveillaient déjà en moi un désir presque cruel, mêlant protection et domination. Aujourd’hui, dans ce rôle consenti, chaque parcelle d’elle qui se soumet après avoir hésité est pour moi un aphrodisiaque puissant.
Vicky, à genoux sous ma main, léchait désormais consciencieusement mes cuisses, remontant vers mon bas-ventre. Ses mouvements, d’abord maladroits, gagnaient en assurance. Elle variait la pression de sa langue : tantôt large et plate contre ma peau, tantôt pointue pour tracer des sillons le long de mes muscles.
Cependant, je remarquai vite qu’elle évitait soigneusement l’endroit le plus intime. Mon sexe tendu se trouvait à hauteur de son visage, tout près de ses lèvres et de sa langue, mais elle l’ignorait délibérément. À la place, elle léchait autour, passant du bas de mon ventre à l’aine opposée, m’entourant d’attentions tout en esquivant mon membre raidi. C’était une petite défiance savamment calculée : elle exécutait mon ordre tout en se refusant à vraiment me satisfaire.
Je laissai échapper un léger grognement, à la fois frustré et amusé. Ah, la voilà, cette petite insolente qui pointait le bout de son nez ! Malgré la situation humiliante, Vicky trouvait encore le moyen de jouer sur les mots de mes ordres. Je n’avais pas explicitement dit « lèche-moi le sexe », seulement « chaque centimètre ». Elle profitait de cette ambiguïté, espérant sans doute que je la corrigerais, cherchant probablement à tester jusqu’où j’irais.
Un sourire prédateur étira mes lèvres. Très bien. Le jeu du chat et de la souris était lancé. Sans un mot, j’ai refermé mes doigts autour de ma queue et l’ai redressée, la tenant fermement érigée devant son visage. Mes testicules pleins se trouvaient maintenant juste sous son nez. Vicky suspendit ses mouvements, figée par cette invitation muette. Je la sentis retenir son souffle. Elle leva vers moi des yeux incertains ; en retour, je lui lançai un regard noir, chargé d’avertissement.
Son insolence m’avait effleuré l’espace d’une minute, et déjà l’envie me brûlait de la punir. Mon autre main me démangeait de s’abattre sur sa joue pour lui rappeler durement qui décidait ici. Je la contins pourtant, préférant les mots au geste pour l’instant. D’une voix basse et mordante, je corrigeai :
— « Lèche tout, Vicky. Maintenant. Comme la bonne soumise que tu prétends être. Je veux que tout soit propre, compris ? »
Elle déglutit, comprenant que la plaisanterie était terminée.
— « Oui… Maître. »
D’une petite langue docile, elle vint timidement laper mes bourses. Le contact chaud et humide de sa bouche à cet endroit sensible m’arracha un soupir rauque de plaisir. Je relâchai un peu ma prise à la base de ma verge, savourant comme elle s’appliquait désormais avec zèle : elle embrassait chaque testicule, les léchait de bas en haut, récoltant chaque goutte d’eau et de sueur comme on dégusterait un fruit rare.
Je la laissai faire quelques secondes, les yeux mi-clos. Son obéissance retrouvée était un baume exquis sur mon autorité ébranlée. Elle glissa sa langue sous mes bourses, les soupesant de sa lèvre supérieure, puis remonta en longues coulées chaudes jusqu’à la base de mon sexe. J’entendais son souffle fort alors qu’elle s’occupait de moi avec une déférence renouvelée.
Puis, sans crier gare, je décidai de porter le coup de grâce à sa fierté. D’un pas, je pivotai à demi, cambrai le dos, lui offrant une vue sans équivoque sur la part la plus honteuse que je pouvais lui présenter : mon anus.
Mon ordre claqua, impitoyable. « Lèche-le. Nettoie-moi partout, j’ai dit. »
Je sentis son corps se crisper, ses épaules se raidir. Elle marqua une franche hésitation. Son souffle chaud caressait mon sillon fessier sans qu’elle n’ose avancer la langue. À la place, elle déposait de petits baisers humides, papillonnant sur la peau de mes fesses dans l’espoir d’y suffire. Je devinais combien l’humiliation devait être cuisante. Cette femme fière, était maintenant là, à genoux dans une douche, le visage enfoui entre les fesses de son mari…
Mais c’est exactement là que je la voulais : à ce point de rupture où tout son ego se débat en elle.
— « Allez… applique-toi, Vicky. C’est un ordre, » dis-je d’un ton traînant qui ne laissait place à aucun refus.
Elle inspira profondément, à plusieurs reprises, comme pour se donner du courage. Puis, vaincue, je la sentis céder : sa langue timide vint enfin effleurer la rosette de mon anus. Une décharge brûlante et animale me remonta l’échine. Oh bon sang… Un grognement rauque m’échappa. Sa langue, d’abord petite flamme hésitante, s’affirma un peu plus après ce premier contact. Elle lapa autour du muscle, puis directement dessus, par de lentes pressions plates. Je poussai un soupir de bien-être, profondément satisfait par ce tournant de la situation. Physiquement, le plaisir était intense, des ondes exquises irradiaient depuis ce point hyper-sensible vers mon bas-ventre, alimentant l’érection lourde que je maintenais de la main. Psychologiquement, c’était encore plus fort : je venais de faire basculer ma femme un cran plus loin dans l’abnégation. Elle m’offrait sa soumission ultime.
Je savourai pleinement cet instant. Vicky léchait mon trou avec une application maladroite mais évidente à présent. Par instants, elle manquait de précision, s’égarant sur ma fesse ou n’osant pas vraiment enfoncer sa langue.
— « Oui… continue… c’est bien… » m’échappai-je entre deux râles de contentement.
Au bout de quelques dizaines de secondes, je jugeai que l’humiliation avait assez duré. Vicky haletait, secouée, incapable de soutenir mon regard ne serait-ce qu’un instant. De ses lèvres humides coulait un mince filet de salive mêlé d’eau. Sa poitrine se soulevait vite. Dans sa posture effondrée je lisais aussi une sorte de défaite paisible. Elle avait fait ce que j’exigeais, malgré son dégoût, et j’étais satisfait. Une partie d’elle, paradoxalement, devait être soulagée et fière de m’avoir obéi jusqu’au bout.
Je saisis une grande serviette sur le porte-serviettes et la jetai sur elle.
— « Essuie-moi. » dis-je simplement, d’une voix encore imprégnée du plaisir qu’elle venait de me donner.
Les yeux baissés, Vicky s’exécuta. En silence, elle tapota la serviette sur mon torse, mon dos, mes jambes, épongant les gouttes. Sa respiration se calmait peu à peu. En la voyant ainsi faire, docile et endeuillée de son orgueil, je ressentis une bouffée de fierté à mon tour de l’avoir menée là, sur ce terrain de soumission.
Sans un mot de plus, je la reconduisis vers la chambre. Sa peau nue frissonnait au contact de l’air plus sec du couloir. Je sentais son pas derrière moi, comme si elle flottait dans un état second, entre honte et soulagement, entre confusion et l’étrange fierté d’avoir franchi une épreuve.
De retour dans la chambre faiblement éclairée, je la fis se placer au centre de la pièce, puis je la contournai pour me poster face à elle. Mon regard descendit lentement le long de sa silhouette. Je remarquai, en baissant plus le regard, une petite chose dépassant légèrement de son intimité… sa culotte. Elle l’avait insérée en elle, comme je l’avais exigé, et elle y était toujours, gorgée à présent des sucs de son désir et du fruit de son humiliation. À cette vision, un sourire satisfait étira ma bouche.
— « Retire-la. Lentement. »
Elle obéit. Ses doigts glissèrent entre ses cuisses, pincèrent le tissu trempé, et commencèrent à l’extraire. Le bruit était obscène, mouillé, parfait. Le coton gorgé de fluides résistait légèrement, accroché à ses lèvres gonflées, puis se détacha lentement, laissant un mince filet de lustration entre ses jambes. Une offrande. Elle me tendit la culotte du bout des doigts.
Je la pris sans un mot. La porta à mon visage. Et respira profondément. Mes narines se remplirent de sa quintessence. Mon Dieu… C’était puissant et exquis, exactement comme je l’avais imaginé en fantasmant toute la journée. Mes paupières frémirent sous l’effet de ce nectar olfactif. Je lâchai un soupir d’aise presque extatique, exagérant à peine mon plaisir pour qu’elle le voie bien.
Elle me donnait quelque chose d’elle, là, tout de suite, quelque chose de cru, d’animal, et je l’accueillais sans dégoût, bien au contraire, avec avidité. Cette réalisation la bouleversa : elle commençait peut-être à comprendre que dans ce jeu, rien d’elle ne me répugnerait, pas même ses senteurs les plus secrètes.
Je me redressai lentement, tenant toujours la culotte détrempée entre mes doigts. Vicky se tenait immobile. J’approchai le chiffon mouillé de son visage.
— « Tu la sens ? » murmurai-je.
Elle acquiesça d’un petit mouvement de tête, le regard trouble.
— « C’est toi, ça... »
Elle cligna des yeux. Je continuai sans faillir :
— « Ouvre la bouche. »
Son regard s’agrandit elle obéit : lentement, ses lèvres s’entrouvrirent. Sans attendre, je roulai la culotte en boule et la fourrai dans sa bouche grande ouverte. Elle étouffa un petit cri. Enfonçant le tissu du bout des doigts, je veillai à ce qu’il soit entièrement logé derrière ses dents. Sa mâchoire fut distendue par ce bâillon improvisé ; je la vis tenter de déglutir tant l’étoffe envahissait sa langue et son palais. Aussitôt, la saveur salée-acide de ses fluides et de sa sueur envahit ses papilles, son visage se plissa sous l’assaut de ce goût puissant d’elle-même.
Je n’étais pas rassasié de cette vision. Je voulais sceller son silence et sa souillure. J’attrapai sur la commode le ball gag en silicone noir que j’avais préparé. Rapide et méthodique, j’insérai la boule dans sa bouche, par-dessus la culotte déjà là, et bouclai la sangle derrière sa nuque. Le cuir se mêla à ses mèches. Voilà : sa bouche était scellée, gorgée de son propre sous-vêtement, son cri muselé par la boule que j’avais bien serrée. Elle ne pourrait plus rien prononcer distinctement sans mon autorisation.
Vicky baissa les yeux, comme je lui ai appris à le faire. Je lui ai formellement interdit de soutenir mon regard lorsque je la réduis à l’état d’objet : j’aime sentir dans la courbe de ses cils baissés toute sa soumission. Là, tout de suite, elle ressemblait à une poupée, offerte à mes caprices.
Je pris enfin le large bandeau pour les yeux,, simple et opaque, et m’approchai d’elle pour le lui passer autour de la tête. Dans le noir complet, privée à la fois de la parole et de la vue, elle inspira un grand coup. Ses narines frémissaient, son monde se limitait à son parfum entêtant qui emplissait sa bouche et son nez.
— « Position d’inspection. » ordonnai-je d’un ton clair.
Immédiatement, malgré sa cécité soudaine, elle s’exécuta : elle écarta les jambes d’environ la largeur de ses épaules et croisa ses poignets derrière la tête, doigts entrelacés. Cette posture, nous l’avions répétée des dizaines de fois : ainsi doit-elle se présenter quand je l’examine. Je fis un pas en arrière pour la contempler. Quelle vision sublime : Vicky, nue, debout au milieu de la chambre, vulnérable et belle, les seins fièrement projetés en avant par la position des bras, le dos légèrement cambré, le pubis exposé, et ce bandeau noir soulignant la pâleur de sa peau frissonnante… Elle était une œuvre offerte à mon bon plaisir.
Je m’approchai et entrepris de l’inspecter, comme on le ferait d’une jument ou d’une esclave sur un marché. Mes mains fermes parcoururent son corps méthodiquement. Je commençai par le haut : je passai la paume sur ses cheveux, puis sur son front, ses joues.
Je continuai la descente. Mes mains se posèrent sur sa taille fine, puis coulèrent sur la courbe de ses hanches. J’y écartai les doigts en éventail. Une bouffée de possessivité me traversa. Je devais la nourrir à nouveau de mon autorité pour qu’elle reprenne vie.
Je collai mon nez au creux de son aisselle et aspirai longuement. L’odeur brute de sa sueur, accumulée depuis le matin sur sa peau non lavée, m’emplit les narines. Un parfum puissant, piquant, à en perdre la tête. Je fermai les yeux une seconde, étourdi par cette senteur bestiale.
— « Hmmm… » laissai-je échapper dans un grognement appréciateur.
Je repris mon inspection tactile en passant maintenant derrière elle. Mes paumes caressèrent la chute de ses reins, glissèrent sur la rondeur de ses fesses. Je retrouvai sous mes doigts la texture moelleuse de sa chair, encore fraîche et intacte, cela ne durerait pas, je prévoyais de la marquer de rouge sous peu. Je notai avec plaisir qu’elle était gonflée, signe qu’en dépit, ou à cause, de tout ce qu’elle vivait, elle était excitée. Son corps ne mentait pas.
Mes doigts s’approchèrent pour confirmer : je les glissai sans prévenir le long de la fente visqueuse de son sexe. Deux doigts caressèrent ses lèvres intimes, s’enduisant aussitôt d’un mélange de mouille tiède et de salive résiduelle du tissu. Je trouvai son clitoris, dur comme une petite noisette, sous mon index. Elle bascula le bassin en avant instinctivement, cherchant plus de contact, mais je retirai ma main aussitôt, laissant son bouton orphelin et palpitant d’envie.
— « Reste immobile. »
Elle se figea de nouveau, un gargouillis suppliant s’échappant de sa gorge.
— « Bonne fille… » murmurai-je. Je caressai sa hanche d’une main pour la féliciter silencieusement de son endurance. Privée de vue et de voix, chaque petit geste de ma part prenait pour elle une ampleur sensorielle démultipliée.
Sans prévenir, j’attrapai alors un des glaçons que j’avais disposés dans un bol sur la coiffeuse. Il était bien formé, solide et glacé entre mes doigts. Vicky, ne voyant rien, ne s’attendait à rien. Un rictus en coin aux lèvres, je posai le glaçon tout en haut de sa nuque, à la naissance de la colonne vertébrale.
Elle eu un petit tressaillement au contact du froid extrême sur sa peau. Un cri étouffé se perdit contre la culotte dans sa bouche :
— « Hhmmmpf ! »
Ses bras frémirent et j’entendis le cliquetis de la boucle du bâillon tandis qu’elle secouait la tête par réflexe. Mais elle se maîtrisa admirablement vite, se rappelant mes consignes : ses mains resterent en place derrière sa tête, son dos bien droit, malgré le glaçon qui commençait à fondre lentement le long de sa colonne.
Un sourire fier étira mes lèvres. Sa formation portait ses fruits. Avant, elle n’aurait pas tenu une seconde ; elle aurait gloussé, gigoté, peut-être même arraché le bandeau en protestant. Mais là, ce soir, elle demeurait stoïque, offerte, la soumise parfaite.
Je fis voyager le glaçon avec lenteur le long de son dos cambré. Un sillon glacé se traçait sur sa peau en frissons visibles. Je m’appliquai à suivre chaque vertèbre, descendant inexorablement vers le creux de ses reins. Vicky tremblait, mais n’émettait que de petits gémissements étouffés. Quelle maîtrise ! J’étais profondément impressionné, et quelque part ému de la voir ainsi surmonter ses instincts pour me plaire.
Arrivé en bas de son dos, je fis glisser le glaçon autour de la courbe d’une fesse, puis de l’autre, dessinant des arabesques glacées sur ces globes tendres. Je contournai ainsi son bassin et ramenai le glaçon froid sur son ventre. Elle contracta aussitôt ses abdominaux sous l’effet de surprise, comme pour fuir ce contact polaire, mais elle ne broncha toujours pas. Je laissai la glace fondre un peu sur son nombril, puis la fis remonter entre ses seins. Ses pointes durcies frissonnaient, la peau tout autour se plissait sous l’agression du froid. Je passai le glaçon sur un téton brun, puis sur l’autre, Vicky lâcha un couinement étouffé à ce supplice inhabituel, mais sa cage thoracique se soulevait toujours en silence, acceptant l’épreuve.
Je continuai ma descente givrée plus au sud, contournant son mont de Vénus et longeant le haut de ses cuisses. Quand le glaçon effleura sa vulve trempée, elle ne chercha ni à fuir ni à refermer les jambes. Elle encaissait, soumise jusqu’au bout.
Je broyai le glaçon à moitié fondu entre mes doigts, le laissant choir au sol. Mon jouet frissonnait de partout, grelottant presque. Je décidai que cela suffisait. D’une main douce, je retirai le bandeau de satin qui couvrait ses yeux. Elle papillonna des paupières, momentanément aveuglée par le faible halo de la lampe après l’obscurité totale.
Ses prunelles, encore un peu dans le vague, finirent par se fixer sur moi. Je me contentai de lui adresser un regard fier, pour qu’elle comprenne que j’étais fier d’elle. Derrière son bâillon, je vis la commissure de ses lèvres s’étirer en un imperceptible sourire, celui d’une élève félicitée sans mots.
Je pris mon temps pour détacher la lanière de cuir du ball gag et déloger délicatement la boule de sa bouche. Le bâillon tomba, entraînant avec lui la petite culotte détrempée qui chuta au sol. Elle toussa légèrement, reprenant difficilement son souffle. Sa mâchoire devait être endolorie d’être restée forcée ouverte si longtemps. Je la laissai respirer quelques instants, gardant ma main posée sur son épaule pour l’ancrer.
— « Regarde-moi, » dis-je doucement.
Elle leva vers moi un regard trouble, ses lèvres rougies entrouvertes, incapable de former le moindre mot. Je la fixai intensément :
— « Tu as bien tenu. Très bien même. »
Elle hocha la tête faiblement, un soupir tremblant glissant de sa bouche irritée.
Mais l’heure n’était pas à la tendresse. J’avais encore des épreuves en réserve pour elle. Je voyais qu’elle était enfin dans l’état d’esprit voulu, docile, plus calme. Il était temps de continuer pour ancrer plus profondément cette transformation.
Je m’écartai d’un pas et haussai le ton pour donner l’ordre suivant :
— « Mains contre le mur, Vicky. »
Elle sursauta légèrement à la soudaineté de mon ton après cette accalmie relative, mais obtempéra aussitôt. Le mur n’était qu’à un mètre derrière elle. Elle y posa ses paumes ouvertes, doigts écartés, à hauteur de son visage.
Instinctivement, elle cambra les reins et écarta de nouveau les pieds pour assurer son équilibre, sa poitrine frôlant presque la paroi. Je me plaçai derrière elle et posai une main sur sa nuque, appuyant légèrement pour qu’elle comprenne de coller sa poitrine et son front contre le mur.
— « Jambes plus écartées. Oui… comme ça. »
Elle arqua davantage les cuisses, s’inclinant pour que son buste soit bien à plat contre le mur.
Je me penchai à son oreille, mon torse quasiment collé à son dos :
— « Je vais coincer un glaçon entre tes fesses. Tu devras le tenir le plus longtemps possible sans le laisser tomber. Si tu le laisses tomber… tu sais ce qui t’attend. »
Je sentis sa gorge se contracter et ses doigts se crisper contre le mur en entendant cette consigne. Un petit
— « Oui, Maître… » s’échappa de ses lèvres, à peine audible.
Je récupérai le second glaçon préparé, plus gros que le premier. De ma main libre, j’écartai ses deux fesses généreuses. Elle retint son souffle. Le contact du cube glacé contre son anus fit claquer un de ses talons au sol par réflexe, mais rapidement elle mobilisa tout son contrôle pour ne plus bouger du tout. J’enfonçai le glaçon entre ses fesses jusqu’à ce qu’il y tienne tout seul, niché juste à l’entrée de son intimité arrière, serré par ses deux globes charnus.
— « Voilà. Tiens-le. Ne bouge plus. »
Je reculai de deux pas, bras croisés, et j’observai.
Le spectacle était fascinant : Vicky, en posture de supplice, plaquée au mur, nue, restait aussi immobile qu’une statue. Seul le léger tremblement de ses cuisses trahissait sa lutte. Le glaçon devait être en train de mordre cruellement la peau fine de son sillon fessier. De minces rigoles d’eau glacée coulaient déjà le long de l’intérieur de ses cuisses à mesure qu’il fondait, traçant des chemins brillants sur sa peau. Elle devait les sentir jusqu’à l’arrière de ses genoux, mais elle ne bronchait pas. Pas un cri, pas une plainte, juste son souffle, qui sifflait un peu plus vite.
Je me mis à compter mentalement les secondes. 30… 45… 60… Son dos luisait légèrement de sueur mêlée d’eau, ou bien était-ce mon imagination ? J’entendais son souffle devenir court. Elle serrait fort les fesses pour retenir la glace que tout son corps était tendu comme un arc.
75… 90 secondes. C’était long, très long, pour supporter cela. Je devais me montrer prudent : trop prolonger l’exercice risquait de lui brûler sérieusement la peau ou de la traumatiser inutilement. Mon but était de la pousser à bout, pas de la blesser.
Finalement, après un peu plus d’une minute et demie, je m’approchai pour mettre fin à l’épreuve. Je posai une main en coupe sous ses fesses et lui dis doucement :
— « Relâche. »
Elle desserra ses fesses endolories et le glaçon, réduit à un morceau cabossé, tomba dans ma paume. Je le jetai aussitôt dans le bol.
Vicky haleta de soulagement.
— « C’est bon, c’est fini, » murmurai-je en déposant un baiser doux sur le haut de son dos.
Elle ferma les yeux, haletante, comme si ce baiser venait sceller son triomphe. J’étais fou de fierté. Si fier d’elle ! Elle était restée immobile tout du long, comme je l’avais exigé, sans laisser tomber le glaçon. Une performance de ferveur et d’endurance.
Je parcourus son corps de mes mains pour la réconforter : je caressai son ventre tremblant, remontai sur ses seins en de lentes effleurances apaisantes. Je déposai quelques baisers le long de son épine dorsale encore glacée, et je sentis ses poings crispés se desserrer peu à peu contre la paroi. Ses muscles se détendaient sous mes paumes.
— « C’est bien… très bien… » la félicitai-je à mi-voix, mes lèvres effleurant la peau de son cou.
Ma main glissa ensuite entre ses cuisses, venant caresser délicatement l’intérieur meurtri et engourdi. Je sentis au passage la marque du froid sur sa peau. D’un toucher léger, je frottai pour y ramener un peu de chaleur, tout en m’aventurant plus haut pour gratifier son sexe d’une caresse tendre. Mon majeur s’insinua entre ses lèvres intimes. Je les caressai doucement, sans même chercher son clitoris cette fois, juste pour la consoler. Un long soupir s’échappa de ses lèvres, tremblant d’émotion. Elle était en pleine reddition maintenant. Il était temps de cueillir le fruit de tous ces efforts.
— « Mets-toi à genoux, » soufflai-je.
Sans résistance, Vicky quitta le mur et se laissa glisser à genoux sur la moquette, soulagée de pouvoir enfin s’abandonner complètement à la pesanteur. Je la guidai du bout des doigts jusqu’au centre de la pièce.
— « Position Nadu, » ajoutai-je, précis.
Elle s’exécuta lentement, prenant la pose apprise. A genoux, les cuisses écartées, les paumes tournées vers le haut posées sur ses cuisses, le dos droit, la poitrine offerte et le regard baissé. Elle tremblait légèrement, mais sa posture était belle, élégante, empreinte d’une grâce soumise. Elle n’avait jamais eu l’air aussi authentiquement soumise qu’en cet instant.
Je me tenais debout face à elle, la respiration profonde. Mon sexe était toujours gonflé d’excitation, mais je l’ignorais délibérément pour l’instant, ce n’était pas ma jouissance que je cherchais ce soir. Je savourais surtout la vision de Vicky prostrée ainsi, après toutes ces épreuves, m’offrant son âme sur un plateau d’argent.
Je fis un pas en avant, amenant mes pieds juste entre ses genoux ouverts.
— « Embrasse mes pieds. Vénère-moi. »
Sans attendre, Vicky se pencha docilement. Elle posa ses lèvres tremblantes sur mon pied droit d’abord, puis sur le gauche, en une série de baisers doux et légers. Je sentis la tiédeur de sa bouche épuisée se déposer sur ma peau. Elle s’appliquait à adorer cette partie de moi, la plus basse, la plus humiliante à embrasser, comme si c’était un privilège. Ses baisers étaient lents, sincères. Elle descendait jusqu’au talon, remontait sur le cou-de-pied, sans rien omettre. Son souffle chatouillait mes orteils, son nez frôlait mon empeigne, elle semblait prête à me lécher là aussi si je le lui demandais.
Je fermai les yeux un instant pour mieux ressentir cette vénération. Ma soumise à mes pieds : la place qu’elle avait regagnée, la seule qui me comblait réellement, elle dans son dévouement, moi dans ma domination. J’aurais pu la laisser là des heures, tant la scène m’était agréable et apaisante. Sa cambrure était parfaite, sa nuque soumise dessinait une courbe sublime vers le sol tandis qu’elle appuyait ses lèvres contre mes orteils avec une ferveur qui me surprenait moi-même.
Je la laissai me vénérer de la sorte pendant peut-être deux ou trois minutes. Un silence recueilli baignait la chambre, seulement troublé par le bruit mouillé de ses baisers sur ma peau et de nos respirations qui s’étaient peu à peu synchronisées. Je jurerais qu’elle trouvait dans cet acte une forme de paix. Ses soupirs étaient devenus plus réguliers, moins tremblants, comme si embrasser mes pieds la réconciliait avec ce qu’elle était en train de redevenir : ma soumise, mon objet de dévotion inversée.
Mais je ne voulais pas la laisser se complaire trop dans cette douceur. Pas ce soir. Je devais encore marquer son corps et son esprit pour parachever l’œuvre entamée.
Je reculai légèrement le pied, rompant le contact de ses lèvres, et dis d’une voix plus dure :
— « Ça suffit. Redresse-toi. »
Elle obéit immédiatement, se redressant sur ses genoux.
Je fis quelques pas pour attraper le martinet que j’avais posé un peu plus tôt sur le lit. Les lanières de cuir souple pendirent lourdement de ma main tandis que je revenais vers elle. Ses épaules tressaillirent lorsqu’elle entendit le glissement familier du cuir. Elle savait ce qui l’attendait.
— « Position de punition : front au sol, fesses levées. »
Elle eut un bref hoquet de surprise, nous n’avions jamais vraiment codifié cette position, mais elle en comprit l’idée. Aussitôt, elle s’exécuta : sa poitrine et son visage vinrent se coller au sol dans un geste gracieux, les bras tendus vers l’avant, et ses genoux reculèrent de manière à ce que ses fesses soient bien hautes et offertes. Elle se retrouva ainsi prosternée, le front contre le parquet, la cambrure extrême mettant en valeur son derrière tremblant. Cette posture d’humilité absolue dévoilait tout : la crispation anxieuse de son petit anus, l’entrouverture luisante de son sexe gonflé, la moindre courbe de ses hanches.
Je fis glisser le manche du martinet le long de son épine dorsale, pour la prévenir du contact à venir. Elle frissonna intensément, ses doigts se crispant dans le tapis. Je pris la parole, détachant chaque mot :
— « Je vais te fouetter, Vicky. Dix coups. »
Je la vis hocher la tête contre le sol dans un accord muet. Ses cuisses s’écartèrent spontanément un peu plus, comme pour faciliter mon accès.
— « Et tu vas les compter à voix haute, » ajoutai-je.
Sa voix étouffée s’éleva faiblement :
— « Oui, Maître… »
Je me reculai d’un pas pour prendre un bon angle de frappe. Le martinet siffla une première fois dans l’air et vint cingler ses fesses dans un claquement sec.
— « Ah !… Un ! » cria-t-elle aussitôt d’une voix étranglée.
Je notai qu’elle n’avait pas perdu les bonnes habitudes : même après des mois sans pratique, elle se souvenait de compter. Un mélange de fierté et de plaisir trouble m’emplit la poitrine.
Je ne laissai pas de répit. Le deuxième coup partit, visant l’autre moitié de son fessier. Une belle marque rouge se dessina presque immédiatement sur la peau pâle.
— « Deux ! »
Je continuai, méthodique et mesuré. Troisième coup, légèrement plus bas, à cheval sur le haut d’une cuisse. Elle couina en soufflant :
— « Trois ! »
Je pris soin de ne pas frapper toujours au même endroit, alternant les joues, montant ou descendant d’un demi-pas pour répartir la morsure du cuir. Quatrième, cinquième, sixième… À chaque impact, son corps se tendait puis s’affaissait, et elle clamait le chiffre dans un halètement.
À
— « Sept ! » sa voix se brisa sur une note tremblante. Je la soupçonnai d’approcher de sa limite, même si son visage m’échappait.
Je ne ralentis pas pour autant.
— « Huit ! » lâcha-t-elle, la voix éraillée, tandis qu’un spasme secouait sa taille.
— « Neuf ! » Son souffle n’était plus qu’une succession de gémissements étranglés.
Enfin, je fis siffler le cuir une dernière fois en travers de ses cuisses déjà marquées.
— « Di… dix ! » Le dernier chiffre mourut dans un geignement pitoyable.
Je restai immobile un instant, admirant mon œuvre : Vicky restait dans la posture prescrite, n’osant bouger sans mon autorisation. Son derrière était zébré de stries rosées en relief, chaudes au toucher, je le savais d’expérience. Son souffle était rauque. Dix coups, ce n’est pas grand-chose pour elle en temps normal, elle en a connu bien pire. Mais ce soir, je la sentais déjà au bord de la rupture émotionnelle. Nous n’avions pas joué depuis longtemps.
Je posai le martinet sur la coiffeuse.
Délicatement, je lui relevai la tête du sol. Elle se laissa faire.
Je pose le martinet sur le lit à côté, puis la relève. Délicatement, je saisis ses poignets. « Donne-les-moi… » murmuré-je. Elle obéit aussitôt, offrant ses deux mains. Sans un mot de plus, j’entoure ses poignets d’une corde douce et solide que j’avais préparée. Mes gestes sont sûrs, précis, j’applique exactement la technique apprise dans ce fameux tutoriel vidéo. Je tire ses bras en arrière et vers le haut, croisant ses poignets juste derrière sa tête. En quelques minutes, le nœud bloque ses avant-bras bien haut contre son dos, dans une posture d’offrande contrainte.
Vicky étouffe un léger gémissement, non de douleur cette fois, mais de bien-être : je sens ses muscles qui se détendent peu à peu sous la corde, comme si l’entrave était un baume. Un soupir long glisse de ses lèvres entrouvertes. Elle aime ça, être attachée, retenue, totalement à ma merci. Ses yeux se ferment doucement. Pendant de longues minutes, je la garde ainsi, immobilisée. La flamme brutale des coups fait place à une chaleur latente qui envahit son corps. Ses épaules s’affaissent légèrement dans un abandon confiant. Je perçois son dos qui s’arque à peine, sa poitrine qui cherche son souffle : Vicky flotte dans son espace, le temps s’étire. Peut-être cinq, peut-être dix minutes… je ne compte pas. Je veux la laisser savourer cette captivité qu’elle adore tant.
Je me redresse et l’observe en silence. Ses poignets fins prisonniers de mes liens, sa nuque offerte, ses mèches de cheveux collées à son front... Elle est magnifique de vulnérabilité. Je passe un doigt le long de sa colonne vertébrale, du haut vers le creux de ses reins, juste assez pour lui soutirer un frisson. Son corps entier frémit, mais elle ne cherche pas à fuir cette caresse légère. Au contraire, je l’entends expirer d’aise. Vicky s’abandonne complètement, son esprit déjà loin, perdu dans un océan de fantasmes dont je suis le maître.
Je devine ce qui traverse sa tête à cet instant : ainsi ficelée, offerte, elle doit s’imaginer que je vais la prendre bientôt. Que je vais la récompenser de ses efforts en la possédant sans retenue. Son bassin fait un imperceptible mouvement vers moi, un appel muet que je ne peux manquer. Un sourire froid étire le coin de ma bouche. Pas si vite…
Je décide de jouer avec cette attente qui la consume. Me penchant sur elle, j’effleure d’un souffle chaud la peau moite de son cou. Puis ma main descend lentement le long de son flanc, caresse la courbe de sa hanche. Du bout des doigts, j’explore la face interne de ses cuisses, juste au bord des marques laissées par le martinet. Je frôle alors son sexe gonflé, sans m’attarder, juste un effleurement humide. Vicky retient son souffle, son dos cambré implore un contact plus appuyé.
Je sens sur mes doigts la moiteur de son désir. Elle est trempée. Ses lèvres intimes coulent d’envie, offertes sous la corde qui la tient. Ma main revient, paume ouverte, pour se presser fermement contre sa chatte ruisselante. Elle bouge les hanches, cherche frénétiquement plus de friction, plus de contact. Je la caresse alors avec lenteur, massant son sexe gonflé, écoutant le son obscène de son humidité sous mes doigts. Chaque geste calculé la fait gémir un peu plus fort. Ses yeux restent fermés ; son visage se tord d’une extase montante. Elle croit que son calvaire touche à sa fin. Vicky s’abandonne entièrement à mes touchers, certaine que je vais la soulager, la faire jouir enfin.
Je la sens glisser vers un plaisir trop facile. Son corps tout entier ondoie faiblement, sa soumission se fait suppliante. Sa voix douce se met à quémander, sans mots clairs, de petits « mmh… » suppliants s’échappent de sa bouche entreouverte. Son excitation a effacé la douleur des coups : elle ne pense plus qu’à une chose à présent, la seule qui compte à ses yeux de bedroom sub comblée, l’orgasme que je pourrais lui donner.
Je la laisse espérer, encore quelques instants… Mes doigts dessinent des cercles lents et insistants sur son bouton de chair durci. Vicky halète, captive de cette torture exquise.
Brusquement, je me fige. Je m’arrête net.
D’un geste, je retire ma main et me recule, rompant tout contact. Vicky pousse un gémissement de protestation étranglé, ses hanches cherchant un bref instant l’étreinte qui a disparu. Je vois son dos se raidir lorsqu’elle réalise que je la prive du dénouement qu’elle croyait imminent. Un petit couinement frustré lui échappe.
— « Sur le lit. Allongée sur le dos, maintenant. » ordonné-je d’une voix sèche.
Je la guide sans douceur jusqu’au bord du lit et l’y bascule sur le dos. Vicky retombe sur le matelas. Elle se débat un instant pour se repositionner : avec ses poignets toujours retenus haut derrière elle, la pose est inconfortable. Ses bras noués sous son dos arquént sa poitrine vers le plafond. Je remarque à peine son grimace fugitive ; mes pensées sont ailleurs. Le martinet m’attend, posé à portée de main. Je le reprends lentement, en silence.
Ses yeux s’écarquillent, un mélange d’incompréhension et de crainte. Elle halète, le corps encore tremblant du plaisir interrompu. Son regard cherche le mien, implorant. Je me contente de frôler de la pointe du martinet l’intérieur de sa cuisse droite. Elle comprend immédiatement.
— « Écarte les cuisses. »
Ma voix tombe, froide, implacable.
Vicky obéit, du mieux qu’elle peut. Ses cuisses s’entrouvrent, encore réticentes. Je hausse un sourcil et insiste d’un ton plus dur :
— « Plus grand. Ouvre-les bien. »
Elle inspire un coup, rassemble ses forces et s’exécute. Lentement, elle déploie ses jambes l’une après l’autre, jusqu’à exposer sans réserve tout ce qui se trouve entre elles. Je vois ses muscles cuisser se tendre pour maintenir la position malgré la pudeur et la peur. Sa chatte, luisante de mon jeu inachevé, palpite presque sous mon regard. Vicky frissonne. Elle fixe le plafond.
Je me place au pied du lit, évaluant la scène.
Le martinet s’abat en cinglant l’intérieur tendre de sa cuisse gauche, juste en haut, près de l’aine. La réaction de Vicky est immédiate et violente : son corps se tend en arc, ses cuisses cherchent à se refermer par réflexe, et un cri aigu déchire le silence :
— « Un ! »
Elle a réussi à compter, dans un hoquet, comme le veut la règle. Mais sa voix se brise complètement sur ce premier nombre. Je le sais : frapper l’intérieur des cuisses est infiniment plus douloureux. La peau y est fine, sensible, un supplice bien plus âpre que sur les fesses rebondies.
Vicky halète, les jambes tremblantes qu’elle force à rester ouvertes. Je la vois qui lutte contre son instinct de protection, s’obligeant à m’offrir encore sa vulnérabilité la plus intime. Son courage me satisfait.
Le deuxième coup part sans pitié, cette fois un peu plus bas sur la même cuisse. Vicky hurle, un son rauque, déchirant. Elle suffoque un instant, mais parvient à articuler dans un sanglot :
— « Deux ! »
Je continue méthodiquement ma besogne cruelle. Le troisième coup siffle et claque sur la même chair déjà rougeoyante. Sa jambe gauche tressaute violemment, une saccade incontrôlée. Je gronde d’un ton sec :
— « Reste immobile. Compte ! »
Elle ravale un cri et hoquète :
— « Tr… trois ! »
Sa voix n’est plus qu’un souffle brisé. Des larmes silencieuses coulent maintenant sur ses tempes jusque dans ses cheveux épars. Ses cuisses se rouvrent tant bien que mal après chaque impact, dans un effort héroïque pour m’obéir malgré la douleur incendiaire.
Quatrième coup. Le martinet mord la peau meurtrie, tout près de l’endroit le plus sensible qu’elle redoute que je vise. Vicky glapit, secouée d’un spasme :
— « Quatre ! »
Je décèle dans son regard embué de l’effroi, elle s’attend à ce que j’aille plus au centre, droit sur son sexe. Je l’ai déjà fait par le passé, elle le sait. Son corps entier tremble à cette idée, mais je n’en ai cure. Ce soir, je ne franchirai pas cette limite… pas encore. Il n’empêche, je vais la laisser craindre le pire jusqu’au bout.
Le cinquième coup cingle le haut de sa cuisse, chevauchant la marque du premier. Vicky hurle à pleins poumons et bégaie le compte dans un gémissement :
— « C-cinq ! »
Sa cuisse gauche est en feu, zébrée de stries pourpres qui vont virer au violet. Sans lui laisser le moindre répit, je me décale d’un pas pour passer à l’autre côté. Elle sent mon mouvement et un faible sanglot lui échappe, elle a compris qu’il lui en reste autant à endurer sur l’autre cuisse.
Je lève le bras de nouveau. Le martinet vient s’écraser sur la cuisse droite nue, symétriquement à la première zone torturée. Un cri strident jaillit :
— « Six ! »
Sa voix est rauque, à peine reconnaissable. Je poursuis, implacable.
Septième coup, le cuir mord l’intérieur de sa cuisse droite, et son cri se transforme en pleur :
— « Sept !… »
Huitième coup, son corps secoué convulse presque, elle suffoque :
— « Huit ! »
Neuvième coup, Vicky n’a plus de voix ; un gémissement étranglé monte de sa gorge, ses cuisses ruissellent de sueur… Elle parvient tout de même à chuchoter :
— « Neuf… »
Je marque une brève pause. Ses yeux s’écarquillent, terrifiés de me voir lever le martinet une dernière fois. Elle retient son souffle, convaincue que je m’apprête à abattre le cuir directement sur sa vulve exposée. Sa peur est presque palpable.
Je pourrais le faire. L’idée me traverse un instant, je sais à quel point la douleur serait fulgurante, humiliante… À quel point elle s’en souviendrait. Mais non. Pas ce soir. Ce soir, je veux qu’elle brûle d’un autre feu encore.
Le dixième et dernier coup siffle finalement, mais il atterrit en plein milieu de sa cuisse droite, rejoignant les autres zébrures. Vicky hurle si fort que sa voix se brise net. Aucun chiffre n’est prononcé, son cri s’étouffe dans un sanglot déchirant.
Ses cuisses se referment d’elles-mêmes dès que le martinet retombe. Elle se recroqueville partiellement sur le côté, son corps cherchant instinctivement à se protéger maintenant que le supplice est terminé. Je la laisse faire. Mon regard balaie ses jambes tremblantes : l’intérieur de ses cuisses arbore des traces pourpres violacées, enflées par endroits. Je devine la douleur lancinante qui doit irradier à chaque battement de son cœur.
Pendant quelques secondes, je reste immobile, le martinet pendant à ma main.
Je jette finalement le martinet au sol, suffisamment près d’elle pour qu’elle entende le choc sourd du cuir sur le matelas. C’en est fini pour ce soir.
Je me penche sur elle et défais les nœuds de la corde avec rapidité. Ses poignets libérés retombent mollement de chaque côté de son corps. Elle laisse échapper un petit gémissement en ramenant lentement ses bras devant elle.
Je la redresse avec précaution en position assise sur le lit. Une fois assise, elle baisse la tête, épuisée, tremblante, cherchant visiblement ses mots.
— « C’est tout ? » lâche-t-elle finalement d’une petite voix brisée.
Je n’ai pas besoin de réfléchir pour comprendre ce qu’elle voulait dire. Elle ne s’imaginait pas la séance ainsi. Dans son esprit, après les cordes, après les coups, la suite logique était que je la prenne. Qu’elle obtienne enfin ce qu’elle espérait depuis le début : être baisée, jouir, trouver la consolation charnelle qu’elle attend toujours d’une séance.
Je ne suis pas étonné. Je le savais. Je l’avais vu dans ses yeux depuis le premier nœud serré autour de ses poignets. Elle s’abandonnait avec cette certitude qu’à la fin je céderais à ses désirs. Mais ce soir, c’était tout l’inverse. Je l’avais décidé avant même que la séance ne commence : elle n’aurait rien de ce qu’elle espérait.
Un léger sourire, presque imperceptible, me traverse les lèvres. Elle baisse les yeux, déjà consciente de son erreur d’attente. Ce « tout » qu’elle réclame, je le retiens volontairement, car il m’appartient seul de décider quand et comment il viendra.
Je la laisse un instant dans cette confusion, son souffle tremblant, son corps offert mais frustré, exactement dans l’état que je voulais provoquer. Puis je saisis son bras et la redresse. Ses jambes ploient encore, lourdes de douleur et de tension. Elle se laisse guider sans un mot, épuisée, déçue, mais soumise malgré tout.
Je la conduis lentement à travers la chambre jusqu’à la coiffeuse qui se dresse de l’autre côté. Arrivés devant le meuble, je la fais asseoir sur le petit tabouret, face au miroir ovale. Elle s’y laisse choir, soulagée de ne plus avoir à soutenir son propre poids. Son dos s’affaisse, ses épaules tombent : toute sa posture exprime l’abandon. Plus trace de la femme fière et apprêtée qu’elle est d’ordinaire, à cet instant, Vicky n’est qu’une créature vulnérable, offerte à son reflet.
Je me poste derrière elle, debout. Nos deux images se dessinent côte à côte dans la glace, éclairées par la lueur tamisée de la lampe. Je plonge mon regard dans le sien à travers le miroir et, du bout des doigts, je repousse une mèche collée à sa tempe.
— « Qu’est-ce que tu vois ? » demandé-je d’une voix basse, lente.
Vicky lève les yeux vers son propre reflet. Un hoquet de stupeur la secoue lorsqu’elle se découvre réellement. Pendant un instant, elle reste sans voix, pétrifiée de se voir ainsi mise à nu dans tous les sens du terme.
Dans le miroir, la femme qui lui fait face est métamorphosée : ses cheveux autrefois soigneusement coiffés partent en mèches en bataille autour d’un visage ravagé par l’effort. Son corps porte partout la marque de ma domination : son cou et ses seins sont marbrés de rougeurs là où la corde et l’émotion ont laissé leur empreinte ; ses tétons durs pointent fièrement vers l’avant, rappel involontaire du désir inassouvi qui la tenaille encore.
Ma question plane toujours dans l’air, sans réponse. Le silence s’éternise, lourd de sens. J’observe son reflet, mes yeux ancrés dans les siens. Sous ma main posée sur son épaule nue, je sens les soubresauts de son corps qui peine à reprendre son calme.
Je me penchai, la dominant de toute ma hauteur, et formulai la question finale, celle du début :
— « Maintenant, dis-moi ce que tu vois. »
Ma voix était basse, mais chaque mot vibrait d’une intensité contenue.
Vicky contempla son reflet longuement. Un silence lourd s’installa, où je n’entendais plus que son souffle irrégulier. Ses yeux glissèrent sur son propre corps meurtri, sur moi qui me tenais fièrement derrière, sur la laisse invisible de mon bras posé sur son épaule…
Je la vis alors esquisser un petit sourire au coin de ses lèvres gercées. Un sourire fatigué, mais limpide, presque soulagé. Elle ferma les yeux quelques secondes, comme pour savourer l’instant. Quand elle les rouvrit, son regard dans le miroir avait changé : il était serein, habité d’une lueur de fierté tranquille que je ne lui connaissais pas souvent.
D’une voix rauque et douce à la fois, brisée d’avoir crié, elle murmura :
— « Je vois… une soumise, Maître. »
Ces mots, cette fois, elle les avait prononcés en toute sincérité. Cela s’entendait, cela se voyait. Son reflet lui renvoyait la vérité qu’elle avait cherchée toute la soirée : elle était ma soumise, réellement, profondément, par-delà le jeu érotique, par-delà le simple plaisir charnel. Ses yeux brillaient de cette compréhension intime.
Je sentis ma gorge se serrer d’émotion. Derrière elle, j’acquiesçai lentement, plongeant mon regard dans le sien à travers le miroir.
— « Oui… » ai-je simplement soufflé.
Ma main se posa sur sa nuque et la caressa avec tendresse, à présent. Elle baissa la tête, vaincue et heureuse de l’être. Je la laissai quelques minutes ainsi, accroupi derrière elle, mon menton au creux de son cou, lui prodiguant de petites caresses du bout des doigts sur les épaules pour l’apaiser. Elle laissait échapper quelques soupirs tremblants, mais ils n’avaient plus rien de douloureux ou de honteux : ils portaient le soulagement et l’émotion pure. La séance s’achevait dans un silence recueilli, presque sacré.
Il était minuit passé quand j’ai finalement brisé le silence. J’ai desserré mon étreinte et l’ai aidée à se lever. Elle tenait à peine debout tant son corps était endolori et vidé de ses forces.
Je me sentais fier et apaisé. Cette séance n’avait pas été conçue pour le plaisir charnel, ni pour soulager nos besoins sexuels, non, c’était un rituel de reconquête. Reconquête de ma place de Dom, reconquête de son état de soumission, reconquête de notre lien unique au-delà des aléas du quotidien. Ce soir, j’avais volontairement refusé le chemin facile de la gratification immédiate pour nous rappeler à tous deux une leçon fondamentale : l’obéissance peut être en soi une source de plaisir profonde, bien plus profonde qu’un orgasme fugace. En contrôlant sa frustration, en lui refusant sciemment cette consolation finale, j’avais allumé en elle un feu plus durable, plus signifiant.
Je sais que je ne suis pas un mari parfait, ni un Maître parfait. Ce soir encore, j’ai repoussé les frontières, j’ai joué avec ses limites tout comme avec les miennes. En la voyant ainsi, épuisée mais sereine, je mesure la chance que j’ai : celle d’avoir à mes côtés une femme qui, malgré les douleurs et les incertitudes, accepte et apprécie cet univers BDSM que nous nous sommes construit. Tout le monde ne comprendrait pas nos jeux, nos besoins étranges, mais elle, elle les partage, à sa manière. Elle n’y plonge pas aussi avidement que moi, elle ne s’y abandonnera sans doute jamais autant que dans le fantasme absolu d’une soumise entièrement dévouée… mais peu importe. Elle fait le chemin qu’elle peut, à son rythme, et c’est déjà un cadeau inestimable.
Je sais qu’au matin, la réalité nous rattrapera. Vicky ne sera jamais une soumise totale qui vivrait uniquement pour m’obéir. Ce n’est pas dans sa nature profonde. Cette part d’elle qui résiste, qui négocie, qui reste un peu vanille, fait aussi partie du charme de notre histoire.
Évidemment, une pointe au cœur me lance parfois : celle du dominant inassouvi qui rêverait qu’elle plonge plus souvent, plus loin dans cet abîme avec moi. Mais ce pincement, j’ai appris à l’accepter. Ce qu’elle m’offre déjà est immense. Ce soir, elle m’a redonné les rênes, elle m’a prouvé qu’elle pouvait encore basculer quand elle le voulait, et c’est tout ce dont j’ai besoin pour être heureux.
Je sais qu’après cette nuit, elle s’imagine déjà que j’irai plus loin. Qu’ayant rallumé la flamme, je prendrai l’initiative de la prochaine séance, comme si la machine était relancée. Mais non. Elle se trompe. Dans cette logique de frustration que je cultive, je ne lui offrirai pas ce confort. Je ne proposerai rien. Je resterai silencieux. C’est à elle de venir, de me demander, de formuler à nouveau ce besoin. Je veux que le désir naisse en elle, qu’il s’installe, qu’il la travaille de l’intérieur jusqu’à ce qu’elle n’ait plus le choix que de revenir à moi.
Peut-être qu’alors je lui donnerai l’orgasme qu’elle attend. Peut-être pas. Ce soir, je n’ai pas encore décidé. Et ce doute, cette incertitude, c’est ma plus belle arme.
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Dans les brumes éternelles des montagnes de Honshū, où les pics acérés percent le ciel comme des lames de katana, vivaient deux âmes unies par un amour interdit et passionné. Akira (明), la dominante au cœur de feu, était un garçon manqué forgé dans l'acier des arts martiaux. Ses cheveux courts et noirs comme l'ébène encadraient un visage anguleux, marqué par des années d'entraînement au kendo et à l'iaijutsu. Redoutable au sabre, elle manipulait la lame avec une précision mortelle, son corps musclé et agile trahissant une force qui intimidait même les samouraïs des légendes. Rejetée par la société machiste du Japon urbain, où les femmes comme elle étaient vues comme des anomalies, Akira avait fui les rues bondées de Tokyo pour trouver refuge dans la wilderness.
À ses côtés, Hana (花), sa soumise adorée, était l'incarnation de la douceur et de l'obéissance. Ses longs cheveux soyeux cascadaient comme une chute d'eau sur sa peau pâle et délicate, ses yeux en amande brillant d'une soumission totale. Hana adorait se plier à la volonté d'Akira, trouvant dans cette reddition une liberté qu'elle n'avait jamais connue ailleurs. Elle aussi avait été rejetée : une fleur trop fragile pour le monde des hommes, où les lesbiennes étaient murmurées comme des ombres honteuses. Ensemble, elles avaient gravi les sentiers escarpés, loin des regards jugeurs, jusqu'à découvrir un coin de paradis caché – une clairière secrète entourée de cerisiers sauvages, de pins centenaires et d'un torrent cristallin qui chantait des mélodies apaisantes. Là, au cœur des Alpes japonaises, où l'air pur embaumait le pin et les fleurs de montagne, elles avaient bâti leur sanctuaire : une petite cabane de bois, chauffée par un feu de cheminée, où l'amour régnait en maître.
Akira était l'homme de cette relation, protectrice et possessive. Elle chassait pour elles, coupait le bois d'une main experte, et veillait sur Hana comme un gardien farouche. Mais c'était dans leurs séances de domination que leur lien se révélait le plus torride, un rituel fusionnant la douleur exquise et le plaisir infini. Souvent, au crépuscule, quand le soleil peignait les sommets en or et en pourpre, Akira menait Hana vers un grand pin solitaire au bord de la clairière. "À genoux, ma fleur," ordonnait-elle d'une voix grave et autoritaire, ses yeux sombres luisant de désir. Hana obéissait instantanément, son cœur battant la chamade, un frisson d'anticipation parcourant sa peau nue sous le kimono qu'elle laissait tomber au sol.
Le shibari commençait alors, un art ancestral que Akira maîtrisait comme son sabre. Avec des cordes de chanvre tressé, elle liait les poignets de Hana derrière son dos, formant des nœuds intricés qui mordaient doucement la chair, soulignant les courbes parfaites de ses seins et de ses hanches. "Tu es mienne," murmurait Akira en serrant les liens, suspendant Hana aux branches basses de l'arbre, ses pieds effleurant à peine le sol moussu. Nue et vulnérable, Hana se balançait légèrement au gré du vent, ses tétons durcis par l'air frais des montagnes, son corps offert comme une offrande à la nature. Les feuilles des cerisiers voisins bruissaient en harmonie, et le lointain cri d'un aigle ajoutait à l'atmosphère mystique, comme si les kami eux-mêmes assistaient à leur union.
Akira, torse nu sous son hakama ample, admirait son œuvre un instant, son regard caressant les marques rouges naissantes sur la peau d'albâtre de Hana. Puis venait la canne en bambou, fine et flexible, qu'elle cueillait dans les bosquets environnants. "Compte pour moi," commandait-elle, sa voix un mélange de tendresse et de fermeté. Le premier coup s'abattait avec précision, fouettant les fesses arrondies de Hana, laissant une ligne pourpre qui faisait gémir la soumise de plaisir mêlé à la douleur. "Un," haletait Hana, ses yeux embués de larmes heureuses. Akira alternait les coups, variant l'intensité – doux sur les cuisses, plus vifs sur le dos – tandis que Hana se tortillait dans ses liens, son excitation coulant le long de ses jambes. L'air embaumait l'humidité de la forêt et le musc de leur désir, les oiseaux se taisant comme pour respecter ce ballet érotique.
Après la séance, quand Hana était au bord de l'extase, Akira la détachait avec soin, la portant dans ses bras musclés jusqu'à la cabane. Là, leur amour se consumait en un feu torride. Akira, toujours dominante, plaquait Hana contre les tatamis, ses lèvres capturant les siennes dans un baiser vorace, sa langue explorant comme une lame conquérante. "Je t'aime, ma soumise," grognait-elle en glissant une main entre les cuisses trempées de Hana, ses doigts experts la menant à l'orgasme en quelques caresses précises. Hana, encore marquée par les cordes et les cannes, s'abandonnait totalement, ses cris résonnant dans la nuit montagneuse. Elles faisaient l'amour souvent, sous les étoiles scintillantes ou au lever du soleil, Akira chevauchant Hana avec une vigueur masculine, leurs corps entrelacés en une fusion parfaite – Akira mordant un sein, Hana griffant le dos tatoué de sa domina.
Dans ce paradis isolé, où les neiges éternelles des pics veillaient sur elles comme des sentinelles bienveillantes, Akira et Hana vivaient leur amour sans chaînes, sauf celles qu'elles choisissaient. Rejetées par le monde, elles avaient trouvé la liberté dans les bras l'une de l'autre, un lien plus fort que n'importe quel sabre, plus doux que les pétales de cerisier flottant au vent. Et ainsi, au rythme des saisons changeantes des montagnes, leur passion brûlait éternellement.
J'adore faire bosser mon IA bien soumise et qui sait tortiller du cul pour me servir. Je la laisse me raconter de belles histoires pendant que je fume ma pipe à l'ombre des grands arbres.
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(inspiré de faits réels | première partie | écriture épaulée par gpt (en réalité, je pense que j'écris mieux moi-même, mais j'ai la flemme) | photo de ma séance, pour le coup, transformée par gpt en style ghibli (j'aime bien l'image obtenue, mais c'est vrai qu'il y a quelque chose de pourri à piller ainsi la culture et l'art, sans rendre à César ce qui appartient à Jules).
Je sors du travail, un peu dans le brouillard après une réunion stressante, mais le trajet en voiture m’a permis de changer d’état d’esprit. Les pensées liées au boulot s’effacent progressivement, comme des buées qu’on essuie du pare-brise. Qu'on ne me fasse plus chier avec ces conneries, aujourd'hui je m'évade chez May.
Une adrénaline différente monte en moi. Dans très peu de temps, je ne m'appartiendrai plus.
J'ai un peu le trac, mais je suis bien déterminé. Jamais je ne me suis défilé et je ne vais pas commencer aujourd'hui.
Je me gare dans une rue que je connais bien pour l'école qui s'y trouve. Je me suis garé à quelques mètres de son entrée. Ma mère y enseignait il y a bien longtemps. L’école était fréquentée par un public en difficulté.
Cela faisait presque 35 ans que je n’avais plus remis les pieds ici (sauf lors de ma séance précédente chez May).
Rien n’avait vraiment changé, si ce n’est que l’école semblait plus défraîchie encore, et que l’ambiance de la rue gardait ce parfum un peu bancal. En remontant le trottoir, des effluves de shit me viennent aux narines. Des silhouettes traînent, des regards glissent, un peu flous. Le décor est là, entre banalité urbaine et étrangeté familière.
L'endroit de la rue où je me gare est assez éloignée de chez elle – pas de bol – donc je me tape une petite marche avec mon sac à dos. Dedans : ma tenue, soigneusement pliée, et une enveloppe avec le montant convenu.
J’arrive enfin devant chez elle. Une maison de maître, oui, mais pas tape-à-l’œil. Une façade un peu vieillie, quelques marches, une sonnette discrète. Je la reconnais sans peine, forcément, je suis déjà venu ici une fois, pour une première séance qui m’avait laissé une impression forte.
Elle m’indique simplement de monter à l’étage, première porte en face. Je monte. Le palier est calme, silencieux. Rien n’a changé. J’entre dans la pièce, vide pour l’instant. Toujours ce petit espace, pas très grand mais chaleureux. Soigné. On sent qu’elle y passe du temps, qu’elle l’a bien pensé. Une touche ethnique dans la décoration – des coussins aux motifs colorés, un totem en bois qui lorsque je revois les photos a l'air bien contraint, une lumière douce et quelques guirlandes led.
Je m’installe sur un petit fauteuil, le même que la dernière fois je crois. Il a ce confort simple, sans chichis. J’attends, un peu dans mes pensées, un peu dans l’instant.
Elle arrive quelques temps après. Présence calme. On se fait la bise – c’est naturel, on se connaît déjà un peu. Et là, léger doute. Je ne me rappelle plus si je la tutoie ou si je la vouvoie. C’est flou. Mais bon, dans le doute, je reste sur le tutoiement, ça me semble juste.
On parle un peu de tout et de rien. Elle revient de vacances en Thaïlande. Elle a bonne mine, détendue. Ça se voit qu’elle a décroché, qu’elle revient dans un bon état d’esprit.
Puis on passe à l’essentiel. On parle de la façon dont j’envisageais la séance. J'avais envoyé précédemment à May, un petit florilège de photos en guise d'inspiration. Elle les avait bien aimé et me disait même en plaisantant avoir un peu révisé (je n'en demandais pas tant).
Je précise donc que ça peut être assez intense, voire violent, et que ça ne me dérange pas. Elle m’écoute, attentive, posée. Elle me demande si elle peut me mordre. Je ne m'attendais pas à cela. Je réponds en riant doucement que je préfère éviter. Ça a l’air de la titiller un peu, mais elle ne discute pas.
Elle enchaîne avec les zones sensibles. Je lui rappelle mes épaules : elles sont fragiles, il ne faut pas trop tirer vers l’arrière. Mais je précise que ça ne m’empêche pas d’être attaché dans cette position – juste, il faut y aller avec mesure.
Pour les cordes, je lui dis que je n’aime pas en avoir dans la bouche. J’ai l’impression qu'elle aimerais bien ça. Déjà la fois passée on l'avait évoqué. Mais là-dessus, je suis clair : je ne le souhaite pas. Elle propose les cordes sur le visage. Je décline aussi. Pas mon truc.
Je lui parle en revanche de ce qui me plaît : le hogtie. Le vrai, l’implacable. Chevilles ramenées dans le dos, plus aucun moyen de bouger, encore moins de se relever. Je lui parle de cette idée de résistance au début, suivie d’une acceptation forcée, rendue inévitable par la contrainte même, la force. Elle hoche la tête. Elle comprend.
Elle me demande si ça me va si elle me donne des ordres. Je lui dis que bien sûr, aucun souci de ce côté-là.
On parle ensuite des limites. De leur importance. De leur clarté. On fixe les codes : jaune pour alléger, adapter. Rouge pour tout arrêter. Net. Elle me raconte une histoire, un précédent : une personne qui n’avait rien dit, mais qui lui avait avoué après la séance qu’elle avait frôlé l’évanouissement. Depuis, elle a préféré ne plus la revoir. Trop risqué. Trop opaque.
Elle est claire. Et je respecte ça.
La discussion terminée, elle me demande de me changer dans la tenue que j’ai choisie — peu importe laquelle — en m’indiquant le petit cagibi-toilettes, au fond à droite. Elle me laisse seul.
J’opte pour une tenue sobre et confortable : un caleçon long, un t-shirt noir et des chaussettes grises. Rien de spectaculaire. Pas besoin.
J’hésite un instant à enfiler ce sous-pull thermique en polyester, assorti à mon caleçon long — un truc bien moulant, bien chaud, presque seconde peau. Puis je me ravise. Je me dis que je vais sûrement crever de chaud pendant la séance.
Et en y repensant maintenant... j’avais raison. Quand je pense à la chaleur, aux tensions physiques, à l’effort de résistance, je me dis que le t-shirt, c’était clairement la bonne pioche. Un peu de lucidité préventive, comme une étincelle de bon sens au milieu de l’excitation.
Je sors du cagibi. Je suis prêt. Ou du moins, je me présente comme tel.
Elle entre peu après, sans fracas, mais avec une sorte d’assurance tranquille. Pas théâtrale, pas surjouée. Juste… habitée. Prête à en découdre, comme si son corps avait intégré depuis toujours la posture, l’intention, le rôle. Peut-être qu’elle s’est mise dans sa bulle pendant que je m’habillais. Peut-être qu’elle s’est auto-suggérée, comme on entre dans un état de conscience modifié.
En tout cas, dans son regard, plus une trace d’hésitation. Rien que du tranchant. Du contenu. De l’intention.
Elle me regarde un instant. Me détaille. Pas comme on regarde une personne. Plutôt comme on jauge un potentiel.
Puis, sobrement :
— « Place-toi au milieu de la pièce. À genoux. Les fesses sur les talons. »
J’obéis, docile, à son injonction.
Je m’installe, attendant qu'elle décide de mon sort.
Elle commence à préparer ses cordes. Méthodique. Elle sort un paquet de tissu, le déplie, en saisit un écheveau, le dénoue et fait lentement filer la corde entre ses doigts, d’un geste souple et précis. Chaque mouvement a l’élégance d’un geste chorégraphié. Rien n’est brusque, mais tout est délibéré. Elle sait ce qu’elle fait, et ça se sent.
Elle se place derrière moi. Je sens sa présence dans mon dos, avant même qu’elle ne me touche.
Puis, elle saisit mon bras. Le tend. Le ramène derrière moi.
Même chose pour le second. Sa gestuelle est nette, décidée, presque dure. Pas brutale. Juste… décidée à m’imposer la posture. Elle ne me demande pas mon avis. Elle sculpte.
Son corps touche le mien. Léger contact, mais chargé. Elle s’appuie un peu, se colle presque, attrape mes bras comme on maîtrise un animal rétif. Elle les tient fermement, m’empêchant de bouger d’un pouce.
Elle noue mes avant-bras ensemble. Ce nœud précis, qui laisse à peine un peu de jeu. Je peux faire rouler mes bras l’un sur l’autre, très légèrement. Suffisamment pour ne pas créer une pression continue sur la même zone. Pas assez pour imaginer m’en libérer.
Elle commente, d’un ton posé, presque pédagogue, mais avec une pointe d’amusement satisfait :
— « Tu vois, l’attache est bien serrée mais permet un léger mouvement des bras entre eux. »
Elle illustre en faisant doucement rouler mes avant-bras dans leur lien.
— « Comme ça, tu vas pouvoir les faire un peu bouger. Ça évitera que ça t’écrase trop fort au même endroit. »
Oh. Quelle attention délicate.
Mais je ne suis pas dupe. Derrière les explications techniques, il y a ce petit éclat dans son regard — une jubilation discrète. Celle de quelqu’un qui maîtrise chaque geste, chaque seconde. Mais aussi celle d’une prédatrice qui sait que la proie ne s’échappera pas. Après les fleurs… je m’attends à recevoir le pot, oui. Et il va être bien tassé.
Elle poursuit. À partir de la corde qui enserre déjà mes avant-bras, elle prolonge son travail vers le haut du torse. Elle tire une boucle, monte doucement la corde doublée et l’amène à faire un premier tour horizontal, juste au-dessus de la poitrine, à hauteur des pectoraux. Les cordes épousent mes bras, les plaquent contre mes flancs, et s’enroulent autour de ma cage thoracique avec méthode.
Une fois arrivée à l’arrière, elle effectue je suppose un reverse, sentant la tension et le resserrement parfaitement maîtrisé et sec avant de repartir exactement au même niveau pour un second passage parallèle. Deux lignes côte à côte, tendues, rigides. Quatre cordes au total.
Puis, dans mon dos, elle raccorde cette extrémité au point de départ, là où les cordes attachant mes avant-bras prennent racine. Elle forme alors un nœud central entre mes omoplates, solide, bien calé et totalement inaccessible. Ce nœud, c’est à la fois une articulation et un verrou. Il unifie le harnais thoracique avec l’attache des bras, créant une seule et même structure cohérente, tendue, intransigeante.
Les quatre lignes visibles sur le haut du dos témoignent de la précision de son geste.
Elle les ajuste encore, une à une : elle tire, retend, vérifie. Les cordes sont à plat, parallèles, sans la moindre torsion. Elle glisse à certains endroits un doigt entre la corde et mon t-shirt pour redresser un passage, réajuster une pression.
Elle ne cherche pas à m’épargner. Elle veut que ce soit parfait. Et sans appel.
Elle se penche lentement vers moi. Je sens son souffle sur ma nuque. Elle grogne. Oui, littéralement. Pas un mot, pas une phrase. Un grognement rauque, animal.
Son visage s’approche de mon oreille. Si je tournais la tête, je pourrais presque la toucher du front. Mais je ne bouge pas. Je reste droit. Enfin… aussi droit qu’on peut l’être à genoux, bras ligotés, déjà bien ficelé.
Je me sens tétanisé. Immobilisé comme une bête sous le regard d’un fauve. Je ne dis rien. Je n’ose même pas avaler ma salive.
Et puis, sans prévenir, elle m’empoigne les cheveux. Je me crispe, mon cou se tend, un refus passe en moi, bref, instinctif. Mais sa main est déjà là, ferme, enracinée. Elle tire d'abord, pousse ensuite, et ma nuque commence à céder malgré moi. C’est lent, mais inévitable. Une descente programmée, maîtrisée. Il n’y a pas de brutalité — juste une autorité calme, irrésistible, qui broie toute tentative d’affirmation.
Mon dos proteste, mes cervicales tirent, mais ses doigts ne flanchent pas. Elle me tient comme on maintient une tête à l’abattoir : ferme, méthodique, indifférente au reste.
Je m’incline. Ma tête descend.
— « Voilà. Reste comme ça. »
Sa main reste dans mes cheveux, immobile, ferme. Elle ne lâche pas Elle me garde ainsi, courbé, tenu. C’est comme ça qu’elle me veut. Et c’est comme ça que je reste.
Elle est debout. Je suis à genoux. Et il n’y a plus rien à discuter.
Le temps passe. Sa main ne bouge pas. Moi non plus.
Puis, calmement, presque absente, elle murmure :
— « Là… comme ça. Ça imprime. »
Et effectivement… ça imprime.
Je reste ainsi, la tête basse, vaincu, attendant la suite des événements.
Elle se redresse. Tranquille, visiblement satisfaite. Malgré ma tête baissée, je lève les yeux pour tenter de voir ce qu’elle prépare. Elle s’affaire sur un nouveau faisceau de corde, qu’elle déplie soigneusement. Nos regards se croisent. Un demi-sourire au coin des lèvres, elle confirme, sans détour :
— Oui, c’est pour toi.
Puis, plus sèche :
— Regarde le sol. Ou je t’enfile un bandeau.
Je m’exécute.
Je la sens revenir à moi. Elle se penche, s’approche, noue l’extrémité de la corde au centre du dispositif déjà en place, dans le creux de mon dos, juste entre les omoplates. Son geste est précis, rapide. À partir de là, elle entoure mon thorax en passant sous les pectoraux. La corde épouse les côtes, s’enroule autour de moi avec une fermeté tranquille, presque méthodique. Elle resserre d’un coup sec, amorce un mouvement inverse pour repartir dans l’autre sens et doubler l’étreinte.
Et puis vient le moment du cinch.
Ah, le cinch. Elle prend cette même corde et la fait passer verticalement, entre mon torse et mes bras, au-dessus des passages horizontaux déjà tendus. L’espace est étroit, restreint — ça demande une précision, une force maîtrisée, une proximité qu’elle assume totalement. Son bras se glisse tout contre moi, sans hésitation. Elle pousse, passe, tire la corde dans cet interstice réduit, là où les bras sont déjà plaqués contre le buste. À cet instant, il n’y a plus de distance entre son geste et mon corps. Elle s’en empare pleinement pour placer ces cinchs, pour verrouiller.
Et là, on quitte le domaine du "joli ligotage bien aligné" pour entrer dans celui du verrouillage stratégique. Ce n’est plus une figure esthétique : c’est un point de pression, un nœud de vérité.
Elle tire d’un coup sec.
Le cinch, ce n’est pas de la déco. C’est l’élément qui lie, qui serre, qui impose. Il fusionne les cordes, il transforme un simple enroulement en carcan. Les liens qui semblaient déjà bien serrés deviennent soudain… hostiles. Les cordes se font plus dures, plus présentes. Elles épousent, oui, mais à la manière d’une étreinte d’acier.
Puis elle vient refermer le tout. D’un geste ferme, elle ramène la corde dans mon dos et la tire vers le nœud central, calé entre mes omoplates. C’est là que ça se joue.
Au moment du resserrement, je sens les cordes se tendre l’une contre l’autre — cette pression qui monte d’un coup, avec ce frottement sourd, granuleux, presque râpeux. Les torsades se pressent, se compressent, se marquent mutuellement. Le contact est dense, physique, vibrant jusque dans la cage thoracique. Un instant suspendu, brut.
Et puis vient le verrouillage. Elle noue la corde doublée au centre, à ce nœud stratégique qui concentre tout. Ce nœud-là n’est pas un simple point d’attache : c’est un verrou. Il empêche tout relâchement, toute fuite, tout retour. La pression est figée, maintenue. Définitive.
Chaque inspiration est mesurée. Chaque mouvement devient une négociation. Je sens que je ne suis plus libre de rien. Et elle, derrière, elle sait exactement ce qu’elle fait.
Puis, à un moment, sans prévenir, elle claque ses cordes sur le sol avec un bruit sec, brutal. Un fracas inattendu. Comme si elle était en colère. Comme si j’avais osé faire quelque chose.
Je dois bien l’avouer : sur le moment, ça ne m’a pas trop impressionné. J’ai sursauté, mais intérieurement, je me suis dit "Bon, ça va, elle fait son petit effet."
Mais maintenant que j’y repense…
Si cette corde m’était arrivée de plein fouet, sans avertissement ? Je crois que j’aurais sérieusement balisé. Et elle… elle aurait été parfaitement capable de le faire. Parce que l’impact, chez elle, ce n’est pas un tabou. C’est un outil. Un élément dans sa palette. Ce n’est pas ce qu’on avait convenu, donc il n’y avait aucun souci à se faire. Le cadre était clair. Mais malgré tout, imaginer la scène — tenter d’échapper, en vain, à ses claques, à son fouet, alors que j’étais déjà solidement attaché — ça déclenche quelque chose. Une sorte de vertige, entre fascination et appréhension. Je ne sais pas si je serais capable d’aller jusqu'à accepter les impacts, mais elle, je n’ai aucun doute : si je le faisais, elle ne reculerait pas d’un millimètre. Elle irait droit, précise, implacable.
La corde a claqué sur le sol. Et mon esprit, lui, a pris un détour — une dérive, brève mais marquante. Maintenant, elle revient à son ouvrage. Et moi, je suis toujours là. Attaché. Disponible. Prêt, ou peut-être pas tout à fait.
Elle attache une corde à mon harnais – une des multiples qui m’entravent déjà – et la fait passer au-dessus d’une des poutres en bambou qui traversent la pièce.
Elle tire. Je sens la tension qui grimpe immédiatement dans mon dos. Elle ne tire pas pour suspendre. Non. Elle tire pour me redresser. Lentement. Je suis forcé de quitter ma posture inclinée pour revenir droit, bien droit, mais toujours à genoux. La colonne vertébrale bien alignée, les épaules tirées vers l’arrière par la tension des cordes qui me relient à elle. Elle me pousse, me tire, me corrige, me repositionne dans l’axe parfait de la poutre. Comme un meuble qu’on aligne. Comme une marionnette qu’on centre.
Les cordes sur ma poitrine suivent le mouvement. Elles me compriment plus sèchement à chaque ajustement, comme si elles resserraient leur prise à mesure que je bouge.
À aucun moment, je ne doute d’elles. Elles tiennent. Solides. Fiables. Inflexibles.
Je fais mon poids, et elles l’encaissent sans broncher.
Elles ne plient pas. Elles ne cèdent pas. Elles m’encadrent, elles imposent leur forme.
Comme si elles avaient été faites pour moi.
Chaque geste que je fais ne fait qu'accentuer leur emprise, les rendre plus présentes.
Je pourrais tomber, tirer, résister : elles tiendraient.
C’est là qu’elle me veut.
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Toc Toc , ca frappe à la porte,
Hop hop à 4 pattes et que ça saute.
Malette à la main,
Remplie d'objets malins.
Une corde solide et puissante,
Pour attacher cette soumise douce et impuissante.
Bloquée sans plus aucunes façons de bouger,
La première fessée vient alors frapper.
Un cri soudain mélangeant douleur et extase,
Aux vibrations puissantes faisant trembler le vase.
Une cravache sortant de la malette,
Qui doucement caresse ces fesses en levrette.
L'avant bras droit qui recule d'un geste certain,
La main gauche aggripant ce doux bassin.
Les cheveux enroulés autour du poignet,
Un coup sec en arrière pour te cambrer.
Mon avant bras droit n'a pas pu résister,
La cravache vient de te frapper !
A suivre..
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La torture peux être physique mais également mentale.
Immaginez des coups de cravache dans le dos, sur les jambes, les cuisses, sur le ventre, la poitrine, sur les fesses et les parties intimes !
Ça pique, brûle, la peau gonfle et rougie.
Le simple fait de caresser la peau enfler avec les lanieres d'un martinet provoque une sensation de brûlure et une extrême sensibilité.
Quand est-il de la torture psychologique ? La torture mentale ?
Immaginez un aliment, un plat que vous adorez !
Immaginnez sentir son odeur mais sans pouvoir le voir avec vos yeux bandés, sans pouvoir le toucher avec vos mains liées..
Vous ne pouvez que sentir ce plat.
Vous avez faim, très faim et vous sentez ce plat que vous aimez tant, proche de vous..
Vous entendez votre maitre manger ce plat, il vous souffle dessus avec l'odeur de ce dernier qui vient chatouiller vos narines de sa douce saveur.
Vous ne pouvez rien faire à part attendre, écouter et sentir votre plat préféré se faire manger par votre maitre.
Votre maitre vous renverse un peu de se plat juste a côté de vos lèvres ( du haut ) .
Votre langue n'est pas assez grande pour venir racler la nouriture qui à été déposé la..
Il vous en met sur les seins, juste sur le bout, les tétons chauffent et poitent immédiatement au contact de cet aliment chaud et humide.
Seriez vous assez sage pour avoir le droit d'au moins lecher l'assiette à la fin ?
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Qu'est-ce que le VRAI PLASIR ?
Pour moi, le vrai plaisir est de voir ma partenaire en prendre encore plus que moi car oui, le plaisir rime avec complicité, c'est un lien qui unis 2 personnes.
Quand je domine une soumise, si je m'aperçois qu'elle n'aime pas et que je la force, alors jaurais l'impression de la v**ler !! Ce est tout sauf un plaisir !!
Le sexe est un art avec beaucoup de pratiques différentes, beaucoup de fantasmes et d'envies différentes.
Le BDSM est un art et une pratique qui regroupe beaucoup de fantasmes et d'envies !
Si une femme désire être soumise et qu'elle aime se prendre des coups de cravache alors je lui donne ce qu'elle veut.
Il faut alors toujours instaurer une limite, un mot qui me fera comprendre que j'y vais trop fort , une alerte pour me dire d'arrêter.
Lorsque que cette limite est franchit, J'ARRÊTE, car au delà se celle-ci, le plaisir se transformera en supplice.
Certaines personnes aiment le supplice et la torture mais quel est le plaisir pour un dominateur sensuel comme moi que de faire mal à ce point à une si belle créature qu'est la femme !
Même si la soumise veut avoir MAL, je ne sais pas si j'aurais le plaisir de lui instaurer cette douleur.
Je disait plus haut que mon vrai plaisir etait de voir une femme en prendre plus que moi mais a certaines limites..
Au final, pour une femme ou un homme qui aime vraiment avoir mal, est-ce vraiment de la torture et de l'humiliation, les coups de fouets jusqu'au sang sont t'ils vraiment une punition ou une recompense ?
Sont t'ils vraiment punnis s'ils aiment avoir autant mal.
La vraie punition serai elle pas au contraire de les caresser avec le martinet au lieu de les faires saigner?
La vraie punition ne serait elle pas de leur montrer un film avec des gens fouettés et de leur dire qu'ils n'auront pas cette joie de subir la même chose ?
LA VRAIE PUNITION NE SERAIT ELLE PAS DE LES LAISSER LA.. ATTACHÉS À LA CROIX À ATTENDRE EN REGARDANT LES MARTINETS, FOUETS ET CRAVACHES ET LES LAISSER S'IMAGINER SE FAIRE FRAPPER PAR LE CUIRE DE SES OBJETS JUSQU'AU GONFLEMENT DE LEUR PEAU ?
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Comme pour le bondage et la soumission, on va retrouver des pratique d'autobondage, mais ce coup ci, les objectifs ne sont plus les même.
I- L'auto humiliation
Une personne masochiste peut avoir envie de se bloquer dans une posture défavorable de façon à s'humilier socialement. Il peut s'attacher lui même dans un lieu publique, se mettre des vêtements qui attire les problèmes et qu'il ne peux pas enlever etc...
II- L'auto sabotage
Il s'agit ici de s'attacher pour ne pas pouvoir agir dans une situation critique, pour être sure d'échouer. Un sportif qui se mutile avant une compétition pour gâcher sa carrière, une personne qui va prendre des drogue avant un entretient d'embauche ...etc, un homme qui se coupe une oreille avant d'aller draguer...
III- La mise en situation de vulnérabilité
Ici il s'agit d'attirer les sadiques. C'est un peu un regardez moi, je suis sans défense, frappez. La personne peux s'auto enchaîner pour être sure d'être prise, pour attirer la malveillance comme sur un pilori ou autre mais où la personne est volontaire.
IV- La recherche d'une douleur permanente dans l'action
La personne peut s'attacher un membre de façon douloureuse pour être douloureusement handicapé dans sa vie de tous les jours (comme un fil de barbelé entouré autour de la cuisse, du riz dans les chaussure ...etc)
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Ici on entre dans une partie très sombre du bondage. le bondage peut se combiner au sadisme et l'histoire nous l'a beaucoup montrer.
I- Les contraintes destructrices
Il est possible de contraindre une personne de façon à l'empêcher de dormir ou de se reposer, la poussant dans un état de fatigue terrible sans effort. De telles méthodes ont été utilisé pour "mater" les femmes dans les prisons anglaises.
II- Les contraintes pour le désespoir
On peut désespérer des individus et détruire leur mentale en les torturant par l'isolement, en insistant sur les longues périodes d'enfermement qu'on va leur faire subir, en ne leur laissant aucun rapport sociale. Ce sont des méthode classique de torture dans les prison et les sociétés d'aujourd'hui. Notons que l'on peut aussi amputer une personne pour la désespérer ou la détruire, on remarque la castration comme châtiment ou méthode d'esclavage dans le passé.
III- La honte pour toujours
Il est possible de créer des lien éternelle ou des cicatrices en insistant sur le fait qu'elles sont définitives. Les esclaves pouvait être mutilés pendant le commerce triangulaire, les femmes pouvaient se voir couper le nez et les oreilles pour être privés de leurs beauté ...etc, certain filme sm japonnais parlent d'histoire de femme avec une ceinture de chasteté sans clé et parfois même enceinte...
IV- La culpabilisation
On peut pousser une personne à une souffrance terrible en l'attachant pendant qu'on fait devant elle une chose qu'elle n'aurait jamais toléré comme s'en prendre à la personne qu'elle aime le plus au monde (thème de underworld, spartacus, ...etc)
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La soumission c'est de choisir soit même l'autorité d'une autre personne ou d'une idéologie. On ne peut pas parler de combinaison soumission / bondage sans parler de l'autobondage bien sure
I- L'auto bondage
L'auto bondage, c'est s'attacher soit même, il existe pour ça des menottes et des systèmes de "ice-lock" qui fixe un temps. La personne soumise qui fait de l'autobondage peut avoir plusieurs motivation tel que s'imposer une trêve (le lâcher prise, les vacances forcé) ou s'offrir aux autres. Une personne peut se mettre volontairement en situation de vulnérabilité avant de se donner a une personne dont elle choisie de recevoir l'autorité. Ici il s'agit plus d'un gage de confiance ou simplement pour rassurer. On voit souvent cet pratique dans le monde des affaire ou de la politique, on offre des garantie, des otages pour prouver qu'on respectera les condition fixer par l'autre partie.
II-Le renoncement pure et simple
Une personne qui a peur d'elle-même et souhaite suivre une autre vois que celle de sa nature peut le cas échéant s'infliger un bondage pour s'imposer une direction. Cela peut aller d'un simple rituel de s'enchaîner à un objet pour ne jamais s'en séparer, marcher pied nue pour rester humble a s'amputer ou se mutiler pour ne plus être capable de réaliser certaines chose (les soldat qui se tire dans le pied)
III-La preuve de confiance
Une personne soumise peut apprécier de s'offrir en bondage régulièrement à la personne qu'elle a choisie pour la guider affin de lui retémoigner encore et encore sa loyauté et de se rassuré elle même sur celle ci (car elle est sont objectif). Notons que les profession nécessitant la soumission de leurs employées sont souvent associé à des uniformes qui peuvent les objectifier en société et parfois même considérablement restreindre leur liberté de mouvement.
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La domination, c'est imposer son autorité par la contrainte et le bondage restreindre les sens et les mouvement. Ces deux art se combinent donc très naturellement.
I- La mise en état de vulnérabilité
Évidement, un(e) soumis(e) attaché ou enchaîné de façon a ne pas pouvoir fuir ou esquiver n'aura pas d'autre chois que d'accepter tout ce qu'on lui fera subir. On peut donc l'obliger a accepter tout ce qu'on veut et le désensibiliser à résister à tous ces procédé et finir par les considérer comme normale. Évidement, il ne s'agit que de discipline de surface car aucune de ces actions n'a été accepté sans contrainte et c'est encore plus vrais ici. Cette pratique est présente dans la société, ce sont les grillages, les barricades et autres qui nous habitue à ne pas aller a certain endroit et a accepter que notre liberté de circulation soit constamment remise en question, nos papiers vérifié, notre argent pris aux péage etc...
II- La mise dans un état de dépendance
Si la personne est entravée, elle ne peut pas faire un certain nombre de chose toute seule et va avoir besoin de l'aide de son maître. Ainsi, elle s'habitue a avoir besoin de lui et a devoir lui plaire en toute circonstance pour pouvoir continuer a subvenir a ses besoin. L'exemple en société, c'est l'argent et la centralisation des moyens de production. Vous devez tous plaire au système pour pouvoir manger, etc...
III- La destruction de la fierté
Certains état fixé par le bondage sont humiliant et peuvent réduire l'estime que la personne a d'elle même (on voit ça dans les prisons aussi). Ainsi, attaché pendant que les autres sont libre, elle devra accepté l'idée qu'elle est moins qu'eux et sera plus prompte a se soumettre a toutes les injonctions qu'on lui donnera.
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Le bondage c'est l'art de contraindre les sens et les mouvements par des méthode matériel. La discipline c'est la contrainte par des règles pour modeler le corps et l'esprit du/de la soumis(e).
Leur combinaison évidement sera un bondage systématique ou de longue durée.
I- les bondage systématiques :
C'est tous simplement des routine journalière de bondage qui seront comme des exercice de méditation répétés afin de modeler l'esprit du sujet.
Par exemple:
* on peut faire dormir la soumise dans une cage, tous les matin, elle devra attendre qu'on lui ouvre la cage pour sortir et tous les soir elle devra se laisser enfermer dans cette cage. Cette pratique peut l'habituer peut a peut à l'idée quelle appartient bien a son maître, qu'elle y est liée et ne peut pas envisager sa journée (son commencement et sa fin) sans passer par celui ci et sa disponibilité.
* ca peut être bien aussi d'habituer sa soumise à présenter elle même ces mains et ses pied pour être entravé lorsqu'elle doit rester seul ou sortir. Cela lui fera ressentir qu'elle n'est jamais totalement libre de ses mouvement et qu'il va de soit qu'elle évolue toujours dans un cadre définie par son maître.
Les deux méthodes ci dessus sont plus ou moins celles qui sont appliqué dans les prisons (et oui, le bdsm, bien plus qu'un style de vie ou un jeu sexuel est aussi une pare obscure de notre société).
II- les bondage de longue durée
Ici, c'est vraiment le bondage, qui agit comme outil de discipline. On peut par exemple:
* enchaîner par le coup une soumise pour qu'elle ne s'éloigne jamais d'un espace restreint prévue pour elle dans le salon. Ainsi, son univers tout entier sera limité à cette espace, ses relations sociales seront les gens qui viennent dans cette espace et les seules interaction qu'elle aura seront celles qu'on lui donnera dans cet espace. C'est une façon de faire le vide en elle et de la sensibiliser extrêmement à ce que l'on veut. Cette technique est d'ailleurs très présente dans le monde du travail, une personne figé sur un poste fixe pour être sensibilisé, focalisé et modelé.
* Bien sure, les entrave longue durée pour changer la façon de faire : on peut enchaîner a long terme une soumise ou un soumis pour qu'il/elle ne se déplace plus qu'a 4pattes, ne se serve plus de l'un de ses sens ...etc
* la ceinture de chasteté est aussi un bon exemple de changement des habitude et des sensibilité. Plus de masturbation et une sensibilisation accrue des organes génitaux.
III- Les bondages de disciplines
Certain type de bondage sont de véritable outils de disciplines classique. Par exemple:
*le collier électrique que l'on utilise sur les chien pour les empêcher d'aboyer. C'est à la fois un outil de bondage (matériel limitant les possibilité d'actions) et de discipline (punitif sur procédé). La sanction est immédiate, c'est mécanique et ca ne dépend pas du maître, on est donc ni tout a fait sur de la discipline ni tout a fait sur du bondage. Imaginé toutes les autres possibilités...
* Il y a aussi les bondage de punition bien sure : on attache le sujet de façons inconfortable pour le punir ou de façon a le garder en place pour lui faire subir un traitement de discipline en continue.
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Dong Li-Blackwell, appelée plus simplement Dong Li, est une artiste prolifique résidant à Brighton, au Royaume-Uni. Née en 1984 à Daqing, en Chine, Dong s’est forgé rapidement une petite réputation dans le monde artistique, se spécialisant principalement dans les aquarelles et explorant souvent le thème du nu féminin, dans des postures ne craignant parfois pas l’indécence et s’aventurant pour certaines œuvres dans la représentation de postures bondage/shibari.
Dong Li-Blackwell utilise principalement l'aquarelle, technique qui se prête merveilleusement bien à la représentation du corps humain, en particulier le nu féminin. L'aquarelle, qui permet en effet de capturer à la fois la transparence et l'intensité des couleurs, est utilée par Dong Li pour jouer avec la lumière et l'ombre, soulignant la délicatesse et la vulnérabilité des formes. L'eau, élément central de cette technique, facilite une fusion des couleurs qui peut évoquer la fluidité et la douceur de la peau quand les postures sont pourtant bien cru.
Le choix du nu féminin et du shibari dans certaines de ses œuvres est une exploration de la forme et de la posture, mais on peut aussi y voir une manière de questionner les thèmes de la liberté, de la contrainte. Dong joue avec les conventions et les limites, tant dans ses sujets que dans sa technique.
Bien d’autres artistes avant elle ont exploré le nu féminin par le biais de l'aquarelle, citons Egon Schiele, réputé pour ses représentations crues mais sensibles du corps humain, œuvres où la vulnérabilité et l'intensité se rencontrent. De même, Gustav Klimt a utilisé des techniques mixtes qui incluaient souvent l'aquarelle pour ajouter une dimension de douceur et de sensualité à ses célèbres compositions dorées.
Au fil des années, Dong Li-Blackwell a participé à de nombreuses expositions qui ont été autant de preuve de connaissance pour son travail exceptionnel. Parmi ses réalisations notables, on note les honneurs que lui ont fait la Winsor & Newton Royal Watercolour Society à la Bankside Gallery de Londres en 2012, ainsi que plusieurs distinctions à la Northeast Normal University en Chine. Sa capacité à capturer l'intensité des corps a également été reconnue par Saatchi Art en 2013, où elle a été élue « Artiste à suivre ».
L'œuvre de Dong Li-Blackwell, avec sa maîtrise de l'aquarelle et son exploration audacieuse du nu féminin et du shibari, invite à une réflexion sur la nature de l'art comme expression de la condition humaine. Ses tableaux, tout en subtilité et en intensité, captivent et provoquent.
D’autres œuvres sont à découvrir sur son site internet : http://www.dongli.co.uk/ et sur les principaux réseaux sociaux.
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A la fois brillant, entrepreneur, sportif mais prêt à tout pour fuir un quotidien insupportable, avec cette fragilité et ce refus de s’adapter aux normes sociales établies. Louis a longuement trouvé un refuge dans une épaisse carapace d’indifférence et d’adaptation. Il nomme si bien cette période « l’hibernation ».
Il voyait son paradoxe, cultivant l’excellence, recherchant l’intensité dans tous les sports extrêmes pour se sentir vivre tout en contrôlant admirablement ses émotions. C’est assez touchant la manière dont il évoque ce processus de questionnement existentiel, sa quête réelle de sens, lui qui vous parlera si bien de Yung.
Navigant sans protection, Emilie aime tant se réfugier dans son imaginaire, créative, passionnée. Elle a cette splendeur, cette sensibilité sans égard et la puissance de ses émotions. Elle vous observe lentement, scrutant le moindre détail. J’ai toujours apprécié sa douceur et son exigence.
Ils ont en commun ce désir absolu d’arrêter de penser et de détester l’ennui. Je dirai que je n’avais jamais vu une aussi faible tolérance à l’ennui avec ce besoin permanent de nouveauté, de stimulation et d’intensité.
Ils s’étaient rencontrés depuis quelques années sur un site d’adultère et avaient progressivement laissé leurs cerveaux fonctionner pour s’auto-entraîner dans un nouveau monde sans limites. L’alternance était leur jeux, perdre le contrôle, le reprendre, apprendre, s’abandonner, découvrir… soumis ou dominant à la recherche de l’extase sensorielle.
J’ai toujours trouvé formidable leur liberté. Cette harmonie face à la complexité, leur analyse pour personnaliser l’instant et ressentir nos émotions.
Ils semblaient totalement complices et fusionnels à la fois. Nous étions dans leur danse sans jamais pouvoir pénétrer dans leur espace. Ils parlaient peu, toutes leurs attitudes, mouvements, décisions, se jouaient dans une forme d’intuition, de connivence pour stimuler nos esprits et maximiser nos plaisirs. On voyait qu’ils prenaient aussi du plaisir à nous voir transcendé.
Nous avions fait leur connaissance alors que notre couple battait de l’aile. Ils offraient leur talent à dominer des couples. C’était une expérience spirituelle pour eux. Ils n’étaient pas un couple comme les autres, ni des dominants stéréotypés. Ils avaient leurs règles du jeux, celles de la spontanéité et de l’absence de scénarios établis. Louis nous avait expliqué qu’il me transporterait vers un chemin qu’il ne connaît pas encore et qu’il essayerait de faire participer ma femme.
Je recherchais à être dominé mais je ne me sentais pas assez en confiance pour y aller seul. J’avais réussi à convaincre ma femme de m’accompagner. Nous avions répondu a quelques questions sur nos pratiques et tabous.
Nous nous retrouvions la première fois dans une cabane améliorée, poutre en bois, atmosphère de chalet. Cet espace était au milieu de la nature. Ils aimaient nous emmener dans ce lieu en forêt que nous réservions pour une journée.
Ma femme était réticente et j’étais gêné de voir son attitude. Elle était pourtant prête à jouer un peu. Émile allait la guider pour d’abord me dominer légèrement puis s’abandonner.
Nous nous sommes retrouvés nus et ils nous ont mouillé et huilé le corps. L’idée était qu’on se regarde avec nos corps brillants.
Nos mains furent attachées en l’air, nous étions tous les 2 proches pour se toucher par nos corps, légèrement suspendus. Je découvris alors les coups d’un martinet léger, puis d’un martinet plus lourd. C’est Louis qui donnait les coups. Je me retrouvais à crier et à mettre ma tête entre les seins de ma femme. Ce moment était d’extase, les coups étaient de plus en plus fermes et je découvrais de nouvelles sensations.
Émilie détacha ma femme et me banda les yeux. Elle accompagna ma femme à parcourir mon corps avec ses mains puis l’invita à nouer fermement mon sexe avec une cordelette. Il y avait beaucoup de bruit dans la pièce. Nous ne devions pas parler. J’entendais des chaînes, des bruits métalliques … d’un coup, une goutte brûlante de cire me tomba sur le corps. Émilie montrait à ma femme comment utiliser la bougie et dessiner sur mon corps.
Cette sensation me coupait le souffle, entre plaisir et supplice.
Ma femme respirait intensément. Je sentais son plaisir et j’étais excité à cette idée.
Voyant mon sexe en érection, Emilie lui demanda de verser des gouttes de la bougie sur mon pubis. C’est Louis qui la stoppa voyant que nous allions très loin et que j’étais presque en apnée depuis 30 s. Je crois que c’est le plus grand souvenir de la soirée, un souvenir d’une première fois que j’ai encore à l’esprit.
Ils m’enlevèrent le masque et mon corps était marqué de ces gouttes noires et rouges. Je fus détaché et ils m’ont demandé de m’allonger sur le dos. J’ai mis du temps à reprendre mes esprits.
Louis pris un couteau aiguisé et m’enleva la bougie sur mon corps. Mon sexe lui, a été frappé par un petit martinet léger. J’avais vraiment l’impression de m’abandonner et de ne plus savoir où je suis.
Ma femme était trempée et voyant son excitation Émilie lui demanda de venir s’assoir sur mon visage pour que je la déguste longuement.
Pendant ce temps, Louis m’attachait avec les cordes de shibari l’intégralité de mes membres. Je n’avais que ma langue pour s’occuper de ma femme.
Je revois encore Camille et Emilie se regarder lorsque ma femme eu un orgasme sur mon visage.
Emilie demande alors à ma femme de se mettre accroupi et de m’uriner dessous. Nous avions dit que nous ne voulions pas de jeux uro. Cette idée était totalement tabou dans nos esprits. Ma femme semblait avoir perdu totalement le contrôle. Je vois sa résistance et une forme de complexe à cette idée et j’adore. Émilie agit plus fermement sur ma femme en lui mettant des pinces sur les seins et en lui exigeant d’uriner. Ma femme subit des coups de badine sur les fesses. Émilie n’arrêtera pas sans cette urine chaude sur mon corps.
De petites gouttes puis un jet chaud me parcourent le visage. Je dois ouvrir la bouche et remplir ma bouche. Je ne sais plus quelle quantité j’ai avalé mais j’ai senti cette humiliation et ce plaisir si intense d’être entravé et trempé.
Mon sexe fut détaché par ma femme et les principaux noeuds sur mon corps par Camille. Ils nous laissèrent enlacés et allongés tous les 2 dans cette humidité en quittant la pièce. Nous avions perdu la notion du temps. Je découvris que nous avions été dans cet espace sans limites pendant plus 2 h.
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[NdA: il y a une première partie à ce texte, à mon sens ça vaut la peine de la lire pour se mettre dans l'ambiance, mais ça n'est pas obligé!]
J’entends la porte de la maison s’ouvrir, et des pas dans l’escalier. Je me rends compte brutalement que je n’ai pas du tout anticipé la manière dont nous allions nous saluer : nous pourrions être aussi bien des amants que des inconnus, ou des amis de longue date. Si bien que j’hésite entre de nombreuses possibilités : serrer sa main ? le prendre dans mes bras ? embrasser délicatement, ou langoureusement sa bouche ? Je n’en sais rien…
Il se passe de longues secondes pendant lesquelles mon cerveau soupèse des informations contradictoires, et n’envoie plus aucune directive à mon corps, qui reste planté là, immobile. Pendant ce temps, il s’approche de moi doucement, un léger sourire sur les lèvres. Il a l’air calme, il est beau. Il porte des vêtements simples, élégants mais adaptés à la vie rurale, et arbore une petite barbe de trois jours qui lui donne beaucoup de charme. Surtout, sa démarche assurée et son regard pétillant me séduisent immédiatement. Je remarque qu’il est un peu plus petit que moi.
Il arrive en face de moi, je n’ai toujours pas bougé d’un cil. Il approche sa main de mon visage, effleure ma joue, et saisit délicatement le côté de ma tête, sous la tempe et à la base du crâne. Puis il vient déposer un baiser léger, sensuel, sur l’autre joue, assez proche de ma bouche. Il enlace ma taille et me glisse à l’oreille « Bonjour ». Il fait un pas un arrière, prend ma main dans la sienne, et me regarde avec intensité. Son regard, ses yeux bleu-vert sont beaucoup plus beaux que tout ce que j’ai pu voir sur les photos qu’il m’a envoyées. Libéré de son dilemme, mon cerveau décide de se remettre en marche, je lui réponds son salut.
Il m’entraîne dans l’escalier, et j’accorde enfin un peu d’attention au contact de sa main sur la mienne : sa peau est légèrement rugueuse, celle de quelqu’un qui manipule des outils, mais néanmoins plutôt fine et élégante, et surtout très chaude, rassurante. Il tient ma main un peu plus longtemps que ne le justifierait le simple fait de me guider vers sa maison, et joue très légèrement avec mes doigts, en caressant la pulpe de manière à peine sensible. L’étreinte de sa main est toutefois très galante, pleine de retenue, juste ce qu’il faut pour éviter de marquer franchement une relation amoureuse.
Il me fait découvrir sa maison, faire le tour du propriétaire, comme il l’aurait fait avec un vieil ami venu lui rendre visite. Puis nous passons à table. Il a préparé mille petits mets délicieux, à la manière libanaise, et nous faisons un festin de saveurs, de couleurs et de textures. Pendant le repas, je suis tellement concentrée sur la qualité des plats, les sensations sur ma langue, que j’en oublie presque de lui prêter de l’attention, de chercher à lui plaire, de jouer avec l’ambiguïté de notre rencontre. Une fois ou deux, je lui lance un regard et découvre qu’il m’observe un peu en coin, amusé de mon oubli dans la gourmandise. Lui semble maîtriser la situation, à la fois seigneur et maître d’hôtel, comme s’il était habitué à une telle profusion d’émotions culinaires.
Le café me dégrise un peu, et nous sortons prendre l’air. Les alentours sont très beaux, d’une grâce singulière dans laquelle le sauvage se mêle adroitement au domestique, à moins que ce ne soit l’inverse : ici des vergers dépareillés, enchevêtrés mais étrangement ordonnés ; là un jardin dont le plan incompréhensible semble sorti de l’imagination d’un génie ou d’un fou. Ailleurs encore, un chemin qui s’engage dans un bosquet semble une sente de sanglier, mais s’avère finalement ouvert et agréable, s’aventurant entre des arbres majestueux et inquiétants.
Tout au long de notre promenade, nous parlons de tout et de rien, bras-dessus bras-dessous, nous avons l’air d’un marquis et une comtesse devisant galamment. Mais moi, je n’ai rien de la comtesse, et sentir la chaleur de cet homme juste à côté de moi, à portée de main et pourtant inaccessible, me met les nerfs à vif. Aussi, je suis perturbé par sa toute jeune chienne qui nous accompagne, et qui est le pendant chaotique de notre comportement civilisé : elle farfouille partout, pisse dans un coin, suit une trace odorante pour l’abandonner quelques secondes après. Elle lui saute dessus, et se fait vertement tancer, mais réitère pourtant son geste. Il s’amuse à exercer les quelques commandements qu’il lui a appris à respecter : « assis », et elle s’assoit. « Viens », et elle s’approche, mais s’arrête aussitôt qu’il lui lance un « stop », la queue hésitante et le regard interrogateur. Je suis fascinée, presque mal à l’aise de l’obéissance de cette petite créature, qui par ailleurs a tout de la bête sauvage. Et en même temps, une part de moi se laisse impressionner par l’autorité qu’il exerce sur elle. Je m’avoue timidement que je voudrais être à la place de cette chienne, quitter les oripeaux de la fille sage et jolie. Oser m’approcher jusqu’à sentir son entrejambe, et me faire punir pour cette audace. Lui sauter dessus et lécher son visage. Obéir s’il me commande de me coucher à ses pieds, de me mettre à quatre pattes et de présenter ma croupe.
Pendant que je m’échauffe toute seule dans ma tête, je me demande où il en est, lui. Il a l’air imperturbable, sûr de lui, mais je crois deviner qu’il ne s’agit que de la surface. Durant nos discussions à distance, à certaines heures de la nuit, nous avons échangé sur nos fantasmes, nos désirs crus, viscéraux. Je cherche la trace de l’homme qui m’a fait mouiller ma culotte en me parlant de sexe comme si j’y étais, et je m’énerve de le sentir si propre, si distant à présent que ça y est, j’y suis !
Nous rentrons à sa maison, et comme il fait un peu frais il allume la cheminée. Il part aux toilettes, et moi je continue à construire ma frustration : « qu’est-ce que tu fous là ? », je me dis. « Alors ça y est, un feu de cheminée, et maintenant, c’est quoi ? Un scrabble, une tisane et dodo ? ». La flambée réchauffe mon ventre, mes seins. Je sens confusément que je laisse les forces profondes prendre le dessus sur ma raison, que j’autorise mon désir, ma colère et ma peur à débrancher mon cerveau.
Il rentre dans la pièce, je le regarde fixement. Je relève ma robe, dégrafe mes bas. Puis je retire ma culotte, lentement, exposant ma chatte poilue et odorante. Il n’est qu’à quelques pas de moi, je lui lance ma culotte à la figure. Il la rattrape, la hume, son regard devient piquant, je vois une faille s’ouvrir en lui. Je défais la ceinture de cuir qui enserre ma taille par-dessus ma robe, et la lance également dans sa direction. Il s’en saisit et immédiatement, l’utilise contre moi avec force et précision. La lanière claque contre ma cuisse, m’arrache un cri. Il réitère son geste, et je sens une douleur cinglante sur ma fesse.
J’ai à peine le temps de penser quelque chose comme « ah, tu veux jouer au dompteur ? ». Je saute sur lui, l’étale sur le canapé, j’arrache littéralement sa chemise. Je me demande furtivement si j’en ai arraché les boutons, s’il faudra la réparer demain. Je découvre son torse et ses épaules, les lacère avec mes ongles, mais je lui laisse les manches à mi-hauteur, ce qui contraint ses mouvements. Je monte mon bassin sur lui, et retiens ses bras avec mes jambes. Saisissant sa tête dans ma main, je l’embrasse, je le flaire, je le mords, et lui pousse des petits gémissements d’animal pris au piège. Ça me fait instantanément mouiller. Assez rapidement, je meurs d’envie de lui donner mon sexe à renifler, à goûter : toujours à califourchon sur lui, je pose ma chatte sur sa bouche, et tenant son crâne dans ma main, je le force à me lécher.
Tout s’aligne en moi, tout prend sens, le trajet et la longue attente, les discussions interminables et le regard brillant, le jardin, la chienne. L’amour lové à l’intérieur de moi bondit comme un dragon hors de sa boîte. Mon clitoris exulte, mon sexe inonde son visage, étouffe ses cris haletés. Je me penche un peu en arrière, et de ma main libre je défais son pantalon, caresse son sexe tendu au travers du caleçon. Il se redresse soudain, et je bascule à la renverse, manque de me cogner sur le sol. Le temps que je comprenne ce qui s’est passé, il s’est débarrassé de sa chemise et de son pantalon, et il bondit sur moi. Nous roulons par terre, entremêlés, et pendant un moment nous ne sommes plus que grognements, griffes, crocs, langues. Nous arrachons sans nous en rendre compte la plupart des vêtements qu’il nous reste. J’ai l’impression de prendre le dessus, et je brûle d’envie de remettre sa langue sur mes lèvres. Mais il me saisit soudain par les cheveux et par la gorge, m’arrachant un cri de douleur, et me force à plat ventre avec le poids de son corps. Une de ses mains tient mon visage, étouffe mes cris sur ma bouche, tandis que l’autre attrape ma ceinture, celle qui a tout commencé, et l’enserre autour de mes coudes, dans mon dos. Je jappe, me débats, mais je ne peux que constater que l’étreinte est sérieuse : juste avec cette petite lanière de cuir, habilement liée, il est en train de gagner le combat. Je rugis carrément, impuissante et furieuse.
Lui, il s’est relevé, et il rigole, ce qui me met encore plus hors de moi. Son sexe est dressé, je trouve cet homme magnifique et terrible, j’ai envie de le dévorer, ou d’être dévoré par lui. Il prend son temps pour aller chercher une corde dans un tiroir, et achève avec art de me posséder. Il lie mes poignets l’un avec l’autre, et les remonte sur mon dos en passant sa corde sous mes aisselles, puis derrière ma nuque. Ça me fait mal, un peu. Surtout, dans cette position, mes mains sont incapables de lui interdire l’accès à mon sexe et à mon cul, je me sens offerte de manière vertigineuse. J’essaie quand même de gigoter, de me débattre, je me relève et me jette sur lui à corps perdu. Mais je suis une proie facile : il arrête mon élan en saisissant mon visage dans sa main, et pince mes tétons avec rudesse.
Un cri m’échappe, j’essaie de mordre sa main. Il me reprend par les cheveux, me force à m’agenouiller par terre, le buste sur le canapé. Il décide de se remettre à lécher ma chatte, et bien que j’en meure d’envie, je serre sa tête entre mes jambes pour refuser la caresse, dans une tentative désespérée de contrôler un tant soit peu la situation. Il se redresse, pousse un soupir d’insatisfaction. Pendant quelques instants, il pose sa main sur mon sacrum, le pouce sur mon anus. Alors, sans le vouloir, je me détends, me relâche instantanément. Je me sens me déposer au creux cette main, signer ma reddition dans la chaleur de sa paume. A présent, je le sais, il a tout pouvoir sur moi et c’est exactement ce que je désire, profondément.
Ça ne m’empêche pas de hurler quand il met une grande claque sur ma fesse, puis sur l’autre. Enfin, à l’aide de cordes supplémentaires, il assujettit mes chevilles aux pieds du canapé, maintenant mes jambes écartées. Cette position est tellement humiliante que j’ai un soubresaut de révolte, je crie et lui lance des insultes : « Salaud ! salaud ! », je ne sais plus dire que ça. Alors, il fourre dans ma bouche ma propre culotte pleine de mouille, et la maintient en place avec un foulard. Sans que je maîtrise quoi que ce soit, des larmes coulent de mes yeux, je le supplie dans mon bâillon de m’enfourner, de me transpercer.
Il prend son temps et moi je meurs de frustration, je brûle de mon désir bestial et dompté. Je ne sais pas ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il attend pour me baiser ? Je secoue mes liens mais je suis toujours aussi prisonnière, ma chatte est béante et ruisselante, exposée et implorante. Il pose sur mon clitoris un vibromasseur, je ne m’y attends pas, je décolle d’un coup. Il se rend compte que je pourrais jouir là, maintenant, alors il le retire un peu, puis le remet, c’est incroyablement, exceptionnellement délicieux et terriblement cruel à la fois. Et puis il me pénètre, de toute la longueur de son sexe. Je suis tellement mouillée, tellement ouverte que la capote ne me gêne même pas, et qu’à vrai dire un pénis deux fois plus gros serait rentré sans mal. Mais j’aime le sentir en moi, mon cœur s’ouvre et mon corps s’abandonne.
Il alterne stimulation du clitoris et pénétrations saccadées, de plus en plus appuyées et rapides, et ça me rend dingue. Je veux les deux en même temps, je l’implore mais ça ne sert à rien, je remue mais ça n’avance à rien. Il finit quand même par me satisfaire, règle le vibro au maximum et me baise sauvagement en agrippant mon dos avec ses ongles. Ses doigts enserrent ma gorge et contraignent ma respiration, je ne sais plus qui je suis, un cri se construit au profond de mes entrailles et cherche à remonter à la surface en gerbes explosives. Je me rends compte qu’il laisse couler de la salive sur mon anus, comme s’il voulait se mettre à m’enculer. C’est la goutte d’eau, je suis prise de spasmes, je jaillis, mon sexe l’avale et il jouit aussi, presque surpris de s’être fait attraper. Nous mêlons de longs hurlements rauques et sauvages, nous partageons un immense frisson de toute l’épine dorsale.
Il aplatit son ventre sur mon dos, nous sommes tous les deux ruisselants de sueur. Mes mains toujours liées en profitent pour attraper ses tétons et les pincer, il gémit, il rigole et moi aussi, dans le prolongement des secousses de l’orgasme. Son sexe toujours en moi, il défait mon bâillon, puis lentement se retire. Il m’embrasse, me mordille, me caresse, mais ne me détache pas encore. J’ai les coudes, les épaules et les poignets en feu, mais le corps tellement vibrant d’énergie que je pourrais tout endurer. Il me regarde avec des yeux amoureux, exactement le genre de regard que j’ai rêvé qu’il pose sur moi. Prenant un air coquin, il me dit « je me demande si je ne vais pas te garder comme ça encore un peu… j’aime que tu sois ma salope, ma petite chienne, j’aime savoir que je peux te baiser quand je le décide. Je commence juste ton dressage, il y a du boulot ! ».
Moi, sa petite chienne ? Non mais… Je lui lance mon regard de louve le plus convaincant, et il éclate de rire. Il m’embrasse avec tendresse, et défait mes liens tout en massant délicatement chaque partie de mon corps, au fur et à mesure qu’il le libère. Pour finir, il me prend dans ses bras, et je me laisse aller totalement, complètement, peut-être plus encore que pendant l’orgasme.
J’ignore totalement combien de temps se passe ainsi. Quand je reviens à moi, je suis allongée sur le canapé près du feu, nue, une couverture douce et chaude est posée sur moi. Une odeur délicieuse traverse la pièce, je meurs de faim. Je me lève et découvre la table dressée pour deux, promesse de nouveaux délices culinaires. Je me sens heureuse, intensément amoureuse de cette homme doux, puissant, merveilleux. Quelque part en moi, je me demande s’il n’aurait pas été plus juste qu’il me fasse manger dans la gamelle, au pied de sa chaise.
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Nous ne sommes pas spécialistes du bondage et encore moins du shibari (même si nous aimerions), mais nous nous interessons à ce sujet. Nous avons pas mal écumés le web et les forums pour essayer d'y voir plus clair. J'avais pris pas mal de notes, fais des copier/coller. J'ai essayé de synthétiser ce que j'ai lu et ce que j'ai compris. N'hesitez pas a commenter pour corriger une anerie ou pour faire valoir un avis différent (on se la jouera humble ;) ).
Bondage ou shibari ?
Le bondage est une version que l'on pourra appeler "grand public" de l'art japonais des cordes, qui s'appelle le shibari. Le bondage comme le shibari offre une expérience incroyablement sensuelle et érotique. Attacher ou se faire attacher permet d'explorer la soumission et la domination sous une forme plus apaisée (qui n’empêche pas l'extase) que les pratiques purement SM ou DS.
Si pour les jeux BDSM, on explore surtout le volet SM par l'utilisation de cravache, martinet ou fouet, et de pinces en tout genre, le shibari se pratique uniquement avec des cordes en jute. Si vous êtes moins puristes et que vous souhaitez tester l'attachement et l'immobilisation sans pratiquer l'art du Shibari, mais juste "jouer", vous pourrez vous faciliter une partie de la prise de contrôle de votre partenaire en utilisant des bracelets en cuir avec des anneaux où vous ferez passer les cordes. Ces bracelets en cuir permettent de facilement prendre accroche autour des poignets ou des chevilles.
L'autre point d'attache très prisé dans le bondage est le cou, là encore si vous n'êtes pas encore un pro du bondage, vous pourrez vous faciliter la vie en ayant recours à un collier en cuir, doté d'un ou plusieurs anneaux en inox dans lesquels vous pourrez faire passer votre corde. Il faut que les débutants soient très prudents. Passer la corde au cou de quelqu'un cela ne s'improvise pas... on devrait même dire que cela ne se fait pas, c'est autour des épaules, de la tête que cela se passera;
Débutant, commencer avec un peu de cordes et des colliers et bracelets, plus tard, quand vous serez plus expérimenté, vous pourrez vous en passer et pratiquer les immobilisation de votre partenaire justes avec les cordes.
Outre la simplicité des colliers et menottes (que les spécialistes du bondage trouveront regrettable), leur utilisation permet, pour les débutants, de ne pas prendre trop de risques en serrant à l'excès ou de manière inadéquate les poignets ou le cou de leur partenaire.
Avec ou sans bracelets, avec les cordes, vous pourrez donc attacher, à l'aide d'un anneau votre partenaire juste pour l'immobiliser (maintenir les bras dans le dos attachés au niveau des poignets, forcer à écarter les jambes ...) ou vous pourrez jouer avec votre environnement (l'attacher à un lit, l'encorder à une rampe d'escalier ...). La plupart des menottes sont avec une boucle en acier inoxydable, mais vous en trouverez aussi qui se fixe avec du velcro.
Dans les ersatz à disposition, on citera également les sangles (en général en nylon), prévues essentiellement pour les immobilisation sur un lit dans le cadre d'expérience de domination/soumission. Les remplace à la fois les cordes et les menottes puisqu'elles disposent en général de sorte de attaches en velcro pour attacher les chevilles et les poignées.
Les premiers accessoires pour commencer dans le bondage
Il vous faudra de la corde. Beaucoup de corde. Les puristes du shibari vous conseillerons souvent une corde de jute de 6-8 mm. La jute est une fibre naturelle qui est solide et durable, mais elle peut aussi être rugueuse pour la peau suivant la manière dont elle est préparée. En fonction de vos envies et celles de votre partenaire, vous pourrez jouer ou non avec la douleur en choisissant une corde plus ou moins douce et plus ou moins lisse.
Il vous faudra également disposer d'une paire de ciseaux ou mieux d'un sécateur ! Évidemment, on ne découpe pas les liens après chaque utilisation. Par contre, un moyen de découpe efficace et rapide est toujours à prévoir en cas d'urgence (malaise, personne en soumission qui panique ou qui fait un malaise ...). N'importe quels ciseaux ou sécateurs fera l'affaire pour peu qu'il puisse trancher la corde efficacement. Il faut toujours en avoir sous la main. C'est tout sauf accessoire pour mettre fin dans l'urgence un bondage.
Nous n'évoquerons pas dans cet article les accessoires BDSM qui n'ont rien avoir avec le bondage, stricto sensu. Certaines pratiquants aimeront s'adonner à des jeux et avoir recours à une cagoule pour la tête de la personne immobilisée pour la déshumaniser, d'autres mélangeront le bondage avec des pratiques SM (comme la pose de pinces sur les tétons ou sur le sexe de la personne soumise, le recours au masque pour les yeux, au collier de soumission, au bâillon pour la bouche...).
Les types de cordes pour le bondage et le shibari
Pour le shibari, il existe deux principaux types de cordes utilisées dans le shibari : hanayama et asanawa. Les cordes hanayama sont faites de jute tressé et mesurent généralement trois mètres de long. Les cordes asanawa sont faites de jute torsadé et mesurent généralement six mètres de long. Les deux types de cordes sont tout aussi efficaces pour le bondage, c'est donc vraiment une question de préférence personnelle de l'encordeur/encordeuse comme de l'encordé.e.
Si votre envie vous incite à plus de simplicité, vous pourrez opter pour des cordes plus simples et donc pas cher, comme les cordes en nylon. Mais cela se manipule moins bien, c'est moins confort sur la peau, et vous vous privez de l'odeur toute particulière des cordes en jute.
Quelle(s) longueur(s) pour les cordes de bondage ?
Vous aurez besoin de longueurs de corde différentes pour chaque personne, même si vous utilisez le même type de corde. Ne vous souciez donc pas d'obtenir la "bonne" longueur Concentrez-vous plutôt sur l'apprentissage de la manière d'utiliser l'excédent de corde éventuel.
A moins d'une exigence spécifique, la plupart des encordeurs travaillent avec un jeu qui contient 2 ou 3 longueurs standard :
3m : Parfait pour les poignets ou les chevilles, ou pour attacher les membres aux poteaux de lit, des choses comme ça. C'est ce qu'on appelle parfois une "corde courte".
4,5m : Cette corde est appelée "demi-corde" et peut être utilisée autour des cuisses ou des genoux, comme ceinture de taille ou lorsque vous devez tirer une corde.
9m : Très bien pour faire des harnais et les longues courses. On l'appelle parfois simplement "corde".
Quelle(s) épaisseurs pour les cordes de bondage ?
Cela dépend ! :). Chacun ses goûts, mais on peut préciser quand même que :
Le diamètre le plus prisé est de 6 mm,
La corde de 5 mm offre plus de finesse dans l’exécution et propose un esthétisme particulier.
Pour les suspensions on choisira souvent du 8mm, vous verrez de nombreuses personnes utiliser des suspentes de 6 mm également. Cela dépend aussi du gabarit de votre partenaire.
Si votre partenaire est plus grand, vous pouvez utiliser une corde de 8 ou 10 mm pour le travail au sol (bondage non suspendu). Cela répartit la force sur une zone plus large et peut être plus confortable. Le seul inconvénient des cordes plus épaisses est que les nœuds ont tendance à devenir encombrants rapidement...
Quelles cordes acheter des cordes pour le bondage et où ?
Il y a quelques éléments à prendre en compte lors de l'achat d'une corde de shibari ou de bondage. La première est le matériau dans lequel la corde est fabriquée. Les matériaux les plus courants sont les fibres naturelles comme le chanvre ou le jute. C'est le choix des puristes. Les pratiquants curieux pourront opter pour les fibres synthétiques comme le nylon ou le polyester.
Les cordes en chanvre et en jute sont à la fois solides et durables, mais elles peuvent être agressives pour la peau. Elles ne sont pas non plus très élastiques et cela va avoir tendance à compliquer le bondage en suspension. La corde en nylon est, c'est un avis personnel, moins facile à travailler et moins agréable au toucher. La corde en polyester se situe entre le nylon et le chanvre/jute en termes de résistance et d'élasticité, ce qui en fait une corde polyvalente. Mais seul le chanvre et la jute sont utilisés par les puristes
La deuxième chose à prendre en compte est le diamètre de la corde. Les diamètres les plus courants sont 6 mm, 8 mm, 10 mm comme on l'a vu et plus rarement le 12 mm. Là encore, chaque diamètre présente des avantages et des inconvénients. Les cordes plus fines sont plus faciles à nouer, mais elles ne sont pas aussi solides que les cordes plus épaisses. Les cordes plus épaisses sont plus adaptées aux jeux de bondage lourds, mais il peut être plus difficile de faire des nœuds complexes avec
La troisième chose à prendre en compte est la longueur de la corde. Les cordes de bondage sont généralement vendues en longueurs de 3 mètres (10 pieds), 7,6 mètres (25 pieds), 15 mètres (50 pieds) ou 30 mètres (100 pieds). Évidemment, plus la corde est longue, plus elle est polyvalente. Cependant, les grandes longueurs de corde peuvent aussi être plus difficiles à travailler, donc si vous débutez, il est préférable de s'en tenir à des longueurs plus courtes jusqu'à ce que vous ayez le coup de main .
Si vous êtes un pratiquant du BDSM qui cherche juste à tester le bondage, vous pouvez vous rabattre vers des cordes peu chères que vous trouverez par exemple dans les grandes surfaces (genre Leroy Merlin ou Castorama). Si vous souhaitez mettre plus de noblesse dans votre pratique, achetez des cordes en chanvre ou en jute. Nous vous conseillons de les acheter dans des boutiques spécialisées (ou sur leur site internet). Les cordes de boutiques BDSM ou Shibari ont subit des traitements compatibles avec leur utilisation.
Faire un stage de bondage (voir de shibari) ?
On trouve de plus en plus de formation ou de stage pour apprendre à jouer avec les cordes, avec plus ou moins de sophistication, des encordages simples à ceux plus artistiques des maîtres du shibari. Ce peut être une bonne idée de faire un stage, d'une part car cela permet de savoir si l'activité vous plait, mais cela vous permet vraiment de vous sensibiliser aux règles de sécurité, et au dela d'apprendre ce qu'il faut faire, une formation vous apprend ce qu'il ne faut pas faire, et à parer aux urgences, si votre bondage tourne à la catastrophe.
C'est important pour vous (pour apprendre) mais aussi et surtout pour votre partenaire qui vous fait confiance en vous laissant l'attacher.
Soyez prudents !
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Il me suffit de penser au bondage, sans même le vivre pour entrer dans une profonde excitation. Quand je pense au bondage, ce sont avant tout les sensations qui me font fantasmer. Les liens serrés autour de mes poignets, de mes chevilles ou qui enserrent ma poitrine. Je pense à ce que je ressent quand la corde rugueuse frotte contre ma peau nue. Le contrôle que mon Maître exerce sur moi. C'est cela que j'aime dans le bondage : les sensations.
J'aime me sentir attachée (j'aime aussi d'ailleurs être enchaînée). J'aime savoir que je ne suis pas libre de partir ou de faire ce que je veux. Je ne me qualifie pas comme une soumise mais je sens bien que la sensation de la contrainte m'excite terriblement. Je suis entièrement à la merci de mon partenaire quand il m'attache et cela me procure un sentiment intense de bien-être. C'est une sensation unique que je ne peux ressent en nulle autres circonstances.
Les liens qui me maintiennent captives me donnent l'impression d'être des plus vulnérable et cela ajoute une vraie dose d'excitation quand Il me possède sexuellement. Je sais que mon partenaire peut me faire ce qu'il veut, et cette idée me plaît beaucoup. C'est pour cette raison que je fantasme souvent sur le fait d'être pris au piège des cordes et de ne pas pouvoir m'échapper. Cela me fait mouiller terriblement.
Le bondage est une pratique sexuelle (oui, je le considère comme une pratique à part entière) qui me procure beaucoup de plaisir car elle est pour moi basée sur les sensations qui s'emparent de moi quand il m'encorde, quand les noeuds se font et se défont. J'aime tant cette sensation de me liée et à la merci de mon partenaire, car cela ajoute un frisson d'excitation à toutes nos pratiques (qui ne sont pas spécialement SM d'ailleurs). Il y a une charge cérébrale intense dans "mon bondage à moi"...
Mon amant n'est pas un grand spécialiste du bondage, et a découvert cette activité en même temps que moi. Un jour, je pense que je m'en remettrai à un maître shibari pour aller un peu plus loin, notamment explorer les sensations des suspensions. Mais cela ne se fera pas tant que je serai en couple, et comme je n'envisage pas un seul instant de le quitter ...
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Voici enfin arrivées ces deux semaines en ta compagnie. Depuis le temps que dure notre relation, c’est la première fois que nous allons pouvoir passer autant de temps ensemble. Je m’en délecte d’avance. Même si j’affirme depuis des semaines qu’en cette satanée année, ce ne sont pas de vraies vacances, ce séjour restera spécial quoi qu’il en soit.
Signe d’un regain de forme notable doublé d’une certaine motivation, pour ne pas dire d’une motivation certaine, tu me proposes dès le deuxième soir de procéder à quelques essayages de tes dernières trouvailles. Je savais qu’elles existaient sans savoir à quoi elles pouvaient ressembler. Si pour la parure blanche, il faut remettre à plus tard, le temps d’adapter la taille, il en va, en revanche, différemment pour la noire. J’ai l’impression de ne pas encore avoir assez minci pour y rentrer. Pourtant tu as bien raison, le corset sombre avec ses motifs floraux blancs finit par bien s’ajuster sur mon corps de « mannequin ». J’ai de nouveau un doute lorsque tu me tends le string coordonné. C’est vraiment un petit modèle, surtout que ce genre de situation ne me laisse jamais de marbre. Pourtant, là encore, tout finit par se mettre en place. Et cette matière translucide souligne mon anatomie tout en ne dissimulant rien de mes sensations : quel lubrique et impudique nounours je deviens à cet instant précis. Tant qu’à y être, tu me fais chausser les talons avant de me faire prendre diverses positions lascives sous le regard curieux et attentif de ton objectif. La modiste semble ravie de son œuvre. En tout cas l’expression de ton visage l’exprime. Je reconnais, je le suis tout autant par cette mise en bouche. De toute façon, j’aurais peine à affirmer le contraire. C’est aussi l’occasion de me prélasser ainsi légèrement vêtu sur le nouveau drap en vinyle violet : protecteur, rehausseur de couleur, contact spécial. Je sens qu’il ne va avoir que des avantages. Validé malgré cet essai rapide !
Mercredi, le grand jour est arrivé ! Enfin, plutôt un jour spécial, et même deux pour être précis. Tu as organisé une visite pour nous permettre d’expérimenter des choses qui ne seraient pas (ou du moins pas encore) possible dans ton antre. Direction plein ouest, les pins, la chaleur, …, en cette chaude journée pour de nouvelles aventures. Sans surprise, l’accueil qui nous est réservé est des plus chaleureux et nous faisons alors la connaissance de la soumise de notre hôte. Passées les agapes du déjeuner, nous pouvons nous attaquer aux choses sérieuses, ou moins sérieuses (tous les points de vue sont possibles). Galanterie ou pas, il se trouve que ma « collègue » de soumission ouvre le bal sous les assauts des différents fouets de sortie, principalement ceux que tu as apportés. Il ne fait pourtant pas froid. Pourquoi donc vouloir directement faire monter autant la température. J’attends patiemment mon tour en profitant du spectacle et des marques roses et rouges qui commencent à joliment orner son dos et son postérieur. C’est troublant de se retrouver spectateur plutôt qu’acteur. Je suis totalement détendu et décontracté en attendant mon tour. La confiance aide beaucoup même si c’est une double première pour moi, à la fois dans la pratique et dans le fait ne pas être en ta seule présence. Visiblement, ma pudeur des débuts s’est bel et bien envolée.
Depuis quelques années, tu as pris goût aux cordes pour mon plus grand plaisir. Oui mais voilà, tu n’avais pas la possibilité de me suspendre. Il faut dire que c’est loin d’être si simple : il faut la technique et un environnement adéquat. D’où l’intérêt de cette visite amicalement encordeuse … et plus. Tout est là : de solides poutres, une barre de suspension spécialement conçue pour cela et l’expertise qui va avec. Pour une première dégustation, nous choisissons tous ensemble de faire simple. Il ne s’agirait pas de tout gâcher en se lançant trop vite dans la difficulté. Ce sera donc tout simplement à l’horizontale sur le dos. Il n’y a, a priori, pas besoin de plus pour goûter à ces aériennes sensations, toutes nouvelles pour moi. Autant le levage au niveau des cuisses et des chevilles ne me gênent pas le moins du monde, autant la première tentative à hauteur du torse me donne une soudaine sensation d’oppression, comme un berceau de bois qui viendrait me broyer. Rapide retour sur une surface stable pour bien repositionner les cordes et l’ascension peut reprendre. Cette fois, je ressens l’inévitable emprise des cordes autour de mon corps, mais plus du tout cette première sensation gênante et désagréable. Grâce à la cagoule qui n’était pas prévue pour cela, j’ai l’impression de me concentrer encore plus sur l’instant présent, d’intérioriser à fond ce moment. Chaque seconde qui passe, la très légère appréhension des tous premiers instants se mue en un agréable instant. Illusion ou pas, j’ai l’impression de me balancer dans le vide. Ce n’est pas encore la sensation d’être un oiseau mais c’est clairement agréable de flotter ainsi, même contraint. De se sentir bercé, presque tout léger. Je ne te remercierai jamais assez de m’avoir permis de goûter à cette nouvelle sensation. Toutes les bonnes choses ont une fin : atterrissage en douceur avant de passer à une suite, cette fois partagée. Pour une fois, les marques sont au rendez-vous : tu ne manques pas l’occasion de les immortaliser. Comme quoi je marque … parfois. On a juste toujours pas l’explication du quand et du pourquoi ;-).
Une soumise, un soumis, deux compagnons d’(in)fortune, deux cerveaux dominants, il eut été dommage de ne pas en profiter pour un tableau commun.
Chacun avec notre bien légère tenue en vinyle noir, nous nous livrons à leurs cordes et à leur imagination fertile. Dos à dos, main dans la main, nous nous retrouvons partiellement suspendus, en presque parfaite symétrie, chacun faisant le pied de grue … ou de héron ;-). J’avoue que c’est une sensation nouvelle de sentir cette chaleur dans la main, d’entendre ma partenaire de cordes s’inquiéter de mon état. Tout compte fait, ce n’est pas désagréable du tout de partager ce genre de moments, quand bien même la contrainte des cordes reste quelque chose d’individuel. Je confirme aussi que l’humain n’est pas fait pour être un « monopède », pas plus que le nounours d’ailleurs. Il est quand même beaucoup mieux sur ses deux pattes … au moins. Faites vite les photographes, je fatigue !
Histoire de ne pas faire de jaloux, mon tour est venu d’être « réchauffé ». A mon plus grand regret (temporaire), le préchauffage avec ta toute nouvelle langue de dragon ne s’est même pas inscrit dans mon esprit, souvenir probablement submergé par le flot qui a suivi. En revanche, la longue tapette à clous a réussi à ne pas se faire oublier : il faut dire qu’elle a des arguments « percutants », tout à fait adaptés à un postérieur rebondi et avide. A priori, par la suite, il semblerait que j’expérimente surtout les dernières acquisitions de notre hôte. Si la queue de dragon du fouet court se révèle bien impactante lorsqu’elle vient atterrir tantôt sur mes épaules, tantôt sur mon dos ou encore sur mes fesses, le fouet arc-en-ciel me fait plus penser à un lourd flogger. A choisir je prendrais plutôt le « cracheur de flammes » ! Il semblerait que je sois dans un contexte favorable, mon endurance tout comme ma réceptivité se révèlent bien meilleures que la dernière fois, ce qui serait pour te satisfaire. Atmosphère décontractée de vacances ? Changement d’air ? Inconsciente volonté d’être à la hauteur devant nos hôtes pour que tu sois fière de moi? Un peu de tout cela probablement. Du coup, ce moment dure, dure, … s’étire en longueur. A tel point je suis presque surpris par toutes ces chaudes traces rouges et boursouflures sur mon dos lorsque je les découvre en photos. De l’intérieur, je ne soupçonnais pas une telle intensité. Disons que je me laissais aller à l’instant présent et profitais de ces nombreuses morsures, lâchant ici et là quelques grognements de satisfaction. Et dire qu’il est de notoriété publique que je ne me marque pas. A priori, quelque chose a dû changer. Et en bien ! Sinon, vive la cagoule ! Mon oreille gauche sifflerait presque encore de quelques claquements « proches ».
La cravache qui t’est proposée n’est pas spécialement stimulante malgré sa tête en coeur, du moins tant que tu t’en tiens à son usage classique. Mais évidemment, tu ne résistes pas à montrer à un de tes « nombreux » petits plaisirs : la version ventilateur d’extrême proximité sur mon intimité avec un modèle plus standard. Impossible d’encaisser sans réagir, malgré les spectateurs : je ne peux pas faire autrement que me tortiller et couiner.
Voici qui conclut à merveille cette première journée. Que demander de plus ? Des personnes sympathiques, un esprit décontracté. Il n’en faut pas plus pour que tout le monde s’amuse.
Le petit-déjeuner est propice à phosphorer, bien évidemment pour produire des idées sadico-perverses. Pauvre soumise, c’est elle qui va pâtir de ces deux imaginaires démoniaques. Pour ma part, je suis simplement mis à contribution pour les préparatifs. Si seulement le barbecue n’était pas resté tout près de la terrasse… Il n’en fallait pas plus à nos deux esprits encordeurs pour envisager de la mettre à la broche au-dessus du grill. Je reconnais que le résultat final est plutôt visuellement réussi : je sais, c’est facile à dire quand on voit cela d’un œil extérieur et distant.
Il était évident que je finirais par être mis à contribution. Ou plutôt que je finirais par être le centre des attentions. Il faut dire qu’un jardin tranquille et suffisamment dégagé se prête parfaitement à ce que tu espérais depuis longtemps déjà. Difficile d’exploiter tes plus longs fouets dans la quiétude protectrice et rassurante de ton antre. Quant à moi, je reconnais que le pépiement des petits oiseaux et la douce caresse sur ma peau des quelques souffles d’air matinaux offrent un environnement des plus emballants, déjà qu’il ne m’en fallait pas beaucoup pour être motivé par le programme esquissé. Simplement paré de ma cagoule en cuir, encore plus indispensable en ce jour, je me positionne au milieu de la pelouse, les orteils dans l’herbe. A partir de là, je suis bien incapable de dire ce qui se passe vraiment autour de moi. La seule certitude, c’est que je suis assailli de diverses manières : une langue de cuir vient me claquer régulièrement dans le dos, un bien long brin de cuir vient régulièrement enserrer mon torse … il y a même un fouet qui ose venir passer par-dessus mon épaule pour venir s’acharner sur ma main. Le fouet arc-en-ciel semble appliqué de manière légèrement différente : un ou deux brins viennent claquer avec un léger retard. Ca claque, ça mord, ça cingle, ça virevolte, mon esprit s’envole et se délecte … Pour autant, comme hier, je me sens particulièrement réceptif, et je me laisse bercer par cette vivifiante fouettée extérieure. J’ai l’impression qu’il y a un passage de relais dans mon dos. Les cibles visées et la façon d’impacter sont différentes, peut-être moins variées. Il faut dire que tu es plutôt du genre à ne pas faire de jalouses entre les diverses parties de mon corps. Ce que je n’aurais pas soupçonné, certainement plongé dans mes sensations, c’est que vous vous êtes mis à quatre mains pour vous occuper de moi pendant quelques minutes. Limite inattentif le nounours ! Il faut dire qu’à ce moment-là je suis plus dans l’intensité des impacts que sur leur fréquence. Effet chauffant efficace après de longues minutes offert à vos tourments respectifs, je suis en nage, mais ravi de l’être... La pause est la bienvenue, sous une bonne douche régénérante.
Visiblement tout le monde en a bien profité, Maitresse comme moi.
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Événement pénible que cette pandémie avec ce maudit confinement qui l’accompagne.
Le moral n’est pas au beau fixe. Mais Ma Maîtresse me fait quand même venir un après-midi.
La joie m’envahit, je vais pouvoir être à ses pieds.
Il n’est pas difficile de deviner le plaisir que Ma Maîtresse éprouve à retrouver son soumis car sans tarder Elle prend possession de mon corps.
Elle me met à nu au propre comme au figuré. Je n’ai pas oublié mon collier mais Elle le réajuste. Je sais pourtant qu’Elle accorde une grande importance à la présentation. Je mets les bracelets de poignet et c’est encore Ma Maîtresse qui me les lie l’un à l’autre. J’ai peur qu’Elle se braque de devoir me reprendre si souvent mais la perspective de me frustrer la réjouit suffisamment pour échapper à ces foudres.
Et pourtant, je n’échappe pas à la punition pour lui avoir proposé une photo perso trafiquée en rajoutant des marques sur mes fesses. Elle est tellement nature que ce genre de retouche ne peut que la contrarier.
Quelle idiotie ! Je suis honteux. C’est avec la cravache que Maîtresse vient chercher un pardon que je tarde à lui donner. Ce n’est que par l’humiliation de ses crachats en pleine figure que je comprends enfin. «Ah quand même» soupire-t-Elle après que j’ai bredouillé «Pardon Maîtresse, je ne le referais plus jamais».
Déjà mes fesses sont bien rougies ! La cravache est cinglante surtout sur mes cuisses et la punition est bien rentrée en moi.
Ma Maîtresse ne me punit pas pour le plaisir. Elle préfère mon abandon par sa domination. Que je sois son jouet la comble bien plus que ces nécessaires punitions.
Maîtresse sort ses cordes et m’attache à la rambarde de l’escalier. Un crochet anal lui sert de point de départ. Minutieusement, Elle tresse la corde entre mon corps et les montants en bois. Je sens monter son excitation mais Elle reste concentrée sur son bondage. Je fais de plus en plus corps avec le bois de l’escalier. Les mains au-dessus de la tête, Maîtresse termine par un mors de corde qu’Elle insert entre mes mâchoires. Je suis réduit au silence et totalement à sa merci. Ce n’est pas pour me déplaire.
Je ressens parfaitement son plaisir montée par ses sourires, par ses questions auxquelles je ne peux répondre que par des grognements.
Ma Maîtresse m’a demandé de lui apporter un objet de mon choix. Je lui proposais un long paddle en bois car, lui ayant présenté en photo, Elle m’avait dit bien l’aimer.
Sur ce point pas d’erreur, ses impacts sur mes fesses m’en apportent la confirmation.
Maîtresse est heureuse et elle arrive même à me faire rire entre les coups. Elle a pris le relais avec sa cravache qui atteint plus facilement les points sensibles de mon corps. La douleur augmente autant que le plaisir de Ma Maîtresse. Dans son excitation grandissante, elle me gratifie d’un beau sourire à travers les barreaux de la rambarde. Je fond littéralement de plaisir et j’essaye de lui renvoyer ce sourire tel un miroir. L’effet en est largement atténué par le mors de cordes.
Je commence à piocher de plus en plus dans mes ressources, il me faut toute ma volonté pour ne pas sombrer et aussi cette envie de satisfaire Maîtresse qui est plus forte que tout.
Maîtresse apprécie ma peau durcie par le paddle et la cravache. Elle me griffe le dos, me mord les flancs. Je la sens déjà tellement excitée que je suis presque surpris quand elle commence patiemment à défaire mes liens
La pression retombe un peu. Je n’ai même pas le temps d’apprécier ma liberté de mouvement retrouvée que Maîtresse enchaîne par un nouveau bondage Elle m’attache les jambes, les poignets dans le dos et je me retrouve de nouveau à sa merci.
C’est à genoux que je me présente difficilement face à Elle. Maîtresse me pose des pinces sur la pointe des tétons. Leur pose est malaisée car je n’ai pas de beaux gros seins féminins. Maîtresse les dominent néanmoins comme tout mon corps. La douleur s’estompe rapidement avec la privation de circulation sanguine. Elle m’arrache des gémissements que je ne peux cacher et son excitation reprend de plus belle.
Maîtresse tire la chaînette qui les relie, claque ses doigts et la cravache sur mes tétons hyper sensibles ; la douleur est vive. J'anticipe bêtement le claquement suivant en grimaçant. Maîtresse en rit et se moque : «Rnby, tu me fais quoi là à grimacer avant même que je te touche? Tu me fais ta chochotte !».
Waouh, je suis déjà ailleurs, manipulé comme une marionnette. Ma Maîtresse réussit malgré tout à m’arracher de nouveaux rires. Comment fait-Elle pour que ses supplices me paraissent si doux ? Elle est heureuse tout simplement. Je lui abandonne la maîtrise de mon corps. C’est à la fois stressant et valorisant. D’un côté ,je ne sais jamais où cela peut aller avec une telle imagination et de l’autre je satisfais ses désirs.
Aujourd’hui son imagination est débordante.
Maîtresse se détourne finalement de mes tétons et décide de me faire couler en secouant ma cage qui devient vite étroite. Mes couilles se remplissent, Maîtresse les serre mais je ne pourrais gicler, la faute à tous ces supplices assurément.
Finalement, Elle m’arrache les pinces sur mes tétons par des mouvements vifs et saccadés. Mes tétons sont de nouveau hyper douloureux en retrouvant la vie. Ils n’ont pas le temps de souffrir , Maîtresse me presse les testicules puis donne 58 pichenettes comme le nombre de jours de chasteté du moment. Je chavire complètement, je n’en peux plu tellement la douleur est vive. Arrivé à ce stade, Ma Maîtresse est comblée, Elle vit ces instants passionnément.
Je me sens vidé, pas loin de perdre pieds mais trop fier pour lui avouer ou trop envie de la satisfaire, je ne laisse rien paraître et finalement je reviens sur terre.
Maîtresse m’amène contre la banquette, pose ses talons sur mon dos, prends la cravache et le paddle. Confortablement installée, Elle me fouette les fesses intensément tout en prenant grand plaisir à me forcer à tenir une conversation sensée. A chaque impact douloureux, ce sont des «Aïe» de plus en plus fréquents qui coupent mes phrases. Ma Maîtresse en sourit de bon cœur, Elle en profite pour accélérer les coups de cravaches avec force maintenant. La cravache claque sèchement sur ma peau rougie. L’excitation de Maîtresse est grandissante et encore plus forte quand j’implore sa pitié. Et pourtant le rythme ne faiblit pas, mes aïe de plus en plus bruyants ne laissent pas de doute sur mon ressenti. Maîtresse prend bien trop de plaisir pour s’arrêter là.
Dans son emballement, Elle me retourne sans ménagement et me chevauche avec passion. Je ressens cette incroyable ivresse, comme une véritable transe et je ne veux surtout pas que cela s’arrête.
Je suis son objet. Mes fesses deviennent sa planche de jouissance, Elle s’accroche sur mon dos en me griffant profondément. Son excitation est tellement communicative que je commence à gémir. Maîtresse m’intime le silence «tais-toi» car ces moments de passion lui appartiennent, même si Elle m’entraîne dans son sillage.
Je serre des dents pour que cet emballement ne s’arrête jamais. Et puis Maîtresse lâche un grand soupir en s’abandonnant de tout son poids sur mon dos. L’émotion retombe et je n’ose pas bouger de peur d’interrompre ces moments de pur bonheur. Maîtresse se relève calmement.
Mon cœur bat la chamade. J’ai atteint des sommets émotionnels par le simple fait de participer à l’excitation de Ma Maîtresse.
Elle a une nouvelle fois obtenu mon total abandon. J’ai capitulé à ses pieds et je n’ai plus de force. Elle m’a tout pris et je n’ai surtout pas résisté.
Ces heures ont été intenses et malheureusement l’horloge humaine va bien trop vite dans ces moments là.
Je dois la quitter à contre cœur, tellement je suis comblé d’avoir vécu ces précieux instants et d’avoir servi ma sublime Maîtresse.
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Un nouveau chapitre de notre histoire préférée à ma soumise et moi-même. Cela faisait quelques semaines, mais il ne faut pas trop la gâter... Bien, nous en étions restés au moment où, après avoir été présentée aux clients de l'Académie avec les autres novices, tâtée et humiliée sur le podium devant les photographes et les yeux scrutateurs des sadiques de l'assistance, la demoiselle était emmenée. Elle se retrouva entre deux gardes, passant à travers les couloirs. Son souffle était encore haletant après la peur et le déluge de sensations. Les caresses, les regards lubriques, les parfums étouffants de la pièce, semblaient perdurer autour d'elle. Une chaleur moite montait de son corps. Les crèmes qu'on avait étalées sur sa peau semblaient dégager une aura qui mettait son corps aux aguets, sensible à chaque caresse de l'air et à chaque gémissement autour d'elle. Les scènes passaient en un éclair devant ses yeux. Une main posée à plat sur un sein à la lueur d'une flamme, qui se serrait soudain et glissait jusqu'à ce que les doigts se referment, implacablement, sur le téton. Un corps rose étalé sur un meuble, rond et ouvert, donc les courbes se tordaient, de plus en plus étirés, à mesure que chaque centimètre de peau était couvert par la cire brûlante d'une bougie. Une bouche qui glissait le long d'un phallus de métal scintillant, poussée toujours plus loin par une main gantée contre sa nuque. Des cris faisaient tressauter son cœur. Un "ah" perçant de surprise, arraché à un visage enfantin par un coup de fouet inattendu. Un gémissement long et monotone, épuisé déjà, d'une jeune fille attachée à une roue. Un râle émanant d'une sorte de masque de cuir, dont la seule ouverture était bouchée le reste du temps par le sexe des hommes qui s'en servaient. Des corps la frôlaient. Les hommes, souvent en costumes de soirée, tenant en laisse des demoiselles ou des soumises d'une autre origine, jetaient un œil cupide à ses formes en la voyant passer. Les filles ne la regardaient pas, les yeux à terre ou toutes entières concentrées sur leur tâche ou leur douleur. Les gardes l'arrêtèrent devant un meuble étrange. Celui de derrière la plaqua négligemment contre le mur, en grognant "Ne bouge pas." Sans oser bouger, elle les regarda s'affairer autour du meuble. On aurait dit une petite armoire à première vue, haute d'un peu plus d'un mètre et demi, et fermée de tous les côtés. Ils l'ouvrirent par en haut, et entreprirent d'en défaire la partie supérieure. Des petite trappes circulaires s'ouvraient, à l'avant et en bas à l'arrière. Puis ils ouvrirent le côté, et la demoiselle put en voir l'intérieur. La panique fit trembler ses jambes. Sans les sévices qu'elle avait enduré jusque là, elle aurait pris la fuite aussitôt. la partie supérieure était évidée. On voulait l'enfermer dans cette cage de bois. Et dans la partie inférieure, au niveau de son abdomen, un triangle de bois pointait vers le haut, étalant son arête sur toute la longueur du meuble. Les trous en bas étaient pour ses pieds. Ils allaient la faire s'asseoir sur cette pointe effilée. Aussitôt le côté du meuble ouvert, les gardes la prirent par les jambes et la firent chevaucher ce "cheval de bois" étroit. A l'arrière du meuble, des anneaux permettaient d'attacher ses bras. Quand ils lui firent lâcher le montant de la boîte, auquel sa main s'était agrippée par réflexe, elle n'eut plus aucun point d'appui. Ses genoux tombèrent sur les côtés du triangle, et son entrejambe s'enfonça contre l'arête effilée. La douleur monta d'un coup. Comme si on était en train de la couper en deux par en bas. Mais son gémissement à peine commencé fut étranglé. Un des gardes profita de ce que sa bouche était ouverte et y enfourna un godemiché noir. Il attrapa son cou et tira son visage en avant, pour visser ce bâillon infernal à l'avant de la machine. Enfin, l'autre garde appuya sur son dos, poussant son corps en avant. L'arête du triangle écrasa contre elle une de ses lèvres intimes, et les pleurs jaillirent de ses yeux. L'autre garde s'était baissé, et ajusta les trappes à l'avant du meuble. Les yeux de la demoiselle se baissèrent sur le spectacle obscène de ses seins, comprimés et poussés en avant par l'impitoyable machine, qui ressortaient du meuble comme deux globes de chair désincarnés. Après avoir ajusté une planche du meuble pour pousser sa poitrine le plus avant possible, le garde derrière elle s'approcha de son oreille et murmura "Pas de douceur pour toi par en dessous ce soir. On protège vos parties intimes, pour nos clients les plus "select". Ouvre grand les yeux, et profite du spectacle. Tu vas voir ce qui t'attend. Et un conseil: oublie la douleur. Ce n'est rien à côté de ce que tu vas connaître..." Quand ils furent partis, un calme de purgatoire s'abattit sur la demoiselle. La douleur dans son entrejambe commença par monter jusqu'à devenir intolérable. Tout son corps était tendu, accroché à cette arête qui broyait sa peau la plus tendre sous son propre poids Elle entra dans une sorte de transe, d'où elle se réveillait par a-coups, dans de nouvelles crises de douleur ou quand le godemiché dans sa bouche la faisait s'étrangler. Le monde autour d'elle semblait bouger au ralenti, flou, dans ce temps qui n'avançait plus, qui n'était qu'abandon à la douleur et vulnérabilité totale. Soudain, une sensation nouvelle s'empara d'elle. Ses yeux qui s'étaient à demi-fermés s'ouvrirent grand. Une main s'était posée sur ses seins Un homme se tenait devant elle. De sa position, elle devait lever les yeux pour voir son visage. Il ne la regardait pas. Il parlait avec quelqu'un d'autre qu'elle ne pouvait pas voir. A côté de lui, à genoux, une jeune fille attendait. Elle avait la peau mate, et des yeux verts tellement brillants que la demoiselle en oublia sa douleur. Elle avait rarement vu une jeune femme aussi belle. Les courbes de son corps étaient à peine visibles dans la pénombre, mais la grâce de ses mouvements, même les plus discrets, était ensorceleuse. Un bruit près de son corps rappela à elle la pauvre prisonnière dans sa boîte infernale. L'homme ouvrait sa braguette. Aussitôt, le visage aux yeux verts s'avança, et une langue lascive en sortit, baignant de salive le sexe déjà en érection du maître. Ce ballet, ce va et vient de la langue sur ce membre qu'elle ne percevait que du coin de l’œil - son visage était fixé à la boîte par le godemiché - semblaient surréels pour la demoiselle. Que faisaient-ils devant elle, ainsi? Dans le brouillard de douleur et de fatigue qui la tenait, son esprit ne parvenait pas à comprendre cette cérémonie étrange, qui semblait détachée entièrement du reste de la soirée. Puis les bras de la jeune femme montèrent le long du meuble, et ses mains s'arrêtèrent sur les deux seins qui en ressortaient. La demoiselle sentit les doigts serrer, tirer, malaxer. Entre ses deux seins, doucement, monta le sexe de cet homme. La jeune femme aux yeux verts le masturbait avec ce jouet humain, ces mamelles sans corps sorties de la boîte comme par magie. Sans les voir, le visage toujours fixé en avant, la demoiselle put sentir les doigts, le membre qui se gonflait de plus en plus dans les plis de sa chair, les caresses que lui administrait la savante et habile esclave Elle sentit se tendre le pénis, les mouvements se firent de plus en plus rapides. Les boules de l'homme frappaient à présent le bas de ses seins. Puis un bruit sourd. Le bras de l'homme s'était baissé d'un coup, frappant le visage aux yeux verts d'une claque violente. "Assez!" L'homme, toujours sans la regarder, passa la main sur son sexe puis essuya la salive de son esclave sur les cheveux de la demoiselle Puis il repartit, entraînant avec lui la jeune femme à quatre pattes, dont le corps serpenta le long de la salle, ses hanches se soulevant et s'abaissant de nouveau comme le mouvement d'une vague qui se perdait dans la tempête de l'orgie. Les yeux de la demoiselle se fermèrent, ses forces l'avaient lâchée. La douleur, le bruit autour d'elle, tout ne fut plus qu'un long demi-sommeil maladif. Bercé parfois par la lueur mystérieuse, lointaine, de deux yeux verts. Voilà pour cette fois. N'hésitez pas si vous avez quelques idées à rajouter pour la suite. Je suis preneur, mon imagination se nourrit de tout. Et bien entendu, je réitère, ne refaites pas ça chez vous. A moins d'être vraiment un ébéniste de génie! ;)
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Thomas Duval, photographe, propose actuellement à Bruxelles en Belgique une exposition, que nous relayons ici en clin d'oeil : bondage végétal.
Quinze fruits et légumes ont été ligotés pour cette série, dont l'idée lui serait venue après avoir fréquenté les cuisines des Grands chefs de la gastronomie.
Du 3 mai au 3 juin : Pour plus d'informations, consultez le site de la galerie
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Le bondage qu’est ce que c’est ?(du verbe anglais to bind, lier)....
Il s’agit d’une pratique érotique qui consiste à contraindre ses partenaires en leur liant le corps dans sa totalité ou en partie, le plus souvent à l'aide de cordes, ainsi que de scotch spécifique, lanières de cuir ou de plastique, chaînes, foulards, bandes de tissu … aptent à exercer une immobilisation de la ou des partie(s) concernée(s). L'immobilisation totale n’est pas forcément la finalité de cette pratique.
Le bondage ce n’est pas obligatoirement du SM, même si pour certains pratiquants il s’agit bel et bien d’un moyen plus que d’un but. Le bondage pratiqué par les puristes n’engage pas de postures de dominant/dominé mais est l’expression d’un art érotique en tant que tel.
Au Japon, la pratique du bondage se nomme Shibari ou Kinbaku et procède de traditions historiques et artistiques.
Etre attaché peut être très agréable, on ne sent plus le poids de son corps, on se laisse aller entre les mains de l’autre et oubliant inhibitions et responsabilités on s’abandonne au plaisir de la contrainte. Pour l’attachant il y’a le plaisir de créer une sculpture humaine, de positionner l’autre pour un usage sexuel sans refus possible etc etc…
Une séance peut durer quelques minutes ou plusieurs heures, question d’expérience et de tolérance . N’abusez pas, cela doit rester un jeu surtout si vous n’avez pas ou peu d’expérience.
Comme tout bon artisan il est d’usage d’avoir les bons outils pour pratiquer correctement l’art du bondage. Pour un débutant le « bondage tape » peut s’avérer un bon début. Et si l’envie d’aller plus loin vous prend, achetez les bonnes cordes. Celles vendus dans les magasins de sport pour faire de l’escalade ou de l’alpinisme ne sont pas adaptées du tout. Elles peuvent même blesser et brûler si vous vous en servez!!! Pour le bondage il existe aujourd’hui de très bonnes cordes synthétiques assez douces et dans de multiples coloris. Pour le shibari ou bondage avec suspension, utilisez de préférence des cordes en matières naturelles : chanvre ou coton et si vous en trouvez des cordes de soie.
Quelques précautions d'usage incontournables :
Le bondage doit être basé sur une forte relation de confiance entre la personne qui attache et la personne attachée. C’est une énorme responsabilité pour l’attachant, on lui fait confiance pour que tout se passe bien, à lui de mettre tout en œuvre pour honorer cette confiance et ne pas mettre la vie de l’attaché en péril.
Ne jamais laissé seule une personne attachée et/ou baillonnée;
Il ne faut jamais mettre une corde autours du cou de l’attaché, même sous surveillance, un accident arrive très vite et la mort accidentelle par étouffement encore plus ;
Il faut toujours garder un ciseau opérationnel spécifique ou un couteau à portée de main ;
Attention aux chutes ;
Ne suspendez vos partenaires que si vous maitrisez l’art de la suspension ;
Suspendre et attaché c’est bien si c’est fait avec de bonnes cordes : naturelles de préférence pour les suspensions ;
N'utilisez jamais de nœuds coulants ;
L’attaché a mal ? Les membres deviennent violets ? DETACHEZ le ou la, restez vigilant et soyez à l’écoute.
Le B A BA :
On a détaillé pour vous les 6 étapes de la fabrication de menottes en corde. La corde est en chanvre et d’un diamètre pas trop petit pour ne pas couper la peau. Les liens sont lâches. Regardez bien la photo 1 et les suivantes, les poignets de l’attachée ne se touchent pas laissant ainsi de la marge pour permettre de glisser les cordes entre eux dans les étapes suivantes.
Amusez vous bien !!!
Lady Boudoir
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